DÉMOCRATIE ET LIBERTÉ

- Orwell vous salue bien -


Lois d'exception aux USA     Tradition américaine
Quelques exemples : Affaire Walker     Affaire Moussaoui     Affaires Hamdi et Padilla

Ciblage racial     Exactions     Libertés
USA 2010 - Pays de la "liberté"     Etats-Nazis d'Amérique 2011     2013

La situation au Canada     en France     en Allemagne

Nous sommes bien assez surveillés comme ça, inutile de leur faciliter la tâche...

Conclusion ?


"Any man willing to give up any part of his liberty for a false sense of safety deserves neither"
- Quiconque est disposé à abandonner une partie de sa liberté au nom d'une prétendue sécurité, ne mérite ni l'une ni l'autre -
(Benjamin Franklin, un des pères de l'Indépendance américaine, 1706-1790)

"Encore deux ou trois attentats comme celui du 11 septembre, et nous avons un régime fasciste en Amérique"
(Norman Mailer, écrivain américain)





Conséquence directe du 11 septembre, l'ombre du totalitarisme et de l'état policier commence à se profiler à l'horizon.




LOIS D'EXCEPTION AUX ETATS-UNIS:

Sans perdre de temps, le Congrès réalise l'union sacrée et adopte dès le 14 septembre, à la quasi-unanimité, une loi "autorisant l'usage de la force militaire contre les responsables des récents attentats contre les Etats-Unis", un texte donnant pratiquement carte blanche au Pentagone. Seule Barbara Lee, députée démocrate de Californie, s'oppose à ce coup de force.

Quelques semaines plus tard, les élus américains sanctionnent une loi "antiterroriste" intitulée Uniting and Strengthening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism (= unir et renforcer l'Amérique en lui fournissant les outils appropriés pour barrer la route et faire échec au terrorisme), ce qui donne USA PATRIOT. Un acronyme pas très original, sans doute, mais suffisant pour impressionner durablement le cerveau prélavé de l'Américain moyen, endoctriné dès le cours préparatoire par la prière quotidienne, le serment d'allégeance, les clichés pseudo-historiques, le chauvinisme national, etc. (à propos de cette mise en condition, lire ici un article d'Andrew Gumbel, correspondant aux Etats-Unis du quotidien britannique The Independent).

Au Sénat, sur cent élus, un seul - Russ Feingold (du Wisconsin) - ose voter non. A la Chambre des Représentants, un certain nombre de démocrates qui avaient accepté la première loi sans la lire, se souviennent qu'ils sont censés former l'opposition: il y a 66 voix contre (sur 435). Al Gore, vainqueur théorique de l'élection présidentielle de novembre 2000, mais perdant réel à la suite d'une parodie de dépouillement et d'on ne sait quelle tractation financière entreprise en coulisse, s'incline publiquement devant "son président" et "son commandant en chef".

Le projet de loi USA PATRIOT, bien que comportant plusieurs centaines de pages, est adopté sans le moindre débat, en l'espace de 72 heures; aucun député n'a eu le loisir d'en étudier les détails. En temps normal, il faut plusieurs mois pour faire passer un texte de cette envergure. Tout laisse donc à penser que la loi était prête depuis un certain temps et que ses initiateurs n'attendaient que le moment favorable pour la présenter.

Les principales implications de la loi sont les suivantes:

  • Toutes les personnes qui ne possèdent pas la citoyenneté des USA (c'est le cas de trois millions de résidents permanents, de nombreux détenteurs d'un visa provisoire, des visiteurs, touristes, hommes d'affaires - et de tous les autres étrangers, y compris ceux qui n'ont jamais mis les pieds aux Etats-Unis), tous ces gens sont désormais soumis à une législation spéciale, dès l'instant où ils sont soupçonnés de "terrorisme". Au lieu d'être déférés devant un tribunal de droit commun, ils sont passibles d'une cour militaire. Cette "justice" expéditive permet de condamner un suspect à quelque peine que ce soit, peine de mort incluse, à huis clos, sans preuves (des indices ou une dénonciation suffisent), sans avocat et sans appel. Les juges militaires font en même temps office de jurés et prennent leurs décisions à la majorité des deux tiers. Le procès peut avoir lieu aux Etats-Unis ou à l'étranger (par exemple dans une base militaire ou sur navire se trouvant dans les eaux internationales).

  • Les règles en matière de garde à vue, d'inculpation, de mise en accusation et d'instruction sont très "souples" et pratiquement à la discrétion des autorités qui les appliquent. Même avant toute inculpation pour "terrorisme", les suspects sont mis au secret et privés d'avocat. Des milliers de personnes d'origine arabe ou de confession musulmane ont été victimes de ces abus depuis le 11 septembre. Un avocat a mentionné le cas d'un de ses clients, disparu depuis des semaines et introuvable en dépit de toutes ses recherches. Pour obtenir des autorités judiciaires l'adresse du lieu de détention, l'avocat aurait dû présenter une autorisation écrite de son client, "établie sur formulaire G-28". Mais comment recueillir la signature d'une personne disparue ? On le voit, la "démocratie" américaine ne s'inspire pas seulement d'Orwell, mais aussi de Kafka.

  • Des milliers, sinon des dizaines de milliers d'autres personnes d'origine arabe ou similaire (Américains et étrangers) ont reçu des lettres de convocation émanant de la police locale, du FBI ou de l'INS (services de l'Immigration). Bien que n'ayant jamais été en contact avec une quelconque organisation militante, ils doivent, pour des raisons purement raciales, se faire "recenser" et se soumettre à un interrogatoire dont ils ignorent comment il finira. Pour eux, il est aussi dangereux de répondre à la convocation que de ne pas en tenir compte.

  • La définition du "terrorisme" que donne la nouvelle loi est tellement vague que toute forme d'opposition, aussi modérée soit-elle, peut tomber sous le coup de la répression: manifestion, boycott, grève... La moindre protestation, le moindre "piratage" électronique peuvent aussi être assimilés à du "terrorisme". Quand on songe qu'un "hacker" russe, le cryptographe Sklyarov, poursuivi pour violation de la DMCA, la loi américaine sur les droits de reproduction, est menacé de 25 ans de prison, on peut se demander ce qu'il encourrait s'il était arabe au lieu d'être russe.

  • En vertu de la nouvelle loi, le FBI a tout loisir d'espionner les communications téléphoniques et électroniques des citoyens et d'échanger les informations ainsi obtenues avec d'autres agences gouvernementales, sans qu'il soit nécessaire pour cela d'obtenir une décision de justice. En ce qui concerne Internet, le FBI est autorisé à surveiller les communications de toute personne ayant eu accès à un ordinateur "sans autorisation". A la limite, un employé ou un fonctionnaire consultant un site à titre privé depuis son bureau, risque de tomber sous le coup de la loi. C'est la porte ouverte à tous les abus.

  • Le FBI dispose également d'un droit d'accès illimité à tous les dossiers médicaux, financiers, universitaires et autres de tous les citoyens - sans autorisation judiciaire préalable et sans aucun contrôle.


    Dans les bibliothèques américaines, le FBI s'efforce de surveiller les lectures du public.
    Beaucoup de bibliothécaires s'y opposent, parfois avec succès.
    (Source : InTheseTimes.com)


  • Bien entendu, les perquisitions à domicile ou dans les entreprises peuvent maintenant s'effectuer sans mandat. Les biens des "coupables" peuvent être purement et simplement confisqués au profit de l'Etat.

  • Les médias, déjà passablement conformistes du fait de leur dépendance vis-à-vis des grands groupes financiers, sont tenus de s'aligner plus encore sur le point de vue officiel, faute de quoi ils risquent d'être accusés de "complicité avec le terrorisme". L'administration Bush, notamment Ari Fleischer, secrétaire de presse du président, fait pression sur les médias afin qu'ils ne laissent passer aucune déclaration ou image gênante pour le gouvernement. Cette censure sournoise est "justifiée" par le "fait" que le pays serait "en guerre". Les réseaux de télévision, la radio et les journaux se plient sans rechigner à ces nouvelles mesures et édictent par voie de circulaire interne des règles de conduite à l'usage de leurs collaborateurs. Violer ou même simplement égratigner ces règles conduit au licenciement immédiat. (Dans le cas de la société Space Imaging, qui diffuse des photos prises par le satellite Ikonos, le gouvernement américain a donné un tour commercial à la censure. Il a tout simplement acheté l'exclusivité de toutes les clichés montrant l'Afghanistan - pour la somme de 2 millions de $ par mois - et ne diffuse que ceux qui lui semblent dignes d'être vus par le commun des mortels.)

  • Le ministre de la "Justice", John Ashcroft, a déclaré haut et fort que les droits garantis par la constitution ne valaient pas pour les "terroristes" et leurs "complices". Mais comme n'importe qui peut être accusé de "terrorisme" ou de "complicité", c'est pratiquement l'ensemble du pays qui est privé de ses droits. Dans le sillage d'Ashcroft, des milliers de persécuteurs pervers réclament des méthodes policières plus dures, plus radicales. L'enragé Ken Starr, qui s'était distingué il y a quelques années par sa campagne moyen-âgeuse contre le président Bill Clinton et par ses "révélations" qui lui avaient valu le surnom de Ken "Porn" Starr, revendique maintenant dans un article du Washington Post le droit pour la police d'utiliser la torture et la menace directe contre les proches du récalcitrant - c'est-à-dire ni plus ni moins qu'un retour aux méthodes de l'Inquisition.

  • La loi prévoit l'institution d'un Ministère de la "Sécurité" intérieure et la militarisation de vastes secteurs de la vie civile. Pour la première fois depuis le 19ème siècle, l'armée peut intervenir sur le sol-même des Etats-Unis pour renforcer ou remplacer les forces de police. La Maison Blanche et le Pentagone considèrent que "la guerre" a lieu sur de multiples fronts, y compris sur le "front de l'intérieur". Si les effets visibles de ces mesures sont moins spectaculaires que ceux qu'aurait provoqués un coup de force militaire classique, c'est d'une part parce que l'opinion n'y oppose aucune résistance, et d'autre part parce que les médias cachent l'ampleur réelle du phénomène.  (Sur la nouvelle doctrine et les nouvelles méthodes militaires, lire ici un article de Thierry Meyssan du Réseau Voltaire.)

    En novembre 2002, une loi complémentaire (Homeland Security Bill) montre l'étendue de la "réforme". Le nouveau ministère regroupe 170.000 fonctionnaires et employés, et combine des éléments précédemment dispersés dans 22 agences fédérales: garde-côtes, douanes, service secret, immigration, police des frontières, police des transports, etc... Les pouvoirs de cette administration vont bien au-delà de ce qui était permis à ses diverses composantes et supprime le cloisonnement qui pouvait exister jusqu'alors entre les informations recueillies et gérées par chacune d'elles. Le but est de réunir, dans le cadre d'un programme appelé TIA (Total Information Awareness = Connaissance totale de l'information), toutes les données disponibles aux USA et à l'étranger sur tous individus et organisations, quel que soit le domaine concerné. Les pouvoirs spéciaux du FBI (voir plus haut) paraissent bien faibles en comparaison. Si ce projet est mené à son terme, le cauchemar orwellien deviendra réalité.* Détails

    (Les USA disposaient déjà d'une solide expérience en matière de surveillance et d'espionnage des télécommunications : lire ici l'article de Duncan Campbell sur le réseau Echelon de la NSA.)

    * En juin 2004, le TIA est devenu réalité. Entre-temps, le T ne signifie plus Total mais - devinez quoi - oui : Terrorism. How Big Brother Is Watching, Listening and Misusing Information About You

  • En février 2003, John Ashcroft prépare PATRIOT II, le second volet de la loi d'exception promulgée en 2001. Ce texte prévoit en outre de déchoir de la nationalité américaine ("to expatriate") toute personne qui ferait partie ou serait "complice" d'un groupe désigné comme "terroriste" par le gouvernement des Etats-Unis - c'est-à-dire pratiquement n'importe qui, y compris les opposants à la guerre. Cette procédure permettrait de transférer l'intéressé dans un camp échappant à la juridiction americaine - à Guantánamo, par exemple (voir plus bas).

    De mal en pis : PATRIOT II - vers la surveillance totale et la dictature fasciste.


Bien entendu, les Etats-Unis n'ont jamais été le havre de démocratie et de liberté que nous décrit la légende. Dès l'origine, la liberté ne vaut que pour une fraction de la population. Les Noirs, d'abord tenus en esclavage puis victimes de la ségrégation raciale, et les Amérindiens, parqués dans des réserves quand ils échappent à l'extermination, n'en bénéficient - de façon formelle - que depuis une époque récente. Quant à la "liberté" de dizaines de millions d'Américains écrasés par la misère, le chômage, les petits boulots précaires, la violence, la drogue, etc., mieux vaut ne pas en parler...   La démocratie, elle, s'est toujours limitée - pour ceux qui disposaient du droit de vote - à choisir entre un âne et un éléphant et à signer un chèque en blanc tous les quatre ans. Comme toute chose aux Etats-Unis, liberté et démocratie sont des marchandises et ne sont donc accessibles qu'à ceux des citoyens qui peuvent se les payer. Selon sa fortune, on peut en avoir beaucoup, un peu, ou pas du tout.

Si les textes de loi disent autre chose, c'est qu'il y a loin de la théorie à la pratique. Que des citoyens issus de tel ou tel groupe minoritaire, marginal ou défavorisé aient réussi à utiliser ces lois à leur profit pour accroître leur propre liberté et se hisser à un niveau plus élevé de la pyramide sociale, c'est incontestable. Cette émancipation est le résultat d'une lutte individuelle ou collective; elle ne s'est pas produite grâce au système, mais malgré lui, contre lui. Aux Etats-Unis, comme dans beaucoup d'autre pays comparables, chacun est "libre" de faire ce qui ne nuit pas à l'ordre établi et aux intérêts des groupes dominants. La fameuse boutade "dictature = ferme ta gueule; démocratie = cause toujours" résume bien la situation.

De toute évidence, le "cause toujours" garanti par la loi va encore trop loin aux yeux des profiteurs du 11 septembre. Les nombreuses possibilités permettant aux citoyens de s'exprimer ou d'agir à l'encontre des intérêts dominants - sans pour autant les menacer -, deviennent subitement excessives et doivent donc disparaître. Pour que "le peuple ferme sa gueule", le pantin Bush et ceux qui le manipulent brûlent donc la Constitution américaine et ce qu'elle symbolise.


"It's nothing but a goddamned piece of paper..."
(le "président" américain en décembre 2005)


Les nouvelles mesures répressives ne sont pas destinées à combattre le terrorisme sur le sol des Etats-Unis, mais à mettre au pas l'ensemble de la société, à extirper toute velléité d'opposition de la part de quelque groupe que ce soit. Si le pouvoir avait voulu s'en prendre au terrorisme, les lois dont il disposait avant les attentats auraient amplement suffi. En fait, le terrorisme, qu'il soit le fait de milieux islamistes ou de groupes américains d'extrême droite, est étroitement contrôlé par les autorités. Bien souvent même, il émane de celles-ci - ce qui a probablement été le cas le 11 septembre.

Le terme "terrorisme" joue en 2001 le rôle que jouait autrefois le terme "communisme". L'équivalent moderne du maccarthysme ("chasse aux sorcières", répression des activités "antiaméricaines") est cependant plus insidieux que son modèle des années 50, car dans l'esprit de la population, il semble justifié par une menace concrète et réelle, se traduisant déjà par des milliers de victimes innocentes.

Bush administration expands the infrastructure of a police state par Patrick Martin.

Résistance au niveau local : L'Alaska et Hawaii refusent l'USA PATRIOT Act. Le Vermont a également rejeté ce texte, de même que 210 villes et comtés du pays - mais il est vrai que dans le cadre de la "démocratie" américaine, personne ne leur demande leur avis.

En novembre 2003, il suffit de lire ce que dit le général Tommy Franks pour savoir qu'une dictature militaire est en préparation.

Le livre qu'un certain Jarret B. Wollstein propose à ses compatriotes - Surviving Terrorism - donne une petite idée de ce que pourrait être cette dictature. Bien sûr, l'auteur veut avant tout profiter de la situation pour s'enrichir un peu, mais ce "manuel de survie" contient néanmoins une foule de détails très réalistes propres à donner la chair de poule : loi martiale, arrestations arbitraires, internements de durée indéterminée, quarantaine sanitaire, réquisitions, perquisitions, confiscations, interruption des liaisons aériennes, barrages routiers, interdictions de circuler, couvre-feu, coupures de courant, rationnement, effondrement du système bancaire et financier, faillites en série, etc...

L'ancien vice-président Al Gore semble conscient du danger (lire ici son réquisitoire : 1ère partie - 2ème partie). Malheureusement, il a tout fait jusqu'à présent pour soutenir le projet totalitaire qu'il feint de déplorer : depuis sa complicité passive dans le coup de force électoral de novembre 2000 jusqu'à son approbation de la guerre contre l'Irak, en passant par son attitude ultra-conformiste et ultra-réactionnaire au lendemain du 11 septembre... Fin 2003, Gore appuie par avance l'agression qui se prépare contre la Syrie. Et lorsque le mauvais coup final ouvrira définitivement la porte au fascisme en Amérique et partout dans le monde, gageons que Gore sera encore parmi les premiers à applaudir les "mesures courageuses" de "son président". L'hypocrisie et la veulerie de cette prétendue "opposition" démocrate donne la nausée.  (Voir aussi notre page sur le complot préparé de longue date)

Un article de Michel Chossudovsky du 8 juillet 2005 : Bush Administration creates "Secret State Police"  (En allemand, "Secret State Police" se dit "Geheime Staatspolizei".)

Le 9 mai 2007, George W. Bush signe un décret (National Security and Homeland Security Presidential Directive) accordant tous les pouvoirs à la Maison Blanche en cas de "catastrophe nationale". Le Congrès n'a pas été consulté - de toute manière, il aurait tout accepté sans poser de questions.



TRADITION AMÉRICAINE:

Sans qu'il soit besoin de loi d'exception, la "justice" américaine a toujours su prouver son dysfonctionnement, pour employer un terme à la mode. Ne citons que les affaires Mumia Abu-Jamal, Leonard Peltier, OJ Simpson, Move 9, Angela Davis, Wilmington Five, Rosenberg, Sacco et Vanzetti...   Selon le cas, les "coupables", condamnés d'avance, y laissent leur vie, leur liberté, leur fortune ou leur bonne réputation. Comme par hasard, ils sont noirs, anarchistes, communistes ou contestataires.   Le système judiciaire américain est un des plus iniques qui soient. On y voit des innocents poussés à "reconnaître" leur "culpabilité" afin d'obtenir une condamnation moins sévère que s'ils avaient plaidé non-coupable. Les prisons regorgent de gens arrêtés pour des délits ou des crimes qu'ils n'ont pas commis. Bien souvent, des "indices" trafiqués suffisent à les condamner à mort. Les USA sont sans doute le pays qui détient le record des "erreurs" judiciaires; de nombreux innocents y sont exécutés chaque année, y compris des handicapés mentaux. Civilisation ou barbarie ?...

On peut, aux Etats-Unis, être condamné par un tribunal civil à verser des dommages-intérêts pour un crime dont on a pourtant été disculpé par une cour pénale....   Il y a quelques années, un enfant de onze ans prétendument coupable d'attouchements indécents sur la personne de sa petite soeur de cinq ans, a été jeté en prison - sur simple dénonciation d'une voisine myope. Justice ?...  Et en mars 2005, à St. Petersburg (Floride), trois policiers appelés à la rescousse par une directrice d'école maternelle aussi incompétente qu'hystérique, passent les menottes à une fillette de cinq ans un peu trop indisciplinée. Entre 1999 et 2004, l'usage inconsidéré, par les "forces de l'ordre", du pistolet à électrochoc, y compris contre des enfants, des femmes enceintes et des vieillards "au comportement bizarre", a causé la mort de plus de 130 personnes.

Les violences policières sont chose courante au "pays de la liberté". Encore un exemple, parmi beaucoup d'autres : on déplore chaque année 500 morts à la suite de poursuites sauvages auxquelles se livre la police pour arrêter des malfaiteurs présumés, en fuite au volant d'une voiture volée ou non. Pourtant, le délit initial, quand il y en a un, est souvent mineur. Et sur les 500 victimes, un tiers est totalement étranger aux faits et se trouvait tout simplement au mauvais endroit, au mauvais moment.

Le système pénitentiaire est probablement le pire qu'on puisse trouver dans un pays développé. Les directeurs de prison y font la loi, peuvent se livrer à tous les abus, à toutes les exactions, sans jamais avoir à en rendre compte. Exemple, Jo Arpaio, ce sheriff de l'Arizona, qui considère que "ses" détenus sont des prisonniers de guerre - on sait comment les Etats-Unis traitent ce genre de prisonniers. Exploitation, nourriture avariée, humiliations, violences, arbitraire...   Sachant que de nombreuses ordures du genre Arpaio sévissaient déjà avant le 11 septembre, on imagine ce que peut être le sort de détenus arrêtés en vertu de la "guerre contre le terrorisme".

Depuis une dizaine d'années, on assiste d'ailleurs aux Etats-Unis à une privatisation des prisons et au développement d'une véritable industrie carcérale. Comme dans toute industrie, le profit y est le critère essentiel. Ainsi que l'a rappelé le chanteur Harry Belafonte en 2002, les geôles privées poussent comme des champignons dans le sud des USA (Texas, Géorgie...). Ces "objets" sont gérés comme des hôtels, on y parle de "capacité d'accueil", de "nombre de lits". Le rendement maximum n'est assuré que si le "taux d'occupation" avoisine les 100 %. Les profiteurs du système, qui sont souvent d'anciens directeurs de prisons et des politiciens locaux, veillent à ce qu'aucun "lit" ne reste vide.

Dans le "pays-phare du monde libre", un habitant sur cent est incarcéré. Près de deux habitants sur cent sont soumis à un régime de "liberté" conditionnelle qui ne vaut guère mieux ; beaucoup se retrouvent effectivement en prison à la moindre vétille. Il est probable que leur nombre grossira dans les prochaines années, au fur et à mesure que les "capacités d'accueil" augmenteront. Avec moins de 5 % de la population mondiale, les Etats-Unis détiennent déjà un quart de tous les prisonniers de la planète.

Sur les conditions "d'hébergement", l'appartenance raciale de la "clientèle" carcérale et l'exploitation de cette source de profit, lire ici :
Prisons-tortures   -   Prisons américaines, deuxième employeur du pays   -   Rapport d'Amnesty International
[Le rapport d'ai est à lire en gardant à l'esprit que cette organisation, dont le financement est assez obscur, fait souvent preuve d'une très grande retenue, voire complaisance, dans sa critique des USA et du monde occidental.
Dans Prisons américaines, les francs dont il est question sont des francs belges; 1 FB = 0,025 euro.]
Voir également : No Escape - les viols homosexuels systématiques font partie de l'enfer carcéral américain (témoignages recueillis par l'organisation Human Rights Watch).

En décembre 2009, à propos de la très lucrative industrie carcérale, Mumia Abu-Jamal, lui-même abusivement emprisonné, se fait l'écho d'un scandale passé sous silence par les médias. Deux juges de Pennsylvanie (Mark Ciavarella et Michael Conahan) condamnaient à la chaîne des jeunes de moins de 18 ans pour des peccadilles ou des délits imaginaires, et les envoyaient dans une prison privée contre paiement d'une "petite commission". En tout, les deux juges criminels ont encaissé 2,5 millions de dollars. Ils ont fini pour se faire prendre, mais un tribunal fédéral (lui aussi probablement composé de ripoux) a décrété qu'ils jouissaient de l'immunité.



QUELQUES EXEMPLES :

  • L'affaire Walker Lindh :

    John Walker Lindh est un jeune Américain de 20 ans, fait prisonnier à Mazar-i-Sharif où il combattait dans les rangs des talibans. Converti à l'islam quelques années plus tôt, il est arrivé en Afghanistan début 2001. On l'accuse de trahison et de conspiration en vue d'attenter à la vie de citoyens des Etats-Unis. Lorsque Walker était détenu à la forteresse de Qala-e-Janghi, la plupart des prisonniers qui s'y trouvaient ont été massacrés avec l'aide de l'aviation américaine. Un agent de la CIA, qui était sur place pour "interroger" les captifs, a sans doute lui aussi été victime des bombes. Pour masquer cette bavure, on a trouvé en Walker le bouc émissaire idéal.

    Bien sûr, l'accusation de conspiration ne tient pas debout, puisque c'est en fait l'armée américaine qui est en quelque sorte venue agresser Walker, en bombardant et en envahissant le pays où il se trouvait. Il n'a jamais choisi de se battre contre les Etats-Unis - qui considéraient d'ailleurs les talibans comme leurs alliés et les finançaient encore au printemps 2001. Quand la situation a changé du tout au tout, après le 11 septembre, Walker aurait sans doute dû dire: "Pouce, je ne joue plus, je reprends mes billes et je rentre chez moi." Comme il ne n'a pas choisi cette forme de suicide, toute la haine suscitée par des mois d'hystérie collective orchestrée s'abat maintenant sur lui. Les lyncheurs crient "vengeance".

    Afin de donner au "procès" toute la publicité médiatique voulue, les comploteurs de Washington ont traduit Walker devant une cour d'assises de Virginie, et non devant un tribunal militaire d'exception, où les assassinats "légaux" s'effectuent à la sauvette. Les juges qui auront à "statuer" sur son sort ont la réputation d'être très "conservateurs" - c'est probablement un euphémisme. Le verdict - peine de mort ou perpétuité - est déjà tombé depuis longtemps au niveau politique et sera proclamé par les figurants de la "justice indépendante" à l'issue d'un show conforme à la tradition américaine.

    Walker s'est vu privé des droits dont bénéficie un accusé dans des conditions normales. Il a été tenu au secret le plus complet durant 45 jours, sans contact - même téléphonique - avec sa famille ou avec son avocat. Blessé, il a été néanmoins soumis à des interrogatoires et à une certaine forme de torture psychique, sinon physique. Les déclarations qu'il a pu faire, sans connaître ses droits, seront retenues contre lui, y compris ce que la CNN lui a arraché au début de sa captivité, alors qu'il n'était pas pleinement conscient, ayant reçu des injections de morphine. A la mi-janvier 2002, Walker n'avait toujours pas vu son avocat.

    [Finalement en octobre 2002, Walker, à l'âge de 21 ans, est condamné à 20 ans de prison, à la suite d'un sordide chantage. Pour échapper à la peine de mort ou à la prison à vie, il est contraint de plaider "coupable" d'avoir "rendu des services aux talibans". Rendre service aux talibans, le gouvernement américain a-t-il fait autre chose jusqu'au printemps 2001 ?]

  • L'affaire Moussaoui :

    Zacarias Moussaoui (33 ans) est un Français d'origine marocaine, détenu aux Etats-Unis depuis le 16 août 2001. Il a été arrêté à Minneapolis pour infraction aux lois sur l'immigration. On ignore quelle "infraction" lui est reprochée. Ce terme très vague peut recouvrir tout et n'importe quoi (vivre illégalement aux USA depuis des années, avoir un visa périmé depuis moins de vingt-quatre heures, exercer un emploi avec un visa d'étudiant, perdre la carte d'entrée délivrée aux touristes dispensés de visa, etc.) Dans la situation actuelle, n'importe quelle broutille peut devenir un crime majeur passible de la peine capitale. Moussaoui a été dénoncé au FBI par un bon Américain à qui il avait eu le malheur de s'adresser pour prendre des leçons de pilotage. L'instructeur prétend que le suspect se serait intéressé au pilotage du Boeing 747 (maniement en vol seulement, ni décollage ni atterrissage). Ce témoignage est à peu près aussi crédible que celui d'un moniteur d'auto-école qui viendrait nous raconter qu'un jeune sans permis est venu le voir pour prendre des cours de formule un (conduite en ligne droite seulement, ni virages, ni dépassements). Pour aggraver son cas, Moussaoui a réglé en espèces les frais d'inscription de 6.000 dollars; l'instructeur a donc empoché l'argent et s'est empressé d'appeler les flics - belle moralité. Autres détails louches et suffisants pour justifier la peine de mort: Moussaoui aurait refusé de parler français avec un employé de l'école de pilotage qui connaissait cette langue, aurait éludé les questions touchant sa situation personnelle et se serait montré "agressif".

    Bien qu'ayant été arrêté plus de trois semaines avant l'attentat de New York, Moussaoui se voit reprocher d'y être mêlé. L'accusation standard en pareil cas: conspiration en vue d'attenter à la vie de citoyens américains. Les preuves ? Encore en cours de fabrication...   Moussaoui refuse de plaider coupable ou non-coupable et de jouer le rôle qui lui est imparti dans le procès à grand spectacle qui se tiendra en octobre en Virginie. Comme dans le cas Walker, il s'agit d'une cour d'assises. Les jurés seront choisis en septembre, au moment du premier anniversaire des attentats: objectivité totale assurée.

    La France ne fait rien pour défendre son ressortissant. Le consulat prétend que Moussaoui refuse toute aide. C'est sans doute vrai jusqu'à un certain point, mais ça ne change rien en principe aux obligations légales des autorités - en fait, c'est surtout bien pratique pour les responsables qui n'ont aucune envie de se plier en quatre pour un "Arabe terroriste"...   Moussaoui a souffert du racisme qui sévit en France (même ses professeurs, qui n'étaient pourtant pas de mauvais bougres, disaient qu'il n'était "pas si bête pour un Arabe"). C'est pour cette raison qu'il a passé de nombreuses années à Londres. Mais les services français qui le soupçonnaient d'activités "terroristes" clandestines l'ont dénoncé à leurs collègues anglais: c'est ainsi que le pays des droits de l'homme protège ses citoyens. Si Paris intervient dans l'affaire Moussaoui, ce sera probablement pour enfoncer le clou.

    En 2002, Moussaoui, décide d'assumer lui-même sa défense. Avec ses connaissances très limitées du système juridique américain, un des plus tordu et des plus pervers du monde occidental, quelle chance a-t-il de s'en sortir ?  Le procès est d'abord repoussé au printemps 2003. La junte de Washington fait alors tout son possible pour éviter des débats publics, conformes aux lois américaines ; elle envisage un temps de transférer Moussaoui vers le camp de concentration de Guantánamo Bay, où tout serait beaucoup plus simple pour elle.  Début 2003, lorsqu'il semble inévitable que le procès se déroule en Virginie, le ministère de la "Justice" veut interdire à Moussaoui de citer les témoins de son choix, sous prétexte qu'il s'agirait de "terroristes d'Al-Qaïda". L'affaire est en suspens. Le procès n'aura pas lieu avant octobre 2003... ou 2004 ou 2005...

    En avril 2005, la junte américaine annonce que l'accusé plaide coupable (sic). "Je suis venu aux Etats-Unis pour participer à un complot visant à utiliser un avion comme une arme de destruction massive", aurait-il déclaré. Voilà qui rappelle étrangement les "aveux" passés par Artur London dans la Tchécoslovaquie stalinienne de 1950. Moussaoui, qui est passible de la peine de mort, a-t-il été drogué ou s'agit-il tout simplement d'une mise en scène inspirée du "procès de Saddam" ?  (Voir "Saddam" est de retour.)

    Mars 2006 : coup d'envoi du procès-spectacle. Moussaoui ayant "avoué son crime", le rôle de la "justice" américaine se limite à fixer la sentence : la mort ou la prison à perpétuité. Ce sera la perpétuité.

    [Fin juillet 2004 : pour illustrer la manière dont la République prend soin de ses citoyens, signalons encore le cas des quatre prisonniers français (Mourad Benchellali, Imad Kanouni, Nizar Sassi et Brahim Yadel) détenus arbitrairement depuis 2001 à Guantánamo Bay, et que les Etats-Unis viennent de "relâcher". En fait, les quatre hommes se trouvent à présent aux mains de la DST et de la "justice" française, lesquelles partent du principe qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Le seul crime avéré des quatre détenus est qu'ils sont d'origine arabe - au lieu d'avoir, comme toutes les honnêtes gens, des ancêtres juifs, hongrois ou limousins...]

  • Les affaires Hamdi et Padilla :

    Yasser Esam Hamdi (21 ans) est un des 600 "talibans" capturés en Afghanistan à l'automne 2001 et incarcérés à la base américaine de Guantánamo Bay. (Voir ici quelques photos documentant les conditions de transport et de captivité de ces prisonniers détenus en violation de toutes les conventions internationales.)

    Le cas Hamdi ne s'est ébruité que parce que l'intéressé, né en Louisiane de parents saoudiens, est citoyen des Etats-Unis. Les autorités américaines nient qu'il le soit, mais l'ont néanmoins fait transférer dans une prison militaire de Virginie, "faveur" dont n'aurait pas bénéficié un étranger. Hamdi est tenu au secret depuis le début de l'année 2002 sans avoir été mis en accusation et sans avoir pu parler à un avocat. Afin de "justifier" cette violation flagrante des droits de la défense, le ministère de la "Justice" s'appuie sur un prétendu "droit discrétionnaire" qui permettrait au président et à l'administration militaire de faire de n'importe quel citoyen américain un "combattant ennemi". C'est l'équivalent de la lettre de cachet en usage en France avant 1789 ; le monarque absolu pouvait faire jeter n'importe qui en prison sans motif et sans jugement.

    José Padilla, un Américain arrêté par le FBI en mai 2002 parce qu'il aurait comploté en vue de fabriquer une bombe radiologique, est lui aussi embastillé dans une base navale et coupé de tout contact extérieur.

    Voir ici pour plus de détails.   Lire également Ashcroft suit l'exemple nazi

    En novembre 2005, Padilla sera officiellement accusé de "faire partie d'une cellule terroriste nord-américaine ayant envoyé des fonds et des hommes à l'étranger dans le but d'assassiner, de mutiler et de kidnapper". Curieusement, il n'est plus du tout question de "bombe radiologique". Comme le signale Naomi Klein dans son livre The Shock Doctrine (2007), Padilla a été drogué et soumis à la torture psychique en usage dans les camps américains : isolement total, privation sensorielle (visuelle et auditive) alternant avec des périodes de stress intense (agression sonore extrême, éclairage stroboscopique, chiens), privation de sommeil, etc.  Cette forme de torture détruit très rapidement la santé mentale de la victime et en fait fréquemment une loque humaine qui ne s'en remettra jamais.

    Le gouvernement américain a fait part de son intention de prolonger la détention illégale des "combattants ennemis" aussi longtemps que durerait "la guerre". On sait que ce même gouvernement avait déclaré auparavant que la "guerre contre le terrorisme" serait très longue - au moins aussi longue que la "guerre contre le communisme".

    En 1941, Washington avait fait jeter dans des camps les citoyens américains d'origine japonaise, mais à cette époque au moins, la guerre contre le Japon était bien réelle. Soixante ans plus tard, personne n'est à l'abri, personne ne sait contre qui le pays est "en guerre".

  • Ciblage racial et arrestations arbitraires :

    La chasse au faciès est ouverte depuis le 11 septembre. Au nom du patriotisme, il est désormais permis de se défouler contre toute personne qui, de près ou de loin, a une allure "arabe", donc "terroriste". Et les patriotes en uniforme se doivent d'être doublement vigilants. Les policiers, gardes, employés des compagnies de transport ont appris en quelques heures à reconnaître les individus au "comportement suspect". On ne compte plus les gens arrêtés alors qu'ils voulaient prendre l'avion, le train ou le car. Du jour au lendemain, des millions d'Américains normaux constatent avec effroi qu'ils ont la mine "patibulaire" et que leurs voisins les observent.

    Deux exemples parmi des dizaines de milliers d'autres: le 18 septembre 2001, à Providence (Rhode Island), des agents de l'INS font descendre d'un bus Greyhound un Américain d'origine pakistanaise, louche par définition. Il est arrêté puis jeté dans une cellule où il est violemment frappé par ses codétenus - sous les yeux des geôliers passifs. Il ne sera conduit à l'hôpital qu'après que sa tante ait versé une caution de 5.000 dollars...   Le 13 novembre, à Chester (Pennsylvanie), un autre Pakistano-américain reçoit, à l'heure du petit déjeuner, la visite de trente agents du FBI. Des voisins l'avaient dénoncé aux autorités après l'avoir vu vider dans son jardin un seau contenant un liquide blanchâtre - sûrement de la bouillie d'anthrax. L'homme est soumis à un interrogatoire, puis relâché, mais reçoit quelques jours plus tard une citation à comparaître devant un grand jury de Philadelphie.

    Le 6 mars 2003, à 4 heures 30 du matin, dans une petite ville de l'Idaho, 120 agents du FBI armés jusqu'aux dents donnent l'assaut pour arrêter un étudiant saoudien en situation irrégulière - une scène surréaliste inspirée du finale de Blues Brothers.

    A peu près au même moment, le Parti Vert des USA rapporte que rien que dans le sud de la Californie, plus d'un millier de personnes sont détenues arbitrairement dans le cadre de l'obligation de "recensement", sans accusation, sans contact avec l'extérieur, sans avocat - lire les détails.

    A Los Angeles, on arrête des "immigrants" sans motif particulier, en attendant de pouvoir leur mettre quelque chose de sérieux sur le dos. Avoir une licence de pilotage ou un permis de transporter les matières dangereuses peut suffire pour se retrouver derrière les barreaux, même quand on possède un passeport US.

    Exemples new-yorkais : Patriot Raid ou l'Etat policier à deux pas de Times Square.  -  Harcèlement raciste dans le Queens

    Et en avril 2003, alors que l'armée US agresse de nouveau l'Irak, les Irakiens vivant aux Etats-Unis et les citoyens américains d'origine irakienne sont soumis à des interrogatoires systématiques.

    Discrimination raciale en Floride : les enfants arabes ou musulmans exclus des bus de ramassage scolaire, tandis qu'un prédicateur baptiste peut vomir en toute impunité ses insultes racistes ("Mahomet est un pédophile possédé par le démon.")

    Hate Crimes and Discrimination Againt Arab Americans : un rapport de l'American-Arab Anti-Discrimination Committee - ADC (format pdf).

    Un aumônier musulman, capitaine de l'armée américaine, arrêté pour "espionnage" à Guantánamo : nouvelle affaire Dreyfus ?

    The Persecution of Sherman Austin : ce qu'il en coûte au "pays de la liberté" d'être noir et anarchiste.

    Le 29 juin 2004, CBS Evening News rapporte que le Ministère de la Sécurité intérieure a demandé aux services des douanes des grands aéroports de surveiller tout particulièrement les citoyens américains d'origine pakistanaise : apparence supecte, blessures ou contusions "louches" pouvant résulter d'un séjour clandestin dans un camp d'entraînement pour terroristes, etc...

  • Exactions racistes :

    La chasse au "terroriste" n'est pas l'apanage des services officiels ou des porteurs d'uniforme. L'homme de la rue y participe également. Estimant sans doute que les autorités font preuve de trop de complaisance en laissant en liberté des millions de dangereux orientaux (en 1941, au moins, le gouvernement avait bouclé tous les Américains d'origine japonaise), un patriote de Mesa (Arizona) organise, quelques jours après les attentats, sa propre croisade anti-talibans. Il monte dans sa voiture et va tuer le Ben Laden pakistanais qui tenait la pompe à essence du coin. Il se dirige ensuite vers la station-service voisine et tire sur l'al-qaïdien libanais qui y travaillait. Pour parfaire son ouvrage, le justicier va vider son chargeur sur la maison d'une famille d'origine afghane.   Inutile d'ajouter qu'il ne s'agit nullement d'un cas isolé, loin de là...

  • Liberté de la presse :

    La presse américaine, entièrement aux mains de la finance, a depuis longtemps abdiqué toute indépendance. Les dévoileurs de Watergate n'existent plus qu'au niveau de la mythologie. Si de temps à autre la vérité pointe encore son nez, ce n'est jamais dans un grand titre, mais dans telle ou telle feuille de chou de province - du moins était-ce le cas avant le 11 septembre. Depuis, jusqu'au fin fond du Kansas, le moindre petit rédacteur en chef sait comment remplir son devoir patriotique.

    A Price (Utah), une journaliste du Sun Advocate l'a appris à ses dépens. Elle avait osé écrire: "La guerre n'est pas la seule forme d'action qui s'offre à nous. Rechercher la justice et préserver la paix sont des alternatives dignes de considération." Résultat: licenciée sans préavis.

    Deux autres journalistes, le premier du Texas City Sun, l'autre du Daily Courier de Grants Pass (Oregon), avaient mis en doute le courage du président cherchant refuge au Nebraska. "Leader ou marionnette ?" demandait l'un deux. Résultat: licenciés sans préavis.

    En novembre, après cinq semaines de bombardements des villes et villages afghans, un caricaturiste du Spectrum de St. George (Utah) avait publié un cartoon antiguerre. Résultat: licencié sans préavis.

    On pourrait multiplier les exemples de ce genre.

  • Liberté de penser :

    Elle est garantie dans les universités américaines - dans la mesure où chacun pense comme le gouvernement.

    Un professeur de l'Université du Texas à Austin avait déclaré, à propos des attentats terroristes, que les Etats-Unis n'étaient pas moins coupables, ayant eux-mêmes commis des actes de violence. Ses propos furent accueillis par un tollé général et des demandes de sanction. Les tenants de la pensée unique veillent.

    A Albuquerque, ils ont failli s'étouffer en apprenant ce qu'un professeur de l'Université du Nouveau-Mexique, incorrigible soixante-huitard, avait osé dire à ses étudiants: "Celui qui fout en l'air le Pentagone est sûr d'avoir ma voix..." Apprenant que quelqu'un s'en était pris au bastion du militarisme américain, sa réaction spontanée a été d'applaudir. Attitude tout à fait naturelle et légitime: qui n'a pas rêvé de voir ces salopards subir le sort qu'ils font subir aux autres ?...   Bien sûr, en y regardant de plus près, l'attentat contre le ministère de la guerre peut sembler étrange: un avion s'écrase sans laisser de traces, l'aile touchée est quasiment vide, la liste des victimes est invérifiable. Il s'agit peut-être d'un attentat bidon qui n'a fait que des dégâts matériels, un attentat commandité et exécuté par les tueurs du Pentagone eux-mêmes. Mais le professeur de l'UNM l'ignore et jubile. Plus d'un, même aux USA, a dû avoir cette saine réaction. Réaction intolérable pour le totalitarisme bien-pensant. Menacé de toute part, le prof a dû faire marche arrière et présenter des "excuses". Dans les pays de l'Est, cela s'appelait "faire son autocritique".

    La chasse aux sorcières n'est sans doute pas aussi efficace en tous lieux. Car il existe quelques poches de résistance en milieu universitaire, à Berkeley, par exemple, ou autour de certains professeurs de renommée internationale, comme Noam Chomsky. Mais la prudence est de mise partout au coeur du monde "libre".

    Si les professeurs d'université n'ont guère le loisir de quitter les sentiers battus, on imagine aisément que les étudiants, eux, sont suspects avant même d'avoir ouvert la bouche. Ainsi une étudiante de Raleigh (Caroline du Nord) a reçu la visite du Secret Service, informé par un mouchard bénévole que la suspecte avait chez elle un poster subversif. L'affiche incriminée rappellait les 152 exécutions capitales avalisées par Bush lorsqu'il était gouverneur du Texas. Pour comble d'insubordination, un scandaleux "Free Mumia" flanquait le poster anti-Bush. La délinquante n'étant pas d'origine arabe, on l'a laissée en liberté. Mais elle restera fichée.

    Presque aussi louches que l'enseignement: les arts et les lettres. En novembre, par exemple, le propriétaire d'une galerie de Houston, responsable d'une exposition intitulée "Secret Wars", dénoncée comme activité antiaméricaine, a dû se soumettre à un interrogatoire du FBI sur ses idées politiques et celles des artistes exposés. Ailleurs, des libraires ont été contraints, en vertu de la nouvelle loi, de remettre aux autorités une copie de leur fichier clientèle comprenant noms, adresses et titres achetés.

  • Méfiez-vous du postman et du cable guy :

    En 2002, les maîtres de l'Amérique entreprennent de dévélopper et d'organiser à grande échelle mouchardage et délation . Une dénonciation fortuite ne suffisant plus, il faut y pourvoir de façon systématique, comme dans tout bon état policier. Dans le cadre de l'opération TIPS (Terrorism Information and Prevention System), des millions d'Américains seront instruits sur l'art et la manière de découvrir activités et personnes "suspectes" afin de les signaler aux autorités. Un certain nombre de professions se prêtent admirablement à ce genre d'observation: employés des compagnies de transports, de téléphone, de distribution d'eau, d'électricité ou de gaz, sans oublier les postiers et tous les installateurs, monteurs et autres réparateurs qui ont quotidiennement accès à d'innombrables foyers de "terroristes potentiels". Belle aubaine pour les organisateurs de "séminaires de sensibilisation", éditeurs de "matériel d'information" et autres profiteurs de l'hystérie sécuritaire. Boom garanti également pour les groupes de surveillance communautaire (Neighborhood Watch), les quasi-milices de type FreedomCorps ou AmeriCorps, et les divers organismes surfant sur la vague de la "sécurité intérieure" (Homeland Security).

  • Droit de grève :

    Sous prétexte de "sécurité nationale", il n'existe plus que sur le papier si le gouvernement le juge utile. En octobre 2002, à la demande de la Maison Blanche, un juge fédéral "suspend pour une durée de 80 jours" la grève qui opposait les dockers aux entreprises portuaires de la côte ouest. Cette mesure répressive, qui équivaut pratiquement à une interdiction, repose sur une loi antisyndicale de 1947 (loi Taft-Hartley) qui n'avait pas été appliquée depuis 25 ans. Rendue "illégale", la grève des dockers, peut maintenant être assimilée à un acte de terrorisme si elle est poursuivie.

    En décembre 2005, une grève des transports de New York se heurte à l'hostilité massive des grands médias et à une sévère répression juridique (amendes d'environ 2.000 dollars par personne, menace d'incarcération, etc. - lire les détails). Le milliardaire Michael Bloomberg, parasite de Wall Street devenu maire de la ville grâce à "son" argent, se permet de traiter les grévistes de "crapules". Il est lui-même la pire crapule qu'on ait vu à la mairie de New York depuis des décennies.

  • Droits de la défense :

    En avril 2002, Lynne Stewart, avocate spécialisée dans les cas de "terrorisme", est elle-même poursuivie pour "complicité". Son crime : avoir défendu Abdel Rahman, condamné à la prison à vie pour avoir soi-disant commis, en 1993, le premier attentat contre le World Trade Center. Lynne Stewart risque une peine de 40 ans. Le but des autorités est de parvenir à une situation idéale où plus aucun avocat ne consentira à défendre une personne accusée de "terrorisme" (terme très vague pouvant également couvrir toute opposition à la guerre).

  • Liberté de voyager :

    Aux Etats-Unis, patrie de la "liberté", les pacifistes n'ont plus le droit de prendre l'avion. Ceux d'entre eux qui ont eu le courage de se rendre en Irak début 2003 pour manifester leur solidarité avec les civils irakiens menacés encourent de lourdes amendes et peines de prison.  Et même des gens connus et respectés connaissent parfois ce genre de problème : Why was Senator Kennedy placed on US “no fly” list ?  (Fin 2005, 80.000 "suspects" figurent sur cette liste noire* des "interdits de vol", ainsi que le révèle James Moore, un journaliste et auteur, lui-même victime de cette mesure arbitraire pour avoir osé écrire un livre sur Karl Rove, le cerveau du président - c'est le titre.)

    * Trois ans plus tard, la liste contient un million de "terroristes potentiels", y compris des enfants de 5 ans et... Nelson Mandela.  (Dans l'article en question, l'auteur parle de "démocraties post-industrialisées" ; le terme "Etats post-démocratiques" serait sans doute plus correct.)

    Les voyageurs étrangers arrivant aux Etats-Unis sont traités comme des criminels : on les photographie, on prend leurs empreintes digitales, on les fiche. Lorsque, par exception, un pays ose décréter des mesures similaires vis-à-vis des touristes américains (le Brésil a osé fin 2003), les USA crient au scandale, protestent et menacent. A tout bout de champ, Washington prend prétexte de prétendues "menaces terroristes imminentes" pour annuler des vols en provenance d'Europe (spécialement de France). Quand les vols ne sont pas annulés ou considérablement retardés, le moindre murmure, la moindre plaisanterie à l'arrivée peut entraîner l'arrestation immédiate du "coupable", aussitôt considéré comme "terroriste" ou comme "complice". Comme dans les pires Etats policiers, quiconque se fait remarquer risque une lourde amende et la prison. Peut-on encore, en 2004, voyager aux Etats-Unis ?...  (Un exemple parmi beaucoup d'autres.)

    On arrête n'importe qui pour n'importe quoi. Une fois arrêté, le "suspect" doit plaider "coupable" s'il veut s'en tirer "à meilleur compte", sinon c'est le bagne pour 15 ou 20 ans. Libération du 11 février 2004 cite deux cas récents. C'est le délire le plus complet, Orwell + Kafka, une démence totalement irrationnelle, Et c'est ce type de "justice" qu'on veut introduire en France...

    L'arbitraire de l'Etat policier vaut pareillement pour les journalistes des pays "alliés" :  Welcome to America  par Elena Lappin (The Guardian).

    En septembre 2004, l'ancien chanteur Cat Stevens est lui aussi victime de l'hystérie islamophobe. Depuis qu'il s'est converti à la religion musulmane, en 1977, il est connu sous le nom de Yusuf Islam, et chacun sait - à commencer par les autorités américaines - qu'il n'a rien d'un fanatique, bien au contraire. Mais au "pays de la liberté", un tel nom déclenche automatiquement l'alerte rouge. C'est pourquoi l'avion Londres-Washington dans lequel se trouvait le "terroriste présumé" a dû atterrir à Bangor, dans le Maine, et n'a été autorisé à redécoller que quatre heures plus tard, après avoir été dûment désislamisé. Yusuf, qui a un passeport britannique, a ensuite été expulsé. Il s'en tire à bon compte - on aurait pu l'enfermer à Guantánamo Bay.  (Imaginons un instant ce qui se passerait si un autre pays - par exemple le Brésil ou la Chine - traitait de la même façon une personnalité juive ou convertie au judaïsme - disons Bernard-Henri Lévy ou Madonna-Rebecca...)

    L'hystérie sécuritaire dans les transports ne se limite d'ailleurs pas aux déplacements aériens : en novembre 2004, la compagnie Amtrak applique les mêmes règles aux passagers de ses trains de grandes lignes.

    Surveillance policière en 2005 : An enemy of the state  par Doug Thompson.

    En décembre 2005, à l'aéroport de Miami, deux gardes armés en civil (air marshals) tuent un passager qu'ils avaient pris pour un "terroriste".

    En juillet 2006, suite à une prétendue tentative d'attentats terroristes en série, les règles de "sécurité" les plus débiles qu'on ait jamais vues, entrent en vigueur, touchant d'abord les vols au départ ou à destination des USA, puis tous les autres. Désormais sont interdits à bord : les bouteilles d'eau minérale, les biberons, les tubes de dentifrice, les flacons de parfum dépassant une certaine taille, etc... Les lunettes de soleil, les stylos à bille et les pastilles de menthe bénéficient encore d'un sursis, mais pour combien de temps ?...

    A compter de janvier 2007, toutes les compagnies aériennes doivent soumettre leurs listes de passagers à la Homeland "Security" une heure avant l'embarquement et attendre l'accord des chasseurs de sorcières. La liberté de voyager n'existe plus...  Quelques mois plus tard, dès l'élection de Sarkozy à l'Elysée, le patron de la soi-disant "Sécurité" prétendument "américaine", l'Israélien Michael Chertoff, va plus loin encore : il exige de l'Union Européenne qu'elle lui permette un accès direct et automatique à ses fichiers informatisés. C'est ce que Chertoff appelle le "partage des données" (en vertu du principe : je reçois, tu donnes, nous partageons).

    Même chose pour les données bancaires. Depuis le 11 septembre 2001, les services secrets américains (et ceux qui les contrôlent) peuvent se procurer, quand ils le veulent, tous les détails des transferts internationaux opérés via le système SWIFT - et probablement bien d'autres informations autrefois protégées par le secret bancaire. Cette situation aberrante - et bien entendu à sens unique - a été révélée en 2006 et "légalisée" en 2009.

    En décembre 2009, l'hystérie prétendument sécuritaire augmente d'un cran après la "tentative d'attentat terroriste" de Détroit.



"Guerre contre le terrorisme" et livres "antiaméricains" :


10 mai 1933 : les nazis brûlent sur la voie publique tous les livres "antiallemands" qui leur tombent sous la main.
10 mai 2005 (ou plus tard) : le GOP (Grand Old Party = Parti républicain de la junte au pouvoir)
brûle les livres "antiaméricains" en vertu du principe énoncé par George Bush en 2001:
"La liberté a ses limites..."
(Source: The-Broadside.com)



Le nouveau régime modernise le drapeau américain
(Source: Grand-Pa Prescott Bush)


L'acteur américain Tim Robbins dénonce la nouvelle chasse aux sorcières : Un vent d'effroi souffle sur cette nation

Pour Ramsey Clark*, ancien Ministre de la "Justice" sous Lyndon Johnson, mais entre-temps repenti, les Etats-Unis n'ont plus rien de démocratique. Ils sont une ploutocratie, un régime voué au règne de l'argent, où le peuple n'a pas droit au chapitre. L'écrivain américain Gore Vidal est du même avis: "Un pour cent de la population possède tout dans ce pays et prend toutes les décisions."   Beaucoup de citoyens américains en sont conscients; aux législatives de novembre 2002, 63 % d'entre eux ont préféré se tenir à l'écart d'une farce électorale qui ne les concerne pas. Quel sens peut encore avoir un scrutin quand on sait que les élus des deux partis - à de très rares exceptions près - votent n'importe quel texte rétrograde sans même prendre la peine de le lire ?

* A ne pas confondre avec Wesley Clark, criminel de guerre et candidat aux primaires 2004.


Parmi les nombreux services plus ou moins secrets existant aux Etats-Unis, il convient de mentionner la FEMA (Federal Emergency Management Agency). Sous couvert de lutte anticatastrophe, cet organe dépendant exclusivement de la Maison Blanche dispose des plus larges compétences - en particulier si le Président décide, pour une raison ou pour une autre, de proclamer l'état d'urgence ou la loi martiale. La FEMA peut rendre de précieux services à une junte désireuse d'asseoir sa domination absolue en supprimant les dernières libertés constitutionnelles.

A l'abri des projecteurs de la grande presse, les Etats-Unis rétablissent la torture. Dans cette enquête du Réseau Voltaire, on apprend aussi que le ministère de la "Justice", qui procède au fichage nominatif de tous les musulmans pratiquants, a entrepris la construction de 600 camps d'internement pour un usage indéterminé. A ceux qui seraient tentés de hausser les épaules en disant que tout cela n'est pas possible et qu'il s'agit probablement de propagande islamiste, rappelons que beaucoup d'Allemands tranquilles et honnêtes pensaient la même chose en 1933, quand on venait leur parler de Dachau ou d'Oranienburg.

D'ailleurs, dès 2001, Alan Dershowitz, professeur de droit à la Harvard Law School, grand admirateur de la politique israélienne et fanatique du lobby sioniste, préconisait l'usage "légal" de la torture - détails.


La technologie au service de l'Etat policier : Ces industries florissantes de la peur permanente par Denis Duclos.

Janvier 2006 - Ce que la junte Bush entend par "terrorisme" : télécharger de la musique, bloquer la circulation, émettre un chèque sans provision, aider quelqu'un qui n'a pas la monnaie pour prendre le métro, avoir un feu arrière défectueux sur sa voiture, être victime d'une dénonciation de la part d'un voisin jaloux... Les flics sont partout et surveillent tout - et pourtant, la loi martiale n'a pas encore été proclamée.

Mars 2006 : Police State USA - Big Brother's Most Cool Tool par Amy Worthington

Août 2006 : Bush veut étendre aux citoyens américains les procédures de Guantánamo par Patrick Martin (www.wsws.org).

Imperceptiblement, les Etats-Unis glissent vers la tyrannie. Il n'y a plus de véritables élections, puisque la fraude électronique est omniprésente. Les gens sont arrêtés et jetés en prison pour un oui, pour un non : autocollant antiguerre sur un pare-choc de voiture, T-shirt anti-Bush, critique publique de la politique américaine, refus de stopper la nuit sur une route déserte lorsqu'on croit avoir affaire à de faux policiers (très courant aux USA). On surveille systématiquement les communications téléphoniques et électroniques de la population, on met des gens honnêtes au pilori en dévoilant publiquement quels sites Internet ils ont consultés, les brutalités policières sont quotidiennes, on rend pratiquement impossibles des voyages aériens normaux sous prétexte de "lutte contre le terrorisme".

Dans un article du Wall Street Journal du 14 août 2006 intitulé "Which Travelers Have 'Hostile Intent'? Biometric Device May Have the Answer", Jonathan Karp et Laura Meckler présentent un nouvel appareil mis en service à l'aéroport de Knoxville, Tennessee. Les passagers que les flics de service jugent "louches" doivent s'asseoir dans une cabine, devant un écran tactile, et répondre d'une main aux questions qui leur sont posées ; l'autre main est insérée dans un dispositif qui permet de mesurer le pouls, la tension sanguine et la transpiration du "suspect" - un détecteur de mensonge dernier cri. Un résultat "positif" peut signifier la fin du voyage et l'arrestation du "terroriste démasqué" si l'intéressé ne parvient pas à convaincre les inquisiteurs de son innocence.

Cette machine a été conçue par une entreprise israélienne - Suspect Detection Systems Ltd* - pour être utilisée par d'autres entreprises israéliennes. En effet, aux Etats-Unis comme dans bien des pays du monde, la plupart des sociétés assurant la "sécurité" dans les aéroports sont soit israéliennes soit contrôlées par Israël.

* Début 2010, après le simulacre d'attentat de Détroit, il y a mieux : une autre firme israélienne, WeCU (prononcez : we see you) fabrique des appareils censés produire le même résultat à distance - détails. Ils enregistrent tout ce qui trahit la nervosité lorsque le passager aperçoit soudain, dans un endroit inattendu (aéroport), une image qui lui est familière en d'autres circonstances (son "activité terroriste" par exemple). Pure foutaise, bien entendu, mais qu'importe : que l'appareil fonctionne ou pas, il y a de toute manière beaucoup d'argent à gagner, et c'est là le principal. Finalement, l'appareil "fonctionnera" puisque les contrôleurs épingleront toujours des "suspects" (arabes ou musulmans si possible, mais pas uniquement). Avec ou sans aide technique, les sociétés israéliennes de "sécurité" laisseront toujours passer les "hommes d'Al-Qaïda" que le Mossad leur ordonnera de laisser passer. La chose est d'autant plus facile que la ministre de la "Homeland Security" américaine est une Juive sioniste (Janet Winer Napolitano), son prédécesseur ayant été l'Israélien Michael Chertoff.

En 2006, Bill O'Reilly (Fox News) demande un contrôle particulier pour tous les passagers musulmans âgés de 16 à 45 ans.* Mike Gallagher, un animateur d'émissions radio, propose une file réservée aux musulmans dans les aéroports. Robert Sandler (Evening Bulletin, Philadelphie) va plus loin encore et exige une ségrégation totale, avec des avions pour les musulmans et d'autres pour le reste des voyageurs.  A quoi reconnaît-on un musulman ?  O'Reilly, Gallagher et Sandler ne le disent pas...**  Quatre ans plus tard, on ne compte plus les fanatiques islamophobes qui réclament les mêmes mesures.

* Pourquoi 45 ans ?  Un musulman de 50 ans est-il moins "dangereux" ?

** Comment réagiraient ces trois racistes si quelqu'un demandait un contrôle particulier pour les juifs, une file réservée aux juifs et des avions distincts pour les juifs ?...  A quoi reconnaît-on un juif ?  -  Profilage : adaptation d'un texte de Robert Sandler.



Bien sûr, la répression touche en premier lieu deux groupes : d'une part les Arabes et les musulmans (ou supposés tels), d'autre part les opposants politiques. Mais contrairement au fascisme allemand des années 1930, le fascisme américain naissant ne se limite pas à ces critères raciaux, religieux ou idéologiques. Un très grand nombre de victimes sont choisies au hasard. Tout le monde et n'importe qui peut être frappé par l'arbitraire des innombrables flics réels ou autoproclamés de l'hystérie "sécuritaire". Une atmosphère de peur et de suspicion générale est en train de s'installer, ayant pour but de préparer le terrain pour le jour J, le jour où une "attaque terroriste majeure" rendra "nécessaire" d'abolir totalement les libertés et d'instaurer définitivement la dictature militaire et policière.

The Empire Turns Its Guns on the Citizenry par Paul Craig Roberts. Depuis quelque temps, les forces spéciales de répression, les SWAT Teams (Special Weapons And Tactics - to swat signifie : frapper, foudroyer, terrasser) armés jusqu'aux dents, interviennent pour un oui, pour un non - plus de 40.000 fois par an. Les raids effectués par ces unités paramilitaires n'ont bien entendu rien à voir avec la "sécurité nationale". Le plus souvent, il s'agit de banales affaires de drogue, et les "bavures" sont de plus en plus fréquentes.

En novembre 2006, une de ces éqipes dignes de la Gestapo a même assassiné "par erreur" et en toute impunité un marine rentré d'Irak quelques mois plus tôt : Death Squad In Delaware.

USA 2007 : Liberté d'expression, droits de l'homme et autres bagatelles.

La répression politique s'étend aux États-Unis par Naomi Wolf.

Décembre 2009 : America's Secret ICE Castles par Jacqueline Stevens (The Nation). L'ICE (Immigration and Customs Enforcement) entretient un peu partout aux Etats-Unis des locaux banalisés (subfield offices) où sont détenues au secret de nombreuses personnes arrêtées arbitrairement. Les prisonniers (souvent des étrangers) n'ont aucun droit ni même aucune existence légale. Les geôles clandestines ne sont signalées par aucun panneau ni aucun drapeau, les véhicules ne portent aucun signe distinctif, le personnel est toujours en civil ; parfois, une administration existante ou imaginaire sert de couverture à ces Guantánamo de l'intérieur. Nul ne sait ce que deviennent tous ces détenus : une situation assez comparable à celle des dictatures latino-américaines (passées ou présentes) téléguidées depuis Washington.


USA - PAYS DE LA "LIBERTÉ"


2009-2010 :

L'Internet étant devenu une "menace" pour la pensée unique américano-sioniste,
une loi est en préparation en vue de "protéger le cyberespace".
En cas de "péril imminent", elle permettrait à la Maison Blanche de bloquer des pans entiers du Web.
Les Américains dotés d'un cerveau parlent de loi "Kill switch" (interrupteur mortel).




"SÉCURITÉ" AÉRIENNE

Novembre 2010 - aéroport de Denver :




Quiconque veut prendre l'avion aux Etats-Unis, doit non seulement enlever ses chaussures
mais accepter de se faire tripoter aux endroits les plus intimes.









A tous les pédérastes, pédophiles et autres vicelards pervers :
si vous voulez vous rincer l'œil gratuitement et peloter de jeunes enfants sans aucun risque,
faites-vous embaucher par la TSA (Transportation "Security" Administration).
Le salaire n'est pas terrible, mais vous êtes sûrs de prendre votre pied tous les jours.
Un métier d'avenir quand on songe que dans quelque temps, les passagers devront
se déshabiller entièrement et se soumettre à un examen rectal.




Livres pour enfants - le futur best-seller américain :

MA PREMIÈRE FOUILLE CORPORELLE EN PROFONDEUR
Pour aider votre enfant à comprendre pourquoi
il peut représenter une menace pour la sécurité nationale.
A partir de 6 ans.
Patronné par la Homeland "Security".



Dans un premier temps, on se contente
de mettre les enfants torse nu :

Salt Lake City - 19 novembre 2010



Les défenseurs de l'Etat policier prétendent que
les passagers ont le choix. C'est vrai dans une certaine mesure :

Ceux qui ne veulent pas se faire tripoter par des dépravés, peuvent toujours
se faire photographier à poil pour les archives du FBI, de la CIA et du Mossad,
en se faisant - en prime - irradier par les appareils de L-3 Communications,
une entreprise de l'Israélien Michael Chertoff, ancien patron de la Homeland "Security".
(Ce n'est pas pour rien que la mafia sioniste a mis en scène
l'attentat terroriste "déjoué" de Détroit en décembre 2009.)

Mars 2011 : puisque ces mesures sont passées comme une lettre à la poste, il ne reste plus qu'à les étendre à d'autres secteurs. On va bientôt scanner les passagers des trains et même... les piétons - Documents Reveal TSA Research Proposal To Body-Scan Pedestrians, Train Passengers

Juillet 2011 :  A mesure que l'Empire américain s'étend à l'extérieur, il se transforme en Etat policier à l'intérieur  par Sherwood Ross.


Etats-Nazis d'Amérique, fin 2011 (vidéos) :

● A Stockton (Californie), un enfant hyperactif de 5 ans est arrêté par la police dans une école maternelle, conduit pieds et poings liés devant un psychiatre et accusé d'avoir "battu" un policier.

● A Ozark (Arkansas), un flic décharge son taser sur une fillette de 10 ans, soi-disant avec l'accord de sa mère.

● A Robinson (Illinois), un homme risque 75 ans de prison pour avoir filmé des brutalités policières.

● A Shreveport (Louisiane), un policier brutalise une femme soupçonnée de conduite en état d'ivresse et "coupable" de téléphoner pendant que le flic lui récite "ses droits". Un peu plus tard, on retrouve la "délinquante" gisant dans une mare de sang.

● A Orlando (Floride), on arrête les gens qui distribuent de la nourriture aux nécessiteux.

● A Phoenix (Arizona), un sexagénaire est assailli par la police et jeté brutalement à terre. Lui aussi se retrouve dans une mare de sang - vidéo.

Etc. etc. etc...

Malgré les 75 ans de prison qui menacent les témoins dans certaines villes, on trouve des centaines, voire des milliers de vidéos de brutalités policières sur Internet. Dire qu'il s'agit de méthodes nazies est presque exagéré. Les nazis allemands n'hésitaient certes pas à brutaliser ou à tuer leurs adversaires politiques ou "raciaux" - communistes, juifs ou autres - mais ils ne s'en prenaient jamais au premier venu. Les nazis américains, eux, se défoulent sur n'importe qui et sur tout le monde...



Novembre 2011 - sit-in pacifique dans le pays le plus "démocratique" du monde :

Le lieutenant de police John Pike (ancien sergent des US Marines) en train de gazer
des étudiants sur le campus de l'Université de Californie à Davis (près de Sacramento).
Comme il se doit, l'université dispose de sa propre unité de police (UC Davis Police Department).

FEMA Concentration Camps : Locations and Executive Orders

Les 800 et quelque camps de concentration que la FEMA a mis en place ces dernières années un peu partout aux Etats-Unis, sont à présent pleinement opérationnels et prêts à recevoir leurs millions de prisonniers dès que la loi martiale aura été proclamée par le président (sur l'ordre de qui vous savez). Une série de décrets (executive orders) datant des années 1960 mais jamais appliqués, attendent d'être réactivés. Ils permettront au gouvernement (où à ce qui en tient lieu) de placer sous son contrôle direct et immédiat les moyens de transport publics et privés, les gares, les ports et les aéroports, les routes, les moyens d'information et de télécommunication (bye-bye Internet), les sources d'énergie, les ressources agricoles et alimentaires, les paiements bancaires, etc. etc... Il sera également possible d'imposer à la population un service du travail obligatoire (en France, sous Pétain, on appelait ça le STO) et de supprimer toutes les libertés publiques encore existantes.

Tout cela est censé garantir que les troubles seront tués dans l'œuf, ou du moins réduits à un minimum, lorsque l'effondrement économique et financier voulu et provoqué par les banksters de Wall Street frappera de plein fouet les USA et que la mafia israélophile qui dirige le pays et le monde aura transformé ses diverses guerres par procura-sion en nouvelle guerre mondiale.

Fin décembre 2011, Obama signe le National Defense Authorization Act (NDAA), une loi qui permet la détention illimitée de tout citoyen américain dans des centres de torture comme Guantánamo Bay. Un autre texte, l'Enemy Expatriation Act, permettra de priver tout Américain "gênant" de sa citoyenneté.


Avril 2013 : La démocratie américaine en lambeaux  par Barry Grey (wsws). Ou comment le pouvoir utilise le terrorisme qu'il a lui-même fabriqué (écrit après les attentats de Boston) :

"Un seuil historique a été franchi avec l'imposition de l'état de siège à Boston. Pour la toute première fois, ce qui équivaut à une loi martiale a été instauré dans une grande ville américaine. Le vernis déjà écaillé d'une démocratie stable fondée sur des principes constitutionnels est en lambeaux... Il n'existe pas de précédent pour la mobilisation massive de l'armée, de la police et des services de renseignement qui a été organisée le 19 avril à Boston et dans les environs et qui a visé plus d'un million de personnes..."

Qu'elle soit virtuelle ou réelle, la terreur dirigée est devenue un outil efficace pour imposer l'Etat policier.

Mai 2013 - DOJ : We don't need warrants for e-mail, Facebook chats - Selon des documents internes de l'administration Obama que l'ACLU (American Civil Liberties Union) a pu se procurer, le ministère de la "Justice" et le FBI n'ont plus besoin de mandat pour lire les courriels, les échanges Facebook, les messages Twitter et les fichiers privés.

Juin 2013 - L'administration Obama est en train de collecter les données téléphoniques de dizaines de millions d'Américains (wsws) - et peut-être même de centaines de millions. Elle le fait, de façon parfaitement illégale, sur une base quotidienne et permanente. Même chose pour l'Internet via Microsoft, Yahoo, Google, Facebook, Paltalk, AOL, Skype, YouTube, Apple... La sénatrice sioniste Dianne Feinstein défend et justifie cette campagne d'espionnage de masse pratiquée depuis plusieurs années.

Stellar Wind : le programme top-secret de surveillance de la NSA en comparaison duquel Echelon est un outil artisanal.

Grâce à Apple, la police peut désactiver vos portables lors des manifestations (pas seulement Apple).

Et dire qu'il existe encore des gens qui osent définir les Etats-Unis comme un pays "libre et démocratique"...


Mais attention, la réalité est pire encore que ce que suggère le petit frère de WikiLeaks. En 2013, la règle est de révéler un peu pour cacher beaucoup.


LA SITUATION AU CANADA

La proximité géographique des Etats-Unis et le "poids" démographique du Canada face à son voisin (30 millions d'habitants contre près de 300) sont des facteurs qui laissent peu de marge au gouvernement d'Ottawa. Mais de toute manière, personne n'a jamais mis en doute la docilité pro-américaine du Premier ministre Jean Chrétien.

Quelques mois après le 11 septembre 2001, le Parlement fédéral vote donc une loi "contre le terrorisme" (C-36) dont les effets liberticides sont assez semblables à ceux du PATRIOT Act. Compte tenu du fait que l'armée canadienne et l'espace aérien du Canada sont pratiquement sous le contrôle direct des USA, on imagine aisément l'état de dépendance dans lequel se trouve le pays. Plus tard, le gouvernement acceptera même que les services américains aient un accès direct aux données confidentielles (police, justice, affaires sociales, fisc, etc...) que les autorités canadiennes recueillent et stockent sur leurs ressortissants.

Même si les excès et les "bavures" sont relativement moins nombreux qu'aux Etats-Unis, l'hystérie est présente là aussi.. Ainsi par exemple, dès le 20 septembre, Mohamed Attiah, un ingénieur travaillant à la centrale nucléaire de Chalk River (Ontario), perd son emploi pour raisons de "sécurité". Il vit depuis 27 ans au Canada mais est d'origine égyptienne. Pour comble de malchance, son nom est presque identique à celui d'un des prétendus terroristes (Mohamed Atta).

Comme l'ingénieur canadien, beaucoup d'autres innocents font les frais du zèle islamophobe de l'après-11 septembre. Il suffit de s'appeler Ali ou d'être originaire du Moyen-Orient* pour être mis au ban de la communauté. Souvent, c'est le prétexte inespéré pour se débarrasser de gens gênants ou qui ont tout simplement le tort d'exister. Un peu comme aux USA, un racisme facile, "justifié", ménageant la bonne conscience, fait son apparition.

* Les Juifs venus d'Israël - inutile de le préciser - ne sont pas considérés comme "moyen-orientaux" mais comme "européens". Et si par exception, on les associe au Moyen-Orient - où s'ils le font eux-mêmes -, c'est pour des raisons de "folklore" et non de discrimination.

En juin 2002, Maher Arar, un ancien réfugié politique né en Syrie mais depuis longtemps établi au Canada et citoyen de ce pays, rentre chez lui après quelques semaines de vacances passées en Tunisie. A l'escale de New York, la police américaine l'arrête sans motif. Il passe neuf jours en prison, puis on l'expulse vers Damas, où il est incarcéré et torturé.

Les autorités canadiennes ne font rien pour Arar ; au contraire, elles communiquent à leurs collègues de Washington des renseignements défavorables sur le "suspect", ce qui va bien entendu "aggraver son cas". Après sa libération, dix mois plus tard, Arar porte plainte, mais il ne se passe rien. En janvier 2004, Juliet O'Neill, une journaliste d'Ottawa qui avait osé mettre en cause la conduite scandaleuse des autorités canadiennes, est victime d'une razzia de la GRC (la Gendarmerie Royale du Canada - l'équivalent du FBI) à son bureau et à son domicile. Elle risque une peine de 14 ans de prison en vertu de la nouvelle législation "antiterroriste".

Paul Martin, nouveau chef du gouvernement fédéral après le départ de Chrétien, a la réputation d'être plus pro-Bush que son prédécesseur et plus soucieux de manifester sa loyauté. Stephen Harper, successeur de Martin depuis janvier 2006, est pire encore.

En 2006-2007, au moins trois prisonniers (Mohammad Mahjoub, Mahmoud Jaballah et Hassan Almrei) sont détenus au Canada dans des conditions comparables à celles du camp de Guantánamo Bay. Ces emprisonnements illégaux de durée illimitée et sans jugement ont lieu en vertu de "certificats de sécurité" (sic) émis par le gouvernement fédéral (en France, sous l'Ancien Régime, on parlait de "lettres de cachet"). Le goulag canadien se trouve dans l'enceinte du pénitencier de Millhaven à Bath, près de Kingston (Ontario). Détails.

Octobre 2007 : le Canada interdit l'entrée de son territoire aux militants antiguerre des Etats-Unis - détails.  A peu près au même moment, à l'aéroport de Vancouver, la police assassine un voyageur au taser (décharge électrique de 50.000 volts). Ce meurtre délibéré, baptisé "incident", ne sera rendu public qu'avec un mois de retard. Sans la présence d'esprit d'un voyageur, qui a réussi à filmer la scène, personne n'aurait été informé. Les tueurs en uniforme, après avoir confisqué la vidéo du témoin, ont été contraints de la lui restituer. C'est le 18ème assassinat policier au taser depuis 2003, année où ces armes soi-disant "non-létales" ont été introduites au Canada. Aux Etats-Unis, les flics ont déjà tué 280 personnes de cette manière depuis 2001 (un mort par semaine).



EN FRANCE

La France n'étant plus depuis belle lurette un Etat souverain, l'alignement inconditionnel et immédiat sur les Etats-Unis coulait de source. C'est chose faite depuis qu'un crétin de la presse aux ordres a décrété que nous étions "tous des Américains".

Le gouvernement et les partis de la cohabitation se sont empressés d'instituer l'union sacrée et de promulger une loi sur la prétendue sécurité quotidienne. Cette "LSQ" permet les contrôles discriminatoires de "suspects" en raison de leur origine ou de leur religion supposée, la surveillance accrue de tous les citoyens et de leurs communications électroniques, le renforcement arbitraire des prérogatives policières.

Bien entendu, les mesures liberticides prises au nom de la "lutte contre le terrorisme" étaient prêtes depuis longtemps. Il ne manquait que le prétexte permettant de les mettre en oeuvre; le 11 septembre l'a fourni.

Il va de soi que le tout s'effectue sous couvert d'intégration européenne. La France sacrifie ainsi un peu plus ce qui lui restait d'autonomie. Et on nous annonce avec fierté qu'un juge allemand ou espagnol pourra bientôt purement et simplement faire arrêter un citoyen français, en France, par la police française. Il est vrai que la valeur de la citoyenneté est toute relative lorsqu'un ressortissant de ce pays, au lieu de jouir de la protection des autorités face à l'arbitraire étranger, a au contraire tout à craindre d'elles (voir l'affaire Moussaoui).

Mais la société française n'a pas encore atteint le degré d'infantilisme et de débilité de la société américaine. L'après-11 septembre a donc produit ici moins d'excès qu'outre-Atlantique.

C'est surtout là où la résistance est la plus faible que les larbins du pro-américanisme se sont faits la main: dans les écoles. Dès le 14 septembre, ils ont imposé à des enfants sans défense les trois minutes de silence décrétées en haut lieu - sans discussion, sans débat, sans choix.   Des professeurs ont été sanctionnés pour avoir refusé de jouer le jeu de l'embrigadement et du bourrage de crâne. A Avallon, des lycéens qui avaient osé griffonner sur les murs de leur établissement "Trois minutes de silence pour les Américains alors qu'on n'a rien fait pour les Palestiniens", ont vu les gendarmes rappliquer sur les lieux après que le proviseur les ait alertés.

En 2002, le nouveau gouvernement de droite, qui ne veut pas être en reste, renforce le code pénal : les terroristes qui resquillent dans le métro, mendient, encombrent les cages d'escalier des HLM et sèchent les cours, n'ont qu'à bien se tenir.

Et début 2003, c'est la LEN (Loi sur l'économie numérique) qui promet une restriction des libertés liées à l'usage d'Internet.

Suivent deux ans de "piétinement". Mais en juin 2005, l'espoir renaît chez les partisans du totalitarisme à la française. Profitant de l'échec chiraquien au référendum européen, Nicolas Sarkozy est de retour au gouvernement, en tant que ministre d'Etat-ministre de l'Intérieur, l'homme qui sait tout, voit tout, entend tout - le plus grand petit flic (ou le plus petit grand flic) que la France ait jamais connu. Sarko, pour qui police et politique ne sont pas seulement des mots de même racine mais de véritables synonymes, prend aussitôt les "mesures qui s'imposent". Quand il ne se consacre pas au nettoyage haute pression des banlieues récalcitrantes, celui que ses fans appellent amicalement Sarkonazy réalise en France les idées d'avant-garde de son modèle allemand Otto Schily (voir plus bas). Dès septembre 2005, un an avant tout le monde, il impose à ses compatriotes le passeport biométrique avec photo numérisée. Et quand les syndicats s'opposent à la liquidation d'une entreprise, comme dans le cas de la SNCM, ses instruments préférés de "dialogue social" sont le GIGN et les CRS. Vivement qu'il devienne président...


" Nous sommes bien équipés pour détecter les terroristes... "


En octobre-novembre 2005, Sarkozy-la-racaille, pour utiliser un terme que privilégie ce ministre "issu de l'immigration" (encore une expression qu'il affectionne), Sarkozy fait de la France un Etat encore un peu plus autoritaire. Profitant d'émeutes nocturnes spontanées au départ mais bien vite coordonnées et organisées de l'extérieur, le flic numéro un fait remettre en vigueur des ordonnances racistes qui n'avaient plus été appliquées depuis l'époque de la guerre d'Algérie : état d'urgence, couvre-feu imposé à une partie de la population, "justice" expéditive, recrudescence de la répression, etc...

Face à ce facho auprès de qui Le Pen passe déjà pour un enfant de choeur, le pantin qui exerce les fonctions de Premier ministre, l'homme du peuple Dominique Marie François René de Galouzeau de Villepin de Matignon, essaie tant bien que mal de faire bonne figure. Il prend une mesure révolutionnaire qui constitue, elle aussi, un retour aux années 50 : l'école ne sera plus obligatoire pour les plus de quatorze ans. Si Dominique etc. de Villepin gagne l'élection en 2007, il va falloir rouvrir les mines de charbon pour y envoyer les mômes de huit ans - pour les adultes, il y aura l'ANPE, à moins qu'elle ne soit "réformée" entre-temps. (Pour les jeunes diplômés, il y aura les CPE - contrats de précarité extrême.  Pourquoi ne pas carrément supprimer les contrats de travail et les conventions collectives ? Sous l'Ancien Régime - ce bon vieux temps où les Sang-bleu de Galouzeau de Villepin de Médeu dominaient la France - personne ne s'encombrait de ces choses-là...  A propos : existe-t-il encore une guillotine en état de marche ?...)

En octobre 2006, plus de 40 bagagistes de l'aéroport de Roissy sont licenciés. Motif : ils sont de religion musulmane. Soixante-cinq ans plus tôt, les sarkonazys faisaient la chasse aux "israélites". Aujourd'hui, ils s'en prennent aux "islamistes". Les Juifs, eux, n'ont plus rien à craindre - au contraire. Non seulement leurs organisations dites "représentatives" dominent la société, mais elles sont à l'origine de la vague de racisme sioniste qui déferle sur le pays.

Ce qui attend la France après l'élection de Sarkozy en mai 2007 : Asservissement à grande échelle - Fichage généralisé.

En mai 2009, la France sarkozyenne adopte, avec deux ans de retard, le système allemand d'espionnage en ligne (voir plus bas). Mais là, on ne fait pas semblant de tester des procédés inefficaces. La loi dit carrément que les flics pourront entrer chez vous à votre insu pour poser un mouchard sur votre ordinateur - détails.

Loi Hadopi : arbitraire, censure, flicage, protection de la mafia musicale, porte ouverte à tous les abus futurs. Voulue par Bruxelles, cette loi scélérate s'inscrit dans un processus dictatorial qui prétend lutter contre les fraudeurs, les criminels, les pédophiles, les extrémistes et les terroristes, alors que ce sont précisément ces gens-là qui contrôlent l'appareil d'Etat.

Mars 2011 : La LOPPSI 2, un Patriot Act français  par Jean-Claude Paye.


Nous sommes bien assez surveillés comme ça, inutile de leur faciliter la tâche...

Décembre 2012 : La DCRI aime Facebook (et Copains d'avant)

Une barbouze explique aux futures zélites de la France :  "Avant les réseaux sociaux, on devait faire des planques. Avec Facebook, on gagne du temps et on n'a plus besoin de sortir. Sur vos pages Facebook et sur Twitter, vous donnez vos goûts et vos opinions. C'est grâce à ça qu'on se fait une idée de la psychologie de la personne...  On a des pros qui peuvent ouvrir toutes les portes  : c'est vraiment comme dans les films..."

Sur les smartphones : "Ils ont des applications de traduction. Gratuites. Pourquoi ? Pour généraliser l'installation de l'application. Pour récolter de grandes masses de données. Quand on utilise Google Traduction pour traduire une documentation technique, ça envoie les données sur un serveur américain...  Gmail, Google Traduction, Twitter, Facebook, LinkedIn : c'est vraiment un système qui a été développé pour nous coincer. Ces entreprises américaines ont toutes In-Q-Tel, le fonds d'investissement de la CIA, dans leur capital..."
[Il oublie de mentionner le Mossad - ce n'est pas pour rien que FessesBouc appartient en grande partie au milliardaire juif Zuckerberg.]


Mai 2013 - Comment la France va vous mettre sur écoute dès cet été : "Conversations téléphoniques, SMS, MMS, Internet... Dès cet été, l'ensemble des communications passera par les grandes oreilles de l'Etat..."  De toute façon, le téléphone portable est déjà depuis plusieurs années l'outil idéal de Big Brother.




EN ALLEMAGNE

L'affaire Tariq Ali :

Le 29 octobre 2001, Tariq Ali, écrivain et scénariste britannique d'origine pakistanaise, est retenu à l'aéroport de Munich, alors qu'il s'apprête à prendre l'avion pour Londres. Sans autre motif que sa physionomie, les policiers le soumettent à une fouille et découvrent dans ses bagages un livre qui confirme leurs "soupçons": Peuchet: Du Suicide, par Karl Marx. On imagine l'effet produit sur un cerveau de flic par la conjonction: teint basané + Marx + avion + suicide.

Il faut dire que Tariq Ali était venu à Munich pour y tenir une conférence, donner des interviews et signer ses ouvrages. Le livre incriminé lui avait été offert par son éditeur munichois et était encore sous cellophane. Pour ce qui est du contenu, il s'agit d'un commentaire critique de Marx sur un écrit de Jacques Peuchet, archiviste de la Préfecture de Police sous la Restauration.

Circonstance aggravante, on trouve sur Tariq Ali un très subversif exemplaire du dernier supplément littéraire du Times, contenant des critiques de livres annotées à la main par le suspect. Celui-ci est appréhendé et conduit au poste de police. On lui fait remarquer qu'il n'est plus de mise, depuis le 11 septembre, de se promener avec de pareils livres. Tariq Ali rétorque que le livre en question a été imprimé en Allemagne, mais qu'on devrait peut-être l'interdire ou, mieux encore, le brûler en public. Le pandore de service ne semble pas saisir l'allusion.

Au bout de quelque temps, voyant qu'il va rater son avion, Tariq Ali demande à téléphoner.
- A qui ?   lui demande-t-on.
- Au maire de Munich, M. Christian Ude. J'ai eu un entretien avec lui vendredi dernier au sujet de mes livres et de la crise actuelle. Je voudrais le mettre au courant de ce qui se passe ici...

Quelques minutes plus tard, sans un mot d'explication ni d'excuse, un fonctionnaire de police reconduit l'écrivain jusqu'à son avion, qui est sur le point de décoller.

Tariq Ali a la chance d'être une personnalité connue - pas partout, il est vrai. Mais combien d'Alis anonymes, depuis le 11 septembre, ont-ils subi des tracasseries similaires ou plus graves encore, sans que l'opinion publique l'apprenne ?


Minutie et tradition :

Le ministre de l'Intérieur Otto Schily, ex-défenseur et ex-sympathisant de la Bande à Baader et de la RAF, a depuis longtemps retourné sa veste. Comme Vidocq, il s'estime particulièrement bien placé pour faire la chasse aux "malfaiteurs". Il est donc un des plus farouches partisans de la "lutte contre le terrorisme". Sa dernière trouvaille en octobre 2001 : faire figurer à l'avenir sur les cartes d'identité la religion et les données anthropométriques des titulaires. Schily menace de poursuites ceux qui prétendent qu'il s'est inspiré des nazis, qui avaient été les premiers à utiliser ces méthodes. Il est vrai que Hitler ne disposait pas d'ordinateurs...   Peu importe, sachant que les "réformes" de ce genre sont généralement réalisées au niveau européen, il est probable que la France n'y coupera pas. [Fin 2004, il ne fait plus guère de doute que les futurs passeports des pays de l'UE comporteront les empreintes digitales et les données biométriques des titulaires. Washington l'exige, l'Europe s'exécute. A partir de septembre 2005, ce sera chose faite en France.]

Schily est d'ailleurs un personnage extrêmement ambigu. Fin 2001, il a fait échouer une procédure d'interdiction du parti néo-nazi NPD, en présentant - intentionnellement - un dossier intenable, truffé de "témoignages" d'agents secrets infiltrés. Les agents en question y dénoncent des actions illégales qu'ils ont eux-mêmes provoquées, organisées et exécutées. En fait, l'infiltration et le double jeu ont pris une telle ampleur, qu'on se demande si ce n'est pas plutôt le NPD qui contrôle les services secrets du "Verfassungsschutz". L'avocat et maître à penser des fascistes du parti d'extrême droite est un certain Horst Mahler, ex-RAF lui aussi, dont Schily a été le défenseur et ami. Une main lave l'autre, disent les Allemands.*

Le cas Schily n'a pas de rapport direct avec le 11 septembre, mais il symbolise une mentalité très en vogue depuis cette date. Il dévoile sans doute aussi ce que seront la "justice" et la "sécurité" européennes dans les années à venir. La fascisation rampante de la société est plus subtile qu'il n'y paraît au premier abord.

* La seule chose qui trouble l'idylle Schily-NPD, c'est l'adhésion aux "valeurs" du siècle naissant. Alors que le ministre prône la soumission inconditionnelle au diktat de l'ordre nouveau, le NPD dénonce les crimes de guerre anglo-américains, par exemple ceux commis en février 1945 lors du bombardement de Dresde (130.000 civils massacrés au phosphore en une seule nuit). Soixante ans après, le sujet est encore tabou en Allemagne ; puisque les nazis ont déclenché la guerre, c'est eux et eux seuls qui sont responsables de tous les morts. Quand un député NPD de la diète régionale de Saxe ose parler de "l'holocauste de Dresde", le scandale est parfait. Israël, en tant que dépositaire du copyright sur ce mot, proteste en exigeant des excuses et des sanctions. Le ministre de l'Intérieur obtempère aussitôt.

Schily est également partisan de la mise en place de "camps de réfugiés" en Afrique du Nord, camps destinés à "accueillir" les "illégaux" et autres sans-papiers africains refoulés d'Europe - un projet que l'ensemble de la droite, NPD compris, ne peut qu'approuver. Seul problème, pour le moment : la réalisation (où construire ces camps ? où recruter le personnel de surveillance ?)

En août 2005, dans la foulée des attentats terroristes de Londres, Schily préconise l'arrestation "préventive" de tous les "individus dangereux", même en l'absence de tout soupçon concret. Ce n'est certainement pas le NPD qui dirait non à une telle mesure.


Notons que si le fasciste encravaté Otto Schily ne fait pas trop parler de lui en dehors de son pays, il est en revanche une précieuse source d'inspiration pour beaucoup de ses homologues européens, en particulier pour un certain Flicus Minus français qui rêve depuis toujours de le surpasser (voir plus haut).

Fin 2005, après que Schilly ait pris sa retraite, on apprend qu'il a très activement aidé ses amis américains de la CIA dans leurs opérations criminelles, notamment dans l'affaire de kidnapping et de torture du citoyen allemand Khaled Al-Masri, enlevé deux ans plus tôt et jeté dans un camp de concentration américain en Afghanistan.


Plus royalistes que le roi :

Churchill disait un jour à propos des Allemands : "Quand ils ne vous sautent pas à la gorge, ils se jettent à vos pieds pour vous lécher les bottes." En février 2003, c'est la servilité absolue qui prévaut. Un tribunal de Hambourg condamne Mounir Al-Motassadeq, un Marocain de 28 ans, à 15 ans de prison ferme (le maximum) pour "complicité dans les attentats du 11 septembre".

Personne ne sait exactement qui a perpétré les attentats, qui sont probablement le fait des services secrets américains. Personne n'a jamais rien prouvé en la matière et aucun tribunal américain n'a encore condamné quiconque en relation directe avec ces événements. Mais le juge "indépendant" de la très "indépendante" cour allemande sait, lui, que le Marocain est "complice". Bravo... Il y a deux siècles, les juges de son espèce condamnaient les gens pour "complicité de sorcellerie".

[En avril 2004, la Cour d'Etat ordonne la libération conditionnelle de Motassadeq, aucune preuve concrète n'ayant été présentée pour étayer sa prétendue culpabilité, et pour cause. Mais l'accusé n'est ni véritablement libre, ni acquitté. Quatre mois plus tard, on fait à Motassadeq un nouveau procès. En août 2005, il est condamné à sept ans de prison. Après révision, début 2007, la peine initiale de 15 ans est confirmée.]


Vive la torture dans le cadre de l'Etat de droit :

En 2002, à l'occasion de l'enlèvement d'un enfant de onze ans, la police arrête un suspect et menace de le torturer afin de lui faire avouer où se trouve la victime. Il s'agit de sauver la vie de l'enfant. La menace porte ses fruits sans qu'il soit nécessaire de la mettre à exécution : le coupable révèle la cachette. Malheureusement, il est trop tard, le petit est déjà mort.

Quelques mois plus tard, début 2003, lorsque les circonstances de l'enquête sont connues, une discussion s'instaure à propos de "l'utilisation directe de la contrainte physique". Comme dans n'importe quel autre pays "démocratique", les brutalités policières sont assez courantes en Allemagne. Ce qui distingue sans doute ce pays des autres, c'est que tout ce qui s'y passe doit être "correct" et conforme à la légalité, s'appuyer sur un texte de loi précis. Si la loi correspondante n'existe pas, on en crée une nouvelle. Si la loi existante exige le contraire, on la change. Dans ce domaine, depuis 1949, on n'a cessé d'adapter la théorie à la pratique.

Un juge, président de l'Union syndicale de la magistrature, déclare donc maintenant que "la torture devrait être légitime lorsqu'elle a pour but de protéger un bien juridique de valeur supérieure". Un professeur de droit de Heidelberg invoque les "cas de force majeure nécessitant de repenser les interdits". Pour certains hommes politiques, plus simplement, "tout devient secondaire quand il s'agit de sauver des vies humaines" - les gens qui disent cela sont aussi ceux qui approuvent les bombardements contre les populations civiles en Afghanistan, en Yougoslavie ou en Irak...  Les plus "humains" d'entre eux sont d'accord pour la torture, mais "seulement sous contrôle médical".  Le Dr Mengele est mort, c'est bien dommage, mais il ne sera sans doute pas difficile de lui trouver des remplaçants. Un sondage effectué "à chaud" indique en effet que deux personnes sur trois ne condamnent pas l'usage de la torture "dans les cas extrêmes". Il est probable que le résultat n'aurait pas été très différent si le sondage avait porté sur la peine de mort ou sur la castration des coupables.

Juristes et politiciens s'efforcent donc d'obtenir la légalisation a posteriori de méthodes illégales qui pourront s'avérer très utiles bien au-delà des crimes de droit commun : dans les affaires de "terrorisme", par exemple. Les tortionnaires pourront alors dormir la conscience en paix, puisque leurs actes seront couverts par la loi et qu'ils auront la certitude d'avoir agi pour le bien public.

On n'en est pas encore là, mais à la vitesse où le monde court à la barbarie, la chose ne saurait tarder. Aux Etats-Unis ou en France, où personne ne fait tant de simagrées à propos d'un texte juridique, la pratique est courante. Mais nulle part, sauf en Israël, l'usage "légal" de la torture n'est encore expressément prévu et autorisé.* L'Allemagne, sous l'égide du sinistre Schily, pourrait innover en la matière.

A une époque où la guerre d'agression et de rapine est devenue "légitime" et "légale" au plus haut niveau, on se demande pourquoi il n'en serait pas de même de la torture. Le rétablissement de l'esclavage viendra plus tard...

* En Israël, cela s'appelle "moderate physical pressure". En mai 2004, à l'occasion du scandale d'Abou-Ghraïb, un certain Michael Wolffsohn, qui se dit "historien" et enseigne à l'"Université" militaire de la Bundeswehr, relance le débat en déclarant : "Je considère que la torture ou la menace d'utilisation de la torture sont des moyens légitimes dans la lutte contre le terrorisme." Wolffsohn est un enragé sioniste qui soutient à fond la politique israélienne. La dégradation de la situation internationale lui permet maintenant de réclamer à haute voix ce qu'il approuvait secrètement jusqu'ici.

Mobilisation orwellienne pour rendre la torture acceptable - un article du Réseau Voltaire.


Légalisation du terrorisme d'Etat :

Fin janvier 2004, le Bundestag allemand discute un projet de loi sur la "sécurité" aérienne. Le texte prévoit notamment que l'armée de l'air sera autorisée à abattre tout avion civil dont on pourrait supposer qu'il est sur le point d'être utilisé pour effectuer une "attaque terroriste". Principal promoteur et défenseur de cette loi : encore une fois, le fasciste "social-démocrate" Otto Schily. Malheureusement pour lui, la Cour constitutionnelle fédérale invalide le texte, le jugeant contraire à la Loi fondamentale allemande.

Quelque temps plus tard, début janvier 2007, le successeur de Schily (le fasciste "chrétien-démocrate" Wolfgang Schäuble) tente à son tour de faire passer la license to kill des adeptes du terrorisme d'Etat. S'il le faut, il fera modifier la constitution - en Allemagne, les pires monstruosités restent toujours dans le cadre du "strictement légal".

Schäuble importe les méthodes de la CIA et de la Gestapo (Réseau Voltaire)

Septembre 2007 : le ministre de la "Défense" Franz Josef Jung (fasciste "chrétien-démocrate") annonce qu'il ne tiendra pas compte de l'interdiction prononcée par la Cour constitutionnelle et donnera l'ordre aux pilotes de chasse d'abattre tout avion civil jugé "dangereux". L'association des pilotes de la Bundeswehr rappelle à ses membres qu'ils doivent refuser d'obéir lorsque les ordres donnés sont illégaux. (Si la Constitution était modifiée pour légaliser l'assassinat de civils, il n'y aurait plus aucun problème.)


Pensée unique et racisme institutionnel :

En 2006, il est encore très difficile pour un étranger d'obtenir la nationalité allemande, même s'il vit depuis des décennies dans le pays, même s'il y est né. Si le candidat à la naturalisation est musulman, la situation est pire encore. Dans le land de Bade-Wurtemberg (Stuttgart), les autorités lui font remplir un questionnaire dans lequel il doit confirmer, entre autre :

  • qu'il approuve le système politique en vigueur ainsi que les "valeurs" de la Constitution allemande et de l'Union européenne ;
  • qu'il accepte la version officielle du 11 septembre et condamne quiconque oserait insinuer que "les Juifs" y sont mêlés ;
  • qu'il ne verrait pas d'inconvénient à ce que son fils soit homosexuel ;
  • qu'il voit d'un bon oeil le fait que des politiciens connus soient homosexuels ;
  • qu'il accepterait de se faire examiner ou soigner par un médecin de l'autre sexe, et qu'il accepterait la même chose pour sa femme ou sa fille ;
  • qu'il approuve "l'égalité des sexes" telle qu'elle existe en Allemagne ;
  • qu'il n'hésiterait pas à signaler à la police tous préparatifs en vue d'un attentat terroriste dont il pourrait avoir connaissance.

Comme le questionnaire a été établi en Allemagne, il va de soi que les réponses doivent être "correctes" et "correspondre à la conviction intime de l'intéressé", faute de quoi celui-ci risque de se voir refuser la nationalité ou d'en être déchu, si la "vérité" éclate ultérieurement (même s'il doit pour cela se retrouver apatride).

Ces questions ne sont posées qu'aux musulmans. Un chrétien - et à plus forte raison un juif - n'a rien à craindre de ce côté-là. Un athée, lui, ne sera sans doute même pas autorisé à déposer une demande - surtout pas dans une des régions ultra-cléricales du sud du pays.


Surveillance en ligne :

Le rêve de Wolfgang Schäuble, ministre de l'Intérieur depuis 2005, c'est de tout savoir sur tout le monde. Lire le courrier des gens et écouter leurs communications téléphoniques ne lui suffit plus. En 2007, il veut mettre sous surveillance tous les ordinateurs du pays. Pour cela, il s'efforce de faire passer une loi qui permettra aux autorités de placer un "cheval de Troie" sur n'importe quel disque dur à l'insu de l'utilisateur.

Comment va-t-on s'y prendre ? Selon la version officielle, on adopterait le procédé utilisé par la mafia informatique, à savoir l'envoi de pourriels infectés qui installent automatiquement un virus lorsque le destinataire clique sur la pièce jointe. Le seul problème, c'est que la méfiance des internautes et l'existence d'outils de défense plus ou moins efficaces (à commencer par le remplacement des produits Microsoft par des logiciels plus sécurisés) rend l'entreprise très aléatoire. On ne voit pas comment Schäuble pourrait parvenir à ses fins, à moins d'obliger chaque fournisseur d'accès à espionner ses abonnés lorsqu'ils sont en ligne.

Indépendamment de l'inefficacité de la méthode et du fait qu'elle est déjà partiellement en usage (les flics demandent-ils la permission chaque fois qu'ils entrent quelque part par effraction ?), on veut avant tout ouvrir une porte vers le futur. Si la loi passe sans que les citoyens se rebiffent (il est peu probable qu'ils le fassent), on pourra ensuite tout se permettre (tout ce que permettra l'innovation technologique). D'ailleurs, pour donner un coup de pouce à son projet, qui fait pâlir de jalousie les vétérans de l'ex-Stasi est-allemande, Schäuble met en scène, début septembre 2007, un "complot islamiste déjoué". Déjoué, précisément, grâce à la surveillance en ligne de la correspondance des terroristes. Autrement dit : permettez-moi de faire ce que je fais déjà.




CONCLUSION ?

Les exemples états-uniens, canadiens, français et allemands ne sont que des exemples (partiels et incomplets). En fait, depuis le 11 septembre 2001, pratiquement aucun pays n'est exempt d'hystérie "sécuritaire". Le glissement progressif vers la dictature universelle sous contrôle américain semble inéluctable. Et lorsque la clique de Washington exige de ses vassaux (européens et autres) qu'ils lui transmettent des données confidentielles concernant leurs citoyens (par exemple dans le domaine de la justice, des transports aériens ou des transferts bancaires internationaux), les vassaux s'exécutent aussitôt :  Les populations sous surveillance par Silvia Cattori (février 2008).

Cinq ans plus tard, les vassaux n'ont même plus besoin d'être actifs. Washington se sert lui-même. Soit parce que les Etats européens lui permettent l'accès incontrôlé à leurs données, soit parce que Big Brother-Oncle Sam se passe de leur permission.

En juillet 2013, un article du Monde portant sur le rôle des services français, confirme que "la DGSE collecte et stocke l'ensemble des mails, SMS, relevés d'appels téléphoniques, accès à Facebook, Twitter, etc..."  Les services allemands, canadiens, britanniques, etc... ne sont pas moins zélés. Les seules limites imposées à cet espionnage systématique de la population sont de nature technique, et elles reculent toujours plus chaque jour.

Si les Etats dits démocratiques ne respectent pas leurs propres lois en matière de surveillance, on imagine ce qui nous attend au niveau des libertés publiques...



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