Source : http://mai68.org/spip/spip.php?article1245



La cause de l'endettement de la France, c'est la loi Rothschild

La cause de l’endettement de la France, c’est la loi Rothschild

samedi 15 mai 2010

Extraits d’une biographie de Georges Pompidou :

Georges Pompidou fit parti du cercle restreint des proches du général de Gaulle, et cette proximité lui valut d’être nommé chef de son cabinet d’avril 1948 à 1953.

En 1953, il entra à la banque Rothschild, où il occupa rapidement les fonctions de directeur général et d’administrateur de nombreuses sociétés. Ce fut pour lui l’occasion de participer à la vie économique du pays, d’accroître le champs de ses compétences et d’établir un éventail plus large de relations.

Il rédigea néanmoins, durant cette période d’intense activité, trois présentations de classiques illustrés sur Racine, Taine et Malraux.

Le général de Gaulle élu à la présidence, Georges Pompidou retourna pendant quelques temps vers le monde de l’entreprise en réintégrant la banque Rothschild.

Membre du conseil constitutionnel en 1959, il profita également de cette période pour rédiger une anthologie de la poésie française.

Georges Pompidou s’installa à l’Élysée le 15 juin 1969. Son mandat fut écourté par son décès le 2 avril 1974 à Paris.

3 janvier 1973, réforme de la Banque de France

Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la banque de France, nous trouvons en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :

« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

Ce qui signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.

Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées, qui en profitent pour s’enrichir aux dépens de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin.

Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens.

L’accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là. Voici en effet un graphique représentant l’évolution de la dette, avec et sans intérêt. La courbe rouge représente bien sûr la dette constatée, calculée avec les intérêts.





La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros (*), déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1327 milliards d’euros ! Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts.

1327 - 1306 = 21 Milliards d’Euros ! : Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées —, la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.

Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n’est par conséquent pas étonnant qu’il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État français de battre monnaie et qui a endetté la France d’une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild.

C’est pourquoi, cette loi, je propose de l’appeler désormais la loi Rothschild.

NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’Euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’Euros.




La cause de l’endettement de la France, c’est la loi Rothschild 19 mai 20:44, par Visiteur

L’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 n’a plus cours. Il a été abrogé avec Maastricht en 1992, qui l’a remplacé par un truc (l’article 104 du Traité de Maastricht interdit aux États d’emprunter auprès de leurs banque centrales) qui est bien plus qu’une loi nationale, puisqu’il s’agit d’un traité au niveau international européen, et qui est donc plus contraignant encore puisqu’il est plus difficile d’en sortir. Et avec le traité de Lisbonne, cette loi (devenue l’article 123 du traité de Lisbonne) est passée carrément au niveau constitutionnel de l’Europe. Mais, bien qu’elle ait changé de nom ou de numéro, il s’agit toujours de la même loi Rothschild !

Actuellement, la Grèce emprunte à un taux de 5%, qui fut même il y a une quinzaine de jour à 8% !

Si la Grèce sortait de l’Euro et de l’Europe, et recouvrait son droit de battre monnaie, elle s’emprunterait à elle-même à 0% et elle n’aurait plus de problème de remboursement de dette.

Si l’Allemagne a décidé de "payer", c’est parce que l’Europe appartient à l’Allemagne, un peu comme si c’était elle qui avait gagné la seconde guerre mondiale ; et l’Allemagne veut conserver la Grèce dans l’Euro et dans l’Europe, comme l’une de ses conquêtes de guerre. Mais, attention, l’Allemagne va prêter à la Grèce à 5% de l’argent qu’elle emprunte elle-même à 1,5% ; et ce sont les Grecs pauvres qui devront rembourser.

Tout cela est immonde.







Remarque de wotraceafg :

L'auteur a parfaitement raison quant au fond, même si certains détails sont contestables, en particulier le montant de la dette calculée sans intérêts.

En effet, même avant l'entrée en vigueur de la "loi Rothschild", le financement public ne s'effectue pas exclusivement au taux zéro - surtout pas à long terme quand l'Etat ou les entreprises publiques empruntent auprès des particuliers. En 1952, la "rente Pinay" (du nom du ministre des Finances de l'époque) est particulièrement onéreuse pour l'Etat. Indexée sur l'or et mettant les souscripteurs à l'abri de la dépréciation monétaire du franc, elle est en outre assortie d'une exemption fiscale totale, notamment pour les droits de succession. (Dans les années qui suivent, quand le cours en bourse de la rente Pinay augmente subitement, c'est le signe qu'un riche bourgeois est sur le point de passer l'arme à gauche et que ses gestionnaires de fortune se dépêchent de faire le nécessaire dans l'intérêt des héritiers.)  L'opération de 1952 plaît tellement aux bénéficiaires, qu'on remet ça en 1958 avec "l'emprunt Pinay" également indexé sur l'or.  Mais même les emprunts "normaux" coûtent cher.




Pour ce qui est du graphique que l'on voit plus haut, on peut se demander pourquoi il fait débuter le décalage en 1979, alors que la loi date de 1973. Le montant de la dette publique globale en 2008, intérêts compris (plus de 1.300 milliards d'euros), est correct. Par contre, le montant "sans intérêts" est fantaisiste, puisqu'il ne tient pas compte du fait que la dette publique, avant comme après 1973, résulte aussi en grande partie d'emprunts sur le marché financier. Le chiffre de 21 milliards d'euros part de l'hypothèse erronée que, sans la "loi Rothschild", l'Etat et le secteur public auraient pu emprunter auprès de la Banque de France, au taux zéro, toutes les sommes dont ils avaient besoin.

Il est vrai cependant que les avances de la BdF au Trésor (à court terme mais renouvelables) et la possibilité pour les collectivités publiques et les entreprises nationales de profiter de l'argent "bon marché" (mais pas "gratuit") collecté par les établissements spécialisés comme le Crédit National, le Crédit Foncier ou la Caisse des Dépôts (qui recueillait les fonds des Caisses d'épargne), économisaient au contribuable une bonne partie de l'argent qui va maintenant enrichir les banques privées (lesquelles étaient rares en France avant 1986).

Dire que l'Etat français avait le droit de battre monnaie, et qu'il a perdu ce droit en 1973 au profit de ces mêmes banques, c'est user d'un raccourci simplificateur qui ignore la nature exacte de la création monétaire.


Voir Crise financière (principalement les rubriques 'Les banques créent de la monnaie', 'Dette publique, source d'enrichissement des banques privées' et 'Que faire ?')