LA GUERRE D'IRAK

( V - 2005 - 20 . . )



I : L'agression annoncée     II : L'invasion     III : L'occupation    IV : La résistance    V : De la guerre de libération à la guerre permanente





DE LA GUERRE DE LIBÉRATION À LA GUERRE PERMANENTE

- Chronologie -

   


par Carlos Latuff (Brésil)

Egalement de lui:
Il était une fois
(Le petit chaperon rouge raconté aux enfants irakiens)


2005 : Elections - piège à néo-cons    On a gagné !

La guerre continue     37 d'un coup     Hercule terrassé     Le taré texan fait parler de lui
Giuliana Sgrena     Au secours, Saddam !     Leçon d'histoire     Merci, Mr. Galloway
Rien à signaler     Fragging     Les graffiti du Pentagone     Routine     Diviser l'Irak
Pas de pause au mois d'août     Prise de conscience     L'Irak en Louisiane     Plan d'aide humanitaire
Bassorah     Néo-cons-titution

"Nouvelle" stratégie     Intervention turque ?
Escadrons de la mort     Les marionnettes ne sont plus ce qu'elles étaient

Le commencement de la fin ?     Saddam Reality Show : dernier épisode    

2007 : Parler de retrait n'est plus un tabou     Repli anglais
Tournant ?     2010 : Retrait américain ?     Guerre ou paix ?    2011-12 : Point final ?

Pertes américaines


2013 : Après la guerre, c'est encore la guerre

Juin 2014 : Vers un démembrement de l'Irak     Août 2014 : De la "décapitation" de James Foley à la nouvelle guerre
Février 2015 : Daesh joue avec le feu     Octobre 2016 : Bataille de Mossoul





Cartes de l'Irak

Le Viêt-Nam et l'Irak


2005 : Elections - piège à néo-cons

Près de deux ans après le début de l'agression, le Pentagone s'enfonce chaque jour un peu plus dans le bourbier irakien. Rien de ce que les artisans de la guerre avaient prévu ne s'est réalisé : pas de conquête éclair, pas d'accueil chaleureux des "libérateurs" par une population locale reconnaissante, pas de régime pro-américain accepté par tous, pas d'exploitation sans problème des richesses irakiennes, pas d'effet "positif" sur les autres Etats de la région, pas de passage automatique à l'étape suivante de la guerre permanente.

Bien sûr, les médias - y compris ceux des pays européens plus ou moins opposés à George Bush - présentent une image sensiblement différente. Contrôlée presque intégralement par le parti de la guerre groupé autour des néo-cons, la grande presse nous sert quotidiennement les contes à dormir debout élaborés à Washington. Des milliers de journalistes serviles répercutent docilement les mots d'ordre des services de propagande de l'Empire. Ainsi, Bush aurait été "réélu président" en novembre 2004 (fraude électorale, connais pas). Il serait à présent "légitimé" - en fait, ceux qui écrivent cela aujourd'hui n'ont jamais cessé de le claironner depuis quatre ans. Quant à l'Irak, il aurait un "gouvernement intérimaire", une "armée", une "garde nationale", une "police", des "ministères", des "gouverneurs", etc. Un pays comme un autre, en somme. D'ailleurs, le "chef d'Etat" irakien a été reçu en France comme un véritable chef d'Etat (sans guillemets).

Tout comme le "transfert se souveraineté" du 30 juin 2004 a constitué, paraît-il, une "étape décisive", les "élections générales" du 30 janvier 2005 vont marquer, nous dit-on, "un nouveau début". Le règne du mensonge est si bien établi, qu'on peut se permettre de prétendre n'importe quoi sans risquer d'être contredit à haute voix. Cette absence de contradiction sérieuse rend les bellicistes toujours plus hardis et les empêche de voir qu'ils accumulent les erreurs stratégiques. Ils en sont arrivés à croire leurs propres fables. Ils sont incapables de reconnaître qu'ils se sont trompés et qu'il serait nécessaire de revoir le contenu de leur agenda. Pour eux, le facteur temps importe peu ; c'est l'objectif final qui compte. A long terme, cette obstination finira par causer leur perte.

En attendant, ils se sont lancés à corps perdu dans une opération "électorale" qui, de toute évidence, va se solder par un fiasco complet sur le terrain - fiasco bien entendu assorti d'un fabuleux "succès" dans les médias.

Sur place, en dehors de certaines localités du sud et des zones tenues par les collaborateurs kurdes, la "campagne électorale" n'a pratiquement lieu que pour les caméras des télévisions étrangères. Les "distributeurs de tracts" qui se prêtent au jeu sont masqués, par peur des représailles. Quant aux "candidats", ils n'osent pas faire acte de présence. Bon nombre d'entre eux ont été liquidés par la résistance. Beaucoup ont retiré leur "candidature" ou adopté un profil extrêmement bas. Chacun sait en Irak que participer au "scrutin" équivaut à afficher sa sympathie pour l'occupant. En maint endroit personne n'ira voter, si ce n'est dans le cadre des "reportages exclusifs" sous protection militaire que CNN et la presse alignée nous préparent pour le "jour J".

"Campagne électorale" :

A Nadjaf, des flics collabos en colère brûlent les affiches d'Allaoui.
On ne leur a pas versé leur salaire depuis plusieurs mois.
Il ne faudra pas compter sur eux pour "protéger les élections".
(A Mossoul, 4.000 des 5.000 policiers ont donné leur démission.)

Par crainte d'attaques, on tient secret l'emplacement des "bureaux de vote" ; les adresses ne seront communiquées qu'au dernier moment. Le plus sûr serait peut-être de ne les révéler que le lendemain des élections. Une autre possibilité consisterait à avancer de deux jours la date de la "consultation" sans prévenir personne - c'est ce qui avait été fait pour le "transfert de souveraineté". Dans un cas comme dans l'autre, ces mesures de "sécurité" n'auraient aucune incidence sur les "résultats", lesquels sont déjà connus des organisateurs, tout comme l'étaient ceux de l'élection américaine de novembre.

Car même si le vote irakien pouvait se dérouler de façon à peu près normale, jamais la junte Bush ne prendrait le risque d'une victoire des intégristes chiites, victoire assez probable en cas d'élections libres. Les néo-cons n'ont pas l'intention d'instaurer en Irak un régime clérical semblable à celui de Téhéran. Au contraire, ils veulent donner un vernis "légal" au "pouvoir" de leur marionnette Allaoui et, dans la foulée, renverser le régime iranien. Cette fuite en avant qu'ils croient pouvoir se permettre grâce à leur parfaite domination des centres de décision et au contrôle quasi-total qu'ils exercent sur l'appareil mondial de désinformation, risque toutefois de leur donner du fil à retordre.

En Irak, les actions de la résistance sont de mieux en mieux organisées ; on semble maintenant s'orienter vers une véritable guerre de libération. En cas d'invasion de l'Iran, il n'y a aucune raison de penser que les Iraniens se comporteraient de manière très différente.


On a gagné !...

Le 30 janvier 2005 au soir, quelques minutes à peine après la "clôture du scrutin", on annonce déjà un "taux de participation" de "72 %" et même, par endroits, de "95 %". C'est moins que sous Saddam, mais nettement plus qu'aux Etats-Unis. Des "observateurs impartiaux", postés en Jordanie d'où ils ont pu "observer le vote" (à la jumelle ou au téléscope ?), confirment que tout s'est bien passé. Plus régulier que ça, ce ne serait plus l'Irak mais la Floride. En somme, comme on dit en arabe : c'est really une grande victory pour la democracy. Si, si...

Malheureusement, un article de l'Australian Broadcasting Corporation du 31 janvier, reprenant une dépêche AFP en anglais réservée aux abonnés, signale d'étranges irrégularités dans le nord de l'Irak, une région où les Kurdes pro-américains ont été assez nombreux à voter : bulletins manquants, bulletins ne mentionnant que les numéros des listes sans préciser les noms, électeurs sommés de voter pour une liste donnée (no 285 ou 188), urnes récupérées en fin de journée par des soldats américains et transportées vers une base militaire "afin de compter les bulletins", etc...  Des méthodes presque aussi "démocratiques", on le voit, que celles en usage au pays des bushmen.

Le journaliste américain Dahr Jamail rapporte ici que les contrôles d'identité dans les bureaux de vote du nord n'étaient pas très stricts, permettant ainsi à des "électeurs" venus de l'extérieur de "voter" plusieurs fois. Ailleurs, il fallait participer au "scrutin" si l'on voulait recevoir sa ration alimentaire mensuelle.

Il semblerait également qu'on ait fait "voter" des Israéliens d'origine irakienne dans les bureaux ouverts à l'étranger - on n'est jamais si bien servi que par soi-même.

Media Disinformation on Voter Turnout ?  par Michel Chossudovsky (le point d'interrogation est purement rhétorique).

Iraqi Elections : Farce of the Century  par Felicity Arbuthnot.

Des élections, ça ?  par David Pestieau et Mohamed Hassan.

The More Things Change... - "Plus ça change et plus c'est la même chose" : le 4 septembre 1967, le New York Times annonçait un fantastique taux de participation de 83 % aux "élections présidentielles" sud-vietnamiennes, "en dépit d'une campagne terroriste vietcong pour perturber le déroulement du scrutin".

Fin avril 2005, trois mois après les "élections", les envahisseurs américains présentent leur "nouveau gouvernement irakien". A sa "tête", on trouve un certain Ibrahim Al-Jaafari, marionnette placée là pour amadouer certains milieux chiites enclins à la collaboration. Ahmed Chalabi, gangster notoire condamné en Jordanie pour escroquerie et faillite frauduleuse, est nommé "vice-premier ministre" et "ministre de l'industrie pétrolière". D'abord favori des occupants en avril 2003, puis lâché et humilié par eux en mai 2004, le truand refait surface. Il a à ses côtés son neveu Ali Abdel-Amir Allaoui, le nouveau "ministre des finances", lequel est également le cousin du "premier ministre" sortant ou quelque chose de ce genre (un autre neveu d'Ahmed Chalabi, Salem Chalabi, est "juge" et se trouve impliqué dans le "procès de Saddam"). Avec les finances et le pétrole à portée de la main, le revenant irakien devrait pouvoir mettre de côté quelques centaines de millions avant que ne sonne l'heure de la prochaine disgrâce.*

Pour compléter le tableau, un autre laquais de Washington, le Kurde Talabani, a été autorisé à jouer - provisoirement - le rôle du "président irakien".

* En mai 2005, Ahmed Al Capone propose en outre aux autorités d'Amman de "rembourser" (avec de l'argent qu'il volera aux Irakiens) les 300 millions de dollars qu'il a dérobés aux Jordaniens quand il était PDG de la Banque Petra, à condition que sa condamnation à 22 ans de prison soit annulée.



La guerre continue

Le 14 janvier 2005, à Bagdad, un groupe armé libère 38 prisonniers pendant leur transfert d'Abou-Ghraïb à un autre centre de torture. Les gardes qui les escortaient se font copieusement rosser.

Le 20, à Talafar, au cours d'une patrouille "de routine", des militaires américains tirent sur une voiture. Le conducteur et sa femme sont tués sur le coup sous les yeux de leurs six enfants. Si les gosses s'en sortent avec la vie sauve, c'est probablement parce qu'un "embedded photographer" de Getty accompagnait les tueurs et que ceux-ci n'ont pas osé achever leur besogne en sa présence.



37 d'un coup

26 janvier 2005 - une date digne de figurer dans le best of de la guerre d'Irak...  On peut dire qu'aujourd'hui il y a de la bousculade aux portes de l'enfer, car au moins 37 salopards yankees viennent de se faire liquider en une seule journée, dont 31 marines qui se trouvaient dans un hélicoptère CH-53 Sea Stallion abattu par un missile SAM 7, à Rutba, dans l'ouest du pays. Ces bons vieux joujoux soviétiques ont beau avoir pris de l'âge, ils rendent quand même de sacrés services.

Bien entendu le MDS (menteur de service) du Pentagone parle d'un "accident" - comme toujours... En fait, il est possible que le nombre de morts soit plus élevé encore, car le CH-53 peut transporter jusqu'à 55 passagers, et un second hélico qui se trouvait dans les parages a également essuyé les tirs de la résistance.

Les jours suivants, les pertes américaines avouées sont sans doute moins impressionnantes, mais il y a néanmoins trois morts le 27 et cinq le 28, sans compter ceux qui se trouvaient à bord de l'hélicoptère OH-58 Kiowa - encore un - abattu le même jour à Bagdad. Pour ce qui est des policiers, gardes et soldats collabos tués, ils se comptent par dizaines.

Le 29, la veille des fameuses "élections", des roquettes s'abattent sur le siège de l'administration coloniale américaine (en patois texan : "l'ambassade"). Il y a au moins deux morts.


Hercule terrassé

Le 30 janvier 2005, c'est un avion de transport britannique C-130 Hercules qui "s'écrase pour des raisons inconnues" au nord de la capitale. Bien que l'appareil soit conçu pour accueillir 130 passagers, il n'y aurait que dix ou quinze morts - on ne les a pas encore comptés. S'il y en avait 130, Tony B-liar nous le dirait, n'est-ce pas ?

Selon un article de Michael Smith paru dans le Telegraph du 31 janvier, l'avion transportait 70 membres des forces spéciales SAS, et le fait que les débris soient éparpillés sur un très vaste périmètre permet de penser qu'il n'y a pas de survivants. Smith ajoute : "L'explication la plus probable est que l'avion a été abattu par des insurgés."

Le même jour, Al-Jazeera TV diffuse une vidéo montrant comment un missile irakien (probablement un Stinger de fabrication américaine) a détruit le C-130 :

           
Peut-être le plus beau carton de la résistance irakienne depuis le début de l'agression.

Les pressetitués des médias occidentaux, trop occupés à recopier mot pour mot les communiqués des services de propagande américains fêtant la "victoire des urnes en Irak", passent sous silence ou minimisent à l'extrême l'affaire du C-130. On ne peut pas vraiment le leur reprocher - ils sont payés pour ça.

Après la farce électorale, les troupes d'occupation se font discrètes. Les insurgés concentrent leurs attaques sur les forces collaboratrices : 15 morts par-ci, 23 tués par-là. En n'intervenant pas, les Américains veulent-ils accréditer le mythe de la "guerre civile" irakienne ? C'est une tactique qu'ils ont adoptée fréquemment, au cours de ces deux dernières années, faisant mine de se retirer du "jeu" et d'observer, mais cela n'a jamais duré très longtemps. Dès que leurs marionnettes sont sur le point d'être submergées, les yankees reviennent sur le devant de la scène... et la demande de body bags made in USA remonte en flèche.

Le 11 février, le criminel de guerre Rumsfeld effectue une "visite" en Irak. Sur la base d'Al-Ghazlani, près de Mossoul, la résistance l'accueille à coups de roquettes. Le tueur gâteux doit quitter les lieux en catastrophe ; son avion échappe de peu à un tir de missile.

Liberté de la presse à l'américaine : Eason Jordan, Chief News Executive de CNN, est congédié après 23 ans de service. C'est par lui qu'on avait appris, en marge du forum de Davos, que l'armée US tue délibérément les journalistes coupables de se trouver "au mauvais moment, là où il ne faut pas" (autrement dit : les journalistes susceptibles d'avoir observé des massacres de civils).

Le 15, près de Balad, quatre American bastards se noient dans une rivière où leur véhicule avait fait un petit plongeon après avoir sauté sur une bombe. Inutile de mentionner les autres, morts de façon un peu trop conventionnelle.


Le taré texan fait parler de lui

Quelques jours plus tard, fin février 2005, le "président" des Etats-Unis effectue un voyage officiel en Europe. La presse alignée nous informe que l'UE et les USA sont désormais "réconciliés" (sur la base de la politique américaine - inchangée depuis mars 2003).


"Plus débile que moi, tu deviens président..."

Qui peut être assez con, en France, pour "s'entretenir" avec GWB ?...
Un journaliste de FR3.



Qui ne craint pas de se salir les mains ?...
Schröder-Gnafron* - et son compère Chirac-Guignol pareillement.
(Ce n'est pas qu'ils aient vraiment les mains propres...)

* En novembre 2005, Gnafron reprend ses billes et laisse la place à Bécassine
(alias Angèla Merdel ou "das Merkel" comme on dit en germain)

Après avoir pollué de sa présence la Belgique et l'Allemagne, Bush va emmerder les habitants de Bratislava. Malgré les efforts de ses conseillers, il a toutes les peines du monde à se souvenir du nom du pays : Slovénie, Slavonie, Slovaquie ?  Peu importe, le principal, c'est que ce soit un grand allié dans la "lutte contre le terrorisme" al-qaqaïdo-irakien.

Par la même occasion, le taré texan rencontre Poutine... et lui donne des leçons de démocratie. Il est vrai que le président russe n'a été élu que par 70 % des électeurs de son pays et qu'il n'a même pas eu recours à la fraude électronique. Mais le plus grave, c'est que Poutine refuse d'obéir aux ordres de l'oligarchie russo-israélienne*, c'est proprement scandaleux... (Est-ce qu'on a le droit de dire que c'est antisémite ? Non, pas encore, il faut attendre que le signal soit donné...)

* Lire ici un article du journaliste israélien Uri Avnery : The Oligarchs.

En Irak, pas un jour ne s'écoule sans attaques massives contre les collaborateurs. Les traîtres pro-américains meurent par douzaines. A Hillah, le 28 février, plus de 110 "futurs" flics passent l'arme à gauche avant même d'avoir reçu leurs armes. Un peu partout dans le pays, juges, hauts fonctionnaires, gardes et autres supporters du régime d'occupation se font tuer pour la junte Bush et ses marionnettes locales.

Les GIs et marines, de leur côté, continuent de se planquer. Il leur est cependant difficile d'éviter tout dégât : début mars 2005, on fête le 1.500ème mort officiel.


Giuliana Sgrena

Le 4 mars 2005, la journaliste italienne Giuliana Sgrena, kidnappée un mois plus tôt dans des conditions assez louches, est relâchée par ses ravisseurs - ravisseurs dont on ignore qui ils sont et pour quels services secrets étrangers ils "travaillent". Alors qu'elle se dirige vers l'aéroport de Bagdad pour rentrer dans son pays, l'ex-otage a la surprise de voir des militaires américains tirer sur son véhicule : elle est blessée, son garde du corps (un agent des services spéciaux italiens) est tué.  Etant donné que la voiture avait déjà franchi tous les barrages de "sécurité" et ne se trouvait plus qu'à 700 mètres de l'aéroport, il est difficile de croire qu'il s'agit d'une simple bavure entre "alliés". N'est-ce pas plutôt une tentative d'assassinat sur la personne d'une journaliste qui en savait et qui en disait trop ?  (Sgrena, qui écrit pour Il Manifesto, effectuait un reportage sur Falloudja au moment de son enlèvement ; auparavant elle avait publié plusieurs témoignages sur les crimes de guerre commis dans cette ville et sur les atrocités d'Abou-Ghraïb.)

Le même jour, dans le sud de l'Irak, les Américains tuent un autre de leurs "alliés", un soldat bulgare. Et le 16 mars, quelque part dans la province d'Al-Anbar, c'est un général de l'armée fantoche irakienne qui subit le même sort. La pratique du "friendly fire", un peu tombée dans l'oubli depuis quelque temps, reprend enfin - à la bonne heure...

Le gouvernement italien, de plus en plus isolé face au mouvement antiguerre, surtout depuis l'affaire Sgrena, annonce qu'il commencera à retirer ses troupes d'Irak à partir de septembre. Les Ukrainiens, eux, ont déjà amorcé leur repli - c'était bien la peine de les "démocratiser". Pareil pour les Bulgares - à cause d'une simple bavure. Quant aux Hollandais, ils sont déjà rentrés chez eux.  Que reste-t-il en fin de compte de la fameuse "coalition", mis à part les vassaux anglais et australiens ?

Le 2 avril, après deux semaines de calme relatif, une attaque de commando a lieu contre le centre de torture d'Abou-Ghraïb. L'opération dure quarante minutes et fait de nombreuses "victimes" parmi les occupants américains. Les services de propagande du Pentagone parlent de 44 blessés. Et les morts ?... Il y aurait 44 blessés mais aucun mort ? Pas très plausible...  On ignore par ailleurs si des prisonniers ont pu être libérés.  (La presse occidentale ne s'étend guère sur cette action - il est vrai que la mort du pape est cent mille fois plus intéressante.)

Trois jours plus tard, la BBC annonce la capture par les insurgés d'un général fantoche et de ses gardes du corps.

21 avril : un hélicoptère de l'armée bulgare est abattu par un missile à une vingtaine de kilomètres au nord de Bagdad - il y a onze morts, dont l'équipage et six mercenaires "civils" américains. Trois autres "sous-traitants" étrangers se font liquider à proximité de l'aéroport de la capitale.

Quand ils le peuvent, les envahisseurs US évitent de se montrer, laissant leurs marionnettes locales s'agiter et mourir à leur place. De temps à autre, cependant, on monte une "expédition punitive" de style Falloudja. Cette fois, c'est la ville d'Al-Qaïm, près de la frontière syrienne, qui est attaquée en force par l'aviation américaine. Les médias sont avares d'informations à ce sujet - pensez-vous, il y a un nouveau "souverain pontife" à Rome...

28 avril : encore un général collabo abattu ; il "travaillait" au "ministère de l'Intérieur" où il était responsable... du "renseignement".

Fin avril, les attaques de la résistance sont particulièrement vives, dirigées à la fois contre l'occupant, qui perd une douzaine de soldats en trois jours, et contre ses harkis locaux, qui périssent par centaines. A Talafar, dans le nord, le vice-gouverneur est tué dans un attentat. Une trentaine de collabos venus assister à ses obsèques subissent le même sort.

Le 3 mai, le Pentagone annonce la "collision en vol" de deux avions de combat F-18 Hornet, mais - miracle - il n'y qu'un mort (et pas de blessés). On ne serait pas étonné d'apprendre que la résistance est responsable de cet heureux "accident". Un F-18 avait déjà été abattu par les Irakiens le 2 avril 2003.


Au secours, Saddam !...

Début mai 2005 : depuis quelques jours, le bruit court que le ministre de la guerre Rumsfeld a rencontré Saddam Hussein dans sa prison et qu'il lui a proposé de le libérer s'il acceptait de demander publiquement aux Irakiens de mettre fin à leurs attaques contre les forces américaines et leurs alliés. Cette rumeur est d'autant plus étonnante que le monde entier pensait jusqu'alors que le responsable de tous ces attentats avait pour nom Zarkaoui.

Pour que Saddam puisse être relâché, il faudrait d'abord être sûr qu'il est aux mains des occupants, ce qui est loin d'être le cas - voir "Saddam" est de retour. Quoi qu'il en soit, on voit d'ici le sosie de l'abominable dictateur déclarer à la télévision : "Stop, c'est une erreur. Restez tranquilles et faites ce que Bush et Sharon exigent de vous."  Les Irakiens obéiraient aussitôt et le "prisonnier" pourrait disparaître ; il ne serait plus nécessaire de lui faire un "procès". Très pratique - ces néo-cons sont vraiment des génies...



" Comment ça, je ressemble pas à Saddam ?...
Vous croyez qu'ils m'auraient pris, au casting, si je lui ressemblais pas ?...
C'est quand même pas pour rien qu'ils me donnent 200 balles par mois,
plus un petit bonus chaque fois que je passe sur CNN.
J'ai même été nominé pour l'Oscar du meilleur dict-acteur étranger...
"

" En novembre 2006, quand ils m'ont condamné à mort, je leur ai demandé
de me verser une prime de départ de 1000 dollars. Ces cons-là ont refusé.
Le producteur m'a même menacé de me faire pendre pour de bon si je la fermais pas.
Quelle bande d'enfoirés, ces yankees...
"

Le 4 mai, à Erbil (Kurdistan irakien), un attentat contre un centre de recrutement de la police fait au moins 60 morts et 150 blessés. Le lendemain, à Bagdad, ce sont 22 flics qui se font liquider. Et de nombreuses autres attaques ont lieu un peu partout dans le pays.  Au secours, Saddam, dis-leur d'arrêter !...

Aux Etats-Unis, un sondage CNN-USA Today révèle que pour 57 % des Américains, "la guerre d'Irak n'a pas été payante". Sans blague...  Consolez-vous, braves yankees, la prochaine le sera. Et vous serez enthousiastes quand elle éclatera ; on voit d'ici le prochain sondage : "85 % des Américains approuvent l'attitude ferme de leur président face aux menaces de l'Iran". A moins qu'il ne s'agisse de la Syrie, de la Corée du Nord ou du Venezuela.

Dans le cadre de la nouvelle agression que les Etats-Unisraël préparent contre Damas, l'armée US mène une offensive "anti-rebelles" dans l'ouest de l'Irak, entre Hadithah et la frontière syrienne, le long de l'Euphrate.* On ne sait pas grand-chose de cette "opération", les journalistes ayant mieux à faire en ce moment (convaincre les Français de voter "oui" au référendum européen ou surfer sur le tsunami de l'Holocauste en "oubliant" les dizaines de millions de non-Juifs massacrés par les nazis).

* Il est surprenant de voir avec quelle rapidité les services de propagande de la junte de Washington passent d'un coupable à l'autre quand il s'agit d'expliquer la cause des déboires américains en Irak : d'abord Al-Qaqaïda et les terroristes internationaux du groupe Zarkakaoui, puis l'affreux Saddam depuis sa prison, et enfin les méchants Syriens. Si ce n'est toi, c'est donc ton frère - à croire que Rumsfeld a lu La Fontaine...


Leçon d'histoire

Sur le terrain, en Irak, le Pentagone reprend une tradition un peu délaissée ces derniers temps et prétend que ses marines ont tué "cent terroristes" (tout rond), tandis qu'eux-mêmes ne déplorent pratiquement ni morts ni blessés. L'histoire de cette guerre reste à écrire...

Pendant ce temps, le taré texan, entre deux discours antirusses,* ose se présenter à Moscou le 8 mai 2005, pour la commémoration du soixantième anniversaire de l'écrasement du fascisme. Il bafouille à mi-voix le slogan habituel sur les "déficits démocratiques" de la Russie. Poutine fait preuve de tact et ne rappelle, quant à lui, ni les déficits démocratiques américains, ni les exploits passés de Prescott Bush, grand-père pro-nazi de "Mr. President" et fondateur du clan, ni les exploits présents de George W. en Irak (plus de 100.000 civils tués depuis le début de la guerre).

* Un de ces discours, récité à Tbilissi en Géorgie, a paraît-il été "troublé" par un lancer de grenade en direction de "l'orateur", mais sans que l'intéressé s'en aperçoive car l'engin n'a pas explosé. Dommage qu'il s'agisse d'un incident inventé de toutes pièces par les services américains. Voir le "Führer" de l'Ordre nouveau se faire sauter la gueule en direct à télé eût été fort divertissant.

A peu près le même jour, à Hawija dans le nord de l'Irak, une trentaine de recrues de l'armée fantoche périssent dans une explosion - sans que la télévision soit présente sur les lieux.

Dans le nord-ouest, autour d'Al-Qaïm, les combats se poursuivent. Les Américains bombardent les villes et villages de la région et se rapprochent dangereusement de la frontière syrienne. Les agresseurs s'apprêtent-ils à concrétiser leurs menaces contre le gouvernement de Damas ?...

Le 15 mai 2005, Condoleezza Rice, ministre des Affaires étrangères des USA, "visite" l'Irak à la sauvette et déclare :"Nous resterons ici jusqu'à ce que les Irakiens soient en mesure de se défendre eux-mêmes."  Cette pauvre conne n'a pas compris que les Irakiens ne font rien d'autre depuis le premier jour de l'invasion.

A part ça, tout va très bien. En une semaine, les troupes américaines ont eu 25 tués (c'est du moins le chiffre officiel) : on est donc largement au-dessus de la moyenne. Les déserteurs et les "tire-au-flanc" se comptent par dizaines de milliers dans les rangs de l'armée US. Il devient de plus en plus difficile de trouver de nouveaux volontaires. Dans les universités, payées par le Pentagone pour organiser des séances de recrutement, les étudiants se rebiffent de plus en plus fréquemment. Dans le secondaire, on promet aux lycéens de leur payer leurs études s'ils s'engagent - sans trop de succès, cependant. Le rétablissement du service militaire obligatoire semble imminent. Tout est fin prêt ; il ne manque que le prétexte qui permettra d'appuyer sur le bouton Go (nouvel attentat "islamiste" sans doute pire que le 11 septembre).


Seattle - mai 2005

Merci, Mr. Galloway

En attendant, les néo-cons font ce qu'ils peuvent pour détourner l'attention de leurs crimes et rejeter sur d'autres la responsabilité de la débâcle irakienne. Le 17 mai 2005, à Washington, ils réunissent une commission du Sénat chargée "d'enquêter" sur la prétendue collusion de certains hommes politiques occidentaux avec le régime de Saddam Hussein (ils auraient reçu de l'argent du méchant dictateur). Parmi les "accusés" on compte notamment l'ancien ministre français Charles Pasqua et le député britannique George Galloway. C'est le fanatique israélo-américain Richard Perle qui a lancé cette calomnie dans les journaux du groupe Hollinger dont il est le patron.

Contrairement à Pasqua, Galloway n'a pas froid aux yeux. Député du parti travailliste de Tony Blair, il est contre l'agression anglo-américaine en Irak, ce qui lui vaut l'exclusion du Labour. Début mai 2005, il se représente aux élections générales - en tant que candidat indépendant - et l'emporte haut la main dans sa circonscription de l'East End londonien. Quinze jours plus tard, il descend dans la fosse aux lions sénatoriale - de son propre gré, bien entendu, car il n'existe pas encore de loi obligeant un député britannique à comparaître devant une commission américaine.

Ce qui s'annonçait comme un procès à la Kafka, devient rapidement un réquisitoire contre les fauteurs de guerre ; "l'accusé" devient accusateur - détails.

Mais le plus intéressant dans cette affaire, c'est la composition de la fameuse commission. Au lieu des treize sénateurs prévus, deux seulement sont présents : Norm Coleman (censé représenter les Républicains du Minnesota) et Carl Levin (prétendant parler au nom des Démocrates du Michigan). En fait, les deux hommes, que rien - strictement rien - ne sépare politiquement, sont avant tout les représentants et les porte-parole de l'Etat d'Israël qu'ils soutiennent de toutes leurs forces en tant que Juifs farouchement sionistes.

George Galloway a non seulement assené à ces ignobles criminels une retentissante gifle politique. Il s'est permis, par-dessus le marché, de violer la sacro-sainte loi américaine sur le boycott anticubain, en fumant un havane dans l'enceinte du Capitole - aux USA, un délit presque aussi grave que la non-obéissance à Israël.


Rien à signaler

En Irak, comme d'habitude, rien à signaler - si ce n'est quatre ou cinq militaires US tués chaque jour, un hélicoptère OH-58 Kiowa abattu près de Bakouba, et des douzaines de flics et de "notables" collabos liquidés (dont un général responsable de la "sécurité"). Plus une nouvelle "opération anti-terroristes" - de nouveau à Hadithah, et avec toujours autant de "succès".

Les jours se suivent et se ressemblent, avec razzias américaines et "coups de filet" (où l'on arrête n'importe qui, n'importe où, pour montrer à l'opinion publique qu'on est "les plus forts"). Et la résistance frappe toujours ailleurs, là où on ne l'attendait pas.

Pour les pressetitués de service, il n'y a que des attentats-suicides perpétrés par des fanatiques islamistes dirigés par Zarkaoui. Au cas où vous n'auriez pas vu les épisodes précédents : Zarkaoui, c'est le mec qui vient d'être blessé alors qu'il était déjà mort, celui qui a réussi à s'échapper en courant après avoir perdu la jambe gauche. Il a un site Internet en langue islamique, que tous les bons journalistes ne manquent jamais de mentionner, un site dont personne ne connaît l'URL, un site qu'ils vont consulter tous les jours - merci à eux de faire ça pour nous.

Il est vrai que si l'on se fie aux médias pour apprendre ce qui se passe dans le monde, on est servi... D'ailleurs, même en France, si les gens ont voté NON, il paraît que c'est parce qu'ils sont extrémistes à 55 % et qu'ils voulaient un nouveau gouvernement pour accélérer les "réformes" antisociales. Et peut-être aussi pour qu'on aille enfin faire la guerre en Irak.

Irak où se multiplient les "accidents" aériens. Le 30 mai 2005, un avion de "l'armée de l'air irakienne" (???) "s'écrase" près de Jalawiah (province de Diyala) : il y a cinq morts (américains, comme par hasard). Même chose pour un hélicoptère italien à Nassiriya : quatre tués (très bien comme ça, n'avaient qu'à rentrer chez eux comme ils l'avaient annoncé).

Le mois de juin 2005 est très prometteur. Presque chaque jour, cinq, six ou sept militaires américains sont tués (chiffres officiels). Même chose pour les flics et soldats fantoches irakiens - souvent en pire. Selon un sondage de USA Today, 60 % des Américains sont maintenant pour le retrait des troupes : raison de plus pour qu'elles restent en Irak.

Tandis que les médias alignés s'extasient sur la dernière trouvaille de Washington (une nouvelle conférence bidon sur la "reconstruction"), sur le terrain, les "offensives" américaines devenues quasiment hebdomadaires se suivent et se ressemblent : villes et villages bombardés, napalm et obus à l'uranium, civils arrêtés à tour de bras et présentés comme autant de "terroristes". Les camps de concentration et centres de torture sont pleins à craquer. Le journaliste américain Dahr Jamail*, qui semble être un des seuls à se rendre régulièrement en Irak (il a l'avantage de maîtriser l'arabe et de passer inaperçu dans le pays), parle d'au moins 60.000 nouveaux détenus.

* Dahr Jamail, dont les articles paraissent assez souvent dans le quotidien turc Yeni Safak, signale que Washington est intervenu auprès du gouvernement d'Ankara afin qu'il ordonne au journal de boycotter certains auteurs trop critiques (outre Dahr Jamail, Robert Fisk et Naomi Klein). C'est ce qu'on appelle, aux USA, la "liberté de la presse". Ne serait-il pas plus simple de demander à George Soros ou à un autre milliardaire juif de reprendre Yeni Safak ? Les Turcs ne pourraient pas refuser - ou alors, ce serait de l'antisémitisme...


Fragging

Avec deux semaines de retard, on apprend qu'un colonel de l'armée US (un certain Ted Westhusing) a trouvé la mort dans un camp militaire près de Bagdad le 5 juin 2005. Il semblerait qu'il ait été abattu à bout portant par un policier irakien (dans ce camp - "Camp Dublin" - les occupants "forment" les "unités d'élite" de la police collabo). La presse américaine, elle, privilégie la thèse de l'accident ou du suicide. Quoi qu'il en soit, voilà une bonne nouvelle, une de celles qu'on aimerait entendre plus souvent - malheureusement, la censure veille...

Pas assez cependant pour étouffer complètement l'affaire suivante : trois jours après le colonel, deux autres officiers (un lieutenant et un capitaine) se font liquider de la même façon dans une base US de Tikrit. Mais cette fois, l'homme à qui l'on doit cet acte de salubrité publique est un sergent américain. Au Viêt-Nam, ce type de nettoyage (le fragging*) avait fini par devenir le passe-temps favori de beaucoup de GIs frustrés ; 9000 officiers et sous-officiers, tous plus salauds les uns que les autres, ont vu leur belle carrière finir ainsi. Pas de doute, certaines traditions américaines ont du bon.

Sachant que la junte Bush a l'intention de rétablir le service militaire obligatoire et que 85 % des Américains sont contre cette mesure (sondage Gallup publié le 24 juin 2005), le fragging à grande échelle a très certainement de l'avenir.

* Le mot vient de frag(mentation grenade) et désigne l'action qui consiste à balancer un de ces joujoux sur la gueule d'un officier. Quand on n'a pas de grenade sous la main, une arme à feu ou un couteau font également l'affaire. Les GIs fraggeurs seraient bien surpris d'apprendre qu'ils mettent en pratique, sans le savoir, cette strophe depuis longtemps oubliée de l'Internationale :
           "S'ils s'obstinent, ces cannibales,
           A faire de nous des héros,
           Ils sauront bientôt que nos balles
           Sont pour nos propres généraux.
"
(Bien sûr, un GI ne peut pas connaître l'existence de ce chant - ces types-là vivent sur une autre planète. Mais il existe quand même des réflexes innés - comme la révolte - que le plus intense lavage de cerveau ne parviendra jamais à éliminer tout à fait.)



Les graffiti du Pentagone

Saviez-vous qu'on trouve parfois des graffiti dans les toilettes du Pentagone ?  (On devrait peut-être leur envoyer Sarkozy pour qu'il leur enseigne les bienfaits de la "tolérance zéro" et du "nettoyage haute pression"...)  En attendant, Donald Rumsfeld, qui était entré par hasard dans les chiottes du premier étage, à gauche au fond du couloir, a pu y lire récemment l'information suivante qu'il s'est empressé de faire suivre à CNN : le gouvernement américain a l'intention de négocier secrètement avec les insurgés irakiens. Oui, parfaitement...

Poursuivant son exploration des WC pentagonais, le sinistre ministre a appris, un étage plus haut, que l'insurrection était partie pour durer huit, douze ou même quinze ans ; il en a aussitôt informé le Washington Post. Un peu plus loin, par contre, quelqu'un avait écrit que la même insurrection était sur le point d'être matée. Mais là, comme tout le monde avait reconnu l'écriture de Dick Cheney, Rumsfeld a préféré tenir sa langue - ce qui n'a pas empêché le New York Times de publier la nouvelle.

On voit qu'il existe encore des divergences d'appréciation entre experts, mais au niveau de l'information, tout fonctionne parfaitement : c'est ça la démocratie américaine (pour plus de détails, prière de vous reporter à votre quotidien habituel).


Routine

Sur le terrain, en Irak, rien de nouveau : les soldats américains continuent de tuer et de se faire tuer ; les harkis, eux, se font surtout tuer. Les hélicos s'écrasent, les convois explosent, les humvees brûlent, les "ambassadeurs"* se font enlever. Tout baigne...

* En l'occurrence il s'agit de l'"ambassadeur" d'Egypte. De toute évidence, personne ne lui avait expliqué que seuls les Etats souverains peuvent échanger des ambassadeurs et qu'un diplomate en poste dans un territoire colonisé ne peut prétendre à ce titre.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, on "déplore" la "mort tragique" de ce que les Américains appellent "female marines" - terme ô combien poétique pour une oreille francophone. Quatre de ces meufs d'enfer sont tuées dans un attentat près de Falloudja ; sept autres sont blessées. Vive l'égalité des sexes, il était temps que cesse la discrimination.

Juillet 2005 : alors que le mois de juin est présenté comme un des plus meurtriers pour les troupes d'invasion, les pertes officielles sont pratiquement réduites à zéro depuis le 1er juillet. Il semblerait que le Pentagone veuille "ménager" son opinion publique durement touchée par les "opérations" foireuses en Afghanistan (au moins 25 morts américains en l'espace de quelques heures rien que dans la province de Kounar). Comme d'habitude, la presse occidentale complice fait le blocus sur l'information. Les attentats de Londres lui permettent de détourner l'attention de l'Irak.


Diviser l'Irak et les Irakiens

Sur place, les hécatombes de policiers et soldats fantoches se multiplient. Les attentats louches également. Depuis quelque temps, la nouvelle tactique qui consiste à organiser des attentats contre la population civile et à simuler des affontements entre groupes religieux, donne lieu à une véritable recrudescence. Les "services spéciaux" et autres commandos téléguidés par les USA et Israël ne savent plus où donner de la tête.

Le 13 juillet 2005, à Bagdad, ils tuent 32 enfants irakiens et un GI américain. La presse clonée s'efforce de nous faire croire que les braves Américains étaient en train de distribuer des friandises aux petits Irakiens quand les tueurs "de Zarkaoui" ont frappé. Ce n'est pas la première fois qu'on nous sort ce genre de fadaise, et ce n'est sûrement pas la dernière...  Si le GI a été tué, c'est probablement parce qu'on avait négligé de le prévenir à temps - il était peut-être mexicain.

Le 16 juillet, à Moussayeb, au sud de Bagdad, les mêmes tueurs font exploser un camion-citerne à proximité d'une mosquée chiite : une centaine de morts, tous des civils.

Trois semaines plus tard, une chaîne de télévision de Dubaï diffuse une vidéo "islamiste" où l'on peut voir et entendre un homme en cagoule menacer de mort George Bush et Tony Blair. Le terroriste parle anglais... avec l'accent australien. On commence à manquer d'Israéliens arabophones...


Voir notre page sur le terrorisme et les attentats-suicides.

Pour ce qui est de la "guerre de religion" voulue et propagée par les néo-cons, il est peu vraisemblable que la tactique employée puisse porter ses fruits. Néanmoins, la passivité - pour ne pas dire la complaisance - de la hiérarchie chiite fait le jeu des envahisseurs. Les régions du sud de l'Irak, où la résistance est assez faible, sombrent peu à peu dans l'islamisme - et ce, avec la bénédiction des occupants anglais. A Bassorah, "l'ordre" est désormais assuré par des milices religieuses qui pourchassent les femmes non voilées, les consommateurs d'alcool, les hommes coiffés de manière trop "occidentale", etc...  Si les forces patriotiques irakiennes ne parviennent pas à stopper cette talibanisation voulue et encouragée par les Britanniques, elles risquent de se voir confrontées à un sérieux problème.

Le comportement du clergé chiite irakien (Sistani et compagnie) est bien entendu fortement influencé par tout ce qui se passe en Iran. Et depuis quelque temps, l'attentisme des dirigeants de Téhéran face à la menace américaine a quelque chose d'inquiétant. En Irak, le chef religieux Moqtada Sadr, qui un an plus tôt dirigeait l'insurrection chiite de Nadjaf, demande aujourd'hui à ses partisans de troquer leurs kalachnikovs contre des stylos et de signer une pétition réclamant le retrait des troupes étrangères.

Quoi qu'il en soit, les sionistes ne cachent même plus leur intention de morceler l'Irak. Le 16 juin 2005, sur YnetNews, un site israélien de Yedioth Internet (c'est de l'hébreu et ça doit signifier "les idiots de l'Internet"), un certain Guy Bechor écrit : "Les Américains devraient abandonner l'idée d'un Irak unifié. Le pays est trop grand [1] pour qu'on puisse l'administrer dans son ensemble. Si l'on a pu diviser Israël, [2] pourquoi ne serait-il pas possible de diviser l'Irak ?  Cela permettrait un contrôle plus efficace des Etats à créer et, pour la première fois, il deviendrait possible de mettre en oeuvre une politique basée sur la récompense et la punition. [3] Dans un premier temps, on établirait un Etat kurde démocratique [4] et indépendant dans le nord du pays. Les Kurdes sont d'accord [5] et, qui plus est, il y a d'immenses réserves pétrolières dans cette région. [6] Un Etat kurde riche et pro-occidental changerait à coup sûr le climat politique irakien et constituerait un modèle pouvant être repris par d'autres groupes ethniques. [7]"

1 - Ils trouvent qu'un pays de 438.000 km2 est "trop grand". Et ces cons-là voudraient ensuite se payer l'Iran (1.650.000 km2) et même l'Arabie saoudite (2.250.000 km2)...  En fait, le critère n'est pas la taille que peut avoir un pays, mais la possibilité ou l'impossibilité, pour le lobby sioniste, d'infiltrer ses structures et de le dominer de l'intérieur. Les Etats-Unis, qui ont une superficie de 9.800.000 km2, obéissent au doigt et à l'oeil sans qu'il soit nécessaire de les morceler.

2 - On a divisé Israël ?  Première nouvelle...  A moins que la Terre promise ne soit, aux yeux des sionistes, divisée en deux parties : les territoires déjà juifs et ceux qui restent à coloniser, à éretziser.

3 - En règle générale, on dit plus simplement : la carotte et le bâton.

4 - "Démocratique" comme l'Etat raciste d'Israël où règne l'apartheid ?

5 - Les Kurdes à la solde d'Israël, peut-être, mais certainement pas tous les autres - et surtout pas les Turcs, qui sont farouchement opposés à la création d'un Etat kurde qui finirait par faire éclater l'unité de leur pays.

6 - Elles reviennent de droit aux Israéliens, qui attendent avec impatience la remise en service du pipe-line Mossoul-Haïfa.

7 - C'est ce que les néo-cons croyaient déjà avant l'invasion de l'Irak : "Les Irakiens recevront leurs libérateurs à bras ouverts, et l'Irak deviendra un modèle pour tous les peuples opprimés du Moyen-Orient."  Plus les sionistes se trompent dans leurs pronostics, et plus ils s'y accrochent. Ils croient vraiment leurs propres balivernes - et sont probablement les seuls à les croire, exception faite de la plupart des Américains.



Pas de pause au mois d'août

Le mois d'août 2005 débute en beauté : 23 morts* américains en trois jours - et ce n'est que la pointe de l'iceberg.

* dont 20 marines du même bataillon, stationnés "en temps de paix" à Brook Park, une banlieue de Cleveland (Ohio). Pour paraphraser un slogan de l'époque de la guerre du Viêt-Nam, il faudrait, pour réveiller les Américains, dix, vingt, cent Brook Parks.

Les envahisseurs, comme toujours en pareil cas, se vengent de l'humiliant revers que leur a infligé la résistance, en massacrant des civils irakiens. Cette fois, c'est la ville de Haklanija, à 200 kilomètres au nord-ouest de Bagdad, qui est la cible de leurs bombes.

Depuis un certain temps, on assiste à une multiplication des "accidents" ou "incidents" mortels impliquant des humvees. Après avoir perdu des centaines de GIs à bord de ces véhicules peu protégés, le Pentagone s'était résigné à en faire renforcer le blindage. Mais, manque de chance, après quelques mois de répit apparent, la résistance irakienne, qui ne dort pas, s'est mise à utiliser des engins explosifs plus puissants, de sorte que les deux ou trois centimètres d'acier supplémentaires ne protègent plus personne.

Pour "expliquer" le fait que les insurgés se soient si rapidement adaptés à la situation nouvelle, les Américains ont trouvé un bouc émissaire : les Iraniens. Téhéran fourniraient aux "terroristes" irakiens les bombes de grande puissance dont ils ont besoin.

S'il en était ainsi, on ne pourrait que s'en féliciter. Malheureusement, comme le gouvernement iranien ne vient même pas en aide à ses propres "partisans" chiites en Irak, on se demande pourquoi il soutiendrait la résistance patriotique (voir un peu plus haut).

En fait, le nouveau bobard imaginé par les néo-cons a tout simplement pour but d'accélérer la mise en condition de l'opinion occidentale en vue d'une prochaine agression contre l'Iran.


Prise de conscience

L'Américaine Cindy Sheehan est la mère d'un marine tué à Bagdad en avril 2004. Deux mois après avoir perdu son fils, elle a eu l'occasion de rencontrer George Bush "à titre privé". Depuis, elle est profondément choquée par l'indifférence et le manque total de chaleur humaine de celui qu'elle considère comme un sociopathe, parfaitement incapable de ressentir et d'exprimer le moindre sentiment humain. Non seulement il est insensible au sort des militaires américains qu'il envoie à la guerre, mais quand il reçoit les parents de ceux qui sont "tombés" en Irak - ce qui est très rare -, il le fait sur un ton badin et enjoué propre à donner la nausée. Et il ne connaît même pas les noms des soldats auxquels il est censé rendre hommage.

Cette goujaterie "présidentielle", ajoutée au deuil personnel, a provoqué chez Cindy Sheehan une phase de réflexion et de prise de conscience politique. Début août 2005, elle s'installe à proximité du ranch de George Bush à Crawford (Texas) et commence un one-woman protest show qui attire petit à petit reporters et photographes. Elle ne quittera son poste que lorsqu'elle aura pu dire ses quatre vérités à l'imposteur texan. Par peur du scandale, les forces dites de sécurité n'osent pas la déloger.

Les grands médias acquis au parti de la guerre s'efforcent donc de discréditer Cindy Sheehan. Comme toujours en pareil cas, le plus simple est l'accusation d'antiaméricanisme et d'antisémitisme. Les journaux citent donc abondamment une déclaration de la protestataire : "Mon fils est mort pour des mensonges et pour la réalisation de l'agenda néo-con pro-israélien. Et pourtant il s'était engagé dans l'armée pour protéger l'Amérique et non Israël...  On nous dit que les terroristes nous ont attaqués le 11 septembre parce qu'ils haïssaient nos libertés et notre démocratie. La vraie raison, c'est que les Arabo-musulmans qui nous ont attaqués haïssent la politique étrangère que nous pratiquons au Moyen-Orient. Et ça n'a pas changé depuis que l'Amérique a envahi l'Irak - au contraire, c'est encore pire maintenant. Que l'Amérique évacue l'Irak, qu'Israël évacue la Palestine, et cela arrêtera le terrorisme..."

Bien sûr, Cindy Sheehan n'a pas encore perdu toutes ses illusions : elle pense toujours que le rôle de l'armée US est de protéger les Etats-Unis, et croit la fable selon laquelle des Arabes seraient à l'origine des attentats du 11 septembre. Mais le processus de réflexion dans lequel elle s'est engagée est tout à fait remarquable. Espérons que malgré la propagande et la désinformation des grands médias, sa protestation publique contribuera à ouvrir les yeux de bon nombre de ses concitoyens. D'ores et dèjà, il est certain que l'action "solitaire" de Cindy a plus d'effet qu'une manifestation antiguerre de 100.000 personnes.


L'Irak en Louisiane

Même si la catastrophe naturelle* qui vient de frapper le sud des Etats-Unis fin août 2005 n'est pas comparable à l'agression militaire qui perdure depuis deux ans et demi en Irak, par certains côtés les deux fléaux présentent d'étranges similitudes.

Près d'une semaine après le passage du cyclone Katrina, des dizaines de milliers d'habitants de La Nouvelle-Orléans, qui n'ont pu quitter la ville inondée faute de posséder une voiture, attendent toujours l'arrivée des secours. Dans le pays le plus riche du monde, on laisse les pauvres mourir de faim, de soif, de maladie, sans leur venir en aide. Et pendant ce temps, le criminel texan qui se dit "président" organise pour quelques journalistes triés sur le volet des "conférences de presse" à Biloxi, loin des victimes.

La Garde nationale de Louisiane et l'US Army pourraient intervenir pour sauver la population. Malheureusement elles sont l'une et l'autre trop occupées en Irak - où leur rôle n'est pas non plus d'aider les civils mais de les "pacifier" en les massacrant. Les militaires et gardes disponibles dans la région sinistrée n'ont pas pour tâche de distribuer des vivres et des médicaments, mais de "rétablir l'ordre" - car il va de soi que les malheureux qui se servent "gratuitement" dans les supermarchés sont tous des "pillards". Dans l'esprit d'un George W. Bush, un "terroriste" arabe de Falloudja ou un "pillard" noir de la Nouvelle-Orléans, c'est la même chose.

Alors que les USA gaspillent 1,5 milliard de dollars par jour en dépenses militaires, le renforcement des digues ("levées") qui entourent La Nouvelle-Orléans n'a pas été entrepris par "souci d'économie" : il aurait coûté 250 millions.*

Et comme toujours, lorsque viendra l'heure des indemnisations, les miséreux du tiers-monde états-unien repartiront les mains vides, tandis que les pillards, les vrais, à savoir ces parasites de l'industrie pétrolière qui s'enrichissent chaque jour davantage aux dépens de la société, ramasseront les milliards à la pelle. Halliburton, un des principaux profiteurs de la guerre d'Irak, a déjà décroché un contrat très lucratif pour le déblaiement et la remise en état des bases de la Navy dans le Mississippi et en Louisiane. C'est ça le "monde libre"...

Une lettre ouverte de Michael Moore à l'imposteur de la Maison Blanche : Où sont tous vos hélicoptères ?

Le site du journaliste américain Wayne Madsen (septembre 2005) contient une foule de détails inédits sur le rôle du clan Bush, des néo-cons et de la FEMA dans le scandale de Louisiane. (La FEMA, qui est soi-disant chargée d'organiser les secours en cas de catastrophe naturelle, a en fait pour rôle de coordonner la répression dans le cadre de la loi martiale après une nouvelle "attaque terroriste d'Al-Qaïda" contre les Etats-Unis.) Wayne Madsen explique également comment l'oligarchie compte profiter de Katrina pour se débarrasser des pauvres de La Nouvelle-Orléans et faire de la ville un nouveau Las Vegas pour Blancs aisés. [Selon une étude du sociologue John Logan, publiée en janvier 2006, 80 % des Noirs évacués ne retourneront pas à La Nouvelle-Orléans.]

* On est en droit de se demander jusqu'à quel point la catastrophe de Louisiane a été un phénomène naturel. Il faut en fait distinguer deux aspects :

1) les conséquences de Katrina, c'est-à-dire la rupture des digues : divers témoignages semblent indiquer que ces "levées", aussi défectueuses qu'elles aient été, n'ont pas cédé de façon "naturelle". Il est possible qu'on ait profité de l'ouragan pour les faire sauter.

2) l'ouragan lui-même : qu'il ait été assez puissant ou pas pour provoquer l'inondation, peut-on affirmer que son origine est vraiment naturelle ?  On sait que, depuis un certain temps, les Etats-Unis travaillent en secret au projet HAARP, dont le but officiel est "d'observer les aurores boréales en Alaska". Mais il s'agit en fait d'étudier et d'expérimenter tout ce qui est susceptible d'influer sur les conditions climatiques et atmosphériques... et de procurer un avantage militaire au Pentagone. Les détails du programme ne sont guère connus, mais il semblerait cependant que la multiplication inhabituelle des cyclones (en 2005 notamment) ne soit pas tout à fait étrangère à ce projet secret. L'utilisation à grande échelle de l'EMP (pulsion électromagnétique semblable à celle qui accompagne une explosion nucléaire) fait également partie du projet HAARP. La "panne d'électricité" qui a frappé l'Est des Etats-Unis et du Canada en août 2003 serait due à une expérimentation de cette arme nouvelle.

Quoi qu'il en soit, les coïncidences sont troublantes... Sachant que la junte Bush adore "profiter" des situations qu'elle a elle-même créées, on aurait tort de qualifier cette hypothèse de "délire obsessionnel" relevant de la "science-fiction". (Voir également cet article.)


En Louisiane comme en Irak...

...l'ennemi, c'est le peuple.


Bush a promis d'apporter son aide aux sinistrés.

C'est sans doute pour cela que la route 90
a été rebaptisée en son honneur.



Pour le "président", La Nouvelle-Orléans ou Bagdad, c'est kif-kif : tout baigne  (jpg - 17 ko)


"La Louisiane est une ville en grande partie inondée..."
(Michael Chertoff, ministre israélicain de la "Sécurité" intérieure des Etats-Unis - 3 septembre 2005)
Le principal, c'est que la ville d'Israël ait été épargnée.




LOUISIANE - SEPTEMBRE 2005

LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE PRÉSENTE UN PLAN D'AIDE HUMANITAIRE D'URGENCE




  1. Envoi de troupes de l'ONU aux Etats-Unis (principalement des contingents en provenance de pays arabes et musulmans). Prévoir des cérémonies d'accueil au cours desquelles la population américaine en liesse aura l'occasion d'accueillir ses libérateurs à bras ouverts.

  2. Bombardement de Washington, DC (Capitol Hill), du consulat israélien de New York, du ranch de Crawford (Texas) et de quelques autres repères de terroristes.

  3. Arrestation immédiate des principaux criminels de guerre de la junte Bush et transfert à Guantánamo Bay dès que l'armée cubaine aura récupéré ce territoire.

  4. Elimination progressive de toutes les armes de destruction massive stockées aux USA.

  5. Confiscation des richesses pétrolières américaines au profit de la communauté internationale.

  6. Transition vers un régime démocratique.

  7. Tenue d'élections libres.

  8. Elaboration d'une nouvelle constitution.

  9. Tolérance zéro vis-à-vis des terroristes qui oseront s'opposer au processus de démocratisation.

  10. Organisation d'attentats protestants contre les églises catholiques.

  11. Organisation d'attentats catholiques contre les protestants.

  12. Pour éviter une nouvelle guerre civile américaine, partition territoriale entre les divers groupes ethniques et religieux.

  13. Restitution du Texas, de l'Arizona et de la Californie aux Mexicains.

  14. Reconstitution d'une entité politique francophone acadienne en Louisiane. Rattachement du Vermont à la République libre du Québec.


Pour tous ceux qui trouveraient que ce plan n'est pas suffisamment humanitaire, il y a encore la mesure suivante :

15.  Distribution gratuite aux sinistrées de La Nouvelle-Orléans des 3.000 paires de chaussures confisquées à Condoleezza Rice, y compris celles, d'une valeur de plusieurs milliers de dollars, que la ministre noire est allée acheter dans les boutiques de la Cinquième Avenue pendant que ses "soeurs" louisanaises et leurs familles mouraient de faim et de soif dans l'enfer du Superdome.


Katrina permet au Pentagone de détourner l'attention de la guerre d'Irak, à la fois en ce qui concerne les pertes américaines (depuis le début du mois de septembre il n'y aurait, paraît-il, qu'un mort par jour), que pour ce qui est des massacres de civils (attentats téléguidés contre les mosquées chiites et bombardement de Talafar).


Bassorah

Le 20 septembre 2005, à Bassorah, deux terroristes des "forces spéciales" britanniques déguisés en Arabes, se font prendre la main dans le sac par la police irakienne collabo alors qu'ils s'apprêtaient à commettre des "attentats islamistes" pour le compte du "réseau Al-Qaïda". Les harkis à 60 dollars par mois ont beau avoir l'échine très souple, ils n'apprécient pas que leurs employeurs se livrent à ce genre d'activité. Ils s'emparent donc des salopards - non sans que ceux-ci aient réussi auparavant à tuer deux des flics venus les arrêter.

Les British bastards se retrouvent en prison. On peut se demander pourquoi on ne les a pas purement et simplement lynchés ; sans doute n'a-t-on pas osé. Toujours est-il que les envahisseurs trouvent inadmissible que de vulgaires flics locaux se permettent de boucler ainsi les héroïques mercenaires de "Sa Majesté". L'armée anglaise s'empresse donc de lancer une attaque en règle contre la prison, mobilisant pour cela tous les chars et hélicoptères disponibles.

Les habitants de Bassorah ne restent pas les bras croisés. Donnant libre cours à leur colère, ils incendient un des chars anglais avec ses occupants.

Finalement, les deux terroristes sont "libérés"... et avec eux - ce qui n'était pas prévu - 150 prisonniers irakiens.

Pour donner le change, Tony Blair accuse l'Iran d'être à l'origine de l'incident : une "explication" vraiment très originale... La population britannique, elle, est toujours plus nombreuse à réclamer le retrait des troupes d'Irak. En tout cas, cet épisode met à mal la légende d'un Sud-Irak "pacifique" et d'une occupation anglaise "sans histoires". On imagine ce que pourrait être la situation si la hiérarchie chiite acceptait enfin de mobiliser ses partisans.

Toujours le 20 septembre, comme pour saluer le réveil de Bassorah, la résistance patriotique liquide neuf militaires américains à Bagdad et dans le nord du pays. Rumsfeld attend impatiemment le prochain cyclone...

Chaud, chaud, chaud... L'automne sera chaud  - Sauve qui peut !... Les Irakiens font le ménage...  (jpg -340 ko)

[Quelques mois plus tard, le 6 mai 2006, la population de Bassorah aura de nouveau l'occasion de manifester sa "sympathie" pour les occupants britanniques : après qu'un hélicoptère Lynx ait été abattu par la résistance (cinq morts anglais), la foule en liesse fête ce beau carton et affronte les mercenaires de "Sa Majesté". Bilan : trois blindés en flammes.]


Néo-cons-titution

Octobre 2005 : 283ème réutilisation du scénario hollywoodo-pentagonais Les sous-hommes arabo-islamiques choisissent la démocratie et la liberté. Cette fois, c'est une "nouvelle constitution" que les Irakiens "adoptent" à une "très forte majorité". Et comme toujours, ils doivent leur bonheur aux gouvernants de Washington (qui violent leur propre constitution cent millions de fois par jour) et à ceux de Londres et de Tel Aviv (qui sont pratiquement les seuls au monde à ne pas avoir de constitution).

Sur le terrain, loin des officines de propagande et des salles de rédaction, tout continue comme avant. Les "patriotes" américains, à commencer par le "président", peuvent fêter leur 2.000ème mort officiel :


et plus d'un vaillant marine, parti pour "botter le cul aux terroristes irakiens", éprouve maintenant quelques difficultés à le faire :



"Nouvelle" stratégie

Début décembre 2005, plus de deux ans et demi après son fameux slogan "Mission accomplie", le "président" américain annonce la mise en place d'une "nouvelle" stratégie militaire et politique devant permettre de vaincre en Irak.

En fait, rien n'a changé. Les illusionistes qui agissent par Bush interposé ont toujours recours aux mêmes tours minables, éventés avant même d'avoir servi. Pour masquer les crimes de guerre quotidiens, les bombes au phosphore utilisées contre les civils, les kidnappings de la CIA, la torture systématique, on nous ressort pour la énième fois les enlèvements d'étrangers par les "terroristes", le procès bidon de "Saddam Hussein", de nouvelles "élections", etc, etc... Le tout avec la bienveillante complicité de la caste politique et journalistique occidentale, sans qui cette supercherie permanente serait impossible.

Toujours optimiste, le Pentagone considère que la "nouvelle" stratégie fonctionne déjà parfaitement dans certains secteurs du pays, par exemple à Falloudja, ville "pacifiée" depuis un an. Falloudja est effectivement si bien "pacifiée" que deux soldats américains s'y font abattre par des tireurs irakiens le 30 novembre, tandis que le lendemain, dix marines en patrouille meurent dans l'explosion d'une bombe artisanale de forte puissance, et onze autres sont grièvement blessés.

Irak : La résistance grandit de jour en jour

"Nous sommes en train de gagner", déclare le texanopithèque de la Maison Blanche le 31 janvier 2006, dans "son" discours annuel sur l'état de l'Union. Il avait dit la même chose un an plus tôt. Il avait dit la même chose deux ans plus tôt. Mieux encore : en mai 2003, la guerre était déjà "gagnée", la "mission" était "accomplie". Bonne continuation...

Février 2006 : encore des photos d'Abou-Ghraïb.

Autre manifestation de la "nouvelle" stratégie israélo-américaine en Irak : la destruction, fin février, de la grande mosquée chiite de Samarra et les prétendues "représailles" antisunnites. A partir de là, dans l'ensemble de la presse contrôlée par l'axe américano-sioniste, il n'est plus question que de "violence sectaire", d'"affrontements religieux" et de "guerre civile". La réaction des dirigeants chiites et sunnites irakiens est passée sous silence ou transformée en son contraire - ainsi, par exemple, lorsque Moqtada Sadr dénonce le rôle des envahisseurs américains dans les "attentats-suicides" ayant fait 60 morts à Bagdad le 12 mars.

Le journaliste britannique Robert Fisk : "L'Amérique est piégée dans les sables sanglants de l'Irak et tente désespérément de provoquer une guerre civile autour de Bagdad afin de pouvoir réduire ses propres pertes militaires."

Fisk décrit ainsi des cas concrets d'"attentats-suicides" observés en Irak : Les occupants ou leurs complices prennent un jeune supplétif irakien, lui confient une voiture et un portable, et lui demandent d'aller à un endroit donné (près d'une mosquée, d'un marché ou d'une manifestation) avec l'ordre de leur téléphoner lorsqu'il sera sur les lieux. Arrivé sur place, l'apprenti-flic fraîchement embauché essaie en vain d'établir la communication, descend de voiture et va tenter sa chance un peu plus loin. Une minute plus tard, la connexion est possible... et le véhicule explose, causant des douzaines de morts et de blessés. Le "kamikaze" s'en tire avec la vie sauve. Il a eu de la chance, il aurait pu y passer comme des centaines de ses collègues, morts sans le savoir pour la cause israélo-américaine.

Lire également : Après l'escalade de violence en Irak  par Pol De Vos et Mohammed Hassan.

Comme le signale Aljazeera.com, le Mossad a déjà assassiné plus de 500 scientifiques et universitaires irakiens : détails.

Comment, par qui et pourquoi la Mosquée d'or a été détruite : La conspiration de Samarra, par Gilles Munier.

En Irak, tout se répète à l'infini : crimes de guerre yankees*, opérations médiatiques foireuses, intox... et résistance. Le 21 mars 2006, à Moqdadiyah, au nord-est de la capitale, les patriotes lancent un raid particulièrement spectaculaire contre le commissariat et le tribunal de la ville. Avant que la soldatesque US ait eu le temps de rappliquer, les Irakiens libèrent 32 prisonniers, liquident 18 flics collabos et détruisent une vingtaine de véhicules de police. Quelques jours plus tard, près de Mossoul, une attaque contre une base US fait plus de 40 morts. Et bien entendu, selon le porte-parole du Pentagone, il n'y a aucun Américain parmi eux. Pourquoi y aurait-il des victimes américaines dans l'attaque d'une base américaine ?...

* En mai 2006, la presse évoque un massacre perpétré six mois plus tôt à Haditha par les marines américains : 24 civils tués de sang-froid, dont beaucoup de femmes et d'enfants. Mais ce que l'on oublie de dire, c'est que les massacres de ce genre sont quotidiens. En trois ans de guerre, les terroristes US et les escadrons de la mort à leur solde ont tué près de 200.000 Irakiens. Comme l'a révélé le député Dennis Kucinich (candidat démocrate à la candidature présidentielle 2004), c'est le colonel James Steele, "conseiller" auprès de "l'ambassade" américaine de Bagdad, qui dirige les activités de ces escadrons. Il avait fait la même chose au Salvador vingt ans plus tôt.

Début juin 2006, on apprend que le "numéro deux d'Al-Qaïda", le très abominable et très terrifique Zarkaoui, a été zigouillé par les braves yankees. C'est la deuxième fois en deux ans que le gars se fait occire ; il ne lui reste plus que cinq vies. En attendant qu'il refasse surface, Rumsfeld lui a désigné un successeur : l'Egyptien Abou Al-Masri. On l'applaudit bien fort...

Toujours en juin 2006, la marque officielle des 2.500 morts US est franchie. Et pourtant, on ne peut pas reprocher au Pentagone de ne pas trafiquer les statistiques à la baisse. Plus que jamais, Washington fait appel à des mercenaires dont la mort ne sera pas signalée, car ils ne sont pas américains. Ainsi par exemple, Triple Canopy Operations, une entreprise dite de "sécurité", recrute au Pérou d'anciens militaires et policiers désireux de se sacrifier pour la noble cause israélicaine en Irak. Ils touchent 35 dollars par jour, un salaire pour ainsi dire mirobolant : quatre fois plus que ce qu'ils gagnaient dans leur pays, et même quinze fois plus que ce que touche un harki de la police collabo. Triple Canopy recrute également dans d'autres pays pauvres d'Amérique latine. Armour Group, un autre "marchand de sécurité" basé à Londres, va chercher sa chair à canon aux Iles Fidji, aux Philippines et ailleurs. L'exploitation du lumpenmercenariat est une industrie florissante et très lucrative pour ceux qui la pratiquent, d'autant plus qu'aucune indemnité n'est versée en cas d'"accident du travail". Rien qu'au cours des derniers mois, trente Fidjiens ont perdu la vie en Mésopotamie.

C'est quand même beau la guerre,
c'est quand même beau l'Amérique...

Juin 2006 :
Un soldat amputé des deux jambes, qui a eu la "chance" d'être choisi
parmi les milliers de militaires qui partagent son sort, a été autorisé à
mimer le joggueur pendant vingt secondes en compagnie de son "commandant en chef".
Ce dernier est lui-même amputé du cerveau, mais la guerre n'y est pour rien.

Intervention turque ?

En juillet 2006, à la faveur de l'agression israélienne contre le Liban, la Turquie concentre des troupes et du matériel militaire au Kurdistan, non loin de la frontière irakienne. Il semblerait qu'une invasion soit imminente - au nom de la "guerre contre le terrorisme", bien entendu. Ankara rêve depuis longtemps d'une intervention à grande échelle dans le nord de l'Irak. Prévue pour mars 2003, l'invasion n'a pu avoir lieu, suite à un différend avec les Etats-Unis. Washington voulait alors utiliser la Turquie comme base arrière pour sa guerre en Irak, mais sans contrepartie et, surtout, sans participation active des Turcs. Trois ans plus tard, les Etats-Unis semblent se résigner et se contentent de protester mollement. L'Union Européenne n'est au courant de rien. Une affaire à suivre...

Le 24 août, les F-16 de l'aviation turque bombardent de nuit ce qu'ils croient être des bases du parti kurde PKK dans la région d'Erbil. Les mouvements de troupes se poursuivent le long de la frontière.

[Un an plus tard, en août 2007, la question de l'intervention turque revient sur le tapis : Le Pentagone prêt à intervenir avec l'armée turque - un article de Thierry Meyssan.  En décembre de la même année, Ankara finit par déclencher une attaque relativement courte et "modérée". En février 2008, une nouvelle offensive contre "les rebelles" se termine par un fiasco pour l'armée turque : au moins 27 soldats tués (une centaine selon le PKK), un hélicoptère abattu. La troupe, surtout composée d'appelés, est paralysée par la neige et le froid. Face à la combativité des Kurdes, elle se trouve très vite démoralisée. Les envahisseurs turcs ne peuvent pas pénétrer très profondément en territoire "ennemi" ; le Kurdistan irakien est un peu leur Sud-Liban. Au bout d'une semaine, repli général.  A suivre...]

Escadrons de la mort

Eté 2006 : depuis quelques mois déjà, les escadrons de la mort mis en place par les occupants US et leurs "conseillers" israéliens font plus de victimes que les troupes américaines elles-mêmes. C'est parmi les collabos du "Conseil suprême de la révolution islamique en Irak" (SCIRI) que se recrutent les tueurs des "Brigades Badr". Entre-temps, ces groupes terroristes à la solde de l'occupant rassembleraient 15.000 hommes. Beaucoup d'entre eux "travaillent" officiellement pour la police et ne prennent même pas la peine de se cacher quand ils commettent leurs crimes. Jusqu'à une date récente, c'est d'ailleurs un homme du SCIRI qui occupait le poste de "ministre de l'Intérieur" du "gouvernement" fantoche.

Dans le nord de l'Irak, ce sont les milices kurdes (les peshmergas) qui fournissent le gros des escadrons terroristes. Et un peu partout dans le pays, les mercenaires "civils" étrangers, dont on ne parle plus guère, appuient ou coordonnent ces activités.

Malheureusement, face à ce terrorisme téléguidé, il n'y a toujours pas de réponse coordonnée de la part de la résistance. Les militants chiites de l'armée du Mehdi de Moqtada Sadr réagissent de leur côté (bien que leur chef soit associé au "gouvernement" fantoche) ; les membres de la résistance patriotique, du leur. L'absence d'un commandement centralisé, ou du moins d'un organe commun (comparable au Conseil National de la Résistance pour la France occupée des années 1940), permet aux forces anti-irakiennes de poursuivre leurs manoeuvres et d'accréditer le mythe de la "guerre civile" et des "affrontements religieux" - et la prétendue "nécessité" d'aboutir à une partition du pays, conformément aux plans sionistes (voir plus haut).

Pour ce qui est du rôle que joue Téhéran dans l'évolution de la situation irakienne, on entend dire assez souvent que les Brigades (chiites) Badr sont manipulées par le pouvoir des ayatollahs, et que c'est donc cette ingérence iranienne qui est à l'origine de la "guerre civile" qui s'amorce. En fait, l'organisation Badr, fondée au début des années 1980 par des dissidents irakiens anti-Saddam Hussein hébergés en Iran, s'est installée en Irak en 2003, à la faveur de l'invasion américaine. Il est évident que la chose n'a pu se faire sans l'accord des occupants. Trois ans et demi plus tard, il est probable que les liens de ces groupes terroristes avec l'Iran n'existent plus que sur le papier. Mais il est vrai que la position ambiguë de Téhéran vis-à-vis de l'invasion américaine (laisser faire dans l'espoir d'être épargné) n'est pas faite pour clarifier la situation.

Si l'Iran influence et manipule quelqu'un en Irak, c'est à coup sûr l'armée du Mehdi, dont l'inefficacité, sinon la passivité, depuis le soulèvement avorté de Nadjaf d'août 2004, sont assez étonnantes. Ni le pouvoir religieux iranien ni le gouvernement Ahmadinejad ne veulent d'un Irak rétabli, stable et multiconfessionnel - et encore moins d'un Irak laïque, comme celui qui existait avant 2003.

Government Death Squads Ravaging Baghdad - un article du journaliste américain Dahr Jamail.

Irak : "guerre civile" ou bien ... ?  par Jeffrey B. Spurr : "Nous sommes priés de croire que les Arabes sont simplement trop stupides pour lutter contre des troupes d'occupation autrement qu'en s'entre-tuant mutuellement, quoi de plus naturel au fond."

Les marionnettes ne sont plus ce qu'elles étaient

Automne 2006 : après avoir placé le fantoche Maliki à la tête du "gouvernement" irakien il y a quelques mois, la junte de Washington ne lui fait plus du tout confiance.* C'est que le type se prend un peu trop au sérieux et va même jusqu'à manifester de temps à autre des signes d'indépendance. Il s'est permis de critiquer l'agression israélienne au Liban et n'a pas hésité à rendre visite au président Ahmadinedjad à Téhéran. Et il ne fait rien contre les insurgés.

Les néo-cons avait espéré instaurer un régime indigène "musclé" à Bagdad, comme Johnson et Nixon jadis à Saïgon, mais avec Maliki c'est mal parti. Le bruit court que les occupants envisagent de remplacer la "chique molle" de Bagdad par des militaires "durs" et dévoués à la cause israélicaine - une stratégie "nouvelle" qui aura certainement autant de succès que toutes les précédentes.

* Ce qui n'empêchera pas Bush de déclarer, fin novembre 2006, que Maliki est un "great leader".  Il est effectivement difficile de trouver "mieux" - pour le bureau ovale, les néo-cons n'ont pas non plus trouvé mieux que George W. Bullshit.


Le commencement de la fin ?

En octobre 2006, les envahisseurs cherchent désespérément une sortie de secours tout en sachant qu'elle n'existe pas. Au point où ils en sont, ils ne se gênent plus pour parler d'échec et de retrait éventuel. Même les conseillers de la Maison Blanche, dans les discours qu'ils écrivent pour le "président", ne cachent pas leur pessimisme, allant jusqu'à comparer la situation actuelle en Irak à celle du Viêt-Nam de 1968, lors de l'offensive du Têt. Cette offensive généralisée de la résistance marqua alors le commencement de la fin de l'agression américaine. Mais il faut dire que la "fin" fut assez longue, puisque l'évacuation définitive n'eut lieu que sept ans plus tard. Les néo-cons espèrent sans doute que leur guerre d'Irak se poursuivra au moins aussi longtemps - avec George Bush jusqu'en janvier 2009, puis avec son successeur.

En attendant, de vastes secteurs du pays sont pratiquement off limits pour les forces d'invasion (presque toute la province d'Al-Anbar pour les Américains ; une partie du Sud, dont Amarah, pour les Britanniques). La concentration des troupes dans les régions "vitales", comme la capitale, n'est pas non plus une solution. Aucune base, aucun dépôt de munitions, n'est à l'abri des attaques. Les massacres de civils irakiens (entre 200.000 et 650.000 victimes depuis mars 2003, selon des estimations récentes) ne freinent pas davantage l'ardeur des combattants.

Faute de venir à bout de l'insurrection, les agresseurs recourent en permanence au mythe de la "guerre civile". Le "fait" que les islamistes s'entre-tuent prouverait, paraît-il, la nocivité de leurs dogmes religieux et la supériorité de la "civilisation judéo-chrétienne".

Début novembre, après la "défaite" de Bush aux élections législatives de mi-mandat, le ministre américain de la guerre foireuse, Donald Rumsfeld (alias Rumsfailed) est sacrifié. Il y aurait beaucoup à dire sur ces élections "libres" dominées par le vote électronique et ses innombrables manipulations, mais c'est une autre histoire. Toujours est-il que le criminel de guerre gâteux, trop encombrant aux yeux des véritables tenants du pouvoir, est prié de libérer son bureau du Pentagone.

Le "rééquilibrage" politique au Congrès, par delà les différences d'étiquettes, ne signifie nullement une victoire du camp anti-guerre. Un tel camp n'existe pratiquement pas au niveau parlementaire. Au contraire, tout le monde (ou presque) est d'accord pour continuer, mais en faisant "mieux". On ne veut pas de véritable retrait, on veut un retrait motivé par une victoire militaire. Le clan belliciste domine plus que jamais le Capitole, des Démocrates style Pelosi-Clintonne aux Républicains façon McCain en passant par les "Indépendants" à la Lieberman (pas Avigdor mais Joseph - la différence entre les deux est bien mince).  D'ailleurs, le nouveau président du groupe démocrate au Congrès est un tsahalo israélien : détails.

Non seulement ces gens ne mettront jamais fin à la guerre de leur plein gré, mais ils feront tout leur possible pour l'étendre à d'autres pays, comme la Syrie ou l'Iran. Tout en proférant des menaces quotidiennes contre ces deux pays, les gangsters israélicains prétendent vouloir associer Damas et Téhéran à la "recherche d'une solution" en Irak. On pourrait en rire si la situation n'était pas si tragique.

Début décembre 2006, James Baker* présente un rapport préconisant une "nouvelle stratégie" (sic) pour sortir de l'impasse irakienne sans vraiment sortir du pays.

* Ex-ministre des Affaires étrangères de Bush 1er, étroitement lié au clan "présidentiel", notamment par le biais de Carlyle, cette banque d'investissement où les familles Bush et Ben Laden ont des intérêts communs.

Voici quelques extraits de ce rapport véritablement révolutionnaire : "Guerre civile... blablabla... violences sectaires... blablabla... Al-Qaqaïda... blablabla... irakisation.... blablabla..."  Ce texte est tellement beau et tellement original que George Doubleyou a promis de le lire (pas le document intégral - ce serait trop demander - mais la version BD de trois pages préparée par sa chère Connedelisa).

Le jour même où Baker se voit remettre un chèque de 2 millions de dollars en contrepartie de ses "services", le nouveau ministre de la "Défense", Robert Gates, déclare en public ce que tout le monde savait déjà depuis avril 2003 : "Les Etats-Unis ne peuvent pas gagner cette guerre."  Si tout va bien, le chef du Pentagone comprendra en 2010 qu'il n'y a qu'une issue : l'évacuation totale. Mais il est vrai que la politique US ne se fait pas au Pentagone.

En attendant, comme pour saluer la sortie du rapport Baker, la Résistance irakienne tue au moins onze militaires américains en vingt-quatre heures.

Le désastre militaire en Irak par Arthur Lepic - une excellente description du bourbier après plus de trois ans et demi de guerre (sur le site du Réseau Voltaire).


Pour bientôt ?

(par Carlos Latuff)


La seule solution pour gagner :

Envoyer des troupes fraîches en Irak...


... et mettre au pas tous les tire-au-flanc

Autre renfort de poids pour les troupes d'occupation : le jeune parasite royal Harry-le-nazi, à présent lieutenant de l'armée britannique, a l'intention de partir prochainement pour l'Irak. Espérons que la Résistance ne le ratera pas.


Saddam Reality Show : dernier épisode

Le 30 décembre 2006, les occupants annoncent l'exécution de Saddam. C'est le dernier épisode d'une série de médiocre qualité conçue et produite par The Rendon Group (TRG), diffusée par CNN et reprise par toutes les télévisions de la planète.

Bien que personne ne semble disposé à faire la distinction entre réalité et télé-réalité, rien en principe n'a changé depuis la "capture de l'ex-dictateur", trois ans plus tôt, ou depuis l'ouverture de son "procès", en juin 2004. Les doutes exprimés alors sont toujours valables. Répéter un mensonge à l'infini n'en fait pas une vérité : cf. le 11 septembre et quelques autres "évidences historiques". (Voir également un peu plus haut.)

La "mort de Saddam" permet de relancer la "guerre civile" entre "partisans sunnites de l'ex-dictateur" et "islamistes chiites". Les commandos de la mort affiliés au réseau Al-Bushaïda/Al Mossaïda ne savent plus où donner de la tête pour "prouver la justesse des arguments" israélicains.

Fin de contrat pour la doublure de Saddam - lu sur un forum des Ogres.



2007 : Parler de retrait n'est plus un tabou

Le 10 janvier 2007, le moron texan présente sa "nouvelle stratégie" de la semaine. Résumé de son très important discours : Bagdad... terroristes... Al-Qaïda... menace nuculaire iranienne... security... freedom & liberty... 22.000 soldats de plus...

Dix jours plus tard, l'armée américaine perd 30 soldats en un seul week-end - presque un record. Et le 4 février, chose rarissime, l'état-major avoue que quatre de ses hélicoptères ont été abattus en moins de deux semaines. Le 7 février, encore un hélico descendu et douze militaires US liquidés en 24 heures. La semaine suivante, on en est déjà à sept hélicoptères américains + un C-130 Hercules britannique. Bonne continuation...

Après quatre années de débâcle continuelle, l'opinion américaine commence à se lasser - à tel point que beaucoup de ses "représentants", à Washington, n'ont plus aucun scrupule à évoquer l'éventualité d'un désengagement. Au Congrès, les Démocrates exigent maintenant un calendrier pour le retrait des troupes... mais ne font rien pour l'imposer. Comme l'argent est le nerf de la guerre, il suffirait qu'ils refusent au Pentagone les centaines de milliards de dollars dont il a besoin. La "gauche" américaine se garde bien de le faire ; après avoir donné carte blanche au "président", elle continue de financer son aventure mésapotamienne. Pourtant une dynamique nouvelle semble s'amorcer, qui pourrait déboucher sur quelque chose de positif - à condition, bien entendu, que la phase suivante du programme néo-con (nouveau 11 septembre "justifiant" une nouvelle guerre et la poursuite de celle-ci) ne vienne pas tout remettre en cause.


Repli anglais

Début septembre 2007, le nouveau Premier ministre britannique, Gordon Brown, annonce que ses troupes évacuent la ville de Bassorah. Tandis que le Pentagone s'inquiète de cette décision, le général anglais Michael (Mike) Jackson (un criminel de guerre qui s'est distingué en Irlande du Nord et au Kosovo) qualifie la politique américaine en Irak de "faillite intellectuelle".



"Avec ma gueule d'intellectuel, je suis bien placé
pour critiquer la faillite américaine.
"

Les occupants britanniques n'occupent plus grand-chose en Irak. Ils se sont retirés de toutes les villes et se terrent dans un camp retranché, loin de la population locale. Un petit pilonnage selon les règles de l'art pourrait peut-être les aider à partir pour de bon ; ce serait l'occasion rêvée pour accélérer leur débâcle. Malheureusement, il ne faut pas compter sur les milices chiites (et surtout pas sur leurs mentors iraniens) pour entreprendre quoi que ce soit en ce sens.

Les Américains sont maintenant plus seuls que jamais dans leur belle "coalition". Sarkozy devrait leur donner un coup de main...


Tournant ?

Fin 2007, après le repli britannique, on assiste à une mise en sourdine des activités américaines. Les troupes d'occupation US semblent s'être retranchées elles aussi à l'intérieur de quelques bases militaires et dans la "zone verte" de Bagdad. Elles en sortent assez rarement, ce qui explique que leurs pertes soient beaucoup moins élevées qu'auparavant : les chiffres officiels ne dépassent guère un mort par jour.  Les commandos terroristes téléguidés par Washington et Tel Aviv n'ont pas encore tout à fait disparu, mais la fréquence et l'ampleur des attentats a nettement diminué.  S'agit-il d'un véritable tournant ou d'une simple accalmie avant la tempête ?

De toute évidence, les Américains sont parvenus à un accord - tacite sinon secret - avec les responsables des milices chiites, en particulier avec l'armée du Mehdi. Des quartiers entiers de la capitale sont à présent contrôlés par ces groupes avec, pour ainsi dire, la bénédiction de l'état-major US. Ce n'est pas la première fois, depuis 2003, que des tractations de ce genre ont eu lieu avec l'ennemi pro-iranien. Mais cette fois, on a l'impression que la trêve est plus durable. Les difficultés qu'éprouvent les néo-cons sionistes à faire admettre par les responsables militaires américains la "nécessité" d'une nouvelle guerre contre l'Iran, ne doivent pas être tout à fait étrangères à cette nouvelle attitude.

Pour avoir la paix, à défaut de faire la paix, les occupants n'ont pas non plus hésité à soudoyer tous les chefs de milices sunnites qu'ils ont pu contacter. Si l'on en croit certains "observateurs", les livraisons d'armes et de billets verts aux insurgés ne se comptent plus.

Il est vrai que cinq années de résistance ininterrompue n'ont pas manqué d'engendrer une certaine lassitude, d'autant qu'une unification de la dite résistance se fait toujours attendre - et n'aura sans doute jamais lieu, sauf événement inattendu.

Thierry Meyssan, du Réseau Voltaire, estime que Washington a décrété un an de trêve globale. Si cette appréciation est juste, elle devrait également s'appliquer à l'Irak.

Bien sûr, nul ne sait vraiment si les décideurs de la politique américaine ont l'intention d'attendre les bras croisés que l'ère Bush se termine et que son successeur à la Maison Blanche ait été désigné par le vote électronique. S'il en résulte une pause pour les combattants irakiens, tant mieux. Sinon, tout reprendra comme avant. La guerre de libération n'a pas été rayée de l'ordre du jour.

Voir également : The state of Iraq as it enters 2008 par James Cogan, WSWS.

Début mars 2008, nouvelle surprise : le président iranien Ahmadinejad effectue une visite officielle à Bagdad. Le plus grand ennemi connu de la clique américano-sioniste est l'invité, dans la "zone verte", du "président" irakien Talabani, marionnette mise en place par l'occupant. Et ce, bien entendu, avec l'accord et la protection des Américains. On a dépassé, semble-t-il, le stade des simples tractations en coulisse...

Fin mars 2008 : tandis que les yankees fêtent à la fois le cinquième anniversaire de l'invasion et leur 4.000ème mort officiel, on apprend que le premier génocide américain du siècle a déjà causé entre 1 et 1,2 million de victimes irakiennnes. Le moron texan en profite pour annoncer au monde que "la victoire est proche". A peu près au même moment, les "forces irakiennes" (en fait les Brigades Badr - voir plus haut) attaquent les combattants du Mehdi de Moqtada Sadr à Bassorah et à Bagdad, avec - bien sûr - l'aide de l'aviation US. Abdulaziz Al-Hakim, le chef des Brigades Badr et du SCIRI, veut un morcellement de l'Irak, conformément aux plans de ses maîtres néo-cons. Moqtada Sadr, lui, veut préserver l'unité du pays, mais son incapacité de choisir entre la lutte armée contre l'envahisseur et la participation au "gouvernement" à la solde de l'occupant, contribue à affaiblir son mouvement. Les contradictions qui résultent de son allégeance à Téhéran semblent insolubles.

Mai-juin 2008 : les Américains demandent à leurs marionnettes irakiennes de signer un "accord de sortie de guerre". Ce plan, qui rappelle un peu les "généreuses offres de paix" israéliennes aux Palestiniens, prévoit l'occupation américaine de l'Irak pour une durée indéterminée (au moins cent ans, comme dirait John McCain), la cession de bases militaires (entre 9 et 50, selon les sources), l'immunité pour les militaires et les mercenaires américains, le droit de détenir des Irakiens et la possibilité de mener des opérations militaires.

Novembre 2008 : Les GIs ne quitteront l'Irak que forcés, comme les Anglais en 1958  par Gilles Munier - "Il y a en Irak environ 160.000 soldats et autant de mercenaires...  La résistance irakienne lance des attaques tous les jours et elle le fera jusqu'au départ réel des forces d'occupation."

Le 14 décembre 2008, dans la zone verte de Bagdad, Maliki et Bush donnent une conférence de presse. Un journaliste irakien lance ses chaussures à la tête du criminel de guerre texan et le traite de chien (lien vidéo). Essayez vous aussi et ne le ratez pas (jeu vidéo).

Fin février 2009, un mois après son arrivée à la Maison Blanche, le président Obama annonce que le retrait des troupes américaines d'Irak aura lieu dans un délai de 19 mois, c'est-à-dire avant fin août 2010 (lors de la campagne électorale, il avait été question de 16 mois au plus). Toutefois, ce retrait n'en sera pas vraiment un, puisque 50.000 soldats (40 % des effectifs) resteront sur place jusqu'à la fin de 2011 (34 mois après l'investiture). Le tout sous réserve que la situation en Irak se soit "améliorée" entre-temps - ce qui ne risque pas de se produire si les commanditaires d'Obama déclenchent comme prévu leur guerre contre l'Iran.

Début 2010, on a l'impression que la guerre d'Irak est "terminée". Sans les attentats sporadiques téléguidés depuis Tel Aviv ou Washington, elle le serait sans doute vraiment. Les militaires américains ne quittent plus leurs bases et évitent toutes les occasions où ils pourraient servir de cibles ; leurs "alliés" de la "coalition" ont depuis longtemps plié bagage. L'agression américaine se concentre à présent sur l'Afghanistan et le Pakistan - en attendant le Yémen et, bien sûr, l'Iran.

On a l'impression que les forces qui animaient la résistance ont progressivement noyauté et pris possession de ce qui sert d'appareil d'Etat à l'Irak. Bien malin qui pourrait dire ce qui se passe exactement dans ce pays...


2010 : Retrait américain ?

Août 2010 :  Retrait partiel d'Irak : un avant-goût de défaite  par Gilles Munier.

"Ils sont partis comme des voleurs... comme des criminels, ont dit les Irakiens en apprenant que la 4ème brigade de combat Stryker, de la 2ème division d'infanterie de l'armée étasunienne, avait franchi la frontière du Koweït - sans tambour ni trompette - à l'aube, le 19 août 2010. Partie d'Abou Ghraïb, la soi-disant 'dernière patrouille' a mis quatre jours pour couvrir 600 km, roulant de nuit, protégée par des chasseurs F-16, des hélicoptères Black Hawk et, au sol, par des troupes du régime de Bagdad."

"A part le carré pro-américain, personne ne regrette leur départ. Les brigades d'infanterie Stryker, qui tirent leur nom du véhicule blindé dont elles sont dotées, ont participé aux massacres ayant ensanglanté l'Irak - notamment à ceux de Fallujah et de Tell Afar -, et aux opérations de ratissage contre la résistance et aux tortures de civils dans les régions de Baquba, Rawa, Mossoul et Diyala."

"Si certaines troupes d'occupation s'en vont, d'autres restent. La guerre n'est pas terminée, n'en déplaise à Barack Obama en campagne électorale de mi-mandat. Sept ans et cinq mois après l'invasion du pays, environ 56.000 GI's sont toujours en Irak, ainsi que plusieurs milliers de mercenaires (contractors). Tandis que l'armée américaine formera les troupes irakiennes, des forces spéciales - 5.000 environ - combattront 'le terrorisme', c'est-à-dire la résistance. Personne ne sait quand les Etats-Unis se retireront vraiment d'Irak, surtout si le régime de Bagdad, aux abois, demande qu'ils restent."

[...]

"D'ailleurs tout le monde se prépare au pire. Signe qui ne trompe pas : les 2.400 diplomates étasuniens en Irak seront protégés par une armée privée de 7.000 mercenaires disposant de 1.300 véhicules blindés et de 29 hélicoptères. Chaque antenne diplomatique américaine aura une unité des forces spéciales à sa disposition. Dire que les Etats-Unis n'occupent plus l'Irak, ne participent plus aux combats, ou s'en abstiendront à l'avenir, sont des mensonges éhontés."


Une autre article de Gilles Munier :  Le 'retrait' américain vu par la résistance irakienne

"L'irakisation du conflit rappelle la vietnamisation de la guerre du Vietnam, période précédant quatre années de combats des plus sanglants, sans issue autre pour les Etats-Unis, et leurs collaborateurs locaux, qu'une cuisante défaite... Pour la résistance irakienne, le retrait partiel des troupes d'occupation n'est qu'une étape vers la libération."


Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah libanais, déclare pour sa part à propos de la situation en Irak :

"Le retrait américain est une annonce de la défaite... Les Américains ont été choqués par la résistance farouche née dès les premiers jours de l'occupation. Et quand je parle de résistance, je distingue entre la résistance qui a frappé les bases et les intérêts de l'occupation américaine, et les extrémistes terroristes qui attaquent la population civile. Ces derniers commettent des crimes contre l'humanité."

"Depuis des années, divers services de renseignement ont tenté de semer la division parmi les Irakiens de toutes confessions, mais l'endurance et la ténacité du peuple irakien, qui a supporté tous les crimes et refusé de s'entretuer, ont saboté les projets de ces services. Le peuple, grâce à sa conscience et à sa volonté, et grâce à ses dirigeants religieux, a torpillé tous les projets de division. Les renseignements israéliens sont largement impliqués dans les attaques anti-irakiennes, ils sont en contact avec les kamikazes qui tuent les civils. Le Mossad recrute des gens en Irak pour massacrer des Irakiens. Il veut pousser la population à s'entretuer pour diviser ensuite le pays."

"Mais le projet de division a échoué, et il est devenu très coûteux de rester en Irak. L'occupant n'a plus d'autre choix que de partir. C'est une règle générale, dans n'importe quel pays occupé ; les sacrifices du peuple assurent la réalisation de sa victoire."

"Ce qui se passe en Irak est un grand exploit et une grande victoire pour la résistance. Et là toujours, je distingue entre la vraie résistance et ceux qui tuent des innocents pour le compte des services de renseignement. Ces terroristes n'ont rien à voir avec l'islam."


Les sympathies de Nasrallah vont bien sûr à la résistance religieuse chiite, mais le dirigeant libanais est bien placé pour savoir que rien n'est possible sans alliance avec d'autres forces politiques, qu'elles se réclament de confessions différentes ou qu'elles soient laïques. Contrairement à Gilles Munier, Nasrallah ne perd pas de vue la question du terrorisme et de ses origines, car il est évident que certains groupes armés irakiens, sous couvert de résistance, servent en fait - sciemment ou non - les intérêts américano-sionistes.

Malheureusement, il n'est pas si facile de comprendre qui fait quoi en Irak. Tant que la confusion règnera, n'importe qui pourra prétendre parler au nom de telle ou telle organisation, sans que l'on sache au juste qui elle est, qui la dirige, qui la finance. La page irakienne est loin d'être tournée.

Un petit rappel :  En quoi la guerre d'Irak est-elle comparable à celle du Viêt-Nam ?  En quoi est-elle différente ?


Deux guignols yankees vainqueurs quittent l'Irak  (lien vidéo - voir à partir de 5:05 - texte)


Guerre ou paix ?

Fin 2010, on serait tenté de dire que la guerre américaine en Irak est terminée et qu'elle a fait place à une intervention plus ou moins occulte caractérisée à la fois par le terrorisme "religieux" téléguidé depuis Israël et par les activités de mercenaires étrangers "civils" à la Blackwater (entre-temps Xe). Dans une certaine mesure, les envahisseurs américains ont essuyé une défaite. Mais la résistance n'a pas (ou pas encore) réussi à libérer le pays.

En avril 2011, l'aviation israélienne effectue une série d'exercices nocturnes depuis la base américaine d'Al-Asad (non loin de Ramadi, à l'ouest de Bagdad). Y participent "un grand nombre de chasseurs de type F-15, F-16, F-18, F-22 ainsi que des avions de ravitaillement KC-10". Il s'agit d'une préparation en vue d'une attaque de grande envergure contre l'Iran. Tandis que le monde entier se demande depuis des années quel itinéraire emprunteraient des avions venus d'Israël pour aller bombarder l'Iran, il est maintenant probable que beaucoup de ces appareils décolleraient de bases militaires US beaucoup plus proches de la frontière iranienne, situées non seulement dans le centre de l'Irak mais aussi dans le nord de ce pays, où les Israéliens (souvent camouflés en militaires ou "fournisseurs de services" américains) font depuis longtemps la pluie et le beau temps. Le moment venu, il sera difficile de dire qui, des USA ou d'Israël, aura lancé les attaques. Guerre par procura-sion et guerre directe se confondront."

Si l'Iran réagit comme il se doit à l'agression annoncée, l'Irak se trouvera automatiquement impliqué dans le conflit. Ce sera sans doute la fin de ce semblant de paix qui règne depuis quelques années dans le pays malgré l'occupation. Inutile de préciser que personne ne demandera au "gouvernement" fantoche de Bagdad, que "dirige" le chiite Nouri Al-Maliki, de donner son avis sur la question. Quoi qu'il en soit, ce sera la fin de l'équilibre instable entre les USA et l'Iran, qui marque la situation irakienne depuis l'invasion de 2003, et surtout depuis 2007-2008.


2011-12 : Point final ?

Fin décembre 2011, la Maison Blanche annonce la fin officielle de la guerre américaine en Irak, une fin que le site libanais Al-Manar décrit ainsi :

"Les dirigeants américains se sont attelés ces derniers jours à transfigurer leur défaite factuelle en Irak en une victoire illusoire. Les Etats-Unis qui ont envahi ce pays riche en pétrole, n'ont certainement pas dépensé plus de mille milliards de dollars et perdu des milliers de leurs soldats pour l'offrir à leur ennemi juré l'Iran. L'administration américaine a tout fait pour garder des bases militaires à proximité de l'Iran et des milliers de ses soldats sous le titre de 'formateurs américains', mais elle s'est affrontée à un refus ferme de la part des Irakiens. Malgré cela, les dirigeants américains persistent dans le mensonge."

"L'opinion publique n'a pas oublié le 'grand mensonge' de Bush sur les armes de destruction massive en Irak, propagé pour justifier l'invasion du pays en 2003. Aujourd'hui, son successeur, Barack Obama, semble adopter la même voie de falsification des faits, en qualifiant de 'réussite extraordinaire' le retrait humiliant d'Irak..."

En ce qui concerne les pertes américaines réelles ou probables, chacun sait depuis le début de la guerre qu'elles n'ont rien à voir avec le bilan officiel (voir un peu plus bas). Un rapport récent estime que le nombre réel de morts américains en neuf ans de guerre dépasse largement celui du Viêt-Nam (58.000 morts officiels). Il serait, en Irak, de près de 74.000. Dans un cas précis, les restes d'au moins 274 soldats américains tués ont été retrouvés dans une décharge d'ordures de Virginie, une fin symbolique pour des ordures en uniforme payées pour tuer et se faire tuer.

Quant aux morts irakiens, dont personne n'a pris la peine de faire le décompte, leur total pourrait atteindre voire dépasser le million.

Le retrait américain ne signifie pas que l'Empire abandonne totalement l'Irak. L'occupation continue sous une autre forme : elle n'est plus le fait de militaires, mais de "conseillers", "consultants" et autres "fournisseurs de services". Les troupes de combat ne rentrent pas toutes chez elles. Beaucoup se retrouvent en Afghanistan ou, en prévision des prochaines guerres voulues par Israël, en Jordanie (avec pour cible la Syrie) ou dans les pays du Golfe (avec pour cible l'Iran).

Les USA n'ont pas terminé cette guerre par "amour de la paix" mais parce qu'ils ont cédé une partie du pouvoir qu'ils détenaient en Irak, à leur ennemi iranien... qu'ils s'apprêtent maintenant à attaquer de front. Ce n'est pas là le moindre paradoxe de cette guerre...  Depuis le début ou, de façon visible, depuis l'insurrection de Nadjaf d'août 2004 (voir aussi sur la même page : "Qui sont les résistants ?"), l'Iran officiel a collaboré en Irak avec le "Grand Satan" américain. En lui permettant de quitter l'Irak la tête haute, et non en catastrophe comme au Viêt-Nam, Téhéran a rapproché l'heure de l'agression contre son propre pays.





Pertes américaines :



Images de la résistance irakienne  (32 photos - environ 1 mo)


BILAN MINIMUM des pertes de la "coalition" jusqu'au 15 décembre 2011
(selon un décompte de icasualties.org
reposant sur des chiffres fantaisistes fournis par les pays agresseurs) :

4484 USA + 179 GB + 139 autres = 4802 morts.

- Pour avoir une idée des pertes réelles de la "coalition", multipliez par trois.
- Pour avoir une idée des pertes totales "coalition" + collabos irakiens, multipliez par dix.





Et puis, il y a les dizaines de milliers de blessés graves, les mutilés, les amputés, les lésions cérébrales, les "problèmes psychologiques" pour lesquels on a inventé un nom (Post-Traumatic Stress Disorder - PTSD), les soldats démobilisés qui étranglent leurs femmes, tirent sur leurs voisins ou deviennent hystériques quand ils voient plus de quatre personnes dans la rue...

Ils l'ont voulu, ils l'ont eu. On leur en souhaite beaucoup d'autres...


ILS SONT FOUS, CES YANKEES !...

Dans le San Francisco Chronicle du 5 février 2008, on peut lire que l'administration américaine refuse aux anciens combattants affligés de troubles mentaux, les soins psychiatriques auxquels ils pourraient prétendre.

Sans être des admirateurs inconditionnels de la junte Bush, nous devons reconnaître que, dans ce cas précis, elle a parfaitement raison. En effet :

  • Ces mecs étaient déjà fous avant de partir pour l'Irak, sinon ils ne se seraient pas engagés ;

  • Leur apporter des soins risquerait de faire baisser le nombre d'homicides aux USA, mettant ainsi en danger un record du monde amplement mérité ;

  • Condamner d'anciens marines à la guérison, c'est diminuer leurs chances de devenir un jour président des Etats-Unis.

Alors : Thank you, Doubleyou. Bring 'em on, those fucking bastards !...



Pour ce qui est du matériel, le Canard Enchaîné nous apprend le 20 avril 2005, que depuis le début de la guerre, l'armée US a perdu 120 chars lourds Abrams M 1, 120 blindés moyens Bradley et 79 avions de combat, sans compter les hélicoptères. Ce bilan "secret" a été communiqué par des experts français de la Direction du renseignement militaire.

Déserteurs : en mars 2006, après trois ans de guerre, ils sont plus de 9.000, selon le journal The Guardian. En juin 2006, Air Force Times, citant le Pentagone, donne le chiffre de 40.000 déserteurs US (depuis 2000 et sur tous les fronts).

Les sources irakiennes :

Face à la désinformation américaine, reprise à l'unisson par les médias alignés, il n'existe malheureusement pas de source absolument crédible concernant les événements en Irak. Toutefois, on peut se faire une petite idée de ce qui se passe réellement dans le pays en consultant les résumés quotidiens fournis par Mafkarat Al-Islam, une "agence de presse" assez proche de la résistance patriotique (voir sur le site russe iraqwar.mirror-world.ru). Ainsi, par exemple, le rapport du 16 juillet 2005 fait état de nombreuses attaques.

Bien sûr, les pertes militaires occidentales pour cette seule journée peuvent sembler démesurées : 23 morts américains et 3 britanniques. Si ce bilan s'était répété chaque jour depuis le 20 mars 2003, il y aurait déjà 22.000 soldats morts du côté des envahisseurs, soit onze fois plus que le total "officiel" (1950). A ce tarif, le Pentagone aurait probablement retiré ses troupes depuis longtemps. La vérité se situe quelque part entre ces deux chiffres.

Ce qui est intéressant dans ces comptes rendus, c'est moins le nombre de morts que les actions menées, lesquelles sont le plus souvent vérifiables. Les sources en langue arabe (pas les sites "islamistes" hébergés au Maryland ou au Texas) sont, pour autant qu'on puisse en juger, assez informatives sur la question. Mais pour en profiter, quand on ne maîtrise pas l'arabe, il faut soit tomber sur des traductions toutes faites, soit avoir recours à la traduction "automatique" en ligne, avec en général des résultats assez décevants ou carrément désopilants. Mais on comprend en gros le sens des articles et c'est suffisant. Quoi qu'il en soit, ce genre de recherche demande beaucoup de temps et d'énergie. Pour un journaliste occidental, il est cent fois plus simple de recopier les déclarations officielles de Washington.

S'il existe des sources irakiennes "alternatives" écrites, ce qui manque encore, en revanche, ce sont des photos et vidéos qui soient à la fois d'actualité et dignes de confiance. Il est presque plus facile de trouver des extraits de "cassettes d'Al-Qaïda" ou des scènes de décapitation de mannequins produites par les services israéliens.

Le site www.albasrah.net, affiche des photos déjà anciennes et - avec un certain retard - les rapports de la résistance mentionnés plus haut.

A l'ère de la communication, il est dommage que ceux qui méritent notre solidarité ne se manifestent pas davantage dans ce domaine.






2013 : Après la guerre, c'est encore la guerre

Suite au retrait des forces combattantes américaines, et comme pour "prouver" que les Irakiens sont incapables de vivre en paix quand on les abandonne à eux-mêmes, le pays s'enfonce progressivement dans le chaos et le terrorisme, deux fléaux mis sur le compte du sectarisme religieux de ses habitants. Pas un jour ne s'écoule sans attentat ; on compte environ 20 à 30 morts par jour, toujours bien "répartis" entre sunnites et chiites - les sponsors du terrorisme savent faire la part des choses - L'horreur au quotidien.

Dans le nord du pays (Kurdistan irakien autonome), les clivages religieux ne sont pas applicables faute de chiites. Le terrorisme téléguidé, moins virulent mais néanmoins existant, obéit au scénario des "rivalités ethniques" : Kurdes contre Arabes ou Kurdes contre Turkmènes. L'effet est similaire, bien que les attentats soient plus rares. Il est vrai que la mainmise sur le pétrole par les "investisseurs" étrangers y est plus avancée - Irak fédéral vs. Kurdistan irakien : ces contrats pétroliers qui menacent le pays d'explosion.

A Bagdad, le chiite Nouri Al-Maliki est depuis 2006 à la tête du "gouvernement", par la grâce de Washington et avec l'accord de Téhéran. Comme un certain nombre d'opposants chiites à Saddam Hussein, Maliki a passé plus de 20 ans en exil et n'est rentré en Irak qu'en 2003, avec les chars américains. Pendant la guerre irako-iranienne des années 1980, il se trouvait en Iran : on a déjà fusillé des gens pour moins que ça... Dire que Maliki est la marionnette de Téhéran, qu'il est mal placé pour unifier les Irakiens, et qu'il a beaucoup d'ennemis parmi eux (même au sein de la majorité chiite), est une banalité.

Le "ministre des Affaires étrangères" de l'Irak est le Kurde Hoshyar Zebari. Vu qu'il a été nommé à ce poste en septembre 2003, six mois après l'invasion américaine, on imagine quels intérêts il sert. Il a passé le plus clair de sa vie à l'étranger (Grande-Bretagne, USA, Jordanie). Le "président de la République", Jalal Talabani, est également kurde et également en poste depuis l'ère américaine. Qui plus est, son épouse entretient des liens étroits avec le Mossad (Al-Manar).


Fin juillet 2013, des attaques de commandos contre deux prisons (Abou-Ghraïb et Taji) ont conduit à la libération d'un millier de détenus sunnites, principalement des djihadistes. Il est probable que les forces spéciales américaines ont donné un petit coup de main dans cette opération : la Légion arabe de la CIA, comme l'appelle le journaliste américain Webster Tarpley, a besoin de renforts islamistes. On ignore si des prisonniers politiques "normaux" se trouvaient parmi les libérés.

Une question se pose d'ailleurs : existe-t-il encore une résistance laïque issue du parti Baas ?... Difficile à dire, bien qu'un mouvement répondant au nom de "Front du Djihad et de la Libération" et dirigé par un certain Izzat Ibrahim Al-Douri, qui se dit chef du Baas clandestin, fasse de temps à autre parler de lui. Gilles Munier, réputé spécialiste de l'Irak, s'en fait parfois l'écho, comme ici par exemple. Le seul problème, c'est que Al-Douri, qui "considère les leaders d'Al Qaïda comme ses frères dans le djihad" (sic), déclare qu'il "ne veut pas croire que des militants d'Al-Qaïda, honnêtes et sincères, soient les auteurs des crimes horribles qui endeuillent l'Irak, et pense que le nom de l'organisation islamiste est utilisé à son insu par les services secrets iraniens et leurs collaborateurs".  Ben voyons, le Mossad n'aurait pas dit mieux... "Djihad et libération", c'est à peu près aussi crédible et logique que "sionisme et démocratie" - et d'autant plus bizarre que le vrai Izzat Ibrahim Al-Douri, un personnage important du parti Baas, serait mort en 2005...

Quoi qu'il en soit, les médias occidentaux parlent de plus en plus souvent de "guerre civile" à propos de l'Irak, tout comme ils parlent de "guerre civile" à propos de la Syrie voisine - alors que dans un cas comme dans l'autre, on a affaire à une agression extérieure organisée et financée par le camp américano-islamiste au service d'Israël. Le but est de morceler les pays attaqués : on a prévu trois entités pour remplacer l'Irak (une arabe sunnite, une arabe chiite, une kurde sunnite - carte) et trois autres pour la Syrie (une arabe sunnite, une arabe alaouite, une kurde sunnite). Pas sûr que la manœuvre réussisse, mais à défaut de réussite, on se contentera de chaos généralisé. Le principal, c'est que personne ne songe à se solidariser avec l'Iran quand la guerre débutera contre ce pays.


Il est évident que le conflit qui fait rage en Syrie depuis 2011 a des répercussions sur l'Irak - et inversement. Des islamistes sunnites d'origine irakienne combattent l'armée régulière de Damas et les Kurdes syriens, lesquels jouissent eux-aussi de l'autonomie mais sans être hostiles au pouvoir central. La CIA et le Mossad s'efforcent de faire adopter aux Kurdes du PYD syrien une position favorable à "l'Axe du Bien", à l'instar de celle des partis kurdes irakiens - sans grand succès jusqu'à présent. Ankara, de son côté, essaie d'empêcher tout rapprochement des minorités kurdes de Turquie, de Syrie et d'Irak, ce qui conduirait plus ou moins vite à l'éclatement de la Turquie. Bien que dans le même camp, Ankara et Tel Aviv ne pousuivent pas le même but : Israël veut démembrer ses voisins ; la Turquie, elle-même potentiellement menacée de démembrement, s'efforce de devenir une puissance régionale.

Pour les djihadistes irakiens, la frontière syrienne n'existe pas. Ils vont et viennent à volonté et font bien entendu dans leur pays ce qu'ils ont fait quelque temps plus tôt chez le voisin. Cela explique en partie la recrudescence du terrorisme en Irak.

Dans l'autre camp, des chiites irakiens, moins nombreux que les islamistes sunnites, combattent aux côtés de l'armée syrienne un ennemi beaucoup plus "concret" que dans leur pays, et dans un combat plus politique que religieux. D'autre part, un certain nombre de Kurdes irakiens prêtent main-forte à leurs compatriotes de Syrie : là aussi, les objectifs sont plus politiques (qu'ethniques). En Syrie, si les agresseurs affichent des motifs religieux, la résistance qu'ils rencontrent est avant tout politique.

Indépendamment de cela, le "gouvernement" de Bagdad permet aux Iraniens de survoler son territoire afin d'acheminer en Syrie les armes et le matériel dont ont besoin les troupes de Damas (et accessoirement celles du Hezbollah libanais).


Pour ce qui est du terrorisme en Irak, Gilles Munier s'interroge, fin juillet 2013 : Qui arrêtera le massacre ? et ajoute : "Pas le gouvernement, illégitime et impuissant. Pas les Etats-Unis et la 'communauté internationale', responsables de la déstabilisation du pays. Alors qui ?..."

Quand les spécialistes n'ont pas de réponse, c'est mauvais signe...



Juin 2014 : Vers un démembrement de l'Irak

Les islamistes sunnites (irakiens et autres) regroupés dans l'Emirat islamique en Irak et au Levant (EIIL - en arabe Daesh) ont conquis ces derniers temps de vastes territoires à la fois dans le nord-est de la Syrie (province de Raqqa) et dans l'ouest de l'Irak (province d'Al-Anbar, Ramadi, Falloudja). L'EIIL est un projet américano-israélo-saoudien. Le Réseau Voltaire écrit à son propos : "L'EIIL est commandé par Abou Bakr Al-Baghdadi pour le compte du prince Abdul Rahman Al-Faiçal (frère du ministre saoudien des Affaires étrangères et de l'ambassadeur saoudien à Washington). Il est co-financé et encadré par des officiers états-uniens, français et saoudiens. Depuis un mois, il dispose d'armement nouveau en provenance d'Ukraine, où l'Arabie saoudite a acquis une usine d'armement, et via la Turquie, qui a installé une ligne spéciale de chemin de fer à proximité d'un aéroport militaire pour approvisionner l'EIIL."

Le 6 juin 2014, les islamistes s'emparent de la province de Ninive (avec la ville de Mossoul) et poursuivent leur offensive en direction de Bagdad. L'armée irakienne d'Al-Maliki s'effondre, des dizaines de milliers de militaires désertent. Ceux qui ne fuient pas assez vite et qui n'ont pas la bonne religion sont exécutés par les djihadistes : L'EIIL massacre 1.700 soldats irakiens de confession chiite. Les civils quittent par centaines de milliers les régions conquises par les fanatiques religieux.

Simultanément, les peshmergas du gouvernement autonome kurde en profitent pour consolider leurs positions, notamment en occupant la ville de Kirkouk disputée aux djihadistes. Les bases sont pour ainsi dire posées pour la création des trois entités irakiennes "indépendantes" prévues au scénario (voir un peu plus haut).


ISIS = Islamic State in Iraq and Syria = EIIL

Bien entendu, le séisme irakien de juin 2014 n'est pas le fait du hasard mais résulte d'une longue préparation par les puissances de tutelle de l'EIIL, la plus visible d'entre elles étant l'Arabie Saoudite. Paradoxalement, les deux autres puissances cachées derrière l'Arabie, en l'occurrence les USA et Israël, sponsorisent en même temps toutes les parties irakiennes concernées : islamistes, séparatistes kurdes et régime de Bagdad. Mais cette situation n'est paradoxale qu'en apparence quand on se remémore les objectifs visés : chaos général et démembrement.

Washington relance son projet de partition de l'Irak  par Thierry Meyssan.

Le danger islamiste autogénéré est bien pratique pour tenir le public en haleine, bien qu'il n'ait pas partout une valeur égale. Grâce au double langage politico-médiatique, il vaut à fond en Irak (djihadistes massacreurs), mais pas en Syrie où ces mêmes individus sont des "opposants" à soutenir - sauf quand le spectacle exige qu'ils rentrent en Europe pour attaquer les musées juifs.


QUE DEVIENDRAIT LE MONDE ARABE
SANS L'AIDE D'ISRA-EIIL ?


L'Etat Islamique ou l'art de créer des épouvantails  (par Strategika51)

Fin juin 2014, par mesure de simplification, les sponsors de l'EIIL rebaptisent leur création "Etat Islamique" tout court (en angais "Islamic State" ou "IS" comme dans ISraël). A la demande de ses patrons, le patron de l'EI, Abou Bakr Al-Baghdadi, se proclame "calife" de l'ensemble des musulmans du monde - rien que ça...

Pour le cas où quelqu'un penserait que le "calife de Bagdad" (il a le titre mais pas encore la ville) doit son nouveau job au Tout-Puissant, cette photo où on le voit en compagnie du sénateur américain McCain (alias McAipac alias McDégueu), est là pour nous convaincre du contraire :



Le calife (en noir, à gauche) et son faiseur de calife (à l'extrême droite, comme il se doit)
discutent, en mai 2013, de la meilleure façon de "démocratiser" la Syrie. L'Irak viendra plus tard...

En août 2014, tandis que les barbares du calife massacrent quiconque ne fait pas partie de leur secte, les Etats-Unis, sous prétexte de "sauver les chrétiens" dont ils se foutent royalement (ce sont des chrétiens orientaux qui ne reconnaissent pas le droit à la suprématie juive), font semblant de bombarder quelques positions islamistes dans le "califat". Excellente occasion pour relancer leur guerre d'Irak qui n'en finit pas de finir.

Strategika51 : "La stratégie de Washington a atteint les limites de son propre chaos. Orwell n'aurait pas imaginé mieux !..."

McCain, pour sa part, trouve que les USA ne vont pas assez loin. Pour lui, une action militaire limitée contre ses protégés de l'EI dans le nord de l'Irak est le signe qu'Obama sous-estime fondamentalement la menace qu'ils représentent. Le sénateur réclame des frappes aériennes contre les positions du groupe... en Syrie - source.

Il est évident que si les Etats-Unis se mettent à bombarder la Syrie et "confondent", dans le feu de l'action, positions de l'EI et positions de l'armée syrienne, McCain sera le dernier à protester. Finalement, le sénateur McAipac n'est pas si schizophrène qu'il en a l'air, et il n'oublie jamais pour qui il roule.

Egalement en août 2014, Washington et Téhéran sont apparemment d'accord pour remplacer Maliki par un de ses clones, le chiite Haïdar Abadi.

Petit à petit, les "frappes" aériennes des Américains se multiplient contre leurs chouchous islamistes, ne faisant probablement pas plus de victimes ni de dégâts que les roquettes gazaouies lancées contre Israël. Elles ont la même fonction : "justifier la riposte". Ce qui, en Irak, signifie augmenter la férocité des terroristes de l'EI.


De la "décapitation" de James Foley à la nouvelle guerre d'Irak

Le 19 août, on apprend qu'un journaliste américain prisonnier des islamistes a été décapité par eux, et la vidéo de son supplice mise en ligne. Toutes les chaînes de télévision - sans jamais montrer les images - nous répètent en boucle qu'il s'agit d'une horreur abominable qui ne peut rester impunie. (Pourtant, quand ces mêmes barbares égorgent ou décapitent des Irakiens et des Syriens par centaines, les médias oublient d'en parler.)  On nous explique aussi que les USA ont refusé de payer la rançon exigée (Washington paie déjà les salaires des terroristes, c'est bien suffisant.)

En y regardant de plus près, on découvre vite que cette histoire est cousue de fil blanc :

■  Quand le journaliste a été enlevé, en Syrie en 2012, la presse a prétendu qu'il avait été "kidnappé par le régime de Damas" - voir ce titre de L'Aberra-Sion.

■  Un examen attentif de la fameuse vidéo révèle de nombreuses incohérences - voir ici : The beheading of James Foley is a ridiculous hoax (le sang de la "victime", les gestes pas très "professionnels" du "coupeur de tête", le couteau lui-même, etc...)  Il s'agit d'une mauvaise mise en scène, pas très différente de ce que Hollywood fabrique chaque jour (mêmes auteurs, mêmes produits). Mais comme le téléspectateur moyen ne prendra jamais connaissance de ces détails, il criera vengeance comme tout le monde. Dans le meilleur des cas, il laissera son gouvernement l'entraîner dans de nouvelles aventures militaires - pas contre les islamistes, qui sont les alliés naturels de ce gouvernement, mais contre les ennemis traditionnels de l'Empire américano-sioniste.

■  Le "bourreau" maîtrise parfaitement l'anglais et ne donne pas du tout l'impression d'un islamiste sorti du ghetto. Peut-être a-t-on pris un acteur anglo-israélien pour jouer ce rôle.

■  Le "condamné à mort" est tout ce qu'il y a de plus calme, il récite son texte comme s'il parlait d'un événement sans importance.

■  L'affaire James Foley semble être une reprise, dix ans plus tard, de l'affaire Nick Berg.

■  Les Etats-Unis signalent avoir effectué, il y a quelques mois, une tentative de libération de Foley en territoire syrien. "Malheureusement", le journaliste n'y était plus. (Obama, avant de lancer son opération de commando, aurait mieux fait de se renseigner auprès de McCain...)  Que cette intervention en Syrie ait été réelle ou fictive, l'intention est évidente : on veut préparer l'opinion à une guerre américaine contre Damas. Pour sa part, le gouvernement syrien déclare que "toute action unilatérale américaine contre les djihadistes de l'EI sur le territoire syrien sera considérée comme une agression contre l'intégrité de la Syrie si cette action dépasse le cadre de la résolution 2170 du 15.08.14 du Conseil de Sécurité de l'ONU". (Ce qui ne veut pas dire grand-chose, vu que les USA et leurs alliés au CS interprétent toujours les textes à leur façon. La Syrie pourra toujours protester, et la Russie prétendre qu'on l'a "trompée" une fois de plus, le jour où les sponsors de la terreur islamiste voudront attaquer la Syrie, ils le feront...)

Exécution de James Foley : une vidéo bien étrange  (Egalité et Réconciliation)



"Coupez !..."

Scénario : Al-Mossaïda Hollyjewd


Dans les semaines qui suivent l'affaire Foley, les studios de l'Etat israélique, euh... islamique, ne savent plus où donner couper de la tête. Avec, pour commencer, deux des nombreux candidats sélectionnés par le casting : un journaliste américano-israélien et un humanitaire écossais. La médiatisation extrême de ces "reality shows" conduit en en temps record la population occidentale à accepter sans réserve une nouvelle intervention militaire américaine, non seulement en Irak mais aussi en Syrie (celle-là, on l'attendait depuis 2011).

Pour former une "coalition de volontaires" islamophobes en vue de la prochaine guerre, il faut susciter des vocations chez les alliés européens, canadiens, australiens, etc... Et ça fonctionne très bien : même Paris et Berlin, qui s'étaient dégonflés en 2003, seront de la partie en 2014. A la bonne heure... Histoire de motiver les Français, on leur a raconté que le terroriste qui avait perpétré l'attentat (forcément antisémite) du musée juif de Bruxelles en mai 2014 avait aussi prévu de frapper un grand coup à Paris le 14 juillet. On l'a échappé belle, donc c'est normal d'aller faire la guerre comme l'ordonne Obama à la demande de qui vous savez.



TERRORISME, MODE D'EMPLOI :





La plus grande arnaque depuis le 11 septembre 2001 ou  La sainte croisade d'Obama  par Manlio Dinucci :

"L'allocution télévisée du président Obama annonçant la création d'une coalition mondiale contre une organisation terroriste est parvenue à son but : l'opinion publique occidentale est persuadée que cette guerre est une réponse au nettoyage ethnique en cours en Irak [et en Syrie]. Pourtant, cette organisation autant que la coalition réunie pour la combattre sont des pièces d'un plan datant de treize ans de 'remodelage du Moyen-Orient élargi'. Le seule nouveauté est que Washington a sous-traité à une armée privée le nettoyage ethnique que condamne le droit international..."

"L'objectif réel de la stratégie lancée par Obama est la démolition de la Syrie et la réoccupation de l'Irak. En outre, en engageant les alliés européens sur le nouveau front moyen-oriental et en même temps sur celui oriental contre la Russie, les Etats-Unis renforcent leur influence sur l'UE, qu'ils ne veulent unie que si elle reste sous leur leadership."

Le 24 septembre 2014, nouvelle résolution unanime du Conseil de "Sécurité" (n° 2178) encore plus hypocrite que la précédente (n° 2170 - voir un peu plus haut) car elle organise la guerre contre un fléau dont elle ne mentionne pas l'origine. En signant ce nouveau texte, la Russie et la Chine accréditent toujours plus la mise en scène américano-sioniste et font semblant de ne pas comprendre qu'elles seront les prochaines visées.

Entre-temps, de nombreux vassaux de l'axe Washington-Tel Aviv participent directement ou indirectement à la nouvelle guerre. En tête, comme il se doit, les pays de l'OTAN et du Golfe.

Pour mieux convaincre le public français, si tant est que la chose était nécessaire, Paris y va aussi de sa "décapitation" : l'affaire Hervé Gourdel.


Daesh joue avec le feu

Le 3 février 2015, les terroristes de Daesh ou EI (Etat islamique israélique) franchissent une étape dans le domaine de l'horreur. Ils passent de la décapitation de leurs prisonniers au sacrifice par le feu (= holocauste, sans majuscule). Leur victime supposée : un pilote jordanien dont l'appareil aurait été abattu au cours d'une "mission" de bombardement, et qu'ils ont paraît-il brûlé vif après l'avoir enfermé dans une cage.




Naturellement, personne n'est allé contrôler la véracité de ce récit. Ce n'est nullement nécessaire : si les grands merdias le disent, c'est que c'est vrai. A part quelques conspirationnistes qui ne vont pas tarder à se manifester, tout le monde gobera la version officielle. Après avoir beuglé : « Je suis Charlie », il va falloir scander : « Je suis pilote jordanien ».

Avec cette nouvelle mise en scène, les sponsors de l'EI font d'une pierre deux coups :

■  Ils nous poussent à prendre parti pour les pilotes de toutes les guerres américano-sionistes, cachant le but réel de leur "mission" : massacrer des civils sous prétexte de combattre le terrorisme ou la dictature.

■  Ils nous font oublier que les massacreurs de l'armée de l'air et ceux de l'EI sont en fait dans le même camp. Leur affrontement, qu'il soit réel ou simulé, fait partie du spectacle.

Que feront les scénaristes lorsque le public se sera habitué aux mises à mort par le feu comme il s'est habitué aux décapitations ?... 

Réaction au quart de tour à Amman : pour "venger la mort de son pilote", le dictateur jordanien fait pendre deux prisonniers islamistes condamnés à mort, dont une femme détenue depuis dix ans. Elle était mêlée à un attentat qui avait fait 60 morts en 2005. Il est vrai qu'à cette époque, les services secrets jordaniens (et leurs patrons israéliens) n'envoyaient pas encore les terroristes s'éclater en Syrie ou en Irak. C'était avant la création de Daesh...


Octobre 2016 - La bataille de Mossoul

Un peu plus de deux ans après avoir fait cadeau d'une bonne partie de l'Irak et de la Syrie à leur monstre djihadiste pour qu'il puisse y établir son "califat", le Frankenstein américain et ses complices européens et turc (Erdaeshoğan) décident de "faire la guerre" à Daesh et de "libérer" sa capitale Mossoul.

Les organisateurs mettent sur pied une "coalition" héteroclite qui comprend, en plus des vassaux attitrés, l'armée officielle irakienne, des milices kurdes (Peshmergas), des milices chiites (Hachd al-Chaabi, Brigades Badr, Hezbollah irakien) et des unités iraniennes. Si l'on en croit Wikipédia, toutes ces forces regrouperaient jusqu'à 100.000 hommes et auraient en face d'elles au maximum 9.000 combattants (égorgeurs islamistes recrutés et payés par l'Arabie Saoudite).

Malgré cette écrasante supériorité numérique, les succès militaires restent modestes au bout de trois semaines de campagne. C'est qu'on ne sait pas au juste qui se bat vraiment contre qui. Les Turcs ne sont pas là, évidemment, pour nuire à Daesh mais pour porter des coups aux Kurdes et les empêcher de créer leur Etat. L'armée irakienne est aussi fantomatique que l'Etat irakien lui-même. Les USA, après avoir annoncé des mois à l'avance qu'ils allaient lancer une offensive, font tout pour que leurs chouchous islamistes ne soient pas frappés. Apparemment, seuls les Iraniens et leurs sympathisants chiites irakiens prennent cette guerre au sérieux, mais ils ne peuvent à eux seuls venir à bout de ces islamo-terroristes protégés par des puissances qui font semblant de les affronter. Pour le moment, les Occidentaux n'ont pas encore commis de "bavure" au détriment des Iraniens, c'est déjà ça...

Le bruit court que l'objectif des Etats-Unis serait d'obtenir que Daesh quitte Mossoul en direction de la Syrie (d'abord Raqqa, puis Alep et Damas). Mais cet objectif pourrait, de toute façon, être atteint beaucoup plus simplement et à moindres frais. Alors, pourquoi relancer la guerre maintenant ?... Probablement pour entretenir le chaos général, la peur du terrorisme et l'invasion migratoire en Europe. Et pour ne pas risquer que le prochain président américain oublie ce dossier.








Le credo américain

Nous les Américains, nous aimons les enfants

La guerre permanente
- Comment le dramaturge allemand Falk Richter voit la situation -

La Vallée des loups - Irak
- Un film turc que l'axe israélo-américain n'a pas du tout apprécié -



I : L'agression annoncée     II : L'invasion     III : L'occupation    IV : La résistance    V : La guerre de libération ?





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