OPÉRATION LANCE DOPESTRONG





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OPÉRATION LANCE DOPESTRONG


- MAIN BASSE SUR LE TOUR DE FRANCE -




Qui est Armstrong ?    Quelques citations du grand texanopithèque
A qui appartient le Tour de France ?    Money, money
Ce que dit Pierre Ballester    Le club des amis d'Armstrong

Arm$trong et le bu$ine$$    Astana    RadioShack    Epilogue provisoire

Globaliser le Tour de France comme tout le reste

Si même les Américains le disent...

2010 : Lance Dopestrong sera-t-il sanctionné aux Etats-Unis ?    Interview de Greg LeMond

2011 : Ce n'est pas parce qu'il a abandonné la compétition que Lance Dopestrong ne fait plus parler de lui

Bonus 2012
Ainsi se termine un des plus sordides chapitres de l'histoire du sport    Les rats quittent le navire

2013 - Sauver les meubles    Plaintes en série ?

Et si Lance Dopestrong avait "organisé" sa maladie ?...





Qui est Armstrong ?

Lance Armstrong est né en 1971 à Plano, près de Dallas (Texas). Abandonné par son père biologique à l'âge de deux ans et brutalisé par son beau-père, L.A. se réfugie dans le sport (d'abord triathlon, puis uniquement cyclisme). Adulte, il va s'installer à Austin, toujours au Texas, mais un peu plus au sud.  (Si les Américains sont nombreux à remercier Dieu de les avoir fait naître dans le plus beau pays du monde, on sait que les Texans, eux, remercient également le Seigneur de leur avoir donné le plus bel Etat de tous les USA.)

Armstrong débute sa carrière professionnelle en 1992, gagne une étape du Tour de France l'année suivante, puis une autre en 1995. Jusque là, rien d'extraordinaire. En 1996, on constate qu'il est atteint d'un cancer, mais un traitement adéquat, faisant probablement intervenir l'hormone EPO (érythropoïétine), lui permet de surmonter la maladie en quelques mois.

Après sa guérison*, Armstrong reprend la compétition. En 1998, il signe un contrat avec l'équipe US Postal, remporte le Tour du Luxembourg et termine quatrième au Tour d'Espagne. Grâce à son "suivi médical", c'est subitement la grande forme - rien de comparable avec la période d'avant 1996. Son directeur sportif est Johan Bruyneel, le même qu'en 2009.

* Plus tard, certains émettront des doutes quant à la réalité de cette maladie - voir plus bas.

De 1999 à 2005, Lance Armstrong (entre-temps plutôt Dopestrong ou EPO-Lance) gagne sept fois de suite le Tour de France, l'épreuve cycliste la plus difficile de toutes. Après le Tour du scandale de 1998, où tous les coureurs sont traités comme des criminels, on passe un peu à l'autre extrême - et même beaucoup en ce qui concerne le Texan. En 1999, il est contrôlé positif aux corticoïdes, mais la présentation d'un certificat médical a posteriori lui permet d'échapper aux sanctions. Motif : il s'agissait paraît-il d'une pommade dermatologique autorisée sur prescription médicale. A partir de là, grâce à ses bonnes relations avec l'Union Cycliste Internationale (UCI), Armstrong n'a plus rien à craindre. Livestrong, sa fondation "caritative" de "lutte contre le cancer", chargée en principe de lever des fonds pour la recherche médicale et le soutien aux malades, se montre très généreuse vis-à-vis de l'UCI (et/ou de ses dirigeants, notamment le Hollandais Hein Verbruggen, président de 1991 à 2005).


Des années plus tard, c'est officiel :

Seulement 125.000 dollars ?...  Et entre 2002 et 2005 ?...
Et avant 2002 ?...  Et après 2005 ?...
(voir plus bas l'interview de Greg LeMond de juillet 2010)

Toujours en 1999, Armstrong fait écarter son coéquipier Christophe Bassons, à qui il reproche ses prises de position antidopage : "S'il pense que le cyclisme fonctionne comme cela [sans dopage], il se trompe. Il vaut mieux qu'il rentre chez lui." C'est le comble...  L'année suivante, France 2 diffuse un reportage dans lequel on voit des employés de l'équipe US Postal jeter dans une poubelle des seringues et des boîtes de médicaments. Conséquences ?  Néant...

En 2001, le Texan avoue qu'il consulte régulièrement le Dr Michele Ferrari depuis 1995. Entre-temps, Ferrari a été condamné pour fraude sportive et exercice abusif de la profession de pharmacien. Conséquences pour Armstrong ?  Néant...

Chaque fois qu'une nouvelle accusation de dopage est portée contre le coureur, la grande presse se tait ou fait preuve de complaisance. L'enquête, quand elle a lieu, est rapidement abandonnée (pour cause de prescription ou pour tout autre motif oiseux). Parfois, quand c'est un employé d'Armstrong qui révèle le scandale (comme Mike Anderson en 2005, après la découverte d'une boîte de stéroïdes), on le licencie sans ménagement ou on achète son silence.

Comme l'UCI est la seule autorité habilitée à sanctionner un cycliste dopé et que ses dirigeants couvrent le tricheur, Armstrong peut continuer de "gagner", tandis que d'autres coureurs ne disposant pas de ces relations sont sacrifiés.

Après le Tour 2005, le "septuple vainqueur" prend sa "retraite". Le journal L'Equipe, qui a toujours soutenu Armstrong tant qu'il courait, révèle que six échantillons d'urine du Texan datant du Tour 1999 contenaient de l'EPO*. Bien sûr, il est "trop tard" pour faire quoi que ce soit. Conséquences pour Armstrong ?  Néant...

* Comme le signale Julien Duby (veloptimum.net) début 2009 : "Peu après l'annonce de son retour à la compétition, l'Américain, qui prétend toujours ne s'être jamais dopé, a reçu une proposition de Pierre Bordry, le président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Ce dernier lui proposait de réanalyser ses échantillons d'urine du Tour 1999 pour, enfin, pouvoir le laver de tous soupçons. Armstrong a refusé."

Si l'UCI avait réagi à la fraude dès 1999, le tricheur aurait perdu son titre et on n'aurait plus jamais entendu parler de lui. Le numéro un officiel de tous les temps serait resté Eddy Merckx* (que tout le monde considère d'ailleurs comme le numéro un effectif). Mais voilà, l'UCI veillait.  Au pays des ripoux, Dopestrong est roi...

* Vainqueur - honnête - du Tour de France 1969, 1970, 1971, 1972 et 1974 et de la plupart des grandes courses cyclistes de cette époque. En seconde position après Merckx, on trouve Bernard Hinault (Tour de France 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985), Miguel Indurain (1991 à 1995) et Jacques Anquetil (Tour 1957, 1961, 1962, 1963 et 1964). La vraie place de L.A. n'est pas au-dessus de ces quatre hommes, mais dans la poubelle à seringues de l'US Postal (ou de Discovery Channel ou d'Astana ou de RadioShack - ses équipes de 2005, 2009 et 2010).

En mars 2009, pendant l'entraînement en France, Armstrong essaie de se soustraire à un contrôle de l'AFLD. Avant toute chose, il prend contact avec l'UCI pour s'assurer que le contrôleur est bien "autorisé" à faire son travail et, surtout, qu'il ne s'agit pas d'un Français (sic). Après que le responsable (ou irresponsable) de l'UCI ait convaincu le dopeur qu'il ne court aucun risque, L.A. s'exécute. Pour être absolument à l'abri, le Texan devrait peut-être essayer de racheter l'AFLD, conme il essaie de racheter le Tour de France - voir plus bas.

On lit parfois dans les forums de discussion qu'il est "injuste" d'attaquer Lance Armstrong, puisque de toute façon "tous les coureurs" se dopent. En fait, le problème n'est pas là. Ce qui est vraiment injuste, c'est qu'Armstrong puisse se doper en toute impunité, alors que tous ses concurrents sont sanctionnés quand ils le font. Comme a dit quelqu'un : "Amstrong a toujours une longueur d'avance... sur les contrôles."


Sur le plan humain, L.A. est sans conteste le pire coureur cycliste, voire même le pire sportif de tous les temps. Il est arrogant, autoritaire et hautement antipathique. Bourré de complexes et agressif, il a réussi à se faire détester par beaucoup, qu'il s'agisse du public, des journalistes libres* ou parfois même de ses propres coéquipiers. Son esprit d'équipe est d'ailleurs à sens unique : tous pour moi et moi pour moi. On l'a vu encore le 6 juillet 2009 (étape Marseille-La Grande-Motte), lorsqu'Armstrong a intrigué contre son "leader" Alberto Contador pour mieux prendre sa place à la tête de l'équipe Astana.

* Les innombrables journalistes assermentés, eux, l'ont toujours soutenu, ils le soutiennent encore en 2010. Ces champions du lèche-culisme ne cesseront de couvrir le septuple tricheur que le jour où leur patron leur en donnera l'ordre. Pas sûr que cela arrive un jour. [C'est quand même arrivé en 2012-2013 - voir plus bas.]

Armstrong n'a dans son équipe ni collègues ni camarades, mais seulement des esclaves qui travaillent pour lui. Jamais il n'aidera un coéquipier, jamais il ne le laissera gagner une étape. Il faut absolument qu'il soit sur le podium pour que l'argent continue de couler à flots dans les caisses de sa fondation. Aux Etats-Unis, des millions de gens qui ne savent rien du Tour de France et qui s'en foutent d'ailleurs comme de leur première arme à feu, sont disposés à donner leurs dollars à L.A., mais seulement s'ils lisent dans le journal qu'il est le meilleur et qu'il a une fois de plus niqué tous les "Frogs" (ces mangeurs de grenouilles qui voulaient empêcher George Bush de faire la guerre en Irak).  Comme tout bon Américain, comme tout bon Texan, Lance Armstrong ne supporte pas l'idée de ne pas être le Number One. Il n'a que mépris pour les autres. Au besoin, il sait se montrer brutal - quand on a été maltraité dans son enfance, on prend plaisir à maltraiter autrui.

Pour ce qui est du public, Dopestrong sait à quoi s'en tenir. Dans une interview au journal The Guardian, il a même déclaré qu'il craignait pour sa sécurité, compte tenu de "l'hostilité" de la foule. Il devrait peut-être s'entourer de gardes du corps avant que quelqu'un n'ait la mauvaise idée de le renvoyer une fois pour toutes à sa poubelle. Il pourrait fonder sa propre équipe (US Secret Service) ou demander à son grand fan Sarkozy de faire contrôler tous les spectateurs le long du parcours. L'idéal serait de transformer le Tour en G8 - ou plutôt en G1, puisqu'il n'y a qu'une seule superstar.



Quelques citations du grand texanopithèque :



"Ce qui compte, c'est de gagner le Tour de France, pas d'être sympathique."

"Je ne veux pas m'arrêter. Seule la mort m'empêchera de continuer."

"Les Français sont jaloux de mon succès."

Après son (faux) départ de 2005 :
"La France est un pays de merde, et les Français des connards, sales et prétentieux. Je ne suis pas fâché de quitter ce pays."

En 2006 :
"Si je reviens un jour à la compétition, ce sera pour emmerder les Français."

Sur l'équipe nationale française de foot de 2006 :
"Les Bleus ont été testés positifs... comme étant des trous du cul."
[Là, le trou du cul numéro un - voir plus bas - a perdu une bonne occasion de se taire.]


"Je n'ai jamais pris aucune substance..."
Tout dépend de la définition donnée au mot substance. L'EPO est une hormone naturelle que chacun porte en soi. Mais elle peut également être synthétisée et injectée, auquel cas elle est très difficile à détecter. On sait que les moyens techniques des laboratoires de contrôle sont toujours en retard d'une saison sur les méthodes de pointe utilisées par les tricheurs (parfois protégés par l'UCI). On attend de Lance Armstrong qu'il déclare qu'il ne s'est jamais dopé ni par injection d'EPO, ni par un procédé plus sophistiqué.*

Dans le cas d'une transfusion sanguine "autologue" (retransfusion de son propre sang prélevé auparavant et conservé), l'effet dopant est le même qu'avec l'EPO et personne ne peut parler de substance. Selon Michel Audran, professeur à la Faculté de Pharmacie de Montpellier et expert auprès du Conseil de prévention et de lutte contre le dopage (CPLD), "la transfusion a le même intérêt que l'érythropoïétine (EPO) - favoriser le transport de l'oxygène - et possède le double avantage de ne pas entraîner d'hypertension ni d'être détectable aux contrôles antidopage".

* Le Dr Jean-Pierre de Mondenard explique début 2009 : " Les alternatives existent toujours pour les tricheurs. Il y en a trois sortes : 1) les produits toujours indécelables (hormone de croissance, ACTH, autrement appelé Synacthène, transfusions sanguines autologues) ; 2)  les substances à la limite, c'est-à-dire celles qui dopent mais ne sont pas dans la liste des produits interdits - je pense, par exemple, au Néoton, une créatine injectable qui fut utilisée par le footballeur italien Fabio Cannavaro en finale de la Coupe de l'UEFA en 1999. Enfin, 3)  les coureurs peuvent aussi recourir aux AUT (autorisations à usage thérapeutique), que je qualifie d'autorisations à l'usage des tricheurs.

" Armstrong pourrait-il éventuellement se doper sur le Tour 2009 ? A l'aise ! Armstrong a endormi tout le monde en prétendant qu'il s'était adjoint le plus grand spécialiste mondial de la lutte antidopage pour pratiquer des contrôles internes en toute transparence. En réalité, Don Catlin, ex-patron du laboratoire antidopage de Los Angeles, pourra tout simplement renseigner Armstrong sur les nouveaux produits indécelables et l'avertir lorsqu'un produit sera en passe d'être décelable. La seule issue serait tout simplement que le monde du sport ne soit pas responsable de sa propre régulation. 
"  (Finalement la "coopération" Armstrong-Catlin sera abandonnée avant d'avoir commencé, Armstrong la trouvant "trop complexe et trop coûteuse" - ou Catlin pas assez coopératif ?...)



En 2001, Armstrong menace son compatriote Greg LeMond (vainqueur honnête de la Grande Boucle en 1986, 1989 et 1990), parce que celui-ci avait osé critiquer le "partenariat" de L.A. avec Michele Ferrari (Dr. Doping) : "Si je veux, c'est pas bien difficile, je trouve dix personnes qui vont jurer que t'as pris de l'EPO..."  Dopestrong a le bras long, il sait faire jouer ses relations.

En 2004, c'est au cycliste italien Filippo Simeoni que le Texan s'en prend : "T'aurais pas dû témoigner au procès Ferrari, t'aurais pas dû porter plainte contre moi. J'ai du temps et de l'argent, je te détruirai !..."


En mars 2003, peu avant le début de la guerre d'Irak, notre "champion" déclare : "Il faut renverser le dictateur Saddam Hussein et mettre fin au terrorisme. Je ne suis pas un fan de la guerre [sic], mais il faut y aller - avec le soutien des Nations Unies et de l'Europe."  En 2007, avec la bénédiction de son ami le criminel de guerre George W. Bush, Lance Armstrong se rend à Bagdad "pour assurer les troupes américaines de [s]on soutien".

L'ancienne petite amie d'Amstrong, la chanteuse Sheryl Crow, se serait séparée de lui pour des raisons politiques. On l'avait vue vêtue d'un T-shirt portant le slogan "War Is Not the Answer" - aux antipodes de ce que pense le cycliste. Sheryl : "Lance est un fanatique. Il ne se contente pas de soutenir la ligne officielle. Si Bush le lui demandait, il irait immédiatement se battre en Irak."  Dommage que Bush ne lui ait rien demandé. On voit bien Armstrong faire le Tour de la Zone Verte avant de s'éclater sur une bombe artisanale.

Autre citation du belliciste Armstrong : "La création d'Israël est un miracle. 1948 est la meilleure année de toute l'histoire juive."  En 2008, à l'occasion du 60ème anniversaire du "miracle", Armstrong est invité en Israël, où il inaugure une piste cyclable reliant Tel Aviv à Jérusalem.


Ce qu'il aurait pu dire :

"Pourquoi aucun autre coureur n'arrive jamais à me battre ?...  Manque d'EPO, dirais-je..."

"Avec ma p'tite seringue, j'avais l'air d'un roi, ma mère...
Avec mon p'tit vélo, j'avais l'air d'un con...
"    (sur une musique de Georges Brassens)

Armstrong à son sponsor Nike : "I'm doping..."  -  Réponse de Nike : "Just do it..."



A qui appartient le Tour de France ?

L'organisateur de la Grande Boucle, la Société du Tour de France, est une entreprise privée faisant partie de l'ASO (Amaury Sport Organisation), qui elle-même dépend du groupe de presse Amaury (propriétaire des journaux Le Parisien et L'Equipe). Outre le Tour de France, l'ASO organise les courses cyclistes Paris-Roubaix et Paris-Nice, le Tour du Qatar, le Tour du Faso, le rallye "Dakar", le Marathon de Paris et l'Open de France de golf.

Mais l'ASO ne fait pas ce qu'elle veut. L'UCI (Union cycliste internationale), organisme officiel basé en Suisse et plus ou moins affilié au CIO (Comité international olympique), a aussi son mot à dire, notamment par le biais de ProTour, qui établit un classement individuel et par équipes pour les participants aux épreuves cyclistes les plus prestigieuses (dont les trois grands Tours - France, Espagne, Italie). C'est bien entendu un moyen efficace de rogner sur les prérogatives des organisateurs privés et de se rendre "indispensable" lors des courses de pointe, là où il y a de l'argent à gagner.

Jusqu'en 2008-2009, une concurrence assez acharnée oppose l'UCI à l'ASO pour la maîtrise du Tour de France, ce qui donne à Lance Armstrong l'idée de tenter sa chance comme troisième larron. En septembre 2008, le bruit court que le coureur et son complice Hein Verbruggen, ex-patron de l'UCI, veulent racheter la Société du Tour à Amaury. La presse souligne que le Texan pourrait ainsi promouvoir sa Fondation Livestrong et élargir son exposition médiatique. Car c'est la seule chose qui compte : faire beaucoup parler de soi pour engranger le maximum de billets verts, le Tour de France n'étant qu'un instrument pour réaliser cet objectif. C'est d'ailleurs l'unique raison du retour de L.A. sur la scène sportive. Cependant, comme le suppose Pierre Ballester (voir plus bas), la crise financière aurait retardé ce projet. Mais ce n'est sans doute que partie remise.

Dopestrong et son compère ne disposant pas eux-mêmes de la totalité des fonds nécessaires, le Texan avait, paraît-il, trouvé un investisseur intéressé : le groupe américain Anschutz, qui organise entre autre le Tour de Californie.



Money, money



Ce que dit Pierre Ballester

Ce spécialiste de cyclisme, ancien journaliste à L'Equipe, auteur (avec David Walsh) des livres démystificateurs L.A. Confidentiel, L.A. Officiel et Sale Tour, déclare dans une interview du 30 juin 2009 à 20minutes.fr :

"Le retour d'Armstrong coïncide avec un rapprochement soudain des deux anciens frères ennemis UCI et ASO. Ce retour peut faire partie de l'accord conclu."

"Armstrong n'est pas plus dopé que les autres, mais autrement, de manière plus scientifique (son entourage est à la pointe des préparations), et avec une maîtrise parfaite des protocoles."

Armstrong est arrogant et "humilie ceux de ses semblables (voir Bassons, Simeoni...) qui défendent une certaine éthique dans le sport. Et, surtout, il utilise une œuvre caritative pour tenter d'amadouer les gens."

"La seule autorité habilitée à sanctionner le dopage est l'UCI. Et Armstrong est bien protégé."

"Il a déjà été pris (aux corticoïdes sur le Tour 99) mais blanchi par l'UCI. Il bénéficie d'un traitement de faveur sans égal par l'UCI. On a recensé tous ses passe-droits, et on sait que des sommes d'argent sont passées de son compte à celui de l'Union. Mais pour rechercher en détail, il faut l'aval de l'UCI."

"Le lien entre Armstrong, Bruyneel (directeur de l'équipe Astana) et le dopage n'est pas éventuel mais bien réel. On ne parle plus de suspicion mais de faits avérés. Seulement, il faut une autorité qui prenne une décision à son encontre. Et la seule autorisée à le faire s'appelle l'UCI - qui est trop contente de protéger son icône."

"Amstrong s'emploie à gagner le Tour de France, mais populariser sa fondation (dont il y a beaucoup à dire) pour ensuite acquérir un statut d'homme public légitimant des ambitions politiques aux Etats-Unis, sont des desseins plus importants à ses yeux."

"On dit que cet homme prend des drogues pour lutter contre son cancer, qu'il est donc autorisé à ce doper, mais la rémission de son cancer date de... février 1997. De ce fait, il ne devrait pas bénéficier de passe-droit. En fait, il jouit de la mansuétude de l'UCI qui l'a constamment protégé. Rappelez-vous qu'il a donné beaucoup d'argent à l'UCI."

"Il veut sensibiliser les gens à la cause de sa fondation plus qu'à la cause de la lutte contre le cancer (il y a beaucoup de choses à dire sur les agissements de sa fondation). Ensuite il ambitionne une carrière politique aux Etats-Unis. L'enjeu sportif n'est qu'un alibi."

"Armstrong fait son business sur le dos de la lutte contre le cancer. L'été dernier il a créé un volet lucratif sur le site de sa fondation qui, s'il fonctionne bien, fera fermer le site non lucratif. C'est prendre en otage la crédulité des gens, c'est flouer la générosité publique."

"Pourquoi ce type vient faire le Tour en France, où presque tout le monde le déteste, alors qu'il serait si bien à faire le Tour du Texas ?...  Parce que cela va lui assurer une surexposition médiatique. Parce qu'il en a besoin pour sa fondation et pour légitimer des ambitions politiques par la suite. Rien n'est laissé au hasard avec lui."

"Si Armstrong bénéficie d'un traitement de faveur, c'est parce qu'il a su tisser des liens avec les puissants de son sport. On ne prête qu'aux riches."

"Etre contrôlé négatif ne signifie malheureusement pas qu'un coureur est clean (voir Ivan Basso, Bjarne Riis, Eric Zabel, David Millar ou Marion Jones entre autres). Ça signifie seulement qu'il sait comment passer entre les gouttes. Armstrong a bénéficié d'un traitement de faveur sans égal de la part de l'UCI, qui a d'ailleurs accepté beaucoup d'argent de sa part du temps où il courait. Et si presque tous les coureurs se dopent, ils ne prennent pas tous la même chose. Il y a le dopage des riches et celui des pauvres."

"Armstrong est passé par la 'case cancer', ce qui lui a ouvert les portes vers une préparation médicale très pointue."

"Le dessein d'Armstrong est construit : sensibiliser les gens à la cause de sa fondation (et non à la lutte contre la maladie) pour acquérir un statut d'homme public généreux (genre l'abbé Pierre ou le Bruce Willis qui va sauver la planète du cancer), ce qui lui permettra de légitimer ses ambitions politiques (gouverneur du Texas en 2014 - il n'a pas démenti)."

"Désormais, le Tour (mais pas seulement lui) est à l'image de la téléréalité. Plus de crédibilité mais du show."

"Depuis le premier contrôle en 1966, l'évolution de l'antidopage a suivi (de loin) celle du dopage. Aujourd'hui, les contrôles sont sophistiqués mais de nombreuses méthodes et produits (transfusions sanguines, hormones de croissance) passent encore à travers les mailles du filet."

"Armstrong veut-il prendre le contrôle du Tour comme cela a été écrit ?...  Il y a eu effectivement une réflexion dans ce sens il y a moins de deux ans. Acheter le Tour pour mieux régenter le cyclisme et, par là, promouvoir sa fondation. Mais deux 'incidents' sont venus contrecarrer ce projet : la paix signée entre l'UCI et ASO (bouchant ainsi la brèche d'un nouvel organisme) et la crise économique qui a refroidi les investisseurs de la sphère Armstrong."

"L'UCI est la seule autorité à pouvoir décider du sort d'un cycliste. Aucune autre entité (politique, antidopage, ministérielle...) ne peut s'interposer, sauf peut-être l'ASO (la société organisatrice) au titre d'atteinte à l'image du Tour. A ce titre elle a évincé récemment Boonen... mais pas Armstrong. En fait, j'en reviens donc à l'UCI. Armstrong a bénéficié d'un traitement de faveur inégalé de la part de l'UCI, à qui il a donné de l'argent. On comprend mieux dès lors les accointances entre les deux. Tant que l'UCI ne prononcera pas de sanction sportive - et elle ne le fera jamais - personne ne peut sanctionner Armstrong (sauf l'ASO en le récusant). En fait, dans le sport, il n'existe aucune autorité de contrôle, de surveillance, et les instances n'ont donc de comptes à rendre à personne."


Le 6 juillet 2009, Pierre Ballester déclare à Capital.fr :

"Avec le retour de Lance Amstrong, le business a triomphé sur le sport. D'ailleurs de nombreux sondages montrent que le 'come back' de Lance Armstrong est plutôt mal accueilli par le public, mais ASO préfère prendre ce risque car sa décision, qui est mûrement réfléchie, s'inscrit dans un processus. L'organisateur du tour a en effet opéré un revirement stratégique l'an dernier en nouant une alliance de fait avec son ennemi juré l'Union cycliste internationale (UCI). Cette nouvelle amitié lui permet désormais de faire affaires avec le Comité olympique international (CIO) en devenant un de ses prestataires. Quelques semaines seulement après cette décision, Lance Armstrong crée la surprise en annonçant son grand retour. Et quelques jours après, le patron d'ASO [Patrice Clerc], qui luttait contre le dopage, est débarqué. Cette coïncidence est pour le moins troublante."

"La fondation de Lance Armstrong, louable en soi car elle va au-devant des patients, est un alibi qui lui sert de couverture pour en faire une personne intouchable et mieux faire fructifier son business. Car sa fondation comporte deux volets : l'un caritatif et l'autre lucratif, qui présente pour Lance Armstrong une source de profit personnel considérable. Un exemple : chaque fois qu'il intervient dans une conférence pour expliquer comment il a survécu au cancer, il touche 200.000 dollars. Soit deux fois le montant demandé par Bill Clinton. Quant à Livestrong.org, l'organisation caritative, elle est mal notée par les organismes de contrôle américains en raison notamment de ses frais de fonctionnement."


A propos du relâchement attendu de la lutte antidopage, toujours Pierre Ballester, dans une interview à Sud-Ouest : "Il y a certains signes avant-coureurs qui ne présagent pas du meilleur. La décision du propriétaire, le groupe Amaury, d'évincer son président, Patrice Clerc, et son vice-président, Gilbert Ysern, alors qu'ils symbolisaient les années antidopage, est un geste sans ambiguïté. D'autant qu'ils ont été remplacés par Jean-Étienne Amaury, qui est totalement étranger aux choses du cyclisme. Ajoutez à cela la mise à l'écart de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) - qui a pourtant connu de beaux succès l'année dernière - et tout laisse à penser que l'on est face à un revirement net de la position d'Amaury. Le combat qui a été mené contre le dopage depuis trois-quatre ans risque d'être abandonné, c'est très inquiétant."

Et au sujet du tricheur texan : "Armstrong qui revient dans le cyclisme, c'est le changement le plus 'bling bling' du moment. Et comme il est loin d'être bête, il a trouvé un paravent idéal avec son engagement dans la lutte contre le cancer. Ça le rend intouchable. Mais pourquoi n'a-t-il pas combattu le cancer avec la même vigueur avant, notamment pendant ses trois ans de retraite ? Armstrong revient, et tout le monde semble avoir oublié que ses performances passées sont sujettes à caution. Cela a été prouvé, mais il jouit visiblement d'une impunité totale...  En acceptant le retour d'Armstrong, le symbole de l'éthique bafouée, le Tour renonce au courage dont il a fait preuve ces dernières années...  Cette année, avec Armstrong, la crédibilité sportive de l'épreuve sera réduite à néant."


Ajoutons ces précisions du Dr Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste de la lutte antidopage : "Patrice Clerc a sauté parce qu'il mettait l'éthique en avant et se battait contre l'Union cycliste internationale... Il disait la vérité car, n'étant pas vraiment issu du sérail cycliste, il avait du recul sur la situation... Face à l'UCI, Patrice Clerc n'avait aucune chance et la perspective du retour de Lance Armstrong n'a pas arrangé les choses. Armstrong a toujours eu un comportement de voyou. Il a affronté sans merci ceux qui s'élevaient contre lui. Il s'en est pris au coureur italien Filippo Simeoni, coupable d'avoir témoigné contre le docteur Ferrari (ex-médecin d'Armstrong), il a éjecté Christophe Bassons du peloton parce qu'il clamait trop fort son attachement à un cyclisme sans dopage. Mais il n'a pas oublié d'offrir une centrifugeuse dernier cri à l'UCI, qui, ainsi, était peu encline à lui chercher des poux dans la tête."

Armstrong, un petit pas pour le vélo, un grand pas pour la pharmacie  par Jean-Pierre de Mondenard.




Le club des amis d'Armstrong

En font partie :


Arm$trong et le bu$ine$$



Pour recueillir l'argent dont il "a besoin" pour sa fondation (Livestrong), Armstrong ne craint pas de ratisser large. On lui connaît, entre autres, les partenaires suivants (liste non exhaustive) :

L'équipe Astana

Cette équipe "kazakhe" - elle l'est à peu près autant que l'était Borat - est née en 2007 de la reprise de Liberty Seguros, une équipe éliminée pour dopage. Johan Bruyneel, le directeur d'Astana, a occupé la même fonction à l'US Postal, l'ancienne équipe de son ami Armstrong. Comme par hasard, la première saison d'Astana est marquée par des affaires de dopage, puis le Texan revient...

Astana est le nom de la nouvelle capitale du Kazakhstan, une sorte de Brasilia d'Asie centrale. Les sponsors, dont on ne sait pratiquement rien, seraient des "entrepreneurs kazakhs". En fait, c'est plutôt du côté américain qu'il faut chercher. A moins que le dénominateur commun de ces deux "nationalités" ne soit tout simplement israélien, comme c'est si souvent le cas lorsque la finance de Wall Street rencontre les pays de l'ex-URSS.

En juin 2009, L'Express annonce qu'Astana, qui avait des difficultés financières, "vient de trouver un nouveau sponsor : une société américaine qui travaille sur le marché kazakh. Laquelle ? Mystère..." Simultanément, "l'arrivée du sponsor américain providentiel doit réjouir Armstrong. Car, en coulisses, le cycliste texan manœuvre depuis des semaines pour racheter la formation Astana, avec l'appui d'une multinationale [anonyme] installée aux Etats-Unis."

Le Texan n'est pas seulement multimillionaire ; il semble être aussi en mesure, grâce à ses excellentes relations, de mobiliser un multiple de sa propre fortune pour financer ses projets - à condition que la crise financière en cours ne décourage pas trop les investisseurs.


L'équipe RadioShack

N'ayant pas réussi à remporter son "8ème" Tour en 2009 - de toute évidence, la dose habituelle n'a pas suffi -, Armstrong essaie donc de se rattraper en 2010, avec une autre équipe - RadioShack - dirigée par son vieux complice Johan Bruyneel et peuplée d'illustres inconnus autrement plus dociles que Contador et compagnie. Question contrôles, malgré de nouvelles accusations venant de Floyd Landis et de Jan Ullrich, le dopeur # 1 ne risque rien - il jouit toujours d'une complète immunité-impunité, il est intouchable. Demander des comptes à Dopestrong, c'est - toutes proportions gardées - comme demander des comptes à Israël. Peine perdue...



Le tout, c'est de garder le sourire...

Epilogue provisoire

Au départ de la dernière étape du Tour 2010, le 25 juillet à Longjumeau, le Texan refait parler de lui. A la place du maillot de son équipe RadioShack, il enfile le maillot de sa fondation Livestrong et oblige ses coéquipiers à faire de même. Apparemment, L.A. n'a plus rien à perdre. En fait, il a déjà perdu puisqu'il est 23ème à plus de 39 minutes du maillot jaune (au-delà d'une certaine limite - ou d'un certain âge - la dope ne semble plus aider beaucoup).

Manque de chance pour Armstrong (et non manque d'EPO), les organisateurs n'apprécient pas du tout son coup de pub et menacent de le disqualifier, lui et ses hommes, s'ils ne remettent pas séance tenante leur maillot normal comme l'exige le règlement. La discussion qui s'ensuit retarde de 20 minutes le départ de la course.

Espérons que cette sortie peu glorieuse sera définitive et qu'on ne verra plus Dopestrong polluer les routes de France, ni en 2011 ni plus tard.



Globaliser le Tour de France comme tout le reste

"Armstrong est un élément voulu par les Américains
qui s'infiltrent partout pour assurer leur hégémonie culturelle.

(lu dans un forum)

Malgré son immense popularité, en France et à l'étranger, le Tour reste encore un nain commercial si on le compare au foot, à la Formule 1, aux sports américains ou même aux Jeux olympiques. C'est une PME, sans plus. Et à l'heure de la mondialisation forcenée, des gens comme Lance Armstrong y ont découvert un gigantesque potentiel de croissance. Non qu'ils aient l'intention d'augmenter le nombre de spectateurs présents au bord des routes (15 millions suffisent bien), mais ils veulent faire de la Grande Boucle, à plus ou moins long terme, une grande entreprise, une multinationale.

Le "New Tour de France", bien que restant ancré sur la scène française (géographie oblige), devrait néanmoins couper les ponts avec tout ce qui donne à cette course son caractère si "franchouillard", si contraire à l'esprit texan et à l'idée de nouvel ordre mondial.

Quelques suggestions utiles :

etc...  




Si même les Américains le disent, c'est que ça doit être vrai :


"Je connais bien la France pour y être venu très souvent, mais je ne parle pas la langue -
à part quelques expressions essentielles que tout le monde comprend au Texas.
"





Armstrong, oui, mais lequel ?...




A propos de l'astronaute Neil Armstrong -
un tricheur lui aussi ?...





Armstrong sur Google - les associations les plus fréquentes :






Il se pique d'être le meilleur :

L.A. à son soigneur :
"Vas-y, que diable, tu vois bien que je commence à faiblir..."
(Tour de Californie - février 2009)





Yahoo répond à nos questions :

ARMSTRONG SE DOPE-T-IL ?
Mais non...
Rumeurs et mensonges que tout cela, pour ternir la réputation d'un cycliste américain hors pair.
Les Français n'arrivent pas à digérer le fait que depuis des années, ils n'ont pas de coureur comparable.


( Soit dit en passant : "Floyd Landis WAS AND IS innocent" ?  Voir plus bas )

QUESTION RÉSOLUE
LANCE ARMSTRONG NE S'EST JAMAIS DOPÉ !





JAMAIS DOPÉ


... comme on dit dans le Lot.






2010 - Lance Dopestrong sera-t-il sanctionné aux Etats-Unis ?



Floyd Landis déballe :





L'Agence américaine antidopage (USADA) saisit le tribunal fédéral de Californie :





Le dopeur texan pose ses conditions :

"Je veux bien que vous enquêtiez,
mais seulement si je suis blanchi d'avance...
"







QUAND UNE VOIX ISOLÉE EXPRIME LE SENTIMENT GÉNÉRAL :







Une réalité longtemps censurée par les médias







UNE SOLUTION D'AVENIR :



Compte tenu de ses piètres performances de 2010, Lance Armstrong envisage
d'imiter la NASA et de faire construire un robot humanoïde à son image.
Avantages : victoire garantie au Tour de France 2013, dopage inutile.
A suivre de près...

(Déjà en 1969, un autre Armstrong...)




Greg LeMond (Interview Süddeutsche Zeitung)


Le 17 juillet 2010, le triple vainqueur américain du Tour (1986, 1989, 1990) déclare au journal de Munich (extraits) :

"Quand Armstrong a annoncé son retour à l'automne 2008, Patrice Clerc [patron d'ASO et grand adversaire du dopage - voir plus haut] a été viré à sa demande. Mais Armstrong n'était pas vraiment parti. En 2005, lorsque ses tests EPO positifs de 1999 ont été connus, il a décidé de se faire oublier pendant quelque temps. Son départ, c'était du cinéma."

"En 2001, après mon commentaire sur ses relations avec le Dr Ferrari [voir plus haut], Armstrong a commencé à tout démolir dans mon entourage. Il s'en est pris à mon entreprise de sport et fitness dans le Montana. Il a poussé la société Trek, pour laquelle il faisait de la pub, à me lâcher et à violer le contrat qu'elle avait avec moi.  Ce type essaie de dominer tout le monde, dans la vie comme sur les routes du Tour."

"Il est temps qu'il s'en aille définitivement. Lui et sa clique représentent le pire qui puisse arriver au cyclisme."

"Il a mis tout le monde dans sa poche : les organisateurs, l'ASO, l'UCI... Il les domine encore aujourd'hui."

"L'UCI refuse de confier les contrôles antidopage à une instance indépendante. C'est un scandale... Au lieu de permettre une véritable enquête, que font-ils ? Quand Landis accuse Armstrong, ils déclarent qu'il est fou et lui conseillent de voir un psy. Incroyable..."

"Les petits cadeaux d'Armstrong à l'UCI [voir plus haut], c'est pas seulement 125.000 dollars mais probablement 500.000 (en 2000, déjà)... Pat McQuaid, le président de l'UCI, m'a envoyé trois lettres pour me menacer de poursuites si je continuais à parler de corruption. Landis avait reçu les mêmes de Hein Verbruggen, le prédécesseur de McQuaid. S'ils ne sont pas contents, ils n'ont qu'à nous attaquer en justice aux Etats-Unis. Mais ils n'osent pas, ils préfèrent rester planqués en Suisse... L'UCI, c'est vraiment le plus gros problème de notre sport."

"Les dix témoins qu'Armstrong prétendait trouver contre moi, évidemment il ne les a pas trouvés. Mais je sais que L.A. a offert 300.000 dollars à quelqu'un pour qu'il m'accuse d'avoir pris de l'EPO ; le gars a refusé. Je ne peux pas vous dire qui c'est parce qu'il est encore actif..."  [Le Texan peut se permettre ce genre de "largesse" : ses revenus personnels s'élèvent paraît-il à 700.000 dollars nets par mois.]





2011 - Ce n'est pas parce qu'il a abandonné la compétition que Lance Dopestrong ne fait plus parler de lui


La procédure judiciaire californienne de 2010 (voir plus haut) n'a pas abouti. On aurait pu s'en douter. A-t-on jamais vu la "justice" US sanctionner un multimillionnaire blanc ?...  Et pourtant, le septuple tricheur continue d'occuper les médias :


24 mai 2011 :

Lance Armstrong : la fin ? s'interroge le journaliste québecois Pierre Foglia, après que l'émission 60 Minutes de la chaîne états-unienne CBS ait signalé le dopage d'Armstrong au Tour de Suisse 2001 (c'est de l'histoire ancienne) :

"Armstrong et son directeur technique, Johan Bruyneel, se seraient alors rendus au siège de l'UCI et auraient conclu un accord selon lequel le test positif serait effacé en échange d'un don substantiel...  Si ce contrôle positif existe bel et bien, cela change grandement les perspectives et donne un tout autre sens à ces dons. La nouvelle a filtré pour la première fois dans le Wall Street Journal, qui citait Floyd Landis, le sulfureux, l'instable Landis, et bon, on en est resté là. On n'allait tout de même pas croire ce menteur invétéré de Landis ?  Sauf que, dimanche soir, l'histoire a été reprise par Tyler Hamilton, le fidèle lieutenant, l'ami d'Armstrong, qu'on a vu toute la soirée si réticent à l'accabler..."

[Et il ne s'agit plus seulement du Tour de Suisse mais bien de la Grande Boucle.]


Al Capone à pédales :

Foglia : "On n'est plus devant un athlète dopé. On est devant une sorte d'Al Capone à pédales qui contrôlait tout, intimidait tout le monde, imposait sa culture du secret, rigoureux gardien des deux grandes traditions du cyclisme professionnel : le mensonge et le silence.  Un parrain, donc, mais un parrain sur la fin. Presque plus personne n'a peur. Les secrets n'en sont plus. Les fidèles lieutenants, pressés par les agents fédéraux, parlent pour sauver leur propre peau.  C'est le cas de Tyler Hamilton. Et plus encore de George Hincapie, qui aurait déclaré, aussi sous serment, qu'Armstrong et lui prenaient de l'EPO ensemble. Hincapie n'est pas le dernier maillon. Il reste Popovych, Leipheimer, Livingston, Bruynell, mais c'est un très gros morceau pareil, Hincapie, le lien qui fait autorité dans le peloton actuel. Hincapie est celui qui va donner le signal du sauve-qui-peut..."


Dégage !

Foglia : "Il y a dans le numéro de mai de Bicycling, un long papier d'un autre ex-ami de Lance, Bill Strickland. Le titre de la une de Bicycling : 'He's done' (Pour lui, c'est terminé). Le titre de l'article : 'Endgame' (Fin de partie). On ne peut mieux évoquer la fin..."


Il a enfin trouvé sa vraie place :

En juillet 2011, EPO-Lance reprend du "service". Pas sur les routes de France, heureusement, mais sur celles de l'Iowa (Middle West des USA, point culminant : 509 m). Et pendant deux jours seulement, sur les sept que dure la course. Le principal, c'est que ça lui rapporte beaucoup de pognon...





Bonus 2012


Dopage : Armstrong rattrapé par la justice sportive  (Le Parisien)

En juin 2012, après avoir saisi en vain les tribunaux américains (voir plus haut 2010 et 2011), l'USADA (Agence américaine antidopage) engage elle-même une procédure disciplinaire contre le septuple tricheur.

"En attendant, le Texan, aujourd'hui âgé de 40 ans, est suspendu par l'USADA de toute compétition et ne peut s'aligner, comme il prévoyait de le faire, au prochain triathlon de Nice le 24 juin puisque l'ex-cycliste a renoué depuis l'an passé avec son sport d'origine."

"Dans la lettre de quinze pages qui recense les griefs de l'USADA à l'encontre d'Armstrong et de son clan, notamment son directeur sportif de l'époque Johan Bruyneel (actuel responsable de la formation RadioShack) et son préparateur italien Michele Ferrari, l'Américain est soupçonné de dopage de 1996 à 2011, soit la quasi-totalité de sa carrière, hormis son titre de champion du monde de 1993.  EPO, transfusion sanguine, testostérone, corticostéroïdes, agents masquants : la liste est longue des produits interdits auxquels Armstrong est accusé d'avoir eu recours (détention, usage ou tentative d'usage) durant sa longue et impitoyable domination sur le peloton.  L'USADA évoque un système élargi de dopage à partir de 1998, dans le cadre de l'équipe US Postal (devenue ensuite Discovery Channel). C'est aussi la raison de l'implication de deux médecins, Pedro Celaya et Luis del Moral, et de l'entraîneur Pepe Marti."

"Armstrong peut-il perdre ses sept victoires dans le Tour ?  C'est l'une des inconnues de la procédure, en raison de la complexité de la réglementation et de la superposition des instances en cause. Pour l'Américain, le risque semble bel et bien exister dans l'hypothèse d'une condamnation, si l'on se fie aux éléments fournis par l'USADA. Le délai habituel de prescription fixé à huit ans - le Danois Bjarne Riis, qui a avoué en 2007 s'être dopé pour gagner le Tour 1996, a conservé son titre - est susceptible de modification en cas de preuves répétées de dopage et de dissimulation frauduleuse. L'agence a rappelé le cas de l'athlète américain Eddy Hellebuyck, sanctionné en février dernier pour des faits se situant entre 2001 et 2004."

Mais personne ne croit vraiment que le plus grand fraudeur cycliste de tous les temps sera rayé du palmarès comme l'a été entre-temps Alberto Contador (vainqueur 2010 déclassé). Ce serait la fin du "deux poids, deux mesures" : impensable...


Le 24 août 2012, l'USADA suspend Lance Dopestrong à vie et efface tous ses titres, dont ses sept "victoires" dans le Tour de France. Mais cette mesure n'engage pas l'UCI.


Citations récentes :

Michel Rieu, conseiller scientifique de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), dans une interview accordée au Monde.fr : "Les préleveurs ont éprouvé des difficultés à effectuer des contrôles inopinés sans que Lance Armstrong puisse bénéficier d'un délai de vingt minutes. Il a été prévenu avant tous les contrôles. Je repense à un prélèvement inopiné alors qu'il s'entraînait dans le sud de la France lors de son retour sur le Tour en 2009. Son entourage avait accumulé prétextes et palabres pour obtenir ce fameux délai... En vingt minutes, beaucoup de manipulations sont possibles pour fausser les résultats. Armstrong effectuait des perfusions de sérum physiologique pour diluer son sang. Il remplaçait sa propre urine par une urine artificielle. Il s'administrait l'EPO par petites doses. La substance était indécelable..."

Thibault de Montbrial, avocat de David Walsh et Pierre Ballester, les auteurs de L.A. Confidentiel : "Lors du Tour de France de 2005, à la deuxième étape de repos, à Pau, l'équipe US Postal a été à deux doigts d'écoper d'une perquisition à son hôtel. Un service d'enquête français est venu de Paris pour opérer une descente. Mais je sais de très bonne source que vers 17 heures, alors qu'ils étaient devant l'hôtel, les enquêteurs ont reçu un feu rouge. Je ne sais pas qui a donné cet ordre, mais je sais que les enquêteurs étaient furieux de devoir rebrousser chemin. A l'évidence, Lance Armstrong était bel et bien protégé en France..."


Réaction du septuple menteur après sa suspension par l'USADA :





« Ainsi se termine un des plus sordides chapitres de l'histoire du sport »


C'est ce que l'USADA (Agence américaine antidopage) conclut dans son rapport d'enquête du 10 octobre 2012 (format pdf - 202 pages - 674 ko).

"Il ne fait aucun doute que Lance Armstrong était engagé dans une affaire de fraude en série (serial cheating), impliquant l'utilisation, l'administration et le trafic de substances et de méthodes dopantes, et qu'il a contribué à faire fonctionner l'équipe US Postal comme une entreprise conspirative à des fins de dopage. Armstrong et ses co-conspirateurs ont cherché à réaliser leurs ambitions au moyen d'une fraude massive dont les détails sont à présent mieux connus. Ainsi se termine un des plus sordides chapitres de l'histoire du sport." (page 164/169)

Le rapport est basé sur de nombreux témoignages concernant aussi bien le dopage proprement dit que les diverses tentatives d'intimidation et de représailles destinées à étouffer l'affaire.



Les rats quittent le navire : le 22 octobre 2012, Pat McQuaid, président de l'UCI, s'aligne sur l'USADA et efface la totalité du palmarès de Lance Armstrong depuis 1998 (dont les sept Tours de France). "Il n'a aucune place dans le cyclisme. Il doit être oublié... J'ai été écœuré à la lecture du rapport de l'USADA..."  L'homme qui dit cela est lui-même un des principaux responsables du scandale - voir plus haut.



"Je m'en lave les mains..."

Les médias alignés. après plus de dix ans de complicité, lâchent eux aussi le tricheur. Le magazine américain Sports Illustrated le nomme "anti-sportif de l'année" (pourquoi seulement de l'année ?) tandis que dans un article du 25 octobre 2012 très justement intitulé "La grande hypocrisie", un pressetitué anonyme du Nouvel Observateur reproche à ses collègues leur "aveuglement" et s'étonne en toute innocence qu'ils aient "attendu si longtemps pour reconnaître et acter ce que tout le monde (ou presque) savait..."  On se demande pourquoi lui a gardé le silence. Peut-être était-ce pour éviter un procès à son employeur... En effet, un des rares journaux qui aient eu le courage de dire la vérité, le Sunday Times, a dû verser à EPO-Lance 300.000 £ (370.000 €) à la suite d'une plainte déposée en 2004 pour "diffamation". En décembre 2012, l'hebdomadaire britannique contre-attaque et exige du fraudeur le remboursement de cette somme augmentée de dommages-intérêts généreusement calculés, en tout un million de livres.

Les sponsors, à commencer par Nike, ne veulent plus se compromettre avec Mr. Dopestrong. Certains menacent de réclamer devant les tribunaux la restitution des sommes versées au cours de ces dernières années. Les pauvres, ils n'étaient au courant de rien... (On apprend au passage que Nike a donné 500.000 dollars à Hein Verbruggen quand il était président de l'UCI, "pour qu'il enterre un contrôle positif de Lance Armstrong lors du Tour 1999" comme dit le Nouvel Obs - l'épouse de Greg Lemond a témoigné en ce sens en 2006, mais son témoignage a lui aussi été "enterré" jusqu'en 2012.)

Novembre 2012 : Armstrong brûlé en effigie à Edenbridge (Kent, sud-est de l'Angleterre).


Y a comme un vide...

(vu sur Wikipédia)

Chantage : Quand Pierre Foglia, en 2011, qualifiait Dopestrong d'Al Capone à pédales (voir plus haut), il ne croyait pas si bien dire. Comme l'a révélé la journaliste sportive américaine Selena Roberts le 23 octobre 2012, le tricheur texan n'a pas hésité à menacer le candidat Barack Obama pendant la campagne présidentielle de 2008. Alors qu'il bénéficait déjà du soutien de l'autre candidat, John McCain, EPO-Lance a exigé qu'Obama participe lui aussi à un gala de la Fondation Livestrong prévu pour le 25 juillet 2008. Le candidat démocrate ayant décliné l'invitation pour cause de voyage en Allemagne, Armstrong lui a envoyé un courriel furibond : "Puisque la lutte contre le cancer n'intéresse pas le Parti démocrate, nous le ferons savoir aux millions d'Américains dont les noms figurent dans la base de données de notre Fondation..."  On ignore comment l'affaire s'est terminée, probablement par un accord à l'amiable. Toujours est-il qu'Obama n'a pas renoncé à son meeting de Berlin. Quant à son prédécesseur George W. Bush, on sait qu'il a toujours été le numéro un du club des amis d'Armstrong.



2013 - Sauver les meubles

Encore une combine ?  Début janvier 2013, le bruit court que le tricheur, qui depuis sa suspension par l'USADA en août 2012 avait "renoncé à combattre toute accusation de dopage", pourrait à présent passer aux aveux "afin d'obtenir la levée par les autorités antidopage de sa radiation à vie" prononcée en août 2012. Le New York Times indique que "le code mondial antidopage prévoit la possibilité d'une réduction de peine en cas de collaboration avec les autorités antidopage". Ce qui, bien sûr, n'est valable que pour des aveux spontanés et non pour une confirmation a posteriori de ce qui est déjà connu des autorités. Mais avec l'argent et les relations politiques dont il dispose, Dopestrong peut très bien, là aussi, imposer ses propres règles.

Ce qui importe, pour lui, c'est de sauver les meubles et de ne plus être exclu des compétitions de triathlon comme c'est le cas depuis l'été. Quand l'USADA l'a radié, il s'apprêtait justement a disputer son premier "Ironman" à Nice. Derrière tout cela, bien évidemment, on trouve des motivations beaucoup plus financières que sportives (Armstrong a 41 ans). Selon Wikipédia, les épreuves auxquelles il a participé entre février et juin 2012 lui ont permis d'amasser un million de dollars. Mauvais pour le bu$ine$$, cette pause involontaire...


Mascarade télévisée :  Le 17 janvier 2013, moins de cinq mois après avoir tout nié en bloc, Lance Dopestrong "se confesse" à la télévision, dans une interview accordée à Oprah Winfrey. Combien a-t-il touché pour participer à ce spectacle qui ne nous apprend que ce que nous savions déjà ?...



Source (vidéo - 1ère partie)

Auparavant, EPO-Lance avait "annoncé son départ de la Fondation Livestrong et fait de poignantes excuses au personnel", comme dit un journaliste ému du Réseau des Sports québécois. Là aussi, l'objectif est de préserver ce qui peut l'être... Comme si cette fondation ne faisait pas elle-même partie de l'arnaque Armstrong. Comme si les sommes que l'escroc texan n'a pas gardées pour lui mais consacrées à la "lutte contre le cancer" - quel pourcentage ? on ne le saura jamais - n'avaient pas servi à enrichir la mafia de l'industrie pharmaceutique et hospitalière. Pour ces gangsters qui vivent de la maladie des autres, le sponsoring est un investissement plus que lucratif. C'est même pour cette raison que le système Armstrong a pu fonctionner si longtemps avec toutes les protections nécessaires. A présent, on essaie tout simplement de s'adapter, selon le principe : il a peut-être menti, d'accord, mais c'était pour la bonne cause, alors continuez de nous envoyer vos chèques...

En attendant, le Comité international olympique (CIO) retire à Armstrong la médaille de bronze qu'il avait remportée aux Jeux de Sydney en 2000. Christian Prudhomme, le directeur du Tour de France, annonce que le Texan ne fera pas partie des 500 anciens coureurs invités à l'arrivée du Tour 2013 sur les Champs-Élysées pour fêter le Centenaire officiel. (Le Tour existe depuis 1903, mais compte tenu des interruptions dues aux deux guerres mondiales, c'est seulement la 100ème édition.)



Maintenant qu'Armstrong est au tapis, plus personne n'a de scrupules à l'attaquer. C'était prévisible - voir plus haut.
Bien sûr, ce que dit Gattegno est vrai, mais pourquoi n'a-t-il pas dénoncé la fraude quelques années plus tôt ?...


Et maintenant ?...  Bien que Lance Dopestrong soit à présent définitivement démasqué, tout n'a pas été dit pour autant, bien au contraire... Dans trois domaines au moins, on reste sur sa faim, et on le restera sans doute longtemps :

1 - Le tricheur texan a épargné ses complices de l'UCI.  Ce qui a permis à Pat McQuaid, président de cette association, de déclarer :  "Cette confession est un pas important en avant sur la longue route pour réparer les dommages qu'il a causés au cyclisme. Lance Armstrong a confirmé qu'il n'y avait pas de collusion ou de complot entre l'UCI et lui. Aucun contrôle positif n'a été camouflé et il a confirmé que les dons faits à l'UCI étaient destinés à soutenir la lutte antidopage... C'était perturbant de l'écouter décrire une litanie de délits, comme sa façon de se doper durant sa carrière, sa façon de mener une équipe qui se dopait, le recours à l'intimidation, les mensonges systématiques à tout le monde et la production d'une prescription médicale antidatée pour justifier le résultat d'un contrôle. Nous avons pris bonne note du fait que Lance Armstrong a exprimé le souhait de participer à une procédure de vérité et réconciliation..."  Question cynisme et arrogance, McQuaid n'a vraiment rien à envier à Armstrong...

2 - Le scandale sportif occulte totalement l'escroquerie financière.  On ne parle que du dopage et jamais de la méga-arnaque centrée sur la Fondation Livestrong, alors qu'il est bien évident qu'elle constitue la clé de l'affaire. En ce sens, le cas Armstrong n'a rien de comparable avec les cas précédents.

3 - L'aspect pénal de cette sinistre affaire n'a pas du tout été abordé.  Si la Justice (tant américaine que française) se donnait la peine de faire son travail, l'escroc Lance Armstrong se retrouverait bien vite en prison.


Y a-t-il eu un deal ?...  Même si on ne sait rien de précis, il est possible qu'il y ait eu un arrangement multilatéral entre Armstrong, l'UCI et quelques autres parties intéressées. Début janvier 2013, l'évidence n'était plus niable et un silence prolongé du fraudeur risquait d'avoir des répercussions sur l'ensemble du cyclisme international. D'autre part, Armstrong pouvait très bien, preuves à l'appui, accuser ses complices McQuaid, Verbruggen et consorts, pour se libérer lui-même d'une partie du fardeau. Donc, l'UCI avait tout intérêt à ce qu'Armstrong dédouane ses dirigeants. Mais pour cela il fallait qu'il reconnaisse ses "fautes" - sans coupable pas de complice et encore moins de "non-complice".

En contrepartie, on permettrait à Armstrong de reprendre le triathlon, afin que les dollars se remettent à couler à flots (plus ou moins) dans les caisses de sa fondation (qui n'est théoriquement plus la sienne). Pour cela il faudrait bien entendu que l'USADA revienne sur sa décision, ou du moins qu'elle mette de l'eau dans son vin. Peut-être le fera-t-elle dans le cadre de cette fameuse "procédure de réconciliation".* Sinon, tout cela n'aurait aucun sens...  Il faudrait aussi que les principaux responsables veillent à ce que les sponsors et alliés du tricheur ne lui demandent pas de comptes, et que le procureur renonce à engager des poursuites pénales. Ces gens participent donc d'une manière ou d'une autre à l'arrangement, si arrangement il y a.

En admettant que les choses se soient passées ainsi, l'équilibre est forcément instable. Personne ne peut empêcher un tiers plus ou moins influent de tout remettre en cause. Les intérêts en jeu sont sans doute importants, mais pas assez pour étouffer l'affaire comme on le fait d'habitude pour une affaire politique (11 septembre, par exemple).

L'avenir dira ce qu'il en est...

* Dans la seconde partie de son entretien avec Oprah Winfrey, Armstrong, larmoyant, s'efforce d'attendrir le public américain et déplore la "condamnation à mort" que lui a infligée l'Agence américaine antidopage - détails. Si la décision d'atténuer cette "peine injuste" n'était pas déjà prise, on se demande pourquoi le Texan aurait accepté de se livrer à une telle mascarade télévisée. (Le septuple fraudeur affirme avoir "perdu" 75 millions de dollars depuis que l'USADA a publié son rapport, en octobre 2012. Disons plutôt qu'il s'agit d'un manque à gagner.)

[Fin février 2013, on en sait un peu plus : l'Agence américaine antidopage USADA a offert à Armstrong de transformer en suspension temporaire la suspension à vie prononcée le 24 août 2012, à condition toutefois que le Texan fasse sous serment de véritables aveux qui permettraient de sanctionner les autres responsables. EPO-Lance a refusé. D'une part, parce qu'il veut reprendre la compétition avant l'âge de 50 ans. D'autre part, parce que n'ayant pas l'intention de dire toute la vérité, il sait pertinemment qu'il risque cinq ans de prison en cas de parjure. Sa tactique consiste à présent à dénier toute compétence à l'USADA, sous prétexte que le cyclisme américain ne représente que 5 % du cyclisme professionnel mondial. Au lieu de se soumettre à l'agence américaine, Mr. Dopestrong propose de "coopérer" avec une instance internationale qui prendrait sur elle de lever les sanctions de l'USADA. Cette instance pourrait être l'Agence mondiale antidopage WADA ou un "organisme indépendant" choisi par elle. Autant dire que rien n'est réglé.  A suivre...]




Plaintes en série ?

Après la plainte déposée par le Sunday Times (voir plus haut), Armstrong se voit confronté (via Tailwind Sports) à une demande de remboursement de la compagnie d'assurances SCA Promotions.

En effet, la société Tailwind Sports, Austin (anciennement Disson Furst & Partners), propriétaire de l'équipe US Postal (devenue ensuite Discovery Channel) s'était engagée, en 2001, à verser à Lance Armstrong un "bonus" de 1,5 million de dollars s'il réussissait à remporter le Tour en 2001 et 2002, plus un autre de 3 millions en cas de victoire supplémentaire en 2003 (après 2001 et 2002), et encore un troisième de 5 millions pour la victoire en 2004 (après 2001, 2002 et 2003). Le risque financier résultant de cette promesse (en tout 9,5 millions) fut assuré auprès de la compagnie SCA Promotions, Dallas. Les deux premiers versements de 1,5 et 3 millions furent effectués par SCA sans rechigner. Pour ce qui est du troisième de 5 millions, la compagnie d'assurances refusa, se basant sur les révélations du livre L.A. Confidentiel de David Walsh et Pierre Ballester, paru entre-temps.

Une procédure d'arbitrage de 2006 contraignit SCA à payer à Tailwind les 5 millions refusés, augmentés de 2,5 millions de frais de justice, soit 7,5 millions en tout. Une bien mauvaise affaire pour SCA quand on pense que la prime d'assurance reçue de Tailwind ne dépassait pas 420.000 dollars* - sans compter les 4,5 millions déboursés en 2002-2003...

* On peut trouver étonnant qu'une compagnie d'assurances - même "spécialisée" - couvre ce genre de risque, surtout à ce prix relativement dérisoire. Après tout, Armstrong avait déjà "gagné" deux fois (en 1999 et en 2000). Ses chances de l'emporter, en tout, quatre fois, cinq fois ou six fois d'affilée, étaient réelles. Avant lui, Miguel Indurain avait bien été vainqueur cinq fois de suite (1991 à 1995).  Détails du contrat (format pdf).

Une chose est sûre en tout cas : si Armstrong ne s'était pas dopé, l'assureur n'aurait pas perdu un seul cent... En février 2013, SCA Promotions réclame donc la restitution des 7,5 millions plus dommages-intérêts, soit en tout 12,5 millions de dollars. La presse ne précise pas si les deux premiers versements totalisant 4,5 millions devront également être restitués. En bonne logique, ils devraient l'être, à moins de prétendre que le Texan ne s'est pas dopé avant 2004.


A la rubrique folklo : le Mouvement pour un cyclisme crédible - MPCC envisage lui aussi de demander des dommages-intérêts à Lance Armstrong, ou plutôt de réfléchir à la possibilité d'examiner l'éventualité d'intenter, le cas échéant, une action collective avec toutes les parties prenantes. Selon Wikipédia, "le MPCC a pour but de défendre l'idée d'un cyclisme propre, en se basant notamment sur le strict respect du code éthique mis en place par l'UCI" (excellente plaisanterie).

Déjà en août 2012, la Fédération Française de Cyclisme - FFC avait demandé à Armstrong - sans recourir aux tribunaux, et pour cause - le remboursement de 2.950.000 € correspondant aux prix obtenus par lui dans le Tour de France et les autres compétitions. "L'argent sera consacré au développement du cyclisme chez les plus jeunes et aux actions de prévention contre le dopage" - ben voyons...  Le hic, c'est que la FFC (une dépendance de la très innocente UCI) n'a rien à voir avec l'organisation du Tour ni avec le paiement des primes. C'est la Société du Tour de France (filiale de l'ASO - voir plus haut) qui s'en charge, et elle n'a rien demandé : récupérer de l'argent d'un côté pour le redistribuer de l'autre ne fait pas partie de ses priorités.


Dans un registre plus sérieux : fin février 2013, le ministère américain de la Justice, représentant l'Administration postale, un organisme public fédéral, réclame à Armstrong le remboursement de 31 millions de dollars représentant les sommes versées sur fonds publics, entre 2001 et 2004, pour la sponsorisation de l'équipe US Postal.

Deux mois plus tard, il est question d'une somme trois fois plus élevée, en vertu du principe des "Triple Damages" prévu par la loi dite "False Claims Act" invoquée par le ministère. EPO-Lance devrait donc débourser 93 millions de dollars s'il était condamné. Il prétend pour sa part que le délai de prescription est écoulé et que le gouvernement américain était au courant du dopage.


En résumé : Armstrong doit faire face - via les tribunaux - aux demandes de paiement suivantes :

   ■ Sunday Times - 1.000.000 £ ou 1.500.000 $

   ■ SCA Promotions - au moins 12.500.000 $

   ■ US Postal - environ 93.000.000 $

   A suivre...

Le tricheur a vendu sa propriété d'Austin (maison de 700 m², terrain de 7.000 m²) pour pouvoir payer ses avocats. Lesquels doivent se frotter les mains en pensant à tous ces procès. Il paraît que les défenseurs d'Armstrong sont très efficaces. L'un d'eux, Timothy Herman, se vante sur son site Internet d'avoir reçu chaque année depuis 2004, le titre de "Super Lawyer" attribué par le Texas Monthly Magazine. Le 14 octobre 2012, quatre jours après la publication du rapport de l'USADA (voir plus haut), il disait encore que son client se soumettrait volontiers au test du détecteur de mensonges pour prouver son innocence (sic), mais que cela ne changerait probablement rien car tout le monde l'avait déjà condamné par avance - ce que les gens peuvent être méchants...



Et si Lance Dopestrong avait "organisé" sa maladie ?...

Dans une interview à Cyclism'Actu, Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste de médecine sportive et auteur de plusieurs livres sur le dopage (déjà cité plus haut), déclare en août 2012, après la radiation de Lance Armstrong : "Le plus important dans cette histoire ? Tous les vainqueurs du Tour de France et autres ont eu des casseroles mais pour Lance Armstrong, c'était une quincaillerie. Jusqu'au bout, l'Américain se targue de choses qui dépassent l'entendement et à la limite de l'indécence. Je m'explique et vous allez comprendre. Quand il a eu son cancer par exemple, d'accord, il a eu des cures d'EPO. Mais cet EPO ne reste pas forcément longtemps dans l'organisme comme certains ont pu vouloir le faire croire. Et le cancer de Lance Armstrong, il faut tout de même le relativiser. C'est le seul cancer qui est curable, c'est à dire que l'on peut soigner. Personne ou presque ne meurt jamais du cancer des testicules. Pour ce cancer, Lance Armstrong a eu au total quatre cures de chimiothérapie. Et déjà, dès la première chimio, les métastases dans son cerveau* avaient quasi toutes disparu. Il faut savoir aussi que Lance Armstrong n'a jamais vraiment arrêté le vélo pendant sa maladie. Son cancer est une imposture. Et revendiquer aujourd'hui travailler pour la cause du cancer comme il le fait est à la limite du raisonnable..."

* Armstrong avait, paraît-il, un cancer avec des métastases aux poumons et au cerveau.

Dans une autre interview, Richard Virenque, 2ème du Tour 1997, déclare sur Europe 1, après l'annonce des "aveux" d'Armstrong en janvier 2013 : "Ça me rappelle Madoff [l'escroc juif américain]. Armstrong a fait ça dans le sport, c'est un sacré hold-up... Pendant 14 années, il a pu avoir de gros appuis pour faire tout ça. Moi-même, je me pose la question : est-ce qu'un jour il a bien eu le cancer, parce que peut-être que tout ça était organisé."







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