PALESTINE - ISRAËL

- QUELQUES PRÉCISIONS -



(écrit en 2002)




Nous recevons régulièrement des commentaires à propos de ce site, particulièrement en ce concerne les pages consacrées au conflit palestino-israélien. Merci à tous ceux qui se donnent la peine d'écrire pour exprimer leur opinion - souvent différente de la nôtre. Bien sûr, certains jugent opportun d'accompagner leur critique d'insultes ou d'accusations abracadabrantes ("antisémitisme", "révisionnisme", "négationnisme"). Mais ces reproches infondés tombent d'eux-mêmes à la lecture des pages en question.

Un de nos critiques sérieux nous a conduits à développer certains points de ce vaste sujet. Nous affichons ici le texte de l'abondant courrier échangé à cette occasion. Notre correspondant, s'il lit ses lignes, nous pardonnera les infimes retouches apportées çà et là pour rendre l'ensemble plus intelligible.

Bien entendu, nous préservons son anonymat.

en noir: les e-mails reçus
en vert: nos réponses
[en bleu: nos commentaires ou compléments de réponse formulés a posteriori]



Vous devriez poser la question suivante aux Arabes citoyens israéliens: "Lorsque l'Etat palestinien sera proclamé, y vivriez-vous et prendriez-vous la nationalité palestinienne?" Je mets ma main à couper que 99 % des Arabes israéliens refuseront, alors ne dites pas que ce sont des victimes, car lorsqu'Israël leur assure protection sociale, éducation, etc., que donne Arafat (dont la fortune est estimée à 6 milliards de francs) à son peuple ?

De plus vous semblez oublier que le Grand Mufti de Jérusalem Hadj Amine El Husseini a collaboré avec Hitler, créant une division musulmane SS et ouvrant le bureau du Mufti avenue de la Grande Armée à Paris.

Vous serait-il difficile de condamner la recrudescence d'actes antisémites en France comme je condamne tout acte raciste ? Les approuveriez-vous ?

Si vous mentionnez les propositions israéliennes de Camp David, propositions peut-être incomplètes mais qui ont le mérite d'exister, vous omettez de préciser les contre-propositions d'Arafat. Pourquoi ? Tout simplement car elles n'ont pas existé, ou peut-être car cette réponse serait une réponse militaire: la seconde Intifada.

Un citoyen français



Bonjour Citoyen,

Merci pour votre message. Je vais essayer d'y répondre:

1) sur la nationalité palestinienne:

J'ignore quel pourcentage d'Arabes vivant dans les frontières d'Israël d'avant 1967 opteraient pour la nationalité palestinienne si cet Etat était proclamé. S'il s'agit d'un véritable Etat souverain, et non d'un bantoustan dans le style apartheid sud-africain, alors - sans vouloir vous mutiler - je crois que ce serait certainement plus d'un pour cent. Mais tout dépend de la situation personnelle de chacun. Ce n'est pas parce qu'on éprouve de la sympathie pour un Etat, qu'on en prend automatiquement la nationalité. Vous êtes bien, vous, citoyen français et non citoyen israélien. [L'un n'empêche pas l'autre.]

Pour ce qui est d'aller vivre dans le nouvel Etat, pourquoi voulez-vous qu'un Arabe de Nazareth aille s'installer à Jéricho lorsque l'Etat palestinien aura été proclamé. S'il en a envie, d'accord, mais dans le cas contraire, il est chez lui à Nazareth. Ou bien sera-t-il expulsé par le gouvernement israélien ?... Que chacun vive où bon lui semble. Vous-même, vous avez de la sympathie pour Israël, mais vous n'y vivez probablement pas. Même chose d'ailleurs pour des centaines de milliers de Juifs français. Pourquoi voudriez-vous qu'ils aillent vivre en Israël ? Pour être incorporés dans l'armée israélienne ? Pour aller tuer et se faire tuer dans les territoires occupés, pour des colons venus de Russie et qui ne parlent même pas l'hébreu ?

[Nazareth: ville située à l'intérieur des frontières israéliennes de 1949.
Jéricho: ville des territoires occupés depuis 1967.]


2) sur la protection sociale accordée par l'Etat d'Israël:

La protection sociale n'est déjà pas bien terrible pour les Israéliens juifs;* elle est encore plus réduite pour les non-juifs. En Israël, tout est fonction de la religion des intéressés: lieu de résidence, éducation, soins médicaux, droits civils, etc... Israël est un Etat juif où les non-juifs sont traités différemment - comme autrefois en Afrique du Sud. Il est possible, et même probable, que la situation concrète des Arabes soit pire encore dans les territoires occupés - pas étonnant avec les destructions causés par l'occupant; ils démolissent même les écoles et les hôpitaux financés par l'Union Européene. Mais le problème n'est pas là. C'est une question d'indépendance et de souveraineté. Savez-vous que l'argument de la "protection sociale", soi-disant assurée par la puissance coloniale aux colonisés, est aussi vieux que le colonialisme lui-même ? On l'a entendu bien souvent en France à propos de l'Afrique et de l'Algérie. C'est ce qu'on appelait la "mission civilisatrice".

[* Selon le quotidien Ha'aretz, plus du quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (580 dollars = 470 euros par mois pour une famille de deux enfants). L'organisation caritative israélo-américaine Meals4Israel, qui en appelle à la générosité des lecteurs de la presse juive anglophone, signale que tous les soirs plus de 618.000 enfants israéliens vont se coucher le ventre vide...  A qui la faute ?...  Le problème de la faim en Israël pourrait être résolu immédiatement sans la moindre difficulté. Il suffirait pour cela que les innombrables milliards transférés à des titres divers vers l'Etat hébreu ne soient plus totalement dilapidés à des fins militaires, ou que les très nombreux milliardaires et multimillionnaires juifs américains (presque un milliardaire sur deux aux USA est juif) se donnent la peine de mettre en pratique la solidarité ethnique qu'ils sont les premiers à prêcher. Malheureusement, il est probable qu'une partie des dons versés ici va en fait alimenter les dépenses parasitaires d'Israël et enrichir encore davantage quelques-uns de ces nantis. Pour paraphraser Coluche, il est clair que pour ces gens-là, un Juif riche est un Juif, tandis qu'un Juif pauvre est un pauvre. C'est à ce genre de "détails" qu'on mesure toute l'hypocrisie du sionisme, qui prétend "défendre" tous les Juifs, alors qu'en réalité il laisse végéter bon nombre d'entre eux.  Et après cela, on viendra nous parler des milliardaires saoudiens qui refusent d'aider les réfugiés palestiniens...]


3) à propos de la fortune d'Arafat:

Il me semble que vous confondez sa fortune personnelle avec le budget ou le patrimoine de l'Autorité palestinenne. Je n'ai pas les chiffres en tête, mais ça ne devrait pas être trop difficile à trouver. La voiture blindée que Bill Clinton avait offerte à Arafat, et que les chars israéliens ont détruite à Ramallah, n'était pas la propriété personnelle du président palestinien. Pas plus que les fonds mis à la disposition des différentes représentations palestiniennes à l'étranger.


4) à propos de la collaboration avec les nazis:

Le mufti de Jérusalem et bien d'autres personnalités arabes des années 1930-40 étaient pro-nazis*. C'est connu, et on l'entend tous les jours. Ce qu'on n'entend presque jamais, par contre, c'est le rôle joué par les collaborateurs juifs, comme par exemple ceux de l'UGIF - une création de Pétain - ou par le Rosh Bétar fasciste. J‘en parle à la page concernant le conflit israélo-palestinien.

[* Le mufti était ouvertement judéophobe et anticommuniste. Ses groupes SS musulmans combattirent en URSS et en Yougoslavie.]


5) sur la recrudescence des actes antisémites en France:

Je condamne tous les actes terroristes. Mais en même temps, je me méfie quand j‘entends parler de terrorisme, surtout depuis le 11 septembre. La part de manipulation dans la présentation des actes de terrorisme augmente de jour en jour. C‘est normal, puisque 95 pour cent des gens croient tout ce qu‘on leur raconte, sans prendre la peine de vérifier.

Il y a sans aucun doute beaucoup de personnes hostiles au sionisme dans les milieux musulmans en France - et pas seulement dans ces milieux. Il est possible que certains confondent juifs et sionistes (ce qui n‘est pas du tout la même chose) et s‘en prennent aux symboles du culte juif en croyant ainsi combattre l‘expansionnisme sioniste israélien. Le fait que les représentants des institutions religieuses et civiles des Juifs de France soutiennent inconditionnellement la politique colonialiste, raciste et criminelle du gouvernement Sharon, y est sans doute pour beaucoup. Mais de là à dire qu‘il y a "recrudescence", c‘est de l‘intox pure et simple.

Il y a depuis quelque temps en Israël et dans les milieux sionistes à l‘étranger une campagne dénonçant le prétendu antisémitisme qui règnerait en France. La télé israélienne a même montré des images d‘un défilé néo-nazi qui se serait déroulé à Paris. En fait, la scène avait été tournée à Berlin, près de la grande synagogue de l‘Oranienburger Strasse. Dans ces conditions, je ne serais pas étonné d‘apprendre que les attentats "antisémites" dont on nous abreuve depuis quelque temps, aient été en grande partie planifiés et organisés par les terroristes du Mossad pour obtenir l‘effet voulu auprès du public israélien, et pour pousser un certain nombre de Juifs français à émigrer vers Israël. J‘ai vu récemment à la télé des extraits d‘un reportage israélien où on interviewait une Française venue s‘installer à Tel Aviv avec sa fille pour "échapper à l‘antisémitisme français". Sans commentaire...


6) à propos de la condamnation du racisme:

Si vous condamnez tout acte raciste, alors j'imagine que vous condamnez aussi les actes racistes du gouvernement israélien d'extrême droite. 82 pour cent des électeurs français ont voté contre Le Pen, mais Le Pen, comparé à Sharon, c'est un enfant de choeur. A ma connaissance, il n'a tué personné, juste un peu torturé en Algérie. Sharon, lui, c'est le tueur en série, l'organisateur des massacres de Sabra et Chatila, et de beaucoup d'autres massacres, dont le plus récent est celui de Jénine. On ne peut pas être contre Le Pen en France et soutenir Sharon en Israël et en Palestine. Sharon, c'est le fascisme juif personnifié. Le fascisme n'est pas une opinion politique, c'est un crime.


7) à propos de la solution du problème:

Les "propositions" israéliennes de Camp David, c'est du camel shit, encore la vieille histoire des bantoustans sud-africains. Faut-il perdre son temps à en parler ? Arafat, lui, a bien un plan, et ce plan est connu depuis longtemps: cessation de l'occupation et abandon des colonies. Sharon et ses acolytes n'en veulent pas, c'est évident. Ils veulent l'éviction progressive des Palestiniens des territoires occupés, l'extension des colonies et, finalement, l'annexion définitive.

La clé de la paix est entre les mains des Israéliens eux-mêmes, à condition qu'ils parviennent à se débarrasser du gouvernement d'extrême droite qu'ils se sont donné. A ma connaissance, une petite minorité d'Israéliens raisonnables essaie d'y parvenir. Mais jusqu'à présent, ils n'ont pas eu beaucoup de succès.

La communauté juive de France devrait les écouter au lieu de jouer le rôle de courroie de transmission de l'extrémisme.


Cordialement

JD / wotraceafg



"Sharon, lui, c'est le tueur en série, l'organisateur des massacres de Sabra et Chatila":

Vous oubliez de préciser que le chef des Phalangistes libanais reçut l'asile politique en France, alors que c'est lui le véritable organisateur de Sabra et Chatila. Sharon y est impliqué indirectement (mais sûrement, je le concède, et c'est la raison pour laquelle il demissionna de son poste à cette époque). Si je reconnais et admets les "erreurs" commises par les Israéliens, reconnaissez celles menées par les terroristes palestiniens qui tuent des innocents en pleine ville de Tel Aviv, qui n'entre pas dans les revendications de Mr Arafat.

Par contre, je suis choqué et indigné des accusations que vous portez, selon lesquelles le Mossad aurait organisé les actes antisémites en France. Ouvrez les yeux, il y a des gens arrêtés et qui ne sont nullement du Mossad. Si l'on pousse votre argument jusqu'au bout, la torture en Algérie est une manipulation des Algériens, les attentats du 11 septembre ne sont pas l'oeuvre assassine d'Al Quaida mais celle du FBI et de la CIA... Ce raisonnement me parait tout simplement... disons revisionniste, pour ne pas dire négationniste.

Quant aux mouvements juifs ayant eu des rapports avec les nazis, ils furent non pas juste minoritaires, mais quasiment inexistants, et lorsqu'ils eurent le malheur d'exister, ce fut dans l'optique de sauver des vies humaines (dans ce cas juives, la solution étant souvent l'émigration en Palestine).

Ce que je reproche à Arafat, ce n'est pas de n'avoir pas accepté les offres de Barak (bien que proches de ses revendications, même si vous ne voulez pas le reconnaître), mais de n'avoir fait aucune contre-proposition, et d'avoir eu seulement comme réponse la lutte armée. En effet il est plus glorieux d'obtenir son Etat par les armes !

Je ne me trompais guère à propos de la fortune personnelle d'Arafat, qui s'élève à des milliards de francs lorsque son peuple est dans la misère. Au lieu de lui offrir un avenir meilleur par la négociation, Arafat préfère s'offrir la gloire pas les armes et la mort d'innocents des deux côtés.



Bonjour,

Merci pour votre courrier. Je trouve que ça commence à devenir intéressant. Excusez-moi si ma réponse est un peu longue. Il y a des choses qui sont difficiles à exprimer en deux phrases.


1) Sabra et Chatila:

Tout à fait d'accord avec vous quand vous dites que ce sont les Phalangistes qui ont perpétré les massacres et qu'ils ont été protégés par le gouvernement français. La France s'est longtemps appuyée sur ces forces d'extrême droite chrétiennes pour semer le désordre au Liban. D'ailleurs, le Liban est une création française des années 1920 pour diviser la région et maintenir la pression contre les Arabes musulmans de Syrie. La longue guerre civile au Liban n'a été possible que parce que la France a massivement soutenu ces gens-là.

Je ne veux pas opposer les Phalangistes à Sharon. Je dis au contraire qu'ils étaient complices. Il y avait coordination. Les fachos libanais ont massacré les réfugiés; Sharon a fait boucler les camps pour empêcher que les victimes échappent à leurs bourreaux. Tenir le couteau qui égorge la victime ou tenir la victime pour permettre à l'assassin de l'égorger, c'est la même chose. Il faut lire le texte de la plainte déposée contre Sharon à Bruxelles :

http://www.palestine-france.com/appet/processabraetchatilla.htm


2) Les "erreurs":

Il ne s'agit pas "d'erreurs" mais de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité. Si on appliquait à Sharon les critères du Tribunal de Nuremberg, il y a longtemps qu'on l'aurait pendu, et ce serait très bien comme ça. Eichmann y est passé, pas Sharon. La différence entre Eichmann et Sharon, c'est qu'Eichmann n'était pas juif. Entre parenthèses, le mot "erreurs" rappelle étrangement les "erreurs" commises en URSS à l'époque de Staline.


3) Nuances:

Je ne suis ni pour les Arabes ni contre les Juifs. Les Arabes et les Juifs sont des gens comme tout le monde, ni bons ni mauvais a priori. Comme chez tous les peuples, il y a chez eux des victimes et des salauds, des pauvres et des riches, des exploités et des parasites. Tout ça n'est pas du tout une question de religion ou d'appartenance ethnique, même si ça en a l'air à première vue. C'est une question politique. Dans toutes les sociétés, il y a diverses tendances et nuances politiques. Certaines politiques sont dangereuses, néfastes et criminelles. Elles peuvent être le fait de Juifs, d'Arabes ou d'autres gens. Il n'est pas question de se taire quand les criminels sont juifs. Est-ce de l'antisémitisme que de dénoncer des fachos juifs ? Certainement pas.

Un certain nombre d'Israéliens et de Juifs non israéliens connus sont du même avis et ne se gênent pas pour dénoncer la politique criminelle du gouvernement israélien actuel. Malheureusement, ils ne sont peut-être pas assez nombreux ou pas assez écoutés pour imposer un changement. Je pourrais vous citer de nombreux textes de personnalités comme le linguiste Noam Chomsky du MIT de Boston, l'historien Norman Finkelstein, la militante antimondialiste Naomi Klein, le sociologue Baruch Kimmerling et le professeur Zimmermann de l'Université hébraïque de Jérusalem, le professeur Moshé Zuckermann de l'Université de Tel Aviv, l'écrivain et journaliste Uri Avnery, l'historien Shlomo Sand, le cinéaste Eyal Sivan, le chef d'orchestre et pianiste Daniel Baremboim, et même le philosophe Alain Finkielkraut dans ses moments de lucidité, etc. etc…

Je pourrais continuer ainsi assez longtemps. Internet regorge de ces prises de position que la presse classique passe généralement sous silence. Tous ces gens sont juifs, donc à l'abri du soupçon d'antisémitisme, et tous sont contre Sharon.


4) Le problème d'Israël:

Il n'est pas question de mettre les bons d'un côté et les méchants de l'autre. Il y a en Israël / Palestine un conflit, une guerre qui oppose un occupant colonial à des occupés qui veulent se libérer. Les Israéliens raisonnables le reconnaissent depuis longtemps.

Quand on soutient quelqu'un, il n'est pas nécessaire de s'identifier à lui et de l'approuver en tous points. En principe, c'est celui qui lutte pour sa libération qui a raison. Peu importe qu'il nous soit sympathique ou pas. Les Algériens se sont battus pendant sept ans pour avoir leur indépendance. Ce n'est pas parce qu'ils ont établi plus tard un régime pas très recommandable, qu'ils avaient tort de se battre contre l'occupant français. Ça n'a rien à voir.

Tous les peuples passent par là. La France a été libérée de l'occupation allemande en 1944-45, et que s'est-il passé ensuite ? Le gouvernement français s'est empressé d'aller faire la guerre à d'autres peuples, en Indochine, à Madagascar, en Algérie. Le 8 mai 1945, le jour de la victoire sur la barbarie nazie, l'armée française massacrait des milliers d'Algériens à Sétif. A peine croyable. Ça doit tenir à la nature humaine.

Les Juifs sont passés par là, eux aussi. Les descendants des victimes des camps et des ghettos font à d'autres ce que les nazis ont fait à leurs parents ou grands-parents. Le fait d'être juif ne met pas à l'abri de ces aberrations, hélas. Encore une fois, c'est une question politique et non religieuse ou raciale.


5) Arafat:

Arafat est ce qu'il est. Il ne m'est pas particulièrement sympathique. Pas plus que le président syrien, le roi de Jordanie ou celui du Maroc. Et je ne parle même pas de l'Irak ou de l'Arabie Saoudite. Je n'ai pas besoin d'aimer Arafat. En fait, il ne m'intéresse pas en tant que personne. Mais il symbolise le sort de son peuple. Il a été élu dans des élections plus ou moins "démocratiques" - ni plus ni moins démocratiques qu'en France, où le seul choix aux élections présidentielles est entre un menteur de droite et une brute d'extrême droite. En tout cas, Arafat est mieux légitimé que George Bush, qui lui n'a pas été élu du tout, mais nommé par la Cour Suprême par 5 voix contre 4.

En fait, même d'un point de vue israélien, Arafat devrait être l'homme idéal. Yitzak Rabin l'avait compris. Arafat est vieux, usé et fatigué. Il en a sa claque de se battre depuis 35 ans. Il veut enfin son Etat palestinien. Il veut s'arranger avec Israël, comme l'ont fait l'Egypte et la Jordanie. Son rêve, c'est d'être un vrai président comme Nelson Mandela.

La chose ne serait possible que si Israël allait dans le même sens. On aurait pu y arriver si les tueurs d'extrême droite (avec des complicités - et sans doute plus – à l'intérieur du Mossad) n'avaient pas assassiné cet Israélien raisonnable qui voulait la paix.

Sharon et ses gens veulent tout le contraire. Ils savent qu'Arafat et son Autorité palestinienne n'ont aucune autorité véritable. En fait, Arafat ne veut plus depuis longtemps "obtenir son Etat par la lutte armée". C'est son opposition qui le veut. Arafat ne veut pas détruire Israël. Il veut, au contraire, collaborer avec l'Etat juif. Un peu trop même, de l'avis de certains de ses compatriotes. C'est pour cette raison que la résistance palestinienne échappe à Arafat. Plus Sharon accentue la pression sur Arafat, et plus la résistance s'amplifie sans qu'Arafat puisse la contrôler.

Sharon le sait; il n'est pas con. C'est un tueur sans scrupules mais pas un con. Il sait parfaitement que le meilleur moyen de réaliser ses objectifs politiques (le "transfert" des 3 ou 4 millions de Palestiniens et l'annexion pure et simple), c'est d'accroître la tension à l'extrême et d'aboutir à une situation véritablement explosive. C'est lui qui provoque les attentats - je pèse mes mots. Chaque attentat palestinien est une réaction à la répression israélienne. C'est l'escalade que veut Sharon, et non la fin des attentats. Sharon est peut-être plus dangereux encore pour les Juifs israéliens que pour les Palestiniens. Sharon, c'est tout le contraire de la sécurité pour les habitants d'Israël. Malheureusement, les 3/4 d'entre eux ne semblent pas l'avoir compris. Il y a des signes encourageants, comme tous ces soldats et officiers qui refusent d'aller faire la guerre* dans les territoires occupés, ou des lycéens qui se rebiffent parfois quand un général vient leur faire une conférence de propagande. Mais c'est peu, très peu. Le fait que Washington encourage Sharon à continuer dans sa folie meurtrière est naturellement un facteur négatif. Si les USA lâchaient Sharon, la paix s'installerait assez vite, sans qu'Israël soit menacé pour autant. Clinton a bien essayé, mais il s'y est pris un peu tard. Il avait d'autres soucis (Monica Lewinsky).

[* Les Refuzniks sont déjà plus d'un millier]


6) Le terrorisme:

N'allez pas croire que j'approuve les attentats palestiniens. Un attentat aveugle peut toucher n'importe qui, n'importe où. Il y en a eu en France (métro Saint-Michel, etc…) C'est vraiment abject, je le reconnais. Mais c'est plus abject encore d'aller massacrer n'importe qui à Jénine sous prétexte que l'auteur d'un attentat commis quelques heures plus tôt venait soi-disant de cette ville.

Même si ce n'est pas 100% comparable avec la situation actuelle en Palestine, pendant la guerre de 1939-45, en France, les résistants descendaient des officiers allemands et des collabos. Les nazis et leurs laquais français traitaient alors les résistants de terroristes. Par "représailles", ils arrêtaient n'importe qui. Ces "otages" étaient fusillés, à raison de 10, 20 ou plus pour un Allemand tué. C'est une méthode terroriste qui s'apparente assez aux méthodes utilisées par Sharon ces jours-ci. La seule différence, c'est que Sharon ne prévient pas à l'avance en affichant une Bekanntmachung sur les murs de Jénine et qu'il ne prend pas la peine d'arrêter les otages avant de les tuer.

Je pense qu'on ne peut pas parler des innocentes victimes de Tel Aviv sans parler des innocentes victimes de Jénine, d'autant plus que ces dernières sont vingt fois plus nombreuses. Mais je ne veux pas faire la comptabilité des tueries et des massacres. Il y a d'un côté le terrorisme palestinien, individuel ou à petite échelle, artisanal et dilettante, mais qui tue quand même des dizaines de personnes. Et il y a, de l'autre, le terrorisme d'Etat à très grande échelle, systématique et professionnel, qui dispose de ressources quasi-inépuisables et qui coûte la vie à des milliers de gens.

Le terrorisme palestinien est un signe de faiblesse et de désespoir. Les Palestiniens, s'ils le pouvaient, s'ils disposaient d'armes lourdes et d'une armée, préfèreraient certainement affronter l'occupant israélien de face et détruire ses casernes, ses chars, ses avions et ses hélicos. Ils ne sont pas en mesure d'infliger ce genre de pertes à l'armée la plus puissante de la région; ils s'attaquent donc à des cibles civiles. Pour eux, c'est ça ou rien. Ils pensent qu'il vaut mieux tuer des civils israéliens que ne rien faire, puisque les Israéliens, eux, ne se gênent pas pour tuer bien davantage de civils palestiniens. Quand je dis "ils" à propos des Palestiniens, je ne parle pas d'Arafat, qui ne fait rien, mais de l'opposition (islamiste notamment).

Le problème qui est derrière tout cela, c'est l'occupation permanente des territoires palestiniens depuis 1967. Encore une fois, c'est une guerre coloniale, une sale guerre. C'est aux Israéliens d'y mettre fin. Pas en accentuant l'escalade, mais en cessant l'occupation.

Le problème derrière le problème, c'est que le grignotage incessant sur les territoires arabes fait partie de la doctrine sioniste depuis le début. J'en parle assez longuement sur la page concernant le conflit palestino-israélien.

On ne peut pas, comme l'ont fait et le font encore les sionistes, prétendre qu'un pays dont les Juifs ont été chassés il y a 19 siècles par les Romains, et qui est occupé par des Arabes depuis 14 siècles, appartient aux Juifs, et que les Juifs ont le droit de reprendre ce pays après en avoir chassé les Arabes. Ce genre de raisonnement "historique", qui est le b.a.-ba de la théorie sioniste, est tout simplement ridicule. Ridicule et criminel. Il est la cause de tous les conflits de la région depuis bientôt cent ans. Il est grand temps d'arrêter la casse. Beaucoup d'intellectuels israéliens le disent (voir plus haut).


7) La "solution":

J'en parle aussi sur la page citée plus haut. C'est en gros ce que veulent les Palestiniens modérés, dont Arafat. Et il l'a dit à Camp David. Bien sûr, il y a des tas de détails à régler, mais c'est d'abord le principe qui compte. La proposition israélienne de Barak, j'en parle aussi (le mythe des 91%). Je ne veux pas m'étendre là-dessus.

Cette proposition n'était pas du tout "proche" des revendications d'Arafat. Il suffit de lire les détails pour s'en convaincre. Soit dit en passant, si Arafat avait des "revendications", c'est qu'il avait un "plan", une "contre-proposition". Il ne faut quand même pas jouer sur les mots.

En fait, les Palestiniens ont le droit de leur côté, comme les Algériens l'avaient face aux Français, ou les Vietnamiens face aux Américains. Une guerre coloniale ne peut pas être résolue par la force. Il faut cesser l'expansion sioniste. C'est dans l'intérêt de tout le monde: Juifs, Arabes et leurs voisins. Les seuls qui s'y opposeront jusqu'au bout, ce sont les extrémistes israéliens, religieux ou civils, qui sont prêts à la guerre civile pour s'accrocher à leurs colonies.

Il faudrait que les Israéliens se réveillent. C'est eux qui ont la clé du problème. Les organisations juives en France et partout à l'étranger devraient cesser elles aussi de jouer les représentants inconditionnels de la politique israélienne. Ce n'est pas parce que quelqu'un est juif, qu'il doit suivre et approuver aveuglément tout ce que décide le gouvernement d'Israël. Je refuse l'amalgame entre juif, israélien et sioniste. Tout cela rappelle étrangement l'époque assez lointaine où beaucoup de communistes convaincus considéraient l'URSS comme leur seconde (ou même comme leur première) patrie. Je trouve un peu indécent que des citoyens français agitent le drapeau israélien dans les rues de Paris, mais finalement ça les regarde.


8) La fortune d'Arafat et la misère des Palestiniens:

Je croyais avoir déjà répondu, mais tant pis. Cette "fortune personnelle de plusieurs milliards" est une légende imaginée - devinez par qui - pour discréditer Arafat. Encore une fois, je ne le trouve pas particulièrement sympathique ou innocent. Comme la plupart des politiciens, il est sans scrupules, hypocrite, voleur et menteur. Il n'a pas pu se maintenir en place depuis les années 1960 sans intrigues, sans favoritisme, sans corruption. Mais il ne faut pas confondre le trésor de guerre de l'OLP ou le budget de l'Autorité palestinienne avec le compte en banque d'Arafat. Arafat n'est ni Mobutu, ni Marcos, ni Duvalier.

Quant à la misère des réfugiés et de beaucoup d'habitants de Gaza et de la Cisjordanie, elle est due avant tout à l'occupation coloniale qui perdure depuis 35 ans. Israël a pillé ces territoires avant de les détruire comme il le fait maintenant. Il faut être particulièrement cynique et arrogant pour reprocher aux Palestiniens la saleté et la misère dans laquelle on les a plongés. C'est un peu comme ces soldats allemands de la Seconde Guerre mondiale qui se moquaient du mode de vie "barbare et primitif" de la population russe, alors qu'ils venaient de mettre le pays à feu et à sang.

Uri Avnery, qui est juif et israélien, raconte les exploits des vaillants soldats de "Tsahal" à Jénine. Ils ont systématiquement défoncé les portes des appartements vides d'habitants, détruisant même les portes que les gens laissaient ouvertes pour éviter qu'elles soient défoncées; ils ont déposé leurs excréments (en français: "ils ont chié") au milieu des salons et des cuisines palestiniennes.* Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Uri Avnery. Il ne s'agit pas de propagande arabe. Alors, qui sont les barbares ? Dans quel état se trouve une armée et une société qui encourage des jeunes de 18 ou 20 ans à faire des choses pareilles ? Je sais que c'est "purement" symbolique et moins grave que de tuer des civils innocents. Mais l'armée israélienne fait les deux. Les soldats qui ne refusent pas de "servir" souillent et tuent. Et après, on viendra se moquer de la misère des Palestiniens, pour l'imputer à Arafat. Faut le faire...

[* Si l'on en juge par le témoignage de Kawther Salam, journaliste palestinienne d'Hébron, ce comportement semble être tout à fait courant chez les occupants israéliens - un texte et des photos qui en disent long sur le niveau mental des sionistes.]


9) les Juifs collaborateurs en France pendant la guerre:

Bien sûr qu'ils étaient une toute petite minorité. Il ne manquerait plus ça, que tous les Juifs aient collaboré !... Mais il faut voir les choses telles qu'elles sont et ne pas protéger ces gens-là ou justifier ce qu'ils ont fait, pour la seule raison qu'ils étaient juifs. Si je suis italien et catholique, je ne vais pas couvrir les salauds de la Mafia sous prétexte qu'ils sont eux aussi italiens et catholiques. Encore une fois, la religion ou l'origine ethnique ne peut pas être le critère.

Mais pour être concret, l'UGIF, sous Pétain, a bel et bien collaboré et fourni à la Milice, qui elle-même travaillait pour les nazis, les noms et adresses des Juifs qu'elle avait dans ses fichiers. Plus d'un Juif français, qui se croyait représenté et protégé par l'UGIF, s'est retrouvé plus tard à Drancy, au Vel d'Hiv ou dans un camp de la mort. Ceux qui se méfiaient et refusaient de se faire recenser, avaient plus de chance de s'en sortir.

Quand on entend dire que c'était pour "sauver des vies humaines", on pourrait rire si ce n'était pas si sérieux. L'argument est exactement le même que celui utilisé par le traître Pétain en 1940, quand il prétendait collaborer avec les nazis pour "sauver la France".

Comme je l'ai dit sur mon site, de très nombreux Juifs, français ou autres, ont lutté dans la Résistance. Bien souvent, ils étaient communistes et opposés au sionisme. C'est d'ailleurs pour cette raison que les nazis parlaient de "judéo-bolchévisme". Ces résistants font honneur aux Juifs français et aux Juifs tout court, si tant est que les Juifs en aient besoin. Mais les résistants juifs ne se battaient pas parce qu'ils étaient juifs, ils se battaient parce qu'ils étaient antifascistes. Les pauvres, ils doivent se retourner dans leurs tombes en voyant ce que Sharon fait en Palestine.


10) Le révisionnisme et le négationnisme:

Si vous me lisez et que vous pensez vraiment que je suis "révisionniste" ou "négationniste", alors c'est que je suis incapable d'exprimer ma pensée.

Je sais que c'est très moderne (ou post-moderne) d'utiliser ces mots à propos de tout et de rien. J'en parle aussi sur mon site:

wotraceafg/langue_de_bois.htm

Aujourd'hui, dès qu'on ose mettre en doute ce que tout le monde accepte sans vérification ni preuves, on devient "révisionniste" ou "négationniste". Ça n'a, bien entendu, strictement rien à voir avec le révisionnisme ou le négationnisme qui nie l'existence des camps, des chambres à gaz et du génocide nazi. C'est un moyen pratique de discréditer l'adversaire sans avoir à s'occuper en détail de ce qu'il dit. Pas la peine de s'embêter à lire un texte plus ou moins fastidieux. L'auteur est "révisionniste" ou "négationniste"; un point c'est tout, sujet suivant...

Je crois que c'est Bernard-Henri Lévy qui a mis au point cette tactique, mais je n'en suis pas sûr. Toujours est-il que tout le monde l'utilise à tort et à travers, ce qui dévalue considérablement les termes en question. Quand quelqu'un se demande si les Américains sont bien allés sur la Lune ou si les images du projet Apollo n'ont pas plutôt été tournées en studio, on le traite aussitôt de "révisionniste" et de "négationniste". Le Pen se marre et Faurisson peut dormir tranquille.


11) Le rôle du Mossad:

Personne n'est assez naïf pour croire qu'il y a des services secrets "bons" ou "innocents". Ils utilisent tous, sans exception, des méthodes illégales et criminelles. Les plus grands d'entre eux n'hésitent pas à recourir à l'assassinat ciblé et au déclenchement de guerres. Qui croit encore qu'une guerre éclate spontanément comme un tremblement de terre ou une éruption volcanique ? L'histoire humaine depuis l'Antiquité est pleine de ces "exploits" des services secrets, même si on ne parle de "services secrets" que depuis une époque relativement récente. Manipulation, intoxication, provocation sont les méthodes de base utilisées par ces services. J'en parle à la page

wotraceafg/provocation.htm

Les services les plus "performants" en la matière sont précisément la CIA et le Mossad. Quand je dis CIA et Mossad, il ne faut pas prendre ça au pied de la lettre. Il existe aux Etats-Unis des tas d'autres services (NSA, etc..) y compris ceux dont personne n'a jamais entendu parler (ils sont vraiment secrets). Ça ne doit pas être très différent en Israël; c'est le contraire qui m'étonnerait. Alors quand je dis que c'est peut-être le Mossad qui met en scène des "actes antisémites" en France, en fait, c'est peut-être un autre service secret israélien dont j'ignore le nom. Bien entendu, je ne peux pas produire de "preuves". Je n'y étais pas. Mais je ne peux pas non plus prouver que Kennedy n'a pas été assassiné par un seul homme. Et ce n'est pas faire affront à sa mémoire que de dire, comme le font de très nombreux Américains sans pouvoir le prouver, que JFK a été victime d'un complot auquel étaient mêlés des hommes politiques et des services secrets américains.

Pour ce qui est du Mossad, il a un riche passé d'actions similaires. Et je ne pense pas qu'il se soit reconverti dans l'action non-violente. Quand on entend parler d'actes ou d'agressions "antisémites" en France, il faut donc toujours se demander à qui profite le crime. Sûrement pas aux Palestiniens ou aux musulmans. Etrangement, il n'y a que des dégâts matériels.

Si des gens ont été arrêtés et qu'ils "ne sont pas du Mossad", qu'est-ce que ça prouve ? Quand il se passe quelque chose, la police arrête toujours le premier venu, par pur "actionnisme", pour prouver qu'elle est vigilante, surtout en période électorale. Et puis, croyez-vous sérieusement que les agents secrets ont leur carte du Mossad sur eux quand ils effectuent une action secrète ? Quand un agent se fait piquer, même par une police "amie", la première chose qu'il fait, c'est de tout nier. On doit apprendre ça en première année, première leçon, de l'école du Mossad. Les autorités israéliennes nient tout elles aussi, bien entendu, mais font le nécessaire pour faire libérer leurs gens.

Nul besoin d'être soi-même dans les services secrets pour savoir que le Mossad est solidement implanté en Europe, et particulièrement en France où se trouve la plus grande communauté juive. Ils ont leurs hommes (ou femmes) un peu partout. Rien ne se fait, rien ne se décide à l'ambassade, dans les associations, dans les synagogues ou ailleurs, sans que ces gens-là ne soient présents et actifs. Ils organisent les moindres manifs et tirent toutes les ficelles. La stratégie générale est décrétée en Israël et répercutée dans tous les rouages de l'appareil. Tout est coordonné et exécuté avec l'appui des gens en place dans les médias. Tout est vraiment très "spontané".

[Le Canadien Victor Ostrovsky, ancien officier des services secrets israéliens, a décrit de façon détaillée l'emprise du Mossad sur la communauté juive internationale. Il précise qu'à la sortie de son livre By Way of Deception en 1990, "les organisations juives du monde entier ont réagi comme le leur demandait le gouvernement israélien". Il ajoute: "En fait, la communauté juive n'a pas d'opinion à elle, elle est totalement téléguidée, elle pense ce qu'on lui demande de penser, elle fait ce qu'on lui dit de faire. C'est triste... [...] Lorsqu'une personnalité ou une organisation extérieure entreprend quelque chose contre la politique d'Israël, le Mossad mobilise aussitôt contre elle toutes les forces et tous les groupes dont il dispose. En général, on fait aussi intervenir l'ADL - l'Anti-Defamation League. Bien sûr, ils ont d'excellents relais dans les médias; beaucoup de médias reçoivent d'eux une aide financière. Voilà comment ils opèrent..."]

[Aussi incroyable que cela puisse paraître, il existe même en France une "Association pour le bien-être du soldat israélien (ABSI Keren Or)". Propagande et collecte de fonds comptent parmi ses activités visibles - ne parlons pas des autres... Qu'on imagine un instant comment réagirait le gouvernement israélien si l'armée française établissait une "association" similaire à Tel Aviv...]

Une campagne peut être déclenchée simultanément dans différents pays, sous différentes formes. En France, c'est la semaine de la "recrudescence". En Allemagne, c'est un interminable battage médiatique à propos de banales déclarations anti-Sharon faites par un membre du parti libéral FDP (avec manifestation, également "spontanée", devant le siège du parti)*. Bien entendu, quiconque ose dénoncer le tueur Sharon est forcément "antisémite". J'ignore si des campagnes similaires sont en cours dans d'autres pays. Je ne serais pas du tout étonné de l'apprendre.

[Voir Scènes de chasse en Germanie - l'affaire Möllemann]

Pour qu'il n'y ait pas de malentendu: je ne dis qu'il n'y a pas du tout d'antisémitisme en France; je dis simplement que la vague actuelle est orchestrée. Les vrais antisémites, eux, doivent se réjouir. Ça leur fait de la publicité gratuite, et certains peuvent même prendre le train en marche.

La campagne "anti-antisémite" est bien pratique car elle permet de présenter Israël comme une victime et de détourner l'attention du terrorisme à grande échelle tel qu'il est pratiqué quotidiennement par les dirigeants israéliens.

Un mot encore du Mossad et des organisations terroristes arabes. Certaines de ces organisations sont contrôlées par lui. Il y a placé ses hommes et sait d'avance ce qu'elles préparent. Il peut même diriger leur action. Je suis toujours très sceptique quand j'entends dire qu'un attentat n'a pas fait de victimes ou que seul l'auteur de l'attentat a été tué. Ce qui ne veut pas dire que le Mossad hésite une seconde avant de tuer des Israéliens. Si c'est pour la "bonne cause"...


12) Le 11 septembre:

Vous ne croyez pas si bien dire en parlant des attentats du 11 septembre et du rôle de la CIA. Ce n'est pas parce que la quasi-totalité des médias nous raconte sans interruption depuis des mois que ces attentats ont été perpétrés par des gens d'Al-Quaida, que la chose est vraie. Jusqu'à présent, pas la moindre preuve n'a été fournie. Au contraire, pour moi, et pas seulement pour moi, le doute augmente de jour en jour.

C'est un sujet très vaste, avec des implications multiples. Je ne veux pas développer ça ici; ce mail est déjà bien assez long. Mais j'en parle longuement sur mon site

wotraceafg/accueil.htm

Si vous avez le temps, allez-y et lisez ce que je dis sur le sujet. J'ai essayé d'établir un dossier tenant compte des différents aspects de la question. Vous avez dû tomber par hasard sur la page concernant Israël. Le conflit israélo-palestinien a bien entendu un certain rapport avec le 11 septembre. A l'origine, je n'avais pas l'intention de parler d'Israël. Finalement, je crois que c'est incontournable quand on aborde le 11 septembre. Mais il faut également lire le reste pour se faire une opinion.

Je suis persuadé que ces attentats ne sont pas le fait de terroristes à la Ben Laden - et j'explique pourquoi c'est improbable, sinon impossible. Je me suis efforcé de rassembler du matériel trouvé sur Internet et d'y ajouter des tas de liens intéressants.


Bon, je crois que ça suffit pour aujourd'hui. Si vous avez tout lu jusqu'ici et que vous n'avez encore balancé votre ordinateur par la fenêtre, alors merci de votre patience.


Cordialement

JD / wotraceafg



"Eichmann y est passé, pas Sharon. La différence entre Eichmann et Sharon, c'est qu'Eichmann n'était pas juif ":

Il me semble que vous oubliez une nuance: le nombre et la motivation. Les nazis (dont Eichmann) assassinèrent des dizaines de millions de personnes souvent pour des raisons ethniques. Inutile de vous rappeler que bien d'autres nazis auraient été jugés si beaucoup d'Etats arabes (dont la Syrie) ne leur avaient offert l'asile. Inutile de vous rappeler aussi que beaucoup de ces Etats arabes avaient comme experts militaires... d'anciens SS. En effet ces derniers pensaient peut-être continuer la tâche qu'heureusement ils n'avaient pu achever.

[De nombreux criminels nazis se sont établis après 1945 en Amérique latine ou ont offert leurs services aux Etats-Unis, nouveau champion - après le Troisième Reich - de la lutte anticommuniste. Mais la plupart d'entre eux sont tout bonnement restés en Allemagne (occidentale) où on avait besoin d'eux pour la même raison. A l'exception de quelques sous-fifres confrontés par nécessité politique à des procès bidons dans les années 1960, aucun d'eux n'a été inquiété. L'auteur des massacres d'Oradour et de Tulle, le général Lammerding, est devenu un paisible chef d'entreprise à Dortmund. Il est mort dans son lit, touchant jusqu'au bout sa pension militaire.]


"Il n'est pas question de se taire quand les criminels sont juifs":

Par contre, il me semble que pour vous il est question de se taire lorsque les terroristes sont musulmans (cf. votre reponse sur le 11 septembre) au nom de... on va dire... au nom d'un pretendu anti-colonialisme, d'un certain tiers-mondisme, jusqu'au-boutisme. Il me semble qu'il est encore plus question de se taire devant, disons pour rester objectif, une forte augmentation des actes anti-juifs en France ou, pour être plus précis, d'accuser le Mossad (c'est quand même plus facile) de perpétrer ces actes sous prétexte qu'il n'y a pas eu (encore ) de mort ! Bah zut, alors attendons le mort pour vous faire plaisir.

[S'il devait y avoir des morts juifs dans des attentats futurs, cela n'exclurait pas pour autant une responsabilité du Mossad. Les tueurs de cette organisation terroriste d'Etat ont montré par le passé qu'il n'hésitaient absolument pas à assassiner des Juifs quand ils l'estimaient "nécessaire". Exemple : l'attentat contre la discothèque Dolphi à Jaffa, tuant de nombreux jeunes Israéliens d'origine russe, considérés par les racistes sionistes comme Juifs de second ordre. Voir à ce propos Doutes et certitudes par Israël Shamir et Derniers développements du même auteur. Ou encore l'attentat du Ben Yehudah Mall à Jérusalem. Entre-temps, tous ces sites ont été bloqués par le lobby innommable - voir le site d'Israël Shamir.]


"Un certain nombre d'Israéliens et de Juifs non israéliens connus sont du même avis et ne se gênent pas pour dénoncer la politique criminelle du gouvernement israélien actuel...:

Je suis tout a fait d'accord avec vous sur ce point, je suis même fier de cette diversité d'opinion qui existe et a toujours existé en Israël. Mais pourquoi ne voit-on pas cette diversité chez les Palestiniens ? Ah, peut-être que quelqu'un n'y a pas intérêt !


"Les Juifs sont passés par là, eux aussi. Les descendants des victimes des camps et des ghettos font à d'autres ce que les nazis ont fait à leurs parents ou grands-parents. Le fait d'être juif ne met pas à l'abri de ces aberrations, hélas. Encore une fois, c'est une question politique et non religieuse ou raciale.":

Ah voilà, nous y sommes ! Vous venez de donner le mode d'emploi de ce que l'on peut appeller "la déculpabilisation de la Shoah". La rhétorique en est simple: dire que les Israéliens font ce que les nazis faisaient, revient à dire que ce que les nazis et leur complices ont fait n'est pas si grave ! Eh oui, nous Français ne sommes pas des monstres puisque même les Israéliens font comme nous ! Je vous rappelle encore que la différence se situe dans le nombre et dans la motivation, et même dans le fait que nous avons ici affaire à une guerre et non à une extermination. Israël n'utilise jamais toute sa puissance militaire contre les Palestiniens, et heureusement.


"En fait, même d'un point de vue israélien, Arafat devrait être l'homme idéal. Yitzak Rabin l'avait compris. Arafat est vieux, usé et fatigué. Il en a sa claque de se battre depuis 35 ans. Il veut enfin son Etat palestinien. Il veut s'arranger avec Israël, comme l'ont fait l'Egypte et la Jordanie. Son rêve, c'est d'être un vrai président comme Nelson Mandela.":

Mais pourquoi a-t-il refusé l'Etat palestinien qui lui était proposé ? Ou au moins pourquoi n'a-t-il pas fait de contre-proposition ? Manque de courage, peur d'etre assassiné (vive Sadate, vive Rabin, qui eux sont des martyrs dont on peut suivre l'exemple). Quant à son rêve, il l'a dit lui-même, c'est de devenir un martyr avec comme devise "JIHAD JIHAD JIHAD". Ah, mais vous n'écoutez sûrement pas les bons médias, puisque Mr Arafat, en ténor du double langage, ne dit évidemment pas cela dans Le Monde ou le New York Times.

[Quels médias faut-il écouter pour entendre Arafat prêcher la guerre sainte ? Le mystère reste entier. ]


"La chose ne serait possible que si Israël allait dans le même sens. On aurait pu y arriver si les tueurs d'extrême droite (avec des complicités - et sans doute plus - à l'intérieur du Mossad) n'avaient pas assassiné cet Israélien raisonnable qui voulait la paix":

Ehud Barak, en voici un autre Israélien raisonnable qui cette fois fut assassiné politiquement par... Arafat lui-même.


"Sharon et ses gens veulent tout le contraire. Ils savent qu'Arafat et son Autorité palestinienne n'ont aucune autorité véritable. En fait, Arafat ne veut plus depuis longtemps ‘obtenir son Etat par la lutte armée'. C'est son opposition qui le veut. Arafat ne veut pas détruire Israël. Il veut, au contraire, collaborer avec l'Etat juif. Un peu trop même, de l'avis de certains de ses compatriotes. C'est pour cette raison que la résistance palestinienne échappe à Arafat. Plus Sharon accentue la pression sur Arafat, et plus la résistance s'amplifie sans qu'Arafat puisse la contrôler":

C'est d'ailleurs pour cette raison que le Fatah de monsieur Arafat commet des attentats suicides non à Netzarim (ce qui serait déjà plus moral) mais à Tel Aviv, dans des cafés, des autobus, tuant des adolescents, des bébés.

[Netzarim: colonie juive dans la bande de Gaza (territoires occupés).
Près de Netzarim, en octobre 2000, c'est la soldatesque israélienne qui a assassiné par balles un enfant palestinien de 12 ans, sous les yeux de son père et en présence des caméras de télévision. Tout le monde a pu le voir sur le petit écran.]


"Chaque attentat palestinien est une réaction à la répression israélienne":

Ou chaque incursion israélienne une réponse aux attentats palestiniens, on peut toujours jouer sur les mots.


"Mais c'est plus abject encore d'aller massacrer n'importe qui à Jénine sous prétexte que l'auteur d'un attentat commis quelques heures plus tôt venait soi-disant de cette ville":

Vous reconnaissez donc que les incursions israéliennes sont des réponses aux attentats palestiniens. Que les attentats cessent et les représailles cesseront. Si, comme vous l'affirmez, les attentats sont abjects, cela ne devrait pas être si difficile.

[Pendant deux mois, entre janvier et mars 2003, les attentats palestiniens ont cessé. La répression iraélienne, elle, s'est poursuivie - il y a eu plus de 150 morts.]


"Le terrorisme palestinien est un signe de faiblesse et de désespoir":

Ah, si c'est par desespoir, pardonnons-leur ! De même que nous devons pardonner aux islamistes algériens de tuer des civils car ils sont endoctrinés ! Nous devrions pardonner aux nazis puisqu'ils étaient atteints de folie meurtrière. Même s'il y a toujours des circonstances atténuantes, elles n'effacent en aucun cas les faits.


"Les Palestiniens, s'ils le pouvaient, s'ils disposaient d'armes lourdes et d'une armée, préfèreraient certainement affronter l'occupant israélien de face et détruire ses casernes, ses chars, ses avions et ses hélicos. Ils ne sont pas en mesure d'infliger ce genre de pertes à l'armée la plus puissante de la région; ils s'attaquent donc à des cibles civiles. Pour eux, c'est ça ou rien. Ils pensent qu'il vaut mieux tuer des civils israéliens que ne rien faire, puisque les Israéliens, eux, ne se gênent pas pour tuer bien davantage de civils palestiniens":

Les Egyptiens, les Jordaniens, les Syriens, les Irakiens... ont bien essayé, heureusement qu'ils ont perdu et que les Palestiniens ne disposent pas de la même puissance militaire, car il ne faut pas oublier que, comme l'a dit Nasser à maintes reprises, le but était de "rejeter les juifs à la mer" (1967) ou de "faire des pyramides de crânes juifs" (Husseini 1948)


"Quand je dis 'ils' à propos des Palestiniens, je ne parle pas d'Arafat, qui ne fait rien, mais de l'opposition (islamiste notamment)":

Ah oui, c'est vrai que El Fatah d'Arafat ne commet aucun attentat. Le double langage d'Arafat vous a a priori abusé.


"Le problème qui est derrière tout cela, c'est l'occupation permanente des territoires palestiniens depuis 1967. Encore une fois, c'est une guerre coloniale, une sale guerre. C'est aux Israéliens d'y mettre fin. Pas en accentuant l'escalade, mais en cessant l'occupation":

Cesser l'occupation des territoires conquis en 67 a été proposé par Barak et rejeté par Arafat, mais je suis d'accord sur ce point, un Etat palestinien sera créé sur (grosso modo) les frontières de 67. Cependant les dernières déclarations des dirigeants palestiniens ne visent pas le retour aux frontières de 67 mais de 48. Comme beaucoup d'Israéliens, j'ai soutenu la paix, j'y ai cru, j'avais confiance en Arafat en qui je voyais un interlocuteur, presque un ami. J'ai le sentiment d'avoir été abusé - sentiment très courant en Israël.

[C'est dur d'être déçu par un ami que l'on estimait tant. Nous compatissons à votre douleur.]


"Le problème derrière le problème, c'est que le grignotage incessant sur les territoires arabes fait partie de la doctrine sioniste depuis le début":

C'est évident qu'à partir du moment où vous déniez aux Juifs le droit d'exister sur des "terres arabes", aucune paix n'est possible et vous suivez la ligne du Grand Mufti de Jérusalem, de Nasser...

[Nous ne dénions pas aux Juifs le droit d'exister sur des terres arabes (sans guillemets). Nous dénions le droit aux Juifs sionistes de s'approprier ces terres pour en chasser les Palestiniens - ce qu'ils font depuis le début de la colonisation, et ce qu'ils ont l'intention de faire jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'Arabes sur ce qu'ils appellent la "Terre d'Israël" ("Eretz Israel"), et non l'Etat d'Israël, car un Etat doit avoir des frontières et l'Eretz n'en a pas.]


"On ne peut pas, comme l'ont fait et le font encore les sionistes, prétendre qu'un pays dont les Juifs ont été chassé il y a 19 siècles par les Romains, et qui est occupé par des Arabes depuis 14 siècles, appartient aux Juifs, et que les Juifs ont le droit de reprendre ce pays après en avoir chassé les Arabes. Ce genre de raisonnement 'historique', qui est le b.a.-ba de la théorie sioniste, est tout simplement ridicule. Ridicule et criminel. Il est la cause de tous les conflits de la région depuis bientôt cent ans. Il est grand temps d'arrêter la casse":

Des Juifs ont toujours habités en Israël, ils sont d'ailleurs majoritaires à Jérusalem depuis plus d'un siècle et demi.


"Cette proposition n'était pas du tout 'proche' des revendications d'Arafat":

En effet, vous oubliez qu'Arafat demanda 7 fois le PNB israélien en guise de "compensation". Citez exactement vos sources car beaucoup d'histoires ont été inventées sur ces négociations.

[Tout d'abord, notre citoyen nous dit que la proposition de Barak était "proche" des revendications d'Arafat. Nous lui répondons qu'il n'en est rien. Il confirme ensuite notre point de vue... tout en nous reprochant d'avoir tort. Etrange argumentation...

Les dommages causés par Israël aux Palestiniens sont en effet considérables. En appliquant à Israël les critères d'aide et d'indemnisation qu'il impose aux autres depuis plus de 50 ans, et qui ont rapporté à l'Etat sioniste les centaines de milliards de dollars sans lesquels il ne pourrait ni survivre ni financer ses guerres, il faudrait en effet concéder à la Palestine de substantielles compensations. Le PNB israélien annuel est d'environ 100 milliards de dollars. La presse israélienne a calculé qu'il en coûterait 500 milliards de dollars si Israël réalisait en totalité le cahier de revendications présenté par les Arabes pour les dommages subis. Cette somme comprend aussi les dépenses encourues par la Syrie et la Jordanie pour l'accueil des 3,5 millions de réfugiés, ainsi que les frais qu'occasionnerait l'intégration en Israël de tous les réfugiés palestiniens qui désireraient retourner dans les localités d'où ils ont été chassés.

Le demi-billion en question, s'il n'a jamais été ouvertement réclamé par les Palestiniens, a du moins le mérite de donner une idée de l'ampleur des dégâts matériels causés par la politique sioniste.]


"Je trouve un peu indécent que des citoyens français agitent le drapeau israélien dans les rues de Paris, mais finalement ça les regarde":

Et le drapeau du Hamas, du Hezbollah, les cris de "mort aux juifs" ? Et les drapeaux marocains, algériens, le jour de la victoire de Chirac ? Vous oubliez que lors de la grande manifestation contre les actes antisémites et pour le soutien à Israël, la Marseillaise a ete chantée par tous à gorge déployée et qu'il y avait autant de drapeaux israéliens que français.

[Ce sont les provocateurs du Bétar qui criaient "Mort aux Juifs !"]


"La fortune d'Arafat et la misère des Palestiniens... Je croyais avoir déjà répondu, mais tant pis. Cette 'fortune personnelle de plusieurs milliards' est une légende imaginée - devinez par qui - pour discréditer Arafat. Encore une fois, je ne le trouve pas particulièrement sympathique ou innocent. Comme la plupart des politiciens, il est sans scrupules, hypocrite, voleur et menteur. Il n'a pas pu se maintenir en place depuis les années 60 sans intrigues, sans favoritisme, sans corruption. Mais il ne faut pas confondre le trésor de guerre de l'OLP ou le budget de l'Autorité palestinienne avec le compte en banque d'Arafat. Arafat n'est ni Mobutu, ni Marcos, ni Duvalier":

Je vérifierai mes sources, mais acceptez parfois de réviser votre jugement car sans évolution de part et d'autre la paix est impossible.


"Quant à la misère des réfugiés et de beaucoup d'habitants de Gaza et de la Cisjordanie, elle est due avant tout à l'occupation coloniale qui perdure depuis 35 ans. Israël a pillé ces territoires avant de les détruire comme il le fait maintenant":

Qu'ont-ils pillé ? Ce que les Egyptiens et les Jordaniens (contre lesquels aucune résolution de l'ONU n'a été votée, soit dit au passage) y avaient construit ? C'est-à-dire rien du tout.

[En effet, l'ONU n'a voté aucune résolution contre l'Egypte ou la Jordanie - elle n'avait aucune raison de le faire. Par contre, l'organisation mondiale a voté de très nombreuses résolutions condamnant la politique d'Israël et exigeant le retrait des territoires occupés. Aucune de ces résolutions n'a été appliquée. Grâce au soutien américain, l'Etat voyou d'Israël peut se permettre de traiter l'ONU comme il traite les moquettes des appartements palestiniens de Jénine.]


"Uri Avnery, qui est juif et israélien, raconte les exploits des vaillants soldats de "Tsahal" à Jénine. Ils ont systématiquement défoncé les portes des appartements vides d'habitants, détruisant même les portes que les gens laissaient ouvertes pour éviter qu'elles soient défoncées; ils ont déposé leurs excréments (en français: 'ils ont chié') au milieu des salons et des cuisines palestiniennes. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Uri Avnery. Il ne s'agit pas de propagande arabe. Alors, qui sont les barbares ? Dans quel état se trouve une armée et une société qui encourage des jeunes de 18 ou 20 ans à faire des choses pareilles ? Je sais que c'est 'purement' symbolique et moins grave que de tuer des civils innocents. Mais l'armée israélienne fait les deux. Les soldats qui ne refusent pas de 'servir' souillent et tuent. Et après, on viendra se moquer de la misère des Palestiniens, pour l'imputer à Arafat. Faut le faire...":

Certains de ces cas sont peut-être vrais, ils sont alors à condamner et leurs auteurs doivent être punis. Cependant, quand des soldats extrémistes et condamnables sont face à des Palestiniens et chient sur le tapis, c'est pas très agréable, certes, mais pas très dangereux. La mort, elle, est destinée aux terroristes, aux soldats palestiniens ou à ceux qui sont susceptibles de mettre en danger la vie d'Israéliens. Lorsque des Palestineins extrémistes sont face à des Israéliens, ces derniers sont sûrs d'etre lynchés et de voir leur organes exhibés. D'ailleurs les Palestiniens accusés de collaboration avec Israël sont automatiquement lynchés, bien qu'on n'en parle pas dans les médias. Regardez les photos et dites-moi de quel côté est la barbarie. Pour mon compte elle est partout dès qu'il y a la guerre et par conséquent des deux côtés, mais avec des nuances.


"Comme je l'ai dit sur mon site, de très nombreux Juifs, français ou autres, ont lutté dans la Résistance. Bien souvent, ils étaient communistes et hostiles au sionisme.... Mais les résistants juifs ne se battaient pas parce qu'ils étaient juifs, ils se battaient parce qu'ils étaient antifascistes. Les pauvres, ils doivent se retourner dans leurs tombes en voyant ce que Sharon fait en Palestine":

Je lis en ce moment un livre intitulé "Les Vengeurs" qui retrace notamment l'histoire d'Abba Kovner. Lorsque Yurgis, officier soviétique et chef du maquis de Rudnicki en Lituanie, lui demanda d'incorporer la légion lituanienne dans son armée, Abba répondit: "Nous devons nous battre en tant que Juifs." Il continua: "Quand ils nous enfermaient dans le ghetto, est-ce parce que nous étions lituaniens ? Non. Nous n'étions pas lituaniens. Nous ne sommes pas lituaniens parce que les Lituaniens n'ont pas voulu de nous. Ils nous considèrent comme des Juifs. Les Allemands nous considèrent comme des Juifs. Nous sommes juifs." (p. 143)

Avez-vous entendu parler de l'Armée juive ? De la Main noire de David Knout ? De la revolte du ghetto de Varsovie dirigée par un ancien de l'Hachomer Hitzair. Je peux accepter des opinions personnelles, les écouter, voire même les comprendre ou les approuver, mais je ne peux tolérer cette réécriture de l'Histoire qui relève dans ce cas - que ce terme vous plaise ou pas - du négationnisme.

[Qui veut réécrire l'Histoire ?

Nous n'avons pas dit que tous les résistants juifs étaient communistes. Beaucoup l'étaient, et quand ils ne l'étaient pas, ils étaient quand même antifascistes, y compris les sionistes modérés qui avaient leurs propres organisations, comme Abba Kovner*, du ghetto de Vilna. Soit dit en passant, il y avait dans ce ghetto lituanien un comité de résistance de cinq membres, qui, outre Kovner, comprenait notamment deux communistes.

* En 1946, le "vengeur" Abba Kovner se rendit en Allemagne dans le but de tuer le plus possible de civils allemands, ces derniers étant selon lui collectivement responsables des crimes nazis. Son plan consistait notamment à empoisonner le réseau d'approvisionnement en eau de plusieurs grandes villes du pays (Munich, Nuremberg, Hambourg). Kovner fut arrêté par les militaires britanniques avant d'avoir pu mettre son projet à exécution, mais certains de ses complices parvinrent à mettre de l'arsenic dans le pain distribué aux prisonniers de guerre du camp de Nuremberg.  (En Israël, Abba Kovner est considéré non seulement comme un grand héros mais également comme un grand poète.  On a les héros qu'on peut. Et pour ce qui est de la poésie, pourquoi pas ?...  Il y a bien des gens qui prennent Bernard-Henri Lévy pour un "philosophe".)

A la tête du ghetto de Varsovie, outre Mordechaï Anielewicz* (du Hachomer Hitzair - à l'époque une organisation sioniste de gauche), on trouvait aussi Marek Edelman (du Bund, une organisation proche du parti socialiste - Edelman est un des derniers survivants, il vit en Pologne), Michal Rozenfeld (du parti communiste PPR), Hirsch Berlinski (de Poale, une organisation juive travailliste) et Isaac Cukiermann (du Hechalutz, une autre organisation juive). Les partisans de Jabotinsky (voir un peu plus bas), les sionistes de droite qui domineront plus tard l'Etat d'Israël, n'étaient pas représentés.

* Anielewicz n'était certainement pas un "ancien" : il est mort à l'âge de 24 ans.

En France, beaucoup de Juifs rejoignirent De Gaulle à Londres ou se battirent dans la MOI ou les Francs-Tireurs, proches du PC. Par exemple, Joseph Epstein, Hélène Kro, Joseph Clisci et Olga Bancic, ou d'autres (Szlama Grzywacz, Thomas Elek, Wolf Wajsbrot, Robert Witchitz, Mosca Fingerzweig, Joseph Boczow, Marcel Rayman) qui figuraient sur l'Affiche rouge chantée par Louis Aragon et Léo Ferré, ou l'historien Marc Bloch, assassiné par les nazis. Qui, en France, luttait "en tant que Juif" ?

Pendant la guerre d'Espagne, dans les Brigades Internationales d'inspiration communiste, il y avait dans la Brigade Lincoln (américaine) 40 % de Juifs. Ils ne se battaient ni comme Juifs ni comme Américains. A cette époque le journal sioniste Ha'aretz écrivait à leur propos qu'ils auraient mieux fait de se rendre en Palestine pour y combattre les Anglais et les Arabes. La lutte antifasciste n'intéressait pas les émules et successeurs de Jabotinsky, ce grand admirateur de Mussolini.

En Yougoslavie, Mosha Pijade a été, avec Tito, un des fondateurs de l'armée de libération.

En Allemagne même, Leopold Trepper a dirigé le fameux Orchestre rouge.

Et en URSS: le général Kreizer, co-fondateur du Comité juif antifasciste, général de l'Armée rouge et Héros de l'Union soviétique - un parmi beaucoup d'autres.

Dans les années 30-40, le fossé entre communistes et sionistes modérés était bien moins profond qu'on ne le croit aujourd'hui. Les communistes étaient alors très influents et le sionisme passait encore pour un mouvement de libération nationale. Plus d'un Juif était à la fois communiste et sioniste. En Palestine même, il y avait des sionistes d'extrême gauche, et l'idée du kibboutz a quelque chose d'assez communiste en soi. Beaucoup de Juifs de gauche ont émigré en Palestine, croyant qu'ils allaient y ériger une société socialiste au milieu d'un désert inhabité. La réalité était assez différente : il y avait déjà les Arabes - qu'il a fallu chasser.

Eh oui, l'Histoire réelle est beaucoup plus complexe que la représentation simpliste qu'en fait la propagande israélienne.

Petite remarque finale: curieusement, dans les années 1920-30, l'extrême droite du mouvement sioniste (Jabotinsky) se disait elle-même "révisionniste", en ce sens qu'elle voulait obtenir une révision de la politique britannique en Palestine. Chez les communistes, à l'époque de Staline, et même après, les dissidents se voyaient eux aussi traiter de "révisionnistes" par leurs camarades alignés (ils voulaient "réviser" la ligne du parti). Les sionistes, qui sont à présent tous de droite, ont changé le sens de ce mot et l'utilisent en toute occasion. Il est toujours plus pratique de se servir d'une expression toute faite que de réfléchir à un problème.]


"Si vous me lisez et que vous pensez vraiment que je suis 'révisionniste' ou 'négationniste', alors c'est que je suis incapable d'exprimer ma pensée":

Je ne pense pas que vous l'êtes, même si je ne suis pas d'accord avec certain propos. Cependant je pense que vous devriez prendre toutes les informations avec beaucoup de recul pour ne pas etre manipulé par les propagandes qui sont diffusées. Si parfois vous vous êtes trompé (comme cela a dû m'arriver peut-être dans ce mail) acceptez de rectifier votre pensée comme dans ce derniers cas.

[Alors quoi, le paragraphe précédent était-il "négationniste" ou pas ?]


"Le rôle du Mossad - Personne n'est assez naïf pour croire...":

Ce qu'ils sont puissant ces Juifs ! On frôle ici le Protocole des Sages de Sion !

Les Protocoles des Sages de Sion: pamphlet plus ou moins occulte apparu vers 1900, émanant soi-disant de milieux juifs et contenant des directives pour la "domination du monde". Il serait en fait l'oeuvre des services secrets russes tsaristes et a été largement exploité par les (vrais) antisémites durant la première moitié du 20e siècle. Depuis, il est devenu la massue idéologique des racistes sionistes contre les impudents qui osent critiquer la politique criminelle d'Israël. Inutile de préciser que personne ne demande à ceux qui manient la massue d'avoir lu le livre en question ni même d'en connaître le titre exact.

De nombreux préceptes et conseils énoncés dans ces Protocoles sont d'une banalité extrême; les maîtres du monde, qu'ils soient juifs ou pas, les appliquent depuis des lustres. Le cynisme qui émane de ces pages, et qui dépasse de beaucoup celui du Prince de Machiavel, peut cependant paraître anodin en comparaison du cynisme réel qui régit notre univers "démocratique" (surtout depuis le 11 septembre 2001).

Le texte des Protocoles des Sages de Sion est pratiquement introuvable sur le web francophone. Dès que quelqu'un le met en ligne, le lobby sioniste entre en action et fait bloquer le site en question. Les personnes intéressées sauront faire d'elles-mêmes la recherche Google qui s'impose (succès aléatoire).

■ L'origine des Protocoles - Secrets d'une manipulation antisémite (article paru dans L'Express du 16.11.1999)
■ Les Sages de Sion et les Maîtres du Discours (l'opinion d'Israël Shamir, écrivain et journaliste antisioniste)
■ Les Sages de Sion version 2002 (par le musicien juif antisioniste Gilad Atzmon)
■ Les Protocoles de la haine antisémite - Une réfutation point par point ]


"Le 11 septembre - Vous ne croyez pas si bien dire …":

Ne vous fiez pas à tout ce qu'on peut lire sur Internet. On y trouve trop de sites révisionnistes (ex : www.radioislam.org)

[Encore ce mot-clé qui permet d'économiser beaucoup d'énergie...]


"Bon, je crois que ça suffit pour aujourd'hui. Si vous avez tout lu jusqu'ici et que vous n'avez encore balancé votre ordinateur par la fenêtre, alors merci de votre patience":

La solution passe par la discussion et je trouve cette remarque, après tant d'efforts de discussion, deplacée de votre part.



Bonjour,

Merci pour votre réponse.

Tout d'abord, je suis désolé que vous ayez mal pris ma dernière phrase. Je ne voulais pas vous vexer ni me moquer de vous. C'était plutôt de moi-même que je me moquais, car en me relisant, je me suis aperçu que le texte était très, très long, et qu'il fallait vraiment de la patience pour le lire. Donc, encore une fois, sorry, et cette fois ce sera plus court.


1) Je ne suis pas plus manipulé que n'importe qui. Quand on l'est, on ne s'en aperçoit pas et on croit justement ne pas l'être. Je me pose des questions, voilà tout. Si je ne m'en posais pas, je me contenterais de répéter ce que disent tous les médias. Il m'arrive aussi de rectifier ma pensée. Mais tout ce que je vous ai dit est le produit d'une longue réflexion. Rien n'est tout blanc ou tout noir.


2) C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'oppose pas "les Juifs" d'un côté "aux Arabes" de l'autre. Je ne prétends pas du tout que tous les Palestiniens sont comme ci et tous les Israéliens comme ça. Au contraire.


3) J'estime qu'un crime n'en excuse pas un autre. Parler des crimes commis par le sionisme ou effectuer une comparaison avec le nazisme ne signifie pas déculpabiliser le génocide nazi. Je n'ai dit ça nulle part. J'ai même dit tout le contraire. Je ne veux pas gommer les deux, mais parler des deux.

J'admets que l'ampleur des crimes nazis et des crimes sionistes n'est pas de tout la même, mais ce n'est pas parce qu'Hitler a tué 6 millions de Juifs, que certains descendants des victimes ont le droit de tuer impunément 6.000 ou 60.000 Arabes, sous prétexte que c'est 100 ou 1.000 fois moins. Et puis, il ne s'agit pas seulement des morts, mais de l'occupation, de la répression, des vols, des spoliations, des destructions, de l'apartheid israélien, etc.

Norman Finkelstein, qu'on peut difficilement taxer d'antisémitisme, a dit : "Si les Israéliens ne veulent pas qu'on les compare aux nazis, ils n'ont qu'à arrêter de se comporter comme des nazis." Il ne pensait pas au nombre de morts mais à la façon d'agir. Si je dois attendre que quelqu'un ait tué 6 millions de personnes avant d'avoir le droit de l'accuser, alors je risque d'attendre longtemps.


4) Vous me dites que vous êtes fier de la diversité d'opinion des Israéliens, comme si c'était un argument en faveur du gouvernement israélien et de sa politique. En fait, si des Israéliens ont le courage de s'opposer à la politique criminelle de Sharon, ça ne constitue pas un argument en sa faveur mais en faveur de ceux qui ont ce courage. Ils le paient parfois assez cher. Un professeur israélien dont j'ai oublié le nom - mais que je pourrais facilement retrouver - est poursuivi par la justice de son pays pour avoir fait des recherches sur le massacre de Deir-Yassine perpétré par les tueurs sionistes en 1948 (c'est l'Oradour-sur-Glane palestinien). Le sujet est encore tabou en 2002.

[Il s'agit de l'historien Ilan Pappé, de l'Université de Haïfa. Est également poursuivi l'universitaire Théodore Katz, pour avoir soutenu une thèse de doctorat sur le massacre de Tantoura, commis la même année par des égorgeurs juifs de la Haganah.]

Si vous êtes fier de cette diversité, c'est que vous savez ce que disent et écrivent ces gens-là. C'est très bien de les lire. Ça ouvre de nouveaux horizons. Ce qu'ils expriment est à l'opposé de ce que vous écrivez. Je ne dis pas que les Israéliens qui pensent "autrement" sont les seuls à penser ainsi. Si je me réfère à eux, c'est parce qu'ils peuvent, eux, dire que 2 et 2 font 4 sans éveiller le soupçon d'antisémitisme. Mais si un non-juif - ou quelqu'un qu'on tient pour tel - dit la même chose, alors c'est haro sur le baudet.

Je trouve que tous ces intellectuels, ces opposants, ces objecteurs et autres sont une petite lueur d'espoir pour Israël et pour la Palestine.


5) La question justement n'est pas d'être pour ou contre Israël, ou pour ou contre les Palestiniens. Il n'y a pas d'un côté un Israël monolithique et de l'autre un monde arabe monolithique. Il y a ceux qui veulent une politique raisonnable, et les fachos ou quasi-fachos qui veulent la réalisation du Grand Israël, que ça passe ou que ça casse.


6) Je refuse de tout réduire à l'équation juif = sioniste = Israël. Quand vous citez mon texte sur le Mossad en ironisant sur la "puissance des Juifs", je trouve que c'est un peu court et un peu hors sujet. Où avez-vous pris que je parle "des Juifs" en parlant du Mossad ? Si le Mossad est une organisation criminelle et terroriste contrôlée par un gouvernement lui-même criminel et terroriste, qu'est-ce que "les Juifs" ont à voir là-dedans ?

Vous pensez sans doute que tout Juif, quel qu'il soit et où qu'il soit, est automatiquement sioniste et pro-israélien, et pour Sharon par-dessus le marché. Permettez-moi de vous dire que vous vous trompez, même si 90% des Juifs français le sont. Pas étonnant, depuis le temps qu'on leur bourre le crâne.

Et "Protocoles des Sages de Sion", ça fait un peu cliché passe-partout à l'usage des débutants de l'anti-antisémitisme. Il ne faut pas voir des antisémites partout, dès que quelqu'un exprime une idée divergente.


7) Pour le 11 septembre, vous devriez d'abord lire ce que j'ai écrit là-dessus, avant d'évoquer les sites révisionnistes sur Internet. Ça n'a vraiment rien à voir. Il est plus simple de citer un slogan que de fouiller une question et de s'accrocher sur un dossier pour se faire soi-même une opinion.


8) Il est vrai que des Juifs ont toujours habité sur le territoire qui est aujourd'hui Israël ou occupé par Israël. D'après le New York Times, il y avait au début du 19e siècle 275 à 300.000 habitants en Palestine, dont 90% d'Arabes, 7 à 10.000 Juifs et 20 à 30.000 chrétiens. En 1881, avant le commencement de l'immigration sioniste, 457.000 habitants dont environ 400.000 musulmans, environ 40.000 chrétiens et 13 à 20.000 Juifs. On est loin d'une majorité.

Dans la vieille ville de Jérusalem, il y a toujours eu quatre quartiers (chrétien, arménien, musulman et juif). Que les Juifs aient eu la majorité dans l'ensemble de la ville en 1850, et pas seulement dans leur quartier, je veux bien, mais je demande à voir des chiffres. Je n'ai pas eu le temps de rechercher.

[Selon http://www.jewishhistory.org.il/1850.htm, Jérusalem comptait 5.700 habitants juifs en 1856 (dont 4.000 Juifs orientaux). A cette époque, la population totale de la ville était d'environ 15.000 habitants. Ce n'est qu'après 1880 que l'immigration juive augmenta sensiblement. Les majorités, ça se fabrique...

Si l'on considère l'évolution des populations juive et arabe en Palestine / Israël depuis 120 ans, force est de constater que les sionistes comptent parmi les plus grands champions de l'épuration ethnique - la vraie.]


Voilà. Il y aurait encore pas mal de choses à dire, mais je ne veux pas exagérer.

Bonne journée

Cordialement

JD / wotraceafg




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