LIBYE II  (2012-14)

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Tunisie, Egypte, Libye I, etc...
- Le choix des pays arabes : la révolu-sion ou la guerre -




LIBYE II :

Ce qu'il aurait fallu faire

2 janvier 2012    7 avril - la Libye et au-delà    29 avril    6 juin    11 septembre    22 septembre 2012

2 octobre 2013    19 janvier 2014


MALI :

Avril 2012    Janvier 2013    Février 2013    Enlisement ou ensablement ?




 LIBYE 



CE QU'IL AURAIT FALLU FAIRE
POUR EMPÊCHER LA TRAGÉDIE LIBYENNE :



2 janvier 2012 :  Selon le site Libya SOS, des combats ont encore lieu un peu partout en Libye, y compris à Syrte et à Tobrouk.


7 janvier 2012 :  La journaliste britannique Lizzie Phelan, qui se trouvait à Tripoli jusqu'au 30 août 2011, signale que la chute de la ville est due à la trahison d'un général de l'armée libyenne, Albarrani Shkal, cousin de Mouammar Kadhafi. Shkal, à qui incombait la défense de la capitale, avait envoyé des milliers de ses soldats en permission ou leur avait donné l'ordre de rejoindre d'autres villes. Depuis quelque temps, il collaborait secrètement avec les "rebelles" et était au courant de la date de l'attaque. Le jour dit, Tripoli n'avait plus de protection militaire ; pour tenir tête aux égorgeurs islamistes et aux mercenaires étrangers, il ne restait plus que les volontaires civils, hommes et femmes, en particulier dans le quartier d'Abou Salim.  [Shkal sera liquidé début mai 2012 - voir plus bas]

Qu'une tâche aussi essentielle que la défense de Tripoli ait pu reposer sur un seul homme, est une chose assez étonnante, surtout lorsqu'on se remémore ce que Thierry Meyssan écrivait sur les mérites de la décentralisation à la libyenne (voir page précédente - 11 août 2011) : "Le pouvoir est dilué, insaisissable", disait Meyssan à propos du pouvoir civil. Le pouvoir militaire, lui, était dissous et inexistant...


23 janvier 2012 :  La presse annonce que la ville de Bani Walid a été reprise "en plein jour" par les kadhafistes. Des avions et des hélicoptères "du nouveau régime" survoleraient la région (il s'agit sans doute d'appareils de l'OTAN ou du Qatar). Le bruit court également (mais là, les médias démentent) que des milliers de militaires américains massés à Malte, seraient entrés ou sur le point d'entrer en Libye.  Et pendant ce temps, à Benghazi, les rats continuent de se bouffer entre eux.


18 février 2012 :  Bernard Lugan (voir également la page précédente Libye - 18 décembre 2011) écrit aujourd'hui sur son blog : "En ce premier anniversaire de « l'insurrection libyenne », et alors qu'une « résistance verte » dont il est difficile d'évaluer la force réelle, semble être en mesure d'opérer sur la totalité du territoire, la Libye apparaît comme étant coupée en trois..."

En lisant le reste, on apprend que le pays est en fait coupé en sept zones et que les combats débordent vers le Tchad et le Mali (qui n'a pourtant pas de frontière commune avec la Libye - le Niger et l'Algérie les séparent). Comme d'habitude, tout est ranené au niveau "tribal" ; on apprend au passage que les Toubous sont "ombrageux" - allons bon !...  Rien de concret sur la résistance verte, à moins d'assimiler à celle-ci les Berbères berbérophones, les Berbères arabophones et les Warfallas, "qui représentent ensemble plus ou moins 70 % de la population de la Tripolitaine" et qui, "s'ils s'unissaient, en prendraient facilement le contrôle".

Ce qui fait toujours défaut, c'est un examen politique de la situation, tenant compte de tous les intervenants étrangers. Il est probable qu'il faudra attendre longtemps avant de l'obtenir. Tous les sites qui s'étaient intéressés à la Libye en 2011, parlent à présent d'autre chose ou font dans l'anecdotique. Bernard Lugan, même si son analyse est incomplète, a le mérite de suivre de près l'évolution dans ce pays.


6 mars 2012 :  Les rats de Benghazi proclament "l'autonomie" de la Cyrénaïque et placent à la tête de cette entité un certain Ahmed Zoubaïr, cousin de l'ancien roi renversé par Kadhafi en 1969. Le "CNT", émanation de l'étranger s'il en est, voit dans cette proclamation un complot étranger - pour une fois qu'il voit juste...

Vu que c'est en Cyrénaïque que se trouve le gros des ressources pétrolières libyennes, il y a fort à parier que cette mesure ne fait que précéder une partition pure et simple du pays (voir l'exemple du Soudan du Sud- page précédente - "ailleurs" - Soudan).


7 avril 2012 - la Libye et au-delà :  Autonomie de la Cyrénaïque : nouveau pas vers la déstabilisation du Maghreb ?  par Gilles Munier.

Rien de bien nouveau : le "CNT" n'a toujours pas la situation en mains - comment le pourrait-il, puisque c'est un organisme purement virtuel ?... Son "président", Moustafa Abdeljalil, se sent "déstabilisé" par ses anciens sponsors du Qatar et des Emirats, et "dépassé" par ses patrons de l'OTAN. Les Libyens appellent Abdeljalil "Abou NATO" - mérite-t-il encore ce surnom ?...

Tandis que l'impuissant du "CNT" menace les sécessionnistes de Benghazi "d'intervention militaire", le Fezzan (sud-ouest) s'apprête lui aussi à "proclamer son autonomie". Le somalisation de la Libye est en cours... La région de Tripoli vit sous la menace permanente de razzias menées par une centaine de milices... "Misrata se comporte de facto en cité-Etat depuis qu'a été élu un conseil municipal remplaçant celui désigné par le CNT. Les crimes de guerre commis en Tripolitaine par sa milice mettent en danger de mort, et pour de nombreuses années, ses commerçants ou ses chauffeurs de poids lourds s'aventurant sur les territoires de tribus victimes de leurs exactions... Dans la région de Koufra (sud-est), les Toubous - ethnie nomade noire - se battent contre la tribu arabe al-Zwia, avec la bénédiction du CNT. En jeu : la surveillance des frontières avec le Tchad, le Niger et le Soudan, c'est-à-dire le trafic des armes, de la drogue et des migrants africains..."

Certains informations données par Gilles Munier sont assez confuses. Par exemple, lorsqu'il dit : "A Abou Walid, fief kadhafiste situé au sud-est de la capitale, les Warfallas - principale tribu libyenne - ont élu leur propre CNT, obligeant celui désigné par Abdeljalil à siéger dans un village voisin, dans une sécurité toute relative."  [S'agit-il de Bani Walid, à 150 kilomètres au sud-est de la capitale ?  Et que signifie dans ce contexte "leur propre CNT" ? Les kadhafistes ont un "CNT" ?...]  Plus loin, Munier écrit que "les milices de Misrata et de Zenten, surarmées par l'OTAN, le Qatar, et par les pillages de casernes, peuvent tenir tête à n'importe quelle attaque de l'armée libyenne..."  [De quelle "armée libyenne" parle-t-il ?  Aurait-on reconstitué une telle armée après la disparition - l'évaporation - de l'armée loyaliste de Kadhafi ?...]

On voit que ce n'est pas seulement la situation sur le terrain qui est embrouillée...

Si l'on en croit Gilles Munier, l'appartenance tribale semble être devenue le seul critère qui tienne dans la Libye de 2012. En cela, il rejoint Bernard Lugan (voir plus haut - 18 février) et, il faut bien le dire, l'ensemble des médias alignés. Il n'y aurait donc plus ni résistance ni troupes étrangères en Libye ?... La prudence est de mise... Quoique bien informé, dans l'ensemble, Munier a parfois tendance à s'aligner sur le courant dominant ; dans le cas de l'Algérie, il a soutenu, lui aussi, que la terreur islamiste des années 1990 était l'œuvre du gouvernement d'Alger, ce qui est proprement ridicule quand on connaît l'implication des services français, américains, israéliens, etc. (voir ici).

La déstabilisation ne touche pas seulement le Maghreb, comme annoncé dans le titre. Il est vrai que les maîtres du monde préparent une "sécession berbère" en Algérie (Le MAK, Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie, instrument franco-sioniste de déstabilisation). Mais l'agitation due à l'immixtion étrangère règne aussi au Niger et surtout au  MALI  ("indépendance touareg" du nord). C'est bientôt l'Afrique entière qui sera morcelée et somalisée, pour le plus grand profit économique et politique de l'Empire.

[ En ce qui concerne le  MALI  voir également plus bas. ]


15 avril 2012 :  Kadhafi n'étant plus là pour les contenir, les Touaregs ont repris leur liberté  par Bernard Lugan.

Pour Lugan, après les événements de Libye, "la guerre du  MALI  a fait exploser deux grands mythes destructeurs de l'Afrique : celui de l'Etat-nation pluriethnique et celui de la démocratie fondée sur le principe du 'un homme, une voix'..."  Ces deux "mythes" ont été légués à l'Afrique par les anciennes puissances coloniales. Cinquante ans après la décolonisation, pense l'auteur, "la solution est plus que jamais la partition, la balkanisation d'où peuvent sortir de nouveaux équilibres... N'oublions pas que pour mettre fin à la Guerre de Trente ans les Traités de Westphalie dotèrent l'Europe d'une poussière d'Etats dont des dizaines de micro-Etats. D'ailleurs, pourquoi toujours penser en termes de vastes ensembles ?... L'avenir de l'Afrique est à des Etats plus petits et aux frontières épousant plus fidèlement les réalités des peuples..."

Lugan dit clairement qu'il souhaite un morcellement de l'Afrique selon le modèle des bantoustans sud-africains de l'époque de l'apartheid. C'est aussi ce que veut le camp occidentalo-sioniste. Seule différence entre hier et aujourd'hui : la minorité blanche d'Afrique du Sud n'avait morcelé qu'une petite fraction du pays, gardant pour elle la majeure partie du territoire (les terres les plus riches), alors que les "partitionneurs" du 21ème siècle veulent tout morceler. Leur intention n'est pas de vivre sur place, mais d'affaiblir encore plus l'Afrique pour mieux la dominer et l'exploiter, elle et ses ressources naturelles. En ce sens, on peut se demander pourquoi Lugan estime que la politique occidentale (et en particulier française) en Libye a constitué une grave erreur. Au contraire, l'entreprise a parfaitement "réussi" (comme elle avait "réussi" en Yougoslavie). Lugan prétend que nos dirigeants s'accrochent aux frontières africaines existantes, alors qu'en réalité ces dirigeants (ou plutôt leurs services) font tout leur possible pour susciter partout de nouveaux conflits mettant en jeu la stabilité des frontières.

Aussi profondes et utiles que soient les connaissances de Bernard Lugan en matière de géographie, d'ethnologie et de linguistique africaines, ses vues politiques sont catastrophiques. Il pense que les Africains sont incapables d'évoluer au-delà du niveau purement tribal pour former des nations viables, comme l'ont fait les Européens. Lugan se trompe s'il croit que toutes nos nations occidentales sont ethniquement homogènes. Certaines qui paraissaient l'être ont été détruites récemment par choix politique (Yougoslavie), beaucoup d'autres le seront bientôt, le processus est en marche. Pour aboutir aux nations, il faut "dépasser" les ethnies, les transcender. Pour couler les nations (obstacles à la mondialisation apatride), il faut remettre les ethnies sur le devant de la scène. Nation = résistance. Absence de nation = soumission.

(Soit dit entre parenthèses, l'exemple de la Guerre de Trente Ans n'est pas très bien choisi, car les micro-Etats "créés" par la Paix de Westphalie de 1648 existaient déjà, sous une forme parfois différente, avant la guerre - pour s'en convaincre, il suffit de comparer les cartes avant et après. Ce qui change à cette époque, c'est la manière de concevoir les rapports interétatiques. Et puis, les micro-Etats en question ne sont nullement le reflet d'une diversité ethnique, mais plutôt l'expression d'une féodalité rétrograde privée de véritable pouvoir central. En dépit des innombrables frontières, les populations ont alors beaucoup en commun, même s'il faut attendre encore deux siècles avant que la révolution allemande de 1848 ne concrétise ce sentiment, et une bonne vingtaine d'années de plus avant que l'unité nationale ne devienne réalité.)

Aux antipodes de Bernard Lugan, on trouve Webster Tarpley. Dans cette interview (lien audio), Tarpley dit que les Etats nationaux, aussi mauvais et aussi artificiels qu'ils soient, valent infiniment mieux - pour leurs populations - que le morcellement à l'infini tel que le veulent les Occidentaux (et tel que le préconise Lugan). La Libye est une parfaite illustration de ce principe. Plutôt vivre dans un Etat centralisé et dictatorial mais ordonné, que dans un néant chaotique soumis à la barbarie des seigneurs de la guerre...  Malheureusement, un plan mis en œuvre par les USA, l'OTAN et le Maroc (et dont l'éclatement du Mali, après l'effondrement de la Libye, constitue la première phase) a pour but de fomenter des révoltes de Berbères, Kabyles, Touaregs, Rifains, Amazighs et autres groupes ethniques dans une douzaine d'Etats africains. Un des objectifs de ces soulèvements téléguidés est de mettre fin à l'influence commerciale et politique croissante de la Chine.

D'une certaine manière, et sans le vouloir, Webster Tarpley et Bernard Lugan se complètent. On peut dire, pour simplifier, que le premier analyse de manière claire et pertinente la situation globale, mais sans trop entrer dans les détails de terrain. Lugan, lui, est très au fait de ces détails, mais n'en tire pas, hélas, les conclusions qui s'imposent, car il occulte tout ce qui se passe en coulisse.


29 avril 2012 :  Comment Kadhafi a financé la campagne 2007 de Sarkozy  (lien vidéo).

Ce qui est présenté ici comme un "scoop" était en fait connu depuis plus d'un an (voir page précédente - 21 mars 2011). L'auteur des "révélations", Edwy Plenel, patron de Mediapart, ancien rédacteur en chef du journal Le Monde et ancien trotskiste de la LCR, a comme par hasard attendu le second tour de l'élection présidentielle française pour sortir du bois. En 2011, ce pressetitué sioniste "alternatif" avait mieux à faire : en parfait "homme de gauche", il soutenait la guerre "humanitaire" de Sarkozy. Aujourd'hui, fidèle à lui-même, il dénonce "la répression en Syrie" pour mieux préparer la prochaine intervention de l'OTAN (sous la conduite d'un autre président).


3 mai 2012 :  Réglements de compte libyens  (Réseau Voltaire)

Ces jours-ci, deux anciens responsables de la Libye de Kadhafi, achetés par l'OTAN, ont payé de leur vie leur trahison :

■ Choukri Ghanem, ex-ministre du pétrole, passé à l'ennemi en mai 2011, a été retrouvé noyé dans le Danube, à Vienne.

■ Le général Albarrani Shkal, ancien gouverneur militaire de Tripoli, qui avait démobilisé ses hommes et livré la capitale aux troupes étrangères en août 2011 (voir plus haut 7 janvier 2012), a été liquidé en Libye.


6 mai 2012 :  Au soir du second tour de l'élection présidentielle française, dans un article sur le bilan africain de Nicolas Sarkozy, Bernard Lugan décrit ainsi la guerre libyenne du président sortant (et sorti) :

"Les Africains savent bien que cette guerre fut bâtie sur un mensonge et que la 'protection des civils de Benghazi' ne fut qu'un prétexte pour arracher à l'ONU le droit d'imposer une zone d'exclusion aérienne. Forte de cet 'accord', la France outrepassa clairement son mandat et réduisit à néant les défenses libyennes ; puis, devant l'incapacité des rebelles à entamer la résistance du régime, Nicolas Sarkozy ordonna à l'armée française d'intervenir directement au sol, notamment à Misrata et dans le Djebel Nefusa."

On le savait depuis longtemps, mais il est toujours bon d'en avoir la confirmation...


22 mai 2012 :  Dans un article consacré au sommet de l'OTAN tenu à Chicago, Thierry Meyssan écrit à propos de la Libye :

"Depuis le dernier sommet, l'Alliance a gagné une guerre contre un ennemi qui ne lui a pas livré bataille. Persuadé jusqu'au dernier moment de pouvoir négocier, Mouammar Kadhafi avait interdit à son armée de riposter contre les aéronefs et les navires de l'Alliance. La guerre, la vraie, s'est limitée à la prise de Tripoli. Chacun savait que la population était armée et qu'entrer dans la ville se ferait au prix d'un bain de sang. Certain que des alliés s'y opposeraient, l'amiral James Stavridis, commandant suprême de l'OTAN en Europe, n'a donc pas porté le sujet devant le Conseil atlantique. Il a organisé une réunion secrète à Naples où seuls les Etats les plus déterminés étaient conviés. Selon nos informations, la France y était représentée par Alain Juppé. C'est donc à l'insu de certains alliés que la décision a été prise. En définitive, l'OTAN a conquis Tripoli en une semaine, le commandant militaire de la capitale, le général Albarrani Shkal, ayant démobilisé ses hommes et offert la ville à l'envahisseur pour quelques millions de dollars. Les drones et les hélicoptères de combat ont facilement massacré les dizaines de milliers d'habitants qui pensaient pouvoir défendre leur patrie armés de kalachnikovs. L'OTAN, qui était prétendument venue protéger les civils, a tué au total 160.000 personnes, sans avoir officiellement subi la moindre perte..."


6 juin 2012 :  Evénement du jour, de la semaine, du mois, de l'année : la sortie en salle sale du film de Connard-Henri Lévy sur sa guerre juive de Libye. Le granfilozof, qui est à la philosophie ce que Marc Dutroux est à l'éducation des enfants, avait déjà présenté son chef-d'œuvre Le Serpent de Tobrouk dans le cadre de la déjection officielle du Festival de Kahn, la deuxième plus grande fête juive de la communauté communautariste hollywoodienne après la cérémonie des Zoscars.



Dans le rôle principal : Botul soi-même, cela va sans dire... (D'où lui vient ce joli surnom de Botul ?)

Pour le reste, une distribution éblouissante (de gauche à droite sur l'affiche officielle) : Avidgoret Lieberman (ministre des Affaires étrangères de Tel Aviv), Alain Juppé (son ex-homologue parisien), Botul en personne, Benjamin Nétanyahou (Premier ministre de l'Etat voyou), Maître Sarkouille en vadrouille et l'émir Hamad ben Khalifa ben Halouf Al-Grosporc (chef d'Al-Qataraïda et chouchou d'Israhell).

Dès le premier jour, le public fait un accueil triomphal au Serpent de Tobrouk : 65 entrées pour 4 copies, soit 16,25 spectateurs par copie pour l'ensemble des cinq séances, ou 3,25 spectateurs par séance en comptant les journalistes bien-pensants, les fans du lobby, les sayanim en quête d'informa-sion et les égarés qui croyaient voir Un Taxi pour Tobrouk (film des années 1960). Au bout d'une semaine, on en est déjà à 288 entrées en tout, soit 2,06 spectateurs par séance...

Mazel Tov, Lévy, et bonne continua-sion... Ne te laisse pas décourager par les zantisémites du Nouvel Obs qui prétendent que tu t'es tiré une balle dans le pied et que tu es "le producteur d'une autofiction délirante de mégalomanie (presque le producteur d'une guerre que [tu sembles toi-même] mettre en scène".


10 juillet 2012 :  Autre mise en scène, presque aussi délirante que celle du Serpent de Tobrouk (voir quelques lignes plus haut) : le spectacle des élections libyennes que certains considèrent comme les plus démocratiques depuis la conquête romaine, mieux réussies en tout cas, au niveau médiatique, que celles d'Irak et d'Afghanistan...

Personne ne sait exactement ce qui se passe en Libye. Il n'existe ni gouvernement ni pouvoir d'Etat, les mercenaires de l'OTAN et les gangs terroristes "d'Al-Qaïda" ("la Légion arabe de la CIA", comme dit Webster Tarpley) sèment la terreur partout, les prédateurs étrangers se partagent les richesses du pays, pillages et massacres sont le lot quotidien de la population...  Heureusement, dans ces conditions, que Sionipédia est là pour nous apprendre que l'Alliance des Forces Nationales a obtenu 48,1 % des voix, Justice et Construction 10,3 %, l'Union pour la Patrie 4,5 %, le Front National 4,1 % (seulement ? tu faiblis, Marine), le Parti National du Centre 4 %, et Al-Watan (OuaTAN ?) 3,5 %.  A la bonne heure...  (D'accord, vous me direz qu'il manque 25 %, mais ça ne mange pas de pain azyme : c'est la petite commission prélevée par BHL...)


11 septembre 2012 :  A Benghazi, qui semble être la nouvelle "capitale" de la Libye des rats, une frappe chirurgicale d'origine inconnue met fin à la brillante carrière de quatre "diplomates" américains de la CIA, dont le gouverneur Christopher Stevens (titre officiel : "ambassadeur" - ce qui est un non-sens, car seuls les pays un tant soit peu souverains peuvent échanger des ambassadeurs).  Avant de représenter les intérêts américano-sionistes à Benghazi, l'homme avait exercé ses talents dans divers pays arabes et - bien entendu - en Israël.


Le 11 septembre de Christopher Stevens :

Dommage collatéral de la révolu-sion ou juste retour de bâton ?

Pour ce qui est des circonstances et du motif exact de la liquidation de Stevens et de ses complices, les avis sont partagés. De la vengeance de partisans de Kadhafi à la provocation israélo-américaine pure et simple (onze ans après un autre 11 septembre), tout est possible. Y compris, comme le prétend un rat terroriste du "ministère de l'Intérieur" libyen, l'infiltration par des "terroristes" d'une manifestation pacifique dirigée contre la dernière production islamophobe des bas-fonds d'Hollywood.

Il s'agit du navet israélo-américain L'Innocence des musulmans, un "petit budget" de cinq millions de dollars, ce qui est quand même beaucoup pour une série Z (Z comme Zionism). Cet étron cinématographique décrit l'islam comme un "cancer" et une "religion de haine", et présente le prophète Mahomet comme un "pédéraste" et un "pédophile". Quand les tarés sionistes veulent insulter quelqu'un, ils l'affublent volontiers de leurs propres défauts. Défauts que ces parasites pervers considèrent bien sûr, dans leur cas personnel, comme des "qualités".

Des protestations contre ce film ont eu lieu dans divers pays musulmans, notamment en Egypte, au Yémen et au Pakistan. On peut douter qu'elles soient efficaces. La seule solution, en pareil cas, serait de répliquer de la même façon, en traînant dans la merde la religion des ennemis de l'islam, cette religion n'étant pas la religion juive (à Hollywood personne ne croit en Dieu) mais la religion holocaustique, la Très Sainte Shoah®.

Quoi qu'il en soit, le singe savant de Washington, qui aimerait bien que l'électro-nique électorale de ses maîtres lui permette, en novembre 2012, de "gagner" de nouveau, annonce l'envoi officiel d'un contingent de marines en Libye. Etait-ce le but de la manœuvre ?...

Citation du jour : "Les fanatiques qui ont assassiné à Benghazi l'ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, ne sont pas seulement des criminels, ce sont des imbéciles."  Cette phrase historique est de Connard-Henri Lévy (fanatique, criminel et imbécile sioniste se prenant pour un philosophe, artisan de la guerre juive de 2011).


Le calme règne à Benghazi :

"USA ou-Akbar !..."


13 septembre 2012 :  Après deux jours de flottement, le lobby innommable ajuste le tir et nous annonce - tenez-vous bien - que "le producteur du film islamophobe est un copte" - vraiment très original... Moi, à leur place, j'aurais dit que c'est un Iranien, un Syrien ou un mec du Hezbollah marié à une Nord-Coréenne ayant séjourné au Venezuela...

Dans un registre plus sérieux, The Independent signale que des documents importants ont disparu pendant l'attaque de Benghazi : adresses de maisons secrètes "sécurisées" utilisées par les services américains, liste de collabos libyens, contrats pétroliers, etc... Les "forces libyennes" chargées de protéger les locaux, elles-mêmes choquées par le film antimusulman, ont laissé agir les assaillants.

US Ambassador's Death : Fruits of US Foreign Policy  par Tony Cartalucci. Pour l'auteur, les Etats-Unis ont récolté ce qu'ils ont semé. L'attaque contre leur "consulat" a été lancée par un de ces groupes terroristes qu'ils soutiennent en Libye, en Syrie et ailleurs. Cependant il n'était pas prévu de tuer Stevens, l'objectif étant seulement d'entretenir un climat de violence contrôlée. Apparemment, le coup a trop bien réussi...  "Les coupables paieront", a promis Obama. Les seuls qui "paieront", en fait, seront des civils innocents, victimes des drones américains.


22 septembre 2012 :  A Benghazi, la guerre est ouverte entre les islamistes et les fédéralistes soufi  par Bernard Lugan.

La tactique du blasphème  par Thierry Meyssan.

Voilà deux opinions apparemment contradictoires. Lugan pense que Stevens a été tué par des islamistes, Meyssan voit les sionistes derrière cette liquidation. L'un n'empêche pas l'autre...

(Deux petites remarques concernant l'article de Thierry Meyssan : 1) on se demande pourquoi les trois snipers des forces spéciales italiennes arrêtés par la police libyenne à Benghazi en février 2011 et libérés par l'OTAN en août 2011, ont été évacués vers Malte sur un vieux rafiot en même temps que Meyssan, au lieu d'être rapatriés en hélicoptère avec les félicitations de leurs employeurs. 2) en février 2011, lorsque se déroulaient ces événements de Benghazi que l'auteur présente comme une évidence connue de tous, on entendait de sa part un tout autre son de cloche. Pour le patron du Réseau Voltaire, les islamistes étaient alors des "révolutionnaires", et Kadhafi le complice d'Israël - voir ici.)



2 octobre 2013 :  Attaque islamiste contre l'ambassade russe de Tripoli. C'est un juste retour de bâton qui vient sanctionner tardivement la lâcheté de Moscou dans l'affaire libyenne (voir page précédente, à partir du 27 février 2011).


3 octobre 2013 :  Un rafiot venant de Libye avec à son bord environ 500 migrants clandestins africains (principalement des Erythréens) fait naufrage près de l'île italienne de Lampedusa. Il n'y a que 150 survivants. Bien que ce genre de trafic humain soit courant depuis 2011 (voir page précédente Deuxième phase de la révolu-sion tunisienne), la caste politico-médiatique n'en a guère parlé ces derniers temps. La nouvelle catastrophe lui permet de relancer la question. Mais cette fois, c'est moins le flux migratoire qui attire l'attention, que le sort des nombreux "réfugiés" africains qu'il faut "adoucir". La riche Europe - pas encore assez appauvrie par la crise - peut bien se le permettre, nous dit-on. C'est le double langage dans toute sa splendeur : d'un côté la "tolérance zéro" vis-à-vis de l'immigration clandestine (surtout la veille d'élections), de l'autre l'ouverture des vannes pour raisons "humanitaires". Bien entendu, la presse alignée "oublie" de mentionner que ce trafic est organisé par des professionnels et qu'il est devenu une véritable industrie. On se garde bien d'ailleurs de dresser un bilan chiffré : en mai 2011, après seulement quatre mois de révolu-sion, 75.000 personnes étaient déjà passées par le "centre de transit" de Lampedusa. Entre-temps, le nombre total de "réfugiés" est certainement de plusieurs centaines de milliers.

Le drame de Lampedusa : une conséquence directe du renversement du colonel Kadhafi  par Bernard Lugan :

"En dépit de tous ses défauts, le 'guide libyen' était devenu un partenaire, pour ne pas dire un allié dans deux combats essentiels :  1) la lutte contre le fondamentalisme islamiste qu'il avait entrepris d'éradiquer en Libye - 2) la lutte contre l'immigration clandestine venue depuis l'Afrique sub-saharienne, la Corne ou les régions du Proche-Orient et transitant par la Libye. Grâce aux bons rapports qu'il entretenait avec le président du Conseil italien Silvio Berlusconi, des accords très concrets avaient été conclus en ce sens et la Libye contrôlait ses côtes. Il est important de faire remarquer à ce sujet que la plupart des points d'embarquement libyens étaient situés en Cyrénaïque et que, ruinées par les interventions de la police, les mafias organisant le commerce des hommes constituèrent, avec les islamistes, le noyau de départ de la rébellion à Derna et à Benghazi. En intervenant pour empêcher les forces du colonel Kadhafi de reprendre la région, l'aviation française, sur ordre du président Sarkozy, a donc rendu un grand service aux marchands d'esclaves. Aujourd'hui, ces derniers ont repris leur lucratif 'commerce'..."

"Le drame de Lampedusa s'explique parce que la Libye est en pleine anarchie. Le pays a éclaté en fiefs tribaux et miliciens. Le 'gouvernement' n'est même pas capable de se faire respecter à Tripoli, la capitale où les milices se combattent au grand jour. Faire la liste des affrontements qui se déroulent dans le pays est impossible tant ils sont nombreux... Jusque là, les islamistes se contentaient de contrôler le sud de la Libye et les régions frontalières du Niger, du Tchad et du Soudan. Voilà qu'ils remontent vers le nord afin de tendre la main à leurs 'frères' qui tiennent une grande partie de la Cyrénaïque, dont les hauteurs du djebel Akdar dans l'arrière-pays de Benghazi. Or, ces islamistes ont pris le contrôle du trafic transsaharien, dont celui des migrants, avec lequel ils se financent."

"L'un des résultats de l'intervention française au Mali fut de forcer les trafiquants à ouvrir de nouvelles routes vers la Méditerranée car les réseaux mafieux transsahariens de l'ouest africain furent coupés. Le principal axe par lequel la cocaïne sud-américaine débarquée en Guinée Bissau était transportée à travers le Mali jusque dans les ports du Maghreb ne pouvant plus être emprunté, les trafiquants ont donc réorienté leurs réseaux vers la Libye où il n'existe plus d'Etat. Désormais, le trafic se fait sur l'axe Nigeria-Niger-Libye. Or, à partir du nord du Nigeria avec Boko Haram, jusqu'à Benghazi et Derna, tout le trafic, dont celui de la drogue et celui des migrants, est désormais contrôlé par les islamistes."  [carte de l'Afrique - carte de la Libye]

"Au lieu de faire savoir aux Européens qui sont les trafiquants qui lancent sur les eaux les pitoyables cargaisons d'êtres humains qui échouent sur les côtes européennes, les médias, largement aidés par l'Eglise* pour laquelle plus le prochain est lointain et plus il semble devoir être aimé, ont au contraire entrepris de culpabiliser les populations qui subissent ces débarquements..."

* Le pape Francois s'est rendu à Lampedusa en juillet 2013.


22 novembre 2013 :  Situation en Libye, ce qu'on nous cache  par Caroline Bright (MondAfrique).

"Que se passe-t-il exactement en Libye ? Hormis quelques brèves dans la presse signalant un assassinat par ci, une attaque par là, c'est le silence radio. Où sont passés les nombreux 'experts' qui inondaient les plateaux télé en 2011, au moment de l'intervention occidentalo-qatarie qui a renversé le colonel Kadhafi ? Le pays est pourtant au bord du gouffre. Et le premier à le reconnaître est le 'Premier ministre', Ali Zeidan, qui brandit la menace d'une intervention militaire étrangère pour rétablir l'ordre."

Plus d'une centaine d'assassinats ciblés, surtout à Benghazi, visant d'anciens membres du régime de Kadhafi qui avaient été parmi les premiers à retourner leur veste ; rumeurs de coup d'Etat ; rôle toujours mystérieux de Saif al-Islam Kadhafi (un des fils du colonel) en principe prisonnier ; affrontements à l'arme lourde, à Tripoli, entre la milice de Misrata et des milices qui lui sont opposées ; scènes d'horreur dans la capitale ; enlèvement du "Premier ministre" ; réorganisation des anciens partisans de Kadhafi sous couvert d'alliances tribales, etc. etc...


19 janvier 2014 :  Insurrection nationaliste en Libye  (Réseau Voltaire) :

"Les forces nationalistes libyennes ont repris le contrôle de plusieurs villes, notamment dans le sud du pays. Plusieurs manifestations anti-OTAN ont été rapportées depuis trois jours. Le drapeau vert flotte à nouveau sur Ajdabiya, Marsa el-Brega, le port de Ras Lanuf, Sabah, Sellouk ou encore Tobruk. Le Congrès national, imposé par l'OTAN - mais souvent composé d'anciens kadhafistes dont certains sont restés secrètement loyaux - a décrété l'état d'urgence dans tout le pays."

Espérons que l'information est vraie...



Carte de la Libye

Carte détaillée de la partie nord-ouest de la Libye

Plan de Tripoli

Le monde arabe

L'Afrique







 MALI 




Janvier 2013 :  Comme on a pu s'en apercevoir dès avril 2012 (voir plus haut), l'agression de 2011 contre la Libye a eu des répercussions sur le Mali, bien que ce pays n'ait pas de frontière commune avec l'ancienne Jamariya et ne fasse pas partie du monde arabe - carte.

La moitié nord du pays, désertique, est très peu peuplée (1,3 million d'habitants, contre 14 millions au sud). Pour simplifier : dans le sud on est noir, dans le nord on a le teint basané - point de départ idéal pour créer des tensions raciales. Beaucoup de "gens du nord" sont des Touaregs (berbères nomades). Qu'ils aient, paraît-il, créé leur propre Etat au printemps 2012, est une vaste plaisanterie. Avant de fonder un Etat, il faut bien entendu se fixer quelque part, prendre racine. Le propre des nomades a toujours été d'ignorer les frontières existantes, et dans la mesure où les Etats ne se sentent pas menacés, ils laissent faire, même quand il s'agit de pays comme l'Algérie "socialiste" ou la Libye de Kadhafi. Par conséquent, il n'est pas difficile d'imaginer qui a "aidé" les Touaregs à "proclamer l'indépendance" de leur Azawad. Depuis la fin des années 1980, les maîtres du monde, quand ils ne fusionnent pas de force les Etats qu'ils veulent soumettre (UE), choisissent de les morceler (URSS, Yougoslavie, Tchécoslovaquie) ou de les rayer de la carte (RDA, Sud-Yémen). En Afrique, ils ont créé artificiellement l'Erythrée et le Soudan du Sud. Et ce n'est qu'un début... Que devient le Darfour ?...

L'islamophobie est un outil de choix dans cette guerre globale. Dans le cas du Mali, cependant, il faut tenir compte du fait que la population de l'ensemble du pays est musulmane à 90 %. L'outil est donc utilisé de manière plus "subtile" : on oppose les musulmans "normaux" aux fanatiques islamistes. On cultive et on encourage l'islamisme radical tout en faisant mine de respecter l'islam. Mais pour le public occidental, à qui s'adresse en premier lieu la propagande, la conclusion s'impose d'elle-même : ce sont tous les musulmans qui sont frappés du sceau d'infamie de l'islamisme. Sur le terrain, et dans les banlieues des villes occidentales, c'est l'opposition "Noirs-Arabes" ou "chrétiens-musulmans" que l'on met en avant. Comme personne ne prend la peine d'entrer dans les détails, la supercherie fonctionne. Et lorsque "les Arabes" commenceront à tuer "les Noirs", ou vice-versa, il sera bien impossible de stopper le processus. Vous voyez bien que tous ces ex-colonisés sont des sauvages. Nous, "les Blancs", nous n'avons qu'un souci : l'humanitaire...

Réponse à la gauche anti-anti-guerre  par Jean Bricmont.

Les fauteurs de guerre soutiennent à la fois les séparatistes (voir plus haut ce qu'en dit Webster Tarpley), les islamistes (c'est-à-dire leur Légion arabe qu'ils nomment selon le cas Al-Qaïda, AQMI, MUJAO ou Ansar Dine) et, bien entendu, le gouvernement du Mali, un pays qu'ils démembrent d'une main tout en défendant son unité de l'autre.

Le fait que la France néo-colonialiste de François Hollande, qui ne se distingue en rien de celle de Sarkozy, soit intervenue seule au Mali le 11 janvier 2013, ne signifie pas que cette intervention n'a pas l'assentiment des supérieurs hiérarchiques du Flanby élyséen. Il est possible que celui-ci ne sache pas au juste ce qu'il fait (c'est même probable), mais il n'est pas nécessaire de tout savoir pour être un bon exécutant. D'ailleurs, plusieurs pays de l'OTAN, y compris les Etats-Unis, assurent le soutien logistique des "opérations" ou apportent leurs "précieux conseils".



"Ansar Dine a bouché le port de Tombouctou !...  Qu'est-ce que je fais ?..."

En France, grâce à l'union sacrée qui s'est formée autour du président, personne ne conteste vraiment cette nouvelle guerre qui a fait plus de cent morts le premier jour. L'armée du l'air hexagonale a retrouvé sa forme "libyenne" de 2011.

Mali : une guerre peut en cacher une autre  par Thierry Meyssan :  "La voie à une déstabilisation de l'Algérie... Après avoir recolonisé la Côte d'Ivoire et la Libye, puis tenté de s'emparer de la Syrie, la France lorgne à nouveau sur le Mali pour prendre l'Algérie à revers... Paris a imaginé un scénario dans lequel la guerre pénètre en Algérie par le Mali..."  [Meyssan part du principe qu'il s'agit d'une stratégie purement française, ce qui est pour le moins exagéré...]

L'implication de l'Algérie dans ce conflit est réelle depuis que des islamistes, qui réclamaient le retrait des forces françaises du Mali, ont effectué une prise d'otages à In Amenas (en Algérie, non loin de la frontière libyenne). Bilan de l'intervention militaire algérienne du 19 janvier pour libérer les otages : 29 terroristes et... 37 otages tués.  Il est encore plus facile à présent de monter l'opinion publique occidentale contre Alger (que l'on accuse depuis plus de 20 ans de fomenter le terrorisme sur son propre territoire, alors que ce fléau, comme partout ailleurs, n'existerait pas sans soutien occidental). Quoi qu'il en soit, la France hésite à intervenir militairement en Algérie 50 ans après sa cuisante défaite dans cette ancienne colonie. Il est vrai que Hollande n'avait que sept ans à l'époque. Mais si Fabius Israélicus, Connard-Henri Lévy et les autres lui disent d'y aller, il ira, c'est certain...

Voir aussi :  Révolu-sion ailleurs dans le monde arabe - Algérie


IL LES AIME TOUTES :

Après ses guerres de Yougoslavie, d'Afghanistan, du Pakistan, d'Irak, d'Ossétie, du Liban, de Gaza,
de Somalie et du Soudan, après sa magnifique guerre juive de Libye et sa foireuse guerre de Syrie,
le plus grand philosophiste de tous les temps savoure goulûment sa guerre du Mali.
Mais il sait que la prochaine (en Iran) sera encore meilleure...


Pourquoi le Mali ?  Pourquoi maintenant ?...

Quelles sont les motivations de cette nouvelle guerre ? Les spéculations vont bon train... Mis à part "l'aspect humanitaire", la "lutte contre le séparatisme" et la "croisade contre le terrorisme", on mentionne çà et là les raisons suivantes : les ressources naturelles du nord, comme le pétrole, l'or ou l'uranium (mais elles sont déjà réservées aux "investisseurs" étrangers et rien ne les menace vraiment, si ce n'est le danger islamiste auto-généré) ; le risque pour la France de voir le Mali lui faire faux bond, sous prétexte que la Chine commerce avec le pays (on invoque aussi le précédent de la coopération du Mali avec la Libye du colonel Kadhafi) ; la mise à l'écart de la Chine, comme le dit Tarpley (pour la Russie, c'est inutile, elle ne s'intéresse pas à l'Afrique et approuve d'ailleurs la guerre française) ; la "recomposition" de la carte de l'Afrique, etc...

A l'exception des trois premières, ces explications ne sont pas fausses. Mais s'il est exact que la cause profonde de toute guerre est avant tout économique, le gain attendu par ceux qui la déclenchent n'est pas nécessairement immédiat. Depuis un certain temps, le camp américano-sioniste a volontiers recours au chaos systématique sans qu'il soit possible de comprendre d'emblée où il veut en venir. Ne connaissant pas les objectifs précis de telle ou telle de ses "opérations", on ne peut que s'interroger. Mais en général, la réponse ne se fait pas attendre trop longtemps. Dans le cas de la Tunisie et de l'Egypte, les motifs de la révolu-sion pouvaient paraître obscurs début 2011 (pourquoi renverser des alliés aussi fidèles que Ben Ali et Moubarak ?) ; deux ans plus tard, on est fixé à ce sujet.

1894 : les Français arrivaient déjà à Tombouctou


Info ou intox ?...

Hollande a peur de ses armées  par Thierry Meyssan :

"Les aventures militaires de Nicolas Sarkozy et François Hollande en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, en Libye, en Syrie et maintenant au Mali sont très vivement discutées au sein des armées françaises. Et l'opposition qu'elles rencontrent est arrivée à un point critique...  François Hollande fuit les militaires...  La crise de confiance a atteint un point tel que le service de sécurité de l'Elysée craint que des militaires n'attentent à la vie du président de la République. Ainsi, le 9 janvier, lors de la présentation des vœux présidentiels aux Armées, sur la base du 12e régiment de cuirassiers d'Orléans, l'Elysée a exigé la neutralisation des armes. Les percuteurs des fusils d'assaut et des mitrailleuses ont été retirés, ainsi que les platines des pistolets. Les munitions ont été confisquées et stockées dans des sacs plombés. Une telle mesure n'avait pas été prise depuis la crise algérienne, il y a une soixantaine [cinquantaine ?] d'années."

En 1961-62, la prudence de l'Elysée était compréhensible. Le général de Gaulle avait échappé à plusieurs attentats ; les partisans de l'Algérie française, très actifs chez les militaires, lui reprochaient sa "trahison".  Mais l'insignifiant Hollande, un demi-siècle plus tard ?... Difficile à croire...  Meyssan explique : "Cette crise ne manquera pas de se développer si le président de la République poursuit dans sa volonté d'étendre les opérations secrètes à l'Algérie. Or, depuis la suspension de la conscription obligatoire et la professionnalisation des armées, de nombreuses recrues sont issues de familles musulmanes originaires d'Algérie. Elles ne manqueront pas de réagir avec émotion à une recolonisation rampante de la patrie de leurs parents..."


Guerre "humanitaire"

Février 2013 : La France cache les "dégâts collatéraux" de ses raids aériens sur le Mali  (Réseau Voltaire).  A Konna, pour deux morts parmi les "rebelles", 14 civils (dont plusieurs enfants) tués sous les bombes françaises.

Ingérence humanitaire ou nouveau Sahelistan ?  Ali El Hadj Tahar (auteur algérien) pose les bonnes questions :

"La crise malienne est-elle en train d'être réglée ou bien va-t-elle perdurer ? Quelles sont ses origines ? Quels sont les acteurs de l'ombre et à qui obéissent les prétendus groupes 'islamistes' et 'séparatistes' qui s'apparentent beaucoup plus à des mercenaires qu'à des rebelles de conviction et de principes, aussi faux et archaïques soient-ils ? Pourquoi l'Azawad est un mensonge, une mystification et surtout une construction coloniale ? Comment a fonctionné le scénario qui a permis à ces mercenaires de s'installer au Mali ? Avec quels moyens et soutiens ? Pourquoi le Mali ne pouvait pas se défendre ? Comment il en a été empêché avant et après un mystérieux coup d'Etat [survenu en mars 2012] ? Dans ce conflit, l'Algérie a-t-elle été à la hauteur pour défendre ses intérêts et sa profondeur stratégique ? Un Sahelistan est-il possible et quels ingrédients lui faut-il ? Lorsque le terrorisme est utilisé comme outil de politique étrangère par des Etats, cela s'appelle guerre par procuration. Cette guerre a aussi été livrée à l'Algérie, sur le sol algérien, à In Amenas... Des réponses et des tentatives d'approche sur une crise face à laquelle l'Algérie ne peut se contenter de fermer ses frontières pour se croire à l'abri..."

"Les desseins impérialistes de l'Occident... [impliquent] une alliance stratégique et fondamentale avec des Etats-valets comme le Qatar, l'Arabie Saoudite et les nouveaux gouvernements issus des 'Printemps arabes' qui s'acharnent déjà à détruire d'autres peuples arabes et à écraser le dernier des raïs digne de ce nom [le président syrien Assad]. Ce partenariat est en action, de manière foudroyante : plusieurs présidents déchus en l'espace d'une année, plusieurs crises nouvelles dans le monde arabe et, pour finir, un Sahelistan qui prend forme dans plusieurs régions, à nos frontières. Jamais le monde musulman n'a vécu des crises aussi graves et destructrices, autant de divisions et de partitions. L'invasion du Nord-Mali et l'attentat d'In Amenas s'inscrivent dans cette logique bien ficelée jusqu'au dernier détail. Notre propos vise à prouver qu'au Mali il ne s'agit pas de terrorisme mais de terrorisme d'Etat, les mercenaires employés pour ce dessein ne sont que des tentacules d'une même pieuvre, qu'ils prétendent agir au nom de l'Islam ou au nom de l'Azawad..."

Ali Tahar sur les "islamistes" : "Il ne s'agit pas de combattants au nom de l'Islam ni même d'un Islam perverti mais de mercenaires sans principes, sans attaches ni programme ni but. Ils ne servent pas leurs intérêts propres mais ceux de l'Occident, de manière consciente et préméditée. Ces mercenaires sont les harkis des temps modernes, et comme les harkis n'ont pas d'idéologie, les terroristes se prétendant de l'Islam n'en ont pas..."

L'auteur aborde aussi l'aspect économique de la question : les réserves pétrolières du Nord et la dette extérieure ("3,19 milliards de dollars en 2012, ce qui est énorme pour un pays qui ne vit que de la vente du coton, d'élevage et d'agriculture... La France détient 25 % de cette dette et le Qatar, 4 %. Les créanciers refusent de passer l'éponge... En 1992, ils ont obligé le Mali à accepter un plan d'ajustement structurel - libéralisation des prix, ouverture du marché, vente des terres agricoles aux Français - qui, au lieu de relancer la croissance, a rendu le pays plus vulnérable et dépendant de l'extérieur, avec un appauvrissement plus grand. 72,8 % des Maliens vivent avec moins d'un dollar par jour... La misère ne fait que grandir mais les créanciers restent de glace..."). La dévaluation du franc CFA de 50 % par rapport au franc français, en 1994, a fait empirer la situation.

Kadhafi a bien aidé le pays*. "Mais lorsqu'il a proposé au Mali et à d'autres Etats de sortir de la zone franc pour préparer la création d'une nouvelle monnaie africaine, de gros problèmes ont commencé pour les Maliens et les Libyens."  On connaît la suite...

* La Libye indépendante a financé de nombreux projets au Mali : construction de plusieurs hôtels (dont l'Hôtel de l'Amitié à Bamako), cité administrative de la capitale, rénovation intégrale de la mosquée de Ségou, édification du centre culturel islamique à Bamako, réhabilitation du canal reliant Tombouctou au fleuve Niger, irrigation et mise en valeur de 100.000 hectares de terres (projet malheureusement abandonné après la chute de Kadhafi), etc... La Societé Nationale des Tabacs et Allumettes du Mali (Sonatam) a été sauvée de la faillite par Kadhafi, qui a aussi subventionné la télévision publique malienne et financé le Festival au Désert (une manifestation culturelle touareg organisée chaque année à Essakane, dans la région de Tombouctou), etc. etc... Jusqu'en 2011, la Libye était le principal investisseur et bailleur de fonds du pays. Une banque libyenne était d'ailleurs présente sur place (Banque commerciale du Sahel - BCS, anciennement Banque Arabe Libyo-Malienne - BALIMA).

Cette alliance avec la Libye, soutenue par l'ancien président du Mali, Amadou Toumani Touré (ATT), explique aussi pourquoi ce dernier a été renversé. Il est clair qu'une grande partie de la population malienne était favorable à Kadhafi. En 2011, quand les bombes de l'OTAN (Organisation terroriste de l'Atlantique Nord) pleuvaient sur la Libye, le site conspira-sioniste SlateAfrique (Slut à fric), dépendant du Groupe Slate dirigé par les "élus" David Plotz et Jacob Weisberg, ironisait sur l'admiration vouée par les Maliens au "Guide" de Tripoli :



...car bien entendu, il n'y avait aucun complot,
les amis de Slate ne complotent jamais.

Ali Tahar : "Les problèmes maliens sont aussi liés au refus du président ATT d'offrir à la France une base militaire au Mali, base destinée à contrecarrer l'influence libyenne, chinoise, russe et américaine* dans sa zone d'influence historique."

* Que Sarkozy, qui était alors président, ait essayé de contrecarrer l'influence américaine, au Mali ou ailleurs, est très improbable.


Enlisement ou ensablement ?

Mars 2013 : Nord-Mali : l'ensablement de la France, une réalité qui se précise

Après une "victoire éclair" sur les marionnettes islamistes de l'Occident, François Hollande (le plus grand chef de guerre que la France ait connu depuis Sarkozy) commence à comprendre que rien n'est gagné. La Légion arabe de la CIA et du Mossad n'a nullement l'intention de cesser ses activités.

Comme l'armée malienne et les contingents de la CEDEAO (Communauté des Etats de l'Afrique Occidentale) ne suffisent pas pour délester l'armée française, Guimauve le Conquérant doit demander à ses alliés de l'OTAN de l'aider. Pour commencer, l'Allemagne va envoyer 300 soldats au Mali. Les Etats-Unis, eux, installent une base militaire au Niger voisin, d'où décolleront les drones qui iront bombarder les "djihadistes" (taux de bavure autorisé : 90 %).

Bref, tout se passe bien. Trois militaires français ont été tués (bilan officiel) et infiniment plus de soldats maliens, tchadiens et autres, sans compter les islamistes et les civils.

Septembre 2013 : malgré les succès officiellement affichés, les "opérations" françaises se poursuivent... et se ressemblent, toujours affublées de ces noms "poétiques" dont raffole l'armée. La dernière en date ("Constrictor") a pour objectif : "au travers du contrôle de l'axe reliant les villes de Gao et de Bourem, de poursuivre l'affaiblissement du potentiel logistique des groupes terroristes". Il n'est plus question de vaincre, mais seulement d'affaiblir (ou d'essayer d'affaiblir) dans un secteur très restreint (carte) ces islamistes que l'on soutient partout ailleurs. Il est vrai qu'il faut être fin stratège pour distinguer les nuances entre bons et mauvais islamistes.

Voir également plus haut Libye 3 octobre 2013 comment Bernard Lugan décrit un des résultats de l'intervention française au Mali.



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