POINTS DE VUE


Terrorisme - Guerre - Intox

- Réactions à chaud après le 11 septembre -




David McGowan (journaliste et auteur américain) :

  • Qui avait la possibilité de placer quatre commandos parfaitement bien entraînés à bord de quatre avions décollant de trois aéroports différents ?

  • Qui était en mesure de violer impunément l'espace aérien du Pentagone ?

  • De quel dispositif s'est-on servi pour diriger ces avions, et qui avait la possibilité de le placer à bord ?

  • Qui était en mesure de planifier et d'exécuter des attentats aussi ambitieux et aussi sophistiqués sans être dérangé par les services secrets américains ?

  • Qui avait les moyens d'inclure dans chacun des quatre commandos au moins un pilote expérimenté et suicidaire ?

  • Qui avait les moyens et la possibilité de mettre en place des charges explosives, si - comme il est probable - de telles charges ont été utilisées ?

Il est tout à fait possible, et même probable, que les membres de quelque groupe "extrémiste" aient joué, lors de ces attaques, le rôle de fantassins. Mais il est tout aussi probable que ces gens n'ont été que des pions sur l'échiquier de notre réalité collective. On peut également penser que ces "terroristes" avaient de bonnes raisons d'en vouloir au gouvernement américain, ces motivations n'étant pas, bien entendu, celles des tireurs de ficelles, lesquels ont su exploiter à leurs fins les sentiments des individus manipulés. La plupart des exécutants ignoraient sans doute qu'ils étaient embarqués dans une opération-suicide. Seuls les pilotes devaient le savoir ; gageons qu'on a leur a fait suivre un "entraînement" assez différent de celui des pilotes traditionnels.



David McGowan :

Excusez mon cynisme, mais se pourrait-il que nous ayons perdu, nous Américains, toute capacité de penser ?  Faut-il que notre activité cérébrale soit au point mort, pour que nous nous en remettions à ce point à nos médias et à leurs "experts" afin d'interpréter ce qui se passe dans le monde. Sommes-nous vraiment aussi stupides que le croient nos dirigeants ?



Lyndon LaRouche (économiste et homme politique américain, membre non-conformiste du Parti démocrate) dans une interview donnée le lendemain de l'attentat du World Trade Center :

Nous avons affaire ici à une opération stratégique clandestine, préparée et exécutée de l'intérieur par des gens disposant d'une expérience militaire de très haut niveau dans le domaine des opérations spéciales...  afin de déclencher artificiellement un effet Pearl Harbor propre à placer les Etats-Unis en état de guerre contre certains pays du Moyen-Orient.



Fatt Grudge - http://www.ez-websites.com/grudge/

Je ne peux vraiment pas gober ce catéchisme de propagande dont on nous inonde depuis le 11 septembre. N'importe quel flic vous dira que les premières questions qu'on se pose en pareil cas sont toujours : « Qui avait les moyens de faire ça ?...  Qui avait un motif ?... »  Or, qui profite d'un tel attentat ?...  Oussama Ben Laden, qui se cache en ce moment dans une caverne pourrie au fin fond de l'Al-Qaïdaïstan, ou George Bush, qui est devenu maintenant l'homme le plus puissant de tous les temps ?  Avec un Congrès qui lui accordera tout ce qu'il voudra, de peur de passer pour traître aux yeux des véritables traîtres.

La vérité, c'est que tout va bien se passer. On maîtrise la situation. Votre chauffeur de taxi enturbanné ne va pas vous précipiter dans le fleuve. Le gars à l'aspect moyen-oriental chez qui vous achetez vos donuts ne va pas vous empoisonner à l'anthrax. L'Amérique a été attaquée, c'est vrai. Quelqu'un a commis un acte de guerre. Mais qui ?...  Pas un groupuscule de musulmans sauvages et excités voulant tuer le plus d'Américains possible, non, mais une bande de fascistes influents qui ne tuera que ce qu'il faut d'Américains pour terroriser durablement le reste. Après tout, ce sont des contribuables et des soldats potentiels qu'ils tuent là...

Ne vous faites pas d'illusions. Une fois que nous aurons abdiqué notre liberté face à ces fascistes, ils ne nous la rendront JAMAIS plus. Je n'ai nullement l'intention de me poster à un coin de rue en agitant le drapeau qui représentait la liberté qui n'existe plus. Je ne me soumettrai pas au sentiment de peur et de terreur auquel ils veulent à tout prix me soumettre. Je refuse de renoncer à ma liberté.

Sûr que les fascistes n'hésiteront pas, le moment venu, à utiliser des armes de destruction massive pour accélérer l'instauration de leur dictature. Mais leur arme la plus puissante est encore l'arme des médias. Une arme qu'il est si facile de leur arracher. Il suffit pour cela d'allumer sa radio, sa télé, de regarder son journal, puis de prendre sa respiration, de ricaner et de s'écrier le plus fort possible : « DES CONNERIES, TOUT ÇA !... »



Gore Vidal (écrivain américain)
dans un article intitulé L'Ennemi intérieur (The Observer - 27 octobre 2002):


Nous ignorons encore qui nous a frappés en ce mardi infâme, et dans quel but réel. Mais il est clair aux yeux de beaucoup de défenseurs des libertés civiques, que le 11 / 9 a mis fin non seulement à beaucoup de nos fragiles droits constitutionnels, mais aussi à ce système de gouvernement qu'on nous enviait autrefois. Celui-ci avait déjà reçu un coup fatal un an plus tôt, lorsque la Cour Suprême, en exécutant sa petite valse à 5 / 4, avait mis à la place d'un président élu par le peuple une junte pétrolière Bush-Cheney.   [...]

Le gouvernement est persuadé que les Américains sont des simples d'esprit incapables d'avaler un scénario plus complexe que celui du tueur solitaire, redouté et dément (avec cette fois quelques zombis pour l'aider), qui fait le mal parce que ça l'amuse et parce qu'il nous hait à cause de cette richesse et de cette liberté que nous avons et qui lui fait défaut.



Hosni Mubarak (président égyptien):

L'histoire de l'avion qui s'est jeté sur le Pentagone est difficile à croire. Je suis moi-même un pilote confirmé et je puis vous dire que ce que le pilote a fait là n'avait rien d'une simple manoeuvre. Il est quasi impossible qu'un pilote très peu entraîné puisse exécuter cette manoeuvre.   [...]

Pour le pilote d'un Boeing, les deux tours du World Trade Center ne sont guère plus larges qu'un crayon. Et des pilotes à peine entraînés auraient pu y jeter leurs appareils ?...   Pour cela, il fallait un pilote extrêmement entraîné.



Howard Zinn (Professeur à l'Université de Boston)
dans Le Couac, Montréal - juillet 2001:


Maintenant que Timothy McVeigh [l'auteur de l'attentat terroriste qui fit 168 morts à Oklahoma City en avril 1995] a été exécuté et que les besoins de vengeance et de châtiment ont pu trouver satisfaction, nous pouvons réfléchir calmement à la façon dont McVeigh a appris son curieux sens du bien et du mal du même gouvernement qui l'a condamné. Pendant la guerre du Golfe - guerre où McVeigh fut décoré - l'US Air Force a bombardé, le 15 février 1991, un abri anti-aérien à Bagdad. Plus de 600 personnes, parmi lesquelles de nombreuses femmes et enfants, furent tuées au cours de cette opération.

Pour justifier les victimes et les blessés survenus lors de l'explosion de l'édifice fédéral à Oklahoma, McVeigh utilisa l'expression "dommages collatéraux" - celle-là même qui est employée par notre gouvernement pour désigner la mort de civils au cours des bombardements américains en Irak, au Panama ou en Yougoslavie. Si McVeigh avait servi dans les forces aériennes plutôt que dans l'infanterie et qu'il avait largué cette bombe, faisant trois fois plus de victimes qu'à Oklahoma, il serait toujours vivant et porterait peut-être une médaille de plus sur la poitrine.

McVeigh, guidé par un sens démentiel de la morale, n'est maintenant plus en mesure de causer des pertes humaines. Il en va tout autrement du gouvernement des Etats-Unis dont la vitalité et la capacité à larguer toujours plus de bombes rendront la mort de civils toujours justifiable en tant que "dommages collatéraux". Au lendemain de l'exécution de Timothy McVeigh, le Boston Herald titrait à la une: "CEST FINI !"

Mais ce n'est pas fini. Le terrorisme n'est rien d'autre que le meurtre d'innocents dans le but de faire passer un message (ce sont là les termes utilisés par McVeigh ainsi que par les porte-parole du gouvernement américain après chaque bombardement de villes étrangères). Et aussi longtemps que notre gouvernement pratiquera des actes terroristes, tout en réaffirmant chaque fois agir dans l'intérêt de la démocratie et de la liberté, ou encore pour envoyer un message à quelqu'autre gouvernement, nous verrons réapparaître d'autres Timothy McVeigh suivant le même exemple.

Non, rien n'est fini. Les actes terroristes individuels vont continuer et seront qualifiés - à juste titre - de fanatismes. A une échelle bien plus large, le terrorisme d'État lui aussi se poursuivra et sera appelé "politique étrangère." Voici bien la morale perverse qui règne aujourd'hui et qui perdurera tant et aussi longtemps que les Etats-Unis n'auront pas décidé que toute forme de terrorisme est injuste et ne saurait être tolérée.



Howard Zinn (Professeur à l'Université de Boston):

Notre problème n'est pas la désobéissance civile, mais au contraire l'obéissance. D'innombrables gens à travers le monde ont obéi aux ordres de leurs dirigeants et sont allés faire la guerre. Des millions sont morts par suite de cette obéissance... Notre problème est que les gens obéissent lorsqu'ils sont confrontés à la pauvreté, à la faim, à la bêtise, à la guerre, à la cruauté. Notre problème est que les gens obéissent alors que les prisons sont remplies de petits truands, tandis que les gros sont en liberté et pillent tranquillement le pays. C'est ça notre problème...



Rudolf Augstein (patron du magazine d'information allemand Der Spiegel) - 29 octobre 2001:

Agir comme le font les Américains maintenant en Afghanistan ne contribue en aucune façon à barrer la route au terrorisme. C'est, au contraire, la meilleure manière de favoriser son expansion. Quand on met un pays à feu et à sang, sans trop se soucier du sort de la population civile à la merci de la famine et des rigueurs de l'hiver, il ne faut pas s'étonner de voir l'opinion basculer peu à peu. On perçoit déjà çà et là une certaine joie secrète chaque fois que les Américains essuient un échec, chaque fois qu'ils se livrent à une interprétation erronée de la situation politique.



Rudolf Augstein (Der Spiegel) - 19 novembre 2001:

Sans aucun sens de la mesure, les Américains se sont acharnés à bombarder un pays pauvre et affamé. Il ne faut pas se leurrer : le succès militaire de l'Alliance du Nord constitue pour l'Occident une victoire à la Pyrrhus. Kaboul est de nouveau aux mains des chefs de guerre qui ont déjà précipité l'Afghanistan dans l'abîme - voilà des alliés assez peu recommandables.

Gageons qu'Oussama Ben Laden sera le seul à tirer un avantage de cette guerre. Ou bien les Américains ne parviendront pas à se saisir de lui, ou bien il mourra sous les bombes avec l'auréole d'un martyr. En ce sens, les stratèges US n'auront jamais sa tête.

A Kaboul non plus, rien ne garantit que la victoire de l'Alliance du Nord apportera à la population durement éprouvée une amélioration durable de ses conditions de vie. Entre les guerriers tribaux triomphants et les brigands maraudeurs, il n'y a guère de différence.



Pierre Scholl-Latour (journaliste et spécialiste du Moyen-Orient, dans une interview au périodique allemand Konkret):

[A propos de la mondialisation]

En Afrique, le libre-échange s'est transformé en capitalisme de rapine. Si les pays arabes producteurs de pétrole sont en mesure de se défendre, l'Afrique, elle, est victime d'une exploitation pire que celle qui régnait à l'ère coloniale. Durant la période coloniale - enfin, au cours des dernières décennies - on a au moins construit des écoles, des hôpitaux et des routes. Les fonctionnaires coloniaux, britanniques aussi bien que français, vivaient peut-être comme des seigneurs, mais ils s'occupaient de leurs gens. Aujourd'hui, nous sommes retombés à l'époque sanglante où Léopold II pillait le Congo qu'il considérait comme sa propriété privée.
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[A propos des attentats]
Les poseurs de bombes des quartiers palestiniens étaient des jeunes gens pauvres, désespérés, sans avenir, mis en condition par leurs prédicateurs coraniques. Ils bricolaient des bombes de fortune qui, le plus souvent, leur sautaient à la figure avant qu'ils les utilisent. Un incroyable travail d'amateur, encore aujourd'hui...

Et puis, subitement, on voit surgir une organisation parfaite qui détourne quatre avions. Les gens qui ont choisi de se suicider de cette façon-là, ne vivaient pas trop mal, venaient de familles aisées. La plupart d'entre eux étaient originaires des Emirats ou d'Arabie Saoudite et avaient passé des années dans le monde occidental où, logiquement, ils auraient dû s'adapter - et tout à coup...   Pour moi, ça reste une énigme psychologique. Et puis, toute cette infrastructure, pas seulement à Hambourg ou à Francfort. C'est surtout aux Etats-Unis qu'elle a dû être mise en place...
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[A propos de l'information]
Ces derniers temps, on nous ment comme jamais depuis la guerre du Golfe.
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[A propos des Arabes, de l'Islam et de la confusion antisémite - antisioniste]
L'intervieweur: L'Islam a pourtant une forte composante antisémite...
Scholl-Latour: C'est faux. Les Arabes sont authentiquement sémites, au moins autant que les Juifs. Vous pouvez dire, à la rigueur, qu'ils sont antisionistes - ils l'admettent d'ailleurs eux-mêmes. Mais ils ne peuvent pas être antisémites. Abdallah Franghi [le délégué palestinien en Allemagne] est beaucoup plus sémite qu'Ariel Sharon.
[Le Petit Robert donne la définition suivante du mot sémite: "de Sem , nom d'un fils de Noé. Se dit des différents peuples appartenant à un groupe ethnique originaire d'Asie occidentale et parlant des langues apparentées (sémitiques). Les Arabes sont des Sémites. Courant (mais abusif): Juif." Le même dictionnaire ajoute à propos des langues sémitiques qu'il s'agit d'un "groupe de langues d'Asie occidentale et d'Afrique, présentant des caractères communs" et donne la liste suivante: akkadien, cananéen, phénicien, hébreu, araméen, syriaque, arabe, éthiopien. Le mot antisémitisme dans le sens exclusif (et abusif) de racisme dirigé contre les juifs est en usage depuis la fin du 19e siècle.]
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[A propos de l'armada américaine]
J'ai la nette impression que cette mobilisation de la flotte, qui n'a pas de sens en ce qui concerne l'Afghanistan, est en fait dirigée contre l'Irak, où la famille Bush veut maintenant terminer la campagne qu'elle avait commencée en 1991.
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[A propos des va-t-en-guerre sociaux-démocrates et verts de la coalition gouvernementale allemande]
Plus de temps ils passent au pouvoir, et plus j'ai l'impression de devenir moi-même un homme de gauche.



Andreas von Bülow (avocat allemand, ancien ministre, spécialiste des services secrets) - janvier 2002:

Dans cette  interview  donnée au quotidien berlinois Der Tagesspiegel, von Bülow énonce quelques évidences occultées par les grands médias.



Günter Grass (écrivain allemand, Prix Nobel de littérature 1999) condamne les bombardements américains contre l'Afghanistan dans une interview au Spiegel du 10 octobre 2001:

Je compatis avec les victimes de la terreur, mais personne ne peut m'obliger à compatir avec le gouvernement américain - ni avec aucun autre, pas même le mien. Il convient de différencier...

Dans la pratique, la CIA est en fait elle aussi une organisation terroriste, avec ses attentats contre des hommes politiques. Il faut en avoir conscience, et rien ne sert de montrer les autres du doigt...

Voilà qu'il ne reste plus qu'une seule puissance mondiale [les USA], mais elle est tellement égocentriste, qu'elle ignore à peu près tout du reste du monde...

C'est une constatation que j'ai faite chez beaucoup de gens sensés aux Etats-Unis, des gens avec lesquels je suis lié d'amitié. Ils partent du principe qu'ils sont la seule puissance mondiale et qu'ils doivent donc tout contrôler dans le monde. Pour beaucoup d'Américains, cela signifie que tout doit être soumis à leurs intérêts - qui sont le plus souvent des intérêts économiques. Et c'est seulement maintenant que des intellectuels américains - après avoir, à juste titre, condamné les attentats - se posent la question: mais pourquoi le monde nous déteste-t-il à ce point ?...

Daniel Cohn-Bendit, scandalisé par cette prise de position, tance vertement l'audacieux Prix Nobel. Pour le soixante-huitard professionnel, Grass est un "Munichois". Critiquer les bombardements de civils afghans équivaudrait en effet à reculer devant Ben Laden, comme l'avaient fait en 1938 Français et Britanniques face à Hitler. Logique, n'est-ce pas ?... Décidément, depuis 1990 Cohn-Bendit n'en rate pas une: que ce soit l'Irak, la Yougouslavie ou l'Afghanistan, il utilise toujours les mêmes "arguments" pour faire siennes des guerres qu'il aurait jadis - et à juste titre - qualifiées d'impérialistes. A ma connaissance, il ne lui manque plus que la réhabilitation de Johnson et de Nixon pour leur courageuse action contre les terroristes vietnamiens dans les années 60-70 - mais c'est peut-être déjà fait, après tout... Enfin, il faut bien que l'ex-gauchiste "rouge" reconverti au vert-kaki fasse parler de lui s'il veut être élu un jour au poste de président de la Commission Européenne.



Susan Sontag (journaliste américaine), dans le journal allemand FAZ - octobre 2001:

On observe à présent aux Etats-Unis une très forte vague de conformisme. Les gens sont surpris et choqués qu'un attentat comme celui du 11 septembre ait été possible en Amérique. Effrayés, leur première réaction a été de serrer les rangs (pour employer un terme militaire) et d'afficher ostensiblement leur patriotisme - comme si ce patriotisme avait été mis en cause par l'attentat. Le pays ressemble à un immense océan de drapeaux américains. Ils pendent aux fenêtres des maisons, décorent magasins et restaurants, flottent sur les grues, les camions et les antennes des voitures. Se moquer du président - un passe-temps favori des Américains, quel que soit le président - est devenu une atteinte au patriotisme. Des journalistes, peu nombreux, ont été congédiés; des enseignants ont été blâmés publiquement pour avoir, devant leur classe, posé prudemment quelques questions gênantes (comme celle, par exemple, de l'étrange disparition de Bush le jour de l'attentat). L'autocensure, forme la plus efficace de la censure, fait des ravages. Discuter, c'est faire acte d'opposition, et l'opposition est un manque de loyauté. L'avis général est que dans cette nouvelle crise à l'issue incertaine, nous ne pouvons plus nous "permettre" de recourir à nos libertés traditionnelles. Des sondages révèlent que Bush jouit du soutien de plus de 90 pour cent de la population - un chiffre qui fait penser aux résultats électoraux d'autrefois dans les pays de l'Est.

[...]

Il est toujours question de lâches attentats. S'il faut utiliser le mot lâches, alors que ce soit pour qualifier les gens qui effectuent des "frappes de représaille" depuis les airs, et non ceux qui sont prêts à mourir eux-mêmes pour tuer autrui. Car pour ce qui est du courage, la seule vertu moralement neutre, quoi qu'on puisse penser par ailleurs des auteurs de ces attentats, s'il est une chose qu'on ne peut leur reprocher, c'est d'être lâches.



Tariq Ali (écrivain anglais d'origine pakistanaise) - décembre 2001:

Lire le texte d'une très intéressante  interview  parue dans The Progressive



Daniel Schneidermann (dans Le Monde Télévision) - 24 septembre 2001:

Voyant les présentateurs de TF1 et de France 2, accourus à New York six jours après les attentats, multiplier les reportages compassionnels, on ne pouvait se défaire d'une étrange impression de déjà-vu. Dix ans après la guerre du Golfe, alors que les journalistes assurent en choeur avoir tiré les leçons des désormais mythiques dérapages des médias, on craint de voir les mêmes travers se reproduire, comme une fatalité: reprise sans distance des informations américaines, écrasement de l'explicatif par l'émotionnel, projecteurs occidentaux braqués quasi exclusivement sur le camp occidental, éditions spéciales étirées en longueur, prolifération des experts à l'expertise douteuse.



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