SCÈNES DE CHASSE EN GERMANIE


Jürgen Möllemann : harcelé, antisémitisé, exécuté





En Allemagne, comme un peu partout dans le monde, on assiste, paraît-il, à une "multiplication alarmante des cas d'antisémitisme". L'exemple suivant est particulièrement typique de cette "dramatique recrudescence". Cette affaire - l'affaire Möllemann - a tenu en haleine pendant des mois la presse et l'ensemble du monde politique d'outre-Rhin.

Jürgen W. Möllemann était, il n'y a pas si longtemps, un des dirigeants en vue du FDP, ce petit parti libéral-démocrate qui a (presque) toujours su exploiter à son profit la concurrence entre les deux grands partis : CDU (chrétien-démocrate) et SPD (social-démocrate). [On remarquera, au passage, que tous ces partis s'intitulent démocrates, ce qui en soi est déjà assez suspect : en politique, rien n'est tant invoqué qu'une qualité qui fait défaut.]

Après avoir connu une longue période faste (coalition gouvernementale avec le SPD de 1969 à 1982, puis avec le CDU de 1982 à 1998), le FDP est plus ou moins en crise depuis lors, plongé dans des luttes internes débouchant sur une direction bicéphale (le dit Möllemann et un certain Guido Westerwelle). Le combat des chefs donne parfois lieu à des scènes assez cocasses: Jürgen "Doubleyou" Möllemann saute en parachute pour aller rejoindre un meeting en plein-air organisé par ses partisans; Idiot Westerwelle va bavarder quelques minutes avec les exhibitionnistes de Big Brother - il paraît que les électeurs trouvent ça cool.

En 2001, une idée "géniale" jaillit de ce qui sert de cerveau à Westerwelle: puisque son concurrent Möllemann, qui est aussi un peu homme d'affaires, gagne de l'argent en faisant du commerce avec les pays arabes, on devrait pouvoir le coincer de ce côté-là.


2002 : TAÏAUT ! TAÏAUT !...

Début 2002, l'occasion se présente: Jamal Karsli, un député vert d'origine syrienne, quitte les "écologistes", estimant que ceux-ci défendent trop ostensiblement la politique de Sharon en Palestine, et rejoint le FDP. Non que le parti "libéral" soit moins pro-israélien que les autres, mais Möllemann, que Karsli connaît personnellement, fait preuve de plus de retenue et d'objectivité dans l'évaluation du conflit israélo-palestinien - soit par conviction personnelle, soit pour ne pas s'aliéner les bonnes relations d'affaires qu'il entretient avec le Moyen-Orient.

Les motifs invoqués par Karsli font scandale: il a osé dénoncer les méthodes nazies utilisées par le gouvernement de l'Etat juif. L'historien Norman Finkelstein, qui est à la fois juif et américain, a bien écrit que si les sionistes israéliens ne voulaient pas qu'on les compare aux nazis, ils n'avaient qu'à cesser de se comporter comme des nazis. Mais quand un Allemand d'origine arabe déclare la même chose, il brise un double tabou. Aussitôt, les dirigeants du Conseil central des Juifs d'Allemagne*, parlant au nom de l'insignifiante communauté juive locale (insignifiante non par l'influence, mais par le nombre - depuis qu'Hitler a massacré les Juifs allemands et que les rescapés ont émigré vers Israël ou les Etats-Unis, on n'en trouve plus guère outre-Rhin, la plupart d'entre eux sont nouveaux dans le pays et viennent d'Europe de l'Est), les dirigeants du Conseil central, donc, se jettent à bras raccourcis sur "l'abominable" Karsli.

* Cet homologue du CRIF représente moins les Juifs d'Allemagne que les instances sionistes israéliennes dont il est le bruyant porte-voix.

Leurs cris d'horreur sont d'autant plus stridents, que le "délinquant", sans doute moins par choix délibéré que par négligence, a eu le mauvais goût de justifier ses positions politiques dans une interview donnée à Junge Freiheit, une feuille de chou proche de l'extrême droite. Curieusement, avant Karsli, plus d'un homme politique sérieux, plus d'un intellectuel, plus d'un représentant des milieux juifs * a répondu aux questions de ce minuscule journal, ignorant sans doute tout de sa tendance, venant peut-être même tout juste d'apprendre son existence - et personne ne s'en est offusqué. A présent, pourtant, tout le monde s'insurge, bien que le ton de l'interview de Karsli soit tout à fait modéré. L'homme s'y excuse même d'avoir employé le terme méthodes nazies. Voir le texte (en allemand).

* Par exemple: le ténor Placido Domingo, le politicien serbe pro-occidental Zoran Djindjic, un archevêque albanais, le politologue franco-allemand Alfred Grosser, l'écrivain anglais Frederick Forsyth, le dramaturge allemand Rolf Hochhuth, l'écrivain israélien Ephraïm Kishon, le rabbin allemand Isaak Hacohen Halberstadt et même... un dénommé Michel Friedman (voir plus bas).

Bien entendu, Möllemann prend la défense de Karsli. C'est l'occasion qu'attendaient ses adversaires. Westerwelle jubile intérieurement tout en jouant l'indigné devant les caméras. Les deux grands partis entrent dans la ronde et se frottent les mains en voyant les "libéraux" s'entre-déchirer. Que la campagne continue, et le FDP pourra enterrer tout espoir d'atteindre les utopiques 18 % qu'il s'était fixés pour les élections législatives de septembre 2002.

Les médias s'acharnent sur Möllemann. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il devient une sorte de Jörg Haider allemand, un "populiste" qui chercherait, au mieux, à exploiter à des fins politiques l'antisémitisme latent, et au pire, un antisémite pur et simple. Un des dirigeants du Conseil central des Juifs d'Allemagne, un certain Michel Friedman*, un insupportable cabotin adorant se produire à la télévision où il a son propre talk show ("propre" est une façon de parler), fait preuve d'un zèle tout particulier dans la chasse à courre qui s'instaure dans le pays.

* Il est aussi président du Congrès Juif Européen

Möllemann se défend, reproche à Friedman son attitude agressive et arrogante, plus susceptible de faire renaître des sentiments antisémites dans l'opinion, que les déclarations de Karsli. "Ah, nous y voilà, s'écrie aussitôt le lobby sioniste, les juifs sont eux-mêmes responsables des malheurs qui les accablent; les juifs ont toujours tort, parce qu'ils sont juifs, etc., etc..."

Et pourtant, l'intouchable Friedman est pire encore que ce qu'en dit Möllemann. L'indigence, le cynisme, l'imbecillité de ses accusations et de ses répliques préfabriquées rappellent George W. Bush junior en plus mauvais; ses interlocuteurs intelligents oublient les trois quarts de ses élucubrations avant d'y répondre (par exemple Pierre Scholl-Latour, début octobre 2002). Friedman, toujours brillantiné et maquillé à outrance, fait aussi penser à l'inénarrable maître de cérémonie du film Cabaret. Finalement, le style affecté et poisseux de cet enragé et sa propension quasi-maladive à rechercher le contact physique avec ses invités, a dû pousser davantage de téléspectateurs vers l'homophobie que vers l'antisémitisme.

Quoi qu'il en soit, on laisse à Möllemann peu de chance de s'expliquer, de s'exprimer. On exige de lui qu'il s'excuse et qu'il démissionne du FDP. Karsli l'a fait entre-temps, non par sentiment de culpabilité mais pour ne pas nuire aux intérêts du parti qui venait de l'accueillir. Möllemann, lui, refuse de quitter le FDP, où il milite depuis trente ans. Il présente ses excuses à ceux de ses concitoyens juifs que ses propos anti-Sharon auraient blessés, mais ajoute qu'il n'a nullement l'intention de demander pardon au tout-puissant Friedman.

Le scandale est à son comble, car dès qu'il est question d'Israël, les politiciens allemands, dociles et obéissants, soutiennent à fond "leurs" Juifs. Le sens critique ou tout simplement le bon sens de la caste politique d'outre-Rhin est inversement proportionnel à la mansuétude et à la complaisance de ses aînés vis-à-vis des criminels nazis et de leurs complices, dont beaucoup se sont maintenus à des postes importants de l'industrie, de la finance, de la politique, de la justice, de l'armée et des médias de l'Allemagne occidentale jusqu'à la fin des années 1970*. La population, à qui l'on a su inculquer le sens de la responsabilité collective pour ce qui s'est passé durant les douze années du Reich millénaire (afin de mieux dédouaner les vrais coupables), voit dans la condamnation de Möllemann un moyen de se laver un peu de ce "péché originel" qu'elle traîne depuis deux ou trois générations.

Et d'un bout à l'autre de l'Allemagne, les inconditionnels de Sharon organisent des manifestations ô combien "spontanées" contre la "recrudescence" de l'antisémitisme: FDP allemand = FPÖ autrichien, alerte, alerte !... Occasion inespérée pour la plupart des élus locaux de se refaire une virginité. C'est ce que le président du Conseil juif appelle "le sursaut des démocrates".

* A de rares exceptions près, la présence active de nazis dans les sphères du pouvoir de la RFA d'après-guerre n'a pas troublé les milieux sionistes. Puisque le gouvernement allemand versait aux organisations juives toutes les sommes qu'elles réclamaient "à titre de dédommagement", il n'y avait pas lieu de crier au scandale.   Aujourd'hui non plus, aucun dirigeant de la communauté juive ne proteste lorsque les groupes néo-nazis descendent dans la rue. Depuis des années, une exposition itinérante dénonçant les crimes de la Wehrmacht est systématiquement attaquée par l'extrême droite. Lorsque des contre-manifestants antifascistes viennent s'opposer aux attaques, c'est eux que la police arrête, c'est eux que la "justice" condamne. Friedman et ses acolytes du lobby pro-israélien se gardent bien d'intervenir. Ils ne se sentent nullement concernés, puisque la Wehrmacht n'était pas reponsable d'Auschwitz et qu'elle s'est "contentée" de massacrer des Russes, des Polonais, des Yougoslaves... Depuis bien longtemps, le sionisme n'a plus rien de commun avec l'antifascisme. (Cela n'empêche pas certains groupuscules gauchistes qui se disent "antifa", de prôner un pro-israélisme inconditionnel et une solidarité à sens unique avec le régime de Sharon : ce qui semble illogique à première vue, devient clair quand on sait qui les manipule...)


Mais revenons à Möllemann. Que dit-il au juste ?

Sur son site, on pouvait lire en juillet 2002:

      

A droite de la photo de Möllemann: "Depuis longtemps, Jürgen W. Möllemann s'engage avec tenacité pour une solution pacifique du conflit du Moyen-Orient: avec des frontières sûres pour Israël et un Etat distinct pour les Palestiniens."

Sous la photo de Sharon: "Le Premier ministre israélien Ariel Sharon refuse un Etat palestinien distinct. Son gouvernement envoie des chars dans les camps de réfugiés et bafoue les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU."

Sous la photo de Friedman: "Michel Friedman défend les agissements du gouvernement Sharon. Il s'efforce de faire passer Jürgen W. Möllemann, qui critique Sharon, pour un 'anti-israélien' et un 'antisémite'."

"Sans se laisser impressionner par ces attaques, Jürgen W. Möllemann continuera de se prononcer avec force pour une solution pacifique tenant compte des intérêts des deux camps. Car c'est seulement ainsi qu'il sera possible d'éviter une guerre au Moyen-Orient, guerre à laquelle notre pays risquerait lui aussi de se trouver très rapidement mêlé."

"Soutenez Jürgen W. Möllemann en votant FDP."

Ce texte est aussi celui d'un tract électoral distribué dans le Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (en allemand: NRW), la région où milite Möllemann.

A cela, Henryk Broder, journaliste et un des fers de lance du lobby sioniste local, répond à sa façon. Sous le titre "L'Emmerdeur continue", il reproduit la profession de foi de Möllemann (il est bien le seul) et ajoute:

"Le cinglé de Münster [ville de Westphalie] est de retour. Durant trois mois, il a tenu sa langue, se contentant de répéter mollement d'une réunion électorale à l'autre qu'il ne laisserait pas M. Friedman lui interdire de s'exprimer. Maintenant, à la veille de retomber sur terre après avoir plané à 18 %, Möllemann sort de nouveau de sa manche le joker antisémite: le pitre Möllemann fait distribuer en région NRW des tracts sur le conflit palestinien. C'est le problème préféré du FDP, celui qu'il faut résoudre sans tarder, avant même que ne soit instaurée en Allemagne la consigne obligatoire sur les bouteilles d'eau minérale et les canettes de bière [prévu pour 2003] . La Palestine est notre affaire à tous, et Jürgen W. Möllemann, qui gagne son argent grâce à d'obscures activités de consultant au Moyen-Orient, "s'engage avec tenacité", depuis sa ville de Münster, "pour une solution pacifique du conflit du Moyen-Orient" - tandis que le méchant Sharon "envoie ses chars dans les camps de réfugiés et bafoue les résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU", soutenu par Michel Friedman qui "défend les agissements du gouvernement Sharon". De quel conflit l'emmerdeur Möllemann irait-il s'occuper si celui du Moyen-Orient n'existait pas ? Du Cachemire ? De l'Irlande du Nord ? Du Sri-Lanka ? Peu probable, car il faut que des Juifs y soient mêlés pour que l'abruti Möllemann entre en effervescence. Et les autres abrutis du FDP restent plantés là, perplexes et indécis, semblables à ces jardiniers amateurs qui voient atterrir sur leur parcelle en bordure de la voie ferrée, un tas de merde éjecté du train qui vient de passer en trombe, et qui se demandent ce qu'ils vont bien pouvoir en faire. Ils prennent leurs distances, mais aucun d'eux n'abandonne la baraque, aucun d'eux n'exige la démission de Möllemann. Ils croient encore qu'ils seront récompensés dimanche prochain, mais leur réveil sera terrible. Ils pourront s'estimer heureux s'ils font un score de 8 % au lieu des 18 espérés. Et là encore, ce sera la faute aux Juifs. Je vous parie que le moustachu [terme courant en Allemagne pour évoquer Hitler] nous prépare une déclaration accusant la juiverie internationale de lui avoir gâché son effet électoral."

Contrairement à tous les autres détracteurs de Möllemann, Broder cite au moins correctement celui qu'il appelle "l'emmerdeur". Habituellement, les combattants de l'anti-antisémitisme ne prennent pas la peine d'informer ni de s'informer sur le contenu exact des propos du "coupable". Ils ne le citent jamais, pas même partiellement. Ils le paraphrasent en déformant fortement ce qu'il a dit, ils inventent, brodent, répètent ce que quelqu'un d'autre a déclaré à propos d'un commentaire fait par un tiers sur ce qu'il aurait entendu, etc...

Le lecteur attentif et neutre de Henryk Broder ne peut que s'étonner de la banalité des déclarations faites par Möllemann. Qu'ont-elles d'antisémite ?... Mais Broder sait bien que ce ne sont pas les lecteurs attentifs et neutres qui viennent se régénérer sur son site, mais les irréductibles en quête "d'arguments" qu'ils pourront répercuter à d'autres, qui les feront suivre à leur tour. L'exploitation optimale de cet effet multiplicateur est une des clés de l'efficacité du lobby sioniste.

En comparant propos incriminés et commentaire, on se demande quelle mouche a piqué Broder. "Emmerdeur", "cinglé", "abruti", "tas de merde", "la faute aux Juifs", "juiverie internationale": où un journaliste réputé sérieux va-t-il chercher tout cela ? Serait-il devenu fou furieux ? Paranoïaque ? Même en tenant compte des exagérations habituelles en période électorale, on reste bouche bée devant de telles éructations, devant tout ce fiel déversé. De toute évidence, dans la défense inconditionnelle de la politique israélienne, tous les coups bas, toutes les monstruosités, toutes les conneries sont permises - puisque c'est pour la "bonne cause".

Le fait que Broder, qui passe pour un intellectuel et un "expert" des questions du Moyen-Orient, puisse se laisser aller à tant de violence verbale, donne une idée du totalitarisme qui entoure les agissements du lobby pro-israélien, et surtout du degré d'impunité dont jouit cette mafia dans l'opinion.

Dès lors que le ton est donné, médias, partis, associations politiques peuvent reprendre à leur compte les attaques anti-Möllemann. Pas de danger qu'on les contredise et encore moins qu'on les poursuive en justice pour diffamation. La chasse est ouverte.


Voici quelques exemples pris parmi des milliers d'autres.

  • Le chancelier Schröder: "L'attitude de Möllemann et du FDP est nocive pour l'image de l'Allemagne..."

  • La confédération syndicale DGB: "Ce que Möllemann s'est permis est insupportable pour les démocrates..."

  • Une pétition signée par une centaine de journalistes de la télévision et de la radio: "Möllemann a blessé notre collègue Michel Friedman en lançant contre lui une attaque raciste..." [Pôv' Michou...]

  • Un porte-parole du parti PDS (post-communiste) dans un projet de résolution présenté devant le Parlement régional de Berlin: "Sont inacceptables les déclarations d'hommes politiques qui, comme Jürgen Möllemann, justifient l'antisémitisme ou en expliquent abusivement l'origine en prenant pour prétexte les opinions critiques parfois acerbes de personnalités juives..."

  • Les dirigeants de la VVN-BdA (Association des victimes du régime nazi & Ligue antifasciste - une organisation fondée après la guerre dans l'ex-RDA, interdite et poursuivie à l'Ouest): "Un crime compte tenu de l'histoire allemande... On diffame en bloc l'Etat d'Israël et les personnes de confession juive; on assimile les camps de réfugiés palestiniens aux camps de concentration nazis... Au lieu de soutenir une solution politique du problème du Moyen-Orient, Möllemann s'emploie à violer les tabous antisémites... Prétendre que les Juifs sont eux-mêmes responsables de l'antisémitisme, c'est faire siens les slogans nazis sur la 'conspiration sioniste internationale', c'est transformer les victimes en coupables... "
    [Bien entendu, Möllemann n'a jamais fait ce qu'on lui reproche là, au contraire. Quant aux nazis, ils ne parlaient pas de "conspiration sioniste" mais de "conspiration juive"; ce sont les nouveaux maîtres de la VVN relookée - sionistes à 100 % - qui effectuent l'amalgame entre les deux mots, si pratique quand on veut diffamer les adversaires du racisme et du terrorisme sionistes. Et pour finir, Sharon et Friedman seraient des "victimes" - les pauvres.]

  • Jürgen Elsässer (journaliste "de gauche" - Konkret ): "Scandale... Möllemann est un roquet antisémite. Il se voit déjà kamikaze en Israël... Son option consiste à miser sur le monde arabe en tolérant un massacre de la population juive..." *
    [Möllemann avait déclaré dans une interview au journal TAZ: "La politique d'Israël génère le terrorisme. Nous-mêmes, que ferions-nous si l'Allemagne était occupée ? Pour ma part, je me défendrais en utilisant la force. Je suis officier de réserve, et il serait de mon devoir de me défendre. Et je ne le ferais pas seulement dans mon pays, mais aussi dans celui de l'agresseur. Nous, Européens, devons prendre position pour une paix juste au Moyen-Orient. Mieux nous le ferons, et moins nous risquerons, par notre partialité, de voir ce conflit s'étendre jusque chez nous."]

    * Entre-temps, Elsässer a évolué politiquement (en bien). En 2010, il dénonce les crimes israéliens encore plus nettement que ne le faisait Möllemann.

  • Le président de l'Eglise évangélique allemande EKD, à propos de l'interview ci-dessus: "Les propos de Möllemann donnent l'impression qu'il considère les kamikazes palestiniens comme des patriotes. Un homme politique de notre pays ne peut pas dire une chose pareille... L'antisémitisme est une menace pour la démocratie. Möllemann doit s'excuser..."

  • Le ministre "vert" des affaires étrangères Fischer (ancien casseur gauchiste pro-palestinien ayant effectué, dans les années 1970, un stage dans un camp de l'OLP): "Möllemann se défoule au détriment d'Israël; on l'a rarement vu s'intéresser à d'autres cas de pays occupés. Il justifie la terreur, et c'est inadmissible, c'est scandaleux... Il faut qu'Israël soit militairement plus fort que ses voisins..."

  • La porte-parole du groupe parlementaire des Verts: "Möllemann est un dangereux incendiaire qui justifie la terreur et les assassinats d'innocents civils et exploite les ressentiments anti-juifs et anti-israéliens. Il prétend contre toute évidence que le gouvernement suit une politique unilatéralement pro-israélienne."
    [Les Verts devraient prêter attention aux propos de leur ministre Fischer - voir plus haut.]

  • Christoph Schlingensief (acteur, metteur en scène, dramaturge, provocateur): "Möllemann ferait mieux de la fermer... Mort à Möllemann..."

  • Le magazine politique Panorama de la télévision publique ARD remporte la palme en présentant une scène adaptée du film Le Dictateur de Chaplin. On y voit le sosie de Hitler tenir un discours violent et haineux dans un horrible charabia pseudo-allemand. Le visage de l'acteur a été remplacé par celui de Möllemann.

Il va sans dire que ces attaques et ces "réactions indignées" ont aussitôt été reprises et amplifiées par les innombrables organes de propagande sioniste. Ainsi dans un éditorial de Proche-Orient."info", on peut relever à propos de Möllemann les expressions "personnalité controversée" [controversée par qui ?], "dérapages", "remugles de passions suspectes" [les sharognards, eux, sentent si bon], "a rencontré Arafat" [qui ne l'a pas rencontré ?], et pour couronner le tout "les Allemands ne pardonneront jamais Auschwitz aux Juifs" [très drôle et de très bon goût].

Le site FactsOfIsrael.com va plus loin encore: "En Allemagne, le parti FDP a officieusement adopté l'antisémitisme comme tactique électorale afin de s'attirer les voix de la considérable minorité musulmane." On croit rêver : ce n'est plus seulement Möllemann qui est en cause mais le FDP dans son ensemble, et la minorité musulmane a subitement le droit de vote !... [En réalité, les exemples de naturalisation à la Karsli sont rares en Allemagne. Dans la plupart des cas, les Turcs ou Arabes immigrés restent étrangers toute leur vie, de même que leurs enfants et petits-enfants.]

De Berlin à Tel Aviv, en passant par Paris, Londres, New York et d'autres lieux, la calomnie se répand donc dans le monde entier. Möllemann ne s'en remettra sans doute pas au niveau international. Il est déjà indésirable aux Etats-Unis. Dans son pays, on le rend responsable de la prétendue déconfiture de son parti. Et pourtant, si le FDP est très loin de son rêve électoral de 18 %, il a amélioré son score général de 6,2 à 7,4 % ; en région NRW (celle de Möllemann), la progression est plus nette encore: 9,3 % contre 7,3 quatre ans plus tôt. Néanmoins, le "coupable" a dû abandonner son poste de co-dirigeant fédéral du FDP. Dans sa région, il est encore à la tête de son parti en octobre 2002, mais pour combien de temps ? Le lobby ne dort pas.


L'affaire Möllemann n'a pas seulement mis au jour l'ampleur de l'influence sioniste sur la société allemande. Elle est aussi symptomatique de la manière dont les questions touchant le fascisme et l'antifascisme sont gérées outre-Rhin. Ces mots eux-mêmes sont rarement utilisés. Il y a quelques années encore, leur emploi était assimilé à de la propagande communiste made in East Germany. Les crimes nazis sont réduits à l'Holocauste, néologisme apparu en Allemagne, comme partout ailleurs, à la fin des années 1970.

Tout le monde (ou presque) abomine Hitler et ce qu'il a fait aux Juifs. Mais en même temps, on ignore tout (ou presque) de ses autres crimes et de ses autres victimes, slaves ou communistes par exemple. Au contraire, ces gens auraient commis d'abominables injustices à l'égard du peuple allemand : d'une part la "Vertreibung" ou "expulsion" des populations germaniques des territoires récupérés par la Pologne, la Tchécoslovaquie et l'URSS après 1945 ; d'autre part, 40 ans de "dictature communiste" en Allemagne de l'Est. L'un et l'autre de ces "événements" sont bien entendu la conséquence du nazisme, mais il n'est pas opportun de le mentionner.

Pas plus qu'il n'est opportun de mentionner que Hitler ne s'est pas "emparé" du pouvoir en 1933 et que son parti n'était pas "minoritaire"*, comme le croient les Allemands 70 ans plus tard. La nomination officielle - et parfaitement légale - du chancelier nazi par le très réactionnaire président du Reich (Hindenburg), l'appui du monde des affaires, de l'industrie et de la finance, de même que le soutien de larges couches de la population sont des thèmes largement tabous ou inconnus - avec quelques différences régionales, il est vrai (jusqu'en 1990 un Allemand sur cinq vivait en RDA, où l'approche du sujet était radicalement différente).

* Le NSDAP n'avait certes pas recueilli la majorité absolue aux élections législatives de novembre 1932, mais avec près de 12 millions de voix (33 %), il était le premier parti d'Allemagne et représentait presque autant d'électeurs que les deux partis de gauche (SPD et KPD) réunis.

Aujourd'hui, ce qu'on appelle parfois abusivement l'antifascisme officiel consiste en fait à s'aligner sans discussion sur les positions dictées par les milieux sionistes, et à laisser faire l'extrême droite dans la mesure où elle ne s'attaque pas aux Juifs ou à Israël (ce qu'elle se garde bien de faire ouvertement). Tant que les victimes* sont turques, arabes ou africaines, la police, la "justice" et les autorités se tiennent tranquilles. Bien sûr, on invite la population à être vigilante et à faire preuve de "courage civique", mais dès que des citoyens prennent cette recommandation au sérieux et tentent de s'opposer aux manifestations néo-nazies partout autorisées (il y en a pratiquement toutes les semaines), c'est eux qui sont victimes de la répression policière et judiciaire.

* près de 150 morts en douze ans.

Plus encore qu'en France, les "valeurs" de l'extrême droite sont véhiculées par la droite classique et acceptées par les autres grands partis. C'est sans doute la raison pour laquelle une formation comme le Front National n'a jamais pu émerger sur la scène politique allemande. Au programme habituel de la droite vient s'ajouter en Allemagne la "réparation de l'injustice subie en 1945 par les victimes de la Vertreibung", ce qui ne peut, tôt ou tard, que déboucher sur des revendications territoriales. Le revanchisme allemand se porte mieux que jamais.

Quant aux post-communistes, comme la VVN ou le PDS mentionnés plus haut, ils n'ont plus qu'une ambition: la reconnaissance politique par l'adversaire de jadis (c'est ce qu'ils appellent "arriver à l'Ouest"). Pour obtenir cette reconnaissance, ils sont prêts à toutes les compromissions. Le PDS s'excuse pour la construction du Mur de Berlin; il s'excuse aussi auprès de George Bush pour ceux de ses membres qui avaient osé manifester leur hostilité à la politique américaine. La VVN, qui par la force des choses n'abrite plus qu'un nombre réduit de victimes du nazisme, soutient maintenant cet Etat d'Israël que la RDA condamnait en son temps. Les rescapés des camps, à 80 ans et plus, sont trop heureux de pouvoir enfin sortir de l'illégalité qu'ils connaissaient à l'Ouest et laissent à d'autres le soin de déterminer la ligne politique de leur organisation.


Moins de quatre semaines après les élections, la chasse à courre entre dans une phase décisive. On a trouvé le moyen de faire plier Möllemann: on l'accuse maintenant d'avoir fait imprimer le tract "antisémite" grâce à des fonds occultes. 840.000 euros auraient été versés par des donateurs anonymes en violation de la loi sur le financement des partis - 840.000 euros pour un tract, on croit rêver.

Les commentaires des médias vont tous dans le même sens: Möllemann doit révéler sans tarder d'où vient tout cet argent. Il ne lui reste donc plus qu'à avouer que c'était Saddam Hussein et Al-Qaïda. Après, il pourra quitter le FDP et sauter d'avion sans parachute. Et le lobby sioniste lui foutra peut-être la paix...



JUIN 2003 : MISE À MORT

"Sauter d'avion sans parachute" : en écrivant ces mots six mois plus tôt, nous ne pensions pas si bien dire. Et pourtant, le 5 juin 2003, lorsque les médias annoncent la mort de Jürgen Möllemann, nous devons nous rendre à l'évidence.

Ce jour-là, au cours d'un saut effectué d'une altitude de 4.000 mètres, le parachute principal de Möllemann se détache mystérieusement peu après l'ouverture. Le parachute de réserve ne s'ouvre pas et Möllemann s'écrase au sol.

Quelques minutes plus tard, la presse décrète qu'il s'agit d'un suicide et lance le premier bobard : un témoin anonyme - au sol - aurait vu Möllemann détacher lui-même son parachute. Peu après, la police et le parquet font savoir que toutes les hypothèses seront examinées. Par "toutes les hypothèses", il faut entendre l'accident ou le suicide - l'éventualité d'un meurtre est exclue a priori. L'enquête est donc faussée dès le départ : voilà qui est très conforme au style en vigueur depuis le 11 septembre.

Parmi les éléments dont on ne tiendra pas compte, citons les suivants :

  • Wolfgang Kubicki, responsable régional du FDP et ami de Möllemann, a une conversation téléphonique avec la victime deux heures avant le drame. Rendez-vous est pris pour le lundi suivant. Rien absolument, dans le comportement de Möllemann, ne permet de conclure à une intention suicidaire. Ses proches confirment ce point.

  • Il est patent que le Mossad a exigé de Guido Westerwelle "la tête de Möllemann" lors d'une visite que le chef du FDP a effectuée à Jérusalem en mai 2002. Le virulence et la parfaite synchronisation des attaques ne s'explique guère autrement. Après avoir contraint Möllemann à abandonner toutes ses fonctions au sein du parti, la direction du FDP s'apprêtait à organiser une campagne en vue d'obtenir sa démission du Bundestag. Parallèlement, une investigation pénale devait être engagée contre lui pour "financement illégal" d'activités politiques, "fraude fiscale" et même "détournement de fonds" - le tout fondé sur le fameux tract "antisémite". On croit rêver en entendant parler de "détournement", car Möllemann, au lieu de détourner des fonds appartenant au FDP, a au contraire efficacement contribué au financement de son parti, ses méthodes ne différant en rien de celles pratiquées par l'ensemble de la caste politique allemande sans exception. En temps normal, une telle procédure judiciaire à motivation politique n'a pratiquement aucune chance d'aboutir. Dans le cas d'une mise à mort politique voulue par une puissance extérieure, le résultat peut certes être différent, mais l'intéressé n'avait aucune inquiétude à ce sujet.

  • En août 2002, Möllemann avait été légèrement blessé au cours d'un saut similaire. Son parachute principal s'était déchiré mais la réserve avait fonctionné correctement. La police avait alors conclu à un défaut matériel.

  • Jürgen Möllemann avait l'intention de fonder un nouveau parti. Des contacts avaient déjà été pris à cet égard. Sachant qu'une partie de l'opinion publique n'était pas défavorable à cette démarche, on peut imaginer qu'un début de panique a dû saisir Westerwelle et consorts.

  • La chronologie des événements du 5 juin est extrêmement troublante :

    • A 12 h 00 ce jour-là, le Bundestag lève l'immunité parlementaire de Möllemann, permettant ainsi au parquet d'engager des poursuites.

    • A 12 h 11, le procureur annonce des perquisitions touchant "les domiciles et les bureaux" du politicien : en tout 25 adresses dans 13 villes d'Allemagne ainsi qu'au Luxembourg, en Espagne et au Liechtenstein. C'est la plus grande razzia de ces dernières années - et tout ça pour un tract... On aimerait savoir ce qu'une telle opération coûte au contribuable allemand - certainement un multiple des 840.000 euros en question. Bien entendu, la plupart de ces "domiciles et bureaux" n'appartiennent pas du tout à Möllemann, mais il faut créer l'impression que l'Etat combat de toutes ses forces le pouvoir occulte et tentaculaire de l'abominable Satan antisémite. On voit que le lobby israélien a le bras long.

    • A 12 h 15, Möllemann est mort. Explication "logique" : il s'est suicidé en apprenant la mauvaise nouvelle.

    • A 14 h 00, après le déjeuner, le Parlement allemand "rend hommage" à celui qu'il a excommunié deux heures plus tôt. On décide de mettre les drapeaux en berne ; on dépose des fleurs sur le siège qu'il occupait - siège qui se trouve à l'écart de tous les autres, bien sûr, puisque l'homme était pestiféré.




    • Et si le Bundestag avait le pouvoir de décider de ces choses-là, gageons que les obsèques de Jürgen Möllemann auraient eu lieu le jour même à 15 h 30.

  • On sait que le Mossad suivait depuis assez longtemps les activités commerciales de Möllemann et ses contacts avec le monde arabe. Comme il se doit, des rumeurs avaient été lancées, faisant état d'un prétendu trafic d'armes dont le politicien se serait rendu coupable. Originalité et imagination n'ont jamais été les points forts des services secrets de l'Etat sioniste. Cynisme et brutalité sont beaucoup plus demandés dans ce milieu. Si, comme il est probable, la chasse à courre entreprise contre Jürgen Möllemann a abouti à un meurtre politique commis avec la complicité des autorités allemandes, ce n'est hélas pas la première fois. En 1977 déjà, trois membres de la RAF (Baader, Ensslin et Raspe) ont payé de leur vie leurs sympathies pro-palestiniennes : emprisonnés dans des cellules du quartier de "haute sécurité" de Stuttgart-Stammheim, ils se sont "suicidés" avec l'aide de tueurs professionnels des services israéliens (l'avocat Karl-Heinz Weidenhammer a écrit un livre très documenté sur la question).

Bien que les médias ne cessent de colporter la thèse du suicide, l'opinion publique n'y croit pas trop. Selon un sondage effectué le 10 juin, un tiers des personnes interrogées pensent qu'il s'agit d'un meurtre.



LA CERISE SUR LE GÂTEAU

Fin janvier 2003, alors que les coupes budgétaires n'épargnent presque aucun secteur de la vie sociale, le financement du lobby sioniste par le contribuable allemand ne semble pas poser de problème. Afin d'apaiser les graves souffrances psychiques occasionnées par les très antisémitiques attaques möllemannesques, le Gouvernement de la République fédérale signe avec le Conseil central des Juifs d'Allemagne - d'égal à égal - un concordat (Staatsvertrag) pour la "promotion de la vie culturelle juive". Le Conseil central recevra une subvention de trois millions d'euros par an. En outre, l'Etat assurera les dépenses de fonctionnement d'institutions comme l'Ecole supérieure d'études juives et les Archives historiques judéo-allemandes - et ce n'est probablement que la partie visible de l'iceberg. A n'en pas douter, l'argent sera bien employé. Les dirigeants du Conseil juif, en effet, ne manquent pas une occasion de faire l'éloge de la politique coloniale israélienne et de réclamer des sanctions militaires immédiates contre le "dictateur irakien" et ses "complices".* On sait que les activités culturelles de ce genre coûtent cher...

* "Mon ennemi, ce n'est pas George Bush ; mon ennemi, c'est Saddam Hussein", beugle Michel Friedman début 2003.

Le 6 juin, le Bundestag ratifie le concordat. Si la bande à Friedman sable le champagne ce jour-là, cela n'a bien entendu rien à voir avec le dénouement de la sanglante chasse à courre qui vient de s'achever la veille.



ÉPILOGUE ?

Le vendredi 13 ne semble pas porter bonheur à Michel Friedman, du moins pas le 13 juin 2003. Ce jour-là, on apprend que le chasseur de sorcières est toxicomane et qu'il a ses entrées dans les milieux de la prostitution - voilà qui complète admirablement le portrait de ce sinistre personnage.

Comme la possession de cocaïne est réprimée par la loi, Friedman a des ennuis avec la justice allemande. Le parquet ouvre une enquête. Mais contrairement à sa victime Möllemann, qui ne s'est vue accorder que onze minutes, le camé a tout le temps nécessaire pour se mettre à l'abri. Il peut se soustraire aux investigations en allant se réfugier dans "un pays du sud de l'Europe". On nous laisse le soin de deviner lequel. Serait-ce, pour être plus précis, un pays situé très au sud, sur l'autre rive de la grande mer ? Un pays où les juges d'instruction connaissent les limites à ne pas dépasser, un pays où Friedman jouit de l'immunité ethno-politique. Pas un pays de la "vieille Europe antisémite" où tout est sans cesse remis en cause si le lobby n'intervient pas.

Dans les jours qui suivent, diverses personnalités juives accusent la presse d'antisémitisme - un comble, quand on connaît la presse allemande. La vice-présidente du Conseil central dénonce ce qu'elle considère comme une "attaque contre tous les Juifs d'Allemagne". Arthur Brauner, un producteur de cinéma connu, parle de "justice brune" - une remarque qui ne manque pas de sel, quand on sait que Brauner est l'équivalent du nom français Lebrun.

En fait, il est plus que probable que les dirigeants juifs ont discrètement avalisé l'action policière contre Friedman. Depuis quelque temps déjà, ils cherchaient à se débarrasser de ce personnage encombrant dont toute la carrière repose sur de sombres intrigues. Si l'on en croit la fille d'un des anciens présidents du Conseil central, Heinz Galinski, décédé en 1992, son père aurait déclaré peu avant sa mort que Friedman était "bon pour la psychiatrie" (cité par le magazine Focus). Les propos suivants, tenus par l'intéressé devant les élèves de l'Ecole de police de Berlin et cités par le quotidien Die Welt du 1er juin 2002, semblent confirmer l'opinion de Galinski, à moins qu'il ne s'agisse des effets de la drogue : "Il y a 60 ans, la police est venue me chercher pour me conduire en déportation. Aujourd'hui, elle est là pour me protéger." (Friedman est né en 1956).

Il semblerait donc qu'on se soit d'abord servi de Friedman dans l'affaire Möllemann, puis qu'on se soit défait de lui, une fois le "travail" accompli.

Quoi qu'il en soit, le 8 juillet 2003, l'homme sort de sa cachette et avoue publiquement "sa faute". Le parquet accepte de mettre fin aux investigations contre paiement d'une amende de 17.000 euros - une sanction tout à fait symbolique.

Le lobby sioniste peut se féliciter de ce dénouement qui lui permet de faire d'une pierre trois coups : écarter de manière assez élégante un gêneur notoire ; suggérer à la population allemande que les élites juives ne sont pas à l'abri des lois ; et enfin, conforter à l'étranger le sentiment que l'Allemagne est un pays "antisémite".



POST-SCRIPTUM

Novembre 2005 : Friedman réclame une action militaire immédiate contre l'Iran.

Octobre 2009 : Westerwelle devient ministre des Affaires étrangères du gouvernement Merkel, un poste qui lui permettra de servir au mieux les intérêts d'Israël. Premier objectif : rendre enfin possible cette guerre contre l'Iran qui se fait attendre depuis si longtemps.



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