LA GUERRE D'AFGHANISTAN

( I )


I: Riposte ou agression ?     II: Chronologie / Histoire    





RIPOSTE OU AGRESSION ?


Photos des victimes     Guerre et information     Bilan    

Carte de l'Afghanistan




Qu'est-ce qu'une riposte ?   C'est le fait de répondre de manière rapide et vigoureuse à un coup porté par l'adversaire, nous dit M. Larousse. Dans une "riposte", il y a donc deux protagonistes: celui qui a porté le (premier) coup et celui qui y répond. Peut-il y en avoir un troisième, selon le schéma: A frappe B, donc B riposte en frappant C ?   Pour George W. Bush, c'est effectivement possible, car C = A. Eclatante logique: si ce n'est toi, c'est donc ton frère...

Ou pour citer Noam Chomsky, célèbre linguiste et professeur au MIT de Boston: "If somebody robs my house and I think it was someone in the neighborhood across the river, I don’t go out and kill everyone in that neighborhood, that’s not the way you proceed." (Si quelqu'un m'a cambriolé et que je pense que le coupable vient de la localité voisine, de l'autre côté de la rivière, je ne vais tout de même pas aller tuer tous les gens qui vivent là-bas. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.)

Pour Bush, si, c'est bien comme ça que ça se passe. Ben Laden est présumé coupable. Or Ben Laden se cache en Afghanistan. Donc on tue des civils afghans en gueulant "America strikes back"...


ET VOICI LE RESULTAT:




Pour Bush-le-boucher, ils l'ont bien mérité, ils n'avaient qu'à pas faire sauter le World Trade Center...



"Nous ne visons que des cibles militaires et des camps d'entraînement de terroristes" (dixit Colin Powell)


GUERRE ET INFORMATION:

Quelqu'un a dit un jour que la première victime de toute guerre, c'était la vérité. C'est peut-être oublier trop vite les véritables victimes (voir plus haut). Toujours est-il que ceux qui ont déclenché contre l'Afghanistan cette guerre prévue de longue date, en prenant pour prétexte les atrocités terroristes de New York, ont également mis en marche un gigantesque appareil de propagande auquel il est pratiquement impossible de se soustraire. La quasi-totalité des médias, quelle que soit leur forme, diffuse sans interruption le point de vue de la Maison Blanche. Rares sont ceux qui s'opposent à cette mise en condition. Dans cette atmosphère de pogrom, on n'ose plus s'exprimer librement par peur de représailles. On risque, pour un mot de trop, d'être accusé de faire l'apologie du terrorisme.

Ulrich Wickert, un journaliste connu de la télévision allemande, qui avait décelé chez George W. Bush et Oussama Ben Laden des structures de pensée similaires, a dû se rétracter publiquement à la suite du tollé général ayant suivi sa constatation. Et pourtant, quelques mois auparavant personne ne se serait aventuré à parler de "structures de pensée" à propos de George W. Bush. Comme quoi le dernier des crétins peut se hisser au rang de Superman avec l'aide des médias alignés.

Médias dont le rôle essentiel, ces derniers temps, a été de préparer l'opinion à l'idée de la guerre - une guerre inévitable que nous n'avons pas voulue et qui nous a été imposée par l'ennemi public numéro un. Pas de guerre possible, en effet, sans que s'effectue au préalable un énergique lavage de cerveaux. Car l'être humain, a priori, trouve la guerre abjecte et repoussante. Il faut donc lui vendre ce produit dont il n'a nul besoin et qui finira tôt ou tard par le détruire ou le pervertir.

Il est très difficile, dans ces conditions, de trouver des informations et des images reflétant la réalité. Contrairement à la guerre de Yougoslavie, où "l'adversaire" s'exprimait et communiquait son point de vue (via Internet), l'Afghanistan officiel ne dispose d'aucun moyen technique. Les fanatiques religieux de Kaboul, ennemis de la radio et de la télévision, utilisent encore moins le World Wide Web. Et s'ils l'ont fait çà et là de manière officieuse, leurs sites, à la merci d'hébergeurs occidentaux, sont bloqués depuis longtemps.

Parmi les rares sources d'information de première main échappant, en octobre 2001, au contrôle de l'Empire américain, on ne compte guère, exception faite des talibans eux-mêmes et de leur ambassadeur au Pakistan, que la chaîne de télévision Al-Jazeera du Qatar. Mais les pressions exercées sur celle-ci s'accentuent de jour en jour et menacent son indépendance. Les représentants de la Croix-Rouge et des Nations-Unies contribuent également à percer quelque peu le mur de silence et de mensonge qui entoure la situation réelle de la population afghane soumise aux bombardements.


Contrairement aux networks américains serviles ou censurés, Al-Jazeera diffuse des images de l'Afghanistan bombardé.
A droite, un entrepôt de la Croix-Rouge détruit "par erreur"


Les talibans annoncent qu'ils ont abattu un hélicoptère américain et présentent des débris.
Le Pentagone dément d'abord la perte d'un appareil au-dessus de l'Afghanistan et parle de crash accidentel au Pakistan.
Quelques jours plus tard, Washington déclare qu'il s'agit d'un train d'atterrissage perdu en vol par un hélicoptère rentré à bon port. Ben voyons...



CNN - Breaking News
Des images à vous couper le souffle


Guerre "propre" et "frappes chirurgicales"
Comme son père en 1991 pendant la guerre du Golfe, Bush Jr. amuse la galerie avec ses animations style Game-Boy


BILAN:

"How many civilians die isn't the issue. One civilian dead is one too many"
(lu dans un des rares forums de discussion américains encore épargnés par l'hystérie collective)

Le bilan des victimes civiles est difficile, sinon impossible, à établir. Les médias occidentaux, obéissant aux exigences officielles ou pratiquant l'auto-censure, nient tout d'abord qu'il y ait de telles victimes; puis, lorsque l'évidence éclate, ils parlent de "bavures regrettables". Ils minimisent alors à l'extrême ces "dommages collatéraux", prétendant que des objectifs stratégiques se trouvaient à proximité, que l'ennemi pousse la perversion jusqu'à se cacher parmi les civils pour les utiliser comme bouclier humain, ou que des croix rouges sont peintes sur le toit des casernes et camps d'entraînement. Ce scénario suivi par les médias a prévalu lors des guerres contre l'Irak (1991) et contre la Yougoslavie (1999). Pas de raison d'en changer.

Les chiffres cités par l'ambassadeur afghan à Islamabad sont contestés. Propagande, affirment les propagandistes acharnés de la cause américaine. Invérifiable, s'indignent les pressetitués de service, pourtant toujours prêts à recopier sans la moindre vérification les mensonges du Pentagone et de la Maison Blanche.

Alors, qui croire ?...   Le 22 octobre 2001, après quinze jours de bombardements, il y avait déjà un millier de morts civils et davantage encore de blessés. Le chiffre exact est peut-être inférieur, mais qu'importe ?   Aucune de ces victimes n'était impliquée en quoi ce soit dans les attentats du 11 septembre. Elles sont mortes, ou resteront mutilées pour le restant de leurs jours, parce que le terroriste Bush a décidé que c'était là la meilleure façon de se venger du terroriste Bin Laden. Et la terreur contre les populations civiles d'Afghanistan ne fait que commencer...

Quelques données concrètes - très incomplètes - sur les victimes civiles (données émanant de la Croix-Rouge, de l'ONU ou de sources proches des Occidentaux):

  • 9 octobre 2001 - A Kaboul, des bombes détruisent un bureau de l'ONU s'occupant de déminage: 4 morts.

  • 10 octobre - Bombes sur le village de Deh-Sabs ainsi que sur des quartiers résidentiels de Kaboul et de Kandahar: nombreuses victimes.

  • 11 octobre - Bombes sur le village de Karam, près de Djalalabad: il y aurait 200 morts. Un groupe de journalistes occidentaux est autorisé à visiter les ruines.

  • 14 octobre - Bombes sur Kaboul: au moins 4 morts.

  • 16 octobre - Bombes sur un hôpital de Kandahar: 14 morts. / A Kaboul, deux entrepôts de vivres de la Croix-Rouge bombardés.

  • 17 octobre - A Kaboul, une bombe tombe sur une école sans exploser.

  • 20 octobre - Bombes sur le village de Tirin-Kot, au nord de Kandahar: 18 morts.

  • 21 octobre - Un convoi de réfugiés, rescapés de Tirin-Kot, est bombardé: 25 morts (dont 9 enfants)

  • 21 octobre - Bombardement d'un hôpital à Hérat: une centaine de morts.

  • 22 octobre - Bombes sur un autre village près de Kandahar: 52 morts.

  • 22 octobre - Des bombes à fragmentation sont lancées sur le village de Shakar-Kala près de Hérat. Il y a au moins une dizaine de morts; 20 des 45 maisons du village sont détruites. Le reste de la population doit être évacué à cause du danger constitué par les mines ("bomblets") non explosées. Selon un représentant de l'ONU, une infirmerie et une mosquée ont également été détruites.

  • 23 octobre - Bombardement du village de Chokar, à 60 km de Kandahar: 93 tués et 40 blessés (parmi les morts, 18 membres d'une même famille - ils s'étaient réfugiés dans ce village pour échapper aux attaques américaines sur Kandahar) - voir photo ci-dessous:


"The people there are dead because we wanted them dead. The reason? They sympathized with the Taliban"
(un porte-parole officiel des tueurs du Pentagone)

  • 24 octobre - Bombardement d'un village près de Deh-Raud, dans le sud du pays: 12 morts.

  • 24 octobre - Selon une porte-parole de l'ONU à Islamabad (Pakistan), 70 % de la population d'Hérat, de Djalalabad et de Kandahar aurait fui les bombardements.

  • 25 octobre - Bombes sur Kandahar. Un bus est touché; il y aurait une cinquantaine de morts.

  • 26 octobre - Bombardement de deux autres entrepôts de la Croix-Rouge / Bombes sur le village de Wasir-Abad, près de Kaboul: 2 fillettes tuées (6 et 11 ans).

  • 27 octobre - Bombes sur Kaboul: une douzaine de personnes tuées (parmi elles 8 enfants dont 3 bébés).

  • 28 octobre - Les Américains bombardent le village d'Aruqi, dans la province de Kapisa au nord de Kaboul, bien que ce village soit tenu par leurs protégés de "l'Alliance du Nord" : 9 civils sont tués.

  • 30 octobre - Bombes sur un dépôt de médicaments du Croissant-Rouge près de Kandahar: 11 morts / A Kandahar même, des bombes tuent 8 personnes d'une même famille.

  • 10 novembre - Bombardement du village de Shahagha, à 90 km au nord-ouest de Kandahar, à proximité d'un barrage: 128 morts.

  • 15 novembre - Bombes sur Kandahar: au moins une dizaine de morts.

  • 17 novembre - Bombes sur les localités de Khanabad et Charikari: plus de 100 morts.

  • 1er décembre - Bombardement "par erreur" de trois villages situés dans une zone tenue par la coalition anti-taliban: 300 civils tués. Motif invoqué: des "terroristes" se cacheraient dans la région.

  • 2 décembre - Bombes sur Agam, à 40 km de Djalalabad (également un territoire "libéré"): plus de 100 civils tués, dont plusieurs fonctionnaires des nouvelles "autorités" de "l'Alliance du Nord".

  • 3 décembre - Bombardements incessants sur la ville de Kandahar, encore tenue par les talibans. Il y aurait des centaines de morts.

  • 10 décembre - Selon un décompte scrupuleux du Professeur Marc W. Herold, de l'Université du Nouveau-Hampshire à Durham (USA), il y a eu au moins 3.500 victimes civiles en Afghanistan - plus qu'à New York et à Washington. Lire l'article   et   l'annexe.

  • 26 décembre - Bien que la guerre soit "finie", les Américains continuent de bombarder certaines régions où il y aurait encore des talibans ou des hommes d'Al-Quaïda. A Naka, un village de la province de Paktya, un raid nocturne détruit 25 maisons, tuant au moins 40 civils et en blessant 60.

  • 30 décembre - Nouveau bombardement dans la province de Paktya: une centaine de civils tués à Qalaye Niazi, près de Gardez. Selon l'agence Reuters, une douzaine de maisons ont été rasées; d'immenses cratères témoignent de la puissance des bombes utilisées et des morceaux de chair éparpillés confirment les "dommages collatéraux".

  • 30 janvier 2002 - Près de Gardez, au sud de Kaboul, dix personnes tuées par une bombe américaine.

  • 7 février 2002 - A Shawar Kali, au moins trois civils tués au cours d'un bombardement américain.

  • 2 juillet 2002 - A Kakarak, à 120 km au nord de Kandahar, 48 civils qui fêtaient un mariage sont tués dans un bombardement américain, 117 sont blessés. Certaines sources parlent de 300 victimes.

  • 15 avril 2003 - A Shkin, dans la province de Paktya, près de la frontière pakistanaise, onze civils meurent sous les bombes américaines ; on les avait pris, paraît-il, pour des talibans.

  • novembre 2003 - Des bombardements américains tuent huit civils dans un village de montagne de la région du Nouristan, au nord-est de Kaboul.

  • 6 décembre 2003 - Dans la province de Ghazni, l'aviation US massacre "par erreur" neuf enfants soupçonnés de se livrer à des activités terroristes (ils jouaient aux billes). Une semaine plus tard, une "bavure" similaire se reproduit près de Gardez : six enfants tués.

  • 20 janvier 2004 - Un hélicoptère américain bombarde un village dans la province d'Ourozgan, tuant onze civils dont quatre enfants.

  • 8 mars 2004 - L'organisation Human Rights Watch dénonce (du bout des lèvres) les crimes de guerre américains en Afghanistan : assassinats, torture, détentions arbitraires de durée illimitée, etc...



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