LES VISÉES STRATÉGIQUES DES ÉTATS-UNIS

- Vers un nouvel ordre mondial -



(écrit à partir de 2002)



Objectifs 2000     Mondialisation économique     Américanisation
Structure politique de l'univers mondialisé


Russie, Chine et nationalismes locaux :

La Russie    2011-2012 : tentative de révolu-sion colorée en Russie    Poutine 4.0
Sur une autre page : 2014 - Frapper la Russie par Ukraine interposée
2015 - L'assassinat de Nemtsov    2016 - L'Empire exclut la Russie des J.O. de Rio    2017 - La CIA réactive Navalny

Chine/Tibet    Chine/Xinjiang    Chine/Tienanmen 1989    Hong Kong 2014


L'enjeu pour les USA     Ce que le monde est en train de perdre
Les instruments de domination     L'islamisme    Dr Folamour

La situation après 2008


Nombreux sont ceux qui ont cru, en 1989-90, que la disparition du bloc socialiste - et donc, par défaut, la "victoire" du capitalisme à l'échelle mondiale - signifierait la fin de quatre décennies de tension et le début du désarmement général. C'était faire preuve d'un optimisme excessif. En fait, c'est l'inverse qui s'est produit. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, le spectre du communisme a cédé la place aux abominables dictateurs, aux monstres génocidaires, aux terroristes et autres islamistes, plus dangereux encore que le défunt péril rouge. De là la nécessité de ne pas se découvrir, de renforcer au contraire sa "défense" afin de pouvoir "riposter" de façon adéquate à la nouvelle "menace".

Si l'argent est le nerf de la guerre, la guerre à son tour permet - à certains - de gagner de l'argent, beaucoup d'argent. Avec la guerre du Golfe en 1991 (Gorbatchev n'avait pas encore tout à fait enterré l'URSS), Bush père inaugurait cette ère nouvelle sans trop en comprendre l'impact. Depuis, les théoriciens et les stratèges ne sont pas restés inactifs.


OBJECTIFS 2000 :

La plate-forme de politique étrangère du candidat George Bush fils, publiée en juillet 2000, quelques mois avant les élections présidentielles, donne déjà une idée des ambitions statégiques de la Maison Blanche [par Bush il faut entendre l'ensemble de l'équipe présidentielle - l'individu Bush lui-même, sans ses conseillers, reste l'analphabète politique qu'il a toujours été]. Que prévoit cette plate-forme ?

  • Abattre les régimes des Etats "voyous": Irak, Iran, Afghanistan, Syrie, Libye, Yémen, Soudan, Somalie, Corée du Nord, Cuba.

  • Entreprendre la mise en place d'un bouclier antimissiles (cette mesure dirigée surtout contre la Russie, entraîne la résiliation du traité ABM que Bush qualifie de caduc).

  • Relever le "défi chinois", la Chine devant être considérée comme le principal concurrent stratégique des USA en Asie.

  • Elargir radicalement l'OTAN pour y englober toute l'Europe de l'Est (sans la Russie), le Caucase, l'Asie centrale et le Proche-Orient.

Même sans lire entre les lignes, on s'aperçoit que ce programme est principalement dirigé contre deux adversaires de taille: la Russie et la Chine. Les autres "ennemis" désignés sont en fait secondaires - pièces mineures sur l'échiquier mondial.

Zbigniew Brzezinski, qui fut conseiller du président Jimmy Carter et initiateur de l'aide aux "mudjaheddins" afghans, puis maître à penser de tous les stratèges américains, dit aujourd'hui sans ambages que "l'Occident devrait créer un environnement qui décourage tout effort de la Russie pour remonter le cours géopolitique du temps, et détruise chez elle toute illusion ou nostalgie quant au statut de grande puissance qu'elle avait jadis."

Samuel Huntington, professeur à Harvard et auteur du livre Le Choc des Civilisations, est également un doctrinaire très suivi aux Etats-Unis. Il préconise la refonte de l'ordre mondial à la faveur de "conflits tribaux à l'échelle globale" et d'un "état de guerre prolongé en Eurasie". Il ajoute que "l'émergence de la Chine comme puissance dominante en Asie serait contraire aux intérêts américains" et que "la prochaine guerre mondiale opposera la civilisation judéo-chrétienne à la collusion islamo-confucéenne."

Et enfin Bush lui-même, lisant le texte d'un discours que lui a préparé sa conseillère en politique étrangère, Condoleezza Rice - une élève de Brzezinski et de Huntington - déclare que "les Etats-Unis, tout en utilisant le libre-échange comme arme de la démocratie, devraient encercler la Chine dans une région d'alliances démocratiques fortes." En donnant aux mots démocratie et démocratiques le sens qu'ils ont à la Maison Blanche, le message est tout à fait clair.

L'encerclement des deux grands adversaires principaux a commencé. Les capitaux américains étaient présents depuis quelque temps déjà dans divers pays du Caucase et de l'Asie centrale. Avec la guerre contre l'Afghanistan, les Etats-Unis et leurs alliés immédiats ont franchi l'étape suivante: ils ont maintenant des troupes sur le territoire de l'ex-URSS, en Ouzbékistan, au Tadjikistan, au Kirghizistan, en Géorgie. L'expansion militaire vers d'autres pays ne saurait tarder.


La ligne stratégique suivie par l'administration Bush repose en grande partie sur le manifeste Rebuilding America's Defenses : Strategy, Forces and Resources For a New Century du PNAC (Project for the New American Century), un des think tanks préféré du régime.

Voir aussi notre page Un complot préparé de longue date.



MONDIALISATION ECONOMIQUE :

Il est évident que si les détenteurs du pouvoir aux Etats-Unis se lancent dans de tels calculs stratégiques, ce n'est pas seulement pour le plaisir d'être les plus grands et les plus forts ou pour en tirer une simple satisfaction personnelle. Il y va, bien entendu, de tout autre chose: de la domination économique totale. Le libre-échange que Bush mentionne en passant dans son discours, est en fait le mot-clé de la question.

Il s'agit d'obtenir pour les marchandises, les services et les capitaux américains - et accessoirement pour ceux d'autres nations - la libération de toute contrainte étrangère quelle qu'elle soit. A l'avenir, aucune frontière d'Etat, aucune loi nationale ne doit plus constituer un obstacle à leur libre circulation. Si on ne demande pas encore aux Etats de se saborder, ils doivent néanmoins se plier aux lois "naturelles" du marché et ne plus entraver la libre-entreprise par un protectionnisme d'un autre âge. Ce n'est plus aux gouvernements d'Etats souverains de décider, mais aux conseils d'administration des grands groupes industriels ou financiers.

Le libre-échange, il est vrai, ne joue généralement que dans un sens. Pourquoi en serait-il autrement ? C'est le monde qui a besoin des produits, des services et de l'argent américains, et pas le contraire. D'ailleurs, l'Amérique est déjà inondée de marchandises produites sur commande pour Nike ou Disney dans les sweat shops du tiers-monde. Inutile donc de libéraliser davantage les importations américaines.

Avec l'aide de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, la globalisation à sens unique va bon train: les industries nationales, concurrentes potentielles, sont acculées à la ruine; les services publics privatisés et démantelés; la protection sociale détruite. Partout, dans les pays touchés par ces "réformes", le chômage et la misère atteignent un niveau catastrophique (voir l'Argentine). Et le phénomène ne fait que commencer...

Il va sans dire que la mondialisation économique a aussi un aspect culturel. Rien d'étonnant à cela puisque la culture elle-même est une marchandise qu'il faut définitivement libérer de tout carcan protectionniste ou subventionniste pour la soumettre à la loi du plus fort.

Une règle essentielle des mondialistes est justement de contester à leurs victimes le droit de sauvegarder ou d'aider des secteurs jugés indispensables, alors qu'eux-mêmes font un usage plus qu'abusif de ce droit. La libéralisation est souvent un argument commode des global players pour imposer une situation de monopole, tandis que le pillage des fonds publics à leur profit prend une ampleur inégalée.



AMERICANISATION :

On peut parfois se méprendre sur la vraie nature de la mondialisation et penser qu'elle conduit à un amalgame des diverses cultures et influences nationales. Il n'en est rien: la mondialisation est une américanisation pure et simple.

Dans le domaine économique, les prétendues multinationales ne sont en fait que des conglomérats qui ne peuvent fonctionner de façon optimale que si leur centre de gravité se trouve aux Etats-Unis ou si l'ensemble du groupe s'adapte aux méthodes en usage aux USA. Si l'élément non-américain refuse de se plier à cette loi universelle, il voit son avenir compromis. DaimlerChrysler l'a très vite compris à Détroit, après quelques difficultés initiales. Vivendi-Universal également, malgré des problèmes ultérieurs dus à une tout autre cause. Son ancien patron, un Frenchie modèle dont l'objectif principal était de faire abolir l'exception nationale protégeant encore un peu l'art cinématographique de son pays, a été très conséquent dans l'application du principe de soumission.

Au niveau purement culturel - inséparable de l'économique - la globaméricanisation est plus criante encore. Télévision, films, musique, nourriture, etc.: la déferlante souvent bas de gamme étouffe toujours plus la production nationale   Ce qui attend sans doute la France et l'Europe dans quelques décennies, se voit déjà ailleurs: à Hawaii, par exemple, la culture polynésienne n'existe plus qu'au Cultural Center (prix d'entrée: 40 $); en Louisiane, les gens vous accueillent en disant: "Hi ! I'm a Cajun...", mais ne parlent plus un mot de français. Le folklore touristique réduit à sa plus simple expression remplace les spécificités nationales d'antan. Et tous les matins, les enfants d'Honolulu et de Lafayette récitent en anglais le serment d'allégeance...



STRUCTURE POLITIQUE DE L'UNIVERS MONDIALISÉ :

Le leader incontesté du monde considère comme sa chasse gardée certaines parties de la planète, l'Amérique latine par exemple. Ailleurs, comme il ne peut toujours tout contrôler lui-même dans les moindres détails, il délègue à d'autres (en l'occurrence l'Angleterre, la France ou l'Allemagne) la surveillance de certains territoires - comme le suzerain du Moyen Age s'en remettait à ses vassaux pour l'administration de tel ou tel fief. En ce qui concerne les deux premiers pays, ce terrain d'action englobe en gros leurs anciennes colonies; pour ce qui est de l'Allemagne, dont l'entrée en scène est beaucoup plus récente, il s'agit de l'Europe de l'Est et des Balkans.

Ces trois vassaux immédiats ont en principe les mains libres dans le secteur qui leur est imparti. Mais cela ne signifie pas qu'ils y agissent en toute liberté; leur action ne doit en aucun cas contrecarrer les plans de leur maître d'outre-Atlantique ou nuire à ses intérêts (voir plus bas). Ils s'observent donc les uns les autres et coopèrent aussi souvent que possible en effectuant des actions communes coordonnées avec Washington.

L'unité que les trois pays s'efforcent de réaliser dans le cadre de l'Union Européenne est loin de menacer la suprématie américaine; le monstre à trois têtes est parfaitement inoffensif. Le seul domaine où l'Union parle d'une seule voix - la voix allemande - est celui de l'économie et de la monnaie*, mais ce n'est pas non plus une menace pour le leader. A bien des égards, l'unification en cours est tout à son avantage, car il est plus aisé de dominer une entité confédérale que quinze ou vingt-cinq Etats distincts. L'élargissement à d'autres pays est le bienvenu aux yeux de Washington. Dans le cas de la Turquie, les USA poussent même l'UE à accepter l'intégration de cet allié de l'OTAN, alors que beaucoup de dirigeants européens sont particulièrement réticents.

* La Grande-Bretagne n'a pas adopté l'euro, mais elle s'apprêtait à le faire avant la crise irakienne de 2002-2003. Les divergences - avant tout politiques - entre Londres et Berlin semblent provisoires. [Huit ans plus tard, la situation a changé du tout au tout - plus personne ne veut de l'euro.]

Comme le fait remarquer Brzezinski, le vieux continent, malgré sa puissance économique, "est de facto un protectorat des Etats-Unis. (...) Non seulement l'alliance entre l'Amérique et l'Europe est inégale, mais l'asymétrie de pouvoir entre les deux devrait probablement s'accentuer encore davantage au profit de l'Amérique".

Pour se convaincre de la justesse de cette observation, il suffit de voir avec quel empressement servile, les dirigeants politiques de Londres, Paris et Berlin se précipitent au-devant de leur superpuissance de tutelle pour exaucer ses vœux avant même qu'elle les ait exprimés. Ce n'est pas encore demain qu'ils contesteront son rôle dominant.

Si d'aventure un des vassaux, pour des raisons tactiques, fait mine de s'écarter du droit chemin, il est aussitôt rappelé à l'ordre et sanctionné. C'est ce qui est arrivé en septembre 2002 au chancelier allemand Schröder qui avait osé déclarer, pour gagner des voix sur sa gauche, que son gouvernement ne participerait pas à une guerre contre l'Irak. Pour corser la situation, la ministre allemande de la Justice avait affirmé que Bush voulait la guerre pour détourner l'attention des problèmes intérieurs, tout comme l'avait fait Hitler en son temps. Bien entendu la ministre s'est rétractée et a perdu son poste, et Schröder soutiendra matériellement l'effort de guerre US. En attendant, le squatter de la Maison Blanche, pour punir l'impudent chancelier, a négligé de le féliciter à l'occasion de sa réélection. Le métier de larbin n'est décidément pas de tout repos, même s'il est parfois très lucratif...  Une mésaventure comparable est d'ailleurs arrivée à Chirac à peu près au même moment. La France rechignant elle aussi à approuver la nouvelle guerre contre l'Irak, Washington s'est empressé d'aller piétiner les plates-bandes africaines de l'Elysée, en fomentant une rebellion en Côte-d'Ivoire. Les choses se tasseront peut-être dès que le président français se sera remis au garde-à-vous. Chirac n'est pas de Gaulle et 2003 n'est pas 1966.

Depuis le 11 septembre 2001, on peut constater une certaine évolution au sein de l'Union européenne. Derrière les apparentes divisions et malgré un discours politique tendant à suggérer une volonté d'indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, les "élites" de l'UE sont au contraire unanimes à accepter la primauté de Washington. Celle-ci se manifeste, d'une part, par l'utilisation systématique du levier linguistique : plus l'Europe se renforce et s'élargit, et plus l'anglais a tendance à supplanter les autres langues ; comme le montre le traité constitutionnel, l'Union sera anglophone et, plus encore, elle adoptera le mode de pensée et les usances anglo-saxonnes. De ce point de vue, le véritable "cheval de Troie" américain en Europe n'est pas à Varsovie ou à Prague, mais à Londres.

D'autre part, l'UE se livre pieds et poings liés à l'OTAN, qui est elle-même dominée par les Etats-Unis. Elle accepte en outre sans broncher de jouer le rôle que lui imposent les maîtres actuels de l'Amérique dans le cadre de leur nouvelle mythologie. La Seconde Guerre mondiale revisitée par leurs soins est réduite au seul Holocauste juif, auquel les GIs américains - seuls eux aussi - ont mis fin en 1944-45. Soixante ans plus tard, tous les Européens, à l'exception de quelques "Justes", se retrouvent dans le camp des "coupables" et doivent, de ce fait, faire amende honorable - voir le honteux mea culpa de Chirac qui confond la République française avec "l'Etat français" du traître Pétain. On occulte ainsi à la fois la résistance européenne, le rôle majeur de l'Union soviétique dans la libération du continent, les dizaines de millions de non-Juifs assassinés par les nazis, la sinistre collusion des dirigeants sionistes avec le fascisme (détails) et les racines pro-hitlériennes du clan Bush. "Auschwitz est devenu le mot-clé de l'hégémonie idéologique des USA en Europe", résume la journaliste américaine Diana Johnstone. Puisque les Européens ont "prouvé" qu'on ne peut pas leur faire confiance, il est "évident" qu'il faut les avoir à l'œil. Quand ils tirent un peu trop sur leur laisse, on les rappelle à l'ordre en criant : "Antisémitisme !"  Cela fonctionne toujours...


Mais le monde est vaste et, outre le Royaume-Uni. la France et l'Allemagne, d'autres puissances régionales existent déjà çà et là, qui revendiquent elles aussi leurs zones d'influence. Par exemple la Turquie, dans le Caucase et en Asie centrale; bientôt le Japon, en Extrême-Orient et en Asie du Sud-Est; et dans une moindre mesure, l'Inde et le Nigéria. Ces puissances de troisième rang ne mettent pas en cause l'essentiel des structures existantes. Les éventuelles modifications qu'elles souhaitent sont accessoires. L'Australie, inféodée à la fois au Royaume-Uni et aux USA, est chargée pour sa part de faire la police dans son secteur : interventions à Timor, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Iles Salomon, à Nauru, à Tonga...

Dans l'organigramme du pouvoir mondial, enfin, un Etat joue un rôle assez particulier : c'est Israël, à sa création "chien de garde spécialement affecté aux pays arabes", pour reprendre une expression utilisée par le journal israélien Ha'aretz. En fait (voir un peu plus haut), les relations israélo-américaines sont devenues si ambiguës, surtout depuis que le tandem Bush-Sharon est sur le devant de la scène, qu'on peut se demander qui est le chien de l'autre. La puissance et l'emprise du lobby sioniste aux USA est telle que c'est pratiquement Israël qui impose ses volontés aux Etats-Unis et non plus l'inverse. Les guerres américaines au Moyen-Orient, depuis 2001, sont des guerres israéliennes menées par procuration, créant ainsi une situation absolument unique, sans précédent dans l'histoire.  (Voir nos pages sur le conflit palestino-israélien.)


Les Etats-Unis à l'heure israélienne
(vu à Chicago)

Le monde de l'après-guerre froide se précise donc peu à peu dans ses contours futurs. Au niveau politique comme au niveau économique, les Etats-nations tendent à perdre de leur importance au profit des empires, eux-mêmes plus ou moins confédérés en un Empire unique. Les éléments encore incontrôlés ou incontrôlables sont d'une part les pièces de résistance russe et chinoise, et d'autre part l'inconnue islamiste qui n'est, elle, liée à aucun Etat en particulier.

Les "voyous" secondaires mentionnés plus haut ne constituent pas un obstacle réel pour le système dans son ensemble. Ils maintiennent la machine en mouvement et permettent de monter de temps à autre un spectacle médiatique qui relève plus de l'entraînement que de la compétition. Si Washington voulait se "débarrasser" de Cuba, il lui suffirait de lever l'embargo, et le déferlement des investisseurs ferait le reste - avec ou sans Fidel Castro - comme au Viêt-Nam. D'autres pays comme la Libye, l'Irak, la Syrie ou même l'Iran* ne demandent pas mieux, en 2002, que de redevenir les partenaires, sinon les alliés de l'Amérique. Mais ce genre d'ennemis est nécessaire pour maintenir la pression à un certain niveau. S'ils n'existaient pas, il faudrait les inventer.

* Trois ans plus tard, la Libye a capitulé sans conditions ; l'Irak, envahi, résiste ; la Syrie et l'Iran attendent une agression militaire qui peut survenir à tout moment.






LA RUSSIE, LA CHINE ET LES NATIONALISMES LOCAUX :

Si L'Etat national recule au profit de l'Empire global, cela ne signifie nullement que les nationalismes eux-mêmes soient dépassés, loin de là. Encouragés à bon escient, ils constituent l'arme idéale pour déstabiliser l'adversaire politique dont on veut venir à bout. Ainsi par exemple, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, on a vu les plus farouches partisans du supranationalisme en Europe occidentale se lancer dans le démembrement à outrance d'un Etat multinational comme la Yougoslavie. Fédération forcenée d'un côté; atomisation géographique non moins forcenée, de l'autre.


LA RUSSIE

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Egalement sur une autre page : La chute de l'URSS - Porte ouverte à tous nos ennuis actuels   -   Les dirigeants russes depuis 1917


La Russie, résultat de la sécession plus ou moins artificielle des autres républiques de l'URSS, n'a pas encore atteint la taille optimale souhaitée par ses ennemis ; elle en est même très loin. Comprenant à l'intérieur de ses frontières plus de vingt régions autonomes, elle offre un terrain de prédilection à la subversion séparatiste. Après la Tchétchénie et le Daghestan, des douzaines de "nations" dont personne n'a jamais entendu parler, n'attendent qu'une occasion pour proclamer leur "souveraineté". Alors, vive le patriotisme ossète, bachkir, bouriate, kabarde, kalmouk, tchouvache, yakoute, etc...

Même si le 11 septembre semble avoir conduit à un rapprochement russo-américain et à une mise en sourdine des reproches habituellement adressés à la Russie pour sa politique tchéchène, l'accalmie n'est que provisoire. Poutine, en contrepartie du "silence" américain, se montre docile, approuve la nouvelle guerre contre l'Afghanistan, ferme ses bases militaires au Viêt-Nam et à Cuba et avale la couleuvre de l'abrogation du traité ABM. En 2003, comme Chirac et Schröder, il tolère et permet l'agression contre l'Irak, tout en la désapprouvant du bout des lèvres.  La question est cependant de savoir ce qui se passera lorsque les exigences de la stratégie américaine nécessiteront de la part du gouvernement russe des concessions plus douloureuses.

Dans les efforts entrepris pour démanteler la Russie conformément aux exigences de la nouvelle stratégie américaine, l'arme de la sécession nationaliste n'est pas la seule utilisée.

La Russie, contrairement aux autres pays ex-socialistes d'Europe, dispose de richesses naturelles considérables, et ses dirigeants sont conscients du fait que la maîtrise - même relative - de ces ressources est une clé de la sauvegarde de l'intégrité nationale. Le grand capital étranger, lui, fait tout pour se les approprier. Mais à l'inverse des pays de taille plus modeste, totalement livrés après 1990 à la voracité des prédateurs ("investisseurs") occidentaux, la Russie est une proie coriace.

Dès l'arrivée au pouvoir de Boris Eltsine, en 1991, la grande braderie de la privatisation* dans les secteurs les plus importants a vu l'émergence en un temps record d'une oligarchie parasitaire et criminelle liée pour une part à l'ancienne nomenklatura, et pour une autre aux grands groupes occidentaux. Les tenants de la première ont su empêcher une "ouverture" totale conforme aux principes de la mondialisation voulue par les seconds.

* La population russe, à 80 % victime des "réformes" capitalistes, parle de prikhvatisatsia (прихватизация), un jeu de mots évoquant la prédation, le pillage. Le fait que de petits employés ou fonctionnaires gagnant moins de 200 dollars par mois aient pu amasser en dix ans des fortunes de plusieurs milliards, montre à quel point l'expression est vraie.

L'élection de Poutine au Kremlin, en 2000, a exacerbé les contradictions entre ces deux groupes. Sorti renforcé des élections législatives de 2003 et réélu en 2004, le président russe est plus que jamais décidé à jouer la carte nationale contre les partisans d'un abandon total de la souveraineté.

Depuis la liquidation de l'URSS, le lobby sioniste américano-israélien est particulièrement actif dans le processus de "restructuration" économique et politique en Russie. D'une part, parce que la paupérisation systématique de la société alimente l'émigration vers Israël ; d'autre part, parce qu'une Russie exsangue, morcelée et "guérie" de ses ambitions passées - une seconde Ukraine en quelque sorte - constitue un des objectifs finaux de ces "globalisateurs". En 2003-2004, sur huit milliardaires russes, sept sont des Juifs sionistes, détenteurs de passeports israéliens (Khodorkovski*, Berezovski**, Gouzinski***, Abramovitch, Friedman, Smolenski, Tchernoï). Deux d'entre eux ont dû s'exiler pour échapper à la justice, un troisième est en prison (prison dorée) pour fraude fiscale. Mais si leur avance a été stoppée, leur influence n'a pas disparu pour autant.

* Fin 2004, l'entreprise pétrolière Youkos, dont Khodorkovski était l'actionnaire principal, est récupérée par l'Etat russe en remboursement d'une partie des dettes fiscales (7 milliards d'euros sur 21). A la suite de quoi, les complices de l'escroc intentent une action en justice devant un tribunal... américain (sans doute en vertu du principe que la loi texane est applicable dans le monde entier).
Avant son arrestation, le prédateur Khodorkovski était le fer de lance de la cinquième colonne israélo-américaine en Russie, en tant que co-dirigeant, avec Henry Kissinger et Lord Jacob Rothschild, de la fondation Russie ouverte. Objectif de la fondation : la "démocratisation" de la Russie, c'est-à-dire son démantèlement conformément à la doctrine de Zbigniew Brzezinski.

** Cet autre prédateur a été chef des services de "sécurité" russes sous Eltsine.

*** Le gangster Gouzinski a été chef du Congrès juif de Russie.


The Oligarchs - dans cet article, le journaliste israélien Uri Avnery se fait l'écho d'un reportage diffusé par la télévision de son pays : comment la mafia israélienne a pillé et détruit l'économie soviétique, comment elle a amassé des centaines de milliards de dollars en acquérant - grâce à Boris Eltsine - des industries entières pour le centième ou le millième de leur valeur. Escroquerie, corruption, meurtre - en comparaison, les parrains de la pègre sicilienne font figure d'enfants de chœur.

La tenacité de Vladimir Poutine lui vaut bien entendu les reproches habituels de la part du monde occidental : antisémitisme, chauvinisme national, mépris des droits de l'homme. Pour ce qui est de l'antisémitisme, le journal juif new-yorkais Forward est cependant d'un tout autre avis. Il semblerait que, dans la phase actuelle, les milieux sionistes aient besoin de la Russie. Conscients de leur isolement mondial, ils mettent - dans ce cas précis - de l'eau dans leur vin et se gardent bien d'attaquer de face un adversaire qui n'est pas encore totalement affaibli et désarmé.

Faute de dominer la presse russe comme il domine la presse occidentale, le lobby sioniste doit se contenter d'agir de l'extérieur et attendre le moment propice avant de lancer ses campagnes déplorant "les déficits démocratiques" ou "l'autocratie latente" en Russie. Le conflit tchétchène* lui donne assez régulièrement l'occasion de porter ses coups de griffe, souvent de manière indirecte. En septembre 2004, après le massacre de Beslan, les donneurs de leçons font monter au créneau Colin Powell et George Bush, deux hommes parfaitement qualifiés, on le sait, pour faire la morale à Vladimir Poutine.

* Comme le rappelle Uri Avnery (voir un peu plus haut), le milliardaire russo-israélien Berezovski s'est vanté d'avoir provoqué la guerre en Tchétchénie. C'est sans doute exagéré, mais néanmoins révélateur.

Dogs & Foxes : un article du journaliste juif israélien Israël Shamir à propos de la destruction de l'URSS et du rôle éminent joué dans ce processus par le lobby sioniste (ou de l'utilisation du prétendu "danger antisémite" comme arme stratégique). L'auteur a vécu en URSS avant d'émigrer en Israël.

Fin 2004, les maîtres du monde se sentent "menacés" par une ébauche de rapprochement entre la Russie et d'anciennes républiques soviétiques (Biélorussie, Ukraine, Kazakhstan). Pour étouffer dans l'œuf toute tentative de réunification, on reprend le scénario utilisé avec succès en Serbie et en Géorgie. Sous prétexte de "fraude électorale" (un argument assez cocasse, venant des fraudeurs de Washington), la CIA organise un putsch "démocratique" à Kiev. Comme à Belgrade, comme à Tbilissi, une "opposition" payée et manipulée par les Etats-Unis et ses satellites européens agit 24 heures sur 24, en direct sur tous les écrans de télévision. Ce n'est pas que le gouvernement ukrainien soit antiaméricain (au contraire, il est fort docile et participe même à l'agression contre l'Irak). Le problème, c'est qu'il n'est pas antirusse. Lorsque l'Ukraine sera "tombée", on s'occupera des "dictatures" biélorusses et kazakhes ; la campagne est lancée.

En janvier 2006, la chaîne de télévision Arte passe (ou repasse) un très intéressant documentaire sur les oligarques russes, mais "oublie" de mentionner qu'ils sont aussi juifs, sionistes et israéliens - comme si la chose n'avait strictement aucune importance.

Egalement en 2006, Zbigniew Brzezinski (voir plus haut) précise sa stratégie pour un démembrement de la Russie : Le Vrai Choix.

Décembre 2006 - deux articles pour comprendre l'agitation qui entoure l'affaire Litvinenko :
Qui veut la peau de Vladimir Rabbit ? par Israël Shamir
Neocons Use Litvinenko Murder To Stop Putin Nationalism - un article du Guardian.
C'est le prédateur sioniste israélien Berezovski qui anime la campagne russophobe.

Août 2008 : après que la Géorgie ait sauvagement agressé l'Ossétie du Sud (territoire de facto indépendant depuis 15 ans), Moscou se rebiffe. C'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Au cours de ces dernières années, l'escalade militaire occidentale contre la Russie s'est accentuée : surarmement de la Géorgie, installation de missiles nucléaires en Pologne (soi-disant pour défendre l'Europe contre la "menace" iranienne et nord-coréenne), mesures en vue d'étendre l'OTAN jusqu'aux frontières de la Russie, propagande antirusse de plus en plus virulente.  La réaction de Moscou au coup de force géorgien est-elle le signe d'une volonté réelle de tenir tête au camp américain ?  L'avenir le dira. (Depuis le printemps 2008, c'est le duo Poutine-Medvedev qui gouverne la Russie. L'ancien président, à présent premier ministre, semble avoir choisi pour nouveau "maître du Kremlin" un homme qui partage ses idées.)



Condoleezza Rice :
"La Russie devient de plus en plus menaçante."
(Source : DeesIllustration.com)


Juillet 2010 : la position internationale de la Russie a fortement régressé ; les "hommes forts" de Moscou ne sont que de pitoyables femmelettes. En deux ans, pour plaire aux maîtres du monde, la Russie a cédé sur de nombreux "fronts" mais n'a rien obtenu en échange, bien au contraire, chaque concession entraînant de nouvelles revendications, chaque couleuvre avalée en faisant surgir de nouvelles.

Poutine-Medvedev ont signé le nouveau traité START sur la réduction des armes stratégiques - une signature qui ne leur apporte aucun avantage. En effet, les réductions intervenues au cours des vingt dernières années ont été nettement plus fortes en Russie qu'aux USA (les Russes n'ont plus qu'un tiers des armes qu'ils avaient, les Américains en ont conservé la moitié). Et pourtant, on va continuer de réduire "de la même façon de part et d'autre".

Les Etats-Unis ont "accepté d'annuler" leurs plans unilatéraux de stationnement de missiles en Pologne/Tchéquie, pour les faire renaître aussitôt sous une autre forme en Roumanie/Bulgarie. L'encerclement de la Russie continue, même si les Occidentaux ont dû provisoirement renoncer à leur ancienne marionnette ukrainienne. La Géorgie a été réarmée par les Américains, les Israéliens y ont rétabli leurs bases en vue d'une future attaque contre l'Iran. En Transnistrie, la partie de la Moldavie "indépendante" majoritairement habitée par une population russe, Moscou consent à remplacer ses troupes par des forces mixtes russo-européennes (une "solution" de type "pied dans la porte" qui a montré ses dangers en Ossétie).

Moscou participe de plus en plus à l'effort de guerre américain en Afghanistan, autorisant l'utilisation de son espace aérien pour le transport de soldats et de matériel. Sachant que 4.500 survols sont permis chaque année (12 par jour, soit un toutes les deux heures, jour et nuit), il ne s'agit plus d'un transit mais d'un véritable pont aérien sans lequel l'agression américaine deviendrait impossible. Et pourtant, les Occidentaux demandent à la Russie de s'engager davantage en fournissant des hélicoptères au "gouvernement" de Kaboul.

Au Conseil de Sécurité de l'ONU, la Russie a voté les "sanctions" américaines contre l'Iran, rapprochant ainsi l'heure de l'agression (probablement nucléaire) contre ce pays. Un marché dejà ancien mais sans cesse remis, portant sur la livraison à la République islamique de missiles défensifs russes S-300, a été annulé définitivement, causant à la Russie - dans un premier temps - un préjudice financier d'un milliard de dollars et un préjudice politique infiniment plus élevé encore.

Pour couronner le tout, à peine Medvedev a-t-il terminé sa visite d'Etat auprès de son "nouvel allié" américain, que ce dernier le discrédite en faisant éclater une affaire de soi-disant espions russes qui menaceraient la sécurité des Etats-Unis. Pour ne pas paraître mauvais joueur, le duo burlesque de Moscou encaisse le coup en silence.

Il est évident que l'influence sioniste que Poutine avait essayé de contenir dix ans plus tôt, est plus forte que jamais en Russie. On remarquera d'ailleurs que les méthodes utilisées par Washington pour paralyser et humilier le gouvernement russe sont absolument identiques à celles de Tel Aviv - ce qui est tout à fait logique puisque ces deux centres politiques sont dominés par les mêmes gens.

Poutine-Medvedev acceptent tacitement tout ce que l'axe américano-sioniste leur demande d'accepter, que ce soit le terrorisme "islamiste" téléguidé dans les provinces russes du Caucase, le détournement d'un cargo russe par le Mossad au large des côtes suédoises ou la complicité passive dans les auto-attentats américains du 11 septembre. Si les dirigeants russes avaient le courage de contrer le lobby innommable dans des affaires aussi importantes, la vérité éclaterait au grand jour, y compris et surtout en Occident - on imagine les conséquences... Au lieu de cela, ils se soumettent un peu plus chaque jour.

28 juillet 2010 : Quelle place pour la Russie au Proche-Orient ? par Thierry Meyssan. Dans cet article, l'auteur pense que la paralysie russe actuelle sur la scène internationale (en particulier au Moyen-Orient) est due au "conflit qui fait rage entre le Président et le Premier ministre". Il est fort possible que Medvedev, qui aime faire état de ses origines juives, soit plus "réceptif" que Poutine aux "arguments" du lobby sioniste.

6 septembre 2010 : Russie et Israël signent un accord de coopération militaire. "L'expérience israélienne revêt pour nous une importance toute particulière", déclare le ministre russe de la Défense. Son homologue israélien annonce : "Israël est prêt à partager avec la Russie son expérience militaire dans le domaine de la lutte contre les terroristes, notamment dans celui de l'utilisation de drones."

Autrement dit, la Russie remise au pas va s'inspirer des méthodes que les terroristes de Tel Aviv utilisent à Gaza et au Liban, pour combattre d'autres terroristes que les Etats-Unisraël et leurs complices saoudiens infiltrent dans le nord du Caucase. (Trois jours plus tard, un attentat fait 17 morts à Vladikavkaz. Le Mossad est plié en deux devant l'étendue de la connerie russe. Vivement la prochaine guerre d'Ossétie.)

Deux articles du Réseau Voltaire qui expliquent la dérive politique russe :
18.9.2010 - Medvedev va créer son groupe à la Douma
28.9.2010 - Medvedev commence la purge des poutiniens

Octobre 2010 - Petit à petit, cédant à la pression américano-sioniste, la Russie de Medvedev retourne en Afghanistan. Après l'aide "passive" (transport de matériel de guerre à travers son territoire), Moscou intervient activement dans la "lutte antidrogue" sur le terrain : Russia and the United States destroyed four drug laboratories in their first joint anti-drug operation in Afghanistan (une opération particulièrement hypocrite, puisque la production et le trafic d'héroïne avaient pratiquement disparu avant l'invasion américaine). Il est également question de former des militaires afghans et de fournir des hélicoptères : La Russie intervient pour aider l'OTAN en Afghanistan.

[En avril 2012, après la réélection de Poutine à la présidence (voir plus bas), on apprend que la Russie permet à l'OTAN d'établir une base sur son territoire, à Oulianovsk sur la Volga. Ce geste du "nouveau" président est plus que symbolique, car Oulianovsk est la ville natale de Lénine. Tentant de minimiser l'effet de cette énième capitulation face à l'Occident, Moscou prétend qu'il ne s'agit pas d'une base militaire mais d'un "centre de transit".]


9 MAI 2011 - EN DIRECT DE MOSCOU :

Blingblingski Parad à l'occasion du 66ème anniversaire de la Victoire



Poutine : "Quand je serai grand, j'aurai autant de décorations que nos vétérans."
Medvedev : "Et moi, autant de Rolex que Sarkozy..."

Franchement : avec ces deux types au pouvoir, l'URSS aurait-elle gagné la guerre en 1945 ?...




Le démembrement de l'Union soviétique


2011-2012 : TENTATIVE DE RÉVOLU-SION COLORÉE EN RUSSIE

Aux élections législatives de décembre 2011, le parti de Poutine (Russie unie) enregistre un net recul mais conserve néanmoins la majorité des sièges au Parlement. C'est le moment choisi par les maîtres du monde pour déclencher leur tentative de revolu-sion colorée, sur le modèle utilisé précédemment dans la plupart des pays de l'ex-URSS (depuis 1990) et en Serbie (2000) ou, plus récemment, en Iran (2009) et dans le monde arabe, en particulier en Syrie (2011).

Comme il se doit, les champions de l'électro-nique électorale américaine (la dernière élection "propre", aux USA, remonte à 1996) accusent la Russie de "fraude". La "preuve" : le parti de Poutine a reculé mais reste au pouvoir.  (S'il avait amélioré son score, on y aurait également vu une "preuve" - quoi qu'il fasse ou ne fasse pas, Poutine est toujours coupable aux yeux des américano-sionistes et de leurs "alliès"...)  Naturellement, la stratégie et les détails de l'opération subversive ont été fixés bien avant les élections. Les cellules dormantes baptisées "ONG", notamment Golos, sont en place en Russie depuis longtemps.

Golos mise à nu : "Parmi les ONG visées figure 'Golos' à laquelle la chaîne russe NTV a consacré un documentaire. 'Golos' est financée par le NED américain et l'UE mais l'entraînement et le recrutement de ses membres se fait au travers des services suédois. On retrouve même parml les 'recruteurs' des anciens agents de renseignement suédois qui opéraient en URSS à la fin des années 1970..."

Le mot golos (la voix) est d'ailleurs la racine que l'on trouve dans glasnost (le fait de s'exprimer à haute voix). Ce n'est certainement pas par hasard que les organisateurs de la subversion ont choisi ce mot, un des préférés de leur chouchou Gorbatchev. Inutile de dire que le liquidateur de l'URSS, malgré ses 80 ans, soutient à fond le mouvement, espérant sans doute que son nom sera également associé à la liquidation de la Russie. Pas sûr que son vœu soit exaucé...

La Russie contre l'Ordre hollywoodien : "Comme un mauvais scenario de série B, le script diplomatique du camp atlantiste enchaîne les poncifs, les déclarations-types, les formules figées et usées à seule fin de déstabiliser l'Etat russe... Quelques personnalités internationales ont réclamé une révision de l'élection ou, mieux, comme Gorbatchev, dont le seul nom provoque en Russie un crachat de mépris, en ont ordonné l'annulation..."

Les merdias occidentaux encore pris en campagne de désinformation (vidéo) ou comment la chaîne Fox News (prononcez : Fausses News) du sioniste Rupert Merdoch fait croire à ses téléspectateurs que la guérilla urbaine d'Athènes a lieu dans les rues de Moscou.

Western Media Lies - Cet article de Tony Cartalucci contient une liste d'opposants professionnels financés par le NED (National Endowment for Democracy ou Fondation Nationale pour la Démocratie - sic) : Vladimir Ryjkov et Boris Nemtsov (Parti de la liberté du peuple - sic), Alexeï Navalny (DA ou Alternative démocratique - sic), Maria Gaïdar (Groupe d'Helsinki), Ilya Yachine (Stratégie 31), Vladimir Kara-Murza (Solidarnost) et tous les pantins de Golos.

Pour étoffer un peu le mouvement, ces "activistes" sont membres de toutes les organisations à la fois, ce qui n'est pas difficile, vu qu'il s'agit d'entités plus ou moins virtuelles. On a bien essayé d'imposer aux personnes qui travaillent pour le compte de pays étrangers de se faire enregistrer, mais sans succès, surtout quand la chose risque de passer pour "antisémite" - voir Jewish Dissidents Target Putin. Néanmoins, le Premier ministre russe a "proposé de durcir les peines frappant les agents d'influence qui s'ingèrent dans la politique russe" (deux semaines de prison au lieu d'une ?...)

Poutine et Medvedev sont soumis à des pressions constantes de la part de l'Empire. Ils pensent pouvoir y échapper en cédant sur tel ou tel point. Mais plus ils font de concessions, et plus on leur demande d'en faire. Au cours de l'année 2011, les dirigeants russes ont dû avaler la couleuvre des missiles balistiques de l'OTAN stationnés à leurs frontières, puis l'expansion atlantiste en Méditerranée, et enfin la subversion politique dans leur propre pays. Ils ont cru lâcher du lest en aidant toujours plus les USA à mener leur sale guerre en Afghanistan, en abandonnant la Libye à son sort (abstention au Conseil de Sécurité) et en annulant les contrats de livraison d'armes à l'Iran. Mais ce n'est pas assez : les Etats-Unis et leur maître israélien veulent à présent "régler le problème syrien" et attendent de Moscou une nouvelle abstention à l'ONU (en échange de laquelle on leur a peut-être promis de stopper l'agitation moscovite téléguidée depuis Washington).

Quoi qu'il en soit, les révolu-sionistes ont déjà un candidat pour "battre Poutine" à la présidentielle de mars 2012 : le milliardaire américano-russe Mikhaïl Prokhorov. Cet oligarque s'est enrichi sous Boris Eltsine en "reprenant" pour une bouchée de pain de vastes secteurs de l'industrie russe du nickel, du palladium et de l'or. Avec une petite partie des sommes volées au peuple russe, il s'est offert, aux USA, l'équipe professionnelle de basketball (NBA) des New Jersey Nets qui appartenait à un autre Juif (Bruce Ratner).

On ignore si Prokhorov dispose déjà d'un passeport israélien, mais si ce n'était pas le cas, il l'obtiendrait en quelques minutes, car il remplit tout à fait les conditions : sa mère (Tamara Prokhorov) est juive, sa grand-mère maternelle (Anna Belkina) l'était aussi.

(Déjà en 2007, l'Empire avait tenté de placer au Kremlin une autre de ses marionnettes : l'ancien champion du monde d'échecs Garry Kasparov, juif lui aussi. Mais cette tentative n'avait pas abouti, Kasparov ayant très vite compris qu'on allait le mettre mat en trois coups.)


Le 4 mars 2012, Vladimir Poutine remporte l'élection présidentielle dès le premier tour avec 64 % des voix, devant le communiste Ziouganov (17 %), le milliardaire judéo-américain Prokhorov (8 %) et le nationaliste Jirinovski (6 %). Taux de participation : 65 %.

Etant donné que les résultats ne correspondent pas à ce que l'on avait rêvé de Washington à Tel Aviv, l'élection est aussitôt déclarée "frauduleuse". Aussitôt, c'est une façon de parler, car les kremlinologues du Nouvel ordre mondial le savaient déjà deux jours avant, battant ainsi le record de juin 2009 (élections iraniennes - le candidat de l'opposition avait alors annoncé sa "victoire" dès l'ouverture des bureaux de vote, tout autre résultat étant forcément "frauduleux").

Il est assez drôle de voir les défenseurs de la démocrasserie occidentale s'agiter à propos de la Russie. Inutile de préciser qu'ils ont remobilisé leurs troupes. Affaire à suivre...

Apocalypse reportée  par Israël Shamir.

"L'apocalypse annoncée n'a donc pas été au rendez-vous. L'élection présidentielle en Russie a suivi son cours, Poutine a été élu normalement, et à la grande surprise de l'opposition, des foules de millions de gens ne se sont pas matérialisées pour demander le lynchage du tyran. A peine quelque 15.000 protestataires se sont rassemblés dans le centre, à Moscou, et ils se sont dispersés tranquillement au bout de deux heures. Un noyau dur d'une centaine de militants avait pris la résolution de 'rester jusqu'à ce que Poutine s'en aille', dans la fontaine gelée de la ville. La police les a chassés, fichés et relâchés. Quel flop !..."

"Masha Gressen, porte-parole inspirée des Blancs, revenue de New York où elle résidait, se décrivant elle-même comme 'juive lesbienne et ennemie jurée du régime de Poutine', blogueuse pour le New York Times, 'extrêmement influente' d'après Newsweek, et qui venait juste de sortir avec Riverhead un livre prophétisant la chute imminente de Poutine, avait annoncé (ou tenté de mobiliser) 200.000 Russes en colère qui allaient faire écrouler les murs du Kremlin et laver la rue dans le sang le 5 mars. Il est rare qu'un pronostic soit aussi profondément démenti par les faits..."

"Ils ont été dessaoulés par le vote. Il y avait environ 400.000 observateurs de tous bords montant la garde auprès des urnes ; il y avait des caméras surveillant le moindre recoin près des stands où auraient pu se produire des fraudes. Les observateurs relativement larges d'esprit avaient eu une occasion de voir que lors d'élections transparentes, les gens votaient vraiment pour Poutine. Pas de façon écrasante (64 % n'est pas un score digne de la Corée du Nord), mais de façon convaincante..."

"Seuls quelques irréductibles ont continué à hurler à la fraude... Il y en eu un ou deux pour déclarer leur intention d'émigrer en Israël..."



« Poutine avec nous !!! »    -    « Une armée forte ! »

Le talon d'Achille du nouveau président, qui vient de retrouver le poste qu'il occupait déjà entre 2000 et 2008, reste bien sûr la Syrie. Dans le fol espoir que l'Occident lui lâche un peu les baskets, Poutine risque de lâcher beaucoup les Syriens. D'ores et déjà, tout le monde le lui demande. Comme l'a dit, en France, l'homme du peuple Dominique Marie François René de Galouzeau de Villepin, ancien ministre et ancien simili-pacifiste : "Nous devons saisir l'arrivée de Poutine au Kremlin pour envoyer un émissaire et lui dire clairement que les choses ne peuvent pas continuer comme aujourd'hui en Syrie..."  DMFRdGdV réclame la mise en place d'une "force d'intervention humanitaire" et "des frappes ciblées à la fois sur les institutions civiles et militaires syriennes".  Il est candidat à la présidentielle française du 22 avril et espère devenir l'homologue de Poutine. S'il obtient plus de 1,5 % (dernier sondage), ce sera un signe évident de fraude. [En fait, il n'a même pas obtenu ses 500 signatures ; sa candidature est tombée à l'eau.]

Agitation

Début mai 2012, tentative atlantico-sioniste de la dernière chance : avant l'investiture du président russe, le repris de justice et milliardaire juif Boris Berezovski offre 50 millions de roubles (1,25 million d'euros) à quiconque arrêtera Vladimir Poutine durant sa prestation de serment - détails.  "Berezovski vit en exil à Londres d'où il finance toutes sortes d'actions terroristes dans son propre pays [la Russie, pas Israël]. Avec l'appui de Londres et Washington, il entend traduire Vladimir Poutine devant une juridiction internationale."  Cette démarche de l'oligarque explique sans doute l'agitation qui a accompagné l'entrée en fonctions de Poutine. (On imagine ce qui se serait passé en France si un milliardaire proche du président sortant - et sorti - Nicolas Sarkozy, avait ainsi "mis à prix" la tête de François Hollande...)

Russian Opposition Caught Filing into US Embassy in Moscow  par Tony Cartalucci (article et vidéo). Des agents américains de "l'opposition" russe se font pincer alors qu'ils défilent à l'ambassade US de Moscou pour y tenir des conciliabules, c'est-à-dire recevoir de nouvelles instructions et de l'argent. Officiellement, c'était pour féliciter le nouvel ambassadeur (qui est aussi patron de l'antenne locale de la CIA).

Les quatre agents pris en flagrant délit : Yevgeniya Chirikova (de Statégie 31, financée par le NED) ; Liliya Chibanova (de Golos, financée par le NED) ; Boris Nemtsov (déjà mentionné plus haut) ; Lev Ponomariov (Groupe d'Helsinki, financé par le NED). La scène a été filmée en janvier 2012. Il était donc probablement question de mettre au point la feuille de route de "l'opposition" et de préparer, six semaines avant l'élection présidentielle, les manifestations contre la "fraude électorale de Poutine".

Sans soutien politique, financier et médiatique de l'étranger, les groupuscules subversifs n'existeraient pas. La seule véritable opposition russe, que les médias occidentaux "confondent" volontiers avec les agitateurs du NED, se limiterait aux communistes et aux nationalistes.

Août 2012 - Pussy Riot :  Mégères non apprivoisées  par Israël Shamir :

"Mais de quoi s'agit-il ?  Ce n'est pas un groupe rock ou punk. Un journaliste anglais s'en étonnait : elles n'ont jamais produit un air, une chanson, un graffiti, rien, nada de nada, nothing at all. Alors comment peut-on les qualifier d'artistes ?  Question délicate pour leurs supporteurs, mais ils s'en tirent élégamment : c'est le Département d'Etat US, réputé pour son amour de l'art, qui a payé pour leur premier et unique single, fabriqué par The Guardian à partir de quelques images et bruitages..."

"Elles s'en allèrent voler un poulet congelé dans un supermarché et s'en servirent comme d'un godemiché ; elles avaient filmé le tout, l'ont baptisé art et l'ont mis sur le net... A part ça, une orgie dans un musée, et une bite érigée, crûment exaltée, voilà leurs chefs-d'œuvre. Mais même dans ces exploits douteux, leur rôle était surtout technique : la gloire en est revenue à l'artiste israélo-russe Plucer-Sarno, qui a revendiqué l'idée, la réalisation et le copyright, et illico décroché un prix important en Russie..."

"Alors elles ont essayé de se raccrocher aux wagons de la politique. A nouveau, un flop. Elles ont déversé un torrent d'obscénités sur Poutine, sur la Place Rouge, dans les stations de métro, partout, pour rien. Personne ne les a arrêtées, elles n'ont pas eu une amende, elles ont juste été chassées pour nuisance. Et elles ne sont pas arrivées à attirer l'attention des foules..."

"Et voilà que les jeunes viragos ont été embrigadées pour un raid sur l'Eglise. A ce moment-là, elles auraient fait n'importe quoi pour un peu de publicité. Et la campagne contre l'Eglise a commencé il y a quelques mois, aussi soudainement que si c'était une opération sur commande..."

Là, après deux tentatives infructueuses, elles ont fini par écoper de deux ans de prison pour incitation à la haine (hooliganisme assorti de haine religieuse)...  Shamir : "Une peine de deux ans est tout à fait dans les normes européennes en vigueur. Pour des discours bien plus tièdes incitant à la haine des juifs, les pays européens condamnent habituellement les contrevenants à des peines de deux à cinq années de prison, pour les primo-délinquants..."

Co-animateurs juifs des "happenings" anti-Poutine et anti-Eglise des "chattes rebelles" : Igor Eidmann ("a appelé à exterminer la vermine religieuse")*, Marat Gelman ("collectionneur d'art russo-juif, a trempé dans d'autres performances artistiques contre l'Eglise"), Viktor Shenderovich ("autre militant russo-juif hostile à Poutine et supporteur d'Israël").

* Les popes, pas les rabbins.

Question à 100.000 shekels : pourquoi les Pussy Riot ne sont-elles pas allées "performer" dans une synagogue ?  Avec du poulet surgelé casher, ça passe encore mieux, Sarah Silverman vous le dira - bien qu'elle privilégie le pied de porc...

Février 2014 à Sotchi - Médaille d'or pour les Cosaques : Les Pussy Riot adorent se faire fouetter (article et vidéo)


POUTINE 4.0

Au printemps 2012, Poutine est donc de nouveau au Kremlin après deux premiers mandats présidentiels (de 2000 à 2008) et un séjour à la tête du gouvernement (de 2008 à 2012). Ne pouvant se présenter plus de deux fois consécutives, il avait accepté, avant de revenir à son poste favori, que Medvedev le remplace le temps d'une législature. Si tout va bien, Poutine sera réélu en 2018 (la durée du mandat présidentiel est passée entre-temps de quatre à six ans). Il pourra ensuite, entre 2024 et 2030, rejouer au Premier ministre en attendant de retourner au Kremlin de 2030 à 2042. Ayant alors 90 ans, il prendra sa retraite.

Si certains pensaient que le retour de 2012, après avoir surmonté l'hostilité occidentale (voir plus haut), allait apporter une politique nouvelle, musclée et souverainiste, défiant l'Empire mondialiste sur tous les fronts, on s'aperçoit quelques mois plus tard que tout cela relevait du pur fantasme et que Poutine reste ce qu'il a toujours été : musclé face aux plus faibles, mou et conciliant face aux plus forts ; impitoyable envers les uns, soumis envers les autres. Poutine, qui a passé de nombreuses années en Allemagne (officier du KGB à Dresde), sait que les Allemands appellent cela le Radfahrerprinzip (nach oben buckeln, nach unten treten), que l'on pourrait traduire par : le principe du coureur cycliste - en haut, l'échine courbée ; en bas, de toutes ses forces avec les pieds (treten signifiant à la fois pédaler et donner des coups de pied, piétiner).

Ce n'est certainement pas face aux maîtres du monde que le président va résister. Eux et tous leurs lobbies (à commencer par l'innommable) ne cessent de faire pression sur lui pour qu'il lâche du lest sur les "dossiers" importants, laissant entendre qu'ils pourraient eux-mêmes, éventuellement, céder sur tel ou tel point qui chiffonne Poutine. Par exemple le "bouclier antimissiles"... à condition, bien sûr, que la Russie soutienne la "communauté internationale" sur la Syrie et l'Iran. L'affaire libyenne, où Poutine a permis la guerre de l'OTAN, et l'affaire afghane, où il assure le transit des armes occidentales via la Russie, ça ne compte plus puisque c'est déjà acquis...

Poutine espère que les choses n'iront pas trop vite et que les Occidentaux le laisseront en paix jusqu'à la fin de son mandat... de ses mandats. En attendant, il facilite (à petits pas) la guerre occidentale contre la Syrie. En Iran, il recule depuis déjà pas mal de temps, freine la construction des centrales nucléaires, annule les contrats de livraison d'armes défensives, s'associe aux sanctions économiques occidentales... En juin 2012, Poutine dit "niet" à l'Iran lorsque ce pays demande à passer du statut d'observateur à l'OCS (Organisation de Coopération de Shanghaï regroupant la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan) à celui de membre à part entière, ce qui renforcerait sa position. Se cachant derrière le Conseil de "Sécurité" des Nations Unies, le président russe décrète que l'Iran ne peut bénéficier de son "upgrade" aussi longtemps que le pays sera soumis aux sanctions onusiennes - lesquelles sanctions n'auraient pas lieu d'être si Poutine avait eu le courage d'user de son veto pour les empêcher.

Finalement, bien avant 2042, Poutine aura cédé sur tout ; l'OTAN n'aura cédé sur rien et pourra passer au plat de résistance russe (sans résistance russe).


FIN JUIN 2012 À TEL AVIV :

Poutine et son ministre des Affaires étrangères Lavrov
en compagnie des criminels sionistes Lieberman et Peres



Poutine et Nétanyahou de l'Etat voyou



"C'est bon de se requinquer en pays ami..."



Excellent pour le Shoah business,
cette maison de tolérance...

(voir également ici)

Et si quelqu'un croyait que la Russie de Poutine ferait au moins preuve de souveraineté à l'intérieur de ses frontières, celui-là risque de déchanter en apprenant que le président, toujours en juin 2012, annonce qu'il ne promulguera aucune loi russe sur les manifestations publiques qui ne soit conforme aux "normes européennes" de Bruxelles. Les "manifestations publiques" ne sont probalement qu'un début. Il faut s'attendre à ce que Moscou reprenne d'ici peu à son compte quelques autres "principes" de l'UE, y compris les plus aberrants.

Juillet 2012 : la Douma (Parlement russe) adopte à la quasi-unanimité (troix voix contre et une abstention) une loi qui fait obligation aux "ONG" financées par l'étranger de se faire enregistrer comme telles. Le texte est calqué sur une loi américaine : le Foreign Agents Registration Act (FARA) de 1938, toujours en vigueur en 2012 et touchant 1.700 personnes ou associations de plus de 100 pays (à l'exception d'Israël, évidemment, faut quand même pas être antisémite).

Que fait Poutine une fois le texte adopté ?... A peine la Commissaire européenne aux Affaires intérieures s'est-elle immiscée dans cette affaire extérieure à l'UE en déclarant qu'elle était "préoccupée", que le président russe (exécutif) prend la place du législatif et annonce que "la loi en question ne s'appliquera ni aux organisations religieuses, ni aux corporations ou sociétés d'Etat, ni aux associations à but non lucratif créées par ces dernières".  Vive la séparation des pouvoirs, vive l'indépendance de la Russie...  Non seulement ces nouveaux critères fixés par le président-législateur couvrent toutes les "ONG révolutionnaires-colorées" existantes (voir plus haut) ; ils permettront aussi à quelques autres agents étrangers (de Scientologie, Moon, etc.) de venir s'installer en Russie - dans la mesure où ils n'y sont pas déjà.

Juin 2013 : la Douma adopte une loi interdisant la propagande homosexuelle auprès des mineurs - détails. Poutine va-t-il une fois de plus outrepasser ses compétences pour faire plaisir à la "communauté internationale" ?...


Sur d'autres pages :
■  2014 - Frapper la Russie par Ukraine interposée  (Ukraine - Crimée - Donbass)
■  Septembre 2015 - Poutine "aide" la Syrie  (comme il "aide" le Donbass)


L'ASSASSINAT DE NEMTSOV

Le 27 février 2015, à Moscou, l'agent occidental Boris Nemtsov (NEDsov pour ses patrons américains - voir plus haut 2011 et 2012) est abattu de plusieurs balles dans le dos. Aussitôt, les inspirateurs/organisateurs de l'attentat accusent Poutine de ce crime : ils en ont la preuve irréfutable. Le président russe, lui, condamne l'attentat.

A qui profite le crime ?

Pour dissiper nos derniers doutes : "l'opposition russe" utilise le slogan Je suis Boris directement inspiré du Je suis Charlie du 7 janvier. Mêmes auteurs, mêmes mots d'ordre...

Ces derniers temps, Nemtsov avait animé, en Russie, des manifestations de soutien à la junte ukrainienne - manifestations autorisées mais parfaitement marginales. Mort, il est beaucoup plus utile à ses maîtres qui s'efforcent depuis plus d'un an de créer un fort sentiment antirusse en Occident. Tout cela est bien sûr une conséquence directe de la lâcheté poutinienne dans l'affaire du Donbass. En permettant que les fascistes de Kiev assassinent 25.000 civils (sans compter les 10.000 combattants séparatistes), la chiffe molle du Kremlin a ouvert les vannes. Nemstov n'est qu'une goutte d'eau dans le tsunami qui se prépare.


JUILLET 2016 : L'EMPIRE EXCLUT LA RUSSIE DES J.O. DE RIO

Washington politise de nouveau les Jeux olympiques  par Paul Craig Roberts :

"Washington et son vassal canadien tentent d'utiliser un scandale de dopage sportif russe créé par les médias occidentaux pour interdire aux Russes de participer aux Jeux olympiques au Brésil. Washington et le Canada font pression sur d'autres pays pour les inciter à participer à la vendetta de Washington contre la Russie... Nous pourrions conclure que Washington veut l'hégémonie dans le sport exactement comme il le fait dans les affaires étrangères, et qu'il veut que les athlètes russes dégagent de son chemin pour que les Américains puissent gagner davantage de médailles. Mais ce serait passer à côté de l'aspect essentiel de la campagne de Washington contre la Russie. Le scandale du dopage fait partie de l'effort en cours pour isoler Moscou et construire une opposition à Poutine en Russie même."

"Il y a une minorité connue comme les intégrationnistes atlantistes au sein du gouvernement russe et dans le secteur des affaires, qui croit qu'il est plus important pour la Russie d'être intégrée à l'Occident que d'être souveraine. Cette minorité de Russes veut troquer l'indépendance de la Russie contre l'acceptation occidentale. Fondamentalement, ce sont des traîtres que Poutine tolère. Avec l'interdiction de la participation de la Russie aux Jeux olympiques, Washington tente de renforcer cette opposition à Poutine. Maintenant, l'opposition peut dire : L'intransigeance de Poutine a mis la Russie à l'écart des Jeux olympiques. Poutine a isolé la Russie. Nous devons coopérer avec l'Occident - un euphémisme pour céder - ou devenir parias... Washington continuera à diaboliser la Russie jusqu'à ce qu'une guerre soit provoquée ou jusqu'à ce que le gouvernement russe capitule et accepte une vassalité partielle, trahissant soit Assad soit la Crimée" [ou les deux à la fois... plus le Donbass de toute façon...]

"La Russie et la Chine devraient peut-être organiser des Jeux olympiques indépendants et quitter les Jeux occidentaux... La compétition montrerait sur qui les pays d'Amérique latine et d'Afrique s'alignent. S'ils sont libres de choisir, il est peu probable que les Africains et les Latino-américains rejoignent les jeux de l'homme blanc occidental raciste..."

"Nous devons nous demander quand viendra le moment où la Russie et la Chine cesseront de rester assises là à encaisser des affronts et des provocations sans fin, au nom de la paix. Lorsque ce moment arrivera, s'il arrive, l'Occident cessera d'être l'arbitre des affaires humaines."


MARS 2017 : LA CIA RÉACTIVE NAVALNY

Comme en 2011-2012 (voir plus haut) le NED américain, cette annexe de la CIA, organise à Moscou et dans d'autres villes des rassemblements "de masse" de "l'opposition", avec la participation active des merdias occidentaux, CNN en tête. Cette fois, c'est l'agent Alexeï Navalny qui mène la danse... et se fait arrêter par les flics du méchant Poutine.  Comme il n'y a pas d'élection avant un an, on se demande pourquoi l'ambassade américaine mobilise ses créatures maintenant. C'est pour mieux lutter contre la corruption, mon enfant...

Avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, on espérait que la détente s'instaurerait entre les USA et la Russie. Malheureusement, il n'en est rien. L'Etat profond de Washington domine toujours la situation, à la fois aux Etats-Unis et à l'extérieur. Non seulement la CIA n'obéit pas à la nouvelle administration, mais elle intrigue contre elle. L'agence de Langley a pour rôle de préparer la destitution du nouveau président. Pour cela il lui faut "prouver" que Trump est "à la solde de Moscou". En activant l'agitation "oppositionnelle" en Russie, elle oblige l'homme "fort" de la Maison Blanche à se démarquer toujours plus de Poutine, voire à le condamner ouvertement, alors qu'il y a à peine trois mois, il voulait s'entendre avec lui pour changer le monde. Si Trump refuse de se laisser embarquer sur cette galère russophobe, il devient automatiquement un "traître". Pas sûr qu'il en ait vraiment envie...

Un autre objectif, à moyen terme, est d'empêcher la tenue du Mondial 2018 de football en Russie. Le boycott des J.O. d'hiver de Sotchi en 2014 n'avait pas été couronné de succès, l'expulsion de l'équipe russe des J.O. d'été de Rio en 2016 avait fonctionné en partie seulement (exclusion de l'équipe "régulière" d'athlétisme et de tous les participants aux Jeux paralympiques).

12 avril 2017 : on apprend que Navalny avait promis de verser 10.000 € à chaque "opposant" qui se ferait arrêter par la police - détails.  Ceux qui l'ont cru en sont pour leurs frais. Certains d'entre eux protestent :


« Tu as promis, tu as menti ! »
« Où sont nos 10.000 € ? »
« C'est pour quand les 10.000 € ? »


Si la CIA-NED veut tenir les promesses de son agent, elle devra débourser environ 7.600.000 dollars à ses quelque 700 intermittents "malchanceux". Et si elle le fait, elle devra recommencer à chaque nouvelle manif. Au secours $✡R✡$, il nous faut une rallonge, the show must go on...


Voir également :  Les dirigeants russes depuis 1917  -  La chute de l'URSS



LA CHINE

Le Xinjiang    Tienanmen


La Chine présente un visage ethnique plus homogène que son voisin russe; elle est en ce sens moins sujette aux tentatives de déstabilisation régionale. Sa population de 1,4 milliard d'habitants comprend plus de 90 % de Chinois (Han). Les efforts des ennemis de Pékin se concentrent donc principalement sur le Tibet (Xizang) et le Turkestan oriental (Xinjiang).

La campagne visant le TIBET prend parfois des allures surréalistes, misant sur l'ignorance et la naïveté du public occidental. A en croire les chantres de l'indépendance tibétaine, ce pays, libre jusqu'alors, aurait été envahi par les communistes chinois en 1959. Et pourtant, il suffit de consulter une carte ancienne - comme par exemple celle-ci, qui date de 1892 - pour constater que le Tibet était déjà partie intégrante de la Chine il y a plus de cent ans.


Source: University of Texas, Austin

En fait, le Tibet se trouve dans le giron chinois depuis le 17ème siècle (dynastie Qing) - une époque où ni la Corse, ni Nice, ni la Savoie ne font encore partie de la France. Bien entendu, compte tenu de la topographie du terrain et de l'état des communications, l'influence des souverains chinois (mandchous) sur la vie quotidienne à Lhassa est assez limitée. En 1912, profitant de la chute de la monarchie à Pékin (révolution de Sun Yat-Sen), les Anglais proclament "l'indépendance" du Tibet, qui n'existera en fait que sur le papier et ne sera jamais reconnue par personne. (Si la couronne britannique avait été, en 1912, pour l'indépendance des peuples d'Asie, elle aurait pu commencer par évacuer les Indes, ce qu'elle ne fera, contrainte et forcée, que 35 ans plus tard. En réalité, l'impérialisme anglais cherchait à s'étendre vers le nord, à un moment où les Chinois avaient d'autre priorités politiques.)

En 1949, l'aristocratie et le clergé monastique écrasent le Tibet. 60 % des habitants sont des paysans pauvres soumis au servage, voire à l'esclavage. Il n'y a pas la moindre école dans le pays. Les lois ne valent que pour les classes privilégiées; les paysans sont assujettis à la "justice directe" de leurs seigneurs. La situation est pire encore que celle qui prévalait en France sous l'Ancien Régime.

Après la victoire de la révolution communiste de Mao Tsé-Toung (1949), les rapports sociaux au Tibet ne subissent pas encore de modification notable. Alors que toute la Chine vit des bouleversements considérables, le régime féodal tibétain parvient à se maintenir tel qu'il a toujours été depuis des siècles. Les choses changent dans vers le milieu des années 1950. Pékin abolit alors le système parasitaire et chasse le dalaï-lama, parasite numéro un que l'obscurantisme religieux présente comme un homme-dieu.  Quarante ans plus tard, ce même dalaï-lama, à qui ses protecteurs occidentaux ont fait attribuer le Prix Nobel de la Paix, vient nous parler de démocratie et de droits de l'homme à propos du Tibet médiéval. C'est à mourir de rire ...

Quelques précisions à propos du Tibet - une opinion contradictoire.

Les activités subversives visant à faire éclater la Chine sont financées par les Etats-Unis. Comme le rappelle le politologue américain Michael Parenti, une partie des fonds alloués aux séparatistes tibétains passe par le National Endowment for "Democracy" (NED), dont les liens avec la CIA sont connus (le NED finance également Reporters sans frontières - RSF*). Mais le plus gros des sommes consacrées à la guerre froide antichinoise provient de donateurs privés. Le milliardaire juif sioniste George Soros, par exemple, s'engage beaucoup pour la "liberté" du Tibet (mais pas pour la liberté de la Palestine, ni des autres pays occupés par ses amis). Dans son article, Parenti donne quelques détails sur la situation sociale au Tibet avant l'intervention des communistes : le Moyen-Age en plein 20ème siècle. Un texte très intéressant, même si l'auteur semble croire, lui aussi, que la présence chinoise à Lhassa date de 1950 - les ravages de la campagne "pro-Tibet" n'épargnent personne.

En 2008, les organisateurs de cette campagne mettent les bouchées doubles et espèrent obtenir un boycott international des Jeux Olympiques de Pékin (comme pour Moscou en 1980). En mars, tandis que de violentes émeutes éclatent à Lhassa, la presse et les télévisions occidentales rivalisent d'hystérie antichinoise, n'hésitant pas à illustrer leurs diatribes contre la "répression communiste" par des images tournées... au Népal ou en Inde.

Comme par hasard, la nouvelle campagne coïncide avec le cinquième anniversaire de l'invasion US en Irak et permet de masquer la réalité dans ce pays, où le génocide américain (un de plus) a déjà coûté la vie à plus d'un million de civils. Elle survient aussi moins de trois semaines après que l'armée israélienne ait massacré, à Gaza, 120 Palestiniens en cinq jours, dont de nombreux enfants. Curieusement, personne ne parle de boycotter les deux principaux Etats voyous de la planète, ni d'exclure leurs équipes des Jeux 2008.


* A Olympie, le 24 mars 2008, pendant la cérémonie d'allumage de la flamme olympique,
un "manifestant" payé par RSF (organisation "française" à la solde des services secrets américains),
interrompt l'allocution du responsable olympique chinois (avec la complicité des autorités grecques).



Bien entendu, le Special Agent Ménard de CIA Sans Frontières
est présent sur les lieux.

Des "manifestations" analogues ont lieu sur le passage de la flamme,
dans tous les pays où Ménard et ses commandos ont les mains libres.

Pour Sa Saleté le dalaï-lama, Bush est le champion de la démocratie et de la liberté.

Mars 2008 - des témoignages qui contredisent la version propagée par les médias clonés : Que s'est-il vraiment passé à Lhassa ?

La CIA : C'est nous qui avons préparé l'insurrection de 1959 au Tibet  -  Et celle de 2008 ?...


Jean-Luc Mélenchon sur le Tibet (avril 2008) :


Le journaliste américain Webster Tarpley pense que l'idéologue Zbigniew Brzezinski (voir plus haut) est au centre de l'agitation tibétaine. "Big Zbig" estime que la politique extérieure américaine est beaucoup trop fixée sur le Moyen-Orient, d'où elle ne tire rien de bon. A son avis, les pays dont il faudrait s'occuper en priorité sont la Russie et la Chine. Et pour ce qui est de cette dernière, l'occasion est propice en 2008. Brzezinski a son candidat pour l'élection présidentielle de novembre 2008 : Barack Obama, une marionnette qu'il a lui-même formée.

Le Falun Gong, arme de la CIA contre le "Grand dragon rouge"  par Thierry Meyssan.

Les J.O. comme vecteur de liberté

Soûl comme un Texan - George W. Bush aux J.O. de Pékin.

Deux poids, deux mesures : tandis que les médias ne cessent de nous parler du Tibet chinois, il n'est jamais question du Ladakh indien, une région bouddhiste pourtant assez comparable, comme le fait remarquer le journaliste israélien (antisioniste) Israël Shamir dans cet article. Le jour où l'Inde manifestera elle aussi son indépendance, les Etats-Unis et leurs alliés n'hésiteront pas à créer de toutes pièces un mouvement séparatiste ladakh. (Voir notre page sur le Cachemire)


Dans la région du XINJIANG (aussi appelée Sin-Kiang), où vivent les Ouigours, le séparatisme se développe sous couvert de l'islam. Les méthodes utilisées sont les mêmes qu'en Russie ou dans les républiques d'Asie centrale : soutien idéologique, financier, logistique et militaire de la part des Etats et mouvements islamistes étrangers, coordination plus ou moins occulte avec les services secrets US ; le modèle afghan des années 1970 a fait ses preuves. Des attentats meurtriers ont eu lieu dans le Xinjiang dans les années 1990, mais n'ont guère attiré l'attention internationale.

En août 2008, à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin, les attentats reprennent. Les armes fournies aux terroristes transitent par la Kirghizie.

Juillet 2009 : de violentes émeutes antichinoises, téléguidées depuis l'étranger, éclatent à Urumqi, la capitale de la province. Il y a plus de 150 morts. C'est le "World Uyghur Congress", une organisation terroriste basée à Munich et financée par la NED (une dépendance de la CIA), qui coordonne l'action sur le terrain.

Xinjiang et Tibet : du pareil au même  par Jean-Paul Desimpelaere (sur le site de Michel Collon).




Tout comme la Russie, la Chine espère tirer des avantages de son soutien à la "coalition antiterroriste" mise en place par la Maison Blanche, mais il y a fort à parier que la pause ne sera là aussi que de courte durée. Le gouvernement de Pékin veut à tout prix éviter une évolution "à la russe" qui lui coûterait ses provinces limitrophes. Après le Tibet et le Xinjiang, ce serait infailliblement le tour de la Mongolie intérieure, de la Mandchourie et d'autres régions.

Bien entendu, il y aurait beaucoup à dire sur le nouveau rôle économique de la Chine. Depuis que ses dirigeants ont opté pour le rétablissement du capitalisme, ils sont d'autant plus décriés qu'ils appliquent à fond les règles du marché et de la libre entreprise. Tandis que les industriels européens et américains jouent la carte de la délocalisation et investissent en Chine pour accroître leurs profits, la caste politique occidentale déplore que "la Chine inonde l'Occident de ses produits". Il y a là une certaine schizophrénie, voulue en haut lieu car elle fait partie de la stratégie globale. On joue le jeu de l'adversaire tout en le dénigrant.

Comme Poutine en Russie, les dirigeants chinois s'attachent à sauvegarder l'indépendance de leur pays et à conserver le contrôle de ses ressources naturelles. Pékin utilise habilement à son profit les avantages offerts par la mondialisation tout en refusant de s'exposer à ses effets les plus nocifs. La réussite de cette stratégie économique fait de la Chine un adversaire particulièrement sérieux pour la superpuissance américaine.

[ En août 2006, dans une interview à la BBC, l'ambassadeur chinois auprès des Nations Unies à Genève, Sha Zukang, réagit aux critiques américaines qui reprochent à son pays une croissance excessive des dépenses d'armement : "Les Etats-Unis sont responsables à eux seuls de la moitié des dépenses militaires de l'ensemble du monde, alors que la population chinoise est quatre ou cinq fois plus nombreuse que celle des USA. Alors, qu'ils ne viennent pas blâmer la Chine... Les Américains feraient mieux de se taire et de rester tranquilles. Ce serait beaucoup mieux..."  Et l'ambassadeur chinois ajoute, en élevant la voix : "Les USA, en tant qu'Etat souverain peuvent faire ce que bon leur semble, mais qu'ils ne viennent surtout pas nous dire ce qui est bon pour la Chine. Merci..."

Si tous les diplomates et hommes politiques étrangers avaient le courage d'affronter sur ce ton l'arrogance américaine, le monde ne s'en porterait pas plus mal - au contraire. Mais ils sont malheureusement trop nombreux à confondre diplomatie et servilité, surtout quand les donneurs de leçons piétinent eux-mêmes sans retenue les règles de la diplomatie et de la politesse. ]


La Chine, Obama et les sionistes : le nouveau président américain se livre à un double jeu qui dépasse en hypocrisie ce qu'on avait vu sous Bush. D'un côté, les USA sollicitent à tout bout de champ l'aide de Pékin (à propos de l'Iran, de la Corée du Nord, de la "guerre au terrorisme", des excédents commerciaux, etc.). De l'autre, ils ne cessent de se comporter en donneurs de leçons (Tibet, droits de l'homme, Internet, etc.). En février 2010, la Maison Blanche fait savoir qu'elle va livrer à Taïwan pour six milliards de dollars d'armes sophistiquées (comme en pleine guerre froide). C'est une attaque directe contre Pékin, puisque la Chine considère que l'île de Taïwan, détachée de son territoire en 1949, lui appartient de droit (comme c'était le cas pour Hong Kong et Macao). Pourtant, le gouvernement chinois réagit mollement à la provocation américaine - alors que la seule réplique adéquate, dans les circonstances du moment, aurait été d'annoncer la fourniture d'armes chinoises à l'Iran.

Voyant que Pékin encaisse, Obama passe à la provocation suivante : il déclare qu'il recevra à Washington Sa Saleté le dalaï-lama - entre ces deux marionnettes de l'Empire, titulaires l'une et l'autre d'un prix Nobel bidon, l'entente devrait être très cordiale...  Autre mesure dirigée contre Pékin : prétendant que des sites web américains (Google et autres) auraient été l'objet d'attaques chinoises, Washington brandit la menace d'une "cyber-guerre" contre la Chine. C'est une chose que les Etats voyous de l'axe américano-israélien maîtrisent à la perfection - voir l'Iran.

En juin 2010, Pékin accepte d'ailleurs de voter, au Conseil de Sécurité de New York, des sanctions contre l'Iran qui devraient permettre de "légaliser" la prochaine guerre contre ce pays. Pourtant à l'abri des pressions quotidiennes que subit la Russie de la part de sa cinquième colonne sioniste, la Chine cède on ne sait trop pourquoi*. Et pourtant, Pékin a d'excellentes relations commerciales avec Téhéran. De toute évidence, les dirigeants chinois jouent à fond la carte de le "neutralité", c'est-à-dire de l'indifférence politique. Tant qu'on ne les attaque pas directement à propos du Tibet, du Xinjiang ou de Taïwan, ils font comme si de rien n'était et obéissent à ce qu'ils perçoivent comme la loi du plus fort. En attendant de devenir eux-mêmes les plus forts, ils se fichent éperdument de ce qui se passe en dehors de leurs frontières et ne manifestent jamais le moindre signe de solidarité vis-vis des autres victimes de l'ostracisme occidental. Cette conduite aberrante finira tôt ou tard par leur jouer un mauvais tour. Rira bien qui rira le dernier, pourrait-on dire - si tout cela n'était pas à pleurer.

* Deux éléments de réponse :

1) octobre 2010 - Les sionistes enseignent l'holocaustologie aux Chinois. Pour l'instant, c'est le milliardaire juif Adelson (propriétaire de casinos à Las Vegas et à MACAO) qui finance les cours d'intoxication. Plus tard, quand les Chinois auront été "sensibilisés" à la "souffrance juive", on pourra les faire casquer. Après tout, chacun sait que Pékin n'a rien fait pour empêcher l'Holocauste®.

2) janvier 2011 - La Chine fascinée par le Talmud et le 'génie juif' par Arié Lévy - ou comment plumer les goyim aux yeux bridés.


L'article suivant nous rappelle que le phénomène de l'interférence des "élites" juives dans la politique chinoise n'est pas nouveau :  Hong Kong and the Sassoon Opium Wars  (par Peter Myers et Israël Shamir)  ou comment David Ben Sassoon (1792-1864) amassa une gigantesque fortune en poussant les Anglais à mener pour lui deux guerres coloniales contre la Chine dans le but de légaliser le commerce de l'opium dont il avait le monopole.

Aujourd'hui, contrairement au 19ème siècle, la Chine est en mesure de se défendre efficacement face à une agression miltaire directe. L'objectif des sionistes est donc de l'affaiblir et de la prendre par la ruse - une stratégie qui semble assez bien leur réussir...


Octobre 2010 : un an après l'attribution du Prix Nobel de la "Paix" au criminel de guerre Obama, c'est un "dissident" chinois (manipulé par les services américains) qui reçoit cette "récompense". C'est maintenant une tradition bien établie : Le Prix Nobel de la Paix au service de l'impérialisme.


LA CHINE ET TIENANMEN

Quand on ne sait plus quoi reprocher à la Chine, on lui lance à la tête le "massacre de la Place Tienanmen" (Pékin 1989). En juin 2009, à l'occasion du 20ème anniversaire, la campagne bat son plein.

Que s'est-il passé au juste ?...  A l'époque, comme dans tous les pays socialistes, un mouvement "pour la liberté et les droits de l'homme" se manifeste dans la capitale chinoise. Des étudiants (ou supposés tels) investissent la grande esplanade centrale de la "Paix céleste", où ils campent jour et nuit des semaines durant - au grand dam du régime. "Après plusieurs tentatives de négociation, le gouvernement chinois proclame l'état de siège le 20 mai 1989, et fait intervenir l'armée le 4 juin" (Wikipédia). Bilan : 300 morts dont 23 étudiants selon le gouvernement, entre 1.000 et 3.000 morts selon les sources occidentales (également d'après Wikipédia).

Comme en Europe de l'Est, les manifestations que l'on voit sur les écrans de télévision de 1989 cachent bien entendu l'essentiel. L'objectif réel de tous ces mouvements, ce n'est pas "la liberté", que l'écrasante majorité des participants n'obtiendra jamais. Vingt ans plus tard, la plupart des protestataires est-européens d'alors sont chômeurs et doivent vivre d'expédients pour échapper à la misère. L'écrivain et journaliste canadien Stephen Gowans a bien décrit leur situation. Ce ne sont pas "les étudiants" mobilisés pour "faire la révolution" qui ont profité du changement, mais ceux qui se tenaient derrière eux, dans l'ombre.

Lorsque la politique liquidatrice de Gorbatchev fait éclater des révolutions partout dans le camp de l'Est (contre-révolutions serait plus exact), les maîtres de l'Occident, un peu surpris au départ, comprennent très vite quel parti ils peuvent en tirer. Outre la restauration du système capitaliste là où il avait été aboli quelques décennies plus tôt, ils veulent briser les Etats multinationaux (URSS, Chine populaire, Yougoslavie, Tchécoslovaquie) pour mieux les soumettre.

Pour ce qui est de la Chine, elle ne rejette pas le capitalisme - au contraire, elle l'adopte lentement mais sûrement. Ce qu'elle ne veut pas, c'est le morcellement du pays comme il se produira ailleurs. Pékin va donc résister contre toute tentative de briser son intégrité territoriale - avec succès, peut-on dire vingt ans plus tard.

Sans la répression de Tienanmen, la Chine n'existerait plus aujourd'hui, ou du moins elle serait réduite à sa plus simple expression. Comme son voisin soviétique, elle serait morcelée en de nombreux Etats, tous aussi "indépendants" que "démocratiques" et tous soumis à l'impérialisme américain : Tibet, Xinjiang, Mandchourie, Mongolie intérieure, Sichuan, Yunnan, etc.  Et bien sûr, ni Hong Kong ni Macao ne seraient redevenus chinois en 1997-99. Quant à Taïwan, n'en parlons pas...

L'échec de la première 'révolution colorée' - Tienanmen 20 ans après  par Domenico Losurdo (sur le site du Réseau Voltaire) : "Il y a 20 ans, Zhao Ziyang tentait de prendre le pouvoir en Chine avec l'appui de la CIA. Ce qui devait être la première 'révolution colorée' de l'Histoire échoua. Dans une présentation totalement tronquée, la propagande atlantiste a imposé l'image d'un soulèvement populaire écrasé dans le sang par la cruelle dictature communiste. La presse occidentale en célèbre aujourd'hui l'anniversaire en grande pompe pour mieux dénigrer la Chine populaire, devenue seconde puissance économique du monde."

Zhao Ziyang, secrétaire général du parti communiste de 1987 à 89, était considéré en Occident comme le Gorbatchev chinois. L'espoir des Brzezinski et autres Huntington fut écarté du pouvoir après l'échec du putsch "réformateur" et placé en résidence surveillée jusqu'à sa mort, survenue en 2005. En d'autres temps, l'ex-futur liquidateur de la Chine aurait tout simplement été liquidé.

Bien entendu, les Etats-Unis - innocents comme toujours - nient que leurs services soient mêlés à cette affaire. Ce qui distingue cependant le mouvement de Tienanmen d'autres mouvements analogues réprimés dans d'autres pays, c'est que "les étudiants" de Pékin ont réussi à tuer une trentaine de soldats chinois et à incendier des centaines de véhicules militaires - du jamais vu. Et ils disposaient de soutiens extérieurs : aide financière et logistique depuis Hong Kong, station de radio américaine spécialisée dans la subversion, etc... Mais compte tenu de l'incertitude générale qui régnait encore en 1989, les Américains n'ont pas trop insisté lorsqu'ils ont vu que le gouvernement chinois n'était pas disposé à céder. Pékin n'était pas Berlin-Est.



Si Tienanmen avait réussi :

La Chine post-chinoise remodelée par la "Révolution du Dragon" - © CIA


TIENANMEN 2.0 À HONG KONG :

25 ans après l'échec de Tienanmen (voir plus haut), nouvelle tentative de "révolution colorée", à Hong Kong cette fois. Le territoire, colonie britannique pendant plus de 150 ans, a été restitué à la Chine en 1997, mais jouit d'un statut spécial jusqu'en 2047 : autonomie, monnaie et règles économiques distinctes, fiscalité réduite, système juridique différent, etc.

Fin septembre 2014, des milliers de manifestants "pro-démocratie" bloquent le Central District de Hong Kong Island et réclament des élections "libres". Un peu plus tard, le sit-in s'étend aussi au quartier de Mong Kok (à Kowloon, sur le continent face à l'île de Hong Kong). Signe de la "spontanéité" du mouvement : CNN et BBC assurent une couverture médiatique en boucle depuis la première heure. Un certain Martin Lee, agitateur de 76 ans, semble mener les protestataires. Il n'a découvert son goût pour la "démocratie" qu'après le départ de la puissance coloniale anglaise. Lee avait alors près de 60 ans. Inutile de préciser que les colonialistes britanniques, aussi longtemps qu'ils dominaient le territoire, n'ont jamais permis la tenue d'élections, et surtout pas d'élections libres.

La police locale de Hong Kong, contrairement à ce que font en pareil cas les forces de répression de tous les pays dits "démocratiques", à commencer par les USA et la Grande-Bretagne, réagit mollement. Le gouvernement de Pékin, pour sa part, reste totalement passif, comme pour confirmer ce que constate Paul Craig Roberts dans cet article : Will Russia and China hold their fire until war is the only alternative ? 

Une des caractéristiques de la période actuelle est en effet l'incroyable indifférence des deux seules grandes puissances encore en mesure de contrer les prétentions hégémoniques des Etats-Unis. Depuis six mois, la Russie ne cesse de reculer dans l'affaire ukrainienne et sacrifie le Donbass, La Chine fera-t-elle de même avec Hong Kong ?...  Comme l'explique Paul Craig Roberts, ne pas réagir à temps face aux USA, c'est accroître le danger de guerre nucléaire, à terme la seule alternative à la capitulation complète.

La BBC a baptisé le Maïdan hongkongais "révolution" des parapluies - ce n'est pas une couleur mais tant pis.

Tony Cartalucci : Derrière les manifestants on trouve la CIA, le NED et le NDI - comme en Russie (voir plus haut) et comme dans toutes les "révolutions colorées" et autres "printemps arabes". Tous les animateurs du mouvement (Martin Lee déjà mentionné plus haut, Benny Tai, Audrey Eu Yuet-Mee, Anson Chan) sont formés, financés et dirigés par le NED (National Endowment for Democracy - vitrine de la CIA) ou par sa succursale NDI (National Democratic Institute). Leur programme vient du ministère américain des Affaires étrangères (State Department) du donneur de leçons John Kerry ("Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais").

Une semaine après le début de la "révolution", les manifestants téléguidés lancent un ultimatum au gouvernement local : vous démissionnez ou nous occupons les immeubles administratifs. On attend la réaction - ou l'absence de réaction - des autorités chinoises. Le gouvernement central, s'il le veut, dispose de plusieurs moyens de pression non-violents : il peut couler la place financière de Hong Kong (Shanghaï ne demande que ça) ; il peut aussi inonder le territoire de millions de "touristes" venus du continent (la population de Hong Kong se plaint déjà des trop nombreux visiteurs et de leurs "excès").

A Mong Kok, où résidents et commerçants supportent mal l'invasion bruyante et sale des "étudiants" qui squattent le quartier, on assiste à des échauffourées. Si le mouvement se prolonge, le sang risque de couler...

Deux jours plus tard, cependant, la population reprend elle-même les choses en mains et libère Mong Kok sans violences. Les intrus comprennent qu'ils ne font pas le poids et rentrent chez eux. La baudruche se dégonfle également dans les autres quartiers, même si quelques irréductibles continuent de bloquer les rues de Central. Plus personne ne parle d'ultimatum.

Dans les semaines qui suivent, les protestations reprennent, principalement pendant le week-end. Les autorités sont trop hésitantes pour s'imposer ; les manifestants et leurs sponsors n'ont pas encore la force voulue pour faire plier le pouvoir.

Amusant - le blog russe Niqnaq reprend un article de Reuters (biaisé d'un bout à l'autre) et l'assortit d'un titre qui rétablit l'équilibre : "C'est comme pour Pussy Riot et les Femen : si l'on ne savait pas que la CIA et le MI6 sont derrière le mouvement, on pourrait être tenté de le soutenir..."  Russie, Ukraine, Chine - même combat, même manipulateurs...






L'ENJEU PROFOND POUR LES ETATS-UNIS :

Il est de double nature. D'une part, s'assurer la disposition exclusive des ressources naturelles mondiales (pétrole, gaz, minerais, diamants, etc...), notamment celles recelées en quantités quasiment inépuisables par les vastes territoires russes et chinois, tout en s'appropriant les débouchés futurs que constituent ces gigantesques marchés. D'autre part, faire en sorte qu'aucun facteur politique ou national sérieux émanant de ces régions ou d'ailleurs ne vienne à l'avenir perturber la réalisation de ces plans audacieux.

La réorganisation mondiale en cours s'efforce avant tout d'effacer toute trace des deux grandes révolutions du 20ème siècle. Pour rattraper le temps perdu depuis 1917 et consolider sa domination sur des concurrents éventuels encore trop faibles, l'Amérique met les bouchées doubles.

Il y a un siècle, Lénine estimait que "l'impérialisme est le stade suprême du capitalisme". La mondialisation sera-t-elle le stade suprême de l'impérialisme ?...



CE QUE LE MONDE EST EN TRAIN DE PERDRE :

Ou plutôt ce que le monde a déjà perdu, c'est avant tout la sécurité qu'il a connue entre 1945 et 1990, à l'époque de la prétendue guerre froide. Il s'agissait en fait d'une paix froide, on l'oublie trop souvent - même si pas un jour ne s'est écoulé sur la planète sans qu'un conflit armé local n'ait apporté son lot de désolation et de victimes. Mais l'équilibre des forces a empêché au cours de ces quarante-cinq années que telle ou telle guerre locale ne se transforme en conflagration généralisée, ce qui n'est plus exclu à l'avenir.

En Europe, la paix a régné durant deux générations. Et non seulement la paix mais aussi le bien-être social sous une forme qui n'existe plus nulle part. Cela vaut aussi bien pour l'ouest que pour l'est du continent. Bien qu'on nous raconte sans arrêt le contraire depuis vingt ans, pour l'écrasante majorité des Européens, la situation s'est dégradée depuis 1990 - y compris et surtout dans la partie orientale. Et ce n'est qu'un début...

Plus aucun garde-fou ne retient ceux qui sont en passe de devenir les maîtres exclusifs du monde. Plus personne n'est en mesure de les freiner, de s'opposer à leur avance. Tout leur est permis, dans tous les domaines: économique, social, culturel, scientifique, politique, militaire... S'ils veulent essayer quelque chose de nouveau, ils l'essaient tout simplement. Et le monde entier, effrayé ou résigné, rarement consentant, laisse faire ou réagit de temps à autre par un acte de désespoir.

Car le monde a perdu autre chose en amorçant cette fatale marche arrière historique. Il va vu s'évanouir l'espoir d'imposer quelque progrès que ce soit par l'action politique légale. Les règles dictées par la mondialisation ne laissent plus la moindre marge de manœuvre à quiconque, aussi intègre, aussi motivé soit-il. Chaque jour un peu plus, la "démocratie" démontre par l'absurde son impuissance et son inutilité dans le cadre d'un tel système.

Dans son film Le Fantôme de la liberté, Luis Buñuel montre une scène tirée d'un tableau de Goya, où l'on voit des soldats de Napoléon fusiller des insurgés espagnols. Nous sommes en 1808. L'empereur, continuateur théorique de la Révolution française est venu avec ses troupes imposer la "liberté" à l'Espagne. La liberté est en soi une bonne chose, mais de toute évidence, les Espagnols perçoivent la situation différemment; ils se battent contre un envahisseur étranger. Et puisque celui-ci n'a que le mot "liberté" à la bouche, les insurgés y voient le symbole de tous leurs maux et meurent en criant: "A bas la liberté !" Deux siècles plus tard, le mot "démocratie" subit le même sort, définitivement perverti et discrédité par les napoléons de l'empire mondialisé.

"La prétendue démocratie occidentale est entrée dans une étape de transformation rétrograde qu'elle est incapable d'arrêter, et dont les conséquences prévisibles seront sa propre négation. Nul besoin que quiconque prenne la responsabilité de la liquider, elle-même se suicide tous les jours." (José Saramago, écrivain portugais, Prix Nobel de littérature 1998, dans un article paru dans le Monde Diplomatique en août 2004.)



LES INSTRUMENTS DE DOMINATION :

Pour parvenir à leurs fins, les stratèges du nouvel ordre mondial utilisent maintenant sans le moindre scrupule toute la palette qui s'offre à eux :

  • Armes économiques et financières : des organisations internationales théoriquement dépendantes de l'ONU ( comme l'Organisation mondiale du commerce, la Banque mondiale ou le Fonds Monétaire International ) sont en fait totalement dominées par les Etats-Unis ; elles ont été transformées en outils de destruction et de soumission des économies étrangères.

  • Bases militaires américaines : leur nombre croît de jour en jour. Fin 2003, on en dénombrait déjà plus de 700, réparties dans 130 pays "indépendants" (l'ONU compte 190 membres - l'expansion est donc loin d'être achevée). A ces bases en territoire étranger, il convient d'ajouter toutes celles que les Etats-Unis entretiennent sur leur propre territoire ou sur ce qu'ils considèrent comme tel (Porto-Rico, Guantánamo Bay, Iles Vierges, Diego Garcia, Samoa, Mariannes, Guam et quelques autres îles et archipels). Partout où ils sont implantés, les militaires et civils américains jouissent d'une totale immunité et impunité. Aucun de leurs délits, aucun de leurs crimes - aussi graves soient-ils - ne peuvent être jugés par les tribunaux locaux : les soldats de l'Empire sont au-dessus des lois. Et dans la plupart des cas, ce sont les "pays d'accueil" qui doivent subvenir au financement des bases militaires US. En tout, 320.000 parasites en uniforme (et un nombre inconnu de parasites sans uniforme) vivent ainsi aux crochets du reste du monde.

  • Renaissance du colonialisme : la multiplication sauvage des bases américaines réduit d'autant la marge de souveraineté dont disposent encore les pays occupés. On assiste à un retour en force du colonialisme que l'on croyait mort et enterré. Si les nouveaux maîtres américains s'appuient sur les maîtres britanniques d'autrefois dans des pays d'où ceux-ci avaient fini par être chassés (Afghanistan, Irak), est-ce bien un hasard ? Pour Blair comme pour Bush et ceux qui le contrôlent, la domination et l'exploitation du monde sont redevenues des vertus politiques dont on peut parler ouvertement.

  • Abolition progressive du droit international : "Nous n'avons besoin de l'autorisation de personne", déclare à plusieurs reprises le "président" américain, par exemple dans son discours sur l'état de l'Union de janvier 2004. Les conventions internationales susceptibles de gêner l'action des Etats-Unis se vident progressivement de leur contenu (voir notre page sur le droit international).

  • Subversion généralisée : au nom des "droits de l'homme" et de la "démocratie", elle accompagne (ou précède) partout l'instauration de l'ordre nouveau.

  • Hystérie raciste : dirigée avant tout contre les Arabes et les musulmans, elle permet de détourner l'attention de l'opinion occidentale de la réalité politique et économique, tout en mobilisant les foules contre le nouvel "ennemi". Son caractère irrationnel est l'expression de l'influence qu'exercent les milieux sionistes pro-israéliens sur le pouvoir américain.

  • Guerre permanente : elle est, avec le terrorisme d'Etat qui permet de la "justifier", le nec plus ultra de la nouvelle stratégie. Puisque la supercherie du 11 septembre 2001 a si bien fonctionné, on recourt de plus en plus souvent, depuis cette date, à cette forme de terreur organisée en haut lieu et mise sur le compte de groupes dissidents réels ou imaginaires.

    Durant les trente premiers mois de la guerre permanente du régime Bush, pas moins de sept attentats terroristes majeurs ont frappé le monde, tous planifiés et exécutés par les services américains et/ou israéliens, en collaboration plus ou moins étroite avec les autorités locales et celles de pays voisins. Outre le 11 septembre proprement dit, citons Djerba, Bali et le Kénya en 2002 ; Casablanca et Istanbul en 2003 ; Madrid en 2004. Le scénario est toujours le même. Les "coupables" désignés à la vindicte populaire sont des organisations terroristes locales inconnues ou en perte de vitesse, soutenues comme il se doit par la mystérieuse et omnipotente Al-Qaïda. Une incessante et monstrueuse propagande se déverse alors sur le pays frappé, aucune voix divergente n'étant tolérée en public.

    L'effet recherché (retournement d'une opinion jusqu'alors massivement hostile à la guerre) est presque toujours atteint. En Espagne, en mars 2004, le stratagème n'a toutefois pas fonctionné jusqu'au bout : le public a d'abord réagi au quart de tour en descendant massivement dans la rue pour manifester aux côtés d'un premier ministre corrompu, mais trois jours plus tard, il élisait l'opposition. Gageons que la prochaine action sera mieux préparée.

    Des capitales comme Paris, Berlin ou Londres* figurent probablement déjà sur la liste des tueurs. Et un grand coup décisif, pire que celui du 11 septembre 2001, est en préparation (voir plus bas). Il permettra d'anéantir totalement et définitivement toute vélléité de dissidence et de résistance.

    * Pour ce qui est de Londres, c'est fait en juillet 2005.


L'ISLAMISME :

Islamism (Encyclopaedia of the Orient)

Si l'islam est tout simplement une religion, l'islamisme en est la forme politico-confessionnelle la plus radicale : extrémiste, intégriste, fondamentaliste. L'islamisme apporte au monde des "solutions nouvelles" déjà rejetées comme rétrogrades il y a plus de deux siècles. Mais dans le cadre de la régression générale amorcée depuis la désintégration du bloc de l'Est, il peut sembler "moderne" et efficace à beaucoup de ses partisans. La disparition progressive de toute conscience historique favorise la résurgence de l'obscurantisme médiéval.

Pour l'intégriste musulman, tout doit être soumis à la religion : droit, politique, vie sociale, culture... L'islam est la seule vraie religion révélée, l'unique dépositaire de la Vérité étant bien entendu la secte spécifique à laquelle appartient le prédicateur. Pour trouver grâce à ses yeux, les infidèles doivent admettre qu'ils font fausse route et se convertir sans tarder. L'islamiste, si l'on en croit son discours, ne cherche pas à se faire des alliés, il veut des adeptes.

A ses yeux, la lutte capitalisme-communisme, qui a marqué tout le 20ème siècle, aurait un caractère tout à fait superficiel, voire artificiel. Ces deux idéologies constitueraient en fait les deux faces d'une même médaille. Les partisans de l'une et de l'autre seraient prisonniers de leur mentalité occidentale, axée sur le judéo-christianisme (peu importe qu'ils soient athées, peu importe qu'ils soient asiatiques). Au fond d'eux-mêmes, ils seraient tous "des Blancs" opprimant le reste du monde et s'efforçant de lui imposer leurs vues et leurs mœurs.

L'idéologie islamiste, on le voit, n'accepte aucune nuance. En cela elle est tout à fait conforme à la notion totalitaire de "choc des civilisations" préconisée par le professeur Huntington (à cette différence près que les "confucéens" chinois, à moins de se convertir, sont aussi des adversaires). Si l'islamisme n'existait pas, les Américains devraient l'inventer ; comme il existe déjà, ils se contentent de le soutenir et de le promouvoir partout où ils peuvent.

N'importe quel extrémiste musulman - on ose à peine le dire tellement c'est banal - sait parfaitement qu'aucun régime islamiste (que ce soit l'Arabie Saoudite, le Soudan, l'Iran, l'Afghanistan des talibans...) n'a jamais eu l'intention de s'en prendre au système capitaliste ni de bannir la coopération avec le "Satan" américain. Au contraire, malgré des différends parfois véhéments mais toujours passagers, la confrontation - le plus souvent verbale - n'a jamais empêché de se retrouver du même côté de la barricade, dans les Balkans par exemple.

On crie sa colère quand l'aviation US massacre des civils irakiens, mais on applaudit bien fort quand elle assassine des civils yougoslaves (parfois musulmans eux aussi). Au Kosovo comme dans l'Hindoukouch, en Arabie comme au Cachemire, islamistes et services américains ont très souvent pratiqué ou pratiquent encore l'entente cordiale.

Toutefois, comme dans le cas du terrorisme groupusculaire, l'islamisme peut réserver des surprises et finir par échapper au contrôle de ceux qui, en Occident, s'efforcent de le manipuler et de l'exploiter à leurs fins.

Frères musulmans et impérialisme anglo-américain : The Muslim Brotherhood - The Globalists' Secret Weapon

Egypte : soutien US aux fondamentalistes - le Réseau Voltaire analyse l'étrange succès des Frères musulmans aux élections législatives de décembre 2005.



OÙ L'ON REPARLE DU DOCTEUR FOLAMOUR :

A partir de mars 2002, il semblerait que les questions de stratégie ne relèvent plus du domaine politique mais de la psychiatrie. Pour Bush, ou pour ceux qui le manipulent, il n'est plus seulement question de domination globale. La course au profit maximum exige maintenant la guerre globale, y compris nucléaire, à tout prix, sans raison particulière. Et on se demande ce qui pourrait empêcher les psychopathes criminels d'outre-Atlantique d'y recourir.

Source : www.rense.com Pour avoir les coudées franches, ils préparent déjà la dictature militaire - bien entendu sous couvert d'une "attaque terroriste perpétrée à l'aide d'armes de destruction massive". En novembre 2003, le général américain Tommy Franks n'hésite pas à nous présenter son programme.

Quand les maîtres du monde auront mis à exécution leurs plans pour ce nouveau 11 septembre pire encore que le premier, et que le monde aura définitivement basculé dans le fascisme et la nouvelle guerre mondiale, nul ne pourra dire qu'il n'était pas averti.



LA SITUATION APRÈS 2008 :

Après huit années de régime Bush et avec l'arrivée à la Maison Blanche de Barack Obama, la situation mondiale a bien évolué.

La hiérarchie internationale s'est consolidée, donnant aux Etats-Unis un poids que personne ne leur conteste plus vraiment - et surtout pas l'Europe, soumise à Washington comme elle ne l'a jamais été. Les souverainetés nationales sont en voie de dissolution ; la France réintègre les structures militaires de l'OTAN ; la Suisse, dernier pays neutre du continent, enterre son indépendance ; l'idéologie sioniste impose partout son totalitarisme hideux.

Comme la politique du cow-boy texan a suscité bien des résistances, on nous vend à présent comme du "changement" sa continuation par des méthodes plus "douces". En fait, le vrai changement a eu lieu entre 2001 et 2008. Rien de ce que les auto-attentats du 11 septembre ont entraîné en matière de démantèlement des libertés, de violation des lois internationales et d'agressivité guerrière, n'est remis en cause - bien au contraire. Le premier président noir ayant, en gros, les mêmes commanditaires que son prédécesseur, les objectifs politiques demeurent inchangés. La seule remise à plat prévue se situe au niveau des relations publiques.

Mais comme la "communication" (c'est-à-dire la propagande) ne suffit pas pour faire passer une politique intrinsèquement réactionnaire, les efforts d'Obama restent dérisoires. Il donne toujours l'impression d'être en pleine campagne électorale, continuant de réciter (de moins en moins intelligemment) des slogans préfabriqués vides de sens ou en porte-à-faux avec la réalité.

A la faveur de la crise, la hiérarchie de l'univers globalisé se transforme à pas de géant, du moins à son sommet. Ce qui transparaissait vaguement il y a quelques années, crève toujours plus les yeux en 2010. La phrase sur le "stade suprême" dont il est question plus haut doit être complétée ou corrigée pour y inclure le sionisme, inséparable de la mondialisation, à la fois idéologie politique et programme de domination financière, économique, médiatique et culturelle. Autrefois axé sur Israël, il est à présent plus universel que jamais. Aucun pays n'y échappe, à commencer par le numéro un américain et ses vassaux. Et il parasite pratiquement tous les domaines où il y a de l'argent à gagner.

Tout ce qui se fait d'important sur la planète a maintenant un rapport plus ou moins direct avec ce fléau : guerres, agressions, terrorisme, loi de la jungle, pillage financier, démantèlement des protections sociales, exploitation accrue, chômage de masse, décadence culturelle, destruction des entités nationales, mise en place d'une gouvernance globale, abolition des libertés, censure, répression, racisme, désinformation systématique, invention continuelle de menaces imaginaires destinées à masquer les véritables dangers, etc...  Et il ne s'agit nullement d'une quelconque "conspiration" mais d'un agenda réel et bien concret en cours de réalisation quotidienne.






Lire ici l'analyse géopolitique du journaliste belge Michel Collon: La guerre globale a commencé

Les réflexions d'Herwig Lerouge, de la Ligue anti-impérialiste, Bruxelles: Guerres du XXIe siècle: les dogmes d'Ignacio Ramonet (suite à un article paru dans le Monde Diplomatique).

Power, Propaganda and Conscience in the War On Terror  par le journaliste australien John Pilger.

Sur le rôle de la drogue dans les préoccupations stratégiques des grandes puissances, lire l'analyse de Robert Delanne.
Au cours des quarante dernières années, les services américains ont joué un rôle capital dans l'expansion de ce fléau. Dans les pays producteurs (Asie du Sud-Est, Asie centrale, Amérique du Sud), le trafic encouragé, stimulé ou organisé par la CIA a permis et permet encore le financement occulte de la subversion locale, tandis que dans les ghettos de l'Occident, les drogues dures tuent dans l'œuf toute tentative de contestation politique. On fait de la sorte d'une pierre deux coups. (Dans les années 1970, les autorités ont ainsi pu détruire le mouvement noir des Black Panthers et l'American Indian Movement des Améridiens.)

La technique du coup d'Etat par en bas  par Thierry Meyssan.
Succès et échecs des "révolutions colorées" américaines, de Tienanmen 1989 à Téhéran 2009, en passant par la Bulgarie, la Kirghizie, la Géorgie, le Liban, la Serbie, l'Ukraine, la Biélorussie, le Venezuela, le Kenya, la Birmanie et même la Grèce.


Le système solaire à l'ère de la globalisation  (par Carlos Latuff - jpg - 96 ko)





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