DONBASS

- 2014-2017 -

( II )



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26 août 2014 - Contre-offensive de la résistance   5 septembre 2014 - L'arnaque du "cessez-le feu"

20 septembre 2014 - Le dernier clou dans le cercueil du Donbass

Janvier 2015   12 février 2015 - Minsk 2   14 octobre 2015   12 novembre 2015

Mai 2016   28 septembre 2016   27 janvier 2017

Cartes




Voir également ces deux autres pages :

La Russie de Poutine

La chute de l'URSS
- Porte ouverte à tous nos ennuis actuels -





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CONTRE-OFFENSIVE DE LA RÉSISTANCE

26 août 2014 : Carte de la situation militaire au 25-26 août  et à titre de comparaison un jour plus tôt :

Pas de changement dans le nord et autour de Lougansk-ЛУГАНСК, ni dans le secteur de Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА, exception faite d'une poche ukrainienne nettement plus large au sud-est de cette ville. Les Ukrainiens sont toujours encerclés au sud de Lougansk, près de Ielenovka-Еленовка, d'Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК et d'Ambrosievka-АМВРОСИЕВКА (le plus gros de tous les "chaudrons") ainsi qu'à la frontière russe près de Kojevnia-Кожевня. En outre, un nouveau réduit fasciste vient de surgir du néant du côté de Saour-Moguila-Саур-Могила. Eliminer ces neuf enclaves ennemies qui menacent de l'intérieur le territoire indépendantiste est une tâche qui nécessite beaucoup de moyens en hommes et en matériel, moyens dont la résistance ne dispose pas vraiment.

Dans ces conditions, il est étonnant de voir cette subite extension de la zone rouge vers le sud, le long de la frontière russe en direction de la mer d'Azov. Les forces du Donbass sont aux portes de Novoazovsk-Новоазовск, après avoir pris Thälmannovo-Тельманово (une petite ville qui porte le nom d'Ernst Thälmann, chef du parti communiste allemand KPD, arrêté par les nazis en 1933 et assassiné en 1944 au camp de concentration de Buchenwald). Cette avance des indépendantistes est due non pas à une "invasion russe", comme le prétendent les merdias ukrainiens et occidentaux, mais au fait que très peu de fascistes se trouvaient dans cette zone. Il ne s'agit peut-être que d'un feu de paille.

A Donetsk, les pilonnages de l'artillerie ukrainienne se poursuivent, notamment dans le Petrovski Raïon-ПЕТРОВСКИЙ Р-Н (banlieue ouest) où l'on compte de nombreux morts. Les criminels de guerre de la junte utilisent notamment des missiles balistiques Totchka (RIA Novosti).

Tous les politiciens occidentaux parlent de "sauver les chrétiens d'Irak", mais où sont-ils pour sauver les chrétiens du Donbass quand le régime de Kiev bombarde et incendie les églises et tue les fidèles, comme cela vient d'arriver à deux reprises en 24 heures ? (trois morts pendant la prière - RT).


A Kiev, avant de partir pour Minsk afin d'y rencontrer Poutine, Porochenko dissout la Rada. Autrement dit, un "président" bidon sorti "vainqueur" d'une "élection" truquée (voir page précédente 24 et 25 mai) met fin à l'existence d'un parlement croupion d'où a été exclue la majorité élue en 2012 (Parti des régions de Ianoukovitch et PC - page précédente 22 juillet), le tout suite à un putsch fasciste contre le président légal (page précédente 21 et 22 février). Les "élections" législatives prévues pour fin octobre seront aussi illégitimes que le reste, car les partis interdits depuis le coup d'Etat ne pourront pas y participer... Ce système illégal de bout en bout, conçu par les stratèges des USA et de l'UE, n'a pu s'imposer que grâce à la complicité du Kremlin.

Après le sommet de Minsk, Poutine déclare que "les pourparlers ont été positifs" (La Voix de la Russie) mais sans donner de précisions. Porochenko, lui, annonce qu'un "plan de paix est en préparation". On sait que Porko adore les plans de paix.


Intox ukrainienne du jour : le site maïdaniste Kyiv Post fait savoir que selon le SBU de Kiev [un mélange de Gestapo et de ministère de la Propagande] dix militaires russes ont été capturés par l'armée ukrainienne à Dzerkalne (en russe  Dzerkalnoïe-Дзеркальное), un village situé à 2-3 km au sud-ouest de Kouteïnikovo-Кутейниково, à la limite de la grande poche blanche que l'on peut voir sur cette carte et à 25 km du territoire russe. Les prisonniers ont avoué avoir envahi l'Ukraine, et le Kremlin lui-même (qui, quand, comment ?) a déclaré plus tard que ses soldats avaient franchi la frontière par inadvertance. Reste à savoir comment les dix "Russes" ont fait pour pénétrer dans le chaudron sans remarquer qu'il était bouclé par la résistance. Avec des "envahisseurs" aussi cons, Kiev n'a rien à craindre - heureusement que c'est du cinéma...

Cet article de L'Express détaille les "aveux des militaires russes" : "Nous avancions en colonnes dans des champs, pas sur la route. J'ai deviné être en Ukraine quand on a commencé à nous bombarder. Je ne sais pas à quel moment on a traversé la frontière*... On nous a informés qu'on se rendait en Ukraine mais on ne nous a pas précisé le but de notre mission. On nous utilise comme de la chair à canon, nous ne savons pas pourquoi on nous a envoyés ici... Dans un premier temps, on pensait participer à des manœuvres pour lesquelles on nous a demandé de couvrir de peinture blanche les numéros de nos véhicules. Quand on a fait exploser mon blindé, j'ai commencé à avoir peur. J'ai compris que ce n'étaient pas des manœuvres. Je me suis rendu compte qu'ici c'est la guerre entre l'Ukraine et la Russie... Ce que raconte la télévision russe ne correspond pas à la réalité..."

* Pour éviter à l'avenir ce genre de malentendu, et maintenant que la résistance contrôle la frontière dans toute sa longueur depuis l'est de Lougansk jusqu'à la mer d'Azov ou presque, on commence a mettre en place des panneaux signalant que l'on se trouve à la frontière d'Etat de la République de Nouvelle-Russie. Il était temps...

P.S. : Si vous parlez le russe, inscrivez-vous pour le prochain casting. On recrute en permanence de nouveaux candidats pour jouer les envahisseurs pris la main dans le sac. Salaire : 100 $ par interview. Lieu de travail : les studios du SBU à Kiev. Ne vous inquiétez pas pour le blindé explosé, vous n'avez rien à craindre. Le seul (mec) blindé que vous verrez, c'est notre scénariste...



HUMOUR INVOLONTAIRE :

Selon la BBC, le 25 août 2014 :
en orange, le territoire tenu par les "rebelles",
en jaune, ce qu'ils avaient précédemment,
au sud, la frontière russe est contrôlée par Kiev.
(à comparer avec la situation réelle à la même date)

Soit dit en passant, pour ce qui est de l'itinéraire du récent convoi humanitaire russe
(Izvarino-Lougansk, en bleu sur la carte), on se demande bien pourquoi les Ukrainiens
(qui étaient contre sa venue) l'ont laissé traverser le territoire qu'ils "contrôlent".


27 août 2014 : Carte de la situation militaire (pas du tout homologuée par la BBC) :

Au sud-ouest de Lougansk-ЛУГАНСК, la poche ukrainienne de Bieloïe-БЕЛОЕ s'est étendue vers le nord. Au nord de la capitale de la RPL, une nouvelle poche a fait son apparition à Metallist-Металлист. Pas de changement en ce qui concerne toutes les autres enclaves blanches en territoire rouge.

Dans le sud, la frontière russe est entièrement aux mains des indépendantistes qui sont maintenant à Sedovo-Седово et dans la partie est de Novoazovsk-Новоазовск. Un peu plus au nord, ils tiennent Granitnoïe-Гранитное et Starobechevo-Старобешево, et semblent vouloir faire leur jonction avec les forces qui se trouvent à Ielenovka-Еленовка, au sud de Donetsk-ДОНЕЦК. Cette progression fulgurante a de quoi étonner...

28 août 2014 : Selon Itar-Tass, 62 militaires ukrainiens parmi les quelques milliers encerclés dans la grande poche blanche à l'ouest d'Ambrosievka-АМВРОСИЕВКА sont allés "se réfugier" à Chramko en Russie (au sud de Novoivanovka-Новоивановка et d'Oulianovskoïe-Ульяновское). Apparemment, la résistance leur a ménagé un corridor de sortie. Avant eux, dans d'autres chaudrons proches de la frontière, des centaines de Ukies fatigués avaient fait de même, connaissant la générosité de Poutine, qui les soigne, les nourrit, les bichonne et les renvoie "en Ukraine" où ils peuvent continuer de combattre la résistance. Ces derniers temps, cependant, le régime de Kiev semble se méfier des revenants du chaudron. Ils sont parfois soupçonnés, voire poursuivis comme déserteurs à leur retour. Mais ce n'est pas la faute du Kremlin... Situation à suivre donc : il est possible qu'un plus grand nombre de ces exfiltrés choisissent maintenant de rester en Russie. D'autre part, les Russes ne savent plus par où faire passer les candidats au retour. Maintenant que la frontière est contrôlée par les indépendantistes, il ne reste plus que la région au nord de Lougansk ou le rapatriement par avion (voir page précédente 26 juillet).

A Donetsk, comme chaque jour, la junte fasciste continue ses pilonnages : 16 civils tués au cours des dernières 24 heures (RIA Novosti). Le massacreur en chef peut être satisfait. Et pourtant, non, il se plaint... Il est vrai que depuis peu, ses troupes subissent quelques revers dans le sud (aujourd'hui perte de Novoazovsk). C'est à cause de l'invasion russe, beugle PolPotochenko, des centaines de chars moscovites entrent en Ukraine... Si ça pouvait être vrai... Ces jérémiades ont évidemment pour but de provoquer une intervention de l'OTAN.

Après des mois de passivité, voire de collaboration ouverte, Poutine commence à récolter les fruits de sa lâcheté. Moins il en fait pour le Donbass, et plus l'Occident l'accuse d'intervenir. On lui met sur le dos tout ce que les Russes de Russie font à titre privé - contre sa volonté - pour les Russes du Donbass (les Novorusses), par solidarité envers des compatriotes menacés (aide matérielle, militaire, personnelle). Si l'imbécile du Kremlin avait soutenu les deux républiques dès le mois d'avril, plus personne n'en parlerait - et des milliers de vies humaines auraient été épargnées.

Mais son "péché originel", dans cette affaire, est de ne pas avoir condamné le putsch du 22 février. S'il l'avait fait, le régime fasciste et criminel de Kiev n'aurait pas pu se mettre en place et l'Etat artificiel ukrainien (ce "failed state" de 1991) se serait écroulé - rapidement et à moindre coût.


Blague de blonde version ukrainienne : Timochenko appelle les députés de la Rada suprême à décréter la loi martiale dans les régions de Donetsk et de Lougansk (RIA Novosti). Définition de la "loi martiale" selon Wikipédia : "Etat judiciaire d'exception, en vertu duquel l'armée assure le maintien de l'ordre à la place de la police ou en collaboration avec celle-ci."



"Faut dire que chez nous, avec la crise de l'énergie provoquée
par ces salauds de Russes, on n'a plus la lumière à tous les étages...
"


29 août 2014 : Carte de la situation militaire au 28-29 août :

A l'ouest, les fascistes qui se trouvaient entre Ielenovka-Еленовка et Granitnoïe-Гранитное ont été encerclés. Une nouvelle poche blanche à l'est de Volnovakha-ВОЛНОВАХА vient s'ajouter à toutes les autres. Au sud-ouest, les forces novorusses progressent jusqu'à Volodarskoïe-Володарское puis passent entre Mangouche-Мангуш et Starodoubovka-Стародубовка avec l'intention d'encercler Marioupol-МАРИУПОЛЬ. Comme les Ukies adorent les chaudrons et qu'ils en ont déjà une douzaine, le treizième est gratuit.

Starodoubovka est encore en RPD mais à la frontière du district de Zaporojié. Il faut espérer que la contre-offensive en cours depuis quelques jours ne s'effondrera pas aussi subitement qu'elle a commencé...

Avec un sens aigu de l'à-propos, Poutine réclame l'établissement d'un "couloir humanitaire"... pour les soldats ukrainiens encerclés, "afin d'éviter des pertes de vie inutiles" (Reuters). Pour ce crétin, la vie des mercenaires de la Garde nazillonale de Kiev a plus de valeur que celle de leurs milliers de victimes...  L'homme "fort" de Moscou demande aux combattants du Donbass de "laisser les Ukrainiens quitter le champ de bataille sans entrave pour rejoindre leurs familles" et de "fournir une assistance médicale d'urgence à ceux qui ont été blessés".

On croit rêver... D'abord parce que les indépendantistes manquent eux-mêmes de moyens médicaux. Ensuite parce que Poutine prend ouvertement parti pour des agresseurs sur le point d'être vaincus, agresseurs qu'il veut sauver afin qu'ils puissent retourner faire leur sale guerre (peut-être pas tous, mais au moins une bonne partie d'entre eux). Et finalement, parce qu'il ne tient qu'à ces salopards en déroute de se rendre aux forces de la résistance ; on le leur a proposé maintes fois mais ils refusent. La veille, 62 Ukrainiens sur les 5.000 ou 7.000 coincés dans le chaudron d'Ambrosievka (voir un peu plus haut 28 août) sont passés en Russie. Que les autres fassent la même chose. C'est à eux que Poutine devrait s'adresser, puisque leur sauvetage lui tient tant à cœur...


DEVISE DU JOUR :

"Si on te frappe sur la joue, dis merci,
tend l'autre joue et baisse ton froc...
"
(Saint Vladimir)

Humour yankee : c'est avec cette photo satellite (datée du 23 août mais découverte seulement cinq jours plus tard) que les Américains veulent "prouver" qu'une "invasion russe" est en cours et qu'il faut la stopper de toute urgence.

30 août 2014 : L'hystérie russophobe ukrainienne, amplifiée par les médias occidentaux, atteint des sommets inégalés. Profitant de la passivité du Kremlin, la junte et ses sponsors en rajoutent de minute en minute, toujours sur le thème de "l'invasion russe". Les provocations se multiplient : deux diplomates de l'ambassade russe de Kiev sont arrêtés par la police du régime malgré leur immunité, le gouvernement de Varsovie interdit à l'avion du ministre russe de la Défense de survoler la Pologne à son retour de Slovaquie, l'OTAN envoie des troupes à la frontière russe de la Lettonie, etc... Ils la veulent, leur guerre mondiale... Tout cela ne serait pas arrivé si Poutine avait dès le départ fait preuve de fermeté, mais on sait que ce n'est pas sa spécialité...



LES FEMMES AU FOYER, LES ENFANTS AU CHAUDRON :

A Lvov (ouest) on va apprendre aux écoliers de 11 ans à se servir d'armes à feu.
Quand ils sauront tirer, on pourra les envoyer se battre dans le Donbass...

[ Il n'est pas impossible que l'auteur de ce scoop ait voulu parler d'écoliers de 11e année
(11th grade), l'équivalent de la classe de première en France - ce qui est à peine mieux... ]

Sur le terrain, si l'on en croit RIA-Novosti, la résistance aurait abattu quatre avions ukrainiens Su-25 : un à Voïkovo (à l'est de Makeïevka, la ville jumelle de Donetsk), un à Merejki (un village à l'ouest de l'enclave ukrainienne proche d'Ambrosievka), deux à Novokaterinovka (un peu plus à l'ouest). Kiev fait état d'un seul appareil perdu, sans mentionner l'endroit. Bon...

Cassad sur la situation militaire le 30 août, en fin de journée (pas de nouvelle carte, la carte précédente est encore plus ou moins valable) :

Dans le nord-est, la résistance parvient à libérer Novosvetlovka (au sud-est de Lougansk), ce qui devrait permettre au prochain convoi humanitaire russe [si Porochencho donne à Poutine l'autorisation d'en envoyer un] de rallier directement la capitale de la RPL sans passer par des voies détournées. Ailleurs autour de Lougansk (front nord et poches ukrainiennes au sud et au sud-ouest), la situation est inchangée, de sorte que la route directe qui relie Lougansk à Donetsk n'est toujours pas praticable.

Pour Cassad, les piétinements de la contre-offensive à l'est ne sont pas un signe de pugnacité de l'armée ukrainienne. Ils traduisent plutôt les divisions internes de la résistance dans la région de Lougansk. Certaines unités n'en font qu'à leur tête et refusent toujours de se plier au commandement commun, par exemple divers anarchistes dits "makhnovistes" (qui se réclament de Nestor Makhno) et un groupe dirigé par l'ataman (chef cosaque) Nikolaï Kozitsine (autre lien - voir "Who is Ataman Kozitsyn ?").

[Comme le relate l'article précédent, Kozitsine a tenté de prendre le pouvoir à Lougansk en mai-juin pour le compte de la junte de Kiev. Plus tard, vers le 10 août, il a abandonné Krasni Loutch aux fascistes sans combattre (il était installé dans la ville voisine d'Antratsit). Les "Cosaques du Don" de Kozitsine sont aussi responsables d'une bonne partie de la criminalité qui affaiblit la résistance en RPL. L'auteur de l'article soupçonne que l'ataman est utilisé par le Kremlin dans le but de miner de l'intérieur le mouvement séparatiste. Il existe d'ailleurs un autre problème assez similaire en RPL : c'est celui de la cinquième colonne de Khodakovski (liée à l'oligarque Akhmetov et à des invididus proches de Poutine) dont Cassad avait parlé dans un autre article - voir page précédente 15 août. On voit que de ce côté-là également, les Novorusses ont du pain sur la planche...]

Pas de grands changements au nord de Donetsk et Gorlovka (partie nord-ouest du front). Le gros des ressources de la résistance est utilisé pour bloquer ou réduire les divers chaudrons ukrainiens, ce qui limite les autres opérations.

Côté sud-ouest, la ville de Marioupol est encerclée par les indépendantistes et coupée de Berdiansk (district de Zaporojié - carte).

31 août 2014 : Carte de la situation militaire :

Près de Lougansk-ЛУГАНСК, même si deux petites poches blanches ont été résorbées, le plus gros reste à faire. Plus au nord, la résistance tente une poussée en direction de Lissitchansk-ЛИСИЧАНСК. Sur le front nord-ouest (Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА) pas de changement. Plus à l'est, le réduit d'Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК a pu être éliminé. Celui de Kouteïnikovo-Кутейниково près d'Ambrosievka-АМВРОСИЕВКА commence à rétrécir. Sur le front ouest, la ville de Volnovakha-ВОЛНОВАХА est libérée. Au sud-ouest, l'étau se resserre autour de Marioupol-МАРИУПОЛЬ.

Non loin de là, en mer d'Azov, les indépendantistes coulent - ou du moins endommagent - une vedette des garde-côtes ukrainiens.




Les 62 militaires de la junte exfiltrés le 28 août ont été rapatriés en Ukraine via le poste frontalier de Nekhoteïevka situé entre Belgorod et Kharkov (Itar-Tass - carte).


PROGRAMME :

Même chose pour la Crimée ?...

Porko avait raison, la preuve : Deux envahisseurs moscovites pris les armes à la main. Texte russe sur l'uniforme du premier : « Ded Moroz za mir i pravdou », qu'ils traduisent par « le Père Noël est pour la paix et la vérité ». En fait, tous les Ukrainiens vous le diront, la signification réelle est : « Je suis morose à mort depuis que je bois du Mir et que je lis la Pravda ».  (Sur le manche de la fourche - pardon, sur le canon de la kalach - on peut lire : « Pour Liachko ». Liachko et son bataillon sont l'équivalent ukrainien du nazi allemand Röhm et de ses SA - voir page précédente 23 mai.)



CONVOCATION MILITAIRE DE LA JUNTE :

En rouge :
« Allez vous faire foutre, je suis séparatiste »


1er septembre 2014 : L'armée ukrainienne abandonne l'aéroport de Lougansk (Kyiv Post). Celui de Donetsk est encore occupé par les fascistes.  A Merejki, au sud de la poche de Kouteïnikovo, encore un avion abattu, cette fois c'est un Su-27.

Six NATO officers blocked in Mariupol (Pravda). Ces officiers font partie d'un groupe "d'information" délégué en Ukraine en mars 2014 par le Centre de cyber-guerre de l'OTAN (en jargon otano-orwellien : "Centre d'excellence de cyber-défense coopérative") situé à Tallinn (Estonie). La plupart des officiers de ce groupe sont basés à Kiev, dans l'immeuble qui abrite le soi-disant "Conseil de sécurité nationale et de défense" de la junte fasciste, d'où ils dirigent la propagande antirusse du régime. Les six de Marioupol sont arrivés au mois de juillet, c'est-à-dire après le départ des indépendantistes, qui de toute façon n'avaient jamais vraiment pris racine dans cette ville. Le choix de Marioupol a été favorisé par la proximité de la Russie et du théâtre des opérations. Ce sont précisément ces militaires américains qui ont élaboré l'actuelle campagne sur le thème de "l'invasion russe", alors qu'ils sont eux-mêmes des envahisseurs en RPD puisque cette république ne les a jamais invités chez elle.

Elton John "sauve" un enfant de Marioupol. Il y a quelque temps, le pédéraste-pédophile anglais et son "mari" avaient essayé d'adopter ce petit garçon de six ans pour l'ajouter à leur collection (ils en ont déjà deux, âgés de trois ans et de 20 mois). Mais les lois pédophobes ukrainiennes de Ianoukovitch avaient fait échouer le projet. Désormais, grâce au nouveau régime, plus rien n'entrave le libre accès à la chair fraîche... Autre bonne nouvelle : le petit garçon de Marioupol a un frère de sept ans, qu'Elton John a également "sauvé" du chaudron pour mieux le faire passer à la casserole.


A Minsk se déroule une réunion du "groupe de contact" censé mettre fin à la guerre. En font partie : l'ambassadeur de Russie en Ukraine, un délégué de l'OSCE (Otan Sous Couverture Européenne), l'ancien président ukrainien Léonid Koutchma (qui n'est mandaté par personne. surtout pas par la junte de Kiev), un représentant de la RPD (Andreï Pourguine, vice-Premier ministre) et un de la RPL (Alexeï Kariakine, président du Parlement). Ces magouilles ne sont pas nouvelles (voir page précédente 23 juin). Seuls les participants du Donbass sont nouveaux. Pourguine joue à présent le rôle que jouait Borodaï, passé à la trappe le 7 août. L'objectif est de neutraliser le mouvement séparatiste, de le remettre sur des rails "fédéralistes" (statut spécial dans une Ukraine unie). Avec l'aide de quelques pantins, Poutine fait comme si rien ne s'était passé au cours des six derniers mois. C'est une insulte aux innombrables victimes de cette guerre.

Pendant ce temps, Porochenko, pour montrer ce qu'il pense de ce "dialogue", demande aux Etats-Unis de placer les deux républiques dissidentes sur la liste des organisations terroristes. C'est le "groupe d'information" de l'OTAN (voir quelques lignes plus haut) qui lui a "conseillé" de le faire.

Si Poutine consacrait autant d'énergie à sauver le Donbass qu'il en met à le torpiller, tout irait bien. Malheureusement, la farce de Minsk n'est qu'une nouvelle forme de trahison qui vient s'ajouter à celles déjà existantes (voir plus haut 30 août).

Emergent statehood - Naissance d'un Etat.  Dans cet article, Cassad estime que si la tendance actuelle se poursuit, on pourrait aboutir pour la Nouvelle-Russie (et pas seulement pour le Donbass) à une solution de type Transnistrie. C'est-à-dire à une indépendance de fait, reconnue uniquement par la Russie mais plus ou moins tolérée par le reste du monde, à commencer par le reliquat ukrainien (tout comme la Moldavie amputée de la Transnistrie tolère celle-ci depuis 1990). La taille de la Nouvelle-Russie dépendrait des succès militaires de ses troupes : "Plus la guerre durera, et moins il restera d'Ukraine à la fin de la guerre... Des négociations sont inévitables, mais plus tard elles commenceront, mieux cela vaudra pour nous..."  Dans cette affaire, les oligarques ukrainiens auront leur mot à dire. L'un ou l'autre d'entre eux pourrait mordre la poussière : Kolomoïski ? Akhmetov ? Porochenko ?...

Malgré tout, on a un peu l'impression que l'auteur est en train de vendre la peau de l'ours, alors qu'il y a à peine dix jours, tout ne tenait qu'à un fil. Attendons d'abord de voir si les forces du Donbass seront en mesure de reconquérir leur propre territoire.

Une chose est certaine, en tout cas : si les prévisions de Cassad se réalisent, ce ne sera pas grâce à Poutine mais malgré lui, voire contre lui...



ÇA VA TOUT CHANGER :

Une unité de chars de l'armée russe déployée en Ukraine fait défection
et rejoint l'armée ukrainienne. C'est vrai, hein, c'était marqué dans FessesBouc...


2 septembre 2014 : Carte de la situation militaire au 1er-2 septembre :

Après la libération de l'aéroport de Lougansk-ЛУГАНСК (dont il ne reste plus qu'une carcasse), deux réduits ukrainiens subsistent au sud-ouest de la ville (Bieloïe-БЕЛОЕ et Loutouguino-Лутугино). Ailleurs, les autres poches ennemies sont elles aussi intactes. Pour ce qui est de celle qui se trouve au nord-est de Volnovakha-ВОЛНОВАХА, la situation semble assez confuse.  Marioupol-МАРИУПОЛЬ et ses environs sont toujours encerclés par la résistance, mais la zone en rose clair à l'ouest et au nord-ouest de la ville, zone qui s'étend jusqu'à Volnovakha, est désignée dans la légende comme "région sous contrôle conditionnel".

Depuis quelque temps, un certain chaos règne autour des enclaves ukrainiennes dans la partie ouest de la zone libérée, avec tentatives de sortie en force des fascistes (y compris à pied), contre-attaques de la résistance, corridors "humanitaires" établis à la demande du Kremlin, etc... Les Ukrainiens refusent souvent d'abandonner leurs armes et leur matériel avant de se retirer, ce qui entraîne automatiquement une riposte des troupes du Donbass qui considèrent à juste titre qu'elles sont attaquées. Dans les prochains jours, les combats devraient se concentrer sur ces chaudrons. Tant qu'ils ne seront pas éliminés, il sera difficile - sinon impossible - aux forces novorusses de s'occuper d'autre chose. C'est d'autant plus urgent que la junte et ses sponsors préparent une nouvelle offensive.



L'aéroport de Lougansk

La résistance a fait des prisonniers ukrainiens par centaines... et ne sait plus qu'en faire. Elle ne peut pas les nourrir. Elle en renvoie 300 "dans leurs foyers" (RIA Novosti). Alexandre Zakhartchenko, Premier ministre de la RPD, leur tient un discours d'adieu à la fois grandiloquent, surréaliste et franchement débile. Zakhartchenko y fait l'éloge de "l'Euromaïdan" et de ses "grandes idées" que la résistance "met en pratique", et certifie à ses ennemis vaincus qu'ils sont "de grands soldats". Il les invite à revenir "en amis", il leur offrira "une tasse de thé, un verre de vodka et quelque chose à manger".  Quand on sait comment les fascistes de Kiev traitent leurs prisonniers, on ne peut que recommander à Zakhartchenko de consulter un psychiatre... Si le mouvement séparatiste n'est pas vaincu militairement, il le sera de l'intérieur par des types de cet acabit...

3 septembre 2014 : Porochenko fait annoncer par son service de presse qu'il a conclu un cessez-le-feu définitif avec Poutine. Celui-ci dément aussitôt et fait remarquer que la Russie ne peut pas négocier de cessez-le-feu puisqu'elle ne participe pas aux combats. Mais dans la foulée, l'homme du Kremlin produit un plan de paix en sept points. Le chef de la junte fait alors marche arrière, réalisant que son initiative malencontreuse risque de mettre fin au bain de sang.

Bref, tout cela ressemble assez à un nouvel épisode de la série russo-ukrainienne Porko et Khouille-lo  (voir page précédente 15 juin).


Carte de la situation militaire : Les combats se concentrent sur le "front intérieur" où les enclaves ukrainiennes subsistent toujours, parfois stables (véritables chaudrons), parfois changeantes (par la taille et même par l'emplacement). L'aéroport de Donetsk, depuis longtemps occupé par les fascistes, est désormais encerclé. Près de Volnovakha-ВОЛНОВАХА, les Ukrainiens ont pu se libérer d'une poche où ils étaient enfermés depuis plusieurs jours. Au nord-est de Lougansk-ЛУГАНСК, la résistance est à présent dans le secteur hachuré mais sans le tenir vraiment (selon la légende, il s'agit d'une zone où les groupes de diversion et de reconnaissance opèrent activement). Même chose pour le territoire situé à l'ouest et au nord de Marioupol-МАРИУПОЛЬ. On voit que la situation reste encore incertaine, l'euphorie n'est pas de mise...


Paris : sur ordre des Etats-Nazis d'Amérique, le mollusque de l'Elysée suspend la livraison à la Russie d'un porte-hélicoptères Mistral construit aux chantiers navals de Saint-Nazaire. Le mollusque du Kremlin n'apprécie pas du tout cette mesure et parle de violation de contrat.  Et pourtant, lui-même ne s'était pas comporté autrement il y a quelques années, lorsque l'Etat voyou d'Israël lui avait ordonné d'annuler la livraison de systèmes antimissiles à l'Iran, et plus tard à la Syrie.  Ironie du sort ou juste retour de bâton ?...


L'ARNAQUE DU "CESSEZ-LE-FEU"

5 septembre 2014 : A Minsk, nouvelle rencontre du "groupe de contact" (comme le 1er septembre) avec les mêmes participants, à cette différence près que la RPD est représentée par Alexandre Zakhartchenko (Premier ministre) et la RPL par Igor Plotnitski (président). Cette fois, l'ancien président ukrainien Koutchma semble être autorisé par la junte.

Un protocole de cessez-le-feu est signé en un temps record, de même qu'un plan de paix en 12 points dont le contenu n'est pas précisé (Itar-Tass). De toute évidence, il n'y a pas eu de négociations, tout était préparé d'avance... Espérons que les combattants novorusses ne se sont pas fait rouler dans la farine. Se défendre les armes à la main est une chose, éviter les pièges tendus par Moscou et Kiev en est une autre. Connaissant la fourberie de Porochenko, la sournoiserie de Poutine et la docilité des nouveaaux dirigeants du Donbass vis-à-vis du Kremlin, tous les doutes sont permis.

Première réaction de Cassad (en russe) : un cessez-le-feu dans les conditions actuelles profite plus à la junte qu'aux indépendantistes. Kiev avait absolument besoin d'un répit pour repositionner ses troupes et rétablir le contact avec les unités encerclées. Si l'on se reporte à ce que Cassad écrivait le 1er septembre (voir plus haut), l'accord de Minsk intervient trop tôt. C'est bien pour cela que Poutine l'a imposé à la résistance. Depuis le début, il fait tout pour affaiblir le mouvement séparatiste - à défaut de pouvoir le liquider. Le contenu exact du plan en 12 points pourrait réserver des surprises. La manière dont il sera appliqué (ou pas) sur le terrain, également.

En attendant, le pilonnage de cibles civiles à Donetsk a continué hier et dans le courant de la nuit, ce qui en dit long sur les intentions des fascistes.


Carte de la situation militaire au 4-5 septembre (entrée en vigueur du cessez-le-feu). Pas de changement notable par rapport au 3 septembre.



On peut lui faire confiance, il sait de quoi il parle


Détail intéressant : selon le site maïdaniste Kyiv Post, pendant que Koutchma, à Minsk, signait l'accord en 12 points pour le compte de Porochenko, celui-ci, au sommet de l'OTAN à Newport (Pays de Galles), présentait son propre plan en 14 points. Extrait du programme de Porko : amnistie pour les séparatistes qui déposent les armes, zone tampon de dix kilomètres le long de la frontière russe, corridor permettant le retrait des "mercenaires russes" du territoire "ukrainien", désarmement et retrait des séparatistes (retrait vers les camps de "filtrage" du SBU ?), libération des prisonniers de guerre (mais pas forcément des indépendantistes kidnappés que le SBU considère comme des "terroristes"), évacuation des immeubles occupés, remise en place de l'ancienne administration, rétablissement des chaînes de télévision ukrainiennes (c'est-à-dire de la propagande fasciste dont Donetsk et Lougansk sont privés depuis des mois), etc...

Pour la forme, le chef de la junte promet au Donbass reconquis la décentralisation et la protection de la langue russe ainsi que... la création d'emplois.

Kyiv Post ignore dans quelle mesure les 14 points de Porochenko coïncident avec les 12 points de Minsk. Deux heures après la signature de l'accord, écrit l'auteur de l'article, les hauts responsables de Kiev ne connaissaient toujours pas le texte du document signé.

6 septembre 2014 : Le texte de l'accord de Minsk n'a toujours pas été publié, et pour cause. Cet article de Yurasumy (traduit par Ilja Schmelzer pour le blog du Saker en allemand) explique pourquoi : comme l'a déclaré le négociateur ukrainien Koutchma, l'accord en 12 points n'a pas encore été signé, il ne le sera que dans quelques jours, le temps de formuler les détails. D'ailleurs, selon certaines sources russes (par exemple celle-ci), il y aurait en fait 14 points (comme dans le plan Porochenko - voir quelques lignes plus haut). Apparemment, on s'est mis d'accord sur le fait qu'on voulait se mettre d'accord, mais pas plus...  Etant donné que d'un côté comme de l'autre, mais surtout à Kiev, beaucoup de gens risquent de ne pas approuver l'accord, on a cru préférable de n'en communiquer le contenu que petit à petit, histoire d'éviter une explosion. Pour les indépendantistes, cela ne laisse rien présager de bon.

Comme il fallait s'y attendre, les fascistes ne respectent pas le cessez-le-feu et continuent de pilonner certains quartiers de Donetsk. Quatre civils sont tués dans le courant de la nuit, et plusieurs dizaines blessés (RIA Novosti). Tirs d'artillerie ukrainiens également sur Makeïevka (la ville jumelle de Donetsk), Gorlovka, Kirovskoïe (à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Donetsk) et autour de Marioupol, où les attaques contre les positions indépendantistes se multiplient. Des renforts venus du district de Zaporojié se rassemblent non loin de Volnovakha (entre Donetsk et Marioupol).

Alexeï Mozgovoï : Contre les oligarques, les faux politiciens et pour le peuple (sur le site du Saker). Avant la "démission" de Strelkov, le chef militaire Mozgovoï était un peu considéré comme le "bras droit" de ce dernier. Son terrain d'action était la RPL (Lissitchansk, Altchevsk).  Pour ce qui est des "négociations" actuelles, estime Mozgovoï, il s'agit d'une nouvelle tentative pour stopper la résistance et l'empêcher de détruire le pouvoir des oligarques. Aucun dirigeant politique de RPD-RPL ne s'est donné la peine de demander l'avis des résistants, des miliciens, des proches des victimes...  "Tout cela ressemble à une farce, à une représentation dans laquelle le peuple de Novorossia jouerait le rôle de figurant... La cinquième colonne est à l'œuvre..." (voir plus haut).  Et Mozgovoï ajoute : "J'irai jusqu'à la fin, jusqu'à l'accomplissement du but initialement fixé..."

Des lecteurs du blog du Saker font remarquer que tous les exemples précédents, de la Yougoslavie au Donbass, montrent qu'un cessez-le-feu n'est jamais à l'avantage de ceux qui combattent l'Empire. La trêve de Minsk, conclue avec des fascistes dans le pétrin, a pour seul but de les en sortir. C'est un peu comme si l'URSS avait signé un cessez-le-feu avec les envahisseurs nazis alors qu'elle était sur le point de remporter la bataille de Stalingrad.

Finalement, question soutien au régime de Kiev, Poutine est encore plus efficace que l'OTAN...



SIGNES DE LUTTES INTERNES EN NOUVELLE-RUSSIE :

Non seulement on a usé de chantage [qui ?] pour faire partir Strelkov, mais il y a aussi des rumeurs comme quoi Vladimir Antioufeïev (vice-Premier ministre de la RPD) aurait tenté un coup de force hier 5 septembre [dans quel but ? on le saura le 8 septembre]. La chose a été démentie par les Novorusses, d'autres affirment que le coup de force a échoué. Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute qu'il y a en ce moment de réelles tensions au sein de la Nouvelle-Russie. Tandis que quelques-uns soutiennent l'actuelle stratégie de négociations (le "clan Zakhartchenko"), d'autres s'y opposent clairement (le "clan Mozgovoï"). De la même manière, en Russie, on a ceux qui appuient cette stratégie (les gens qui gravitent autour du Kremlin - voir le lien indiqué par The Saker) et ceux qui y sont hostiles (Dougine, Cassad et autres).


7 septembre 2014 : Contrairement à ce que Koutchma prétendait 24 heures plus tôt, le protocole de Minsk a bien été signé, et son contenu est absolument désastreux.



Texte original en russe : page 1 - page 2      ("Talyavini" = Tagliavini)

Pour la résistance, c'est l'équivalent d'une mise à mort : soumission totale à la loi ukrainienne, présence sur le terrain d'agents de l'OSCE [OTAN en civil], mise en place d'une zone tampon à la frontière russe (des deux côtés de la frontière), libération des "otages" et des personnes "illégalement détenues" [tous les fascistes ukrainiens capturés entrent dans cette catégorie, contrairement aux indépendantistes "légalement" kidnappés et séquestrés par la junte], organisation d'élections selon les règles de Kiev, retrait de toutes les formations militaires "illégales", avec leur matériel, leurs militants et leurs "mercenaires" [ni l'armée ukrainienne, ni ses Waffen-SS, ni ses contractuels étrangers n'entrent dans cette catégorie].

On a pratiquement repris tel quel le plan Porochenko (voir plus haut). Cela n'a plus grand-chose à voir avec le plan Poutine en sept points, qui n'était là que pour endormir la résistance. Du reste, le protocole de Minsk ne s'y réfère même pas, évoquant seulement les "initiatives" de Poutine, alors que le "plan de paix" de Porochenko est expressément mentionné.

Autre anomalie, insignifiante au premier abord mais ayant son importance en matière diplomatique : il s'agit d'un accord trilatéral passé entre l'OSCE, l'Ukraine et la Russie (dont Poutine disait le 3 septembre qu'elle ne peut négocier de cessez-le-feu vu qu'elle ne participe pas aux combats). La RPD et la RPL (respectivement en quatrième et cinquième position dans ce partenariat à trois) ne sont pas du tout mentionnées dans l'accord, car pour les trois autres elles n'existent pas, Donetsk et Lougansk font partie de l'Ukraine. On s'est donc contenté de leur faire contresigner le document, sans indiquer les fonctions des deux délégués et en prenant soin de ménager un intervalle entre leurs noms et ceux des trois "grands" (voir aussi la page 2 de l'original russe).

Ce protocole honteux, révélé par l'OSCE après avoir été caché deux jours durant par les autres signataires, apporte la preuve définitive de l'ignominie de Poutine et de ses marionnettes du Donbass, spécialement Zakhartchenko, dont la seule mission consiste à enterrer le mouvement séparatiste. Ce type est vraiment abject, d'ailleurs il a capitulé dès le premier jour (voir page précédente 9 août). Dans son discours du 2 septembre, il faisait ouvertement l'éloge de la racaille maïdaniste.

Logiquement, la résistance devrait rejeter cet "accord" et reprendre rapidement son offensive. Mais dans cette guerre, malheureusement, rien n'est vraiment "logique".


Comme il fallait s'y attendre, la junte profite du "cessez-le-feu" pour masser des troupes en divers endroits, surtout dans le nord (du côté de Slaviansk-Kramatorsk) et dans le sud-ouest, où la zone hachurée sur la carte du 4 septembre semble échapper à la résistance. Contrairement aux Ukrainiens, les combattants du Donbass manquent de réserves.

(Ou peut-être ces réserves ne sont-elles pas toujours utilisées à bon escient, du moins si l'on en juge par ces vidéos mises en ligne par Cassad. On y voit les troupes de l'ataman Kozitsine parader en grand nombre, à pied et avec leurs chars, dans les rues de Perevalsk-ПЕРЕВАЛСК, près d'Altchevsk-АЛЧЕВСК en RPL, juste entre deux poches ukrainiennes que la résistance ne parvient pas à réduire faute de moyens... Pour plus de précisions sur Kozitsine et ses méthodes de combat assez "spéciales", voir plus haut.)

Dans le sud-ouest, les fascistes sont entrés dans Thälmannovo-Тельманово mais auraient été repoussés. Plus au sud, autour de Marioupol, il n'y a jamais eu de trêve. Dans la région de Donetsk non plus, à en juger par les pilonnages sporadiques. Au nord de Lougansk, la situation est tendue...

Dans l'ensemble, pour le moment, les résistants novorusses ne font que réagir modérément aux attaques ukrainiennes - on dirait qu'ils n'ont pas encore lu le protocole de Minsk.

8 septembre 2014 : Selon Itar-Tass, le ministre de la Défense de la RPD signale que l'échange de prisonniers n'a pas encore commencé, étant donné que l'Ukraine, contrairement au Donbass, refuse de communiquer la liste des personnes détenues. Apparemment, le camarade ministre n'a pas lu le document signé par son patron Zakhartchenko, sinon il aurait constaté qu'un échange de prisonniers n'est mentionné nulle part. Le point n° 5 prévoit seulement "la libération immédiate de tous les otages et personnes détenues illégalement". Chacun sait que Kiev ne détient pas d'otages, mais uniquement des terroristes arrêtés le plus légalement du monde dans le cadre de l'opération spéciale qui se déroule dans les régions est-ukrainiennes de Donetsk et de Lougansk. Ces individus ne seront libérés que si la Justice ukrainienne en décide ainsi.

Le cas échéant, la remise en liberté pourrait s'effectuer dans le cadre de la clause n° 6 de l'accord, c'est-à-dire après l'entrée en vigueur d'une loi d'aministie - ce qui suppose au préalable le vote de cette nouvelle loi par le Parlement de Kiev. Manque de chance, la Rada vient d'être dissoute ; il faudra donc attendre les élections du 26 octobre. Le temps que la prochaine assemblée se réunisse, qu'elle décide de son calendrier et qu'elle vote, cela nous conduit au moins à l'été 2015. Quant à savoir si la loi sera adoptée ou rejetée, c'est une décision souveraine de la Rada. On peut toutefois prévoir que la majorité parlementaire sera plutôt pro-Maïdan et antirusse, d'autant plus que les partis soupçonnés de soutenir le séparatisme sont exclus des élections. Nous espérons avoir répondu à votre question. Pour tout détail complémentaire, n'hésitez pas à contacter Vladimir FilsdePutinovitch, le numéro est dans l'annuaire.


Pour la première fois depuis sa "démission" il y a près d'un mois, Igor Strelkov s'exprime... et ne dit rien. Pour des raisons qu'il ne précise pas mais qu'on devinera, il doit faire preuve de retenue. En lisant entre les lignes, on comprend : qu'il désapprouve les derniers développements politiques (Minsk) ; qu'il ne reviendra probablement pas sur la scène du Donbass ; qu'il doit son "limogeage" à Sourkov (le Raspoutine de Poutine - voir page précédente 31 juillet) ; et que Sourkov poursuit ses intrigues.

Dans le commentaire qui suit le texte de Strelkov, Cassad donne des précisions sur le "putsch" avorté de Vladimir Antioufeïev, le 5 septembre à Donetsk (voir plus haut). Antioufeïev (une sorte de Sourkov miniature - pas étonnant de la part de l'adjoint de Zakhartchenko) "a tenté d'écarter certains 'révolutionnaires de la première heure' liés à Strelkov et Goubariev [Mozgovoï]... Dans la résolution de ce conflit politique interne, le sort d'Antioufeïev sera un marqueur au niveau local..."

Comme le signale Cassad dans un autre article, Poutine a envoyé Sourkov à Kiev pour discuter avec Porochenko de la "trêve" et des suites à lui donner. Collaboration russo-ukrainienne sur le dos de la résistance... Pendant ce temps, l'armée de la junte reçoit des pays de l'OTAN des armes en grande quantité. Il se prépare certainement quelque chose de grave, peut-être une offensive générale qui mettra fin une fois pour toutes à la rébellion du Donbass.

Carte de la situation militaire après trois jours de "trêve" :

La ville de Marioupol-МАРИУПОЛЬ n'est plus encerclée par les forces indépendantistes, à tel point que le chef de la junte a pu s'y rendre aujourd'hui sans risquer de se faire pilonner. (Poutine lui avait-il garanti qu'il serait en sécurité et ordonné à Zakhartchenko de faire le nécessaire ?... Tout est possible dans cette guerre...)  Dans le sud-ouest, la zone hachurée sur la carte précédente ("zone d'activités", par opposition au territoire effectivement tenu par la résistance) a maintenant disparu. Ce qui signifie que de Marioupol à Volnovakha-ВОЛНОВАХА, tout est repassé aux mains des fascistes, de même d'ailleurs que Granitnoïe-Гранитное et Thälmannovo-Тельманово.  Au nord-est de Lougansk-ЛУГАНСК également, la zone hachurée a été effacée de la carte. Pour le reste, pas de changement.

9 septembre 2014 : Rapport préliminaire du Dutch Safety Board sur le crash du Boeing (en anglais - pdf 34 pages - 4,4 mo). Beaucoup de détails inutiles, rien d'essentiel... La provocation antirusse de Grabovo (page précédente 17 juillet) a fait long feu, ce n'est pas pour autant qu'on va désigner les vrais coupables.

Saour-Moguila 2013-2014.  En septembre 2013, on commémorait le 70ème anniversaire de la Libération du Donbass de l'occupation nazie. Un an plus tard, d'autres nazis ont détruit le mémorial - avec la bienveillante complicité de Poutine...  La colline de Saour-Moguila-Саур-Могила (carte) se trouve pour le moment au centre de la zone libérée, mais pour combien de temps encore ?...  En apposant leurs signatures sous le protocole de la honte (voir plus haut 7 septembre), l'ambassadeur de Russie à Kiev et le soi-disant Premier ministre de la RPD ont offert aux fascistes ukrainiens la souveraineté sur Saour-Moguila et sur toute la zone libérée (libérée pour rien).



- En réponse au protocole de Minsk -

LES 14 POINTS D'ALEXEÏ MOZGOVOÏ

Source : Slavyangrad

1 - La signature du protocole de Minsk a été un acte de trahison. Les dirigeants des deux républiques qui l'ont signé doivent démissionner.

2 - 90 % du peuple de Nouvelle-Russie et 100 % de son armée sont contre ce protocole et les conditions qu'il contient.

3 - Le cessez-le-feu n'existe pas. Il n'y a pas de paix. Ce prétendu cessez-le-feu est une farce.

4 - La signature de Koutchma ne veut rien dire. La junte elle-même n'a rien signé. Seuls les deux leaders de RPD et RPL ont unilatéralement contracté certaines obligations au nom des deux républiques, outrepassant leurs pouvoirs et abusant de leur position.

5 -  Avant de signer ce protocole (qui ressemble aux accords de Munich de 1938), ils n'ont pas jugé utile de consulter ceux (soldats et peuple) qui se battent pour le droit à la liberté et au respect de leur volonté et opinion.

6 - Le combat doit continuer jusqu'à la victoire. Il n'y pas d'autre issue.

7 - Le pouvoir des oligarques ukrainiens doit être brisé.

8 - Pas de "statut spécial" pour la Nouvelle-Russie au sein d'une Ukraine "unie", "indivisible", nazie, bandériste [voir page précédente 22 mars] et oligarchique. La Nouvelle-Russie a déjà son statut spécial. C'est sa vision d'une société de justice et de dignité, basée sur le pouvoir et la liberté du peuple travailleur.

9 - Le Conseil militaire de Nouvelle-Russie doit être convoqué au plus vite. Sa tâche est de réaffirmer l'unité de la Nouvelle-Russie et la poursuite de son programme révolutionnaire.

10 - Nous devons tous nous unir. Les républiques populaires distinctes doivent enfin former un Etat de Nouvelle-Russie fort et unifié. Ce n'est que de cette façon que la victoire deviendra possible.

11 - La Nouvelle-Russie n'a nul besoin de ceux qui se sont vendus et qui veulent vendre la Nouvelle-Russie.

12 - La Nouvelle-Russie et sa révolution sont un combat pour l'honneur, la dignité et la justice.

13 - L'honneur appartient à ceux qui savent le conquérir.

14 - La victoire sera nôtre !..

Ce manifeste est un véritable défi aux capitulards, aux intrigants et à la cinquième colonne de Moscou et de Kiev dans le Donbass. Maintenant que l'on sait que Mozgovoï ne se laissera pas "démissionner" comme Strelkov et les autres (voir plus haut 6 septembre), il ne reste plus que "l'accident", le "suicide inattendu" ou la "balle perdue". C'est à Poutine de décider...


The Twelve Clauses of Betrayal - Les douze clauses de la trahison  (par Mikhail Belyayev - Slavyangrad). Avec cet accord de Minsk, on crache au visage de toutes les victimes : les combattants et les civils, les martyrs d'Odessa brûlés vifs par les fascistes le 2 mai à la Maison des Syndicats, la Madonne de Gorlovka, cette jeune femme assasinée le 27 juillet avec son enfant dans ses bras, tous les morts et les blessés, les estropiés et les mutilés, ceux dont le logement a été détruit par les bombes et les missiles des nazis de Kiev, ceux qui ont tout perdu, ceux qui ont dû enterrer des proches, etc. etc...

"La paix est nécessaire, bien sûr, cette guerre a déjà fait trop de victimes. Mais ce qu'il faut, c'est un vrai traité de paix, avec séparation des deux Etats. Ce qui a été signé à Minsk, ce n'est pas un vrai traité de paix, c'est un acte de capitulation inconditionnelle, un acte d'annexion... Il faut espérer que cet accord sera tout simplement ignoré sur le terrain, qu'il sera oublié comme on le ferait d'un cauchemar, et que la Nouvelle-Russie continuera son combat. Un combat pour une paix réelle, jusqu'à ce que la liberté et l'indépendance soient véritablement assurées. En respectant ce qui a été signé, la Nouvelle-Russie commettrait un suicide."

10 septembre 2014 : Carte de la situation militaire

Par rapport à la carte précédente on constate que les fascistes sont maintenant encerclés à Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО (nord-ouest) et qu'ils ont été chassés de Thälmannovo-Тельманово (sud). Les taches bleues en bordure de la zone libérée représentent les concentrations de troupes ukrainiennes. Le premier chiffre suivi de "лс" indique le nombre d'hommes, le reste se rapporte au matériel (т = tanks, бмп-бтр = BMP-BTR blindés transport de troupes, мин. = mortiers, арт. = pièces d'artillerie, РСЗО = lance-roquettes multiples, etc...) et aux diverses unités "paramilitaires" de type Garde nazillonale - elles sont nombreuses (article de Cassad).

Si l'on additionne les effectifs ukrainiens massés autour de la zone rouge, on arrive à près de 20.000 hommes, auxquels il faut ajouter les troupes encerclées dans les poches blanches (plusieurs milliers) et les réserves stationnées en retrait, tant dans les régions occupées du Donbass que dans les districts voisins - en tout au moins 50.000 soldats prêts à intervenir immédiatement. La résistance, elle, dispose au maximum de 20.000 combattants, tous à l'intérieur du territoire libéré, et sans aucune réserve.

Mais le danger pour les Novorusses ne réside pas seulement dans la supériorité numérique de l'ennemi. Il provient aussi de la cinquième colonne qui mine leur propre camp...

11 septembre 2014 : Poutinade humanitaire 2.0 (Itar-Tass). Fort du succès de son premier convoi (parti de Russie le 12 août, arrivé à Lougansk le 22), le Kremlin remet ça. Un deuxième convoi attend depuis trois semaines que Porochenko ait la bonté de donner son autorisation. C'est normal, puisque le Donbass fait partie de l'Ukraine (statut confirmé par le protocole de Minsk - voir plus haut 7 septembre).

Moscou : Poutine fait quelque chose pour le Donbass mais il ne faut pas lui en demander plus...


Conférence de presse de Strelkov en Russie (commentaires de Cassad) :

Plus précis qu'il ne l'avait été le 8 septembre, l'ancien chef militaire du Donbass confirme (sans le nommer) que c'est Sourkov et sa cinquième colonne qui l'ont contraint à la démission, utilisant pour cela le chantage à l'aide humanitaire [et militaire]. Apparemment, ces gens qui gravitent autour du Kremlin ont le pouvoir de favoriser tel ou tel groupe d'insurgés. Strelkov n'accuse pas Poutine, bien au contraire, il lui fait totalement confiance. A l'instar des commandants de milices de Nouvelle-Russie, il rejette la trêve de Minsk. Mais là aussi, il en fait porter la responsabilité à la cinquième colonne. Zakhartchenko n'y serait pour rien [c'est pourtant bien lui qui a signé le protocole de la honte].  Cassad est d'avis que, puisque l'intervention militaire russe est exclue, Moscou a le choix : soit mener une politique active et offensive vis-à-vis de l'Ukraine, soit renoncer d'une manière ou d'une autre, par exemple par le biais de cette "trêve", dans l'espoir d'éviter un conflit avec les USA.  [De toute évidence, Moscou a déjà choisi - sans que ce choix lui apporte le résultat escompté, puisque l'abdication de Minsk n'empêche pas les Occidentaux de renforcer les "sanctions". La lâcheté ne paie pas...]

A la lecture du texte intégral de la conférence de presse de Strelkov (sur le site de Slavyangrad), on a l'impression étrange que Poutine ne contrôle plus rien en Russie. Les éléments "libéraux" (pro-américains) de son propre parti sabotent tout ce qu'il fait et s'efforcent de stopper sa "révolution par le haut". Jaloux de l'immense popularité du président, ces "libéraux", cette cinquième colonne, ont organisé la trahison de la Nouvelle-Russie, dont la responsabilité retombe sur Poutine. Tout cela devant se terminer par une catastrophe dont pâtira la Russie...

Strelkov a peut-être raison, mais il faudrait quand même que quelqu'un nous explique : 1) pourquoi Poutine ne s'appuie pas sur les 85 % de partisans qu'il a paraît-il dans le pays, pour venir à bout des traîtres de la cinquième colonne, et 2) pourquoi il ne s'exprime pas lui-même comme Strelkov vient de le faire. Le problème avec Poutine, c'est qu'il n'ouvre la bouche que pour dire des banalités. Pour ce qui est de l'essentiel, il se tait, on doit se contenter d'interprétations. Peut-être est-ce parce que "l'homme fort" du Kremlin est trop faible pour avoir des idées personnelles. S'il en est ainsi, on ne voit pas très bien ce qui pourrait le sauver d'un Maïdan russe dont on sait qu'il est en préparation et peut-être imminent.

Strelkov dit qu'il poursuivra son combat en Russie - voilà qui va refroidir ceux de ses partisans novorusses qui avaient cru les déclarations affirmant qu'il reviendrait à Donetsk à l'issue de ses "vacances", pour y organiser l'armée de Novorossia (page précédente 16 août).  Pour le reste, sa description de la subversion pro-occidentale dans les cercles russes proches du pouvoir, est assez effrayante. De ce point de vue, Strelkov est sur la même ligne qu'Alexandre Douguine et que l'opposition parlementaire nationaliste ou communiste. Au lieu de critiquer de front la politique de Poutine, ils défendent le maître du Kremlin tout en accusant les oligarques et la cinquième colonne (ou la sixième) d'intriguer contre lui. Poutine, lui, ne s'est jamais plaint de telles intrigues.

12 septembre 2014 : The New Round of Sanctions - The Pre-War Period  (Anatoliy Nesmeyan - Slavyangrad) :

"La nouvelle série de sanctions imposée par l'UE met fin fondamentalement à toute discussion sur la possibilité d'une entente avec l'Occident - en dépit de toutes les concessions et trahisons. Le fait même que la Russie ait reculé face à l'Ukraine, qu'elle n'ait pas défendu ses intérêts nationaux, qu'elle ait livré le Donbass et ses habitants à la merci de leurs destructeurs, qu'elle ait accepté que ses dirigeants perdent la face en trahissant, tout cela a eu pour seul effet de convaincre les Occidentaux qu'ils pouvaient continuer de dicter leurs volontés en augmentant la pression..."

"Il est difficile de dire ce que les traîtres ont bien pu promettre au président, mais il est déjà évident qu'ils l'ont trompé. Il n'y aura pas de réconciliation. Le problème est que la pression occidentale dépasse maintenant le cadre de la seule Ukraine. L'aggravation des sanctions a uniquement pour but de fomenter un schisme au sein des élites russes, en lésant les intérêts d'une partie d'entre elles afin de susciter un coup de force."

"Ce qui est en jeu à présent, ce n'est ni plus ni moins que la tête de Poutine lui-même - aucun autre dénouement ne satisfera l'Occident. Déjà après la Crimée, les élites euro-américaines effrayées étaient parvenues à la conclusion qu'elles ne pouvaient plus traiter avec Poutine, et qu'il fallait donc soutenir les plans visant à le renverser. En l'état actuel des choses, ce serait au moyen d'un coup d'Etat fomenté par des oligarques furieux d'avoir été lésés. Ou, si ça ne fonctionne pas, par le biais d'un conflit militaire."

L'auteur signale que les "élites russes" n'ont d'autre attache avec la Russie que le fait qu'elles vivent aux crochets de ce pays. [Même si Nesmeyan ne le dit pas, il ne faut pas oublier qu'en Russie, tout comme en Ukraine d'ailleurs, trois oligarques sur quatre sont avant tout juifs, sionistes et israéliens.]  S'il y a agression militaire occidentale contre la Russie, estime l'auteur, elle sera à la fois géographiquement limitée (Crimée ou Tchétchénie par exemple) et menée par procuration (comme en Irak et en Syrie). Le point de non-retour, en Russie, a été atteint en mai 2014, lorsque Moscou a refusé de s'engager politiquement pour le Donbass. C'est à ce moment-là que l'Occident a acquis la preuve qu'il pouvait imposer ses intérêts par la force.

"Qui, au sein des élites russes et de l'appareil d'Etat, a fait pression sur le président ou l'a trompé pour qu'il franchisse ce point de non-retour ?... Poutine le sait mieux que quiconque. Et ce sont ces mêmes gens qu'on retrouvera demain derrière le coup d'Etat..."

"Puisque nous sommes entrés dans une période d'avant-guerre, la logique voudrait que nous agissions autrement qu'en temps de paix. Le moindre signe d'activité en vue d'un coup d'Etat devrait conduire à en éliminer la source. Les gens qui trahissent ou vendent le pays doivent être écartés du pouvoir. Il faut les priver des outils qui leur permettent d'exercer leur influence. Il ne restera plus alors à l'Occident que l'option militaire - une option qu'il redoute car elle offre moins de chances de réussite qu'une trahison."

13 septembre 2014 : Dans l'agglomération de Donetsk, les fascistes se remettent à pilonner certains quartiers, notamment Iassinovataïa (banlieue nord) où il y a au moins un mort (RIA Novosti).

Toujours d'après RIA Novosti, 80 Ukrainiens mobilisés dans la 55ème brigade d'artillerie de Zaporojié, ont refusé collectivement d'être envoyés dans le Donbass. Ce n'est pas qu'ils soient contre la sale guerre de la junte. Non, ils déplorent seulement leur manque d'entraînement et la vétusté du matériel. D'accord pour pilonner Donetsk, mais il ne faudrait surtout pas qu'un obus leur explose en pleine gueule au lieu d'aller déchiqueter des enfants de "terroristes"...

Selon RT, les 200 camions du deuxième convoi humanitaire russe sont arrivés sans encombre à Lougansk, escortés par la milice populaire. Porko a-t-il donné son autorisation ?... Non, pas du tout.  Kyiv Post écrit que "le convoi est illégal car les représentants de l'Ukraine n'ont pas eu la possibilité de l'inspecter". Ben merde alors...  Ce que Kyiv Post ignore encore : les envahisseurs russes en ont profité pour envoyer un engin de guerre ultra-sophistiqué dans le Donbass.


Energie : après avoir perdu le gaz de Crimée et le charbon de Donetsk, l'Ukraine se met aux éoliennes avec l'aide des USA.

14 septembre 2014 : Les fascistes continuent de pilonner Donetsk, tuant une vingtaine de civils dans le Kouïbichevski et le Kievski Raïon, deux quartiers du nord-ouest de la ville (vidéo Cassad). Bombardements ukrainiens également à Gorlovka : cinq morts (La Voix de la Russie).

Toujours selon Cassad, la situation humanitaire reste grave à Lougansk, bien pire qu'à Donetsk, et les problèmes d'eau et d'électricité n'arrangent pas les choses. Une des raisons en est la faiblesse des autorités locales et l'anarchie partielle qui règne dans la ville ("Il y a des tas de groupes qui mènent leur propre guerre et n'obéissent à personne"). La région va recevoir, semble-t-il, du gaz et du courant directement de Russie. Une ligne électrique a déjà été posée jusqu'à Krasnodon. Le gaz devrait arriver en novembre.  Affrontements épisodiques autour de Lougansk, entre les milices de RPL et des petits détachements fascistes qui sévissent encore dans les parages. Sur la ligne de front au nord de la ville, combats purement locaux à Stanitsa Louganskaïa et Stchastié. (Ce lien contient aussi un reportage vidéo qui montre les destructions dans la région entre Krasnodon et Lougansk, y compris à l'aéroport récemment libéré.)

Dans une interview à la chaîne russe LifeNews, Zakhartchenko déclare à propos des tirs ukrainiens meurtriers sur Donetsk et Gorlovka : "Ces tirs visant les zones résidentielles ont pour objectif de nous pousser à riposter. Toutes ces attaques sont des provocations flagrantes..."  Autrement dit, si l'on comprend bien le "Premier ministre de la RPD" (ou plutôt le représentant de la cinquième colonne à Donetsk), les forces de la résistance ont l'ordre de ne pas répliquer aux pilonnages, de ne pas répondre aux "provocations", c'est-à-dire de ne plus résister. La devise de Poutine (voir plus haut 29 août) vaut désormais pour l'ensemble du Donbass...  La question est maintenant de savoir s'il existe sur place des forces politiques et militaires suffisamment conscientes pour s'opposer avec succès à la grande braderie du Kremlin et aux tractations qui ont lieu en coulisse pour transformer l'accord de Minsk en capitulation définitive. S'il n'y a pas de réaction très prochainement, on pourra enterrer le mouvement séparatiste.

Carte de la situation militaire au 14 septembre

Deux changements par rapport à la carte précédente : 1) au nord de Donetsk-ДОНЕЦК, la résistance perd du terrain (Pieski-ПЕСКИ-Пески est aux mains des fascistes et l'aéroport est désenclavé) - 2) dans le sud-ouest la ligne de front s'incurve toujours plus au détriment des insurgés, atteignant maintenant Komsomolskoïe-Комсомольское ("Jeunesses communistes") sur le fleuve Kalmious-Кальмиус (qui traverse aussi Donetsk et Marioupol-МАРИУПОЛЬ). Quand on songe qu'il y a une dizaine de jours, les forces novorusses étaient à Volnovakha-ВОЛНОВАХА et encerclaient Marioupol, on ne peut pas dire que la "trêve" leur ait été profitable. Et chaque jour passé à ne pas riposter ni répondre aux "provocations" (comme dit Zakhartchenko), ne fait qu'aggraver la situation.

16 septembre 2014 : Depuis hier, des manœuvres militaires de l'OTAN se déroulent dans la région de Lvov (ouest - carte) avec la participation de 1.300 soldats de 15 pays. Pour les fachos de Kiev, c'est une bonne nouvelle... mais ce n'est pas la seule :



Pour le "journaliste" ukrainien Tymchuk, les cas de "tirs amis" se multiplient dans les rangs délabrés des forces
russo-terroristes. Quand les terroristes ne tirent pas sur les unités [des envahisseurs] de l'armée russe,
ils se tirent dessus les uns les autres, utilisant pour cela tant des armes automatiques que l'artillerie.
(Sans commentaire - source : Kyiv Post)

Alors que les Ukrainiens prisonniers de guerre ont presque tous été relâchés par les Novorusses qui ne savent qu'en faire, l'inverse se fait attendre pour diverses raisons. D'une part parce que beaucoup de ces kidnappés sont morts entre-temps et que la junte prétend tout ignorer d'eux. D'autre part, parce que les personnes séquestrées encore en vie sont considérées comme "terroristes".

Il ne faut sans doute rien attendre de concret de ce côté-là (voir plus haut 8 septembre). Mais comme Porochenko veut donner l'impression qu'il "agit", il convoque d'urgence la Rada de Kiev, qui est non seulement épurée mais aussi dissoute (vive la "légalité" ukrainienne"). Après un court briefing à huis clos, ladite Crada, sans attendre l'été 2015, "vote" au pas de course deux "lois" destinées à donner le change :

■  L'une "exonère de poursuites et de châtiment les personnes ayant participé à des événements sur le territoire des districts de Donetsk et de Lougansk". Cette "loi" ne s'applique pas aux "personnes suspectées ou accusées de crimes définis au Code pénal ou condamnées pour de tels crimes". Pas plus qu'aux "personnes responsables d'actions ayant conduit au crash du vol MH17 le 17 juillet dans le district de Donetsk, et/ou ayant empêché l'investigation du crash". (Car bien entendu, le Boeing n'a pas été abattu par l'armée ukrainienne aux mains propres, mais par les abominables "terroristes" qu'elle combat.) Source

■  L'autre "loi" a pour but de "régler le statut spécial d'autonomie de certaines régions des districts de Donetsk et de Lougansk". Valable pour une période de trois ans, "elle définit le statut temporaire régissant l'organisation et l'activité des organes autonomes locaux de certaines régions des districts de Donetsk et de Lougansk, comprenant des régions, villes, communautés et villages déterminés par la Rada suprême. Il est entendu que la législation ukrainienne dans ces régions s'appliquera en tenant compte des spécificités déterminées par la loi pour la période donnée." Source

Réaction de Zakhartchenko (RPD) à propos du second texte : "Attendons que Porochenko promulgue cette loi, que le texte soit publié et qu'il entre en vigueur. Ensuite nous le traduirons en russe [très drôle], nous le lirons et nous donnerons notre avis." (RIA Novosti)

Réaction de Plotnitski (RPL) : "Cette loi reflète les priorités que nous avons exprimées lors des négociations de Minsk. C'est pourquoi, même si beaucoup de choses restent à éclaircir, nous pouvons dire que nous avons là une première chance en vue d'une résolution pacifique du conflit." (RIA Novosti)

Personne ne s'étonnera de ces réactions de "l'élite" politique du Donbass. Tout cela fait partie du spectacle mis au point par les deux compères. Les responsables militaires du Donbass se soumettent aux (ir)responsables politiques, qui se soumettent à Poutine, qui lui-même se soumet plus ou moins aux volontés de l'Occident.

Pendant ce temps, sur place, les forces de la junte continuent de grignoter du terrain : Carte de la situation militaire au 16 septembre

Sur le front nord-ouest, elles ont désenclavé Debaltsevo-Дебальцево et réussi une percée de trente kilomètres en direction de l'est. Autre avancée fasciste du même ordre entre Gorlovka-ГОРЛОВКА et Donetsk-ДОНЕЦК. Comme on peut le voir, Gorlovka est au bord de l'encerclement : un retour en arrière de plus d'un mois (carte du 13 août).

Si la résistance continue de "respecter le cessez-feu" sans réagir, la Crada de Kiev n'aura plus grand-chose à faire pour déterminer l'étendue de la future "région autonome". C'est sans doute pour cette raison que la "loi" est passée comme une lettre à la poste.

17 septembre 2014 : Il n'y a pas de trêve, déclare Andreï Pourguine, l'adjoint de Zakhartchenko. "Des armes lourdes sont utilisées activement, des villes bombardées, quatre arrondissements de Donetsk sur huit sont pilonnés en permanence. Récemment, un obus a frappé un bus avec des gens à l'intérieur... Il y a deux jours, quelque chose d'énorme est tombé sur un arrêt de bus à Khartsyzk [à l'est de Donetsk], creusant un cratère de six mètres de large et deux mètres de profondeur..."  Ce que Pourguine ne dit pas : si les fascistes ne respectent pas la "trêve", les résistants, eux, continuent de faire comme si elle existait. Un comportement pour le moins étrange...

Tandis que les troupes de la junte poursuivent leur progression dans le Donbass face à une résistance qui n'a plus le droit de résister, tandis que les gens meurent sous les bombes et que les Zakhartchenko, Pourguine et compagnie font mine de ne pas comprendre les causes de la débâcle qui s'annonce, les oligarques russes et ukrainiens discutent à Genève avec leurs collègues américains et européens de la meilleure façon d'accélérer le processus (Cassad).

Liste des participants. On y trouve du côté russe : le milliardaire juif Anatoli Tchoubaïs (PDG de la société de nanotechnologie Rousnano, ancien ministre de Elstine, responsable de la privatisation dans les années 1990), le banquier Guerman Gref (soi-disant d'origine allemande, PDG de la Sberbank), Andreï Kostine (PDG de la banque VTB, ex-Vneshtorgbank, très engagée en Israël), Alexeï Mordachov (milliardaire juif, roi de l'acier, PDG de Severstal). Du côté ukrainien : Natalie Jaresko (milliardaire ukraino-américaine, fondatrice du private equiy fund Horizon Capital), Victor Pintchouk (milliardaire juif, magnat de l'acier, deuxième fortune d'Ukraine), Sergueï Tarouta (milliardaire, géant de l'acier, nommé gouverneur de Donetsk par la junte), Ievgueni Outkine (patron de KM Core, une holding du groupe Kvazar-Micro engagée dans les secteurs de l'information, de la communication, de l'électronique et des nanotechnologies). Côté européen : les patrons de BASF, de Siemens, de la Banque européenne d'investissement et du Forum économique mondial. Côté américain : les PDG d'Alcoa, de PepsiCo et du cabinet d'audit financier EY (ex-Ernst & Young).

On comprend, en voyant cette liste, par qui la résistance est en train de se faire entuber, avec la complicité de Poutine et des marionnettes politiques qu'il a installées dans le Donbass après avoir écarté les patriotes.

Comment transformer l'essai de Minsk :  Le programme des oligarques  (pdf sur le site du Forum économique mondial). Un plan en dix points qui n'engage que les bonnes poires qui l'acceptent.

Commentaire de Cassad : "Le big business russe essaie d'acheter pour lui-même les faveurs de l'Occident, aux dépens de la Nouvelle-Russie dont le sort devient l'objet de marchandages et de concessions. Contrairement aux pourparlers de Minsk, d'où les USA étaient absents, cette initative de Genève inclut la corporocratie américaine. Evidemment, les dirigeants de la RPD et de la RPL ne participent pas aux débats. Leur rôle, à l'arrière-plan, s'apparente à celui des Tchèques à Munich, en 1938, qui attendaient dans l'antichambre qu'on les informe du sort qui leur serait réservé..."

"Mais le problème est que les USA, quoi qu'il arrive, n'abandonneront ni les sanctions ni la mise en place de bases militaires à la frontière russe. Les partisans de la 'trêve' vont donc devoir faire face à un dilemme désagréable : soit totalement céder aux pressions, ce qui est inacceptable pour des raisons de politique intérieure russe ; soit précipiter les événements en Ukraine, ce qui est inacceptable pour les milieux d'affaires qui subiraient ainsi des pertes majeures dans ce conflit..."

Cassad signale que beaucoup de médias russes continuent de vanter "les bienfaits de la trêve" et se déconnectent de plus en plus de la réalité. On assiste à des tentatives hystériques de vendre la prolongation de ce "cessez-le-feu" bidon et de laver Porochenko de toute culpabilité. La pression de la base (combattants, chefs militaires, opinion publique) oblige les dirigeants politiques des deux républiques à réclamer, de manière purement rhétorique, une certaine part de souveraineté. Pour les combattants, c'est tout simplement inacceptable. Et se voir accorder une "amnistie" par Kiev, sous quelque forme que ce soit, est encore pire. Le problème des partisans de la "trêve" : ils ont contre eux ceux qui portent les armes. Les serviteurs des oligarques russes vont tenter à la fois de discréditer les chefs militaires de la résistance, à commencer par Mozgovoï, et de tout ramener à un prétendu "dénominateur commun".

Comme le rappelle également Cassad, il n'y a toujours pas, sur le plan militaire, d'unité de commandement dans le Donbass, malgré une annonce récente faite en ce sens par Oleg Tsariov, leader du mouvement Sud-Est (donc un responsable politique, pas militaire).

18 septembre 2014 : Porkochenko est en visite aux Etats-Nazis d'Amérique. Il reçoit un accueil triomphal au Congrès de Washington.



L'A-T-IL VRAIMENT DIT ?

Plus probable


19 septembre 2014 : Un troisième convoi humanitaire russe de 200 camions arrive à Donetsk, après être passé par le poste frontalier de Matvieiev-Kourgan (Ouspenka côté RPD) situé au sud d'Ambrosievka (carte). Auparavant Moscou avait sollicité l'autorisation ukrainienne, mais sans obtenir de réponse.


LE DERNIER CLOU DANS LE CERCUEIL DU DONBASS

20 septembre 2014 : Dans la nuit du 19 au 20, à Minsk, nouvelle réunion du "groupe de contact trilatéral" (Russie, Ukraine, OSCE) avec la participation de Zakhartchenko (le Mahmoud Abbas de Donetsk) et de Plotnitski (son clone de Lougansk). Avant la réunion, le représentant ukrainien Koutchma (un autre Porochenko) avait déclaré : Nous ne reconnaîtrons en aucun cas l'existence de quelconques républiques. C'est d'ailleurs également le point de vue de la Russie officielle, même s'il n'a jamais été formulé de cette façon.

Les participants signent un mémorandum destiné à compléter le protocole du 5 septembre. Le texte n'est pas encore publié, mais si l'on en croit Itar-Tass, il contient les dispositions suivantes : fin de toutes les opérations offensives dans les 24 heures, fin de l'utilisation d'armes offensives, retrait de part et d'autre sur une profondeur de 15 km de toutes les armes d'un calibre de plus 100 mm, fin de l'utilisation d'avions de combat et de drones (les drones de l'OSCE sont autorisés), déploiement d'observateurs de l'OSCE dans la zone démilitarisée séparant les combattants, poursuite de l'échange de prisonniers.

Il suffit de regarder la récente carte de la situation militaire pour se rendre compte que la mise en place d'une zone tampon de 15+15 km est irréalisable, à moins de permettre aux "observateurs" de l'OSCE (Otan Sous Couverture Européenne) de prendre possession de Donetsk, Gorlovka et Lougansk, ainsi que d'une bonne partie de la frontière russe dans le sud-ouest* - c'est probablement le but de la manœuvre. Et quand le texte exact du mémorandum sera connu, y compris d'éventuelles clauses non mentionnées ici*, la surprise sera sans doute encore plus grande.

* Juste après la réunion de Minsk, Koutchma signale que "les observateurs de l'OSCE pourraitent être déployés sur toute la longueur de la frontière russo-ukrainienne" (Kyiv Post), c'est-à-dire entre la Russie et les deux républiques inexistantes.

Depuis quinze jours, Moscou faisait comme s'il y avait effectivement un cessez-le-feu, et comme s'il s'agissait de lui donner un caractère définitif. Mission accomplie... Au diable la réalité, au diable le Donbass, au diable les innombrables victimes...

En principe, les militaires novorusses devraient être opposés à cette nouvelle trahison. Mais il est douteux que leurs divisions internes leur permettent de réagir de manière adéquate et efficace. Etant donné que la première phase de l'arnaque du cessez-le-feu n'a pas suscité de réactions autres que verbales à ce niveau, il serait naïf d'attendre autre chose maintenant que va se jouer le dernier acte de cette tragédie.


Quelques heures plus tard, le texte du mémorandum est mis en ligne. Le contenu est en gros le même que celui communiqué par Itar-Tass, plus le point n° 6 (mines) et le point n° 9 (combattants et mercenaires étrangers) ; la question des prisonniers n'est pas évoquée. Tout ce qui est dit quelques lignes plus haut reste valable.



Source

Reste à savoir s'il s'agit vraiment du texte officiel et intégral. Pour un accord international, c'est un peu court et cela manque de précision. De plus, il aurait été bon d'y joindre une carte approuvée par tous les signataires, montrant les positions des uns et des autres au 19 septembre. A défaut d'une telle carte, tous les abus sont possibles sinon probables (voir plus haut un exemple du 25 août). Mais même sans mauvaise foi, les combattants ne savent pas toujours quels territoires ils tiennent, et les enclaves et zones contestées ne manquent pas.

Carte de la situation militaire au 19 septembre (non homologuée par le mémorandum de Minsk). Pratiquement aucune différence avec la carte précédente.

Pour ce qui est du point n° 9 de l'accord, il est évidemment destiné à éloigner tous les volontaires russes et d'autres nationalités qui combattent aux côtés de la résistance. Les mercenaires étrangers qui aident les fascistes sur le terrain (Polonais, Canadiens, Blackwater, Academi et compagnie) n'ont pas d'existence officielle, ni pour Kiev, ni pour Moscou, ni pour l'OSCE. (En Espagne, lorsque l'URSS avait retiré les Brigades internationales en novembre 1938, la guerre civile avait encore duré cinq mois jusqu'à la victoire totale de Franco. Dans le Donbass, il suffira de cinq jours, et encore...)

On remarquera aussi (point n° 8) que Poutine et Porochenko sont particulièrement pressés de livrer les territoires insurgés aux "observateurs" de l'OSCE (= occupants de l'OTAN). L'armée française et la Bundeswehr allemande se préparent déjà à intervenir - détails.

21 septembre 2014 : Texte intégral du mémorandum de Minsk :  page 1 en russe  -  page 2 avec les signatures  -  traduction anglaise (version corrigée)

En quoi ce texte diffère-t-il de celui de l'AFP ?

■  Titre et préambule : on s'y réfère au protocole du 5 septembre et à la mise en œuvre [ne riez pas] du "Plan de Paix" de Porochenko et des "initiatives" de Poutine. Les deux traîtres du Donbass y sont mentionnés comme "représentants de certaines parties des régions de Donetsk et de Lougansk" - surtout pas comme représentants des deux républiques. Le 5 septembre, ils n'étaient rien du tout, seuls leurs noms étaient indiqués. En ce sens, c'est un petit progrès.

■  Les points 1, 2, 3, 6, 7 et 9 sont plus ou moins identiques.

■  Le point n° 8 précise que la zone tampon sera divisée en secteurs. Le nombre et la délimitation de ceux-ci seront fixés au cours des travaux préparatoires de la mission d'observation de l'OSCE.

■  Le point n° 4 précise que le retrait ou recul d'au moins 15 km pour les armes lourdes est porté dans certains cas à une distance correspondant à la portée maximum des armes visées, c'est-à-dire parfois moins de 15 km (pour les canons de 100 mm et les mortiers de 120), et parfois plus (concrètement de 16 à 120 km selon le type de canon, obusier, lance-roquettes, etc...)  Etant donné qu'aucun endroit du territoire indépendantiste ne se trouve à plus 120 km de la ligne de front (carte), cela équivaut à priver la résistance de ce type d'armes lourdes. Les fascistes, eux, si jamais l'envie les prend de respecter le mémorandum, pourront toujours reculer jusqu'à Kiev. De plus, pour vérifier le respect de cette clause, les "observateurs" de l'OSCE l'OTAN étendront automatiquement la profondeur de la zone contrôlée à 120 km de part et d'autre, au lieu des 15 km annoncés. Autrement dit, pas un centimètre du territoire encore aux mains des forces novorusses ne sera épargné.

■  Point n° 5 : l'interdiction des armes et équipements lourds ne s'applique pas aux "zones habitées", comme l'écrit l'AFP, mais à la zone sous surveillance de l'OSCE, délimitée par Komsomolskoïe-Комсомольское, Koumatchovo [à l'est de Komsomolskoïe, près de la frontière russe], Novoazovsk-НОВОАЗОВСК et Sakhanka [à l'ouest de Novoazovsk, en direction de Marioupol-МАРИУПОЛЬ]. Comme on peut le voir sur la carte, le quadrilatère en question (dans le sud-ouest) s'étend le long de la frontière russe en direction de la mer d'Azov. Il devra pour ainsi dire être abandonné à l'OSCE l'OTAN. Les fachos de Marioupol doivent une fière chandelle au grand Poutine et à son Zakhartchenko local.


Judas Zakhariote brandit son mémorandum :  "Oops !...  I did it again..."


Commentaire d'Igor Strelkov  (sur le blog de Cassad) :

"Les Ukrainiens ont surmonté leur panique, ils se sont regroupés et préparés pour de nouvelles batailles, et maintenant ils montrent clairement qu'ils n'accepteront rien de moins qu'une complète capitulation de Moscou dans le Donbass. Les 'brillants succès' du 'camp de la paix' représenté par le groupe Sourkov-Lavrov-Zourabov* ont placé le président devant la même alternative qu'il y a un mois : soit une guerre décisive (avec des pertes et des coûts encore plus élevés), soit une capitulation honteuse (avec prochainement la Crimée et le 'scénario Milosevic'**). C'est précisément dans ce but que les opérations militaires [des forces de Nouvelle-Russie] ont été stoppées [avec le 'cessez-le-feu' bidon du 5 septembre]. La question qui se pose : combien de temps encore Sourkov pourra-t-il abuser Poutine en lui vendant ses 'succès virtuels' comme des réussites réelles ?  Et jusqu'à quand le président pensera-t-il être en mesure de garder sous son contrôle les Sourkov et compagnie ?...  En son temps, l'empereur Napoléon déchu avait dit à Sainte-Hélène : « Si j'avais fait pendre deux hommes, Talleyrand et Fouché, je serais encore sur le trône... »  Et celui qui disait cela était un grand homme d'Etat qui avait été certain de pouvoir mettre en échec les comploteurs de son entourage."

* Respectivement le Raspoutine de Poutine (8 septembre), son ministre des Affaires étrangères et son ambassadeur en Ukraine (co-signataire du mémorandum de Minsk).

** Lors des guerres de Yougoslavie des années 1990, le président serbe avait fini par abandonner ses compatriotes de Bosnie, dans l'espoir d'amadouer les agresseurs occidentaux. On sait comment tout cela s'est terminé.


Cassad : "Il n'est pas encore dit que tout va mal. Ce sera seulement le cas si le président prend la décision suicidaire de se plier aux conditions du Parti de la trahison, que celui-ci présentera comme étant 'les seules possibles'..."

Bon...


Non seulement traître, mais aussi mythomane :

(Source : Itar-Tass)

Le chef politique de Lougansk prétend que les participants aux pourparlers de Minsk ont accepté que les territoires tenus par la RPL restent sous son contrôle. En réalité rien de tel n'a été convenu (voir plus haut). Le mémorandum ne mentionne même pas la RPL (ni la RPD). Pour les trois négociateurs principaux (représentant l'Ukraine, la Russie et l'OSCE), les deux républiques populaires n'existent pas ; ces territoires font partie de l'Ukraine.


Moins de 24 heures après la signature du mémorandum de la honte, les fascistes ukrainiens bombardent une usine de munitions située au nord-ouest de Donetsk. Pas de réaction de la résistance.


Carte de la situation militaire au 20-21 septembre

Par rapport à la carte précédente, on constate que des changements ont eu lieu dans le secteur de Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА (nord-ouest). Les Ukrainiens massés entre les deux agglomérations, craignant de se faire encercler, ont quitté les lieux. Toutefois il ne s'agit pas d'un retrait, lequel aurait dû s'opérer vers l'ouest (d'où ils étaient venus), mais d'une progression vers le nord-est, en direction de Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО. Une zone a été évacuée, une autre occupée qui ne l'était pas la veille. C'est tout simplement un échange de territoire réalisé d'un commun accord. Ou peut-être selon le principe : les fascistes font ce qu'ils veulent, les insurgés regardent sans s'y opposer. Depuis que le Donbass vit sous le régime de Minsk, toutes les magouilles sont possibles. On peut se demander si les militaires indépendantistes disposent encore d'une stratégie (en dehors de la reddition en bon ordre voulue par Poutine).

La nouvelle carte indique les lignes de retrait à 15 km de part et d'autre de la ligne de front, mais aussi à 30 km (?)  En principe, de telles lignes devraient aussi exister autour des enclaves ukrainiennes. Et à l'intérieur de chaque enclave, les troupes assiégées devraient également reculer leur armement lourd de 15 km ou plus. (La taille des chaudrons ne le permet pas ?... J'veux pas le savoir... Le réglement, c'est le règlement... Relisez le mémorandum...)



UN CAS POUR LA PSYCHIATRIE :

"Cherchez pas, docteur, c'est la tête..."

Tandis que les fachos de Kiev et leurs sponsors occidentaux ne cessent d'accumuler les "sanctions" antirusses, Poutine conseille : "Les banques russes devraient continuer de travailler en Ukraine en dépit des difficultés actuelles, car leur départ de ce pays nuirait à l'économie ukrainienne."  On se demande depuis plus de six mois pourquoi Moscou ne prend aucune contre-mesure face à l'orgie "punitive" de ses ennemis (exception faite de quelques annonces presque jamais suivies d'effet). Finalement, on a peut-être tort de chercher des explications politiques ou économiques là où les causes sont sans doute purement pathologiques.


Strelkov : Je ne foutrai pas la paix à ce ramassis de pervers dégénérés, de ripoux et de traîtres - une attaque en règle contre Sourkov.
[C'est la faute à Raspoutine, d'accord... Et Poutine dans tout ça ?  Responsable ? Pas responsable ? Irresponsable ?...  Virez-le ou enfermez-le, mais faites quelque chose... ]



"Raspoutine, s'il te plaît,
donne-moi mes médicaments...
"


23 septembre 2014 : Itar-Tass cite Vladimir Kononov, ministre de la Défense de la RPD : "Pour satisfaire aux termes de l'accord de Minsk, nous retirons notre artillerie lourde, contrairement aux Ukrainiens..."  Bravo Kono !...



TOP TROIS DES DANGERS MONDIAUX :

Si Poutine restitue la Crimée, Obama est disposé à le faire passer en troisième position...


26 septembre 2014 : Cessez-le-feu et retrait de l'artillerie restent purement théoriques en bien des endroits du front, à en juger par les échanges de tirs et les pilonnages signalés près de l'aéroport de Donetsk, du côté de Debaltsevo, au nord de Lougansk et à l'est de Marioupol. Dans l'ensemble, les indépendantistes se contentent de réagir. L'offensive "interrompue" il y a trois semaines le restera sans doute très longtemps. La "pause" des combats pourrait être aussi longue que les "vacances" de Strelkov.

La collaboration Moscou-Kiev a porté ses fruits. Elle est bien sûr à sens unique, comme dans tous les cas où collaboration est synonyme de soumission. Seul Porochenko en profite, tandis que Poutine l'aide à réaliser pas à pas son "plan de paix". L'imbécile du Kremlin ferait n'importe quoi pour obtenir la levée des "sanctions" occidentales. Résultat : l'aide militaire russe ne passe plus, la résistance est paralysée et le troisième volet de la trahison de Minsk est en préparation. On ignore ce qu'il contiendra, peut-être la dissolution des milices populaires et le retour de l'administration de Kiev dans le Donbass.

27 septembre 2014 : Carte de la situation militaire

Rien de changé par rapport à la carte d'il y a une semaine, à deux petites exceptions près :  1) dans la banlieue ouest de Donetsk-ДОНЕЦК, Marinka-Марьинка est entièrement aux mains de la résistance (le 21 septembre, seule la partie orientale était libérée) - 2) un peu plus au sud, à l'ouest de Dokoutchaïevsk-ДОКУЧАЕВСК, deux localités ont également été récupérées par les forces novorusses. Cette modeste progression ne résulte pas d'une offensive, mais d'un vide créé par le transfert de troupes ukrainiennes vers une autre partie du front jugée plus importante.

29 septembre 2014 : Will Russia and China hold their fire until war is the only alternative ?  par Paul Craig Roberts :

"Pour autant que je sache, ni le gouvernement russe ni le gouvernement chinois ne prennent au sérieux la menace représentée par Washington. La prétention américaine d'exercer son hégémonie sur le monde [prétention ouvertement affichée par Obama dans son discours arrogant et agressif devant l'Assemblée générale de l'ONU] leur paraît trop outrancière pour être vraie. Et pourtant, elle est bel et bien réelle."

"Comme la Russie et la Chine refusent de prendre la menace américaine au sérieux, elles n'y répondent pas de manière appropriée en prenant des mesures susceptibles de mettre fin à la menace sans qu'il soit nécessaire de recourir à la guerre. Par exemple, le gouvernement russe pourrait très probablement causer l'effondrement de l'OTAN en répliquant de la manière suivante aux sanctions imposées par Washington et l'UE : il lui suffirait d'informer les gouvernements européens que la Russie ne vend plus de gaz naturel aux pays de l'OTAN. Au lieu d'user de cette arme de rétorsion, la Russie a stupidement permis aux pays de l'UE de stocker d'immenses quantités de gaz qui permettront à leur population et à leur industrie de passer l'hiver sans encombre. La Russie a-t-elle bradé ses intérêts nationaux pour de l'argent ?..."

[Les soi-disant négociations énergétiques actuellement en cours entre Moscou et Kiev sous l'égide de l'UE, montrent que la Russie est disposée à céder sur toute la ligne. Elle continuera probablement de fournir du gaz à l'Ukraine en se contentant de vagues promesses pour ce qui est du règlement des futures livraisons et du remboursement de la dette d'au moins 5 milliards de dollars accumulée jusqu'à présent. On sait que le premier souci de Poutine est de ne pas nuire à l'économie ukrainienne - voir plus haut.]

Paul Craig Roberts : "Malheureusement, la Russie est infestée d'économistes formés en Occident et représentant les intérêts occidentaux, pas les intérêts russes..."

"Face à cette extraordinaire faiblesse du gouvernement de Moscou, Obama sait qu'il peut aller à la tribune de l'ONU pour y raconter les pires mensonges sur le compte de la Russie, sans le moindre risque pour les USA et l'Europe. L'inaction russe alimente la démonisation de la Russie..."

"La Chine, elle non plus, ne fait rien, alors qu'elle aurait de multiples possibilités de déstabiliser Washington dans le domaine financier..."

"En choisissant de rester passives, la Russie et la Chine permettent aux USA de les attaquer. La semaine dernière, Washington a mobilisé des milliers d'agents de prétendues ONG dans les rues de Moscou afin d'y dénoncer « la guerre de Poutine contre l'Ukraine ». [Même chose, à plus grande échelle encore, dans les rues de Hong Kong où vient d'être lancée la nouvelle "révolution colorée", le Tienanmen 2.0...]  Stupidement, la Russie a permis aux capitaux étrangers d'acheter ses journaux, avec pour résultat que les lecteurs russes y lisent continuellement des attaques contre Poutine et le gouvernement russe..."

"L'incapacité des gouvernements russes et chinois de repousser la menace hégémonique américaine contre leur souveraineté, accroît le risque d'une guerre nucléaire. Si la Russie et la Chine entrent trop tard dans le jeu américain, la seule alternative qui leur restera sera : soit la guerre, soit la soumission à l'hégémonie de Washington. Comme il n'existe aucune possibilité pour les USA et l'OTAN d'occuper militairement la Russie et la Chine, la guerre ne pourra être que nucléaire..."

[Nul ne sait quel choix feront les dirigeants chinois ; tout dépendra de la suite qu'ils donneront au "Tienanmen" de Hong Kong. Pour ce qui est de Poutine, il est clair qu'il a depuis longtemps opté pour la soumission...]

1er octobre 2014 : Une rentrée scolaire noyée dans le sang (article, photos et vidéo). L'armée de la junte bombarde le Kievski Raïon de Donetsk et détruit une école, un magasin et un bus, faisant au moins cinq morts et 50 blessés (d'autres sources font état de dix tués).  La ville de Gorlovka est également pilonnée par l'artillerie ukrainienne : au moins un mort et deux blessés - source.

Mais attention, il ne faut surtout pas répliquer, cela ferait de la peine à Poutine et risquerait de nuire au régime de Kiev...

Les indépendantistes répliquent quand même en attaquant les positions des fascistes à l'aéroport de Donetsk. C'est de là que viennent la plupart des tirs qui frappent les civils.

Dans cette traduction allemande d'un article russe de Cassad sur les interminables affrontements à l'aéroport, on apprend pour quelle raisons les Ukrainiens s'accrochent à ce site sans importance stratégique (si ce n'est pour pilonner sans risques la capitale). Apparemment, de nouvelles magouilles se préparent avec la complicité du Kremlin. Il pourrait s'agir soit d'un "échange de territoire" dont le milliardaire Tarouta, "gouverneur" de Donetsk nommé par la junte, s'est fait l'écho (échange bien entendu défavorable aux indépendantistes, dans le style : je te file les ruines de l'aéroport, tu me donnes tout entre ici et la mer d'Azov) ; soit d'un arrangement entre Moscou et Kiev visant à transformer la "zone démilitarisée" de 30 km du mémorandum de Minsk en "zone neutre" placée sous administration ukrainienne, laquelle "zone neutre" engloberait non seulement l'aéroport détruit mais aussi toute l'agglomération de Donetsk, Lougansk, Gorlovka et le reste. Sur cette carte, c'est tout le territoire situé au nord ou à l'ouest de la ligne jaune à 15 km de la ligne de front.

Naturellement, les combattants novorusses font tout leur possible pour faire échouer ces manœuvres politiciennes, mais la pression émanant de Moscou est énorme. Le Kremlin "conseille" aux résistants de ne plus résister jusqu'au printemps. Si la résistance suit ce conseil obscène, il n'est pas difficile de deviner ce qui se passera dans six mois. Y aura-t-il encore une résistance ?...

L'article confirme la fin de l'aide matérielle russe officielle ou quasi-officielle (les "surplus militaires Voïentorg-Военторг"). Il signale aussi que l'état-major militaire commun RPD-RPL qui avait été établi à Krasnodon début août, a désormais fermé ses portes.  Cassad ironise : "Normal, officiellement la guerre est finie... La question est de savoir si on mettra autre chose à la place..."  Au printemps, peut-être, à Pâques ou à la Trinité...


Dans cette vidéo, le blogueur Nesmeyan parle de l'évolution de Strelkov et de sa confrontation avec la cinquième colonne russe :

"Il y a ici, à Moscou, des forces très importantes qui sont prêtes pour toutes sortes de raisons à enterrer la Novorussie... Il faut comprendre que Porochenko et ces forces ici à Moscou, jouent du même côté..."

Nesmeyan, comme presque tous les autres partisans de la cause novorusse, n'ose évidemment pas s'en prendre à Poutine lui-même. Il tape donc sur les "forces obscures", seules responsables de tous les maux. C'est une attitude sans doute compréhensible au début, et explicable par le souci de ne pas faire le jeu de l'Occident. Mais à la longue, on se demande en quoi cette caricature de président à la merci de ses conseillers se distingue concrètement de n'importe quelle marionnette que l'axe américano-sioniste rêve de mettre à sa place. En continuant de tourner ainsi autour du pot, en refusant d'appeler un chat un chat, les défenseurs du Donbass se discréditent eux-mêmes...


ET PENDANT CE TEMPS-LÀ, POUTINE ESPÈRE...

Poutine espère que les élections législatives ukrainiennes [du 26 octobre] apporteront la stabilité politique au pays.
Le président russe dit que c'est la seule manière pour l'Ukraine de préserver son intégrité territoriale et de retrouver son unité.

On ne peut préserver que ce qui existe encore, ce qui n'est plus le cas de l'intégrité territoriale ukrainienne, qu'il faudra rétablir - en redonnant à Kiev le contrôle intégral du Donbass (Poutine y travaille activement)... et de la Crimée (prochaine étape). Quant à l'unité politique, on sait qu'elle est garantie par le fait que les partis de la majorité parlementaire ukrainienne de 2012 (Parti des régions et PC) ne peuvent participer aux présentes élections, ce qui préservera le pouvoir de la junte.


Carte de la situation militaire au 1er octobre  - peu de changement depuis la carte précédente, mais les fascistes grignotent encore du terrain dans le profond saillant de Debaltsevo (nord-ouest) :  Menace stratégique.

2 octobre 2014 : Violents pilonnages du centre-ville de Donetsk. Plusieurs morts dont un prétendu "travailleur" de la Croix-Rouge internationale (qui n'avait rien à faire dans les parages, si ce n'est espionner).

3 octobre 2014 : Carte de la situation militaire - par rapport au 1er octobre les indépendantistes perdent encore du terrain au nord de Debaltsevo et sur le front sud-ouest (entre Stila et Komsomolskoïe).

Optimisme : La Nouvelle-Russie présente sa nouvelle monnaie (rouble novorusse destiné à remplacer la hryvnia ukrainienne).

4 octobre 2014 : Carte de la zone tampon

Selon cette information de Cassad (en russe - depuis une dizaine de jours les articles ne sont plus traduits en anglais), une mission internationale est arrivée à Marioupol, composée de représentants de l'Ukraine, de la Russie et de l'OSCE [c'est-à-dire de l'OTAN]. Elle a pour tâche de déterminer les limites de la zone tampon de 30 km prévue par le mémorandum de Minsk du 19 septembre. Naturellement, aucun représentant des insurgés ne fait partie de cette mission. Mais ça, Poutine et Zakhartchenko s'en tamponnent, comme on dit dans la zone.

Au minimum, c'est tout le territoire indépendantiste situé au nord et à l'ouest de la ligne verte la plus proche de la frontière russe, qui fera partie de cette zone tampon ukraino-otanesque, en particulier les villes de Lougansk-ЛУГАНСК, Gorlovka-Горловка et Donetsk-ДОНЕЦК. Plus, dans le sud-ouest, le quadrilatère en pointillés noir Komsomolskoïe-Koumatchovo-Novoazovsk-Sakhanka (Комсомольское-Кумачово-Новоазовск-Саханка - point n° 5 du mémorandum - voir plus haut 21 septembre).

La zone enlevée aux insurgés, dont les limites exactes restent à fixer par leurs ennemis, sera surveillée par des drones de l'OSCE, qui seront eux-mêmes "protégés" par des militaires de l'OTAN, principalement français et allemands. La Bundeswehr vient d'annoncer son intention d'envoyer 200 soldats pour commencer. Ce sera la première fois depuis 1944 que la Wehrmacht sera de retour dans le Donbass (sous un autre nom), et ce grâce à Poutine. Une fois sur place, elle y restera (comme en Afghanistan). Et vu que Stalingrad (aujourd'hui Volgograd) est tout juste à 400 kilomètres de Lougansk, tous les espoirs sont permis...

Les drones occidentaux espionneront en temps réel pour le compte de l'OTAN et de la junte de Kiev. Et ils feront peut-être même pire (armer un drone est un jeu d'enfant). Les indépendantistes ne pourront même pas se défendre en abattant ces engins comme ils voulaient le faire il y a quelques semaines, puisque leurs dirigeants politiques ont tout accepté par avance.


Interview d'Igor Strelkov :

"Les conditions de l'accord de Minsk auront une incidence sur le sort du peuple novorossien, le peuple russe d'Ukraine, de manière extrêmement négative. Si l'accord était pleinement mis en œuvre, en particulier comme la partie ukrainienne l'envisage, ce serait tout simplement une catastrophe."

A propos des élections générales prévues en RPD-RPL pour le 2 novembre : "A mon avis, c'est une très grave erreur [de convoquer de telles élections] et, éventuellement, un sabotage intentionnel visant à diviser les gens et les territoires rebelles autant que possible face à un ennemi de plus en plus fort. L'organisation d'élections, comment peut-on en parler quand les combats se poursuivent pratiquement sans pauses ? Nous parlons de cessez-le-feu, mais il n'existe que de jure, il n'existe pas de facto. La guerre a lieu, une guerre de position, des bombardements constants... A l'arrière de l'armée, et dans un territoire aussi peu profond, la tenue d'élections libres serait une fiction..."

Strelkov est d'avis que tant que dure la guerre, le pouvoir civil doit être soumis au pouvoir militaire. Tout le reste (élections, jeu démocratique) n'est qu'une fiction créée par des stratèges politiques payés pour cela, dans le but de légitimer les Zakhartchenko, Plotnitski et autres dirigeants imposés aux deux républiques.

Ce qui importe pour les civils du Donbass, c'est de se préparer pour la survie... Malheureusement, les gens du gouvernement russe qui sont maintenant chargés de ces questions, en particulier l'infâme Sourkov, visent uniquement à la destruction de la Nouvelle-Russie. Ils ne donneront aucune aide réelle. Sourkov, partout où il a "organisé l'aide" dans le passé (en Ossétie du Sud et ailleurs) s'est adonné au détournement des fonds publics et au pillage. Ce sera la même chose en RPD-RPL. Strelkov : "Je peux prédire d'avance que la moitié de cet argent va rester sur des comptes en Russie, et que l'autre moitié ira surtout dans les poches des personnes appointées par ce 'grand manager'..."

"Aujourd'hui la lutte pour la Novorossia est un combat pour la Russie. La guerre est en effet déclarée contre la Russie, et même si elle ne devait pas démarrer dans le Donbass, elle commencerait à un autre endroit - en Crimée ou ailleurs. En se levant pour défendre ses intérêts nationaux, la Russie a provoqué une telle réaction de la soi-disant communauté internationale que la retraite est tout simplement impossible. Et c'est très triste que la rébellion de Novorossia n'ait pas été prise en charge de la même manière que cela s'est passé en Crimée. Pour moi personnellement, c'est une grande tragédie, parce qu'en venant avec mon équipe à Slaviansk, je m'attendais à une toute autre évolution des événements. Pas la destruction massive et ce résultat humiliant qui sont en passe d'être fixés avec l'accord signé à Minsk..."

6 octobre 2014 : Carte de la situation militaire.  Seul changement par rapport à la carte du 3 octobre : les troupes ukrainiennes qui avaient progressé dans le sud-ouest entre Stila-Стыла et Komsomolskoïe-Комсомольское, ont pu être repoussées (ou se sont repliées).

Les combats se concentrent surtout aux abords de l'aéroport de Donetsk. C'est probablement le seul endroit où les capitulards de Moscou ne peuvent imposer leur cessez-le-feu unilatéral à la résistance, car les obus ukrainiens ne cessent de frapper l'agglomération. Rien qu'au cours des dernières 24 heures, il y a eu 17 civils tués dans les quartiers de Kievski, Kouïbichevski et Kalininski (La Voix de la Russie). La veille, c'est le village de Gladovka (également proche de Donetsk) qui avait été pilonné et incendié (vidéo).

10 octobre 2014 : A Donetsk et Gorlovka, les habitants continuent de mourir au rythme de cinq ou six par jour sous les obus de la junte. Le nombre total de victimes civiles depuis le début de la guerre doit maintenant se situer entre 15 et 20.000. Mais ni le Kremlin ni le Parlement russe à sa botte ne se sont jamais intéressés à cette question. La Douma de Moscou a d'autres sujets de préoccupation, par exemple : comment indemniser les pertes subies par les oligarques du fait des "sanctions" occidentales. Une loi en ce sens vient d'être votée, la loi Rotenberg, du nom de deux milliardaires (les frères Boris et Arkadi) visés par les récentes mesures américaines et européennes - voir aussi cet article du Figaro.

Pourtant, les deux oligarques à l'origine de la loi font partie d'une communauté communautariste qui n'a absolument rien à craindre de la part des Occidentaux. Au besoin, ils peuvent se prévaloir de leurs deux autres nationalités : la finlandaise et l'israélienne. Le fils de Boris Rotenberg, Boris Borisovitch, a été footballeur professionnel dans différents clubs, dont le Hapoel F.C. de Petah Tikva (près de Tel Aviv). D'ailleurs, dans la famille tout le monde s'intéresse au sport : Papa Boris est vice-président de la Fédération russe de judo (le sport favori de son ami Poutine) ; Tonton Arkadi, lui, est président du club de hockey Dynamo Moscou (également un sport poutinien).

Les Rotenberg ont fait fortune dans la construction de pipe-lines (pour Gazprom), le BTP (infrastructures des Jeux de Sotchi, circuit de Formule 1) et la finance (Banque SMP).

Vu qu'aucun gouvernement du monde occidental sionisé n'osera jamais recourir à des moyens aussi extrêmes que la confiscation de biens juifs, il y a fort à parier que la nouvelle loi russe a pour but de permettre aux deux énergumènes (et à leurs semblables) de se sucrer sur le dos du contribuable russe pour des "pertes" purement fictives soi-disant subies à l'étranger.

La loi Rotenberg a le mérite de montrer qui fait vraiment la loi en Russie, et qui se trouve au cœur de la cinquième colonne qui manipule Poutine et son Raspoutine. Il est évident que dans ces conditions, le sort du Donbass n'a strictement aucune importance. Pour ces gens-là, une vie humaine à Donetsk n'a pas plus de valeur qu'à Gaza, et un Etat de Nouvelle-Russie pas plus de raison d'être qu'un Etat de Palestine.

11 octobre 2014 : Poutine - Héros d'Ukraine ?  (Путин - герой Украины ?  par le blogueur "Edouard" sur le site "DNR News" - Nouvelles de RPD) :

"Je ne comprends pas très bien pourquoi les Ukrainiens détestent Poutine à ce point, pourquoi ils le traitent de tous les noms. Il a tant fait pour eux qu'il mériterait d'être décoré du titre de Héros d'Ukraine. Ne parlons même pas des services qu'il leur a rendus au cours des années précédentes. Contentons-nous de mentionner brièvement ceux de cette année."

"1 - Bien qu'ayant promis de ne pas rester indifférent au destin des populations russophones d'Ukraine, Poutine a accepté qu'il y ait des dizaines de milliers de victimes et que l'infrastructure des deux républiques soit détruite."

"2 - L'Ukraine ne paie pas le gaz que lui fournit la Russie, mais Poutine a ordonné à Alexeï Miller [le PDG - juif - de Gazprom, groupe où l'Etat russe est majoritaire] de poursuivre ses livraisons au régime fasciste russophobe jusqu'au 16 juin."

"3 - Malgré le génocide pratiqué contre les populations russes du Donbass, Poutine et son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, ont restitué à l'Ukraine pour un milliard de dollars de matériel militaire saisi en Crimée, lequel matériel a servi à tuer d'autres civils dans le Donbass."

"4 - Lorsque la milice populaire a encerclé les troupes ukrainiennes dans le chaudron du sud, beaucoup de militaires ont fui en Russie. Au lieu de les interner pour qu'ils ne puissent plus nuire à personne, Poutine a hébergé ces nazis, les a nourris et soignés avant de les renvoyer en Ukraine pour qu'ils puissent continuer leurs massacres."

"5 - Poutine a laissé l'oligarque juif Oleg Deripaska vendre ses moteurs aux usines de chars de Kharkov ; il a permis que les banques russes poursuivent leurs activités en Ukraine et achètent des obligations ukrainiennes destinées à financer la guerre. De la sorte, des milliers de civils du Donbass sont morts pour sauvegarder les intérêts de l'oligarchie." [Laquelle oligarchie est presque toujours apatride.]

"6 - Malgré l'attitude hostile des autorités ukrainiennes, Poutine n'a pris aucune contre-sanction sérieuse contre le régime. Il aurait pu augmenter les taxes sur tous les produits importés d'Ukraine, fermer le marché russe du travail aux immigrés économiques ukrainiens, introduire un régime de visas avec l'Ukraine : rien de tout cela n'a été fait. Ce n'est que tout récemment que Poutine s'en est pris aux biens de Kolomoïski en Crimée [ce milliardaire judéo-fasciste finance la Garde nazillonale ukrainienne]. Mais le président russe n'a jamais touché aux biens de Porochenko."

"7 - La liste des services rendus par Poutine à l'Ukraine a atteint son apogée [provisoire] avec la mise en place de la prétendue trêve par les soins de Sourkov-Zourabov-Zakhartchenko [respectivement conseiller à Moscou, ambassadeur à Kiev, marionnette à Donetsk]. Alors que les milices populaires pouvaient, en l'espace de 8 ou 10 jours, reprendre Marioupol, l'aéroport de Donetsk et les localités voisines d'Avdieievka, Pieski, Marinka et Karlovka, de même que Debaltsevo, Severodonetsk, Dzerjinsk, Popasnaïa et Lissitchansk, il est maintenant peu probable qu'aucune de ces villes puisse jamais être libérée. Poutine permet ainsi aux forces répressives de se regrouper et peut-être de repasser à l'offensive. Mais il ne s'arrête pas là et contraint les milices à accepter une zone tampon décrétée à Marioupol par une commission tripartite où ne siège aucun représentant de la Nouvelle-Russie."

"8 - Il faudrait aussi ajouter la suppression de l'aide matérielle, comme conséquence directe de l'établissement d'une ligne de démarcation et du retrait de 15 km - un nouveau coup de poignard dans le dos de la Nouvelle-Russie..."

"Cette liste est loin d'être complète, mais elle justifie à elle seule l'attribution à Poutine du titre de Héros d'Ukraine. Poutine mériterait même qu'on lui érige une statue dans le centre de Kiev, ne serait-ce que parce qu'il a sauvé l'armée ukrainienne de la défaite. Mais au lieu de cela, les fanatiques ukrainiens lui en veulent parce qu'il a rattaché la Crimée à la Russie. Il pourrait se racheter à leurs yeux en investissant des milliards de dollars dans leur économie. A ce sujet, j'aimerais bien me tromper, mais nous verrons..."

"Qu'il obtienne le titre ou pas, Poutine est d'ores et déjà le meilleur Ukrainien de l'année..."

[ Zakhartchenko, lui aussi, mérite une décoration, pour l'interview la plus débile de l'année. On en retiendra qu'il est "le petit-fils de son grand-père et l'arrière-petit-fils de son arrière-grand-père..." ]

12 octobre 2014 : Tandis que les pilonnages ukrainiens continuent (12 civils tués à Donetsk en 24 heures selon Tass), Zakhartchenko, fidèle courroie de transmission du Kremlin, décrète un "cessez-le-feu" total (total et unilatéral).

Un de ses adjoints prétend qu'un accord de désengagement aurait été signé entre Kiev et Donetsk, ce que Kiev dément aussitôt. D'ailleurs, on sait que les insurgés ne participent pas aux négociations de Marioupol. Seuls les trois grands (Ukraine, Russie, OSCE) y sont représentés. Ce qui n'exclut pas que Poutine ait fait de nouvelles concessions dont les indépendantistes seront informés en temps utile. C'est ainsi que fonctionne la "trêve".

Nul ne sait ce qui se passe au juste au niveau militaire, surtout dans les zones où aucun coup de feu n'a été tiré depuis plusieurs semaines. A la limite, il n'est pas impossible que les forces novorusses soient déjà en cours de désintégration. Sachant que l'unité n'a jamais été réalisée pendant les combats, on imagine les conséquences que peut avoir une "paix" imposée... Autre grand point d'interrogation : que deviennent les diverses enclaves ukrainiennes en territoire novorusse ?  Etant donné que depuis le mois d'août, l'armée ukrainienne n'est plus en mesure de ravitailler ces "chaudrons", il faut bien que quelqu'un le fasse à sa place. Gageons qu'il y aura des surprises le jour où on l'apprendra...

Carte de la situation militaire au 12-13 octobre. Seul changement depuis la dernière fois : repli novorusse sur Dokoutchaïevsk-ДОКУЧАЕВСК dans le sud-ouest.

Dans son élément : pour se reposer du stress politique que lui cause le Donbass, Poutine va faire un tour à Sotchi où se déroule le Grand Prix de Formule 1.

13 octobre 2014 : De Zakhartchenko à Goubariev, une bourrasque politique s'empare de Donetsk  par Karine Bechet-Golovko.  Capitulation honteuse, cirque électoral, élimination des adversaires de la trahison : la destruction politique du Donbass est en marche...  Pavel Goubariev, résistant de la première heure, a été victime d'un attentat. Hospitalisé à Rostov, il est dans un état grave. Quelques jours auparavant, il avait vivement critiqué la trêve Poutine-Porochenko (source) : "Derrière cette trahison, on trouve à la fois des oligarques ukrainiens propriétaires de biens dans le Donbass et des forces russes qui craignent tellement les sanctions occidentales, qu'elles sont prêtes à renoncer à des terres historiquement russes et à abandonner pour toujours une partie du peuple russe en échange de la levée de ces sanctions."

14 octobre 2014 : pas un jour sans pilonnages ukrainiens à Donetsk - encore sept civils tués et trente blessés (RIA Novosti).

17 octobre 2014 : A Milan, en marge d'un sommet Europe-Asie, rencontre au format "six contre un" entre, d'un côté, le chef de la junte de Kiev encadré par ses principaux souteneurs de l'UE (Barroso, Rompuy, Cameron, Hollande et la mère Merquerelle), et de l'autre, la pitoyable lavette du Kremlin.

Naturellement, tout le monde fait pression sur Poutine pour qu'il abandonne définitivement les insurgés et les contraigne à respecter la capitulation de Minsk qu'il a acceptée pour eux. Mais il traîne encore les pieds, sachant pertinemment qu'après le Donbass, il lui faudra aussi sacrifier la Crimée.

Avant de se rendre à Milan, Poutine est passé par Belgrade où il a été décoré par le président serbe Nikolic.  Les deux hommes ont ceci en commun qu'ils se moquent du sort de la Serbie comme de leur première vodka (ou slivovitz). Poutine, pas plus que son prédécesseur Eltsine, n'a jamais remué le petit doigt pour protéger cette "petite sœur de la Russie" des attaques occidentales dont elle était l'objet ; il faut dire que les Serbes l'intéressent à peu près autant que habitants du Donbass.  Nikolic, de son côté, est entré dans l'histoire comme le fossoyeur de la Serbie indépendante ; ses Novorusses sont les Serbes du Kosovo.

Dans l'immédiat, Poutine est mû par le désir d'obtenir le retrait des "sanctions" occidentales ; Nikolic, lui, rêve de vendre son pays à la mafia bruxelloise : le parfait duo...


Carte de la situation militaire au 16-17 octobre

Comme toujours depuis le début de la "trêve", pas de grands changements sur le terrain par rapport à la carte précédente.  A Donetsk, les obus de la junte continuent de tuer des civils, tandis que les combats se poursuivent autour de l'aéroport. Au nord-ouest de Lougansk, la situation est assez confuse : les indépendantistes ont effectué une percée en direction de Bakhmoutovka où ils encerclent une centaine d'Ukrainiens, mais comme on peut le voir sur la carte, ils sont eux-mêmes encerclés. Au sud-est de Donetsk, entre Ilovaïsk et Ambrosievka, un chaudron ukrainien a disparu de la carte, mais on ignore ce que sont devenus les fascistes qui s'y trouvaient.

18 octobre 2014 : Alliés naturels  ou Pravy Sektor + Sionisme = Régime de Kiev.



LA DERNIÈRE DE ZAKHAR-KOLLABO-TCHENKO :



19 octobre 2014 : Un commentaire d'igor Strelkov sur les "négociations" de Milan, concernant notamment une éventuelle reprise des livraisons (gratuites) de gaz à l'Ukraine : "Les concessions russes n'entraîneront ni la fin des sanctions ni une diminution des pressions occidentales... Les USA, instrument à percussion de l'oligarchie globaliste, sont déterminés à en finir avec nous. Par conséquent, la guerre continue et continuera. Porochenko ne fait que reprendre le jeu de dupes qui lui a si bien réussi au printemps, lui permettant de stocker pour l'hiver le gaz volé pendant qu'il négociait. Le résultat, c'est que la Russie ne touchera pas un centime pour tout le gaz fourni, qu'il n'y aura pas de véritable trêve en RPD-RPL, et que les sanctions ne seront pas levées. Bref, nous n'obtenons rien, nous perdons continuellement. La guerre en Novorussie restera en permanence un ulcère sanglant dans le bas-ventre de la Russie. Si le Donbass capitule, le problème sera transféré vers la Crimée et tout repartira pour un tour..."

A Moscou, une manifestation pro-Donbass réunit à peine quelques milliers de personnes, beaucoup moins que le nombre total de victimes. Depuis des semaines, les médias russes font tout pour accréditer le mythe du "cessez-le-feu", et la population commence à s'y habituer. Il est cependant difficile de savoir si ce manque de solidarité reflète un soutien accru pour la politique du Kremlin ou une indifférence générale de l'opinion.

Quoi qu'il en soit, dans certains milieux on suit très attentivement les déclarations de Poutine.

20 octobre 2014 : Etre plus kollabo que Zakhartchenko (le "chef" de la RPD), c'est une chose qui paraissait jusqu'ici impossible. Comme quoi on peut se tromper : si l'on en croit Tass, le "patron" de la RPL, Igor Plotnitski, vient en effet de battre tous les records. Il a promis aux Ukrainiens qui occupent la ville de Stchastié, au nord de Lougansk, de leur fournir du charbon pour alimenter la centrale thermique locale.

Ce que Tass ne dit pas : les Ukrainiens paieront le charbon de RPL de la même manière qu'ils paient le gaz de Russie, c'est-à-dire pas du tout. Par ailleurs, étant donné que leur artillerie a déjà détruit la centrale de Stchastié (Destruction of the thermal power station in the city of Schastye - article et photos), le charbon livré ne pourra pas être utilisé sur place, il sera probablement vendu en Ukraine. Espérons que Gennadi Moskal, l'homme que la junte de Kiev a placé à la tête des territoires occupés de la région de Lougansk, n'oubliera pas la petite rétrocommission de Plotnitski. Moskal (= "le Moscovite", terme péjoratif par lequel les Ukrainiens insultent habituellement les russophones) a lui-même adressé une demande écrite à son complice de Lougansk. Le tout évidemment pour des raisons purement humanitaires...

Sans les traîtres qui contrôlent à présent la Russie et le Donbass, l'arme énergétique pourrait mettre à genoux les fascistes de Kiev en l'espace de quelques semaines. Raison de plus de ne pas l'utiliser...

L'Ukraine veut du gaz et du charbon gratuitement. Les Polonais, pas si cons, ont refusé. La Russie poutinienne et ses créatures du Donbass s'en chargeront.


Carte de la situation militaire au 20 octobre :  depuis la fois précédente on constate un recul de la résistance au nord de Piervomaïsk (à l'ouest de Lougansk). Est-ce parce que les insurgés sont passés de la confrontation armée avec Kiev à la phase pacifique ordonnée le 18 octobre par Zakhartchenko ?...

A Donetsk, les fascistes continuent de bombarder pacifiquement la ville :

12 morts à Donetsk au cours des dernières 24 heures (Tass).

Pilonnage du stade de Donetsk par les fascistes ukrainiens : un enfant échappe de peu à la mort (vidéos)

L'ennemi nous attaque sur plusieurs fronts  (vidéo - carte commentée en français)

L'attaque de Donetsk se précise  par Karine Bechet-Golovko (article et vidéos)

Autre signe alarmant : Kiev mise sur une attaque imprévue et très violente après les élections du 26 octobre - peut-être pas si imprévue que ça puisqu'on en parle déjà...

22 octobre 2014 - Encore un appel de Strelkov :  Danger imminent pour la Novorossia

"L'attaque des forces armées ukrainiennes visera en premier lieu à s'emparer des villes de Donetsk et de Makeïevka, dont l'agglomération est la plus grande et la plus importante dans la région. N'importe quelle provocation que la junte a appris à produire de main de maître, peut servir de prétexte pour démarrer l'offensive. L'attaque ne peut être qu'éclair, décidée, visant l'obtention d'un résultat rapide, faute de quoi elle perdra tout son sens. La partie ukrainienne comprend parfaitement que si l'opération est freinée, la probabilité que la Russie intervienne est élevée. S'emparer de Donetsk ou du moins d'une partie de la ville avant que les dirigeants russes prennent la décision d'intervenir, tel est l'objectif des Ukrainiens... Sans Donetsk, ou avec la capitale divisée par une ligne de front, il ne sera plus du tout question pour la Novorussie d'une quelconque souveraineté. Si ce projet est réalisé avec succès, ce sera la défaite russe, militaire et politique, la plus cuisante depuis 1991, entrainant de forts tremblements politiques internes."

"Je m'adresse aux représentants de tous les services russes qui contrôlent le respect des accords de Minsk, pour qu'ils prennent en considération les projets des escadrons de la mort ukrainiens et informent le président des conséquences probables pour le peuple russe du Donbass et pour la Russie si ces projets venaient à se réaliser."

[ On se demande bien pourquoi "les dirigeants russes" prendraient la décision d'intervenir, alors qu'ils n'ont rien fait jusqu'à présent, et que leur objectif est précisément la restauration de l'ordre ukrainien sur le territoire des deux républiques dissidentes, dans l'espoir d'obtenir la fin des "sanctions" occidentales. Penser que la passivité de Poutine résulte d'un manque d'information et que les services russes qui collaborent sur le terrain avec le régime fasciste de Kiev et les espions de l'OSCE, vont se charger "d'informer" le président, relève de la plus grande naïveté. Mais dans le cas de Strelkov, la naïveté consiste peut-être à croire qu'on peut attaquer la politique de Poutine en faisant comme si d'autres en étaient responsables. ]

23 octobre 2014 : Carte de la situation militaire au 23 octobre. Changement depuis le 20 octobre : mystérieuse disparition du chaudron de Loutouguino (au sud-ouest de Lougansk) ; aucune explication n'est fournie.

Bombardements au phosphore sur l'agglomération de Donetsk (vidéo).

26 octobre 2014 : L'événement du jour dans le Donbass est le passage à l'heure de Moscou (GMT + 3), soit une heure d'avance par rapport à l'heure ukrainienne (GMT + 2). Si jamais les deux républiques existent encore fin mars 2015, et si comme la Russie elles s'abstiennent alors de revenir à l'heure d'été, elles auront de nouveau pour quelques mois la même heure que Kiev.

Evénement du jour en Ukraine : les élections législatives. Elles se traduisent par une "victoire écrasante" des partis maïdanistes, d'autant plus attendue que ces partis étaient les seuls autorisés à faire campagne. Le taux de participation officiel serait de 52 %, le taux réel est inconnu. Signe révélateur : dans la région de Donetsk, selon la commission électorale ukrainienne, la participation aurait été de 32 %, alors qu'en réalité le "vote" n'a eu lieu que dans les territoires occupés par la junte.

Afin de "rassurer" l'opinion occidentale, on a attribué aux partis ouvertement nazis (Parti radical de Liachko, "Svoboda" * de Tyahnibok) des scores ridiculement bas de 6 ou 7 % chacun, sans commune mesure avec leur influence réelle au sein de l'appareil d'Etat. La liste du Pravy Sektor obtient moins de 5 % et n'est donc pas représentée, à l'exception de son führer Iaroch, "élu" directement car déclaré "premier" de sa circonscription. Parallèlement, les fascistes "présentables" dits "pro-européens" (Porochenko, Iatseniouk, Timochenko) se créditent de plus de 70 %.

* Le lendemain on annonce que "Svovoba" a moins de 5 % des voix.

Il n'y aura plus de communistes au Parlement de Kiev (32 sièges sur 450 en 2012) ni de régionalistes (187 sièges en 2012). Pour la forme, on a permis à quelques rescapés de l'ancien Parti des régions de Ianoukovitch, de se représenter sous l'étiquette "Bloc d'opposition" et de "remporter" 8 % des sièges. Le moment venu, on pourra s'en prendre à eux pour détourner l'attention de la politique de Porko. Les poubelles du centre-ville de Kiev sont prêtes à les accueillir, comme leur collègue Vitali Jouravski il y a quelques semaines.

Le spectacle électoral mis en scène à Kiev, selon un scénario écrit à Washington et approuvé à Moscou,* a pour but d'accréditer le mythe de la légalité ukrainienne. Mais qu'on le veuille ou non, le "gouvernement" qui en sortira restera une junte putschiste.

* Avant même que les résultats définitifs soient proclamés, le gouvernement russe reconnaît leur "légitimité".

27 octobre 2014 : Pour fêter ses "succès" électoraux, le régime de Kiev reprend le pilonnage de Donetsk, tuant au moins quatre civils. On attend la grande offensive...



ECHECS :

(source Jacques Frère  -  source indiquée en bleu)

La métaphore du brillant joueur d'échecs tenant tête au monde entier est souvent utilisée dans les mileux pro-russes pour masquer l'absence totale de stratégie de l'as du Kremlin. Le blogueur russe iconoclaste Niqnaq la résume ainsi, et il exagère à peine :  "Poutine joue aux échecs à cinq dimensions, les yeux bandés, sur douze échiquiers à la fois contre les plus grands leaders mondiaux, et il les bat tous. Simultanément, de sa main libre, il terrasse des léopards blancs..."

Profitons-en pour rappeler que le Grand Poutine n'incarne pas seulement la supériorité intellectuelle de la Russie, mais aussi sa supériorité physique. Les Russes ont bien de la chance de l'avoir pour président. (Les Novorusses, c'est autre chose, mais passons...)

28 octobre 2014 : Le rouble est en chute libre ?...  Mais non, c'est le cours du dollar qui grimpe. D'ailleurs, les Russes ne s'inquiètent pas, ils savent que Poutine maîtrise la situation.

Spectacle humanitaire : un quatrième convoi russe officiel est "en route" pour le Donbass (RIA Novosti). En fait, il avait déjà été annoncé il y a plus d'un mois. Le plus drôle : c'est le ministère russe des Situations d'urgence (sic) qui dirige les opérations.

L'aide civile "de la Russie" n'est pas un cadeau du gouvernement, elle provient en réalité de dons de la population ; l'Etat se contente de fournir les moyens logistiques. Depuis le début de la guerre, de nombreux autres convois humanitaires russes, plus petits et plus discrets que ceux du Kremlin, ont été acheminés vers le Donbass, provenant de diverses organisations privées, comme par exemple Cassad et d'autres groupes politiques ou religieux. Si ces convois ont pu passer la frontière sans encombre, le mérite n'en revient pas à Poutine mais aux fonctionnaires locaux.

A Donetsk, encore des tirs d'artillerie ukrainiens contre les zones résidentielles : deux civils tués et quatre blessés (RIA Novosti). Et pendant que la racaille de Kiev poursuit les massacres, que font les indépendantistes ?  Ils permettent à plus de cent fascistes encerclés sur le front nord (au barrage n° 32 près de Smieloïe, entre Piervomaïsk et Slavianoserbsk - carte) de sortir indemnes du chaudron, avec leurs armes et leurs blindés encore en état de marche. Les rescapés manquaient de tout (nourriture, eau, vêtements chauds) mais refusaient de se rendre. Au lieu d'écraser cette vermine ou de la laisser crever sur place, les insurgés ont préféré la renvoyer vivante à Porochenko pour qu'elle puisse continuer de nuire. Avec de pareilles méthodes de "combat", on ne peut que s'étonner que les Ukrainiens n'aient pas gagné la guerre depuis longtemps.

Pour les maïdanistes (voir Kyiv Post) c'est en quelque sorte une victoire face à "l'agression de la Russie contre l'Ukraine". L'article nous apprend que le 23 octobre, l'OSCE avait tenté en vain d'envoyer un convoi de ravitaillement "humanitaire" aux Ukrainiens encerclés - c'est à cela que sert l'OSCE. Après un refus initial, les insurgés avaient quand même fini par laisser passer de l'eau et du pain à leurs ennemis pour qu'ils puissent survivre.  La devise de Poutine (voir plus haut) fait des ravages à tous les niveaux...

29 octobre 2014 : Carte de la situation militaire (en russe, pas de traduction disponible).  Changements depuis le 23 octobre : la disparition du mini-chaudron ukrainien de Smieloïe-Смелое (front nord - voir quelques lignes plus haut) et une légère avancée indépendantiste à Novolaspa-Новоласпа (front sud-ouest).


Putin's Head  par Vassili Koltachov et Boris Kagarlitski. L'original date du 10 octobre mais n'a rien perdu de son actualité :

"Il semble que les autorités russes aient trouvé un moyen de s'accommoder avec l'Occident. Les libéraux sont devenus plus puissants et dirigent les négociations. Ils sont prêts à faire des concessions [c'est un euphémisme] et ne voient aucun inconvénient à sacrifier la Novorussie et même, s'il le faut, les propres intérêts de la Russie. Il ne reste qu'une question à éclaircir : qui apportera la tête de Poutine aux Américains sur un plateau ?..."

"Bien que les Russes nient vouloir demander la révocation des sanctions, des pourparlers ont lieu à cet effet. C'est précisément pour cette raison que Moscou a relancé le dialogue avec l'Ouest, réduit ses critiques à l'encontre du régime de Kiev, permis aux forces armées de celui-ci de se regrouper à la faveur du cessez-le-feu de Minsk, et bloqué les fournitures de munitions à la Novorussie. C'est aussi pour cela que la Russie a poussé les dirigeants politiques de Donetsk, qui dépendent d'elle, à accepter des compromis au goût de capitulation unilatérale. Les chefs militaires et le peuple du Donbass n'accepteront jamais ces conditions, mais l'élite russe n'en a pas encore conscience, vu qu'elle n'a qu'une idée très vague de ce qu'est 'le peuple'..."

"Moscou joue un rôle non négligeable dans l'affaiblissement des capacités de défense des territoires insurgés. Si les pourparlers avec l'Occident aboutissent, alors les dirigeants russes permettront à Kiev de lancer une nouvelle attaque, sans accorder aucun soutien aux combattants novorusses."

Les auteurs de l'article évoquent également la baisse actuelle des prix du pétrole, qui aggrave la crise en Russie, et ce d'autant plus que le régime, entièrement soumis aux oligarques, n'a nullement l'intention de relancer la consommation intérieure pour réduire la dépendance des marchés étrangers. C'est aussi pour cette raison que le Kremlin n'a pris aucun mesure sérieuse pour contrer les "sanctions" occidentales.

Il est clair que pour obtenir une "normalisation" des relations avec l'Ouest, le Kremlin devra au moins revenir à la situation qui prévalait avant le rattachement de la Crimée. Et on n'en restera pas là, sinon toute cette agitation n'aurait servi à rien. Le moment venu, Poutine pourra toujours essayer de sauver sa tête en faisant appel aux "85 %" de moutons censés le soutenir...

31 octobre 2014 : Moscou signe avec Kiev un contrat gazier typiquement poutinien. D'un côté, la Russie s'engage à fournir du gaz à l'Ukraine jusqu'à la belle saison. De l'autre, l'Ukraine fait de vagues promesses de paiement. C'est ce que la presse russe aux ordres du Kremlin, comme par exemple La Voix de la Russie, traduit par : L'Ukraine accepte de payer sa dette gazière avec l'argent de l'UE. Malheureusement, le titre n'a que peu de rapport avec le contenu de l'article. En effet, l'UE ne s'engage à rien. Elle n'a signé l'accord qu'en tant que médiatrice et n'est donc pas obligée de verser d'argent à Porochenko. En supposant qu'elle le fasse (partiellement), "la question est de savoir comment Kiev va utiliser cet argent : pour payer la dette ou bien pour autre chose ?..."  Evidemment pour financer la guerre et arrondir la fortune des oligarques.

Mais même si, contre toute attente, l'Ukraine remboursait vraiment une partie de ce qu'elle doit à la Russie, il resterait toujours la partie non remboursée, augmentée des sommes dues pour les nouvelles livraisons... C'est un superbe marché de dupes que Poutine et Porko ont ainsi conclu sur le dos des contribuables russes. Le régime fasciste n'a nullement l'intention de mettre fin au litige gazier, étant donné qu'il constitue un excellent moyen de pression sur Moscou. Poutine continue néanmoins d'espérer que ses largesses unilatérales conduiront à une levée des "sanctions". Il se trompe lourdement, et le prochain prétexte est déjà annoncé : les élections du 2 novembre dans le Donbass, que le Kremlin semble tolérer en violation de ses promesses antérieures.

Carte de la situation militaire au 31 octobre. Changement depuis le 29 octobre : sur le front nord, légère progression des forces novorusses au nord-ouest de Smieloïe-Смелое et Slavianoserbsk-СЛАВЯНОСЕРБСК. De cet endroit jusqu'à la frontière russe, la ligne de front est matérialisée par la rivière Severski Donets-Северский Донец, un affluent du Don.

1er novembre 2014 : Le blog russe Niqnaq fait état d'un nouveau problème que Cassad vient d'aborder (dans un article en russe) à propos du contrôle de la frontière entre le Donbass et la Russie. RIA Novosti (édition russe) a cité récemment une info (?) émanant de Kiev, selon laquelle un certain Victor Nazarenko (chef du Service des frontières de la junte) aurait signé le 30 octobre un protocole d'accord avec son homologue de la Fédération de Russie. Ce protocole prévoirait paraît-il le rétablissement de la souveraineté ukrainienne sur les postes frontaliers du Donbass se trouvant face aux postes russes de Matvieiev-Kourgan, Kouïbichevo et Donetsk-de-Russie - (pourquoi pas les autres ? - carte). Jusqu'à présent ni la Russie ni la RPD-RPL n'ont commenté cette nouvelle. Si elle était vraie, ce qui n'est pas impossible compte tenu des précédents, il s'agirait d'une trahison de plus - et de taille.

Niqnaq : "Du point de vue politique, la présence de représentants de la junte aux frontières de la RPD-RPL avec la Russie représenterait une immense concession et délégitimerait la marche des deux républiques vers la complète souveraineté."

Un des commentaires : "Zach & Plotz [Zakhartchenko et Plotnitski, les créatures du Kremlin à Donetsk et Lougansk] sont passés maîtres dans l'art du mensonge. Ils se conforment toujours aux ordres de Moscou, tout en faisant des déclarations confuses et trompeuses qui disent exactement le contraire, par exemple : qu'ils n'abandonneront jamais la Novorussie, qu'ils ont l'intention de conquérir - comme par miracle - tout l'est de l'Ukraine, etc. etc... Leur mission consiste à restituer la Novorussie au régime de Kiev, ce qui est l'objectif de Moscou, mais ils le font de telle manière que tout le monde ou presque pense qu'ils veulent l'inverse - jusqu'au jour où il sera trop tard. La question qui se posera alors : comment empêcher les milices populaires plus ou moins anarchiques de se soulever contre cette trahison ? Car après tout, c'est à ces groupes que l'on demandera de battre en retraite, même lorsqu'ils sauront qu'ils ont la capacité militaire de poursuivre le combat (comme cela s'est produit à Slaviansk)."

2 novembre 2014 : Arrivée du quatrième convoi humanitaire russe "officiel" à Donetsk et Lougansk. Histoire de nous faire rigoler un peu, le site maïdaniste Zik (Heil !) annonce qu'un des camions russes s'est retourné, dévoilant sa cargaison : des munitions destinées aux combattants. A la frontière, les Russes n'ont même pas permis aux douaniers ni aux gardes ukrainiens d'inspecter le contenu, ah les salauds... [Parce que les gardes et douaniers de Kiev sont déjà là ? Ils ne perdent pas de temps... Voir quelques lignes plus haut 1er novembre...]  Au retour, nous apprend Zik, les camions ne repartiront pas à vide mais transporteront les corps des soldats russes tués, ainsi que de l'équipement volé dans les usines du Donbass, des graines de tournesol et du charbon. A la bonne heure...

Encore de l'humour ukrainien (involontaire) : le Service de "sécurité" SBU a ouvert une procédure criminelle en rapport avec les élections d'aujourd'hui dans les régions de Donetsk et Lougansk. Et ce, "conformément à l'article 109, alinéa 1 du Code pénal ukrainien qui réprime les actions ayant pour but de renverser ou de modifier par la violence l'ordre constitutionnel ou de s'emparer du pouvoir" (source). C'est exactement ce que ces fachos ont fait avec leur putsch de février 2014...

Les élections du Donbass semblent se dérouler dans le calme, exception faite de quelques tirs d'artillerie à proximité du front. Près de Donetsk, selon Tass, deux groupes subversifs ukrainiens venus saboter le scrutin ont pu être interceptés à temps.

Zach & Plotz remportent haut la main à la fois les présidentielles et les législatives. Aux présidentielles, Zakhartchenko recueille 75 %, Plotnitski 63 %. Ils n'avaient en face d'eux que des candidats placebo, tous les concurrents sérieux ayant été éliminés à l'avant-premier tour par les soins de la commission électorale mise en place par les conseillers du Kremlin. Le filtrage en amont a écarté les candidats se réclamant de partis autrefois populaires dans le Donbass (régionalistes, communistes) et tous ceux qui avaient osé critiquer la trahison de Minsk. Evidemment, on a avancé pour cela des raisons "techniques" ou des vices de forme dans la présentation des candidatures. Parmi les candidats refusés, le plus connu est Pavel Goubariev (voir plus haut 13 octobre).

Forts de cette "légitimation populaire", les deux liquidateurs du mouvement indépendantiste ont les mains libres pour poursuivre la destruction systématique de ce qu'ils prétendent défendre. Plus personne ne peut leur reprocher de trahir, puisqu'ils ont été "démocratiquement élus".

Vu à Donetsk : Zakhartchenko va voter entouré d'une dizaine de gardes du corps lourdement armés.

Tandis que l'épuration politique est achevée au sommet, l'épuration militaire est en cours. C'est ainsi qu'Igor Bezler, chef de brigade à Gorlovka depuis le début de l'insurrection, vient de "démissionner" de son poste.  Prochaine cible : Alexeï Mozgovoï  (voir plus haut 9 septembre).



INTOX UKRAINO-SIONISTE :

Vu sur le site Le Juif russe (devise : « A la vie - Lekhaïm ! » ; rubriques à cliquer : Israël - Russie - USA - Ukraine - Histoire - Culture - Politique - Economie - Rédaction).  D'après eux, Poutine se prépare à attaquer Kharkov, Dniepropetrovsk et Zaporojié (carte) avec une armée de 100.000 soldats. En plus de cela, l'article prétend que 50.000 habitants de la RPD et 30.000 de la RPL ont été mobilisés de force. A l'appui de ses "révélations", le "Juif russe" (qui est en réalité hébergé à Kiev et basé en Allemagne - détails) publie des photos de pseudo-documents imputés au ministère de la Défense de Donetsk. Rien de nouveau sous le soleil...

4 novembre 2014 : Pour punir le Donbass d'avoir organisé des élections non autorisées par la junte, Porko fait déposer un projet de loi à la Crada de Kiev, dans le but d'annuler la loi du 16 septembre sur le prétendu "statut d'autonomie" (voir plus haut).

Cette loi bidon n'était jamais entrée en vigueur ; elle ne précisait d'ailleurs ni le contenu exact du "statut" ni l'étendue géographique de son application. Commentaire du vice-Premier ministre de la RPD, Andreï Pourguine : "Nous saluons la décision de l'Ukraine d'abroger cette loi. C'est en effet le premier acte honnête de Kiev à l'égard du Donbass..." (RIA Novosti)

Le lendemain, également selon RIA Novosti, les autorités des deux républiques critiquent "l'abrogation unilatérale du statut particulier" et estiment que "la clique de Kiev viole les accords de Minsk et porte atteinte au processus de paix".  C'est ce qu'on appelle avoir de la suite dans les idées.



("DNR" est la forme russe de "RPD")

Carte de la situation militaire au 3-4 novembre. Seul changement depuis le 31 octobre : une très légère progression des indépendantistes à l'est de Marioupol.

5 novembre 2014 : L'artillerie des terroristes de Kiev fait des victimes civiles tous les jours : encore deux enfants tués aujourd'hui dans la banlieue de Donetsk (Tass).

6 novembre 2014 : Une colonne de chars ukrainiens envahit Iassinovataïa, au nord de Donetsk, mais finit par être repoussée. Nombreux morts, y compris parmi la population civile. Des combats se déroulent en divers endroits de la ligne de front. Andreï Pourguine, vice-Premier ministre de la RPD, déclare que Kiev vient de lancer une opération de grande envergure (La Voix de la Russie). Quelques heures plus tard, on constate cependant qu'il n'en est rien.

9 novembre 2014 : La guerre continue à petit feu, avec ses pilonnages et ses morts civils quotidiens. Les fascistes de Kiev vont-ils attaquer pour de bon ? Attendent-ils que la politique du Kremlin et de ses marionnettes locales ait entièrement paralysé la résistance ?...

Alexeï Mozgovoï : Je ne donnerai jamais mon accord pour le démantèlement de la brigade "Prizrak" (Spectre). Pour se débarrasser de façon "élégante" d'un chef militaire gênant pour les collabos de Donetsk, on veut "intégrer" sa brigade à une (inexistante) armée novorusse unifiée. Mozgovoï n'a rien contre en principe, il a toujours été pour l'unification. Le seul problème, c'est que les hommes de Moscou qui "conseillent" la clique de Zakhartchenko veulent en fait un démantèlement de la brigade et la dispersion des unités qui la composent.

Des paramiltaires ukrainiens faits prisonniers à Ilovaïsk reconstruisent la ville. Ils faisaient partie du bataillon "Donbass" mis en place et financé par le milliardaire judéo-nazi Kolomoïski de Dniepropetrovsk. A moins de placer un milicien novorusse derrière chaque facho pour l'obliger à travailler et l'empêcher de saboter, on peut douter de l'efficacité d'une telle mesure imaginée par la bande à Zakho.

Un dépôt de carburant des fascistes détruit à Kramatorsk. On enregistre ces derniers temps des opérations de guérilla dans les territoires occupés du Donbass, et même au-delà, comme en témoigne la récente destruction à Kharkov d'un entrepôt militaire contenant l'équipement d'hiver des forces de répression. Inutile de préciser que ces activités n'ont pas du tout l'approbation du Kremlin.

11 novembre 2014 : Carte de la situation militaire au 11 novembre.  Par rapport au 3-4 novembre légère progression de la résistance sur le front nord (rivière Severski Donets-Северский Донец) jusqu'à Krimskoïe-Крымское, de même que dans le sud-est du saillant de Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО à Nikichino-Никишино. Sur le front sud-ouest, près de Marioupol-МАРИУПОЛЬ, les indépendantistes reperdent Lebedinskoïe-Лебединское.

Dans l'ensemble, la "drôle de guerre" se poursuit - pas drôle du tout pour ceux qui en sont les victimes, car les obus de la junte tuent des civils tous les jours.

12 novembre 2014 : Dans le Donbass, l'épuration politico-militaire au sommet ne consiste pas seulement à éloigner les patriotes, mais aussi - conséquence directe - à renforcer le pouvoir des collabos. C'est ainsi que Zakhartchenko vient de nommer un de ses complices, Alexandre Khodakovski, à la tête d'un "Conseil de Sécurité" nouvellement créé. Le rôle de cet organe consistera à écraser les restes d'opposition qui subsistent encore en RPD. Le traître Khodakovski vient du SBU ukrainien et n'a rejoint la résistance que pour mieux la miner de l'intérieur (voir page précédente - Cinquième colonne). Il roule également pour l'oligarque Akhmetov et les liquidateurs délégués par le Kremlin - ce qui est tout à fait compatible.

Apparemment, l'objectif de Poutine est de faire perdurer le drame novorusse à son niveau actuel de "basse intensité" et de reculer de la sorte le moment fatidique où il faudra reparler de la Crimée.

14 novembre 2014 : The origins of the crisis of power in Donetsk (sur le blog de Niqnaq). Traduction anglaise d'un article de Patriot Rus du 14 octobre (comme dit Niqnaq : "enormously interesting"). Ce texte nous éclaire un peu sur les origines de la crise interne du Donbass et montre que le ver était dans le fruit depuis longtemps...

A l'origine, début mars 2014, il n'y avait qu'un centre de pouvoir en RPD, à Slaviansk : la milice populaire du Donbass du gouverneur populaire Pavel Goubariev (kidnappé en mars par le SBU, la Gestapo ukrainienne, puis libéré en mai à l'occasion d'un échange de prisonniers). Début avril, également à Slaviansk, le groupe armé d'Igor Strelkov (venu de Crimée) faisait son apparition et coordonnait la résistance. Strelkov et Goubariev sont amis de longue date.

Pendant que les insurgés devaient faire face, dans le nord, à une attaque massive des fascistes ukrainiens, le bataillon Vostok d'Alexandre Khodakovski (voir quelques lignes plus haut) prenait le pouvoir à Donetsk, avec la complicité d'Alexandre Borodaï (Premier ministre de la RPD jusqu'à sa "démission" du 7 août). Au lieu de porter secours militairement aux assiégés de Slaviansk, les deux hommes collaboraient à fond avec les représentants de la junte de Kiev et du milliardaire Akhmetov.

Parallèlement, un autre groupe armé, Oplot, dirigé par le sinistre Zakhartchenko, s'établissait à Donetsk, refusant de s'intégrer aux structures en cours de formation et se mettant dès le départ au service du maire de la ville, Alexandre Loukianchenko. Celui-ci, partisan de l'ancien régime, ne sera limogé qu'au mois de juillet, lorsque Strelkov se sera replié de Slaviansk. Avec le soutien de Zakhartchenko, la mairie de Donetsk a arboré le drapeau ukrainien jusqu'au 24 mai et ne l'a remplacé alors que par un drapeau de l'ancien district ukrainien de Donetsk, pas par le drapeau de la RPD.

Zakhartchenko et sa brigade Oplot n'ont pas seulement protégé les hommes du régime de Kiev implantés à Donetsk. Conjointement avec le bataillon Vostok de Khodakovski, ils ont aussi empêché la nationalisation des entreprises d'Akhmetov et la récupération des biens volés par l'oligarque ; ils se sont opposés à la foule qui voulait prendre d'assaut la propriété du milliardaire.

Khodakovski, lui, est aussi responsable de la débâcle militaire de la résistance à l'aéroport de Donetsk, le 27 mai 2014 (voir page précédente). Le bataillon Vostok était alors composé de nombreux volontaires de Russie (Tchétchénie, Ossétie, etc.) venus combattre dans le Donbass par solidarité, de leur propre chef et non sur ordre du Kremlin. Près d'une cinquantaine de ces soldats ont été envoyés à la mort par Khodakovski, sans aucune préparation et sans moyens de défense adéquats. On aurait voulu stopper brutalement le flot de volontaires en provenance de Russie, qu'on ne s'y serait pas pris autrement...

Vostok a son QG à Donetsk, dans une banlieue située entre le centre-ville et l'aéroport : le Kievski Raïon - nomen est omen... Il ne faut sans doute pas s'étonner de voir la bataille pour cet aéroport s'éterniser à ce point. Khodakovski a fait cadeau du site à ses maîtres ukrainiens il y a près du six mois. Une reconquête par la résistance n'est pas vraiment à l'ordre du jour. Pour y parvenir, il faudrait reprendre l'offensive : Khollabokovski n'est pas payé pour cela...

20 novembre 2014 : Carte de la situation militaire.  Légers changements depuis le 11 novembre : consolidation de la poussée novorusse au nord d'Avdieievka-Авдеевка (au nord-ouest de Donetsk-ДОНЕЦК) ; au sud-ouest de Donetsk, avancée de Dokoutchaïevsk-ДОКУЧАЕВСК vers Novotroïtskoïe-Новотроицкое ; à l'est de Marioupol-МАРИУПОЛЬ, reprise de Lebedinskoïe-Лебединское.

Collaboration Moscou-Kiev : Sergueï Kirienko, président de l'Agence fédérale russe de l'énergie atomique, Rossatome, annonce la signature d'un contrat avec l'Ukraine pour la livraison (gratuite ?) de combustible nucléaire pour 2015 - source.  Histoire de réchauffer l'atmosphère, ils pourraient peut-être aussi réactiver la centrale de Tchernobyl (au nord de Kiev - carte).

Collaboration Washington-Kiev : le vice-président américain, en visite en Ukraine à l'occasion de l'anniversaire du Maïdan, promet de nouvelles livraisons d'armes sophistiquées à son chouchou. Entre Biden et Porko, c'est le le grand amour, un peu comme jadis entre Brejnev et Honecker.

Les USA livrent du matériel tactique de pointe à la junte fasciste de Kiev  (radars de contre-batterie qui permettent de détecter la position d'une pièce d'artillerie dès la première salve)

21 novembre 2014 : Dans l'espoir de détourner l'attention, Moscou soumet à l'Assemblée générale de l'ONU une résolution soutenant la "lutte contre la glorification du nazisme, du néonazisme et d'autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée". 115 pays approuvent le texte, trois le rejettent (USA, Canada, Ukraine), 55 s'abstiennent (dont les Etats de l'UE).

Et pourtant, la résolution contenait trois fois le mot Holocauste® (page 4, articles 10 et 11 : "condamne sans réserve tout déni ou tentative de déni de l'Holocauste" et "se félicite que le Rapporteur spécial ait demandé que soient préservés activement les sites où, pendant l'Holocauste, les nazis avaient installé des camps de la mort, des camps de concentration, des camps de travail forcé ou des prisons, et engagé les Etats à prendre des mesures, notamment législatives, répressives et éducatives, pour mettre fin à toutes les formes de déni de l'Holocauste").

L'Etat d'Israël a voté pour, se contentant de ces trois occurrences bien maigrichonnes pour un texte de huit pages, et ce d'autant plus que ledit texte ne contient même pas le mot antisémitisme, ce qui est en soi un scandale...

Conclusion : 1) ce n'est pas parce que les Russes jouent la carte de l'Holocauste® que l'Empire doit leur donner raison - 2)  rien ne sert de proclamer que "le fascisme ne passera pas" quand on a tout fait pour qu'il passe à Kiev...

23 novembre 2014 : Carte de la situation militaire. Par rapport à la précédente du 20 novembre, on constatera : 1) une progression des fascistes dans la partie sud-est du saillant de Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО en direction de Fachtchevka-Фащевка - 2) la disparition du saillant novorusse au nord d'Avdieievka-Авдеевка (nord-ouest de Donetsk-ДОНЕЦК).

24 novembre 2014 - Vidéo sous-titrée en français : C'est ma patrie  par Piotr Matrenitchev et Vika Tsiganova (avec la modeste participation de Pavel Goubariev) - la chanson qui donnerait des cauchemars à Poutine... s'il la connaissait - autre lien.

Résistance à Odessa  -  Résistance à Kharkov

25 novembre 2014 : Dans le Donbass, les pilonnages ukrainiens continuent de tuer des civils - encore deux morts et six blessés aujourd'hui dans la banlieue de Donetsk après qu'un obus ait frappé un bus (Tass). Une partie de la ville est privée de chauffage par suite de la destruction du réseau de distribution de gaz par l'artillerie fasciste.

29 novembre 2014 : A propos de la situation actuelle, voici deux textes intéressants trouvés sur le blog de Niqnaq :

■  Sur l'interminable bataille de l'aéroport de Donetsk, Niqnaq cite Strelkov qui cite le traître Khodakovski (14 novembre) lequel vient de déclarer au cours d'une conférence de presse que les forces de la RPD permettent le ravitaillement "humanitaire" des Ukrainiens encerclés dans l'aéroport. Khodakovski : "Nous ne voulons pas que ces soldats meurent de faim, ce serait un génocide... A l'aéroport, nous n'avons pas affaire à des ennemis idéologiques, mais à du personnel militaire de l'armée régulière qui ne fait que son travail."  Un "travail" qui consiste pour ces salopards à tuer des civils tous les jours. D'ailleurs une aide "humanitaire" est également fournie - on ne sait trop dans quelles conditions - aux fachos ukrainiens qui se la coulent douce depuis au moins quatre mois dans les deux chaudrons qui existent encore en territoire novorusse - voir la carte.

■  Le blogueur russe "El Murid" sur l'aide humanitaire russe et l'avenir du Donbass. L'aide officielle, dont les médias annoncent déjà le 7ème ou 8ème convoi, ne parvient qu'en petite partie à la population du Donbass. 30 à 40 % disparaissent avant même d'avoir franchi la frontière, 40 à 45 % s'évaporent après. En d'autres termes, les populations reçoivent tout juste un quart de ce qui a été envoyé. Conséquence directe, on constate déjà des cas de famine dans certaines régions rurales. Cette situation et tout le cynisme qui l'accompagne sont le résultat de six mois de piétinement, d'indécision et de trahison des intérêts russes ainsi que des intérêts de la population du Donbass.

Moscou a laissé les choses se détériorer, se gardant bien de prendre en charge financièrement tout ce que la junte de Kiev a abandonné : plus de transferts sociaux, plus de transferts tout court, les habitants des deux républiques n'ont plus rien pour vivre. Les salaires et les retraites ne sont plus versés, les comptes en banque ont disparu, les banques elles-mêmes (ukrainiennes) sont parties sans être remplacées par des banques russes. Les oligarques à qui elles appartiennent ne s'intéressent pas au Donbass.

Pour "El Murid", si Moscou continue de ne rien faire jusqu'au printemps, seuls survivront les gens qui auront réussi à partir pour la Russie. Et même si le Kremlin permet aux forces indépendantistes de reprendre l'offensive, quel sens y aurait-il à reconquérir un territoire en grande partie vidé de sa population ?...

1er décembre 2014 : Après le gaz (voir plus haut 31 octobre) et le combustible nucléaire (20 novembre), voilà que Moscou a repris ses livraisons de charbon à la junte de Kiev (La Voix de la Russie).  Comme il fallait s'y attendre, l'Ukraine n'a pas encore effectué le premier paiement pour les nouvelles fournitures de gaz russe. Ce sera probablement la même chose pour le charbon...

La vulnérabilité de la Russie aux "sanctions"  par James Petras. Intéressant à partir du chapitre Face aux sanctions occidentales et à la faiblesse intrinsèque russe, Poutine doit repenser son approche stratégique. Petras énumère les lacunes de la stratégie économique et militaire de Poutine (notamment sa dépendance envers les oligarques) et réfléchit à ce que la Russie devrait faire pour s'en sortir.

Le problème, c'est que Poutine n'a nullement l'intention de modifier sa politique pour faire plaisir à ceux qui le surestiment en Occident.

2 décembre 2014 : Si l'on en croit l'intox du jour, un "accord de cessez-le-feu" (encore un) aurait été conclu entre l'Ukraine (représentée par le général Askarov), la Fédération de Russie (représentée par le général Alexander Lentsov), l'OSCE et la RPL (ces deux dernières représentées par on ne sait qui). Comme déjà le 5 septembre et le 20 septembre à Minsk, les signataires conviennent de mettre fin aux combats et de reculer leurs armes lourdes de 15 à 20 km (décidément très original).

Cet accord ne concerne que la RP de Lougansk. A Donetsk, on "discute" encore, même si on est soi-disant parvenu à un "compromis" pour le secteur de l'aéroport. A la bonne heure :  l'arbre de Noël est sauvé...

Selon un lecteur du blog de The Saker, le général russe Lentsov est connu depuis un certain temps pour son hostilité à la cause novorusse - logique, autrement le Kremlin ne l'aurait pas choisi pour "négocier".

A Kiev, à la demande du "président" Porko Porochenko, c'est-à-dire des Américains, le "premier ministre" Arseni Yatseniouk (dit Arsenic Yats) vient de former un nouveau "gouvernement" dans lequel siègent trois "ministres" étrangers. Pour la forme, on leur a donné la nationalité ukrainienne 24 heures auparavant. Il s'agit de l'Américaine Natalia Yaresko (Finances), du Lituanien Aivaras Abromavicius (Economie) et du Géorgien Alexandre Kvitachvili (Santé). Ce dernier a exercé la même activité à Tbilissi sous la dictature de Saakachvili. Le bruit court qu'il n'a pas été possible de trouver de vrais Ukrainiens pour faire, à ces trois postes-clés, le sale boulot voulu par le FMI.

3 décembre 2014 : Niqnaq et/ou Cassad sur la situation confuse à Antratsit. Comme le nom l'indique, il y a près de cette ville située dans le sud de la RPL (carte) une mine de charbon... qui appartient à l'oligarque Akhmetov. Contrairement à beaucoup d'autres mines de la région, elle semble encore fonctionner, et l'anthracite est "vendu" aux Ukrainiens. Les "Cosaques du Don" de l'ataman Kozitsine sont cantonnés à cet endroit et "protègent" ce lucratif "business". Kozitsine (voir plus haut 30 août) est un personnage assez louche, plus intéressé aux coups tordus qu'à la cause novorusse. Le rackett et la criminalité organisée fleurissent dans ce secteur. Il y a quelques jours, des affrontements armés ont eu lieu entre Cosaques et troupes régulières de la RPL (pour autant qu'il existe de telles troupes). On compte plusieurs morts.

4 décembre 2014 : Comme ils le voulaient depuis le début de la "crise" ukrainienne, les Occidentaux ont enfin réussi à faire échouer le projet de gazoduc South Stream qui devait acheminer le gaz russe vers le sud de l'Europe via la mer Noire et la Bulgarie. Ce pendant du gazoduc North Stream déjà existant (voir page précédente 28 mars 2014) aurait eu pour objet de contourner l'Ukraine afin d'éviter les vols de gaz par la junte de Kiev.

Quand les fans inconditionnels de Poutine se mettent à fantasmer : En dynamitant le gazoduc South Stream, l'UE fait pivoter encore davantage la Russie et la Turquie vers l'Eurasie (sur le site du Saker).

Le gaz russe qui transitera par la Turquie sera en grande partie destiné à Israël... qui le revendra avec profit - avec ou sans "crise" ukrainienne, on en parle depuis des années. La Turquie, pays de l'OTAN, n'a rien à voir avec une mythique "Eurasie".

Toujours le 4 décembre, "le maître du judo, des échecs et du jeu de go Poutine" (Saker) enregistre un autre succès politique : à Grozny, en Tchétchénie, une attaque islamiste fait au moins dix morts - détails (plus de vingt morts selon d'autres sources). Le grand stratège du Kremlin fait semblant de ne pas comprendre que cette relance de la terreur dans le Caucase est commanditée depuis le même centre que la terreur fasciste qui ravage le Donbass. Quand on s'accommode de l'une, il faut aussi accepter l'autre. Moscou devrait peut-être entamer des négociations avec les "Tchétchènes" et signer avec eux un protocole (ou mémorandum) de cessez-le-feu, avec l'aide désintéressée de l'OSCE et de la Turquie...


Carte de la situation militaire.  Seul changement depuis le 23 novembre : disparition miraculeuse des deux chaudrons ukrainiens au sud-ouest de Lougansk-ЛУГАНСК et plus au sud, à la frontière russe, près de Diakovo-Дьяково.

Compte tenu de la situation générale, on peut se demander si ces cartes réflètent encore la réalité. Les pilonnages n'ont toujours pas cessé, les civils continuent de mourir, les "élites" continuent de trahir.

7 décembre 2014 : La célèbre cantatrice Anna Netrebko soutient la cause novorusse. On la voit ici avec Oleg Tsariov, leader du mouvement Sud-Est, au cours d'une conférence de presse donnée à Saint-Pétersbourg. Elle a fait don d'un million de roubles (environ 15.000 € aujourd'hui - tendance à la baisse), une somme destinée à la remise en état de l'Opéra de Donetsk endommagé par les fascistes ukrainiens. Pour la multimillionnaire (en euros) ce geste est bien entendu purement symbolique. Les habitants de la capitale du Donbass, eux, ont présentement d'autres soucis et nul ne sait de toute façon où passera cet argent.

Anna Netrebko est née à Krasnodar, non loin de Sotchi, et vit à Vienne depuis quelques années. Elle interprète ici la Chanson de Solveig tirée de Peer Gynt d'Edvard Grieg.

11 décembre 2014 : Pour montrer qu'ils respectent le nouvel "accord de cessez-le-feu" (qui n'existe que dans leur imagination), les "leaders" de la RPL annoncent le retrait de leur armement lourd à 15 kilomètres de la ligne de front (Tass). Si l'on en croit RIA Novosti, les "dirigeants" de la RPD auraient fait de même.

Commentaire de Niqnaq : "Je crois qu'on peut dire que la capitulation a commencé..."

Et pour illustrer cette photo prise il y a quelques mois en Ukraine (on y voit des enfants malmener le Khouille-lo moscovite - voir page précédente 15 juin 2014), le blogueur Niqnaq écrit : "Ce qui est si caractéristique, c'est que cette démonisation cache le fait que Poutine trahit la Russie de façon abjecte au profit de l'Occident et qu'il l'a toujours fait..."

Et pendant ce temps : Le Congrès US en pleine propagande de guerre contre la Russie - Ron Paul analyse le projet de loi antirusse adopté le 4 décembre par la Chambre des représentants de Washington.

Michel Chossudovsky sur le même sujet : Une mesure législative ouvre la voie à la guerre contre la Russie

14 décembre 2014 : L'agent du Mossad au sein du pseudo-gouvernement de la RPD  (Niqnaq). Il est question d'Alexander Kofman, "ministre des Affaires étrangères" de Donetsk.

Le poste attribué à ce grand ami d'Israël le dédommage un peu pour sa "défaite" face à Zakhartchenko lors de la parodie électorale du 2 novembre (voir plus haut). Avant de devenir "l'homologue" de Lavrov, de Kerry et de Fabius Israélicus, l'homme dont le nom yiddish tiré de l'allemand "Kaufmann" signifie "commerçant" (ou "marchand" comme dans Marchand de Venise), était directeur de la succursale de Donetsk de la Nadra Bank, une banque ukrainienne qui appartient à 90 % à l'oligarque juif Dmytro Firtash. Le "travail" du "ministre" consiste a gérer les relations avec les pays qui ont reconnu la RPD - ou plutôt avec le pays : l'Ossétie du Sud.

Tel Aviv a des miltaires dans les deux camps, mais il ne faut pas croire pour autant que les gars s'entretuent, ce serait trop beau ; ils aident seulement les gens à s'entretuer.

Lavrov et Kerry viennent d'apprendre la nomination de Kofman

15 décembre 2014 : Aéroport de Donetsk : logique humanitaire et logique de guerre  par Karine Bechet-Golovko. Quelques précisions sur la collaboration "humanitaire" de certains groupes dits "indépendantistes" avec les fascistes de Kiev (voir plus haut 29 novembre). Résultat : "Les soldats ukrainiens, tout frais, reposés et en pleine forme, ont a nouveau pu tirer depuis l'aéroport de Donetsk sur les villages environnants. Pour leur part, les combattants [novorusses] n'ont pas répondu, pour ne pas rompre les accords de cessez-le-feu. Etrange disproportion..."

16 décembre 2014 : Le cours de la monnaie russe, en chute libre depuis quelque temps, vient de franchir le seuil fatidique de 100 roubles pour un euro (contre 45 début janvier 2014, c'est-à-dire une dévalorisation de 55 % en onze mois). Dans l'espoir de freiner la dégringolade, la banque centrale de Russie relève son taux directeur à 17 %.

Si la situation continue de se détériorer, le Kremlin pourrait imposer une parité multilatérale entre le rouble et les deux principales monnaies européennes (€ et £) : détails.

18 décembre 2014 : Donetsk - requiem pour un aéroport (vidéo)

24 décembre 2014 : Troisième volet de la mascarade de Minsk, avec les mêmes participants que pour le protocole du 5 septembre et le mémorandum du 20 septembre, c'est-à-dire parlottes entre les "trois grands" (Ukraine, Russie, OSCE) en présence de marionnettes censées représenter les républiques populaires inexistantes pour les trois autres.

La montagne accouche d'une souris : pour la énième fois, on se met "d'accord" sur un échange de prisonniers... qui ne sera probablement pas plus réalisé que les précédents. La junte criminelle et terroriste de Kiev continue en effet de considérer les séparatistes kidnappés comme des "criminels" de des "terroristes". Et Moscou fait semblant de ne pas comprendre. L'objectif du Kremlin est de faire traîner les choses en longueur afin de reculer le moment douloureux où il faudra bien parler de la Crimée.

26 décembre 2014 : La Crimée étranglée économiquement par Kiev et Washington. Entre autres conséquences, la péninsule est privée d'électricité. Neuf mois après le rattachement à la Russie, la Crimée est toujours tributaire de l'Ukraine à 80 % dans ce domaine. Pratiquement rien n'a été fait par Moscou pour changer la situation.

Au lieu de couper les liens de dépendance avec le régime fasciste de Kiev et de prendre des contre-mesures, Poutine continue d'approvisionner gratuitement l'Ukraine en charbon - détails. Peskov, le porte-parole du Kremlin, déclare que "c'est pour montrer la bonne volonté du président et venir en aide au peuple ukrainien..."


LE DUO DE L'ANNÉE 2014 :

Ne manquez pas le nouvel épisode - sortie en janvier 2015...

Rappel :
La vidéo préférée de Khouille-lo
(à partir de 1:30)
Pourquoi Porko a besoin de gaz russe gratuit


2 janvier 2015 : La nouvelle année commence en beauté pour les ennemis de la cause séparatiste. Près de Loutouguino, au sud-ouest de Lougansk, deux véhicules ayant à leur bord le chef militaire Alexandre Bednov (dit "Batman") et six de ses hommes, tombent dans une embucasde tendue par les traîtres de la bande à Plotnitski ("président" auto-élu de la RPL). Il n'y a aucun rescapé - détails.

Apparemment, "Batman" avait refusé de se laisser "démissionner" par les représentants de Poutine à Lougansk. En octobre 2014, il avait tenté de se présenter aux "élections" (voir plus haut) mais comme on refusait d'accepter son inscription, il l'avait imposée par les armes - détails. Evidemment, l'inscription fut annulée dès qu'il eut le dos tourné : c'est ainsi que fonctionne la "démocratie" novorusse (ou russe tout court).

L'assassinat de Bednov s'inscrit dans le processus d'élimination (physique ou politique) de tous les opposants, un processus commencé le 14 août 2014 avec le "départ en vacances" d'Igor Strelkov. On peut se demander à présent si la résistance existe encore dans le Donbass. On n'entend d'ailleurs plus parler de Mozgovoï (voir 9 septembre).

13 janvier 2015 : A deux ou trois kilomètres au nord-est de Volnovakha-ВОЛНОВАХА, au sud-ouest de Donetsk-ДОНЕЦК mais en territoire occupé par les Ukrainiens (en bleu clair sur la carte), onze civils qui voyageaient à bord d'un car en direction de Donetsk sont massacrés à un point de contrôle de l'armée de Kiev. La junte prétend que c'est une roquette des séparatistes qui a détruit le véhicule. Les criminels de guerre sionistes Porko et Yats surfent sur le slogan Je suis Volnovakha, directement copié sur celui de leurs co-élus responsables du massacre terroriste de Charlie Hebdo.

Pour le blogueur Niqnaq il ne fait aucun doute que les victimes de Volnovakha ont été tuées par balles par les fascistes. Sur cette photo de l'épave du bus, on voit d'ailleurs clairement les impacts, et ils ne sont certainement pas dus à un tir de roquette.

Depuis quelques jours, les pilonnages ukrainiens ont repris, visant surtout Donetsk et sa banlieue mais aussi Gorlovka et le nord de Lougansk. Les "hommes forts" du Donbass et leurs marionnettistes de Moscou font comme si de rien n'était, espérant un compromis avec la clique de Porochenko. L'idéal pour eux serait que les territoires insurgés réintègrent l'Ukraine et que Kiev, en échange, "oublie" la Crimée.

16 janvier 2015 : Carte de la situation militaire - Peu de changement depuis le 4 décembre 2014, si ce n'est l'avancée des fascistes à Panteleïmonovka-Пантелеймоновка (entre Gorlovka-ГОРЛОВКА et Donetsk-ДОНЕЦК) et, plus au sud, jusqu'à Stila-Стыла.

Il est beaucoup question ces derniers jours d'une reprise de l'offensive ukrainienne. L'avenir dira ce qu'il en est...  Quoi qu'il en soit, les tirs se sont intensifiés, notamment autour des ruines de l'aéroport de Donetsk où se déroule le spectacle permanent co-produit par Porko et Khouille-lo aux dépens de la population locale.

21 janvier 2015 : Si la grande offensive ukrainienne n'a pas (encore) commencé, les pilonnages sont incessants. Des dizaines de civils meurent dans les agglomérations de Gorlovka et de Donetsk. Dans le quartier Leninski Raïon de la capitale, un obus de mortier frappe un trolleybus à l'arrêt, faisant au moins 13 morts et de nombreux blessés, dont des enfants.

Pendant ce temps, à Berlin, la Russie se met d'accord avec les fascistes et leurs sponsors sur le "retrait des armes lourdes de la ligne de contact" - pas vraiment nouveau, on en parle depuis des mois.

Et sur la "ligne de contact" justement, les hommes du commandant séparatiste "Guivi" attrapent un gros poisson - détails. Il s'agit du nazi Oleg Mikats, chef de la 93e brigade "Zhitomir". Prochainement sur l'agenda du Kremlin : faire relâcher Mikats (pour des raisons humanitaires) et neutraliser "Guivi".

24 janvier 2015 : Quelques jours après le massacre de Volnovakha (13 janvier) et après ceux de Gorlovka et du Leninski Raïon de Donetsk (21 janvier), nouveau crime de la junte dans la banlieue est de Marioupol : près de 30 civils sont tués dans un pilonnage effectué depuis une zone occupée par les Ukrainiens - carte.

Comme dans les cas précédents, les fascistes essaient de faire porter le chapeau aux forces du Donbass et réclament une réunion du Conseil de "Sécurité" de l'ONU.

Les merdias occidentaux parlent d'une "grande offensive" des séparatistes - si au moins ça pouvait être vrai... La veille, Zakhartchenko (coresponsable de la trahison de Minsk) avait annoncé son intention de "reconquérir tout le territoire" de la RPD - très drôle...



ZAKHARTCHENKO COMMUNIQUE :

(FAN = Forces armées novorusses - FAU = Forces armées ukrainiennes)

Le "chef" de la RPD ne se contente pas de suivre la fameuse maxime du chancelier
allemand Konrad Adenauer qui disait : "Peu m'importe mon discours d'hier..."
Il l'applique au pied de la lettre.


30 janvier 2015 : Violents combats dans le saillant de Debaltsevo où la résistance essaie d'encercler les fascistes. Simultanément, les pilonnages ukrainiens tuent jour après jour des douzaines de civils dans la zone Donetsk-Gorlovka.

2 février 2015 : Carte de la situation militaire.  Depuis le 16 janvier les séparatistes ont légèrement progressé dans le saillant de Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО, mais pas au point de le transformer en chaudron pour l'armée de la junte. Il semblerait qu'on se dirige vers d'interminables combats dans le style de l'aéroport de Donetsk. Entre Gorlovka-ГОРЛОВКА et Donetsk-ДОНЕЦК, les fascistes ont été repoussés.

5 février 2015 : Si l'on en croit cette carte de la zone de Debaltsevo, il semblerait que la situation évolue en faveur de la résistance novorusse. La ville d'Ouglegorsk-Углегорск (à l'ouest de Debaltsevo-Дебальцево en direction de Gorlovka-Горловка) a été libérée. La route de Debaltsevo à Svetlodarsk-Светлодарск (plus au nord) est coupée. Les Ukrainiens sont encerclés.

Malheureusement, des milliers de civils sont également pris au piège. Ce bouclier humain - pour employer l'expression consacrée - protège involontairement les fascistes. Sans lui, ces derniers seraient voués à la destruction, comme l'été dernier à Ilovaïsk, à Saour-Moguila et dans le chaudron du sud-est. Même si au niveau local, les deux camps se sont mis d'accord sur le principe de l'évacuation des habitants de Debaltsevo (sous l'égide de l'OSCE), il est évident que la junte de Kiev n'a aucun intérêt à laisser partir les civils - à moins que ce départ ne lui fournisse l'occasion de monter une nouvelle opération sous faux drapeau, par exemple pilonner un convoi de réfugiés et accuser les séparatistes de ce crime. Cela permettrait de briser l'encerclement et peut-être même d'imposer une intervention occidentale plus substantielle.

8 février 2015 : Selon le journal FAZ de Francfort, des sources des services de "sécurité" allemands estiment que la guerre du Donbass a déjà fait jusqu'à 50.000 morts (civils et combattants). Ce chiffre presque dix fois plus élevé que celui cité officiellement par la junte, correspond assez bien aux estimations précédentes - voir 10 octobre 2014.

Et une chose est certaine : on n'en restera pas là. D'autant plus que les Etats-Unis évoquent de plus en plus fréquemment la livraison d'armes à l'Ukraine, c'est-à-dire la "légalisation" de ce qu'ils font déjà plus ou moins en cachette depuis un an.

Armer ou ne pas armer ?  Là n'est plus la question...  Philippe Grasset commente des observations de Wayne Madsen.

11 février 2015 : Carte de la situation militaire - peut-être un peu trop optimiste... Quoi qu'il en soit, de nouveaux pourparlers ont lieu à Minsk au format 3 contre 1 (Porko + Merkel + Hollande vs. Poutine) dans le but de redresser la situation d'une manière satisfaisante pour la junte de Kiev. Pour "l'homme fort" du Kremlin, il s'agit comme d'habitude de résoudre la quadrature du cercle : enterrer rapidement le Donbass tout en faisant traîner les choses en longueur pour ne pas avoir à rendre de comptes sur la Crimée.

12 février 2015 : Les quatre participants aux pourparlers de la veille se mettent d'accord sur le texte d'un mémorandum "Minsk 2" en 13 points. Le site Slavyangrad en publie la traduction anglaise et mentionne comme signataires les mêmes "exécutants" que pour les documents du 7.9.14 (voir plus haut protocole) et du 20.9.14 (premier mémorandum).




On remarquera que tout cela - ou presque - a déjà été décidé précédemment... sans jamais être appliqué : cessez-le-feu (point 1), retrait des armes lourdes (2), contrôle de l'OSCE (3), amnistie (5), libération de tous les prisonniers (6), retrait des "mercenaires" et dissolution des "groupes illégaux" (10). Pour les fascistes de Kiev, tous les combattants séparatistes sont des "mercenaires" (évidemment russes) et tous les groupes auxquels ils appartiennent des "groupes illégaux".

Ce qui est nouveau, c'est que le Donbass retourne officiellement dans le giron ukrainien (4) en vertu d'une loi ukrainienne bidon (12) qui a été annulée avant d'entrer en vigueur (voir plus haut 4 novembre 2014) et d'une réforme constitutionnelle (11) qui devra être adoptée par un parlement ukrainien illégal d'où l'opposition est exclue. Les deux républiques se sabordent et abandonnent au régime de Kiev la maîtrise de leurs frontières avec la Russie (9).

Ce nouveau mémorandum poutinien est une insulte aux 25.000 civils du Donbass massacrés par les fascistes et aux 10.000 combattants novorusses morts pour leur patrie.

17 février 2015 : A peine signé, le mémorandum Minsk 2 est bon à mettre à la poubelle. La junte de Kiev n'a jamais eu l'intention de cesser le feu ni de retirer ses armes lourdes. La résistance non plus, malgré les pressions de Poutine et de ses marionnettes locales.

Après avoir nié qu'ils étaient encerclés à Debaltsevo, les fascistes ukrainiens tentent de briser l'encerclement. Comme cela ne fonctionne pas, certains d'entre eux acceptent l'offre des séparatistes et quittent le chaudron en abandonnant leur artillerie et leurs chars. C'est un bon début...

Carte de la situation militaire

Si les ruines de la ville de Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО sont libérées, la partie sud du chaudron reste aux mains des envahisseurs. Même chose pour le saillant de Svetlodarsk-Светлодарск, plus au nord.

18 février 2015 : Situation militaire dans la région de Debaltsevo - il ne reste plus grand-chose du chaudron. Les assiégés de Tchernoukhino-Чернухино ne devraient pas tarder à prendre la fuite vers le nord comme leurs co-fachos encerclés plus à l'ouest.

20 février 2015 : Selon DNR News, lors d'une rencontre de la commission tripartite de contrôle du cessez-le-feu réunissant un général russe (Alexandre Lantsov), un représentant ukrainien (Lantonov) et un envoyé de l'OSCE (John Crosby), une carte de la ligne de front a été approuvée. Elle tient compte de la situation nouvelle à Debaltsevo.

La ligne de "contact" est indiquée en vert. Les autres lignes (en noir et en bleu des deux côtés de la première) représentent les limites de retrait de l'armement lourd. Retrait purement théorique jusqu'à présent, car les forces de la junte massées près de Donetsk et de Gorlovka continuent de pilonner occasionnellement ces agglomérations.

A propos du rôle joué par Zakhartchenko dans la libération de Debaltsevo, Strelkov déclare (source Niqnaq) : "Zakhartchenko n'a pas dirigé les opérations, personne ne le lui aurait permis. Il ne va au front que quand il s'ennuie. Les seuls soldats qu'il a le droit de commander sont ses gardes du corps. Mais toute l'attention des médias locaux s'est concentrée sur sa personne [on a beaucoup parlé de sa 'blessure de guerre']... Zakhartchenko n'a rien à voir avec le départ des Ukrainiens du chaudron en direction d'Artiomovsk [plus au nord en territoire encore occupé]. Le mérite en revient aux commandants des 1er et 2ème groupes de la milice populaire... Encore une fois : compte tenu des moyens réduits dont disposent les FAN - Forces armées novorusses, cette victoire même incomplète sur les Ukrainiens à Debaltsevo est un énorme exploit..."

25 février 2015 : Tandis que les forces de Kiev conservent leurs armes lourdes sur place, il semblerait que les séparatistes opèrent le retrait de leur artillerie comme prévu par Minsk 2. Quand l'opération sera achevée, leur puissance de feu sera concentrée sur un mouchoir de poche. Sur la carte du 20 février, c'est l'espace compris entre la ligne bleue du sud-est et la frontière russe.

27 février 2015 : A Moscou, l'agent occidental Boris Nemstov est assassiné sur la voie publique dans le cadre d'une opération sous faux drapeau comme il y en a dans le manuel - détails. La junte fasciste de Kiev profite elle aussi de ce crime. Ces derniers temps, "l'opposant" Nemtsov n'avait pas hésité à manifester pour elle - ce qui, soit dit en passant, est parfaitement légal en Russie.

4 mars 2015 : Explosion accidentelle dans la mine de charbon de Zasiadko, dans la banlieue nord de Donetsk. On déplore au moins 30 morts. Porochenko, roi du chocolat et de l'humanitaire, en profite pour offrir son "aide" aux mineurs. Dans son esprit cela signifie se réapproprier ce site qui se trouve sur le territoire de la RPD, entre les ruines de l'aéroport et le centre-ville de la capitale. Les séparatistes refusent poliment.

17 mars 2015 : Neuf experts russes commentent la situation

7 avril 2015 : Premier anniversaire de la proclamation de la RPD. Ce qui aurait pu se solutionner aussi rapidement que l'affaire de Crimée si Poutine l'avait voulu, n'en finit pas de traîner en longueur. Dans le meilleur des cas, on aboutira à une situation de pat permanent comme elle existe en Transnistrie depuis un quart de siècle. Dans le cas contraire, la vraie guerre reprendra sous peu :  Préparatifs à grande échelle pour la prochaine offensive.

14 avril 2015 : Pilonnages d'artillerie et tentatives d'infiltration armée des forces de la junte non loin des ruines de l'aéroport de Donetsk (Pieski, Spartak) ainsi qu'à l'est de Marioupol (Chirokino). Ce n'est pas encore la reprise de la guerre, mais il y a des morts de part et d'autre. L'innommable Lavrov rejette les deux camps dos à dos.

Dans la région de Lougansk, selon le blogueur Niqnaq, la position d'Alexeï Mozgovoï, dernier chef militaire indépendantiste non contrôlé par le Kremlin, devient de plus en plus précaire.

6 mai 2015 : In this war there will be no victory - Mozgovoï entre le réalisme et la résignation (sur Slavyangrad.org). [Mozgovoï sera assassiné quinze jours plus tard - voir quelques lignes plus bas.]

Etat des lieux de la formation américaine des troupes de Kiev  (vidéo de Xavier Moreau).

Humour involontaire : les nouveaux passeports de la République populaire de Lougansk - très pratique pour voyager... en Ossétie.

23 mai 2015 : Assassinat d'Alexeï Mozgovoï, un des derniers chefs militaires de la Résistance osant encore tenir tête aux traîtres délégués par Moscou. Comme son camarade Alexandre Bednov (voir plus haut 2 janvier 2015), Mozgovoï a été tué au sud-ouest de Lougansk dans une embuscade tendue par les liquidateurs "pro-russes" de la Nouvelle-Russie.

2 juin 2015 : Mikhaïl Saakachvili, qui fut président de Géorgie de 2004 à 2013, a été nommé gouverneur d'Odessa.  Pour cela, il aurait renoncé à ses citoyennetés géorgienne et états-unienne et adopté la nationalité ukrainienne.

Sur le rôle joué par le psychopathe Saccage-vili en Géorgie : voir ici.  Pour ce mangeur de cravate caucasien, le Donbass est l'équivalent "ukrainien" de l'Ossétie/Abkhazie.

La première mesure du nouveau gouverneur a consisté à nommer Zourab Adeishvili, un de ses compères géorgiens, au poste de procureur de la région d'Odessa. Auparavant, cet individu avait été procureur général de Géorgie. Selon le blogueur Niqnaq, Adeishvili a quitté la Géorgie après le changement de président. Il est recherché par Interpol pour abus de pouvoir, traitement inhumain et dégradant de prisonniers, falsification de preuves et incitation au crime. Un tribunal de Tbilissi l'a condamné par contumace en 2013. Bref, il a le profil de l'emploi pour sévir en Ukraine...

4 juin 2015 : L'artillerie ukrainienne pilonne diverses localités situées près de la ligne de front, tuant au moins cinq civils et en blessant une cinquantaine. A Marinka, à l'ouest de Donetsk, les forces de la junte lancent une offensive ; les combats qui s'ensuivent font des dizaines de morts.

22 juin 2015 - Optimisme et humour :

■  L'Ukraine est morte  (vidéo de Xavier Moreau)

■  La non-invasion russe provoque l'inquiétude dans les capitales européennes  (Rob Slane - The BlogMire)

14 octobre 2015 - Crash du vol MH17 : le rapport définitif ne résout pas la question de la responsabilité.

Le Bureau hollandais pour la sécurité aérienne chargé d'enquêter sur la tragédie du Boeing Amsterdam-Kuala Lumpur (voir page précédente - 17 juillet 2014) vient de publier son "final report". Comme il fallait s'y attendre, il ne contient rien de bien nouveau :

■  L'avion a été abattu par un missile Bouk : on le savait depuis le début.

■  Le missile en question est de fabrication russe (sous-entendu : les Russes ont fait le coup). En fait, l'armée ukrainienne dispose de ces engins depuis l'époque soviétique (version ancienne) et en a acheté de nouveaux à la Russie (version plus récente) dans les années 2000.

■  Dans la présentation du rapport (diffusée intégralement par CNN), il n'est pas précisé d'où exactement le missile a été tiré, et encore moins qui est l'auteur du tir. Après la présentation, le rapporteur aurait cependant dit aux journalistes (hors caméra) que "les Russes" ou du moins les "rebelles pro-russes" étaient responsables. Rien de nouveau non plus de ce côté-là : c'est un des éléments de la campagne antirusse.

■  Le rapporteur néerlandais, sans doute par "souci d'équilibre", égratigne un peu l'Ukraine en lui reprochant de ne pas avoir fermé l'espace aérien de la zone des combats aux vols civils. En fait, on sait que Kiev avait annoncé la fermeture le 8 juillet. Ou bien cette mesure n'a jamais été mise en application, ou bien elle a été levée pour tous les vols quelques jours plus tard, ou bien elle n'a été levée que pour le Boeing à abattre.

La Russie, exclue de l'enquête, a mené ses propres investigations, mais elle se garde bien d'accuser le régime de Kiev (qu'elle protège tacitement depuis le putsch du 21 février 2014). Bref, tout cela peut être considéré comme un non-événement.

Sur place dans le Donbass, la situation reste précaire. Un énième "accord" de Minsk a été "conclu" entre les mêmes acteurs, prévoyant les mêmes mesures que les précédents. Poutine continue de faire des cadeaux à son cher homologue de la junte ukrainienne : livraisons de gaz à prix réduit (le prix n'ayant aucune importance car l'Ukraine ne paie pratiquement jamais) ; livraisons de charbon du Donbass aux massacreurs de Kiev (contre la "promesse" de ceux-ci de fournir du courant aux insurgés - depuis plus d'un an, la Russie n'a pas été en mesure de le faire) ; pressions énormes exercées par Moscou sur la résistance (interdiction de répondre aux attaques ukrainiennes, désarmement unilatéral, élimination des opposants, annulation des élections prévues pour le 18 octobre). Les fonctionnaires de la junte fasciste chassés du Donbass en 2014 reviennent peu à peu et récupèrent leurs maisons, leurs bureaux et leurs postes. Ils sont de jour en jour plus arrogants et n'hésitent pas à proclamer à haute voix que "le Donbass, c'est l'Ukraine". Autre signe inquiétant : la racaille de droit commun, elle aussi chassée en 2014, revient également.

What's happening with the militia of Donbass ?

Depuis l'assassinat de Mozgovoï (voir plus haut 23 mai 2015), le sort du Donbass semble définitivement scellé. Si les troupes de Kiev attaquaient aujourd'hui, l'affaire serait réglée au bout de quelques jours, et Poutine pourrait enfin respirer (en attendant qu'on lui reprenne la Crimée).

24 octobre 2015 - Propos désabusés d'Igor Strelkov cités par le blogueur Niqnaq :

■  "Le projet 'Nouvelle-Russie' est clos, c'est aussi l'avis d'Alexandre Borodaï" [ancien Premier ministre de la RPD, un des premiers à avoir été "démissionné" par le Kremlin - voir page précédente - 7.8.14].

■  "Le soulèvement populaire russe [au Donbass] en vue d'être réunifié avec la Russie (ou au minimum de sortir de l'Ukraine russophobe) a été réduit à néant par le 'coup de poignard dans le dos' assené par Moscou."

■  "L'intensité des combats a décliné de manière significative, mais les attaques [ukrainiennes] n'ont pas cessé. La baisse d'intensité est due précisément au fait que les deux républiques préparent leur reddition 'pacifique'. En face, toutes les forces et ressources de l'armée ukrainienne et de la 'garde nationale' sont prêtes pour une poursuite de la guerre ; personne n'a été démobilisé."

12 novembre 2015 - Les pilonnages ukrainiens contre les villes du Donbass proches de la ligne de front (notamment les quartiers périphériques de Donetz et de Gorlovka) sont redevenus quotidiens. Mais les dirigeants de la RPD, sur ordre du Kremlin, interdisent à la résistance de riposter "pour ne pas mettre en danger la paix de Minsk". Ils se contentent de pleurnicher en dénonçant la perfidie ukrainienne.

16 novembre 2015 - Russia agreed to the debt restructuring of Ukraine  (sur le site du blogueur russe Niqnaq) :

Alors que l'Ukraine doit (entre autre) à la Russie 3 milliards de dollars payables avant la fin de l'année (argent que Kiev n'a pas - la guerre contre le Donbass coûte cher), alors que la Russie pourrait faire mettre officiellement l'Ukraine en défaut de paiement au niveau international, le Kremlin accepte un "rééchelonnement," de la dette ukrainienne contre une vague promesse de paiement ultérieur. Bien entendu, Poutine sait que cette promesse sera aussi peu respectée que les précédentes. Autant dire que c'est une annulation de fait, un cadeau supplémentaire à la junte fasciste.


Niqnaq commente ainsi le comportement du président russe :

Toute la politique de Poutine consiste à capituler point par point, mais sans en avoir l'air
et en restant apparemment rebelle pour s'attirer toujours plus de "punitions"
[qui lui valent l'estime de ses compatriotes et de la dissidence mondiale].


21 novembre 2015 - Dans la région de Kherson (carte) des groupes terroristes ukrainiens soutenus par le régime de Kiev font sauter les lignes à haute tension qui approvisionnaient la Crimée en courant électrique. La péninsule est plongée dans l'obscurité. Moscou proteste et annonce son intention de stopper ses fournitures de charbon à l'Ukraine (une mesure qui ne s'appliquera probablement jamais).

On ne peut que s'étonner de voir que près de deux ans après la réunification de la Crimée avec la Russie, les choses n'ont pour ainsi dire pas changé : il n'y a toujours pas de pont au-dessus du détroit de Kertch pour relier directement la province au reste du pays ; la Crimée est toujours dépendante de l'Ukraine en matière d'énergie, d'eau douce et de produits alimentaires ; la Russie, au lieu de couvrir les besoins du territoire qu'elle a récupéré début 2014, couvre (gratuitement) les besoins de l'Ukraine et soutient économiquement la junte fasciste de Porochenko.

Commentaire du blogueur russe Niqnaq : "Les Criméens commencent à se demander si Poutine ne s'apprête pas à restituer également leur territoire." ("Egalement", c'est-à-dire quand il aura restitué le Donbass...).  "El Murid", autre blogueur russe, pense que la pression s'accentue actuellement sur la Crimée dans le but de pousser le Kremlin à larguer définitivement le Donbass. Avec l'engagement russe en Syrie, l'heure est jugée favorable.

Quoi qu'il en soit, à Lougansk on ne s'inquiète pas outre mesure de ces choses-là : au contraire, on prépare pour octobre 2017 une réédition de la révolution russe de 1917, mais au niveau mondial cette fois.

11 décembre 2015 - En Ukraine, la démocrasserie de type occidental fonctionne à la perfection, comme en témoigne cette photo prise à la Crada de Kiev ("Parlement"). On y voit le Premier sinistre Arseni Iatseniouk, alias Arseniouk Yats, se faire mettre la main au paquet par Oleg Barna (dit Collègue Oleg). Les fleurs sont en prime...



Détails


12 décembre 2015 - Après Alexandre Bednov (2.1.15) et Alexeï Mozgovoï (23.5.15), encore un chef séparatiste assassiné par les créatures de Poutine en RPL. Cette fois, il s'agit du colonel Pavel Driomov, tué par un engin explosif alors qu'il circulait entre Piervomaïsk et Stakhanov, à l'ouest de Lougansk. Comme dans les cas précédents, les tueurs accusent l'armée ukrainienne. On voit que la junte de Kiev a vraiment le bras long, sans oublier son sens aigu de l'à-propos : elle liquide toujours les hommes les plus opposés à la politique d'abandon du Kremlin. Driomov avait en effet vivement critiqué la "paix de Minsk".

Mai 2016 - Tandis que l'armée de Kiev pilonne toujours à intervalles réguliers certaines localités proches de la frontière et qu'il y a souvent des blessés, la Russie laisse faire et interdit aux séparatistes de riposter. La seule activité autorisée consiste à fêter la victoire soviétique du 9 mai (1945) qui coïncide presque avec la "fête nationale" de la RPD deux jours plus tard (anniversaire du référendum du 11 mai 2014).

Pour la grande parade de Donetsk (vidéo), on a sorti ses plus beaux uniformes, ses plus belles décorations et ses plus beaux drapeaux rouges. Il y a là rassemblés plus de soldats que le front n'en a jamais vu au plus fort des combats, entre mai et septembre 2014. Inutile de demander où ils étaient alors, ces militaires, et où ils seront si la guerre reprend.

Poutine essaie de gagner du temps et de se faire oublier. Mais il sous-estime l'endurance des Occidentaux et de leurs marionnettes ukrainiennes. Ils ne revendiquent plus seulement les territoires libérés de RPD-RPL, qui sont à leurs yeux des territoires "occupés". Ils veulent aussi la Crimée "volée" par les Russes. Mais comme ils ne peuvent pas y envoyer leurs troupes (pas encore), ils se contentent de sabotage (voir plus haut 21 novembre 2015) et de propagande.

Leur dernière trouvaille : l'arme de l'Eurovision. Cette poubelle qu'on hésite à qualifier de "musicale" (elle n'a rien produit de valable depuis ABBA, il y a plus de quarante ans) vient de donner la "victoire" à une chanteuse ukrainienne pour son "hommage" aux Tatars de Crimée déportés par Staline en 1944, après la libération de la péninsule de l'occupation allemande. La chanson ne dit pas, bien sûr, que ces Tatars déportés avaient collaboré avec l'Allemagne nazie (comme les Ukrainiens de Bandera - voir page précédente 22 mars 2014).

Indépendamment du fait qu'un certain nombre de Tatars expulsés ont pu revenir en Crimée au cours des 50 dernières années, ceux qui y vivent maintenant sont en majorité opposés aux putschistes de Kiev. Il ont d'ailleurs voté le 16 mars 2014 pour la réunification avec la Fedération russe. Une toute petite minorité, manipulée par le régime ukrainien et ses maîtres américains et turcs, a choisi la dissidence.

Voir cet article du Réseau Voltaire du 22 avril 2016 : Washington accuse la Russie de persécuter les Tatars :  La Justice criméenne a interdit le "Parlement tatar", une organisation séparatiste et terroriste... Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, ce "Parlement" n'est pas un organe représentatif, mais un bureau de 33 membres élu par les 220 adhérents d'une association politique à la solde de l'étranger.

Ukraine Urges NATO to Prepare Sevastopol For Eurovision 2017. Comme c'est toujours le vainqueur qui invite l'année suivante, l'Ukraine demande à l'OTAN de l'aider à organiser le tournoi Eurovision 2017 à Sébastopol, en Crimée redevenue ukrainienne...  Ne riez pas trop fort, Poutine pourrait être d'accord (pour éviter la Troisième Guerre mondiale).

6 août 2016 - A Lougansk, attentat probablement bidon contre Igor Plotnitski, président de la RPL imposé par Moscou. Officiellement, on accuse Kiev et Washington d'être derrière cette supposée tentative d'assassinat.

Pour Valeri Bolotov, le prédécesseur de Plotnitski "démissionné" deux ans plus tôt (voir page précédente - 14.8.2014), l'explosion s'est produite pour ainsi dire "à vide", sans causer de grands dommages à l'intérieur du véhicule où se trouvait le "président", si ce n'est des éclats de verre et les effets du souffle. Bolotov sait de quoi il parle car il a été sapeur dans l'armée (russe). Il pense que cet étrange attentat va être le prétexte à de nouvelles purges :  Bolotov : Strange attempt on Plotnitsky could incite new purges in LPR.

Apparemment il y a encore, parmi les combattants et les militants du Donbass, des opposants à la ligne suivie par Poutine et ses créatures locales. Les diverses éliminations physiques pratiquées depuis la trahison de Minsk (attentats réussis !) ne semblent pas avoir suffi - voir plus haut 12.12.2015.  Il faut dire que la situation militaire face à la junte de Kiev est toujours aussi précaire : pilonnages ukrainiens réguliers sur les localités de la périphérie et interdiction de se défendre.

28 septembre 2016 - A propos du vol MH17 abattu le 17.7.2014 (voir page précédente), un soi-disant JIT (Joint Investigation Team), exlusivement composé de manipulateurs russophobes proches de l'OTAN, "fait part de ses premières conclusions. Il déclare disposer de la « preuve irréfutable » que l'avion a été abattu par un missile en provenance de Russie et qu'il peut aussi prouver que le missile a été mis à feu depuis un terrain agricole... qui était à ce moment aux mains des séparatistes pro-russes." (Wikipédia)

C'est du réchauffé, tout a été dit à ce sujet (voir plus haut 14.10.2015).

9 octobre 2016 - Terrorisme ukrainien dans le Donbass sous couvert de l'inaction de l'OSCE.  Novorossia Today dénonce ici à la fois les crimes de guerre commis quotidiennement par la junte de Kiev et la passivité des "observateurs internationaux" stationnés en RPD. Cet article larmoyant a de quoi vous donner la nausée. Bien que les terroristes ukrainiens en uniforme qui pilonnent les localités frontalières soient parfaitement connus, rien n'est fait, côté novorusse, pour mettre fin à ces crimes de guerre. On s'en remet entièrement aux "accords de Minsk" (qui ne sont jamais entrés en vigueur) et on continue de considérer l'OSCE (Otan Sous Couverture Européenne) comme une instance neutre auprès de laquelle on peut aller se plaindre quand on est attaqué - alors qu'il suffirait d'un ou deux missiles bien placés pour mettre fin au cauchemar...

Le problème, c'est que depuis deux bonnes années, le Kremlin interdit aux séparatistes de se défendre ; il a paralysé - sinon dissous - les milices combattantes et fait assassiner les chefs militaires les plus actifs. Le but de Poutine reste de monnayer le retour du Donbass dans le giron kiévois. Si la chose n'est pas faite depuis longtemps, c'est tout simplement parce que le régime de Porko et ses maîtres américains exigent à la fois la capitulation du Donbass et la restitution de la Crimée - sans oublier l'abandon de la Syrie. Ces jours-ci, la pression exercée sur Poutine est telle, qu'une guerre directe contre la Russie (y compris nucléaire) est ouvertement envisagée. Dans ces conditions, les fascistes ukrainiens auraient tort de se gêner.

11 octobre 2016 - Fifth Column : How did Nazi Kiev squeeze $6 billion out of Russian banks (Fort Russ). L'Ukraine ne doit pas seulement beaucoup d'argent aux Russes pour les factures de gaz qu'elle ne règle jamais et pour le prêt non-remboursé de 3,75 milliards de dollars de décembre 2013. Le régime fasciste de Kiev est en outre aidé financièrement par les banques russes qui ont des filiales en Ukraine, comme Sberbank, VTB et Prominvestbank. Avec 6 milliards de dollars investis à fonds perdus au cours des deux dernières années*, ces banques soutiennent à bout de bras l'économie ukrainienne. Que les créanciers russes soient des établissements publics ou des établissements privés appartenant à des oligarques (le plus souvent juifs), en fin de compte c'est toujours le contribuable russe qui en fait les frais.

* En guise de remboursement, les nazis ukrainiens vandalisent les banques russes et démolissent leurs vitrines.

Tout cela est conforme à ce que le patron du Kremlin disait en septembre 2014 quand il demandait aux banquiers moscovites de ne pas se désengager des affaires ukrainiennes pour ne pas nuire à l'Ukraine (on était pourtant en pleine guerre du Donbass). Tout cela montre aussi clairement qui domine l'économie russe et explique pourquoi les affaires politiques, apparemment aux mains de Poutine, sont en fait indirectement contrôlées par cette Cinquième colonne apatride et pro-USA.

16 octobre 2016 - Arseni Pavlov dit "Motorola", chef de milice très connu dans le Donbass (il a combattu à Slaviansk, à l'aéroport de Donetsk, à Ilovaïsk et à Debaltsevo), est assassiné dans un attentat à la bombe alors qu'il prenait l'ascenseur pour rentrer chez lui. La junte de Kiev est aussitôt accusée de ce crime, mais la chose reste à prouver. Compte tenu des nombreux précédents (voir plus haut 12.12.2015), on ne serait pas étonné d'apprendre, une fois de plus, que cette action a été commanditée et/ou exécutée par la bande à Zakhartchenko-Plotnitski*. A notre connaissance, il ne reste plus de commandants populaires de la guerre de 2014, sauf peut-être "Guivi" (Mikhaïl Tolstikh), qui était souvent cité en même temps que son camarade "Motorola". Sera-t-il le prochain ?...

* Dans cet article The Saker estime que les coupables se trouvent dans les cercles dirigeants du Donbass. L'auteur mentionne aussi un assassinat qui nous avait échappé, celui de Evgueni Ichtchenko, le 23 janvier 2015 à Piervomaïsk. Ichtchenko, qui était maire de cette ville située à l'ouest de Lougansk, s'opposait farouchement à la "paix de Minsk".

3 décembre 2016 - Le régime de Kiev ne se contente pas de pilonner continuellement les zones frontalières du Donbass et d'effectuer des tirs de missiles au-dessus de la Crimée (en toute impunité). Il coupe également l'eau et l'électricité aux séparatistes, comme le signale cet article de Fort Russ. Deux ans et demi après la proclamation de leur indépendance, RPD et RPL sont encore tributaires des livraisons ukrainiennes. La Grande Russie du Grand Poutine est incapable de mettre fin à cette aberration, ou elle ne le veut pas.

L'article nous apprend aussi que :

■  la Russie fournit du gaz (gratuit) à la ville ukrainienne de Guenitchesk, dans le district de Kherson, au nord de la Crimée (en plus des livraisons "normales" également gratuites - voir un peu plus haut : 11 octobre 2016) ;

■  600.00 personnes en RPL seront privées de chauffage et d'électricité pendant les fêtes de Noël, bien que Lougansk paie l'Ukraine pour les (non-)livraisons d'énergie ;

■  sur ordre de Plotnitski, le charbon extrait dans le Donbass va (gratuitement) en Ukraine, ce qui permet aux centrales de ce pays de tourner ;

■  la seule réaction notable face à ce scandale a été d'invoquer l'accord de Minsk et de déplorer sa violation.

27 janvier 2017 - Mort suspecte en Russie du premier président de la RPL, Valeri Bolotov, "démissionné" en août 2014 sur ordre du Kremlin. Bolotov avait vivement critiqué son successeur Plotnitski (parachuté par Moscou à la tête de la République de Lougansk) et émis des doutes à propos de l'attentat dont celui-ci avait été soi-disant victime le 6 août 2016 (voir plus haut). Bolotov, officiellement mort d'une crise cardiaque à l'âge de 47 ans, n'avait jamais eu aucun problème de santé de ce côté-là. Ses amis pensent qu'il a été empoisonné. En décembre 2016, il avait encore une fois déclaré dans une interview que son départ de Lougansk était le résultat d'une conspiration - détails.  Depuis deux ans, les éliminations de dirigeants politiques et chefs militaires séparatistes ne se comptent plus en RPD-RPL (voir plus haut : 16.10.16).

31 janvier 2017 - Depuis le début du mois, les pilonnages de l'artillerie ukrainienne sur les localités au nord de Donetsk sont de plus en en plus violents, tuant des civils pratiquement chaque jour. En temps "normal", les forces de la RPD ont l'ordre de ne pas réagir, pour ne pas "provoquer la Troisième Guerre mondiale" et ne pas gâcher les chances d'un rapprochement russo-américain (Donald Trump est à la Maison Blanche depuis le 20 janvier). Il semblerait cependant que l'armée séparatiste soit sortie provisoirement de sa léthargie après que les troupes de Kiev aient tenté une forte percée dans le secteur d'Avdieievka. Si l'on en croit les sites novorusses, les pertes ukrainiennes seraient importantes, voire "colossales" :

Ukrainian losses "colossal", shelling at 2014 level (Eduard Popov)  -  La tentation de la guerre totale (Erwan Castel)

2 février 2017 - Erwan Castel : Donetsk sous le feu de Kiev - Bienvenue en enfer

La nouvelle administration américaine encourage l'attaque ukrainienne et inverse les rôles, faisant des agresseurs les victimes - voir ici.  Pendant ce temps, à Moscou, on proteste du bout des lèvres...


Source : Novorossia Today

8 février 2017 - Encore deux assassinats de chefs militaires séparatistes, mis l'un et l'autre sur le compte du régime de Kiev mais probablement organisés et exécutés par les mêmes que d'habitude. Aujourd'hui, à Donetsk, une attaque au lance-roquettes contre le bureau de "Guivi" (Mikhaïl Tolstikh) coûte la vie à ce combattant de la première heure - une chose qu'on redoutait depuis le 16 octobre dernier (voir plus haut). Et il y a quelques jours, le 4 février à Lougansk, c'était Oleg Anachtchenko, le chef des milices populaires de RPL, qui était victime d'un attentat à la voiture piégée.  Il faudrait être naïf pour croire que la junte ukrainienne peut sévir ainsi en toute liberté sur le territoire des deux républiques.


L'ENGAGEMENT RUSSE POUR LES NULS :

A des journalistes ukrainiens qui lui demandaient d'où viennent les tanks des séparatistes,
Dimitri Peskov (porte-parle du Kremlin) conseille d'interroger Kiev car
LE DONBASS FAIT ENCORE PARTIE DU TERRITOIRE DE L'UKRAINE.

Bien sûr, exactement comme la Crimée !...

14 février 2017 - The Battle for Donbass Industry : Oligarchs vs. People's Republics (Fort Russ) - un article qui révèle, parfois entre les lignes, l'ampleur de l'arnaque pratiquée par les oligarques apatrides... avec la complicité de la Russie et de ses marionnettes novorusses :

■  A Altchevsk (au sud-ouest de Lougansk - carte) l'usine sidérurgique qui faisait vivre 90 % de la population locale (100.000 habitants), vient de fermer ses portes car l'Ukraine ne l'approvisionne plus en matières premières et n'achète plus sa production ("acheter" au sens ukrainien du terme). Le scandale derrière ce scandale, c'est que depuis deux ans et demi que dure le conflit du Donbass, la Russie n'a strictement rien entrepris pour remplacer l'Ukraine comme fournisseur de minerai de fer et preneur de produits finis ou semi-finis (acier) de cette entreprise. Comme l'a dit Peskov (voir quelques lignes plus haut), le Donbass c'est l'Ukraine, donc c'est une affaire entre Ukrainiens qui n'a pas à intéresser Moscou. L'actionnaire majoritaire de l'usine d'Altchevsk est le milliardaire ukrainien Sergueï Tarouta, que la junte de Kiev avait nommé gouverneur de Donetsk (voir plus haut 17.9.2014 et sur la page précédente 6.4.2014).

■  Le Parlement de Lougansk vient de modifier la loi fiscale de la RPL afin de taxer les oligarques (pas seulement Tarouta, mais aussi Akhmetov) pour leurs activités locales. Jusqu'à présent, quand ils paient des impôts, c'est seulement à Kiev. Plotnitski, dont on connaît les manigances pro-ukrainiennes (voir plus haut 3.12.2016), peut raconter ce qu'il veut, cette "réforme" bidon ne sera jamais appliquée. Même chose d'ailleurs à Donetsk, où officie son acolyte Zakhartchenko.  (Sur les "exploits" du milliardaire Akhmetov, voir plus haut 14.11.2014 et 3.12.2014 ainsi que sur la page précédente 20.5.2014).

■  Pendant les récents duels d'artillerie dans la région d'Avdieievka (voir plus haut 31.1.2017), ni la cokerie ni l'usine chimique d'Akhmetov dans ce secteur n'ont été frappées par le moindre obus. Si cela avait été le cas, l'oligarque aurait été obligé de cesser provisoirement la production dans ses aciéries de Marioupol, qui sont un des fleurons de son empire industriel. (Là aussi, le traître Plotnitski avait dû donner des instructions adéquates.)

25 février 2017 - Le blocus instauré par Kiev à l'encontre de Donetsk et Lougansk sous la pression des groupes fascistes (voir quelques lignes plus haut : 14 février), touche également les livraisons de charbon du Donbass à l'Ukraine, avec des répercussions pour l'économie de ce pays qui se tire ainsi une balle dans le pied. Cette situation paradoxale montre à quel point les dirigeants novorusses et leurs inspirateurs moscovites font depuis des années le jeu du régime putschiste. S'ils avaient eux-mêmes, dès 2014, coupé les livraisons à Kiev, les séparatistes auraient très vite mis à genoux la racaille ukrainienne. Mais pour y parvenir, évidemment, il aurait fallu que la Russie les soutienne en leur achetant le charbon produit.

Au lieu de cela, le camp novorusse proteste maintenant contre l'embargo, tandis que les Russes envisagent d'approvisionner (gratuitement) l'Ukraine en charbon... pour qu'elle puisse maintenir ce même embargo sans en subir les effets négatifs.

15 mars 2017 - Suite au blocus ukrainien, le charbon du Donbass est maintenant vendu aux Russes. Zakhartchenko annonce que "les 95 premiers wagons viennent de quitter Donetsk pour la Russie" (source : Sputnik). Naturellement, la RPL fait aussitôt la même chose. (On se demande bien pourquoi les deux républiques n'ont pas fusionné depuis longtemps...)

11 avril 2017 - A Kiev, la porte-parole du "président" Porko fait savoir à la Crada (le "parlement") que le charbon du Donbass que la Russie revend à l'Ukraine "sera confisqué car il a été volé par les Russes dans les régions occupées". En pratique cela ne change rien, vu que les Ukrainiens ne paient jamais le moindre kopek pour les livraisons en provenance de Russie. Puisque Poutine le permet, ils auraient tort de se gêner.





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CARTES :

Ukraine - carte d'ensemble

La Nouvelle-Russie

Ukraine - Crimée - Donbass

Ukraine - Retour vers le futur ?
En rouge sur la carte : la Nouvelle-Russie - En bleu : la Petite Russie (avec Kiev)
En vert : la Ruthénie subcarpatique - En orange : l'Ukraine proprement dite

Evolution de la situation militaire - jusqu'au 24 août 2014, voir page précédente :
6 juillet    7 juillet    13 juillet    21 juillet    23 juillet    28 juillet    2 août    8 août    10-11 août
13 août    15-16 août    17-18 août    18-19 août    21 août    22 août    24-25 août

A partir du 25 août 2014, voir plus haut sur cette page :
25-26 août 2014    27 août    28-29 août    31 août    1er-2 sept.    3 sept.    4-5 sept.    8 sept.    10 sept. 2014
14 sept. 2014    16 sept.    19 sept.    20-21 sept.    27 sept.    1er oct.    3 oct.    4 octobre - zone tampon    6 oct. 2014   
12-13 oct. 2014    16-17 oct.    20 oct.    23 oct.    29 oct.    31 oct.    3-4 nov.    11 nov.    20 nov.    23 nov.    4 déc. 2014
16 janv. 2015    2 févr.    5 févr.    11 févr.    17-18-20 févr.

Donbass - RPD et RPL - cartes très détaillées, en russe
(1 carré bleu ou noir sur la carte = 4 x 4 km sur le terrain) :
1) Donetsk - partie nord - voir éventuellement ici
2) Donetsk - partie sud - voir éventuellement ici
    3) Lougansk - partie nord - voir éventuellement ici
   4) Lougansk - partie sud - voir éventuellement ici

Chacune des deux républiques a une superficie d'environ 26.500 km²
(A titre de comparaison : Bretagne 27.000 km², Belgique 32.000 km²)






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