LA GUERRE D'IRAK

( I - 2002)



I : L'agression annoncée     II : L'invasion     III : L'occupation    IV : La résistance    V : La guerre de libération ?





L'AGRESSION ANNONCÉE

12 ans d'embargo     Dictateur sanguinaire ou dirigeant charismatique ?
Comment déclenche-t-on une guerre ?     Farce onusienne     L'ombre de Sharon     A contre-courant
Compte à rebours     Fouineurs frustrés     Chirac et l'Irak     Schröder et l'Irak
Powell va au charbon     "Fuck the Frogs"     Les "pacifistes" sont de retour     Manifestations anti-guerre     Derniers jours



"Bush a dit, en parlant de l'Irak, qu'on ne pouvait pas attendre d'avoir des preuves irréfutables.
En fait, il avait déclaré la même chose à propos des élections de Floride.
"
(Jay Leno - NBC Tonight Show)

"L'Irak ne constitue pas une menace pour les Etats-Unis. Si c'était le cas, les Américains se garderaient bien d'attaquer ce pays, comme ils se sont gardés d'attaquer l'URSS... La grande superpuissance américaine est une hyène qui prend soin de choisir ses proies petites et vulnérables."
(Israël Shamir - journaliste israélien)

"Tant que les inspecteurs de l'ONU n'ont pas la possibilité de visiter les sites israéliens de Dimona et de Nes Tsiona, tant que les armes de destruction massive qui y sont produites et stockées n'ont pas été détruites, il n'y a aucune raison de dénoncer unilatéralement l'Irak."
(Israël Shamir)

"L'ennemi public, ce n'est pas Saddam Hussein mais George Bush."
(Scott Ritter - ancien inspecteur en désarmement de l'ONU)



DOUZE ANS D'EMBARGO ET DE SOUVERAINETÉ RESTREINTE:

Rendue possible par le démantèlement de l'URSS et déclenchée suite à une provocation américaine contre son ancien allié de Bagdad, la guerre du Golfe de 1991 a duré environ six semaines. Six semaines de bombardements pratiquement ininterrompus, détruisant l'infrastructure civile du pays et causant non seulement de lourdes pertes militaires* mais aussi des dizaines de milliers de victimes civiles, peut-être même des centaines de milliers. Le bilan exact ne sera sans doute jamais connu. Entre les mensonges américains destinés à masquer l'ampleur réelle des atrocités perpétrées par George W. Bush père et ses acolytes, et le silence de Bagdad soucieux de camoufler, pour des raisons d'amour-propre et de prestige, l'étendue véritable des pertes irakiennes, la vérité a bien peu de chances d'émerger.

* Outre les bombardements, on sait que de très nombreux soldats irakiens ont perdu la vie au cours des "combats" terrestres. Des dizaines de milliers d'entre eux ont péri dans les tranchées du désert, ensevelis vivants par les chars de l'armée US. D'autres ont été massacrés après s'être rendus ou ont été tués par des tirs d'artillerie plusieurs jours après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Beaucoup de militaires alliés sont morts sous le "feu amical" américain et quelque 4000 GIs ont été, sans le savoir, victimes des obus à l'uranium utilisés par leur propre armée. (Lire ici un article de Michel Collon sur ce massacre final perpétré par les Américains.)

L'agression américaine (mais aussi britannique et française), présentée à l'opinion mondiale comme une opération de défense, et largement perçue comme telle du fait de l'invasion préalable du Koweït par les troupes irakiennes, n'a cependant pas pris fin avec le cessez-le-feu de mars 1991.


Source: Le Monde Diplomatique

Après quelques jours de guerre terrestre sans risques excessifs pour leurs troupes, les Américains ont jugé bon de renoncer à une conquête totale du pays pour ne pas compromettre leur victoire partielle acquise grâce à une supériorité technique écrasante. Au lieu de cela, Washington a préféré, par le biais d'une ONU rendue docile, imposer à Bagdad un strict embargo économique et s'arroger un droit de contrôle sur les deux tiers de l'espace aérien et sur l'ensemble des installations terrestres de l'Irak, sous prétexte que ce pays disposerait d'armes de destruction massive.

Bien sûr, cette affirmation est absurde; elle a même été contredite par d'anciens membres des missions d'inspection (par exemple Scott Ritter dans une interview au Monde du 30 octobre 2002), le seul but de ces missions étant de faciliter l'espionnage permanent du pays vaincu. Quant à l'embargo, on sait que ses victimes se comptent par centaines de milliers dans la population civile et que les enfants sont particulièrement touchés. L'UNICEF a constaté un doublement de la mortalité infantile en l'espace de dix ans. Malnutrition, maladies causée par l'eau contaminée, manque de médicaments sont quelques-uns des fléaux que l'Amérique et ses satellites imposent aux Irakiens.

La propagande occidentale nie les effets de l'embargo en invoquant les programmes oil for food mis en place par l'ONU. Ils autorisent l'Irak a vendre une petite partie de son pétrole en échange d'une "aide humanitaire". En fait, dans ce type de programme, nourriture et médicaments sont vendus au prix fort, tandis que la moitié des fonds provenant des livraisons de pétrole reste bloquée et sert à financer les "inspections" américaines en Irak et à indemniser les grandes sociétés US (Texaco, par exemple) dont les installations en territoire irakien ont été détruites par les bombardements de la guerre du Golfe.

Le nord-est du pays, déclaré "zone autonome kurde", est soustrait à l'influence du gouvernement central. Les services secrets turcs et américains y font pratiquement la pluie et le beau temps. De temps à autre, l'armée d'Ankara vient y "rétablir l'ordre" et veille à ce que les Kurdes irakiens restent divisés et affaiblis. La Turquie veut à tout prix empêcher la naissance d'un Etat kurde indépendant qui affecterait à moyen terme sa propre unité territoriale. (Voir la carte des zones de peuplement kurde - source : Le Monde Diplomatique).

Malgré cette situation, jugeant sans doute que même une paix précaire constituerait un signe de bonté excessive vis-à-vis de Bagdad, les Etats-Unis n'ont jamais cessé leurs bombardements depuis 1991, interdisant ainsi toute reconstruction (en 1998, les raids aériens ont été particulièrement violents). Un tel comportement tombe sous le coup de toutes les lois nationales et internationales qui répriment les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité.

Mais ce n'est pas encore assez. Depuis le 11 septembre 2001, le gendarme américain n'a plus de comptes à rendre à personne. Le monde entier le suit docilement. Après la phase 1 (guerre contre l'Afghanistan) et la phase 2 (guerre israélienne contre les Palestiniens), la troisième phase de la guerre globale peut débuter (contre l'Irak, cette fois).


Quand le "dictateur sanguinaire" était encore un "dirigeant charismatique":

En janvier 1985, la guerre Irak-Iran bat son plein. Pour l'Américain moyen, les choses sont claires: d'un côté, les ayatollahs iraniens et leur régime intégriste et médiéval, responsable de la douloureuse prise d'otages de 1979 à l'ambassade américaine de Téhéran; de l'autre, l'allié irakien, moderne et tolérant.

A la tête de cet Etat ami, un grand chef, une personnalité exceptionnelle: Saddam Hussein.

National Geographic, un magazine on ne peut plus apolitique et mainstream, publie la photo ci-contre et écrit: "A mesure que le temps passe, la popularité de Saddam Hussein, amplifiée par le conflit avec l'Iran, ne cesse de croître, semble-t-il. On le voit tous les soirs à la télévision, souvent en train d'inspecter le front. Président depuis 1979 et chef du parti au pouvoir, le Parti socialiste arabe Baas, Saddam allie le socialisme au nationalisme arabe."

Et un peu plus loin: "Dans les rues de la capitale, c'est une profusion de portraits plus grands que nature qui présentent le président irakien Saddam Hussein sous un jour héroïque."

Pas un mot ne suggère au lecteur qu'il pourrait s'agir d'une dictature.

Ni que la guerre que le pays mène depuis cinq ans contre son voisin, est commanditée et soutenue par les Etats-Unis, et que les dizaines de milliers de jeunes soldats irakiens pour qui "le président Saddam a fait ériger le gigantesque Dôme des Martyrs", sont morts pour rien, tout au plus pour assouvir l'appétit de vengeance d'une certaine Amérique et enrichir ses industries d'armement.



COMMENT DÉCLENCHE-T-ON UNE GUERRE EN 2002 ?

Mise en condition:

La nouvelle agression est annoncée depuis longtemps, et pourtant, rares sont ceux qui s'en offusquent. Les médias serviles justifient la "nécessité d'une action" contre l'Irak par le prétendu refus de ce pays de se plier aux contrôles de l'ONU. On sait pourtant depuis des années que le gouvernement de Bagdad ne s'oppose pas aux contrôles internationaux. Il refuse par contre l'espionnage systématique pratiqué par les envoyés américains qui se chargent de repérer sur le terrain des installations civiles difficilement identifiables depuis l'espace, afin de mieux pouvoir les faire détruire quelques semaines plus tard par les bombardiers de l'US Air Force.

Bagdad demande, à juste titre, que les contrôles soient véritablement exercés par les Nations Unies, et non par les USA, et que l'embargo prenne fin sans délai.

En octobre 2002, voyant que l'opinion publique n'est pas très chaude pour une nouvelle guerre, les agresseurs américains s'apprêtent, le cas échéant, à agir seuls. Leur pantin européen préféré, le sinistre Tony Blair, a "préparé un dossier" contre l'Irak*. C'est sa spécialité : un an plus tôt, il avait présenté au monde les "preuves de la culpabilité" de l'Afghanistan. De toute évidence, le ridicule ne tue pas, puisque Blair est encore en vie - contrairement à des milliers de civils afghans.

* Cet article du Réseau Voltaire nous explique comment Brico-Blair s'y prend pour fabriquer ses irréfutables dossiers : Bidonnage.

Pour secouer les chefs d'Etat détenteurs de veto qui se font encore tirer l'oreille, Washington a plus d'un tour dans son sac. Chirac doit en savoir quelque chose (rebellion en Côte-d'Ivoire, cette chasse gardée de l'Elysée, et attentat contre un pétrolier français au large du Yémen); Poutine également (prise d'otages de Moscou par des terroristes tchétchènes téléguidés). Quant aux autres indécis de par le monde, il devraient changer d'avis à la vue de cette étrange vague d'attentats qui secoue le globe (Philippines, Helsinki, sniper de Washington, Bali, Kenya...)

Dans les pays occidentaux, la résistance à l'agression annoncée est très variable selon les pays : quasiment nulle en France (la "gauche" ira-t-elle, le moment venu, manifester avec la droite contre Saddam Hussein et pour Israël ?)*, plus substantielle en Angleterre et aux Etats-Unis** (avec la participation d'acteurs et cinéastes réputés: Jane Fonda, Barbra Streisand, Danny Glover, Samuel Jackson, Sean Penn, Dustin Hoffman, George Clooney, Matt Damon, Elliott Gould, Peter Coyote, David Duchovny, Gillian Anderson, Mike Farrell, Ethan Hawke, Richard Gere, Mia Farrow, Kim Basinger, Jill Clayburgh, Ed O'Neill, Susan Sarandon, Tim Robbins, Jessica Lange, Martin Sheen, Robert Altman, Oliver Stone, Michael Moore...), gigantesque en Italie (1.000.000 de personnes à Florence). Mais les médias n'en parlent pratiquement pas, préférant disserter doctement sur les possibilités qui s'offrent au gouvernement américain dans sa "gestion du dossier irakien", ou répercuter docilement les tirades habituelles sur l'acuité de la menace terroriste.

* Certains hommes politiques de droite, en France, sont plus "à gauche" que la prétendue "gauche". Ainsi, Philippe de Villiers déclare le 5 février 2003, à propos des "preuves" présentées par Colin Powell au Conseil de Sécurité (voir plus bas): "La démonstration américaine a fait chou blanc. Powell a dissimulé que les vraies raisons de l'intervention américaine étaient ailleurs. Elles ne sont pas liées au terrorisme ou aux armes de destruction massive. Il s'agit d'une entreprise de colonisation de l'Irak. La France doit par conséquent s'opposer de toutes ses forces à cette guerre."

** Sites américains contre la guerre:   A.N.S.W.E.R.     Not In Our Name     Artists United www
Une arme anglaise contre l'agression militaire et le crétinisme présidentiel: The Madness of George Dubya de Justin Butcher connaît un immense succès théâtral à Londres.
A Paris, une pièce similaire, Bush ou le triste cow-boy de Dieu, montée par la Comédie Italienne vaudra à son auteur Attilio Maggiulli d'être agressé à coup de couteau par des racistes anti-arabes. Les représentations ne pourront reprendre qu'après plusieurs jours d'interruption.



Peu avant d'envahir la Pologne, en 1939, Hitler disait qu'il importe peu que le prétexte avancé pour déclencher la guerre soit crédible ou non car, après tout, on ne demande pas au vainqueur s'il a dit la vérité ou pas. Les terroristes de la Maison Blanche vont plus loin encore; leurs prétextes varient de jour en jour : refus de contrôle de la part de Bagdad, refus de coopération, production d'armes de destruction massive, menace future, menace présente, tentative d'assassinat sur la personne de Bush père, soutien à Al-Qaïda, axe du Mal, régime dictatorial, refus de changer de gouvernement, refus de désarmer, refus de montrer aux "inspecteurs" ce qu'ils cherchent et ne trouvent pas, refus d'avouer sa culpabilité, refus de prouver son innocence, etc. etc... *   Les mobiles véritables (faire main basse sur le pétrole irakien, accroître les profits des industries d'armement, tester de nouvelles armes, répondre aux exigences d'Israël, relancer l'économie américaine) ne sont bien entendu jamais mentionnés.

* Pourquoi ne pas dire carrément: refus de faire exploser au-dessus de Bagdad une de ces armes de destruction massive ? C'est peut-être le prétexte que Bush garde pour la fin, sait-on jamais ?...

Ben Laden, quelle aubaine !

Youkaïdi, youkaïda, c'est encore Al-Qaïda...

Farce onusienne:

En novembre 2002, Washington semble avoir repris en main ses vassaux indisciplinés; le Conseil de Sécurité de l'ONU, au garde-à-vous, accepte la résolution américaine qui fournira le prétexte définitif pour attaquer l'Irak.

Que dit le texte de cette résolution 1441 ?...   Il pourrait sembler futile et vain de s'y attarder, puisque la décision de faire la guerre est prise depuis longtemps et que les préparatifs militaires sont en cours. Mais certains détails sont si symptomatiques de l'arrogance américaine, qu'il n'est pas possible de les passer sous silence.

Bagdad doit, dans les 30 jours, remettre une liste actualisée, exacte, complète et totale de tous les aspects de ses programmes visant à développer des armes nucléaires, chimiques et biologiques, et indiquer les endroits précis où s'effectuent les travaux de recherche, où se trouvent les installations de production et où sont stockées ces armes.

Si le gouvernement irakien ne fournit pas cette liste - puisque, comme il ne cesse de le répéter, il ne dispose de rien de tel -, alors il a violé la résolution de l'ONU, et la guerre peut commencer. On fait d'ailleurs confiance aux "inspecteurs" pour trouver quelque chose; au besoin, ils apporteront eux-mêmes leurs "pièces à conviction". Si, au contraire, l'Irak présente la liste demandée, c'est qu'il a menti jusqu'alors, et les USA obtiennent ainsi une "justification supplémentaire" pour lancer leurs attaques.

En outre, il est prévu que la protection des "inspecteurs" et de leurs "installations" sera assurée par "un nombre suffisant de gardes de sécurité de l'ONU". De cette manière, les Etats-Unis peuvent positionner en toute légalité leurs premières "forces terrestres" en territoire irakien.

Ils s'arrogent aussi le droit d'interroger qui bon leur semble et de faire quitter le pays à qui ils voudront, sans que l'Irak puisse s'y opposer, sous peine de violation de la résolution. A la limite, les "inspecteurs" et les marines déguisés en casques bleus peuvent même décider d'appliquer cette clause à la personne du président.

La résolution 1441 rappelle par certains côtés le "traité" de Rambouillet de 1999 sur le Kosovo. L'annexe B à ce "traité" prévoyait pour la Yougoslavie un régime d'occupation semblable à celui que Washington veut imposer à l'Irak. L'OTAN avait alors déclaré en substance: si Serbes et Albanais ne signent pas ce document, nous bombarderons la Serbie. Milosevic avait refusé de se soumettre aux conditions humiliantes de l'annexe B - avec les conséquences que l'on sait.

Saddam Hussein, lui, se plie à la résolution 1441. En acceptant ce diktat, Bagdad s'accorde un répit de quelques semaines ou de quelques mois. Et pendant ce temps, en Occident et ailleurs, tous les bons apôtres, tous les tartuffes, tous les partisans honteux de la guerre américaine peuvent se donner bonne conscience et rejeter la faute sur le "dictateur irakien".

On ne soulignera jamais assez la responsabilité personnelle des dirigeants politiques russes, chinois et français, qui ont abdiqué leur souveraineté alors qu'ils avaient la possibilité d'empêcher, dès novembre 2002, le crime qui se prépare. En s'opposant énergiquement à toute forme de guerre contre l'Irak, et à toute nouvelle résolution agressive, ils auraient pu entraîner derrière eux, dans une coalition active, un grand nombre de pays hésitants, à commencer par la plupart de ceux qui siègent au Conseil de Sécurité, sans oublier l'Union Européenne et le monde arabe.

Personne ne nie que les pressions de toutes sortes sont considérables à l'encontre des contestaires éventuels, petits ou grands, mais la lâcheté de certains comportements donne parfois la nausée. A New York, face à George Bush, Chirac et Poutine, en acceptant la résolution 1441, jouent le rôle que Daladier et Chamberlain jouaient face à Hitler en signant le traité de Munich. Sous prétexte de "sauvegarder la paix", ils livrent l'Irak aux appétits de l'ogre américain, comme leurs sinistres prédécesseurs avaient livré la Tchécoslovaquie au monstre nazi, sachant pertinemment qu'une concession en appelle d'autres. La politique d'apaisement reste aussi néfaste en 2002 qu'en 1938; Poutine ne devrait pas tarder à s'en apercevoir.

L'ombre de Sharon:

Un des aspects particulièrement alarmants de cette nouvelle guerre annoncée, est le rôle qu'y joue ou y jouera l'Etat d'Israël. On sait que le gouvernement américain a donné à Sharon l'assurance que les USA ne feraient rien pour empêcher une intervention israélienne "au cas où Saddam Hussein s'en prendrait à l'Etat juif". En 1991, lors de la guerre du Golfe, les Irakiens avaient lancé sur Israël quelques missiles Scud et causé des pertes humaines et des dégâts matériels. Bush père avait alors dissuadé les Israéliens de répondre à ces attaques. Yitzhak Shamir, ancien terroriste du Groupe Stern et chef du parti de droite Likoud, était alors au gouvernement et s'était plié aux volontés tactiques de Washington.

Douze ans plus tard, Ariel Sharon, un terroriste autrement plus dangereux et autrement plus influent, occupe les mêmes fonctions et est bien décidé à "frapper un grand coup". Il poursuit deux objectifs: d'une part, anéantir définitivement l'Irak, qui a très longtemps été la seule menace sérieuse pour l'Etat sioniste (ce n'est pas le cas en 2002 car Bagdad n'a plus de missiles à longue portée); d'autre part, expulser de Cisjordanie et de Gaza le plus grand nombre possible de Palestiniens afin d'annexer purement et simplement ces territoires occupés depuis 1967.

Il ne sera sans doute pas difficile au Mossad de mettre en place une provocation adéquate ou d'organiser un attentat antijuif suffisamment sanglant pour "justifier une riposte" permettant de réaliser les nouveaux plans stratégiques du sionisme.

Le régime israélien et son intouchable lobby sont directement représentés au sein de la junte gouvernementale de Washington, en particulier au Ministère de la "Défense" que dirige le psychopathe et criminel de guerre Donald Rumsfeld. Paul Wolfowitz, son adjoint, et Richard Perle, président du Defense Policy Board, veillent à ce que les volontés de Sharon y soient respectées. L'enragé Perle, qui est aussi directeur du journal Jerusalem Post et entretient d'excellentes relations avec les industries israéliennes d'armement (Soltam), constitue l'exemple le plus criant de la double allégeance judéo-américaine. Ce sharognard modèle compte parmi les pires fauteurs de guerre du gang Bush. Il réclame depuis toujours la destruction de l'Irak et prépare déjà les prochaines agressions contre l'Iran, la Syrie et l'Arabie Saoudite. Sa position relativement modeste dans l'appareil politique est sans commune mesure avec son influence réelle.

Voir aussi nos pages sur le conflit palestino-israélien et ce site américain : No War For Israel.


A contre-courant  (pas trop):

Novembre 2002: en pleine crise irakienne, alors que les ressortissants occidentaux s'apprêtent à quitter le pays pour ne pas s'exposer aux bombardements américains et à la vengeance des victimes, l'Allemand Bernd Stange fait comme si de rien n'était et emprunte la direction opposée. Il vient de signer un contrat faisant de lui l'entraîneur de l'équipe nationale irakienne de football.

Cet ancien sélectionneur du Onze de RDA (de 1983 à 1988), après un passage en Australie et au Sultanat d'Oman, cherchait un club professionnel allemand susceptible de l'employer. N'ayant rien trouvé, il est allé offrir ses services à la fédération irakienne.

Stange considère que l'Irak est un pays comme les autres et précise que son geste est totalement apolitique. Si tout va bien, il espère obtenir la qualification de son équipe pour le prochain Mondial qui aura lieu en Allemagne en 2006.


14 février 2003: sur les conseils de l'ambassade allemande, Bernd Stange regagne "provisoirement" son pays. Il retournera en Irak "après la guerre", dit-il - son contrat le lui permet.

Faut-il en rire ou en pleurer ?...


[En juillet 2003, Stange fait le voyage de Bagdad et reprend contact avec son équipe. Mais il y a peu d'espoir que l'entraînement puisse sérieusement recommencer de si tôt. Le stade national, en partie ravagé, sert de camp militaire aux occupants américains. Les Irakiens ont d'autres soucis que le foot. Un match amical a tout de même lieu dans le stade d'une équipe locale contre une sélection de l'ambassade d'Allemagne.

Stange repart ensuite dans son pays et y fait venir la plupart des joueurs. Avec l'aide de la fédération allemande, on parvient à caser les Irakiens et à reprendre l'entraînement. Le retour en Irak semble exclu pour longtemps, surtout pour l'entraîneur, qui refuse de courir le moindre risque. Il démissionne en juillet 2004 et passe le flambeau à son adjoint, l'Irakien Adnan Hamad.

En août, aux J.O. d'Athènes, l'équipe obtient de bons résultats et accède en demi-finale.  Plusieurs joueurs protestent publiquement contre l'occupation de l'Irak et dénoncent les crimes de guerre américains. Une des stars de l'équipe, Ahmed Manajid (il est originaire de Falloudja), déclare même : "Si je n'étais pas ici, je serais sûrement en train de me battre dans un groupe de la résistance."]



COMPTE À REBOURS:

Menaces:

Pour se convaincre de l'absurdité de la farce mise en scène par les manipulateurs de l'ONU, il suffit de lire ce qu'écrit la presse anglaise (Observer, Guardian) le 17 novembre 2002, c'est-à-dire la veille de l'arrivée des "inspecteurs" à Bagdad (voir ici). Les plans de guerre anglo-américains prévoient, dès le premier jour, une attaque militaire massive tant aérienne que terrestre, afin de montrer aux soldats irakiens qu'ils n'ont d'autre choix que de "se rendre ou mourir". On utilisera une nouvelle génération d'armes "intelligentes" ainsi que des bombes électromagnétiques. "Les pertes irakiennes seront très lourdes au cours de la phase initiale", menace le scribouillard de service, fier de citer les tueurs de l'état-major. Même en tenant compte de la part de propagande contenue dans de telles "indiscrétions", on mesure le degré d'arrogance criminelle de ces plans.

La comparaison Bush-Hitler, qui pouvait sembler exagérée quelques mois plus tôt (par exemple, lorsque Herta Däubler-Gmelin, la ministre allemande de la Justice de l'ancien gouvernement Schröder, l'avait faite avant de se rétracter et de perdre son poste), cette comparaison s'impose de jour en jour davantage. On sait que dans les semaines précédant l'agression nazie contre la Pologne, en septembre 1939, l'hystérie verbale était à son comble, dénonçant la prétendue "menace polonaise" et prévenant que la "riposte" allemande serait "implacable". La presse aux ordres, comme le Völkischer Beobachter, relayait docilement et voluptueusement ces éructations guerrières. Ironie du sort, le mot allemand Beobachter se traduit en anglais par Observer.

Si le rapprochement Bush-Hitler peut paraître bancal, c'est bien sûr parce que le crétin de la Maison Blanche n'est jamais qu'un instrument aux mains d'un groupe de comploteurs dont beaucoup sont inconnus du public. Hitler, lui, agissait de son propre chef et dirigeait réellement le noyau fasciste qui dominait le pays et s'apprêtait à mettre le monde à feu et à sang. Et à notre connaissance, son intelligence n'a jamais été mise en cause.   Mais au-delà de ces nuances personnelles, qu'on ait affaire au freak américain de 2003 ou au freak allemand de 1933, l'un et l'autre se défoulent avec le soutien et pour le plus grand profit de ceux qui les ont portés au pouvoir - derrière le freak, le fric...

En ce qui concerne l'engagement massif de troupes terrestres dès le début de l'attaque, dont parle l'Observer, on peut se demander si les choses se passeront vraiment de cette façon*, vu le déroulement des agressions précédentes (Afghanistan 2001, Yougoslavie 1999, Irak 1991). Le signe distinctif de l'armée américaine depuis la guerre de Corée est précisément la lâcheté de ses troupes et de ses chefs. Le "courage" tant vanté par les navets hollywoodiens consiste, sur le terrain, à ne s'engager qu'en ayant pour soi une écrasante supériorité numérique et matérielle. Les "rambos" de la réalité rasent d'abord les écoles à coup de missiles et s'aventurent ensuite dans les ruines, armés jusqu'aux dents, et encore... Faire la guerre à cent contre un contre des "ennemis" de la taille de Grenade, de Panama, de la Libye ou de la Serbie, voilà qui permet au dernier des froussards au crâne rasé de se sentir l'âme d'un héros. Quant à leur "commandant en chef", George W. Bush Jr., qui est maintenant le pire fauteur de guerre qui soit, on sait qu'il avait préféré se planquer lorsque la guerre faisait rage au Viêt-Nam et qu'il risquait d'en subir personnellement les conséquences. Grâce aux excellentes relations de son père, c'est au Texas, dans la Garde nationale, que la lavette de Washington a "combattu le Viêt-Cong".

* Finalement, l'attaque terrestre a bien lieu dès les premiers jours. Sous-estimant la capacité et la volonté de résistance des Irakiens, les agresseurs subissent d'assez lourdes pertes - voir notre page sur   la guerre contre l'Irak.

Pour en revenir au rôle de la presse, on peut dire d'ores et déjà que la censure militaire sera plus stricte que jamais. La "coopération" entre le Pentagone et ses laquais des grands médias devrait être sans faille. L'armée organise des Boot Camps (camps d'entraînement) destinés à accoutumer la journaille aux conditions du "front" et à la discipline "patriotique". Toute vélléité d'indépendance à la Al-Jazeera sera réprimée.*

* Ce qui est plus facile à dire qu'à faire, comme le montre la suite des événements. En fait, la censure n'est efficace qu'à l'intérieur des Etats-Unis. Mais même là, on ne peut empêcher les Américains désireux de s'informer de consulter les sources indépendantes disponibles sur Internet.

Lire ici une interview de Peter Arnett ancien correspondant de CNN à Bagdad et seul journaliste occidental à être resté sur place pendant la guerre du Golfe de 1991.

Voir aussi Answering Bush's big myths about Iraq (format pdf).

Faut-il aimer Saddam Hussein pour défendre l'Irak contre l'agression américaine ?
Lire ici l'opinion de Jean Bricmont, professeur à l'Université Catholique de Louvain.


Bruxelles - 15 février 2003   (photo : www.solidaire.org)

Lorsque la presse alignée ne suffit plus, on fait appel à la publicité payée et à quelques autres méthodes dignes de la Propaganda-Staffel.

Vous ne verrez pas les horreurs de la guerre (article de Robert Fisk dans le quotidien britannique The Independent - 26 janvier 2003).
Ce sera, plus que jamais, la guerre de la désinformation (du même auteur - 16 mars 2003).


Fouineurs frustrés:

"Il est difficile d'attraper un chat noir dans une pièce obscure, surtout s'il n'y a pas de chat" (Confucius)

Début décembre 2002, les "inspecteurs" sont sur place et ne trouvent rien. La Maison Blanche s'énerve, lance contre ceux des fouineurs qu'elle ne contrôle pas suffisamment une campagne de diffamation répercutée par les médias. Condoleezza Rice, conseillère en matière de "sécurité" et Ari Fleischer, porte-parole officiel, avaient exigé des "inspecteurs" qu'ils kidnappent* purement et simplement les scientifiques irakiens soupçonnés de participer aux programmes d'armement, afin qu'on puisse les "questionner" en paix hors de portée du "dictateur de Bagdad". (Où exactement auraient lieu ces "interrogatoires" ?  A Guantánamo ? En Israël ?) Les envoyés de l'ONU n'ont pas encore obtempéré. Scandale...

* Les journalistes Bill Vann et Barry Grey écrivent à ce propos sur le World Socialist Web Site: "Caractériser l'administration Bush comme une clique de gangsters politiques n'est pas une simple image. Ces gens sont arrivés au pouvoir grâce à la fraude électorale et à l'intimidation. Pour assouvir leurs appétits carnassiers, ils sont prêts à utiliser des méthodes criminelles allant de l'enlèvement à l'assassinat en passant par l'emprisonnement illégal."
Ce qui se déroule sous nos yeux depuis septembre 2001, est-ce vraiment le monde réel, ou assistons-nous à une représentation de l'Arturo Ui de Bertolt Brecht ?


Le 7 décembre, lorsque l'Irak présente un rapport de 12.000 pages (+ 12 CD-ROM) pour prouver qu'il ne produit pas et ne possède pas d'armes de destruction massive, Bush, sans avoir vu le rapport, déclare que Saddam Hussein ment, que ce n'était pas ce qu'on lui avait demandé (on lui demandait d'avouer), et que la seule solution, c'est la guerre.

Cette guerre aura lieu, quel qu'en soit le prix. Les "experts" nous disent déjà qu'elle coûtera 200 milliards de dollars. Ils oublient seulement de préciser dans quelles poches passera le plus gros de cette somme.

Le 15 décembre, sur ordre du Pentagone, le pantin Hans Blix, chef des inspecteurs-marionnettes de l'ONU, met en demeure le gouvernement de Bagdad de lui fournir dans les deux semaines une liste de tous les scientifiques irakiens kidnappables. Pourquoi faire semblant d'analyser un rapport-mammouth quand on peut se procurer un prétexte de guerre à bien meilleur compte ?...

La mobilisation anglo-américaine est en cours, troupes et matériel affluent vers les bases militaires de la région. Le casting pour le recrutement des fantoches irakiens de l'après-Saddam bat son plein*. Les bombardements sur les "zones d'exclusion" au nord et au sud du pays se poursuivent sans que la presse en parle. Et le jour "J" pour le déclenchement de la "vraie guerre" est probablement déjà fixé pour la mi-février.

* Le dictateur Abdallah II, parasite royal jordanien, espère bien que les Américains rétabliront la monarchie à Bagdad et qu'une marionnette hachémite (c'est le nom de la dynastie d'Amman) sera placée sur le trône. Sharon a déjà donné son accord.

Le 17 janvier 2003, pour montrer qu'ils font le travail pour lequel on les paie, les pseudo-inspecteurs "trouvent" des ogives de roquettes vides vieilles de dix-sept ans, déjà répertoriées dans le rapport remis le 7 décembre. Chez un professeur d'université, ils saisissent des "documents secrets", en l'occurrence des mémoires présentés par des étudiants quinze ans plus tôt et déjà connus de l'ONU depuis 1991. Ces "découvertes capitales" ont surtout pour objet de préparer la phase finale de désinformation de l'opinion publique.


Chirac, Schröder et l'Irak:

Janvier 2003: Chirac et Schröder fêtent à Versailles quarante ans d'amitié contractuelle franco-allemande. C'est l'occasion de faire de beaux discours et de réaffirmer sa position sur la question irakienne. Mais quelle position ?....

Côté français:

Chirac considère que "la guerre est la plus mauvaise des solutions" et que "toute décision appartient au Conseil de Sécurité de l'ONU". Jolie phrase...

Comme le président français dispose d'un droit de veto à New York, on se demande comment les Nations Unies pourraient, sans son consentement, opter pour la "plus mauvaise des solutions".

S'il le voulait, Chirac pourrait dire sans ambiguïté :

1) que la France entend bloquer toute nouvelle résolution impliquant une guerre contre l'Irak (quels que soient les prétextes invoqués)
2) que la France condamne par avance toute agression contre ce pays.*

Que se passerait-il si le président avait le courage d'agir ainsi ?

Le groupe pétrolier français Total-Fina-Elf est bien positionné en Irak ; des contrats de plusieurs milliards de dollars sont en jeu. Si la France ne participait pas à la guerre, les Etats-Unis, après leur victoire, annuleraient sans doute ces contrats au profit de leurs propres compagnies. Même chose pour la reconstruction du pays : les entreprises françaises repartiraient probablement les mains vides.

A moins que le NON de Chirac ne fasse boule de neige et que son effet mobilisateur ne finisse par briser la logique de guerre, auquel cas l'industrie française y trouverait son compte. Pour cela, il faudrait que Chirac soit un peu plus qu'une marionnette. On peut toujours rêver...

* En cas d'agression, un chef d'Etat digne de ce nom devrait en outre exiger du Conseil de Sécurité qu'il condamne les agresseurs et prenne à leur égard des mesures de rétorsion conformes à la Charte des Nations Unies.   Malheureusement, penser qu'une telle idée puisse seulement effleurer l'esprit du président relève de la plus invraisemblable utopie.

Côté allemand:

Schröder (spécialiste de la poudre aux yeux et des faux-semblants) a laissé entendre de manière vaguement claire que sa réponse ne serait ni "Ja" ni "Nein", mais un "Jein" net et diffus.

L´Allemagne "refuse de participer à une intervention armée", déclare le chancelier. Mais, bien entendu, elle permettra l'utilisation du port de Brême pour l'acheminement de matériel militaire. Elle autorisera également le libre survol de son territoire (comme les Américains y ont des bases militaires, interdire le survol équivaudrait à établir un blocus autour de ces bases). Berlin assurera aussi la protection des casernes américaines et ouvrira ses propres installations militaires aux soldats alliés. En outre, les hôpitaux allemands seront mis à la disposition des GIs blessés (il n'y a plus d'argent pour la Santé publique, mais il y en a encore pour les tueurs de George Bush - les blessés irakiens, eux, iront se faire soigner ailleurs). Avions de reconnaissance AWACS et équipages allemands seront également fournis à la libre Amérique; ils seront basés en Turquie. Une intervention "passive" (par exemple, opérations de "sauvetage" en territoire irakien) ne sera pas refusée "si les alliés en font la demande" - c'est sans doute pour cela que les blindés allemands (Fuchs-Panzer) sont déjà sur place au Koweït.

Et comme chacun sait que l'existence d'Israël est menacée par les fusées de Saddam (portée : 150 km - distance minimum Irak-Israël : 400 km), Berlin envoie des batteries antimissiles à l'Etat sioniste, avec en prime un certain nombre de chars (ils pourront s'avérer utiles pour combattre les troupes irakiennes massées à Gaza ou dans les ruines de Jénine).

Pour finir, cela va de soi, l'Allemagne financera généreusement les dépenses de guerre et règlera sans broncher toutes les factures qu'elle recevra de Washington et de Tel Aviv, quel que soit le nombre de milliards réclamés.

En tout état de cause, Berlin prendra à l'ONU la même position que Paris, à condition que Paris prenne la même position que Berlin, sinon ce sera le contraire.


Si vous aimez les marionnettes, ne manquez pas le prochain spectacle de Guignol et Gnafron (en direct sur TF1, ARD et CNN).   Salut les gones...


[Début 2006, trois ans après le début de la guerre contre l'Irak, on apprend que les agents du BND allemand étaient présents à Bagdad en mars 2003 et faisaient de la "reconnaissance de cibles" pour le compte des agresseurs américains. On apprend également que Berlin fournit depuis longtemps des passeports au Mossad, afin que ses agents puissent en toute tranquillité effectuer leur "travail" à l'étranger en se faisant passer pour des "touristes". En 2006, les terroristes de l'Etat juif préparent ainsi l'agression contre l'Iran.]



Powell va au charbon:

Le 1er février 2003, la navette spatiale Columbia explose en vol au-dessus du Texas. Il y a sept morts, dont six militaires. L'un d'eux, colonel de l'armée de l'air israélienne et premier astronaute de l'Etat juif, était un "brillant pilote", nous dit-on. Parmi ses exploits, on compte notamment, en juin 1981, le raid terroriste contre la centrale nucléaire irakienne d'Osirak, qui fit plusieurs morts, dont un technicien français. Un an plus tard, notre héros lançait ses missiles sur des civils libanais.

Une enquête est en cours afin de déterminer les causes de la catastrophe de Columbia - si les investigations sont aussi sérieuses que celles qui ont suivi les attentats du 11 septembre, alors tous les espoirs sont permis...   Sans attendre les résultats de l'enquête officielle, nous avons nous-mêmes effectué des recherches détaillées et approfondies. Deux heures après l'explosion, tout est clair : nous avons la preuve que c'est Saddam Hussein qui a fait le coup, avec l'aide de Ben Laden, d'Al-Qaïda et de la Corée du Nord. L'arme du crime, un lance-pierre palestinien, a été retrouvée dans un champ à 100 kilomètres au sud de Dallas.

Colin Powell, général, criminel de guerre et Ministre des Affaires Etrangères de la junte de Washington dispose lui aussi de "preuves" - pas pour la navette, mais pour les "armes de destruction massive de Saddam". Le 5 février, il présente aux Nations Unies des "pièces à conviction inédites"...   que tout le monde connaissait déjà depuis une semaine - voir ici Les prétendues preuves irréfutables que Powell va présenter au Conseil de Sécurité.  Il s'agit en fait des sornettes habituelles, servies telles quelles ou légèrement adaptées. Powell, qui est moins débile que son "chef", ne croit bien entendu pas un traître mot de ce qu'il raconte, mais peu importe, les ordres sont les ordres et il est soldat.

Il nous "révèle" donc que ses services secrets ont surpris une conversation téléphonique entre deux comploteurs irakiens, où l'un recommande à l'autre : "Après avoir exécuté les instructions contenues dans le message qui vous a été envoyé, vous prendrez bien soin de le détruire afin d'éviter que quelqu'un d'autre puisse le lire."  Dialogue de série télévisée des années 60 ?   Mauvais James Bond ?...   Autre conspiration téléphonique : "Quoi, des gaz de combat ? Arrête de parler de ça. Ils nous écoutent. Ne leur fournis pas la preuve que nous possédons ces horribles gaz..."   C'est à se tordre...

Powell nous "apprend" également que Saddam Hussein "fait espionner les inspecteurs et provoque chez eux un sentiment de frustration". On se demande comment le général parvient à débiter une pareille ânerie sans éclater de rire... Ou encore : "Les photos prises par nos satellites sont très difficiles à interpréter pour quelqu'un qui n'en a pas l'habitude, mais avec les explications de nos spécialistes, tout devient clair." En effet...

" Voici de la poudre d'anthrax
fabriquée au Maryland, euh... en Irak "

" C'est-y pas une belle preuve, ça ?...
Vous me croyez pas ?
Vous voulez que j'avale le contenu ? "

Encore un secret powellien, pour terminer : l'Irak abriterait un camp d'entraînement d'Al-Qaïda, situé dans le nord-est du pays. Manque de chance, cette région échappe depuis longtemps au contrôle de Saddam Hussein. Si des terroristes islamistes s'y trouvent, c'est avec la complicité des USA et de leurs alliés kurdes ou turcs. Le régime irakien, laïque malgré le discours parfois religieux de son président, est bien entendu l'ennemi juré de l'intégrisme prôné par Ben Laden.

Voici le texte intégral des élucubrations de Colin Powell :   1ère partie   -   2ème partie

Un tueur en série peut avoir l'âme sensible : à l'occasion de la prestation de Powell, le 5 février, l'ONU a pris soin de dissimuler, à l'entrée de la salle du Conseil de Sécurité, la reproduction de Guernica de Picasso. Cette célèbre fresque, dont l'original est exposé à Madrid, dénonce le massacre de civils basques par l'aviation nazie en avril 1937, pendant la guerre d'Espagne. Plus qu'un symbole...


" Cachez donc cette horreur que je ne saurais voir... "


"Fuck The Frogs !   Fuck The Krauts !"

A l'approche de la date fixée par le Pentagone pour le déclenchement de la guerre (mi-février 2003), on s'affole à Washington. Le monde est-il prêt ? Apparemment, non. Bien que plus de 90 % des journalistes soutiennent la ligne américaine* pour une raison ou pour une autre (conviction personnelle, absence d'opinion, instinct grégaire, veulerie ou obligation contractuelle), un pourcentage presque aussi élevé de citoyens reste hostile à toute agression. Pour corser la situation, à Paris, Bruxelles et Berlin, des empêcheurs de tuer en rond s'opposent en haut lieu aux caprices de l'Amérique - ou font semblant de s'y opposer. Suprême scandale, ils refusent, paraît-il, d'aider la pauvre Turquie dans ses préparatifs en vue de l'invasion et de l'occupation du nord de l'Irak. Ces territoires kurdes, déjà soumis depuis une douzaine d'années à l'ingérence et aux incursions de l'armée turque, sont convoités par Ankara qui aimerait s'emparer des champs pétrolifères qui s'y trouvent.

* Citons ici une heureuse exception : Gil Courtemanche, chroniqueur au Devoir, Québec.

Le ministre de la Guerre, Donald Rumsfeld, stigmatise les récalcitrants en lançant l'expression "vieille Europe", ce qui selon lui devrait être une insulte. Simultanément, une vague antifrançaise submerge les USA. Contrairement au prétendu "antiaméricanisme" dont on accuse les Européens dès qu'ils s'opposent à la politique de la junte Bush, le sentiment antifrançais entretenu outre-Atlantique (autre exemple) ne fait aucune distinction entre choix politique et identité nationale. Les accusations portées contre les Français sont en gros de quatre sortes : 1) les Français sont ringards, hypocrites et sales ; ils se nourrissent de fromage puant et de vin rouge frelaté ; leurs femmes sont poilues, etc... [inutile de s'étendre là-dessus ; c'est le niveau habituel de toutes les blagues racistes]   2) les Français refusent de faire la guerre parce qu'ils manquent de courage ; ils ont toujours été lâches face à l'ennemi et ont perdu toutes les batailles   3) les Français sont tous nazis, pétainistes, antisémites et pro-Le Pen  4) les Français sont tous des ingrats ; ils oublient que l'Amérique les a libérés en 1918, en 1944 et plus tard "quand Staline voulait les annexer".

On peut, bien entendu, se demander pourquoi des gens qui sont nazis devraient être reconnaissants aux Américains de les avoir libérés du nazisme. Mais poser une telle question est sans doute trop cartésien...  Quant au reproche numéro 3, il est intéressant, car il montre de quel côté viennent ces attaques. Depuis des années, en effet, et surtout depuis le 11 septembre 2001, le lobby sioniste pousse des cris d'orfraie dès qu'il est question des Français. Son influence est telle qu'il peut maintenant se permettre d'amalgamer "antisémitisme" et "antiaméricanisme".

Les vrais patriotes américains boycottent donc tout ce qui rappelle la France honnie : ils vident leurs bouteilles de champagne dans le caniveau et ne disent plus "French fries" quand ils parlent de frites, mais "liberty fries". Quel malheur !...

Peut-être devraient-ils aller plus loin encore et se débarrasser de l'abominable statue française qui défigure le port de New York. Ou débaptiser toutes ces villes qui portent d'horribles noms hérités des frogs : Détroit, Saint-Louis, Bâton-Rouge, La Nouvelle-Orléans, Lafayette, Fayetteville et toutes les autres localités arborant le suffixe ville, Mobile, Mâcon, Des Moines, Boisé, Pierre, Sault-Sainte-Marie, Coeur d'Alène, Belle Fourche, Eau Claire, La Crosse, Fond du Lac, Prairie du Chien, Grand Portage, Terre Haute, Ville Platte, Plaquemine, Bourbonnais, Bellevue, Butte, Vincennes, Saint-Croix (sans "e"), Montpelier (avec un seul "l") et une bonne douzaine de Paris... Sans oublier l'Isle Royale, le lac Champlain, le Maine, le Vermont, la Louisiane, le massif du Grand Téton, le parc national des Voyageurs, la baie de Bonsecours, le Fort Condé, l'Université Notre-Dame, le Mardi Gras et le Café du Monde du French Quarter... [La liste complète est cent fois plus longue.]

Autres mesures souhaitables :

  • à défaut d'expurger la langue anglaise de tous les mots d'origine française (impossible, il y en a 80 %), supprimer les expressions trop voyantes, genre coup d'Etat (complètement inutile, war on terrrorism est bien suffisant) ou déjà vu (ce dèjèvou pourrait être remplacé par Bush is due). Et puis, par la même occasion, se débarrasser de toutes les scories allemandes comme blitzkrieg, kindergarten ou poltergeist.

  • brûler tout ce qui est français : livres, tableaux, etc...

  • étendre le boycott des vins à toute la gastronomie (à Guantánamo Bay, les marchands de quiches et de croissants !) ainsi qu'à tous les autres produits (à commencer par les parfums et la haute couture).

  • interdire aux sportifs américains de se montrer en France (juger Lance Dopestrong pour haute trahison).

  • imposer un boycott du Festival de Cannes (fusiller Michael Moore).

  • supprimer tous les symboles antiaméricains (par exemple sur les voitures de police).


Et surtout, mesure prioritaire, bombarder Las Vegas :
  


En attendant, la palme du "patriotisme" francophobe (ou de l'ignorance et de la stupidité, comme on voudra) est remportée par Jay Leno, de la NBC, lorsqu'il dit en riant (parce qu'il se trouve spirituel - ce qu'il est parfois) : "Pas étonnant que les Français ne soient pas avec nous pour chasser Saddam Hussein de Bagdad ; ils n'étaient pas non plus avec nous pour chasser les Allemands de Paris..."   Ce que Jay Leno ne sait pas

Miquelon.org : un Français de Saint-Pierre-et-Miquelon vivant aux Etats-Unis passe au crible l'hystérie francophobe qui secoue les USA.


Une campagne similaire prend pour cible nos voisins d'outre-Rhin, mais là les préjugés sont enracinés depuis si longtemps dans les cerveaux de la plupart des Américains, que la population n'y voit aucune différence. Dans un pays où tout le monde est convaincu que les Allemands sont le peuple le plus belliqueux de tous les temps, la boutade suivante fait rire même les plus pacifistes : "Le monde à l'envers, en 2003, c'est que le rappeur numéro un soit un Blanc [Eminem], que le golfeur numéro un soit un Noir [Tiger Woods] et que les Allemands refusent de faire la guerre..."

Quant aux Belges, ils ne s'en tirent pas trop mal, vu que presque personne n'est conscient de leur existence. C'est que la géographie n'est guère enseignée dans les écoles des USA. L'histoire non plus, d'ailleurs - pas vrai, Jay Leno ?...

Fort heureusement, tous les Américains ne sont pas tombés au niveau mental de celui qui se fait passer pour leur président. Le réalisateur Michael Moore, lauréat d'un César en février 2003 pour Bowling for Columbine, son documentaire sur la violence américaine, déclare en recevant le prix : "Sans les Français, nous n'aurions pas gagné notre indépendance... Merci de nous montrer la voie, de prendre position pour quelque chose de très important. Il y a des millions d'Américains qui pensent comme vous. Soyons ensemble pour empêcher cette guerre..."

La propagande xénophobe de bas étage est un des moyens utilisés pour manipuler une opinion publique exposée au virus du pacifisme. La menace terroriste en est un autre, et comme il fallait s'y attendre, cette menace s'amplifie de jour en jour... dans les journaux. Mais en restera-t-on au stade de l'hystérie verbale ? Un attentat anti-occidental ne serait-il pas en préparation sur le terrain, afin de faire basculer les réticents ? La CIA et le Mossad vont-ils laisser passer une occasion pareille ?


Coucou, nous revoilà:


Gnafron :   Salut Guignol, ça va ? Toujours aussi pacifiste ?
Guignol  :   Salut Gnafron, te fous pas de ma gueule, c'est pas sympa...
Gnafron :   T'as vu, Bush-dégoût, on l'a bien niqué avec notre petit jeu.
Guignol  :   Ouais, surtout que maintenant Guiguy-la-frite joue avec nous.
Gnafron :   Tu crois qu'on peut lui faire confiance, à celui-là ?
Guignol  :   Aucun problème, regarde ce qu'il laisse passer comme matériel militaire américain.*
Gnafron :   Où ça ?
Guignol  :   Dans le port d'Anvers.
Gnafron :   Y a un port à Anvers ?...
Guignol  :   Tu crois que les Amerloques nous prennent au sérieux ?
Gnafron :   T'as pas vu leur réaction ? Campagne antifrançaise, antibelge, antiallemande...
Guignol  :   Ouais, ils ont déjà interdit le camembert, le beaujolais et les gaufres.
Gnafron :   Pareil pour la choucroute et les Kinder-surprises.
Guignol  :   Ça va drôlement toucher notre économie.
Gnafron :   Katastrophe... Qu'est-ce que je vais dire à mes électeurs ?
Guignol  :   C'est vrai, tu dois leur rendre des comptes.
Gnafron :   Pas toi ?
Guignol  :   Non, pour ces trucs-là, j'ai Tartarin.
Gnafron :   Tu pourrais pas me le prêter ?
Guignol  :   Ah non, démerde-toi... De toute façon, tes électeurs, ils gobent n'importe quoi.
Gnafron :   C'est vrai, ils croient même que je suis contre la guerre.
Guignol  :   Tu vois...
Gnafron :   Mais on est quand même un peu contre, sans être pacifistes à outrance.
Guignol  :   Bien sûr, puisqu'on veut désarmer Saddam.
Gnafron :   Il a des armes ?
Guignol  :   Euh... Evidemment... Powell l'a dit, et il a des preuves.
Gnafron :   Alors, il faut occuper l'Irak.
Guignol  :   Ouais, pour empêcher une invasion.
Gnafron :   Parce que c'est quand même pas cet abominable dictateur qui va faire la loi.
Guignol  :   Nous, on n'aime pas les dictateurs, surtout quand ils sont abominables.
Gnafron :   Minable...
Guignol  :   Quoi ?...
Gnafron :   Non rien, je parlais de Saddam.
Guignol  :   Ah bon...   Dis donc, Gnafron, j'ai l'impression que tu t'isoles, ces derniers temps, avec tes prises de position tonitruantes.
Gnafron :   Le principal, c'est qu'on soit du même avis.
Guignol  :   Du même avis, du même avis...  Moi, je me réserve toutes les options.
Gnafron :   Alors, dans ce cas-là, moi non plus.
Guignol  :   C'est quand même beau d'être d'accord...

A suivre...

* Voir ici ce que le gouvernement belge de Guy Verhofstadt entend par "opposition" à la guerre américaine.



P.S. : Trois ans plus tard, en novembre 2005, Gnafron prendra sa retraite et se fera remplacer par Bécassine (alias Angèla Merdel):

           






LES MANIFESTATIONS ANTI-GUERRE
du samedi 15 février 2003

(12 à 15 millions de personnes dans les rues)


  • Paris :   250.000 personnes   -   Photos
  • Bruxelles :   80.000 personnes   -   Photos
  • Berne :   40.000 personnes   -   Photos
  • Montréal :   150.000 personnes (par -15 degrés)   -   Photos
    " Ostie qu'i' fait frète, mais ça prend plus que ça pour nous arrêter ! "

  • Londres : 2.000.000  -  Rome : 3.000.000  -  Berlin : 500.000
  • Madrid : 2.000.000  -  Barcelone : 1.500.000  -  Athènes : 200.000
  • New York : 500.000  (malgré l'interdiction de manifester, malgré les brutalités policières)
  • San Francisco : 200.000  -  Los Angeles : 100.000
  • Melbourne : 200.000  -  Sydney : 500.000  -  etc... etc...
  • et même 50 scientifiques de la base McMurdo, dans l'Antarctique
    (des Américains pour la plupart)  -  Photo

- Et toi, Guignol, t'es allé à la manif ?     - Moi, descendre dans la rue ?...  Tu plaisantes !...




Selon un sondage IFOP, 81 % des Français veulent que Chirac
oppose son veto à une agression militaire US en Irak


Les manifestations du 15 février sont sans conteste les plus imposantes qu'ait connues le monde depuis la fin de guerre du Viêt-Nam. Et comme on pourra le constater, ce sont les pays dont les gouvernements apportent le soutien le plus inconditionnel à Washington (Angleterre, Espagne, Italie) qui opposent la plus grande résistance aux projets de guerre : on ne saurait mieux illustrer la perversion d'un système qui se dit "démocratique".

En France, le réveil des foules semble s'amorcer, mais il faut rester prudent. Le parti de la guerre ne dort pas, même s'il n'ose pas encore s'exprimer ouvertement. Madelin va se promener en Irak "pour y rencontrer l'opposition"* ; les pseudo-philosophes du Sharon fan club et autres "intellectuels" à la Taguieff, se contentent de dire qu'ils ne sont pas allés manifester samedi, ce dont tout le monde se fiche car personne n'avait besoin d'eux. Mais dès que ces enragés auront repris du poil de la bête, on entendra certainement un autre son de cloche.

* On se demande comment une telle chose est possible dans le cadre de l'horrible dictature irakienne. Les parlementaires européens qui avaient tenté une action similaire en Turquie - pays de liberté, comme chacun sait - ont aussitôt été arrêtés puis expulsés.   Madelin (ex-nazillon d'Occident et ex-supporter de Tixier-Vignancourt, le prédécesseur de Le Pen) est d'ailleurs bien placé pour donner aux autres des leçons de démocratie.

Comme il se doit, la couverture télévisée de l'événement planétaire du 15 février, quand elle a eu lieu, a été très courte, parfois hostile et toujours biaisée. Pour savoir ce qui se passait vraiment dans le monde ce jour-là, il fallait regarder...  la télé irakienne qui, elle, a retransmis toute la journée des reportages en direct.  Vive la liberté de la presse...

Comment gérer le pacifisme quand on est journaliste ?


Derniers jours:

Les tueurs du Pentagone rongent leur frein. La date du 15 février 2003, fixée pour le déclenchement du massacre, n'a pu être respectée pour cause de résistance pacifiste ; celle du 15 mars le sera, promettent-ils. Leur larbin Hans-la-fouine "découvre" donc que les missiles irakiens (autorisés depuis 1991 s'ils ont une portée ne dépassant pas 150 kilomètres) ont été trafiqués sur ordre du "dictateur". Ils pourraient atteindre une distance de 160, 170 ou peut-être même 180 kilomètres (c'est Blix qui l'affirme), ce qui fait d'eux des "armes prohibées" que Saddam Hussein doit détruire immédiatement. S'il le fait, il n'aura aucun moyen défensif quand les Américains l'attaqueront, et ce sera parfait aux yeux des USA, car les héros de Washington attaquent de préférence des adversaires sans défense.

Au Conseil de Sécurité, les Etats-Unis n'ont que deux alliés véritablement fidèles et empressés : le caniche Blair et le néo-franquiste Aznar. Beaucoup d'autres "partenaires", à l'ONU et sur le terrain, font dépendre leur soutien de l'aide financière reçue ou à recevoir. Les plus chers en la matière sont les Turcs : 30 milliards de dollars plus l'assurance qu'ils auront carte blanche au Kurdistan irakien.


Berlin - Porte de Brandebourg

La "vieille Europe" dit NON à la guerre
(Action Greenpeace - 10 mars 2003)


Les Beastie Boys disent NON à la guerre :
" Now how many people must get killed
    For oil families pockets to get filled ?
"


Natalie Maines, du groupe country Dixie Chicks, dit NON à la guerre :
" Quand j'entends George Bush, j'ai honte d'être texane "


Le monde entier dit NON à la guerre... Les 15 et 16 mars, de nouvelles manifestations rassemblent 100.000 personnes à Paris, 250.000 à Montréal, 700.000 à Milan, etc... Un nouveau sondage (Sofres) effectué en France donne maintenant 86 % d'opposants à l'agression. Les pourcentages ne sont pas très différents dans les pays dont les gouvernements approuvent à fond la politique de Bush (Grande-Bretagne, Espagne, Australie...) Même aux Etats-Unis, où la propagande belliciste et l'intoxication des esprits sont infiniment plus intenses, plus de 30 % disent NON : " One, two, three, four - We don't want your fucking war ! "

Mais Bush et ses acolytes se foutent des sondages et des manifestations, comme ils se foutent du droit international et de la démocratie. Il en faudrait davantage pour stopper la junte terroriste de Washington. Déjà, elle ordonne à l'ONU de quitter l'Irak. Elle pourra dire plus tard, comme en 1998, que c'est Saddam Hussein qui a chassé les "inspecteurs" - encore un casus belli.

Certain de voir une majorité du Conseil de Sécurité (y compris trois détenteurs de veto) voter contre sa politique de guerre, le criminel de la Maison Blanche renonce à se soumettre à un vote. Le caniche Tory Blair continue d'aboyer. Son nouvel objectif : apporter la démocratie aux Irakiens. Il ferait mieux de restaurer la démocratie en Grande-Bretagne, en démissionnant pour faire place à un gouvernement conforme aux voeux de 80 % de la population.

Au Moyen-Orient, 300.000 tueurs en uniforme sont à pied d'oeuvre avec leurs avions, leurs navires, leurs chars et leurs missiles. Certains d'entre eux - trop peu, hélas - rentreront les pieds devant. D'autres mourront à petit feu de cancer ou de leucémie, ou pleureront à la vue de leurs enfants handicapés.* Ils se lamenteront en jurant qu'ils ne savaient pas que l'armée utilisait des obus à l'uranium ou testait sur ses propres soldats de nouveaux vaccins plus dangereux que la maladie. Ils ne seront pas les premiers, ni les derniers...  On trouvera toujours assez de chair à canon pour les armées d'agression,** et si - malgré le chômage de masse et la misère - on n'en trouve pas assez, eh bien, on rétablira la conscription.  Et pendant ce temps-là, personne (ou presque) ne parlera des véritables victimes, cent fois ou mille fois plus nombreuses et plus innocentes...

* En février 2004, le premier est déjà là.  Son état serait dû aux vaccinations subies par ses parents, deux tous militaires... dans les services médicaux de l'armée britannique.
** Lire ici comment l'armée américaine recrute ses futurs officiers sur les campus universitaires : Les étudiants-soldats


[Vive la culture américaine : en 2003, l'étudiant idéal est membre de la glorieuse armée US et fait ses études en ligne. Il peut obtenir son diplôme plus facilement et à moindre coût, sans pour autant renoncer à massacrer des civils arabes. Malheureusement, la pub Internet de l'Université de Phoenix (Arizona) ne précise pas si les diplômes sont également attribués à titre posthume en cas "d'accident" de humvee ou d'hélico.]



Paris - 16 mars 2003



Le 17 mars, dans un discours débile inversant les rôles et reprenant tous les mensonges habituels, Bush adresse un ultimatum à l'Irak : Saddam Hussein et ses fils (pourquoi ses fils, pourquoi pas ses cousins ?) doivent partir dans les deux jours, sous peine de "conflit militaire".

Comment réagissent nos deux marionnettes face à cette déclaration de guerre ?

Pour ce qui est du non ou du veto, elles ont tenu bon, et c'est déjà quelque chose. En 1999, elles avaient activement participé à l'agression contre la Yougoslavie ; en 2001, elles n'avaient pas bombardé l'Afghanistan, mais néanmoins soutenu politiquement et matériellement la guerre de Washington .

Elles feront de même en 2003, en ce qui concerne l'Irak. Schröder le fait déjà (voir plus haut), Chirac s'apprête à le faire (il ne refusera pas le survol du territoire national à son "allié", et un porte-avions français se trouve déjà au Proche-Orient). Ni l'un ni l'autre de ces deux "grands hommes de paix" (déjà proposés pour le prochain Nobel) ne tolèrent sur leur sol d'actions militantes anti-guerre qui pourraient véritablement gêner les Américains.

Mais surtout, aucun d'eux ne condamne l'agression imminente, pas même du bout des lèvres, aucun d'eux ne demande à l'ONU de prendre les mesures que prévoit la Charte des Nations Unies pour protéger l'agressé. Au contraire. Chirac bafouille les slogans habituels sur le "désarmement nécessaire de l'Irak" ou le "changement de régime souhaitable dans ce pays". Et il ajoute que "l'Irak ne représente pas une menace immédiate telle qu'elle justifie une guerre immédiate". Autrement dit, Chirac ne dit pas non à la guerre, il dit seulement non à une guerre immédiate.

Comme il fallait s'y attendre, la réaction du chancelier allemand n'est pas très différente. Dans son allocution, il déclare qu'il serait bon "que le dictateur irakien perde son pouvoir". Schröder veut en fait la même chose que Bush, mais pas dans les quarante-huit heures - simple question de timing. Et le 19 mars, pour illustrer son "désir de paix", l'Allemagne expulse des diplomates irakiens et envoie des renforts au Koweït.

Chirac et Schröder ne mettent nullement en cause l'hégémonie américaine, comme on le prétend çà et là. Ils ont tout simplement découvert six mois plus tôt - un peu par hasard - que la phraséologie pacifiste pouvait être payante. Ils se sont alors engagés dans une voie difficile ne permettant pas de marche arrière trop brusque ; ils ne savent trop comment s'en sortir sans perdre tout leur crédit. Assurément, ils ne pensaient pas que la junte Bush réagirait de façon si brutale à leur timide tentative d'insubordination. Ils espèrent donc maintenant que la guerre sera courte, qu'ils pourront se racheter de quelque façon et que l'Amérique oubliera leur audace.


Pourquoi ils soutiennent Bush:

"Avec ses fusées, Saddam menace la côte ouest des Etats-Unis"
    (une "patriote" américaine interrogée par un journaliste de la NBC)
"Saddam nous déclare la guerre - Il veut nous faire verser des larmes de sang"
    (titre du torchon allemand Bild-Zeitung le 19 mars 2003)


Dernières réserves:

La clique Bush est plus isolée que jamais. Mais en maniant habilement la carotte et le bâton, les envoyés de la Maison Blanche ont réussi à former une "coalition de volontaires". Outre la Grande-Bretagne, l'Australie, l'Espagne, l'Italie et le Japon, elle comprend les 25 pays suivants : Afghanistan, Albanie, Azerbaïdjan, Colombie, Corée du Sud, Danemark, Erythrée, Estonie, Ethiopie, Géorgie, Hongrie, Islande, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Nicaragua, Pays-Bas, Philippines, Pologne, Roumanie, Salvador, Slovaquie, Tchéquie, Turquie et Ouzbékistan. En somme, un conglomérat de régimes réactionnaires, de pays de l'Est reconquis et de semi-colonies américaines : la fine fleur de la démocratie et des droits de l'homme.

Le plus drôle est que quatre de ces "alliés" (Afghanistan, Erythrée, Ethiopie, Ouzbékistan) figurent sur la liste noire du nouveau ministère américain de la sécurité intérieure. Les ressortissants de ces pays sont soumis, aux Etats-Unis, à une surveillance particulière, compte tenu de l'appui potentiel qu'il sont censés apporter au "terrorisme".

Quelques autres gouvernements auraient également promis de soutenir Bush, mais en demandant à rester anonymes - c'est sans doute plus prudent quand on dirige un pays arabe.


I : L'agression annoncée     II : L'invasion     III : L'occupation    IV : La résistance    V : La guerre de libération ?


La guerre permanente
- Comment le dramaturge allemand Falk Richter voit la situation -





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