Le gouvernement belge prépare des atteintes sévères aux droits démocratiques des activistes de la paix

Edith Flamand - avocate    10/03/2003

URL : http://www.lai-aib.org/lai/article_lai.phtml?section=A1ABCMCA&object_id=18571


150 militants qui voulaient bloquer un convoi ferroviaire ont été arrêtés à Melsele, avant même de pouvoir entrer en action. Un événement peu banal. Pour se justifier, le bourgmestre de Beveren s'est référé à une "directive temporaire contraignante du 22.02.2003" émanant du ministre de l'Intérieur Duquesne. Cette directive interne donne un avant-goût des mesures que le gouvernement a préparées dans le plus grand secret pour le moment où la guerre éclatera vraiment.

Edith Flamand - avocate
10-03-2003

Mesures policières répressives prévues par la «directive contraignante» de Dusquesne. Nous nous limitons à une anthologie:

Recueil de renseignements par les services de police

La directive temporaire contraignante stipule:
«Le principe doit être que l'ensemble des autorités et des services concernés échangent toutes les informations qu'ils détiennent et qui sont susceptibles de contribuer à une évaluation exacte et actuelle de la menace. Il s'agit ici des autorités militaires belges, des services de renseignements civils et militaires et des services de police. Les gestionnaires des voies de communication seront également invités à communiquer toutes les informations utiles. Les services veilleront particulièrement à obtenir toutes les informations nécessaires des autorités américaines. Toutes les informations seront transmises à la police fédérale (DGA/DAO) et à la Direction générale du Centre de crise du gouvernement».

Le texte précise ensuite l'objet des renseignements: «... Les fauteurs de troubles potentiels: les services de renseignement et les services de police intensifient le recueil d'informations sur les groupes (entre autres ceux qui se sont déjà manifestés par le genre d'atteintes à l'ordre public qu'il y a lieu d'empêcher) quant à leurs intentions précises (par exemple achat ou location de matériel particulier indiquant la préparation d'une action)».

Même l'armée peut être engagée

« Il y a lieu d'engager tous les moyens susceptibles de contribuer à cette «sécurité»: hormis les services de renseignement, la police fédérale et l'armée dans le cadre du protocole du 31.01.03. Les dispositifs à mettre en place devront être proportionnés à la menace».

Le cas échéant, des moyens spéciaux pourront être engagés, comme le soutien aérien. «Si les moyens de la police fédérale en personnel et en matériel sont insuffisants, elle pourra ponctuellement faire appel à l'armée».

Un «avant-goût» du plat de résistance

Le ministère de l'Intérieur a préparé un plan d'intervention qui peut entrer en vigueur immédiatement dès qu'une guerre en Irak entraîne une menace concrète et précise en Belgique». Anne Grandjean, porte-parole du ministère de l'Intérieur, n'a pas voulu donner beaucoup de commentaires hier. «Vous comprendrez que nous ne voulons pas dévoiler nos cartes. Mais je puis vous dire que la situation en matière de sécurité du pays est évaluée par des experts heure après heure, minute après minute et seconde après seconde».

Grandjean a toutefois confirmé que la coordination du plan d'urgence était assurée par des experts de différents départements: sûreté de l'Etat, police judiciaire, ministère de l'Intérieur et Défense. La porte-parole ajoutait qu'en ce moment il n'était pas envisagé de garder des policiers et des militaires en standby. «Pour la première phase du plan, on pourra faire appel aux permanences de la police et à d'autres services».

Grandjean a par ailleurs refusé de préciser si en cas de danger certaines personnes comme le roi et le premier ministre Verhofstadt seraient placés en sécurité. Les pays voisins se préparent également face aux menaces qu'entraînerait en Europe une guerre contre l'Irak. Ainsi, la ville d'Amsterdam a mis sur pied un dispositif visant à assurer une surveillance spéciale de divers «équipements vitaux et objets symboliques», c'est-à-dire: gares des chemins de fer, métro, installations portuaires, réserves pétrolières, palais royal, grands musées. (Source: De Morgen, 03.03.2003, p. 1)

Port d'Anvers colonisé par les Etats-Unis

« Port d'Anvers - colonie des Etats-Unis»: c'est ce qu'on pouvait lire sur une pancarte d'un activiste dans le port d'Anvers. Duquesne confirme cette thèse dans sa «directive contraignante»: «Les services veilleront en particulier à obtenir toutes les informations utiles des autorités américaines». Cette collaboration active de notre gouvernement à l'installation des troupes dans le Golfe est donc un fait, en dépit de la démagogie pacifiste de Verhofstadt.

Le pouvoir des Etats-Unis dans le port d'Anvers est une réalité. Des spécialistes américains assurent depuis de nombreuses années des formations à des policiers belges en matière de lutte contre le terrorisme dans les ports. Le cours est intitulé `Seaport Security Antiterrorism Trainingprogram' et il est donné à l'initiative du 80th Aerea Support Group Caserne de Chièvres, entre Mons et Aat. Cette caserne abrite uniquement des Américains.

Ces formations en matière de lutte contre le terrorisme destinées aux services de police sont organisées depuis environ huit ans dans le monde entier. L'organisateur est le Federal Law Enforcement Trainingscenter de Glynco en Géorgie, centre qui fait partie du ministère américain des Finances. (Source, De Morgen du 31 août 2001, onze jours avant le 11 septembre...)

«Nous avons déjà trop de travail...»

... pourquoi ferions nous ce travail pour les Américains? Les membres du syndicat CGSP des policiers s'opposent à ces tâches de répression et ils refusent de les assumer. Compréhensible si on lit la «directive contraignante» de Duquesne qui prévoit l'obligation pour les services de police de faire des heures supplémentaires.

les citations de la directive de Duquesne ont été traduite librement du néerlandais par la rédaction.