UN COMPLOT PRÉPARÉ DE LONGUE DATE

- Tentative de synthèse (2001-2008) -



"Le secret domine ce monde, et d’abord comme secret de la domination"
(Guy Debord, fondateur de l'Internationale situationniste - Commentaires sur la société du spectacle)

"Un complot contre l’Etat est une chose trop importante pour être laissée aux ennemis de l’Etat"
(Jean-François Martos, biographe de Guy Debord)

"Nos 'leaders' dirigent une intrigue internationale ayant pour but de prendre au piège toute l'humanité. Ils sont derrière le 11 septembre et ce sont eux qui organiseront les 'inévitables' attaques terroristes, biologiques ou autres, contre lesquelles ils nous mettent en garde maintenant."
(Henry Makow, écrivain canadien)



Un complot ?     Est-ce le 11 / 9 que tout a commencé ?     Le jeu politico-électoral aux USA

L'idéologie de la nouvelle droite     Les intégristes protestants     Les néo-cons     Le lobby sioniste
L'oligarchie     L'Etat dans l'Etat     Le clan Bush     Les vétérans     Maîtres à penser et think tanks

Premières actions     WTC 93     Waco     Oklahoma City     TWA 800     J.O. d'Atlanta
Le complot se concrétise     L'affaire Lewinsky     Des milliers d'initiés ?

Coup de force électoral en Floride     Préparer le mardi noir     Le 11 septembre     La voie libre    Quelques noms

Bush dictateur ?     Etranges similitudes     Les différentes manières d'appréhender le complot

Perspectives    L'heure de John Kerry ?    "Réélection"    Parti unique    Etape suivante    Transition



COMPLOT ?...  VOUS AVEZ DIT COMPLOT ?...

"C'est entendu une fois pour toutes : il n'y a pas place pour la conspiration dans la vie américaine", écrit l'auteur Gore Vidal dans un article paru le 27 octobre 2002 dans le quotidien anglais The Observer sous le titre The Enemy Within (L'Ennemi intérieur).

Et comme depuis le 11 septembre 2001, ainsi que l'a décrété l'éditorialiste du Monde, nous sommes tous américains, ce dogme vaut aussi pour nous : les conspirations, ça n'existe pas.

Encore faut-il préciser quelles conspirations ne peuvent pas, ne doivent pas exister. Ce sont, bien entendu, celles qui émaneraient de l'Etat, du gouvernement, des institutions. Puisque nous vivons - nous qui sommes tous américains - dans un monde ouvert, libre, démocratique, régi par le droit, il ne saurait en effet y avoir de conspiration de la part de ceux qui nous gouvernent. Nous les élisons tous les quatre ou cinq ans, et ils font ce pour quoi nous les avons élus. S'ils ne le font pas, nous en élisons d'autres.

Bien sûr, gouverner impose certaines contraintes. Il y a des secrets à préserver, faute de quoi l'ennemi pourrait apprendre ce que nous préparons et mettre fin à notre liberté. Comme il est exclu que nous fassions le jeu de l'ennemi, nous acceptons que nos dirigeants politiques ne nous disent pas tout ce qu'ils projettent. Mais nous leur faisons confiance, sinon nous ne les aurions pas élus, n'est-ce pas ? Donc, pour ce qui est d'un éventuel danger de conspiration, nous savons qu'ils sont au-dessus de tout soupçon.

Ceux qui pensent le contraire sont à coup sûr paranoïaques ou - comme dirait Télérama - ils ont un point de vue "antiaméricain, douteux, nauséabond". Ce sont des cinglés qui croient à un "complot interplanétaire". Bons à enfermer, quoi...

Là, par contre, où il est parfaitement légitime de parler de conspiration, c'est quand cette conspiration est le fait des ennemis de la liberté.

Pas un jour ne s'écoule, en effet, sans que nos responsables politiques, nos journaux, nos télévisions ne le répètent. Quelques heures après les attentats de New York et de Washington, chacun savait déjà à quoi s'en tenir : le 11 septembre est un complot ourdi par Oussama Ben Laden, son sinistre réseau Al-Qaïda et tous leurs complices de par le monde.

Jamais les médias n'émettent le moindre doute sur la plausibilité d'une thèse aussi extravagante, et s'ils le font, par exception, c'est pour tout oublier dans la minute qui suit et revenir aussitôt à la version officielle. Les "conspirationnistes", les partisans de la théorie du complot, les dérangés, les fous, les malades, ce sont les gens - toujours plus nombreux - qui posent des questions claires et logiques et demandent des réponses appropriées et pertinentes. Ce ne sont jamais ceux qui colportent les "explications" simplistes, incohérentes et parfois carrément débiles, entendues des millions de fois depuis le 11 / 9.

Même si une majorité de gens, en Occident, semble encore accepter l'interprétation habituelle des événements de New York et de Washington, beaucoup ressentent instinctivement que quelque chose cloche dans la présentation des faits. Mais cette perplexité pèse assez peu face à l'avalanche médiatique. Les journalistes connaissent leur métier, finit par penser l'homme de la rue ; s'ils répètent la même chose depuis des années, c'est qu'il y a du vrai dans leurs propos. A chacun son travail...

On entend souvent dire que "depuis le 11 septembre, rien n'est plus comme avant". Et les bouleversements radicaux observés depuis cette date sont considérés comme la suite logique d'un événement purement fortuit. Mais lorsque le hasard fait si bien les choses (pour ceux qui tirent profit des conséquences de ce hasard), on est en droit de se poser quelques questions et d'émettre quelques hypothèses.



EST-CE VRAIMENT LE 11 / 9 QUE TOUT A COMMENCÉ ?

Il y a dans l'histoire de longues périodes où il ne se passe (presque) rien, où les changements sont imperceptibles, purement quantitatifs. Puis d'un seul coup, tout bascule sans qu'on sache pourquoi. Ces césures sont relativement rares ; elles se produisent tout au plus une fois dans la vie d'un individu. La dernière en date est celle de 1989-90.

Le bloc des pays de l'Est s'est alors effondré sans crier gare. Cette situation absolument nouvelle, sans précédent historique, a pris tout le monde au dépourvu - y compris ceux qui prétendent après coup avoir décelé les signes avant-coureurs de l'événement. Certains cas de "prémonition", comme celui du président américain Ronald Reagan, qui demandait publiquement à Gorbatchev de démolir le Mur de Berlin plusieurs années avant sa chute effective, sont dus au hasard. Reagan et ses services secrets ne pouvaient pas savoir que le numéro un soviétique s'apprêtait alors à liquider de l'intérieur l'URSS et le camp socialiste. L'homme de la Maison Blanche, dont le quotient intellectuel était à peine plus élevé que celui de George Bush fils, a finalement "vu juste" en ressassant trente ans durant la même revendication irréaliste - ce sont des choses qui arrivent.

En 1989, le successeur de Reagan à la présidence, George Bush père, est passablement surpris de sa victoire par forfait contre l'adversaire communiste. Rien n'est encore prévu pour ce cas de figure, même si les think tanks, ces boîtes à idées qui conseillent et inspirent le pouvoir, ont un peu cogité sur la question - de façon tout à fait abstraite, bien entendu (un peu comme dans les études sur les conséquences politico-militaires de la chute d'un météorite ou de la découverte d'une forme de vie extraterrestre).

Toujours est-il que les perspectives stratégiques qui s'ouvrent fin 1989 pour les Etats-Unis, sont non seulement inattendues mais gigantesques. Elles impliquent, pour qui réfléchit à la question, des bouleversements inouis dont l'ampleur ne se révèlera que petit à petit. On sait qu'on se trouve dans une phase de transition mais personne ne peut dire au juste sur quoi elle va déboucher. Une ligne stratégique cohérente n'apparaîtra que dans les années suivantes.

En attendant, on avance prudemment, dans la crainte d'un éventuel sursaut du monde communiste. Il faut éviter toute précipitation pour ne pas compromettre l'avenir. Vers le milieu de l'année 1990, la situation semble irréversible ; la réunification allemande est pour très bientôt ; presque tous les pays communistes sont en train de se "réformer" ; l'URSS est à l'agonie. Le premier test sérieux de cette ère nouvelle sera fourni par la guerre du Golfe de 1991. Ce "conflit" habilement provoqué grâce au piège du Koweït tendu à Saddam Hussein, n'aurait pu avoir lieu à l'époque où l'URSS était encore une superpuissance. Et si Gorbatchev avait dit non, le test aurait échoué, malgré la décomposition avancée de l'Union soviétique. Mais Gorbatchev laisse faire. On peut donc franchir une étape décisive sur la route menant vers l'ordre nouveau.

Les résultats du premier test sont plus qu'encourageants. Comme on pouvait s'y attendre, la guerre est victorieuse. Mais l'objectif n'était pas tant de gagner cette guerre, que de prouver au monde - et de se prouver à soi-même - que les Etats-Unis sont désormais en mesure d'attaquer qui ils veulent, quand ils le veulent et sans l'autorisation de personne. Pourtant, l'administration Bush n'a pas encore de plan concret pour l'après-guerre. C'est pour cette raison que la campagne militaire n'est pas menée jusqu'au bout. On laisse Saddam Hussein en place, tout en le contrôlant. On finira les opérations plus tard, dès que la situation aura été analysée. Rien ne presse : la popularité du président est à son comble, et les prochaines élections sont dans un peu plus d'un an et demi, en novembre 1992.

Malheureusement pour Bush père et ceux le soutiennent, la baudruche de l'enthousiasme patriotique se dégonfle vite et les problèmes de politique intérieure reprennent le dessus. Bien que la situation économique soit alors infiniment plus favorable qu'elle ne le sera dix ans plus tard, la cote du président tombe en flèche. Les électeurs en ont assez des douze années de "conservatisme" du tandem Reagan-Bush. Bill Clinton débarque, le sourire aux lèvres, charismatique, jeune (enfin, plus jeune que Bush père, en tout cas assez jeune pour se produire sur MTV) ; il promet monts et merveilles (baisses d'impôts, sécurité sociale pour tous, autoroutes de l'information partout, etc.). Clinton gagne les élections et le clan Bush enrage. Tout ce qui avait si bien commencé deux ans plus tôt ne peut plus être mené à terme. Voilà quatre ans de perdus.

C'est sans doute vers cette époque-là que l'idée a pris naissance, dans le camp des "vaincus", qu'il était nécessaire - et possible - d'infléchir l'histoire et de ne rien laisser au hasard. Préparer d'abord le retour au pouvoir et se donner les moyens d'y rester.

Jusque là rien de très illégal. Aux Etats-Unis, comme dans tous les pays dits démocratiques, la règle essentielle pour un groupe politique important consiste à toujours évoluer avec au moins un pied dans la légalité ; utiliser les lois à son profit et transgresser toutes les lois qu'il est possible de transgresser sans trop attirer l'attention, sans trop courir le risque de se faire prendre. En somme, éviter le scandale dans une société où le scandale est permanent.



LE JEU POLITICO-ÉLECTORAL AUX USA :

La vie politique américaine, depuis la Guerre de Sécession, a toujours reposé sur le bipartisme : Parti républicain (aujourd'hui considéré comme un parti "de droite") et Parti démocrate ("de gauche"). Jamais un candidat indépendant n'a été élu président, et très rares sont les cas où un tel candidat a pu obtenir pour lui les voix de grands électeurs.*

* Le président n'est pas élu directement ; c'est une assemblée de grands électeurs qui s'en charge. Dans chacun des 50 états, le candidat à la présidence qui obtient la majorité simple des suffrages est crédité des voix de l'ensemble des grands électeurs de cet état (leur nombre est plus ou moins proportionnel au nombre d'électeurs inscrits).  Le dernier succès d'un candidat indépendant remonte à 1968 (Wallace).

Depuis la Seconde Guerre mondiale (président démocrate Franklin Roosevelt), l'alternance à la Maison Blanche a été presque parfaite : en 60 ans, il y a eu 7 changements ; les républicains ont "régné" 32 ans, les démocrates 28 ans. C'est dire à quel point ces partis sont interchangeables (d'aucuns y verront un signe de "saine démocratie" - bien sûr).

On peut dire en gros que les présidents républicains ont toujours fait honneur à leur réputation. Eisenhower a poursuivi pendant quelque temps la guerre de Corée héritée de son prédécesseur et a été le président de la guerre foide (maccarthysme). Nixon a porté la guerre du Viêt-Nam à son paroxysme, l'a étendue au Cambodge et au Laos, et s'est fait réélire frauduleusement en 1972 (Watergate), ce qui lui a valu une procédure de destitution (impeachment) à laquelle il s'est soustrait en démissionnant. Reagan a inauguré, dix ans avant la chute du communisme, la période de renaissance du conservatisme et peut être considéré comme un précurseur des néo-cons (les bien-nommés) ; s'il n'a pas déclenché de guerre majeure, ce n'est pas par mauvaise volonté (il rêvait de confrontation nucléaire) mais par impossibilité matérielle (l'URSS existait encore). Quant aux Bush, père et fils, on sait quel rôle ils ont joué et jouent encore.

Les démocrates, de leur côté, n'ont pas été en reste, malgré leur aura vaguement humaniste. Truman, élu en 1944 sur le ticket Roosevelt (sans doute le meilleur président que les USA aient jamais connu), est devenu quelques mois après la mort de celui-ci le pire criminel de guerre de l'histoire américaine (bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki sans aucune nécessité militaire - près de 300.000 victimes). Réélu en 1948, il a en outre provoqué la guerre de Corée (même s'il a accusé les communistes d'en être responsables, mais nous savons que Ben Laden et Saddam Hussein sont eux aussi responsables). Enfin, Truman a inauguré l'ère de la chasse aux sorcières du maccarthysme. Kennedy, malgré son attitude positive dans la détente avec l'Est et son rôle modérateur dans l'affaire des fusées de Cuba, est néanmoins l'initiateur de l'intervention américaine au Viêt-Nam et de l'invasion manquée de la Baie des Cochons (Cuba - 1961). Johnson, devenu président après l'assassinat de Kennedy, et lui-même réélu, a fait de l'intervention au Viêt-Nam une véritable guerre. Carter, le président tranquille entouré de conseillers ultra-réactionnaires (Kissinger, Brzezinski), s'est laissé entraîner dans la confrontation avec l'URSS (Afghanistan) et l'Iran islamiste. Sous Clinton, finalement, les Etats-Unis ont fait la guerre contre la Somalie et la Yougoslavie, attaqué occasionnellement le Soudan et l'Afghanistan, et bombardé régulièrement l'Irak (bombardements particulièrement violents en 1998).

Voir ici la liste des présidents américains et celle des guerres et agressions militaires depuis 1945.

Bien sûr, on pourrait ajouter que tous ces présidents ont aussi leurs mérites. On peut arguer que des républicains ont terminé les guerres commencées avant eux, ou que les démocrates ont supprimé la ségrégation raciale et résisté à la tentation nucléaire là où d'autres, dans la même situation, y auraient sans doute succombé. On peut aussi raisonnablement penser que Kennedy s'est efforcé de mettre fin à l'intervention au Viêt-Nam qu'il avait lui-même déclenchée deux ans plus tôt, ce qui lui a coûté la vie (même si, pour ses assassins, les autres motifs ne manquaient pas). Tout cela est vrai mais ne change rien au fond du problème.

L'Etat le plus puissant de la planète est dominé, indépendamment de la "couleur" de son personnel politique, par les mêmes groupes oligarchiques financiers, économiques, industriels et militaires, qui veillent à ce que l'équipe présidentielle du moment représente au mieux leurs intérêts. Selon les aléas du jeu politique, il se trouve que tel ou tel parti, tel ou tel candidat a la préférence des groupes dominants. Peu importe en général que les politiciens portés au pouvoir s'appuient plus ou moins sur une couche donnée d'électeurs plutôt que sur une autre. En fin de compte, le président et son cabinet ont toujours fait et feront toujours ce que les véritables - et immuables - maîtres du pays attendent d'eux. Les multiples groupes de pression, experts et conseillers sont là pour empêcher toute tentative sérieuse de déviation.

Malgré tout, depuis une bonne vingtaine d'années (premier mandat de Reagan) et plus particulièrement depuis la victoire à la Pyrrhus de la guerre du Golfe de 1991, l'idéologie aurait tendance, dans certains milieux de droite, à l'emporter sur le pragmatisme.

Les chances de profit pour un géant de l'armement ou du pétrole ne sont pas moindres sous un président démocrate, c'est vrai, mais sont-elles vraiment optimales ? Faudra-t-il toujours se plier aux impondérables du jeu politico-électoral ? Ne devrait-on pas, pour assurer une réussite économique durable, d'abord créer un environnement spirituel fondé sur des valeurs stables ? Est-il raisonnable d'abandonner, des années durant, la gestion des affaires publiques à des individus dont le passé est jugé louche et la moralité douteuse, sous prétexte que c'est la volonté populaire ? Comme si le peuple savait ce qu'il veut...

Depuis que le monde a opéré le revirement inopiné de 1989-90, ces questions ont été posées de plus en plus fréquemment. Le chapitre de l'après-guerre est définitivement clos. Un nouveau paradigme - pour employer un mot à la mode - fait son apparition dans les milieux conservateurs (conservateurs est d'ailleurs un terme qui convient assez mal, car ces gens ne veulent pas conserver le statu quo, mais au contraire le modifier profondément en remettant en cause de nombreux acquis du 20ème siècle). Dans la vision néo-conservatrice du monde "nouveau", les démocrates n'ont plus qu'une place restreinte, voire aucune place du tout. Ils ont d'ailleurs eux-mêmes prouvé qu'ils étaient inutiles, puisqu'ils font en gros la même politique que les républicains, tout en prétendant le contraire. (Michael Moore a remarquablement analysé ce comportement dans son livre Stupid White Men - ce qui ne l'a pas empêché de soutenir John Kerry en 2004.)

Il n'est donc plus illégitime de songer à écarter (définitivement) du pouvoir et de la vie publique ces démocrates d'un autre âge, et avec eux tous les "libéraux" (au sens américain du terme, un peu synonyme d'intellectuels soixante-huitards modérément pacifistes, écologistes, sociaux, libres penseurs et permissifs). Beaucoup de nouveaux conservateurs viennent d'ailleurs de cette "gauche" maintenant en perte de vitesse, qu'ils combattent jusqu'à sa complète disparition.

Lire ici comment l'ex-gauchiste David Horowitz veut nettoyer les campus américains.



L'IDÉOLOGIE DE LA NOUVELLE DROITE :

Elle pourrait en fait se résumer en deux mots : "Democracy sucks..."

Mais bien sûr, personne ne le dit de cette façon-là. D'abord, parce qu'il faut faire semblant de respecter le "politiquement correct". Ensuite, la notion de "défense de la démocratie" est très utile pour endormir le monde ; on aurait tort de la dénigrer en public. Et puis, ce n'est pas tout à fait le vocabulaire qu'utilise la nouvelle droite. Les jurons à la Beavis et Butthead, c'est bon pour les clintoniens...

Plusieurs groupes composent cette nouvelle droite, et chacun d'eux apporte sa contribution à l'ídéologie commune. Cette classification un peu rigide n'exclut pas qu'un individu puisse faire partie de plusieurs groupes à la fois. C'est d'ailleurs très souvent le cas. On pourrait même dire que les dirigeants effectifs ou occultes du mouvement sont ceux qui cumulent le plus d'appartenances.



REGROUPEMENT DES FORCES ET PREMIÈRES ACTIONS :

C'est à partir de 1993, après l'élection de Bill Clinton à la présidence, que le regroupement et la réorganisation des forces de la nouvelle droite commence à s'opérer. Le clan Bush soucieux de revenir sur le devant de la scène politique, les likoudiens israélo-américains exaspérés par la politique d'Oslo du travailliste Yitzhak Rabin, les intégristes protestants excédés par le "régime libertin" du "hippie" de l'Arkansas, les vieux conservateurs déçus de voir que les possibilités offertes par la chute du communisme ne sont pas exploitées, tous ces gens vont découvrir que leurs intérêts communs sont plus profonds qu'ils ne le pensaient.

Ils s'allient donc et rallient à eux la droite traditionnelle, comme par exemple le lobby anticastriste de Floride, le lobby de l'armement individuel (National Rifle Association - NRA), les adversaires de l'avortement et de l'aide aux minorités, les sectes et même l'extrême droite et ses milices. Bien sûr, il s'agit moins d'une alliance structurée que d'un rassemblement diffus aux motivations idéologiques diverses mais non contradictoires. C'est le terreau qui permettra à plus long terme l'éclosion d'une Amérique radicalement différente.

En attendant, la croissance économique favorise l'administration en place. Arrivé à la Maison Blanche au moment où s'amorce le boom de la nouvelle économie, Clinton en récolte les dividendes. Ses réformes* (éducation publique, sécurité sociale, limitation des armes à feu), même si elles ne dépassent guère le stade verbal, effraient cependant ses adversaires et les incitent à serrer les rangs. Mais comme l'opposition ne peut compter sur l'agitation habituelle pour affaiblir un président très populaire, elle se servira de moyens non conventionnels, et elle le fera dès le départ.

* Au sens positif du terme, et non au sens actuel de contre-réforme.

WTC '93 :

Le 26 février 1993, cinq semaines après l'installation de Bill Clinton à la Maison Blanche, un attentat contre le World Trade Center de New York fait six morts et un millier de blessés. Un groupe d'activistes musulmans conduit par un ex-officier égyptien est mêlé à l'attaque, mais comme on l'apprend par la suite (et comme le signale Andreas von Bülow), le FBI est au courant et fait même tout pour que l'attentat ait bien lieu. Plus tard, lorsque le gouvernement irakien propose à Washington l'extradition d'un autre suspect recherché par les Etats-Unis, les autorités américaines refusent. Et pour compléter le tableau, il se trouve qu'un des terroristes impliqués dans ce complot travaillait pour le Mossad.

C'est le premier attentat terroriste de quelque envergure jamais commis aux Etats-Unis. Il produit un double effet : d'une part, les Américains savent désormais que leur pays n'est plus à l'abri - la peur du terrorisme ouvrira la porte à tous les abus ; d'autre part, on rend le nouveau gouvernement responsable de ce qui arrive. Le terrorisme jouera toujours contre Clinton, alors que plus tard, on y verra un argument en faveur de Bush. C'est que le président démocrate est complètement pris au dépourvu et ne contrôle ni les événements ni leurs acteurs, tandis que son successeur - ou plutôt ceux qui le manipulent - dirigent les opérations avec l'aide de leurs partisans dans les services secrets.

Waco :

Deux jours après l'attentat de New York, Bill Clinton est confronté à l'étrange affaire de la secte davidienne de Waco (Texas). Ce qui débute comme une simple affaire de maintien de l'ordre, relevant d'autorités subalternes, va de nouveau poser la question de la responsabilité présidentielle.

Pour s'emparer du chef de la secte, David Koresh, coupable de détention illégale d'armes à feu (un délit tout à fait banal et quotidien aux Etats-Unis), des agents fédéraux de l'ATF (Bureau of Alcohol, Tobacco and Firearms) et du FBI tentent de pénétrer dans les bâtiments qui abritent la communauté religieuse. Les occupants résistent : il y a des morts de part et d'autre. ATF et FBI font alors le siège de la propriété durant près de deux mois. Le 19 avril, ils donnent l'assaut à l'aide de tanks. Près de 80 personnes (dont des enfants et des bébés) meurent dans l'incendie qui s'ensuit. Comme il se doit, on accuse Koresh d'être l'auteur du massacre, mais personne n'est dupe.

L'opinion américaine éprouve une certaine sympathie pour les sectes, qui pullulent dans ce pays et y symbolisent la liberté religieuse. En outre, on applaudit plus ou moins discrètement lorsque quelqu'un se défend les armes à la main contre les empiétements de l'Etat ; on y voit un signe de courage et de patriotisme. C'est le côté anarchiste de la société américaine, l'héritage spirituel d'Henry David Thoreau, qui prêchait au 19ème siècle la désobéissance civique (Resistance to Civil Government). Cet anarchisme de droite, qui se manifeste aussi par l'existence de nombreuses milices, sommeille généralement lorsque le gouvernement de Washington défend les mêmes "valeurs" que la droite traditionnelle. Avec Clinton aux commandes, il va se réveiller. L'Amérique "profonde" et ses partisans au sein de l'appareil d'Etat considèrent un peu le nouveau président comme un "bolchevik" qu'il faut combattre à tout prix.

En y regardant de plus près, on s'aperçoit que le massacre de Waco, exécuté par des agents fédéraux échappant de toute évidence au contrôle de la Maison Blanche, est destiné en fait à mobiliser cette Amérique "profonde" contre le gouvernement en place. Bien que n'étant pas personnellement impliqué dans l'affaire, Bill Clinton n'a finalement d'autre choix que de couvrir l'action de ses services et de porter le chapeau. Six ans plus tard, on apprendra qu'un conflit profond opposait le FBI au ministère de la Justice. La ministre, Janet Reno, reprochera à la police fédérale d'avoir menti au gouvernement - détails.

Le World Trade Center et Waco sont des avertissements, des signes avant-coureurs, mais Bill Clinton n'en tiendra pas compte.

Oklahoma City :

Le 19 avril 1995, deux ans jour pour jour après Waco, un grave attentat terroriste à la voiture piégée détruit un édifice fédéral à Oklahoma City, causant 168 morts et 600 blessés. Motif officiel de l'attentat : venger le massacre de 1993. Un des terroristes accusés, Timothy McVeigh, est arrêté, jugé, condamné à mort, puis exécuté en juin 2001. Son complice Terry Nichols est condamné à la prison à vie. Selon les "enquêteurs", ils auraient agi seuls.

En fait, McVeigh a toujours été proche des milieux d'extrême droite : milices, Ku Klux Klan, etc... Il a fait la guerre du Golfe en 1991 avant de passer dans les Forces spéciales clandestines. A Oklahoma City, il semblerait qu'il ait été aidé - et manipulé - par des milieux proches de l'armée et des services secrets, jouant le rôle du crétin utile sacrifié par avance. De nombreuses incohérences accompagnent son procès : McVeigh plaide coupable et prend tout sur lui ; lorsqu'il veut se rétracter, le FBI fait disparaître plus de 3.000 pages de documents susceptibles de le disculper. Malgré les doutes qui subsistent, il est bien vite exécuté - les morts ne parlent pas.

Comme lors des deux précédentes affaires, Bill Clinton est rendu responsable des "fautes" du FBI et d'autres organes fédéraux. Pour se dédouaner, il engage le pays dans la voie de la "lutte contre le terrorisme". Sous la pression de la droite, il prend des mesures qui annoncent déjà l'après-11 septembre. Au lieu de demander des comptes aux responsables du FBI, il renforce leurs pouvoirs et fait voter une première loi d'exception.

TWA 800 :

Le 17 juillet 1996, un Boeing 747 de la TWA (vol 800) s'abîme dans l'Atlantique au large de Long Island, peu après le décollage de New York. Il y a 230 victimes. On parvient peu à peu à récupérer les débris et à reconstituer l'appareil. Officiellement, il est question de défaillance technique : une étincelle aurait mis le feu à des vapeurs de kérosène.

Des témoins disent avoir observé un missile, mais l'hypothèse n'est pas retenue par les "enquêteurs". Pourtant, divers détails laissent à penser qu'il pourrait effectivement s'agir d'un missile tiré par l'US Navy. Ce qui est curieux, c'est que le FBI avait écarté cette hypothèse et privilégié celle de la défaillance technique une demi-heure à peine après le crash - voir ici.

Deux ans plus tard, une commission d'enquête mandatée par la Chambre des Représentants arrive à d'autres conclusions. Selon le rapport Donaldson, le Boeing a bien été détruit par un missile ; le FBI et la Commission nationale de sécurité des transports ont brouillé les pistes. Toutefois, le rapport ne va pas jusqu'à mettre en cause la Navy ; les responsables sont des "terroristes du Moyen-Orient".

Quoi qu'il en soit, les incohérences de l'enquête sont, là aussi, mises sur le dos du gouvernement, c'est-à-dire sur le dos du président Clinton.

J.O. d'Atlanta :

Dix jours après le crash de la TWA, en marge des Jeux Olympiques, une bombe explose dans un parc très fréquenté d'Atlanta, tuant deux personnes et en blessant une centaine. Le FBI est de nouveau sur la sellette : il arrête d'abord un homme du service de sécurité du parc, puis doit le relâcher faute de preuves. On se rabat bientôt sur un autre suspect, qui est malheureusement en fuite. L'affaire pourrait sembler banale si le rapprochement - tout à fait abusif - avec l'attaque palestinienne de 1972 contre les Jeux de Munich ne l'avait gonflée démesurément.


A l'automne 1996, à la fin du premier mandat de Bill Clinton, on peut dire que sur le plan politique, le Parti démocrate est largement aligné sur les positions de ses adversaires. Ceux-ci ne sont certes pas parvenus à déstabiliser le gouvernement comme ils le voulaient, mais ils l'ont contraint à modifier son programme : abandon de toute velléité de progrès social, participation à des agressions militaires extérieures (Somalie, Bosnie, Croatie), acceptation de l'idée de menace terroriste islamique à l'intérieur même des Etats-Unis. Grâce à ses appuis au sein de l'armée, des services secrets et de la police fédérale, la droite a montré qu'une équipe présidentielle "de gauche" est à la merci de forces internes échappant à son contrôle. La politique gouvernementale ne suit plus un plan cohérent mais se contente de réagir au jour le jour.

Mais cet avantage acquis par l'opposition de manière bien évidemment illégale, ne suffira pas pour déloger Clinton du pouvoir aux élections de novembre. Les données économiques sont plus que jamais positives et favorisent la réélection du président sortant. D'autant plus que le candidat Bob Dole est loin de représenter une alternative sérieuse. Dans le camp des revanchards, l'amertume est grande ; il va falloir mettre les bouchées doubles. Les attaques indirectes ayant échoué, on passera à une offensive frontale dans le but de renverser le "hippie" avant la fin de son second mandat.



LE COMPLOT SE CONCRÉTISE :

Lorsqu'il est question de complot ou de conspiration, on songe aussitôt à un groupe clandestin agissant en secret pour renverser par la force le gouvernement en place afin de se substituer à lui, un peu dans le style sud-américain ou africain. On peut aussi penser à une conspiration ne s'appuyant pas seulement sur quelques éléments de l'armée, mais jouissant d'un soutien populaire beaucoup plus large, en quelque sorte l'étincelle qui mettra le feu aux poudres et accompagnera un mouvement révolutionnaire.

Dans le cas des Etats-Unis, il est évident qu'aucun de ces deux "modèles" n'est applicable.

Bien entendu, jusqu'en 2000, les initiateurs du mouvement veulent se débarrasser du gouvernement Clinton, mais ils espèrent que des méthodes légales - ou du moins des méthodes dont personne ne contestera trop bruyamment la légitimité - pourront produire l'effet voulu. Face aux coups de boutoir de l'adversaire, les démocrates renoncent à contre-attaquer, ils restent sur la défensive. Leur réaction est molle, ils sont comme paralysés. Pour riposter, ils ne peuvent compter ni sur les organes de l'appareil d'Etat ni sur les médias, puisque les uns et les autres sont largement contrôlés par leurs adversaires.* Ils pourraient certes mobiliser leur électorat, mais cela ne s'est jamais vu dans le camp démocrate depuis Franklin Roosevelt ; la combativité des partisans de Clinton ne va guère au-delà de la sauvegarde de leur propre carrière. La seule fois que le public percevra un timide signe de protestation de l'entourage du président face aux menées subversives de l'oppostion de droite, c'est lorsque la procédure de destitution aura été lancée.

* A partir de 1995 (seconde moitié du premier mandat présidentiel), ils ne peuvent pas non plus compter sur le Congrès, car les républicains y ont la majorité, aussi bien à la Chambre des Représentants qu'au Sénat. Les députés sont élus pour deux ans ; les sénateurs pour six ans, avec renouvellement d'un tiers du Sénat tous les deux ans. Lorsque le président, élu pour quatre ans, ne dispose pas d'une majorité parlementaire, il n'y a pas pour autant cohabitation comme en France ; le président, qui est aussi chef du gouvernement, choisit toujours ses ministres parmi ses partisans. En ce qui concerne Clinton, le fait d'avoir ou de ne pas avoir de majorité parlementaire n'a pratiquement pas influencé la politique suivie. Le drame du président est qu'il n'a jamais su - ou jamais voulu - utiliser sa majorité pour imposer une ligne différente de celle de l'opposition. (Pour replacer les élections américaines dans leur véritable contexte et éclairer leur caractère "démocratique", précisons que le taux de participation atteint rarement 50 % - en 1998 : 38 %.)

Dans ces conditions, les attaquants ont beau jeu de se retrancher derrière le caractère "légal" et "démocratique" de leur entreprise. Il est vrai qu'à aucun moment, on n'a vu de forces insurgées investir la Maison Blanche ou le Congrès ; aucun ministre, aucun député n'a été arrêté. Et après l'élection frauduleuse de novembre 2000, il ne sera plus question de renverser le président, mais de radicaliser le pouvoir que l'on détient déjà.

Un complot peut parfois revêtir des formes plus subtiles qu'un vulgaire projet de putsch - le précédent historique de 1933 est là pour le prouver - voir plus bas.

L'affaire Lewinsky :

Elle éclate en janvier 1998, un an après le début du second mandat de Bill Clinton. Les circonstances dans lesquelles la presse dévoile l'affaire renseignent aussitôt sur les intentions des organisateurs du scandale. Lorsque la bombe médiatique explose, le président américain reçoit à la Maison Blanche le premier ministre israélien Nétanyahou et le président palestinien Arafat. Arafat ne comprend pas pourquoi les journalistes s'intéressent davantage à la vie privée de Clinton qu'au "processus de paix" en Palestine. Nétanyahou, au courant de ce qui se trame (ses services y jouent un rôle de premier plan), rit intérieurement. Un des effets secondaires de ce que les médias appellent déjà le Monicagate sera une plus grande "compréhension" américaine pour la politique d'Israël - plus grande encore qu'elle ne l'était déjà. (Et pourtant, Clinton et les démocrates étaient unanimement considérés comme beaucoup plus pro-israéliens que les républicains - mais on sait que le lobby sioniste n'en a jamais assez...)

Une autre conséquence, et non des moindres, de l'affaire Lewinsky résidera dans l'engagement militaire accru des Etats-Unis dans le monde. Pour tenter de faire oublier ses escapades, Clinton ira bombarder le Soudan, l'Irak et l'Afghanistan. Il se laissera aussi entraîner dans une guerre contre la Yougoslavie, à propos du Kosovo, une minuscule province dont aucun Américain n'a jamais entendu parler. Et ce, pour le compte d'une organisation - l'UCK - que le Département d'Etat considérait encore comme terroriste quelques mois plus tôt.

On peut, en gros, résumer l'affaire Lewinsky de la façon suivante : fin 1997, Kenneth Starr, procureur indépendant auprès de la Chambre des Représentants (Independent Counsel to the U.S. House of Representatives), enquête pour le compte de la majorité républicaine sur divers scandales susceptibles de déstabiliser davantage le président. Il s'intéresse surtout à l'affaire de Whitewater, une magouille immobilière relativement modeste à laquelle Bill Clinton s'est trouvé mêlé lorsqu'il était gouverneur de l'Arkansas. Il y a aussi une histoire de harcèlement sexuel dont il se serait rendu coupable à la même époque sur la personne de Paula Jones, une de ses secrétaires.

Kenneth Starr apprend alors "par hasard" que Monica Lewinsky, lors d'un stage effectué à la Maison Blanche en 1995, et plus tard en 1996-97 alors qu'elle exerce un emploi au Pentagone, a eu des relations sexuelles avec le président. Avec Starr, les comploteurs disposent du parfait inquisiteur. Ils savent que ses conceptions "morales" assez proches de celles des chasseurs de sorcières du 17ème siècle, garantissent l'effet optimal.

Bien entendu, le Washington DC de 1998 n'est plus tout à fait le Salem de 1689, c'est pourquoi les intentions de Mr. Clean diffèrent un peu de celles de ses inspirateurs puritains. Au lieu d'envoyer la coupable au bûcher, il va veiller à ce qu'elle passe des aveux complets et détaillés. Pendant ce temps, d'autres se chargeront de pousser le président à nier les faits, à mentir en public et sous serment.

En septembre 1998, l'inquisiteur met en ligne un rapport qu'il prend soin de revêtir de la mention "WARNING : The following report contains sexually explicit language" - c'est l'équivalent de la mise en garde aux parents sans laquelle un CD de rap serait invendable. Des millions d'internautes américains se précipitent alors sur le chef-d'oeuvre de celui qu'on appelle désormais Kenneth "Porn" Starr, à la recherche des passages les plus "croustillants".

Le rapport Starr sera l'acte d'accusation dans la procédure de destitution intentée contre Clinton devant le Congrès. En février 1999, le Sénat "jugera" le président pour parjure et entrave à la justice, et l'acquittera par 54 voix contre 45 et une abstention. Pour une destitution, 67 voix auraient été nécessaires. La tentative avortée n'a même pas recueilli l'appui de tous les sénateurs républicains (ils sont 55). C'est le signe d'un malaise évident causé par la nature des méthodes employées. Politiquement et moralement, Clinton sort indemne de cette affaire. Mais il adopte néanmoins un profil bas jusqu'à la fin de son second mandat, près de deux ans plus tard. Bien que l'affaire ait montré que le président jouit de la sympathie de ses concitoyens, Clinton ne fait rien pour exploiter la situation à son profit.

Le rôle du lobby sioniste dans cette affaire :

Malgré l'habituelle et automatique accusation d'antisémitisme qui accueille l'évocation de ce thème en dehors de la communauté juive, il faut savoir que les milieux juifs américains ne se sont pas privés d'en parler.

Daniel Kurtzman, sous le titre Jewish Involvement in Monicagate énumère les "indices" : Monica Lewinsky vient d'une riche famille juive de Beverly Hills ; Walter Kaye, ancien PDG - juif - d'une grande compagnie d'assurances et commanditaire du Parti démocrate, fournit la lettre de recommandation qui permet à Monica Lewinsky d'obtenir sa place de stagiaire à la Maison Blanche ; Jay Footlik, responsable des relations de la Présidence avec la communauté juive, met la jeune stagiaire en contact direct avec le président ; Dick Morris, conseiller - également juif - de Bill Clinton, est l'inspirateur des démentis présidentiels sans lequels il n'y aurait pas eu d'affaire (Clinton avait parfaitement le droit de ne rien dire) ; William Ginsburg, l'avocat - juif lui aussi - de Monica Lewinsky, manoeuvre sa cliente dans une situation inextricable voulue par les comploteurs ; Joseph Lieberman, juif orthodoxe, député démocrate et candidat à la vice-présidence en novembre 2000 (voir plus bas), au lieu de prendre la défense politique de Clinton, tient contre lui des propos qui comblent de joie Kenneth Starr ; Starr lui-même, intégriste protestant et sioniste chrétien, est marié à une juive convertie ; et enfin, Benjamin Nétanyahou*, premier ministre israélien, a le bonheur de se trouver au bon moment à l'endroit voulu (voir plus haut). Quelle étrange accumulation de "hasards"...

* Comme le signale Israël Shamir, Nétanyahou est détenteur d'un passeport américain (sous un autre nom).

Mais la liste est incomplète. Il y manque Michael Isikoff, journaliste à Newsweek et fouille-merde à l'origine du scandale, et Lucianne Goldberg, grâce à qui les confidences téléphoniques de Monica Lewinsky sont illégalement enregistrées pour Kenneth Starr. Isikoff et Goldberg occupent une place de choix dans le scénario de l'affaire - détails.

Toutes ces personnes ne sont pas nécessairement conscientes du rôle qu'on leur fait jouer ; la part de manipulation dans l'affaire Lewinsky est sans doute plus grande qu'on ne l'imagine. Mais il semble toutefois que nul n'ait été véritablement contraint d'agir contre sa volonté. Monica Lewinsky elle-même a reproché à Kenneth Starr d'avoir fait pression sur elle. C'est sans doute vrai jusqu'à un certain point, mais le fait que l'ex-stagiaire ait conté ses aventures avec force détails à une douzaine de "confidentes", y compris à sa mère, et le fait surtout qu'elle ait conservé la principale "pièce à conviction" (la robe tachée) pendant plus de deux ans sans la faire nettoyer, autorise quelques doutes quant à son rôle de "victime". Elle a entre-temps engrangé quelques millions pour la publication de ses "aventures" et occupe en 2003 un poste lucratif chez Fox, la chaîne de télévision la plus réactionnaire d'Amérique.

Quoi qu'il en soit, même si le coup de force à froid contre le président a échoué, le lobby sioniste et ses animateurs likoudiens peuvent être fiers des résultats de leur action. En 1993, Clinton avait contribué à mettre en place les accords d'Oslo, annonciateurs d'une paix durable entre Israéliens et Palestiniens. Sept ans plus tard, après l'assassinat de Yitzhak Rabin par l'extrême droite israélienne, Oslo n'est plus qu'une chimère. De concession en reculade, Clinton s'aligne petit à petit sur les positions des sionistes les plus durs. Et quelques mois avant la fin de son second mandat, il devient le parfait auxiliaire de l'Etat d'Israël en faisant tout son possible pour convaincre Arafat d'accepter le "généreux plan de paix" de Barak.



DES MILLIERS D'INITIÉS ?

On a souvent entendu dire, après le 11 septembre, qu'une conspiration était impossible, puisqu'elle aurait nécessité la complicité de milliers de personnes ; plus les initiés sont nombreux, et plus il est difficile de garder le secret. C'est sans doute vrai dans le cas d'une conspiration purement externe. Mais l'affaire Lewinsky montre qu'un mauvais coup monté de l'intérieur obéit à d'autres règles.

Une poignée de comploteurs haut placés dans la hiérarchie de l'administration ou d'organisations influentes suffit pour mener à bien un discret travail de sape. Une décision prise, un ordre donné, une recommandation exprimée, et voilà que des douzaines de subalternes s'activent sans se poser de questions et mobilisent à leur tour des centaines d'exécutants. Chaque démarche, prise séparément, n'a généralement rien d'illégal, ou du moins elle ne sort pas du cadre de l'activité habituelle des intéressés*. Comme dans n'importe quelle grande entreprise, très rares sont ceux qui jouissent d'une vue d'ensemble, très rares sont ceux qui songent à mettre en cause leur propre activité. On ne contacte pas les gens en leur disant : voilà, vous allez nous aider à renverser le président élu, vous allez nous aider à établir une dictature, vous allez nous aider à tuer quelques milliers d'Américains. On demande simplement aux gens de faire ce qu'ils font tous les jours ; à la rigueur on les prie de tolérer une exception, de rendre un service, de fermer les yeux. Comme partout, on encourage, on flatte, on fait appel aux ambitions personnelles, à l'esprit de caste, à la fibre patriotique, au réflexe ethnique. En cas de besoin, on menace, on exerce une pression ou un chantage - mais en choisissant bien les sujets à manipuler, la chose devient tout à fait inutile.

* Surtout s'il s'agit, comme le 11 septembre 2001, d'un "exercice" militaire destiné à camoufler les véritables intentions terroristes des organisateurs.

Lorsque des services de police ou de renseignement sont en jeu, la tâche est encore plus simple. Obéir aux ordres, agir dans l'ombre, ruser et mentir systématiquement, respecter la loi du silence, ne jamais chercher à en savoir trop : tout cela fait partie de la routine quotidienne de ce personnel.

Evidemment, une complication est toujours possible. Quelqu'un peut être pris de doutes ou de remords, violer les règles de conduite, ne pas tenir sa langue, s'écarter du scénario. Mais ses connaissances forcément fragmentaires garantissent que les dommages causés resteront très réduits. Si le risque est jugé excessif, on a recours aux grands moyens : suicide, accident...

Le fait de ne pas avoir le gouvernement à sa disposition complique la tâche sans toutefois la rendre impossible. Les mécanismes de contrôle créés pour équilibrer les pouvoirs et empêcher une dictature personnelle du président peuvent s'avérer très efficaces pour affaiblir et neutraliser celui-ci, surtout lorsque sa volonté de résistance est quasiment inexistante. Mais pour mettre en oeuvre une politique radicalement différente, le statut d'opposant, même avec de larges appuis à l'intérieur de l'appareil, constitue toujours un handicap. Le pouvoir politique n'est pas une fin en soi, c'est un moyen de progresser plus vite vers le but (économique, stratégique, militaire) qu'on s'est fixé.

A partir de 1999, les comploteurs s'attacheront donc à préparer la reconquête de la Maison Blanche aux élections de novembre 2000.



LE COUP DE FORCE ÉLECTORAL DU 7 NOVEMBRE 2000 :

"Il y a eu un moment plus destructif encore que le 11 septembre : c'est celui où Bush est arrivé au gouvernement en manipulant les élections."
( Falk Richter - dramaturge allemand )

"Pourquoi cet homme est-il à la Maison Blanche ? La majorité ne l'a pas élu. Il est à la Maison Blanche parce que, en ces temps difficiles que nous traversons, Dieu a choisi de l'y mettre."
( le général William Boykin, haut fonctionnaire du Pentagone - cité par le Telegraph - 17 octobre 2003 )


Les candidats en présence :

Après huit années passées à la présidence, Bill Clinton ne peut plus se représenter en 2000 ; il n'en a d'ailleurs aucune envie. C'est le tandem Al Gore / Joe Lieberman qui défendra les couleurs démocrates. Le candidat à la vice-présidence n'est guère favorable au président sortant et s'est clairement démarqué de lui (voir plus haut) ; Gore, qui brigue le fauteuil présidentiel après avoir été l'adjoint de Clinton, est lui aussi tout le contraire de son ancien "patron" : pincé et puritain. Voilà qui n'est pas fait pour attirer la clientèle démocrate traditionnelle. L'absence totale de charme, d'humour et de charisme de Gore-Lieberman laisse supposer qu'ils n'ont pas la moindre chance de l'emporter. Cependant, face au crétinisme du prétendant républicain, tout paraît possible.

La nouvelle droite, groupée autour du clan Bush, hésite assez longtemps avant de choisir son candidat. George W. Bush père, malgré son expérience du pouvoir et sa conviction qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même, a deux handicaps majeurs : d'une part, son âge (75 ans - mais il est vrai que Ronald Reagan avait à peine deux ans de moins au début de son second mandat) ; d'autre part, ce qui est plus grave, le fait qu'il ait échoué en 1992, après quatre ans de présidence et huit ans de vice-présidence - le loser parfait, le revenant d'une autre époque, celui dont personne ne veut. Il faut donc trouver quelqu'un d'autre.

Faute de mieux, ou parce que Bush père l'exige, le choix se porte sur l'idiot de la famille. Avec une bonne préparation, il fera l'affaire. Peu importe l'image qu'en donnera la presse* ; l'adversaire ne vaut guère mieux. C'est un peu l'équilibre dans la nullité : zéro égale zéro. A chances égales, le petit coup de pouce des comploteurs devrait suffire.

* Les grands médias sont de toute manière acquis au clan Bush ; aucune critique n'est à craindre sur le plan purement politique. Là où un journaliste risque de manifester modérément son "indépendance", c'est dans le domaine de la compétence personnelle du candidat GWB et de son aptitude à diriger le pays.

Arithmétique électorale :

On sait que le président est élu par un collège électoral composé de grands électeurs désignés au scrutin majoritaire état par état. Le candidat obtenant la majorité simple dans un état est crédité de l'ensemble des votes des grands électeurs de cet état. Il y a au total 537 grands électeurs, ce nombre étant égal à celui des représentants (435 en tout - le nombre de représentants de chaque état est plus ou moins fonction de la population, mais sans proportionnalité directe*) plus celui des sénateurs (100 en tout - soit 2 par état) plus 2 pour le District de Columbia (la capitale fédérale) qui n'élit ni représentants ni sénateurs**. Le résultat du vote des grands électeurs (electoral vote) peut différer du choix exprimé par les citoyens (popular vote). La chose arrive rarement ; elle est acceptée lorsqu'aucune irrégularité majeure n'est signalée ou lorsque les irrégularités de part et d'autre se compensent.

* A titre d'exemple, le Wyoming, avec moins d'un demi-million d'habitants a un représentant ; la Californie, avec 34 millions, en a 52. Si l'on considère le nombre de grands électeurs, le déséquilibre est plus grand encore.

** Dans le pays "le plus démocratique du monde", 500.000 citoyens ayant leur domicile à Washington DC sont privés du droit de vote aux élections législatives et sénatoriales. Comme par hasard, on compte parmi eux 60 % de Noirs et 8 % d'Hispano-Américains. Aux élections présidentielles de 2000, Gore a recueilli 86 % des voix à DC.


En novembre 2000, Gore arrive en tête du vote populaire (avec 51 millions de voix sur 105,4 - soit 48,38 %), devant Bush (50,4 millions de voix - soit 47,87 %). Le 3ème candidat (Ralph Nader du Parti Vert) recueille 2,9 millions de voix - soit 2,7 % ; tous les autres sont à moins de 0,5 %, y compris Pat Buchanan (indépendant de droite). Le taux de participation est de 51,2 % (100 millions d'inscrits ne sont pas allés voter).

Le vote électoral devrait donner 291 voix à Gore contre 246 à Bush, donc une nette victoire démocrate (une avance de 600.000 voix populaires et de 45 grands électeurs). Au lieu de cela, Bush "gagne" par 271 contre 266, car les 25 grands électeurs de Floride lui ont été attribués de manière abusive. Comment a-t-on pu en arriver là ?

Pourquoi la Floride ?

Dans les analyses faites avant le scrutin (comme ici celle de L'Hebdo de Genève), on s'attend à un résultat très serré. Sur les 50 états, une douzaine peuvent faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre - en fait un peu moins si l'on y regarde de plus près. Comme l'écrit le Washington Post, si Bush emportait tous les états républicains et plutôt républicains - en tout 251 grands électeurs - il lui suffirait de la Floride pour gagner la Maison Blanche. C'est donc sur cet état que l'attention du clan Bush va se concentrer. Jeb Bush, frère cadet du candidat, y est justement gouverneur depuis 1998. Il sera donc plus facile de "gagner" la Floride que des états comparables comme la Pennsylvanie ou le Michigan, où le clan ne dispose pas des mêmes appuis.

La fraude avant le vote :

Michael Moore, dans son livre Stupid White Men, la décrit en détail :

Dès l'été 1999, Katherine Harris, ministre de l'Intérieur de Floride et directrice adjointe de la campagne de Bush, charge Database Technologies, une entreprise privée proche du Parti républicain, de "mettre à jour" les listes électorales (coût de l'opération pour le contribuable : 4 millions de dollars). Database raye des registres officiels tous les citoyens coupables ou soupçonnés d'avoir commis un délit, même mineur, soit au total 173.000 personnes (un chiffre à comparer aux 6 millions de votants et aux 537 voix d'écart officiellement enregistrées entre les deux candidats). Quand on sait que l'écrasante majorité des exclus résident dans des circonscriptions à majorité démocrate, que les deux tiers d'entre eux sont des Noirs, et que les Noirs votent à 90 % pour Gore, on comprend le but de la manoeuvre.

Cette opération parfaitement illégale se fait à l'insu des intéressés. En se présentant au bureau de vote, ils apprennent qu'ils n'ont pas le droit de voter ; s'ils protestent, ils se font arrêter et jeter en prison. L'U.S. Commission on Civil Rights (USCCR) signale également d'autres cas frauduleux : électeurs "mutés" dans un nouveau bureau de vote où l'on ne sait rien d'eux, bureaux fermés avant l'heure prévue ou transférés à une nouvelle adresse sans avis préalable, etc...

La discrimination raciale en matière électorale a une longue tradition dans le sud des USA. Dans les années 1960, un Noir qui voulait voter devait "prouver son civisme" en répondant à des questions du genre : "Qui était le quatorzième président des Etats-Unis ?" ou "Que contient le cinquième amendement constitutionnel ?" (95 % des électeurs blancs seraient bien incapables de répondre correctement.) Aujourd'hui on est à la fois plus discret et plus radical.

Manipulation des résultats :

Le soir du 7 novembre, comme il fallait s'y attendre, c'est de la Floride que dépend l'issue de l'ensemble du scrutin.

Le dépouillement est lent, les résultats arrivent au compte-gouttes. Vers 2 heures du matin, Bush est déclaré vainqueur ; il aurait 500.000 voix d'avance sur son concurrent. Quelques heures plus tard, cependant, on apprend qu'il n'en est rien. C'est un employé de la chaîne Fox News (= Fausses News), un certain John Ellis, qui a lancé "l'information". Comme par hasard, il se trouve que l'homme est un cousin de George Bush. Les autres networks - CNN, ABC, NBC, et CBS - ont repris en choeur la fausse nouvelle. Tous ces réseaux télévisés appartiennent à des géants de l'industrie (Time Warner, Disney, General Electric, Westinghouse) et sont liés au clan Bush. L'unanimité partisane devient ainsi vérité officielle. Curieusement, la proclamation des résultats électoraux aux Etats-Unis n'est pas l'affaire de l'Etat, mais d'un consortium privé, Voter News Service (VNS), mis en place par ces mêmes réseaux.

Mais ce qui serait passé comme une lettre à la poste dans une république bananière d'Amérique centrale ne fonctionne pas tout à fait en Floride - pas encore. Les médias sous contrôle ne peuvent ignorer les protestations qui fusent de partout.

On apprend petit à petit que le dépouillement du scrutin n'est pas terminé, que des urnes ont "disparu", que des bulletins réguliers ont été rejetés ou qu'au contraire, des bulletins irréguliers ont été acceptés. Dans certains districts, on recompte les voix, dans d'autres non. C'est l'anarchie la plus complète. Le monde entier s'étonne ou s'esclaffle en découvrant la réalité électorale américaine. Michael Moore, mi-plaisant mi-sérieux, réclame l'intervention de l'ONU, comme à Timor.

La technologie des années 1960 au service des fraudeurs de l'an 2000 :

Voter, aux Etats-Unis, ce n'est pas glisser le bulletin de son choix dans une enveloppe que l'on place dans l'urne. Dans le meilleur des cas, cela consiste à cocher une case sur une liste comportant les noms de tous les candidats. Mais les élections sont toujours multiples : on élit le président et un représentant au Congrès, souvent aussi un sénateur, un gouverneur, un député régional, un juge et un shérif, on participe parfois à un référendum portant sur une ou plusieurs questions d'intérêt local ou régional, etc... On a donc plusieurs listes ou une seule grande liste passablement incompréhensible. Le dépouillement n'a pas toujours lieu sur place ; on transporte parfois les bulletins dans un centre de comptage. C'est bien entendu la porte ouverte à toutes les manipulations.

Dans certains bureaux de vote, on utilise des cartes perforées. Là aussi, le décompte se fait à l'extérieur, par les soins d'une entreprise privée. Comme en 1962, les cartes sont disposées dans un lecteur de cartes relié à un ordinateur (qui date probablement lui aussi de la même époque). Si les perforations ne sont pas parfaites, si une carte comporte plus de perforations que prévu ou si une perforation chevauche deux cases, les problèmes commencent. Le cas échéant, les cartes doivent être examinées une par une et décomptées manuellement, ce qui implique un nouveau transport et de nouvelles possibilités de fraude.

On utilise parfois des "machines à voter", où le choix de l'électeur est validé dès que celui-ci actionne un levier. Mais là encore, comme le fait remarquer l'USCCR, ces appareils sont fragiles : "ils sont aussi fiables que les techniciens qui en assurent la maintenance".

Une autre "technique" consiste à noircir à l'aide d'un crayon une case ovale, ronde ou rectangulaire, ou à compléter un dessin représentant une flèche. Les bulletins sont ensuite scannés - sur place ou dans un centre équipé à cet effet.

Dans le comté de Palm Beach, les bulletins mis à la disposition des électeurs étaient si peu clairs que beaucoup de personnes âgées (surtout d'origine juive) croyant voter pour Al Gore, ont en fait donné leur voix à Pat Buchanan - ce qui n'était nullement leur intention, étant donné que ce candidat indépendant de droite est considéré comme "antisémite". Ne pas voter pour Gore, c'était voter pour Bush : la manoeuvre a donc parfaitement réussi. Mais le plus étrange dans ce cas spécifique, c'est que ni Gore ni Lieberman (qui est juif lui même) n'ont donné suite à l'affaire.

The Machinery of Elections   -   Dossier complet de l'USCCR

A lire absolument : Démocratie à l'américaine par Serge Halimi et Loïc Wacquant (Le Monde Diplomatique)

Al Gore fait semblant de résister avant de jeter l'éponge :

Dès que Fox News annonce la prétendue victoire de George Bush, Al Gore s'empresse de féliciter son concurrent, sans même prendre la peine de consulter ses partisans de Floride, où tout se décide. Lorsque les protestations de la base contraignent les médias à reconsidérer le résultat, Gore retire ses félicitations et demande un recomptage dans certaines circonscriptions. La soi-disant avance du candidat républicain fond à vue d'oeil. Bientôt il n'est plus question que de 1.725 voix, puis de 930, et enfin de 537 - voir les résultats officiels pour la Floride.

Gore se garde bien de contester les irrégularités majeures qui lui ont coûté des dizaines de milliers de voix, pour ne pas dire des centaines de milliers. Il se concentre sur les votes par correspondance, mais sans trop insister. Sur 2.490 de ces votes, 680 ont été décomptés à tort. Or, il se trouve que 80 % des votants de cette catégorie (surtout des militaires en poste à l'étranger) votent pour Bush. Donc, même l'avance supposée de 537 voix est tout à fait aléatoire.

Pendant plus d'un mois, l'opposition de Gore au coup de force du 7 novembre se limite à des escarmouches sans importance, alors que les électeurs et les militants exigent une contre-offensive. Lieberman, de son côté, console les retraités de Palm Beach en leur expliquant que ce qui compte, ce n'est pas tant le nom du président, mais le fait que sa politique soit favorable à Israël. Avec Bush, les Juifs n'ont rien à craindre, au contraire. Tout le reste est secondaire.

Gore laisse traîner les choses en longueur. La presse de droite critique violemment ce qui n'est pourtant qu'un semblant de résistance. Le Wall Street Journal n'hésite pas à inverser les rôles et reproche au numéro un démocrate "une tentative de coup d'Etat". Le 12 décembre, enfin, la Cour Suprême des Etats-Unis, par cinq voix contre quatre, annule une décision de la Cour Suprême de Floride qui avait refusé de reconnaître la victoire de George Bush, car toutes les voix n'avaient pas été comptées. Les 25 votes électoraux sont donc attribués à Bush qui devient ainsi "président".

Les cinq juges fédéraux sont très proches du Parti républicain et du clan Bush, en particulier Antonin Scalia, leur porte-parole : son fils Eugene est avocat dans le cabinet qui défend la cause de George Bush devant la Cour Suprême. Un autre juge, Clarence Thomas, est marié à une responsable de la Heritage Foundation, une fondation de droite qui a activement contribué à mettre sur pied l'équipe présidentielle. Le jugement des Cinq est contestable et contesté, non seulement parce que deux des juges devraient été récusés pour conflit d'intérêts, mais aussi parce que les affaires concernant le déroulement des élections sont du ressort exclusif des états. Gore pourrait, s'il le voulait, contester la décision de la Cour et mobiliser ses électeurs. Il ne le fait pas et reconnaît la "victoire" de GWB, qu'il considère désormais comme "son président".

Al Gore, qui de par ses fonctions préside d'office le Sénat, va plus loin encore dans la lâcheté et l'infamie : il empêche la mise en place d'une commission d'enquête de cette chambre. Il va jusqu'à faire taire ses partisans sous prétexte que leur demande d'investigation n'est soutenue par aucun sénateur. (Michael Moore évoque cet épisode particulièrement honteux dans son film Fahrenheit 911.)

On ignore encore les raisons véritables de l'abandon de Gore et de son état-major, mais il est peu probable que le "vainqueur malheureux" des élections 2000 ait cédé silencieusement sa place sans compensation matérielle. Il est possible, d'un autre côté, que les comploteurs ait exercé contre Al Gore un chantage dont on ignore tout. Le mystère reste entier. En ce qui concerne Joe Lieberman, l'explication la plus logique est qu'il ait été discrètement "travaillé" par des membres éminents du lobby sioniste ou, plus simplement, qu'il ait dès le départ joué le rôle du cheval de Troie au sein du camp adverse.

Il semblerait que la junte portée au pouvoir par le coup de force électoral ne n'engage que dans des batailles dont l'issue ne fait pour elle aucun doute. A-t-elle acheté le silence démocrate comme elle a - peut-être - acheté la capitulation tacite de Saddam Hussein en avril 2003 ?

Quoi qu'il en soit, les auteurs du putsch à froid de novembre 2000 sont prudents. Avant de se lancer dans l'exécution de la phase suivante de leur programme, il laissent s'écouler huit bons mois. Huit mois qui permettront à George Bush de faire oublier la manière dont il a été "élu" ; huit mois qui empêcheront le public de faire un quelconque rapprochement entre le 11 septembre et le 7 novembre.



PRÉPARER LE MARDI NOIR :

La cérémonie d'investiture du 20 janvier 2001 est probablement la plus lamentable de tous les temps. Alors que les nouveaux présidents sont habituellement accueillis par la foule en liesse, rien de tel ce jour-là. Au contraire, 20.000 manifestants conspuent George Bush et stigmatisent le voleur d'élections en agitant des pancartes Hail to the Thief, parodiant le Hail To The Chief qui retentit à chaque apparition officielle du numéro un de la Maison Blanche. Des oeufs et des tomates s'écrasent sur la voiture de l'imposteur. Contrairement à la tradition, Bush renonce à faire à pied les cent derniers mètres du parcours.

Mais tout cela n'a pas d'importance. L'essentiel pour la junte, c'est de disposer du pouvoir, de tout le pouvoir. Grâce aux médias, on entretient l'illusion que Bush a vraiment "gagné" et que les protestataires sont de mauvais joueurs, de mauvais Américains qui ne respectent pas la démocratie. C'est un reproche très grave auquel il vaut mieux ne pas s'exposer, car chaque enfant sait que la vie politique américaine, depuis 1776, repose sur la démocratie, l'égalité et les droits de l'homme - c'est ce qu'on enseigne à l'école.*

* Ce qu'on oublie d'enseigner, c'est qu'en 1776 ces principes étaient plus fictifs encore qu'ils ne le sont aujourd'hui : ils ne valaient ni pour les 500.000 esclaves noirs, ni pour les 300.000 Indiens, ni bien entendu pour les femmes. Pour les pères fondateurs, l'esclavage n'était pas incompatible avec les "valeurs" de la révolution américaine. George Washington, Thomas Jefferson et quelques autres "grands hommes" traitaient mieux leurs chiens que leurs esclaves - à qui ils interdisaient d'ailleurs d'avoir des chiens. En ce sens, le régime actuel est tout à fait digne de cette époque.

L'usurpateur Bush et sa junte gouvernementale n'ont donc pas à craindre de réaction populaire, pas plus qu'ils n'ont à craindre une quelconque réaction du Congrès. La droite détient la majorité à la Chambre des Représentants (221 sièges sur 435). Au Sénat, l'équilibre apparent (50-50) n'a rien d'inquiétant puisque le "vice-président" (Cheney) peut trancher en cas de besoin. Mais en fait, le problème ne se posera jamais, car les démocrates ne constituent nullement une force d'opposition. Comme le fait remarquer l'écrivain Gore Vidal : "Nous avons un parti unique composé de deux ailes droites, l'une se dit républicaine, l'autre démocrate." Le journaliste Derrick Jackson, quant à lui, parle de "républicains et républicrates".

Huit ans durant, les démocrates et leur président ont fait, en gros, ce que la droite et les divers lobbies attendaient d'eux. Pourquoi en serait-il autrement en 2001 ? A de très rares exceptions près, comme Cynthia McKinney (Géorgie) ou Barbara Lee (Californie), aucun député ou sénateur du parti de Gore ne tient à se faire remarquer, aucun d'eux ne cherche à affronter la nouvelle droite. Celle-ci a les coudées franches, à condition bien sûr de ne pas franchir les limites habituelles.

Or, il faudra bien qu'elle franchisse ces limites si elle veut réaliser rapidement ses objectifs stratégiques de politique extérieure - qui sont connus de tous - et atteindre les buts - moins évidents - qu'elle se fixe en politique intérieure : limiter les libertés civiques, militariser la société, promouvoir la religion.

En temps normal - c'était encore le cas durant l'été 2001 - le Congrès n'aurait jamais laissé passer un texte aussi radical, aussi liberticide que le USA PATRIOT Act, il n'aurait jamais donné les pleins pouvoirs au président pour déclencher des guerres en série et n'aurait jamais établi de chèque en blanc pour couvrir des dépenses militaires pratiquement illimitées. En temps normal, les institutions américaines garantissent un minimum de contrôle parlementaire, un minimum de démocratie - même si la réalité n'a pas grand-chose à voir avec les légendes enseignées aux écoliers.

Pour franchir le pas, il fallait une terrible catastrophe, un nouveau Pearl Harbor qui permette de créer un état de tension permanente, mettant fin à toutes les parlottes politiques et faisant du président non élu le sauveur de la nation. Une catastrophe - comme a dit quelqu'un - qui pousse le peuple à acclamer un singe de foire déguisé en chef de guerre.

Ainsi que le rappelle le journaliste australien John Pilger, ce nouveau Pearl Harbor était bel et bien prévu, et fut même annoncé par Richard Perle avec un an d'avance. Avant lui, d'autres inspirateurs de la nouvelle droite (Leo Strauss, Zbigniew Brzezinski - voir plus haut) avaient fait la même chose, mais de façon beaucoup plus vague.



QUE S'EST-IL PASSÉ LE 11 SEPTEMBRE ?

"Le 11 septembre est le plus gros mensonge de toute l'histoire des Etats-Unis."
(Michel Chossudovsky, professeur de sciences économiques à l'Université d'Ottawa)

"Il suffit d'avoir un quotient intellectuel supérieur à la température ambiante pour comprendre que le 11 septembre est une affaire montée de toutes pièces."
(Lu dans un forum)


[Voir aussi nos pages sur la chronologie des attentats, les nombreuses questions sans réponses et les prétendus coupables.]

Le sociologue Serge Thion nous livre sur le sujet quelques suppositions tout à fait plausibles.

Il est fort probable en effet qu'un certain nombre d'extrémistes musulmans plus ou moins manipulés par les services américains ou leurs alliés aient été poussés à intervenir, moins pour perpétrer les attentats proprement dits que pour laisser, à l'intention d'un public occidental généralement peu critique, des traces faciles à exploiter - des traces semblables à celles d'un troupeau d'éléphants, comme le fait remarquer l'ancien ministre allemand Andreas von Bülow.

Dans son livre La CIA et le 11 septembre, von Bülow montre que l'effroyable mardi noir constitue la suite logique et naturelle des activités hautement criminelles de "l'entreprise de Langley" en matière de terrorisme et de subversion.

Sur les quatre avions impliqués, un (celui du Pentagone) a mystérieusement disparu, un autre a sans doute été abattu (en Pennsylvanie), et un troisième (celui de la tour nord du WTC) a peut-être été remplacé par un appareil plus petit. Seul le Boeing de la tour sud a bien subi, semble-t-il, le sort que la presse nous décrit. Mais une chose est certaine : aucun des quatre avions n'a pu être piloté par des "terroristes arabes" et encore moins lancé par eux contre le World Trade Center et le Pentagone. Il ne fait guère de doute qu'un système de téléguidage a été utilisé, du moins en ce qui concerne les attentats de New York. Pour ce qui est des tours jumelles, elles ne se sont pas écroulées par le seul effet du crash et de l'incendie ; elles ont été détruites à l'explosif. Quant à l'explosion du Pentagone, on en ignore encore la cause exacte : missile, petit avion bourré d'explosifs, bombe ?...

On exige souvent de ceux qui rejettent la version officielle, qu'ils fournissent sur les événements du 11 septembre une explication cohérente en tous points, ce qui est bien évidemment impossible. Tant qu'une enquête sérieuse n'aura pas été effectuée, on en restera au stade des hypothèses. Mais certaines hypothèses sont infiniment plus plausibles que les histoires à dormir debout colportées par les tenants de la théorie du complot islamiste. Que les défenseurs du clan Bush commencent eux-mêmes par être logiques et cohérents avant de railler ou d'insulter leurs adversaires.

Pour brouiller les pistes et maquiller leur forfait, les coupables ont pris soin de détruire preuves matérielles et pièces à conviction. Ils essaient de faire croire au public (et aux familles des victimes) que des "erreurs" ou des "gaffes" ont été commises par certains de leurs services. Toutes les tentatives pour faire la lumière sur tel ou tel point obscur sont systématiquement étouffées ; aucune investigation n'a lieu. En réclamer une, c'est faire preuve d'antiaméricanisme ; aux Etats-Unis, c'est un manquement grave à l'obligation de patriotisme, un signe de complicité avec le terrorisme international.

Il ne faut pas se leurrer : il n'y aura jamais de véritable enquête. Pourquoi les auteurs des attentats et leurs complices iraient-ils enquêter sur leurs propres crimes ?

Pourquoi les services secrets devraient-ils éclaicir pour nous les questions en suspens, alors que leurs chefs étaient au courant de ce qui allait se produire. Quelques minutes après le premier crash sur la tour nord du WTC, lorsque que radios et télévisions venaient tout juste d'annoncer ce qu'elles considéraient encore comme un accident, George Tenet, le chef de la CIA, savait déjà qu'il s'agissait d'une attaque terroriste et qu'il fallait y voir l'oeuvre de Ben Laden.

Sans même respecter un délai minimum de vraisemblance pouvant créer l'illusion qu'ils ont cherché et trouvé, les responsables annoncent immédiatement la couleur. Sur le site du Washington Post, un journal contrôlé par le lobby sioniste, Henry Kissinger recommande au gouvernement d'exercer des "représailles" contre les pays qui soutiennent Ben Laden - détails. On croirait entendre son compère Sharon. Plus d'un an après, Kissinger est nommé à la tête d'une "commission d'enquête" sur le 11 septembre (on demande au loup de garder la bergerie). Mais il doit démissionner un peu plus tard pour conflit d'intérêts.

Dès le 11 septembre, le Pentagone envisage une campagne de propagande mettant en cause Saddam Hussein en même temps que Ben Laden. Wesley Clark, un ancien général qui s'est distingué en 1999 en bombardant Belgrade et d'autres villes yougoslaves, est contacté à cet effet mais refuse de collaborer tant qu'on ne lui aura pas fourni les preuves nécessaires.

Ainsi que l'a montré le Réseau Voltaire, Rumsfeld connaissait à l'avance les plans du 11 septembre, de même que la Rand Corporation, le think tank des industries d'armement - voir plus haut.


Septembre 2003 - "scandale" au Ground Zero :
" C'est le régime Bush qui a orchestré le 11 septembre "

Un petit groupe de manifestants ose résister à l'hystérie collective -
avant que la police du pays "le plus libre du monde" n'entre en action

Autre réaction à l'imposture du 11 septembre : l'action en justice de l'avocat américain Stanley Hilton


La question qui se pose n'est donc pas comme on voudrait nous le suggérer : le gouvernement a-t-il négligé certains indices, certains avertissements ? La question correcte est : qui, au sein du gouvernement ou à l'extérieur, était chargé de planifier et d'exécuter les attentats ? Cette question ne sera bien entendu jamais posée officiellement. Pas plus que cette autre question : certains individus, sans être directement impliqués, ont-ils été avertis que quelque chose de très grave se tramait ?

On a cité le cas de personnes d'origine juive travaillant au World Trade Center, qui auraient été prévenues de l'imminence de l'attentat. Cette "rumeur" a aussitôt été jetée à la poubelle des calomnies antisémites. Et pourtant, c'est le journal israélien Ha'aretz qui est à l'origine de l'information. Deux collaborateurs de l'entreprise de messageries électroniques Odigo - une société israélo-américaine basée à Herzliya et New York - auraient été mis en garde par un inconnu deux heures avant la première attaque. La chose est possible, comme il est possible qu'il ne s'agisse que d'une partie de la vérité. Toujours est-il que plus d'un an et demi après la catastrophe, les Juifs de New York, à qui l'on a dit que 400 des leurs avaient péri le 11 septembre, continuent à se poser des questions - du moins certains d'entre eux. Une liste des victimes juives n'a jamais été publiée - voir ici le forum de discussion des United Jewish Communities.

Une autre information est beaucoup plus troublante, car elle ne concerne pas seulement quelques employés sans importance. Dans leur compilation An Interesting Day, Allan Wood et Paul Thompson récapitulent en détail et très consciencieusement la chronologie du 11 septembre et signalent notamment que le multimilliardaire américain Warren Buffett, un des hommes les plus riches de la planète, recevait ce jour-là sur la base militaire de haute sécurité d'Offutt (Nebraska) un groupe de dirigeants du monde des affaires, dont plusieurs PDG d'entreprises du World Trade Center. Cette réunion de "bienfaisance" non annoncée au préalable commençait à 8 heures du matin, heure locale (9 h 00 heure de New York). Et quelques heures plus tard, George W. Bush arrivait à Offutt...  Il s'agit bien sûr d'une coïncidence - une des innombrables coïncidences de ce mardi noir.


Le gouvernement de Washington est-il capable de tuer 3.000 de ses ressortissants ? Pareille monstruosité est-elle concevable ?  Il n'existe certes pas de précédent rigoureusement semblable au crime du 11 septembre, mais les maîtres de l'Amérique ont prouvé plus d'une fois qu'ils ne reculaient devant rien.

En 1962, l'Opération Northwoods, fort heureusement restée à l'état de projet grâce à la perspicacité de John Kennedy (il le paiera de sa vie), prévoit le "sacrifice" de nombreux Américains dans le seul but de monter une provocation contre Cuba.

Vingt ans plus tôt, à Pearl Harbor, les 2.400 morts américains de l'attaque-"surprise" ne comptent guère, car ils ne sont que les premiers d'un long conflit où il y en aura beaucoup d'autres. De même, le 11 septembre, les 3.000 victimes américaines ne sont que les premières de la "guerre contre le terrorisme", une guerre qui devrait durer, nous dit-on, quarante ou cinquante ans. Déjà, en Afghanistan et en Irak, quelques 700 soldats US sont morts. Il s'agit de chiffres officiels sans doute inférieurs à la réalité. Et nous n'en sommes, fin 2003, qu'au début de cette guerre permanente.

De toute manière, aucun président US depuis 1945 (à l'exception de Jimmy Carter) n'a hésité à envoyer ses compatriotes à la mort après leur avoir fait endosser l'uniforme - que ce soit en Corée, au Viêt-Nam ou dans une des nombreuses autres guerres. La morale et la protection de la vie des citoyens américains sont vraiment le cadet des soucis des gouvernants de Washington.

On sait qu'au cours des années 1950 et 60, dans le désert du Nevada, des dizaines de milliers de militaires et de civils ont été sciemment exposés aux radiations mortelles dégagées par les explosions nucléaires - pour mieux les "protéger contre le danger de guerre". Quant au massacre pur et simple de civils, sans même l'invocation du prétexte de la "défense", citons pour précédents Waco et Oklahoma City - voir plus haut.



LA VOIE LIBRE VERS LA DICTATURE ET LA GUERRE PERMANENTE :

"Encore deux ou trois attentats comme celui du 11 septembre, et nous avons un régime fasciste en Amérique"
(l'écrivain américain Norman Mailer)


Revenons d'abord quelques instants à la question des initiés ou complices, dont nous parlions plus haut, et citons le journaliste américain David McGowan - Center for an Informed America :

"La complicité de toutes les institutions de Washington est requise pour mettre en place une opération de cette amplitude. La complicité tacite des deux partis politiques américains est requise pour garantir que tous adopteront une position identique sur l'interprétation des événements et la réponse qu'il convient d'y donner. La complicité du Congrès est requise pour accepter sans réserve les conclusions du gouvernement et bloquer toute tentative sérieuse d'investigation. La complicité du système judiciaire est requise pour fermer les yeux sur le caractère ouvertement anticonstitutionnel de la plupart des lois adoptées après le 11 septembre. La complicité des grands médias est requise pour garantir que rien ne sera publié qui puisse mettre en doute le point de vue de l'administration, et assurer que les projets de guerres et d'attaques contre les libertés civiques recevront le soutien nécessaire..."

Il s'agit là avant tout d'une complicité passive, qui s'est surtout manifestée a posteriori et a été le fait des piliers du pouvoir. Les comploteurs n'ont pas eu à informer au préalable des milliers d'insiders. Institutions, justice et médias fonctionnent depuis longtemps de manière automatique. Compte tenu de la paralysie de l'opposition, aucune perturbation n'était non plus à craindre de la part des démocrates et du Congrès. La caste dirigeante pouvait donc être sûre que tous ses propos seraient pris pour argent comptant, et que tous ses actes seraient unanimement applaudis.

Trois jours après le massacre du World Trade Center, le Congrès vote comme un seul homme une loi "autorisant l'usage de la force militaire contre les responsables des récentes attaques contre les Etats-Unis", ce qui équivaut pratiquement à donner carte blanche au Pentagone. A l'exception de Barbara Lee, députée démocrate de Californie, aucun représentant ne s'oppose à cette première abdication.

Quelques semaines plus tard, le Congrès - un peu moins unanime, il est vrai - vote le Patriot Act, premier pas vers la dictature. Il approuve en outre la guerre contre l'Afghanistan, en attendant de voter de nouveaux crédits militaires et d'avaliser de nouvelles guerres. Petit à petit, le parlement américain accorde ainsi au "président" tout ce qu'il demande. De crainte de "faire le jeu des terroristes", les démocrates et la droite classique enterrent toute velléité d'opposition.. Bien sûr, de temps à autre ils font encore semblant de discuter, de contester. Tant que la chaîne de télévision C-Span retransmet les "débats", tel ou tel électeur risque de demander des comptes, et il ne faut surtout pas mécontenter sa clientèle si l'on veut être réélu.

En juin 2003, les discours "indignés" de républicrates comme John Kerry, Joe Lieberman, Robert Byrd et quelques autres, qui font mine de reprocher à Bush de les avoir "trompés" à propos des prétendues armes de destruction massive de Saddam, ne peuvent faire oublier que quelques mois plus tôt, ils ont accepté la guerre* contre l'Irak en parfaite connaissance de cause - tout comme ils avaient accepté la guerre précédente et tout comme ils accepteront la prochaine. Tous se félicitent de voir le monde "débarrassé d'un despote brutal et méprisable" et prient pour les "courageux soldats américains".

* 82 représentants démocrates (sur 205) et 29 sénateurs (sur 48) ont voté expressément pour l'invasion de l'Irak, ce qui ne signifie pas - malheureusement - que les autres s'y soient vraiment opposés. Sur les dix principaux candidats démocrates à l'investiture pour 2004, sept sont des inconditionnels de la guerre. Les trois exceptions : un député de l'Ohio (Dennis Kucinich), un ex-gouverneur du Vermont (Howard Dean) et un révérend de Harlem (Al Sharpton). En ce qui concerne Dean, toutefois, son "pacifisme" ne va pas jusqu'à exiger le retrait des troupes américaines, au contraire. Quant à Kucinich, il se désiste en faveur de Dean après avoir été battu aux primaires de février 2004. S'il réclame le retour des troupes américaines engagées en Irak, c'est "parce qu'elles sont devenues la cible de criminels et de terroristes". Pour le "pacifiste" de l'Ohio, la soldatesque américaine - qui n'est, elle, ni criminelle ni terroriste - devrait être remplacée par des contingents de l'ONU.  Mais le pire de tous les candidats est le tueur en série Wesley Clark, ancien général, ancien commandant en chef de l'OTAN en Europe, responsable d'innombrables destructions et de l'assassinat de milliers de civils yougoslaves en 1999, soupçonné d'avoir participé au massacre de Waco en 1993 (voir plus haut). John Kerry, sénateur du Massachusetts, ne vaut guère mieux : il est fier d'avoir combattu au Viêt-Nam et a soutenu Bush de 2001 à 2003 (a voté pour le Patriot Act et pour les guerres contre l'Afghanistan et l'Irak).

Le 11 septembre a permis de museler définitivement le Congrès des Etats-Unis, de même qu'il a permis de bâillonner le monde occidental face à la politique palestinienne de Sharon. Désormais, le rôle d'Israël ne peut plus être considéré séparément de celui des Etats-Unis. Depuis la destruction du WTC, la communauté d'intérêts semble irréversible. C'était là sans doute un des points essentiels du programme des instigateurs de la conspiration.

Pour effrayer toujours davantage l'opinion publique et "justifier" de nouvelles agressions dans le cadre de la guerre permanente, le "terrorisme international" et la mythique Al-Qaïda restent des épouvantails de choix.

La mise en scène du 11 / 9 a parfaitement fonctionné : deux guerres ont déjà eu lieu en moins de deux ans, et elles sont loin d'être terminées en 2003. Pour éviter l’erreur commise par Bush père (chute dramatique de popularité quelques mois après la guerre du Golfe), la nouvelle junte doit maintenant tout faire pour maintenir la pression à un niveau élevé.

Un an avant les élections présidentielles de novembre 2004, bien que les démocrates n’aient encore ni programme, ni dirigeants, ni candidat sérieux, ni la volonté de faire quoi que ce soit de différent, on se méfie. Un retour au pouvoir de l'opposition, s'il devait se produire, ne remettrait sans doute pas en cause l'ensemble du projet*, mais retarderait à coup sûr la réalisation de ce nouvel ordre mondial préconisé par Bush père dès 1991 - le terme n'a ici rien d'ésotérique.

* On pourrait toujours, pour limiter les dégâts, associer au projet en cours un futur candidat démocrate. Démocrate est moins que jamais synonyme d'opposition, et il est peu probable qu'on revoie un jour une situation semblabe à celle des "années Clinton".

En bonne logique, la fraude électorale devrait être plus difficile cette fois, les démocrates étant censés faire preuve d'une plus grande vigilance. En fait, les élections partielles de novembre 2002 ont montré qu'il ne faut pas trop y compter : l'utilisation croissante d'ordinateurs à écran tactile dans les bureaux de vote permet au contraire une recrudescence des manipulations - détails. A ce sujet, lire également ici le plaidoyer de Victoria Collier.

Avec la généralisation du vote électronique, plus aucun contrôle n'est possible. Personne - à l'exception des entreprises privées qui gèrent les opérations - ne sait comment est programmé le logiciel ; le code source n'est pas publié (secret professionnel), et même s'il l'était, personne ne pourrait garantir qu'il correspond véritablement au programme utilisé. Un candidat impopulaire peut ainsi s'approprier les suffrages revenant à ses concurrents sans que quiconque puisse prouver quoi que ce soit. Cela est déjà arrivé, et cela se reproduira.

Deux entreprises, Diebold et ES&S, dominent le vote électronique américain (écrans tactiles et scanners). Elles contrôleront, en novembre 2004, 80 % des suffrages. Diebold et ES&S appartiennent à deux frères, Bob et Todd Urosevich, très proches du parti républicain. Et Diebold est basé au Texas...  [Début juillet 2004, Eddie Bernice Johnson et quelques autres élu(e)s du Congrès demandent à l'ONU de surveiller l'élection présidentielle US.  C'est un geste purement symbolique - pas de danger que Kofi "Oncle Tom" Annan s'engage de ce côté-là. Quant aux signataires de la lettre, gageons qu'ils perdront leurs sièges à la prochaine occasion.]

Virtuellement, Bush a déjà "gagné" les élections de 2004. Le seul obstacle concret pouvant freiner les fraudeurs serait un écart trop criant entre le résultat officiel du "vainqueur" et celui d'éventuels sondages effectués peu avant le vote et montrant que Bush est en perte de vitesse. On ne pourrait faire croire à personne, par exemple, qu'après avoir recueilli 38 % des intentions de vote le 31 octobre, GWB puisse être "réélu" le 2 novembre avec plus de 50 %. Les Américains ont beau être crédules et naïfs, il y a cependant des limites...

Si la cote de popularité du "président" sortant devait tomber au-dessous d'un certain niveau à quelques mois ou à quelques semaines des élections, on pourrait de nouveau être tenté de recourir à la guerre,* afin que la victoire des urnes semble sans équivoque et que le demeuré de la Maison Blanche acquière enfin ce minimum de légitimité démocratique qui lui fait défaut. Sauf imprévu (nouvelle conquête militaire difficile, enlisement, pertes américaines trop importantes - toutes choses néfastes pour une "réélection"), le stratagème devrait fonctionner. On choisirait donc probablement une cible "facile" - peut-être le Venezuela ou le Soudan.

* Joseph Wilson , ancien ambassadeur US en Irak, est bien de cet avis - ce qui lui vaut les représailles de la clique Bush.

En dernière instance, bien entendu, on ne peut pas exclure un 11 septembre bis. Son effet serait plus puissant encore qu’un remake des guerres contre l'Afghanistan et l’Irak. Un attentat contre soi-même permet de réaliser l'union sacrée et étouffe infailliblement toute protestation.

Il ne faudra donc pas s'étonner si une nouvelle "attaque terroriste d'Al-Qaïda" survient avant les élections, causant des milliers de morts américains ou alliés. Un tel événement permettrait la proclamation immédiate de la loi martiale et la suspension pure et simple de ce qui subsiste encore de libertés civiques. Les instruments d'une future dictature (par exemple la FEMA - Federal Emergency Management Agency*) sont déjà en place et attendent d'être activés. On imagine ce que serait une campagne électorale menée dans ces conditions.

* En août 2005, lorsque le cyclone Katrina frappera La Nouvelle-Orléans, la FEMA apportera la preuve que son rôle véritable n'est pas, comme elle le prétend, de protéger la population américaine en cas de catastrophe naturelle.

D'ailleurs, le général Tommy Franks dit sans ambages : "Si les Etats-Unis étaient touchés par une arme de destruction massive leur infligeant des pertes importantes, la Constitution serait probablement mise au rebut pour faire place à un gouvernement de type militaire."  Et c'est bien ce que veulent les conspirateurs...

Norman Mailer (voir plus haut) a donc sans doute raison, même s'il est probable, au point où en sont les choses, qu'un seul attentat supplémentaire serait suffisant pour obtenir l'effet voulu.

Quoi qu’il en soit, il n’y aura vraisemblablement pas d’alternance à Washington en 2004 - ni peut-être plus tard. Il serait étonnant que les comploteurs acceptent de lâcher si facilement leur proie et se laissent tout simplement chasser du pouvoir par des élections. Beaucoup d'opposants se font des illusions à ce sujet. On ne peut pas tout approuver par naïveté politique, céder sans arrêt sur tous les plans, puis croire que tout redeviendra comme avant dès le prochain scrutin.

[A quelques mois de l'élection présidentielle, on voit clairement que le remplacement de Bush par Kerry ne constituerait nullement une véritable alternance comme celle de 1992 (Clinton) ou de 1976 (Carter). Le choix, cette fois-ci, n'incombe plus aux électeurs, mais aux manipulateurs du vote. Et les différences entre les candidats ne sont plus que superficielles.- voir plus bas.

Pour les véritables opposants, en particulier pour les pacifistes et pour ceux qui sont encore attachés aux valeurs "libérales" (au sens américain du terme), la déception risque d'être brutale. Le seul candidat notable représentant leurs idées est l'indépendant Ralph Nader. On comprend que les hommes de Kerry lui mettent des bâtons dans les roues et l'empêchent de se présenter dans de nombreux états. Ils l'accusent de vouloir capter les suffrages des électeurs démocrates pour donner la victoire à Bush, "comme en novembre 2000". La présence du crétin texan à la Maison Blanche ne serait donc pas due à la fraude électorale et à la lâcheté de la clique Gore-Lieberman, mais à l'entêtement de Nader.]


Un projet d'amendement constitutionnel présenté en décembre 2001 à la Chambre des Représentants par Zoé Lofgren, et renvoyé devant une commission où il semble s'être perdu entre-temps, proposait de désigner des notables appelés à siéger à la place des représentants élus, pour le cas où une catastrophe nationale empêcherait au moins 30 % de ceux-ci d'exercer leur mandat.

Une telle mesure permettrait par exemple le scénario suivant : Ben Laden est de retour, nouveau 11 septembre (en pire), tous les moyens de transport sont bloqués par le gouvernement (pour des raisons de sécurité), les représentants élus (du moins les gêneurs potentiels parmi eux) sont mis dans l'impossibilité de regagner la capitale, on nomme donc des suppléants qui se réunissent aussitôt et votent à l'unanimité tout ce qu'on leur demande de voter.

Si ce texte n'a pas été adopté, c'est parce qu'il ne change pas grand-chose à la pratique habituelle. Mais considéré à la lumière des autres lois d'exception (Patriot, Homeland Security, Total Information Awareness - voir les détails à la page Démocratie et liberté), il donne une idée de ce qui attend les Américains (et le reste du monde).

Détail symptomatique illustrant ce que nous disions plus haut : Lofgren est représentante démocrate (de Californie). En 2003, elle a voté "contre la guerre", mais il suffit de consulter son site pour réaliser ce qu'elle entend par "opposition".

Lorsque par miracle, certains élus démocrates prennent leur travail au sérieux (cela ne concerne pas, bien sûr, les sujets tabous comme la guerre, la sécurité ou le terrorisme), leur statut ne les met nullement à l'abri de la répression. Voici deux exemples illustrant les méthodes policières employées contre les élus récalcitrants : à Washington et au Texas. Depuis le 11 septembre, tout est permis.

En juillet 2003, un projet beaucoup plus inquiétant que l'amendement Zoé est en préparation au Pentagone : le rétablissement de la conscription obligatoire pour le personnel médical - détails. D'autres spécialistes sont également visés : ingénieurs, informaticiens, etc...



QUELQUES NOMS :

On ne connaîtra sans doute jamais la liste exacte et précise des instigateurs et des exécutants de cette gigantesque conspiration - pas plus qu'on ne sait, quarante ans après, qui au juste a fait assassiner John Kennedy. Mais on peut, sans risquer de se tromper beaucoup, émettre quelques hypothèses.

Nous avons affaire à un complot "à géométrie variable", s'etendant sur une longue période. Au fur et à mesure que les objectifs immédiats évoluent (déstabilisation du gouvernement en place, tentative de renversement, coup de force électoral, nouveau Pearl Harbor, provocations secondaires destinées à justifier les prochaines guerres), la structure clandestine se transforme et fait appel à d'autres responsables.

La phase initiale implique sans doute davantage le clan Bush et des hommes qui en sont très proches (Bush père, Cheney, Rumsfeld), de même que des membres influents des services secrets (George Tenet et quelques autres personnages inconnus du public). Ils forment le noyau dur qui restera omniprésent. Les néo-cons likoudiens (Perle, Wolfowitz, Zakheim) et les décideurs des services israéliens, dont on ignore à peu près tout, sont probablement de la partie dès la phase suivante (affaire Lewinsky), enlevant au "projet Bush" le caractère "familial" qu'il avait jusqu'alors.

D'autres initiés choisis parmi les vétérans et théoriciens (Kissinger, Brzezinski), l'oligarchie (Warren Buffett, Larry Silverstein ) et les intégristes protestants (Ashcroft), sont sans doute étroitement liés à la conspiration, mais sans en connaître tous les détails. Il en va de même de tous les membres du second cercle, qu'ils soient connus du public (Powell, Rice) ou qu'ils ne le soient pas, comme Robert Blackwill, à propos duquel le Réseau Voltaire donne les indications suivantes : "Précepteur à domicile, il a formé Bush père et Bush fils à la politique internationale*. Membre des principaux clubs de la caste dirigeante ( Council on Foreign Relations , Trilateral Commission , Bilderberg Group )." Ou encore Ralph Eberhart, responsable de la sécurité aérienne le 11 septembre 2001. Sa parfaite "réussite dans l'échec" lui a valu une intéressante promotion : il est commandant en chef de toutes les forces stationnées sur le territoire US.

* Que quelqu'un ait pu "former Bush fils à la politique internationale", voilà qui laisse rêveur...

Voir le jeu de cartes du Réseau Voltaire : Les 52 plus dangereux dignitaires américains

Les Douze Salopards de la junte Bush



BUSH EST-IL UN DICTATEUR ?

Source : Le Couac, Montréal Des millions de manifestants, au printemps 2003, ont scandé partout dans le monde : "George Bush, fasciste, c'est toi le terroriste."  Mais peut-on pour autant comparer Bush à Hitler ?

Non, bien sûr, ont répondu des plaisantins, puisque Bush ne porte pas de moustache...

Plus sérieux, un Américain qui a vu par hasard notre site, nous écrit : "Penser que mon gouvernement a orchestré le 11 septembre, c'est placer Bush dans la même catégorie qu'un Hitler ou un Staline, c'est insinuer que nous avons une dictature à Washington..." (Etrangement, notre correspondant scandalisé oublie de faire référence à Saddam Hussein.)

Bush dictateur ?...

En juin 2003, lors d'une rencontre à Aqaba (Jordanie), l'homme de la Maison Blanche déclare au premier ministre palestinien Mahmoud Abbas (c'est le journal israélien Ha'aretz qui cite) : "Dieu m'a dit de frapper Al-Qaïda, et j'ai frappé ; puis Il m'a ordonné de frapper Saddam, et je l'ai fait ; et maintenant, j'ai la ferme intention de résoudre le problème du Moyen-Orient..."

En lisant ces mots, on se dit : heureux les simples d’esprit, car le royaume de Dieu leur appartient...  On songe moins à une dictature qu'à une banale déficience mentale. Mais qu'en est-il vraiment ?

Le Petit Robert donne du mot dictature la définition suivante : "concentration de tous les pouvoirs entre les mains d'un individu, d'une assemblée, d'un parti, d'une classe" ; et du mot dictateur : "celui qui, après s'être emparé du pouvoir, l'exerce sans contrôle".

En ce sens, George Bush n'est pas un dictateur, puisque d’un point de vue strictement juridique, il est arrivé au pouvoir dans le cadre de la légalité (une légalité légalisant a posteriori des actes illégaux). On ne peut pas dire non plus qu'il exerce son pouvoir sans contrôle. En fait, il ne détient pas de véritable pouvoir, n'étant qu'une marionnette aux mains de ceux qui le dirigent.

Bush - ou plutôt : la junte qu'il préside - se laisse, en principe, contrôler par le Congrès. Mais le parlement de Washington, docile et soumis, rappelle un peu le Soviet suprême de l'ancienne URSS - peut-on encore parler de contrôle ?

Pour ce qui est de la dictature, les critères de la définition sont remplis, du moins en ce qui concerne la classe - caste serait sans doute plus exact. Le régime qui sévit aux Etats-Unis depuis 2001 est pratiquement une dictature collective sans dictateur individuel au sens classique du terme ; c'est la raison pour laquelle beaucoup de gens ne réalisent pas encore que le pas décisif a été franchi.

Mais c'est surtout lorsqu'on compare le George Bush de 2001-2004 au Hitler des années 40, que le rapprochement paraît abusif. En fait, c'est le chef nazi des premières années qu'il faudrait prendre comme base de référence.

Hitler, lui non plus, n’a pas renversé le gouvernement légitime en 1933. Au contraire, il a été nommé chancelier le plus légalement du monde. Quelques mois plus tard, il a obtenu ce qu’il voulait grâce à un vote (juridiquement) régulier du Reichstag. Et la majorité de la population était plus ou moins de son côté - du moins tant que l’économie fonctionnait et que la guerre était victorieuse. A la réflexion, les choses ne sont pas très différentes en Amérique.

Bush n’est pas tout à fait Hitler, c’est vrai. Rien ne se répète exactement de la même façon. Dans le domaine historique, les comparaisons sont toujours un peu bancales. Mais les parallèles sont troublants. Pour ce qui est des camps de concentration, il en existe déjà - des milliers de soi-disant terroristes ou complices ont été arrêtés ou ont disparu. On n’extermine pas systématiquement les gens, mais attendons - Auschwitz n’a pas été érigé en 1933.

Du reste, question torture, avec Guantánamo Bay, Bagram, Abou-Ghraïb et quelques autres camps, George Bush, après trois ans de pouvoir, n'a vraiment rien à envier à l'idole de son grand-père Prescott.

Quant aux victimes civiles de la "guerre permanente" qui sévit depuis septembre 2001, elles se comptent déjà par dizaines de milliers : 3.000 Américains "sacrifiés" lors de la mise en scène de New York ; plusieurs centaines de morts dans divers attentats terroristes américano-israéliens imputés à la mythique Al-Qaïda (Djerba, Bali, Kénya, Casablanca, Istanbul, Madrid) ; au moins 4.000 Afghans (probablement beaucoup plus) massacrés à partir d'octobre 2001, et au minimum 10.000 Irakiens (sans doute 40 ou 50.000) assassinés durant la première année de guerre. Sur ce plan, le tueur texan est en avance sur son homologue austro-allemand. Trois ans après son accession au pouvoir, ce dernier avait un bilan nettement plus "modeste".


Bush, un nouveau Hitler du 21ème siècle ?



"Partout dans le monde, on nous craint et on nous hait presque autant que les nazis. Et c'est pleinement justifié..."  (Kurt Vonnegut, écrivain américain)

Un article de Michel Chossudovsky du 8 juillet 2005 : Bush Administration creates "Secret State Police"
En allemand, "Secret State Police" se dit "Geheime Staatspolizei".

Août 2006 : Bush veut étendre aux citoyens américains les procédures de Guantanamo par Patrick Martin (www.wsws.org).

Fascisme ?

Il existe, et il a toujours existé, différentes formes de fascisme. Même à l'origine, dans les années 1920-30, le fascisme de Mussolini n'est pas tout à fait comparable au nazisme allemand. En Italie, l'antisémitisme, quand il existe, est surtout verbal et personne n'attache vraiment d'importance aux extravagantes théories raciales hitlériennes. Ce n'est qu'en 1939 que le régime italien prend des mesures discriminatoires contre les Juifs et ce, à la demande expresse de son allié allemand.

Il n'en demeure pas moins que, dans ces deux cas, et dans tous les autres cas où il est légitime de parler de fascisme, le critère distinctif, c'est la possibilité, pour le grand capital du pays en question, d'exercer un pouvoir exclusif, totalitaire, répressif - et très lucratif - par l'intermédiaire d'une caste dirigeante qu'il contrôle. Si les exemples de dictatures "rouges" pullulent, le fascisme, lui, ne peut s'épanouir que dans le cadre de la libre entreprise. Il n'est pas le contraire de la société capitaliste classique, "démocratique" ; il en est le prolongement, la forme extrême.

La composante raciale du fascisme moderne est surtout antiarabe ou antimusulmane, et non plus antijuive. Au contraire, l'exploitation qui a été faite de l'antisémitisme par ceux qui se veulent les descendants des victimes de l'Holocauste, crée aujourd'hui une barrière infranchissable et renverse même les termes du problème. On peut être à la fois juif et fasciste (on le pouvait déjà dans les années 30) : Sharon, son régime et tous les hommes de main qu'il emploie de par le monde, en France notamment, sont là pour le prouver. Et il est difficile de trouver une organisation d'extrême droite non-juive qui n'admire pas - ouvertement ou furtivement - les "exploits" de l'Etat d'Israël. Des gens comme Le Pen ou Haider n'ont aucun problème de ce côté-là, même si la réciproque n'est pas vrai - il faut sauvegarder les mythes.

Miami - novembre 2003 C'est que, précisément, les véritables fascistes du 21ème siècle ne sont pas les Le Pen, les Haider ou les Möllemann que la société du spectacle nous sert en pâture. C'est plutôt du côté de Bush, Blair, Sharon, Berlusconi ou Aznar (en France : Madelin, Sarkozy ; en Allemagne : Schily) qu'il faudrait porter son regard. Le danger n'émane pas de groupes marginaux que l'oligarchie serait tentée d'utiliser pour parvenir à ses fins, comme elle l'a fait en Allemagne avant 1933 ; le danger a sa source dans le mainstream, lequel satisfait parfaitement les fantasmes les plus débridés des détenteurs du pouvoir économique. Nul besoin de financer des gangsters politiques peu présentables quand on a à sa disposition des "libéraux" ou des gens "de gauche" qui font la même chose.

Le fascisme contemporain a tendance a revêtir une forme très consensuelle, sans remise en cause de la part de ceux qui le subissent. Contrairement au fascisme des années 30, il avance à pas de loup, sans trop clamer son nom et ses intentions. L'absence de résistance favorise son inexorable progression. Si la dictature militaire dont l'éventualité a été discrètement annoncée par le général Tommy Franks, voit prochainement le jour aux Etats-Unis, le taux d'approbation des "citoyens" ne sera sans doute pas inférieur à ce qu'il est en 2002-2003 (70-80 %).  Et quand les USA auront sauté le pas, l'Europe suivra...

Retour aux sources : Neocon theorist Michael Ledeen draws more from Italian fascism than from the American Right par John Laughland - The American Conservative. (Ledeen écrit pour la Jewish World Review et est très proche de Henry Kissinger.) Cet attrait pour le fascisme italien n'est pas sans rappeler l'admiration qu'éprouvait pour Mussolini le père spirituel de l'actuel Likoud israélien, Vladimir Jabotinsky, chef judéo-fasciste du Bétar et des sionistes dits "révisionnistes". (Ces "révisionnistes"-là voulaient, dans les années 20, obtenir une révision de la politique britannique en Palestine.)


[ Juillet 2006 : A la lumière des tragiques événements au Moyen-Orient - nouvelle agression israélienne, plus brutale que jamais, au Liban ; menaces concrètes d'extension de la guerre à la Syrie et à l'Iran ; risques réels d'un holocauste nucléaire -, il devient de plus en plus évident que le véritable danger fasciste émane du sionisme. ]



ÉTRANGES SIMILITUDES :

ALLEMAGNE - 1933


" Dieu est avec nous "
 
USA - 2001


" Nous avons foi en Dieu "
 
dès 1929 Adolf Hitler proclame ses intentions politiques dans son livre Mein Kampf. Il jouit du soutien actif de l'oligarchie financière allemande. dès 1993 Les néo-conservateurs et autres alliés du clan Bush font connaître leur programme dans diverses publications de leurs think tanks - voir plus haut. Ils jouissent du soutien actif de l'oligarchie financière américaine.
Jan 1933 Adolf Hitler est nommé chancelier par le président du Reich. Dans le cadre du multipartisme de la République de Weimar, le parti nazi est le premier parti d'Allemagne (33 % des voix). Déc 2000 George Bush devient "président" en vertu d'une décision de la Cour Suprême entérinant des élections frauduleuses. Dans un système où règne le bipartisme, Bush a obtenu 600.000 voix de moins que son concurrent.
Fév 1933 Sans crier gare, Hitler instaure son "Reich millénaire" (qui s'effondrera 12 ans plus tard après avoir mis l'Europe à feu et à sang). Dans leur candeur, beaucoup d'adversaires politiques des nazis pensent alors qu'il s'agit d'un phénomène de courte durée et que tout rentrera dans l'ordre aux prochaines élections. Jan 2001 Le clan Bush et ses complices instaurent en silence leur Empire universel et inaugurent le New American Century - voir plus haut. Combien de temps l'un et l'autre tiendront-ils ? Les adversaires politiques de Bush, naïfs ou aveugles, considèrent qu'il s'agit d'une simple alternance électorale et que la chance leur sourira aux prochaines présidentielles.
Fév 1933 Incendie du Reichstag. Les nazis, auteurs de cette provocation criminelle, déclenchent une gigantesque chasse aux communistes (vrais ou supposés). Sept 2001 Attentats du World Trade Center et du Pentagone. Les comploteurs de la junte Bush, auteurs de cette provocation criminelle, déclenchent la "guerre contre le terrorisme".
Mars 1933 Ouverture des premiers camps de concentration pour opposants politiques (Dachau, Oranienburg). Premières mesures antisémites. Le gros de la population approuve ou tolère ces actions touchant des "éléments asociaux", des "ennemis de l'Allemagne" et des "criminels". Ceux qui osent protester sont eux-mêmes arrêtés. Oct 2001 Ouverture des premiers camps de concentration à Guantánamo, Bagram, Diego Garcia. Aux USA, détention illégale de milliers d'étrangers et de citoyens américains d'origine arabe ou de confession musulmane. Premières mesures de ciblage racial. Le gros de la population approuve ou tolère ces actions touchant des "complices du terrorisme international" et des "éléments antiaméricains". Ceux qui osent protester sous soumis à la vindicte publique et réduits au silence.
Mars 1933 Feignant de croire au "danger communiste", les partis bourgeois représentés au Reichstag accordent les pleins pouvoirs à Hitler. Dans les mois qui suivent, tous les partis sont dissous, les journaux sont interdits ou mis au pas. Les libertés existantes sont supprimées du jour au lendemain. La constitution de Weimar est enterrée. Oct 2001 Feignant de croire au "danger terroriste", le Parti démocrate accorde de facto les pleins pouvoirs à Bush. Il n'est pas nécessaire de dissoudre ce parti car il soutient sans réserve celui qu'il considère comme "son président". Les grands médias, dociles et alignés, appliquent volontairement la censure et colportent complaisamment les mensonges officiels. Le régime s'attaque aux libertés individuelles garanties par la constitution.
Mars 1933 Pour la plus grande satisfaction du patronat, une féroce répression s'abat sur les syndicats. Parallèlement, pour ne pas s'aliéner ses appuis en milieu ouvrier, Hitler prend des mesures qui vont résorber le chômage. Le nazisme est venu au pouvoir grâce à la crise économique. Il y met fin en militarisant l'économie. Oct 2001 Pour la plus grande satisfaction du patronat, la junte limite les droits syndicaux et prend toute une série de mesures antisociales. Le chômage s'accroît. Le régime militarise l'économie tout en aggravant la crise.
Mars 1933 Après une période de consolidation interne, les nazis mettront en oeuvre leur plan de construction d'une "Europe nouvelle". Oct 2001 La junte Bush, solidement établie dès le départ, se lance dans la construction de son "nouvel ordre mondial".
Oct 1933 L'Allemagne quitte la SDN. Oct 2001 Les Etats-Unis amorcent leur quasi-retrait de l'ONU. S'ils sont encore disposés à "consulter" cette instance internationale, c'est à la seule condition qu'elle s'aligne sur leurs positions. Washington viole ou déclare caducs tous les traités internationaux qui font obstacle à son hégémonie.
Jan 1935 Annexion de la Sarre à la suite d'un plébiscite.    
Mars 1935 Hitler rétablit le service militaire obligatoire. Oct 2001 En prévision des guerres à venir et pour renforcer le "front de l'intérieur", certains hommes politiques réclament le rétablissement général de la conscription, supprimée après la fin de la guerre du Viêt-Nam. En juillet 2003, le Pentagone prépare le recrutement obligatoire du personnel médical et d'autres spécialistes.
Mars 1936 Remilitarisation de la Rhénanie    
Mars 1938 Annexion de l'Autriche Oct 2001 Invasion de l'Afghanistan.
Juil 1938 Violente campagne allemande accusant la Tchécoslovaquie de tous les maux. Oct 2002 Violente campagne américaine accusant l'Irak de tous les maux.
Sept 1938 Pour mieux "combattre le judéo-bolchévisme", création à Berlin de l'Office central de "sécurité" du Reich (RSHA), regroupant le service de "sécurité" des SS, la police de "sécurité" de l'Etat et la police secrète d'Etat (Gestapo). Nov 2002 Pour mieux "combattre le terrorisme", création à Washington du Ministère de la "sécurité" intérieure (DHS), regroupant 22 agences fédérales (garde-côtes, douanes, service secret, immigration, police des frontières, police des transports, etc...)
Sept 1938 Accords de Munich. Les gouvernements français et britannique se soumettent aux volontés de l'Allemagne nazie et abandonnent la Tchécoslovaquie à son sort. Mars 2003 Malgré une opposition de façade, les gouvernements français, allemand, belge, russe et chinois se soumettent aux volontés américaines et abandonnent l'Irak à son sort.
Oct 1938 Annexion des Sudètes rendue possible grâce à la complaisance franco-britannique. Mars 2003 Invasion de l'Irak rendue possible grâce à la complaisance franco-germano-russe.
Mars 1939 Démembrement du reste de la Tchécoslovaquie. Annexion de la Bohème-Moravie. Création d'un Etat fantoche en Slovaquie. Mai 2003 Après avoir conquis l'Irak, les stratèges US envisagent d'y créer trois Etats fantoches, dont un Etat kurde au nord. La Turquie, très hostile à ce projet, parvient à le faire échouer.
Juil 1939 Violente campagne allemande contre la Pologne, utilisant les mêmes mensonges que contre la Tchécoslovaquie un an plus tôt. Dès juin 2003 Violentes campagnes américaines contre la Syrie, l'Iran et la Corée du Nord, utilisant les mêmes mensonges que contre l'Irak quelques mois plus tôt.
Sept 1939 Après la provocation de Gleiwitz, invasion de la Pologne. La France et la Grande-Bretagne laissent faire. Déclaration de guerre de pure forme ("Drôle de guerre"). C'est le début officiel de la Seconde (Deuxième?) Guerre mondiale. 2003 La Troisième Guerre mondiale a-t-elle déjà commencé ?
1940-1941 Invasion du Danemark, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, de la France, de la Yougoslavie, de l'Albanie, de la Grèce, de l'URSS, de l'Afrique du Nord. Régimes fascistes en Italie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Finlande. Guerre aérienne contre l'Angleterre. 2003 - ? Agressions annoncées ou en préparation contre la Syrie, le Liban, l'Iran, la Corée du Nord, l'Arabie Saoudite et Cuba. Guerre coloniale permanente contre les Palestiniens (en attendant de pouvoir procéder à leur expulsion définitive des territoires occupés). Menaces à peine voilées contre la Somalie, le Soudan, la Libye, le Yémen, le Zimbabwe, le Venezuela et la Biélorussie. Objectifs à plus long terme : Russie, Chine.


Malgré ces nombreuses similitudes, quelques aspects essentiels sont fondamentalement différents (ne parlons pas du nombre de victimes - il est encore trop tôt pour tenter une comparaison) :

1933-1942 En dépit de l'ampleur des succès nazis, l'Europe ne perd pas l'espoir de venir à bout du régime hitlérien. Les forces qui y parviendront existent déjà, même si elles ne sont pas encore très actives. 2001 - ? Le fatalisme domine. Manque de perspectives concrètes. On ne voit pas quelles forces pourraient s'opposer efficacement à la monstrueuse superpuissance américaine.
1940-1945 Constitution d'un front mondial englobant les gouvernements opposés au nazisme et les nombreux mouvements de résistance. 2001 - ? Résistance sporadique et isolée de la part des victimes de la "guerre permanente". Absence totale de coordination et de solidarité face à l'arrogance de l'Empire.
Les choses pourraient éventuellement changer si Washington, décidant de forcer la réalisation de son programme d'agressions tous azimuts, devait se trouver confronté à de nombreux mouvements de guérilla simultanés.
Un renversement de situation est cependant difficilement imaginable aussi longtemps que les populations des pays vassaux des Etats-Unis n'opposeront pas de résistance au processus de retour à la barbarie sociale, politique et militaire ; aussi longtemps que ces populations laisseront leurs gouvernements respectifs jouer le rôle d'auxiliaires des USA dans les pays conquis. De ce côté-là, hélas, il n'y a pas grand-chose à espérer.
1933-1945 La population juive est une des grandes victimes de la terreur fasciste, même si elle est loin d'être la seule : 6 millions de morts sur 36 millions de personnes tuées par les nazis (ce qui n'empêchera pas les sionistes de parler plus tard de "l'unicité de la souffrance juive"). Tandis que les dirigeants sionistes collaborent avec le nazisme (voir ici : fascisme juif), de très nombreux Juifs européens participent à la résistance dans les pays occupés (presque toujours pour des motifs politiques et non sur une base ethnique, religieuse ou communautariste). 2001 - ? La population juive, à de trop rares exceptions près, se laisse manipuler par le puissant lobby sioniste et couvre la politique de terreur globale voulue par les comploteurs du "nouvel ordre mondial".


Novembre 2004 - Orlando (Floride) :

En allemand, on dit : "Unser Führer."



"Je ne suis pas encore à la hauteur,
mais je fais tout mon possible...
"



Camp nazi ou camp américain ?


 
Honneur et liberté, ça fait quand même plus américain que Travail et liberté, n'est-ce pas ?



LES DIFFÉRENTES MANIÈRES D'APPRÉHENDER LE COMPLOT :

Qui accepte encore sans réserve les dogmes officiels circulant depuis le 11 septembre ? A l'exception des politiciens et journalistes payés pour les croire, des propagandistes professionnels de la théorie du complot al-qaïdesque et d'une grande partie de l'opinion publique américaine, soumise depuis toujours à un intense lavage de cerveau, presque tout le monde, à un moment ou à un autre, se pose des questions ou reste incrédule face aux "explications" fournies. Les doutes peuvent porter sur un point particulier ou sur l'interprétation dans son ensemble ; ils peuvent toucher le mardi noir proprement dit ou tel ou tel épisode qui y a conduit ou qui en a résulté. L'idée qu'on se moque de l'opinion et que nous avons affaire à une conspiration organisée par les cercles dirigeants américains fait son chemin, même si ce n'est qu'à petits pas.

  • Malgré l'apparente liberté d'expression suggérée par les moyens de communication modernes, l'information de masse est plus que jamais un monopole soumis à des règles strictes. Derrière l'innocent babillage de façade, guettent les tabous, la censure, la répression. Quiconque bénéficie d'une certaine audience et désire la préserver, doit se garder d'exprimer des vues trop "extrêmes", c'est-à-dire allant à l'encontre des idées admises comme justes et tolérables.

    D'où la relative retenue dont font preuve certains sceptiques connus, qui mettent le doigt sur tel ou tel point sensible mais semblent hésiter à présenter une vue d'ensemble cohérente. Ils savent sans doute à quoi s'en tenir, mais craignent peut-être d'aller trop loin, de se discréditer, de passer pour des farfelus. Dans un monde où domine le conformisme politique, la prudence est de mise dès qu'on quitte les sentiers battus. Parmi ces hommes courageux qui ont le mérite d'ouvrir les yeux de leurs contemporains, même en n'allant pas au fond des choses, citons au hasard l'écrivain américain Gore Vidal et l'ancien ministre allemand Andreas von Bülow. Mais ils sont loin d'être les seuls.

  • Une opinion très répandue, y compris parmi les adeptes de la théorie officielle, est celle qui veut que George Bush et ceux qui l'entourent aient "habilement profité du 11 septembre" pour mettre en oeuvre leur nouvelle politique. Tout serait donc dû au hasard, et si Ben Laden n'était pas allé si loin, nous n'en serions pas là. Hasard bien providentiel - mais il est vrai que l'homme de la Maison Blanche est inspiré par la Divine Providence (voir plus haut).

    Il n'est pas interdit de croire à l'innocence du monde - même si cela nécessite, surtout au 21ème siècle, une bonne dose d'innocence. Mais peut-être est-il préférable de s'en tenir à ce que disait le président américain Franklin Roosevelt : "En politique, rien n'arrive par hasard. Quand quelque chose se produit, dites-vous bien que c'était prévu."

    Pour beaucoup, la thèse du "hasard" est une manière élégante d'exprimer un doute légitime sans pour autant s'écarter du courant dominant. Si - contre toute attente - la supercherie du 11 septembre, de la guerre permanente et du complot islamiste devait prochainement éclater au grand jour, tous ces gens pourraient prétendre, sans crainte de se ridiculiser, qu'ils n'ont jamais cru au dit "hasard".

  • Nombreux sont ceux, principalement dans les milieux arabes ou musulmans, qui estiment que le complot en cours est l'oeuvre exclusive du sionisme pro-israélien. A la lumière de ce qu'ont enduré et endurent encore les populations palestiniennes, libanaises, irakiennes et autres, ce point de vue est tout à fait compréhensible ; il n'est ni plus ni moins déplacé que beaucoup d'autres points de vue. Indéniablement, l'influence et la mainmise du sionisme sur la société américaine se sont considérablement accrues au cours de ces dernières années. Une politique américaine ne tenant pas compte des revendications de l'Etat juif et de ses tout-puissants représentants est tout simplement impensable. Inversement, on imagine mal Israël et ses adeptes faire quoi que ce soit de décisif sans s'appuyer pour cela sur le puissant levier américain.

    Mais aussi influente soit-elle, la composante sioniste de la nouvelle coalition de droite (néo-cons, lobby, think tanks) ne peut rien entreprendre de durable sans le consentement ou la complicité des autres groupes qui composent cette coalition informelle. Même si les sionistes sont partie prenante de l'oligarchie et de l'appareil d'Etat, ils n'en constituent pas les seuls éléments. Ils vivent en symbiose avec le reste, et tout ce qu'ils font est aussi dans l'intérêt bien compris de celui-ci.

    Si l'on pouvait, d'un coup de baguette magique, supprimer du jour au lendemain l'emprise sioniste sur le monde, le système existant ne changerait pas fondamentalement. On verrait sans doute beaucoup de nouvelles têtes en maint endroit stratégique, il y aurait la paix au Moyen-Orient et la menace d'une nouvelle guerre mondiale serait écartée. Mais malgré cela, tout continuerait plus ou moins comme avant, avec des agressions et des interventions en Asie, en Afrique, en Amérique latine...  Par contre, s'il était possible d'abolir une fois pour toutes le fléau capitaliste dans son ensemble et à l'échelle planétaire, tous les éléments parasitaires qui le composent - y compris les éléments sionistes - perdraient automatiquement leur pouvoir.*  Il ne faut donc surtout pas que l'arbre nous cache la forêt...

    * Lorsque les révolutionnaires cubains nationalisèrent l'économie, en 1959, la pègre américaine dominée par le parrain juif Meyer Lansky se trouva automatiquement éliminée de La Havane où elle contrôlait les casinos, la drogue, la prostitution et l'argent sale de la dictature de Batista. Le sionisme n'avait pas alors le poids qu'il a aujourd'hui, mais Lansky, tant par solidarité ethno-confessionnelle que par conscience de classe, y adhérait pleinement. Dix ans plus tard, lorsque la justice américaine fit mine de s'intéresser à ses "affaires", le gangster alla d'ailleurs se réfugier en Israël, comme bien d'autres avant et après lui. Cuba nous montre, à l'échelle locale, ce qui serait possible et souhaitable au niveau mondial.

  • Un des premiers hommes politiques américains - sinon le tout premier - qui ait rejeté la théorie officielle du complot islamiste, est le démocrate dissident Lyndon LaRouche. Cet octogénaire qui a fait ses débuts sous la présidence de Franklin Roosevelt, n'a rien renié de ses idées de l'époque, ce qui en soi constitue déjà une raison suffisante pour s'attirer l'ostracisme de toute la caste politique. Vaguement trotskiste et keynésien, il prône une politique de progrès social, d'intervention de l'Etat et de relance de l'économie par la consommation : on ne saurait mieux être à contre-courant. A l'extérieur, il plaide pour la coopération internationale et la solution pacifique de tous les conflits - une incroyable hérésie en ce début de 21ème siècle. LaRouche tente régulièrement de se présenter aux élections présidentielles en tant que candidat du Parti démocrate, et régulièrement son parti rejette sa candidature.* Pour le réduire au silence, on utilise - comment pourrait-il en être autrement - la classique accusation "d'antisémitisme" et le harcèlement économique - procès pour "abus de confiance", "fraude fiscale", etc...

    * Au printemps 2004, il participe aux primaires dans la moitié des états américains mais n'obtient jamais plus de 0,5 % des votes. Il reste néanmoins le plus sérieux et le plus intéressant de tous les "petits" candidats - pour ne pas dire de tous les candidats "grands" ou "petits" (exception faite, peut-être, de l'indépendant Ralph Nader). En juillet 2004, LaRouche finit pourtant par se discréditer en apportant son soutien à Kerry.

    LaRouche pense qu'il y a eu conjuration le 11 septembre (avec le concours de Kissinger, Brzezinski, Huntington, Cheney, Perle, Wolfowitz et Sharon), mais que cette conjuration était dirigée contre George Bush. Il est difficile de dire si LaRouche est convaincu de ce qu'il avance ou s'il s'agit seulement d'une précaution oratoire. Aux Etats-Unis, pays de la "liberté d'expression", accuser ouvertement le président d'être coupable ou complice de l'assassinat de 3.000 de ses compatriotes conduit presque directement en prison ; dans le meilleur des cas, cela équivaut à un suicide politique et social. Derrière le "président", LaRouche voit la fonction, fonction à laquelle il aspire depuis longtemps sans la moindre chance de jamais y parvenir. Il est très attaché aux institutions et repousse violemment toute tentative de les remettre en cause (pour lui, le mouvement altermondialiste est une forme moderne de "terreur jacobine").

    Un peu comme Lyndon LaRouche, mais pour d'autres raisons, le journaliste américain Webster Tarpley, auteur du livre La Terreur fabriquée (pdf - 1,9 mo), considère que des comploteurs ou des "insurgés" installés au coeur de l'appareil d'Etat américain ont mis en scène le crime terroriste du 11 septembre afin d'imposer leur politique de guerre au "président" Bush. Dans une certaine mesure, le journaliste français Thierry Meyssan partage lui aussi ce point de vue.

    Sans vouloir remettre en cause les mérites de ces deux investigateurs, il faut remarquer qu'un "putsch" dirigé contre George W. Bush (non pas pour le remplacer mais pour modifier radicalement sa politique) n'était absolument pas nécessaire. Le véritable complot a débuté bien avant, et le choix même de GWB, quelques mois avant son "élection", en faisait bien entendu partie.

    Ce n'est pas contre la personne de George Bush que les comploteurs ont agi le 11 septembre ; malgré ses déficits intellectuels, ou peut-être grâce à eux, il était tout ce qu'il y a de plus docile. Non, c'est contre l'opinion publique des USA et du reste du monde que le crime a eu lieu. Il ne fallait pas grand-chose pour pousser le "président" sur la voie de la guerre permanente et de l'abolition progressive des libertés constitutionnelles. En revanche, pour accoutumer le peuple à cette idée, il fallait un second "Pearl Harbor".

    Tout ce qui a suivi prouve clairement que Bush, loin d'être la "victime" du complot, en est au contraire un des éléments : l'indispensable idiot utile. C'est avec un véritable président qu'un coup d'Etat aurait été nécessaire. Mais comme il s'agissait d'un complot préparé de longue date, la chose était parfaitement superflue. Le 11 septembre n'est ni le point de départ ni l'aboutissement de la conspiration ; il n'en est que l'événement-clé.

  • Parmi les adversaires du régime Bush, on trouve aussi ceux pour qui l'histoire est une suite de phénomènes sociaux qui ne sauraient s'expliquer par l'intervention occulte d'individus ou de groupes d'individus. Inutile donc de perdre son temps à traquer les conjurations, mieux vaut se concentrer sur l'essentiel ; la source du mal est dans le système.

    Le professeur Noam Chomsky est de cet avis. Malgré ses prises de position généralement très clairvoyantes, il rejette comme absurde toute idée de conspiration interne à l'occasion des attentats du 11 septembre. Il avait d'ailleurs soutenu le même point de vue à propos de l'assassinat du président Kennedy.

    Y a-t-il une approche scientifique et une approche triviale de la question ? L'histoire n'est-elle pas une combinaison d'éléments contradictoires : le collectif et l'individuel, le global et l'accessoire, le prévisible et le fortuit ?...

    Les phénomènes macro-historiques ostensibles et bien structurés n'ont jamais exclu l'action conspirative spontanée de petites minorités. On peut être d'avis que la lutte des classes (qu'elle émane d'en bas ou d'en haut) constitue le "moteur de l'histoire", il n'en reste pas moins que n'importe qui, en principe, peut "se saisir du volant". Le tout est d'agir en temps opportun.

    Sans les conspirations d'un Bonaparte ou d'un Lénine, prenant dans un contexte donné et au bon moment telle ou telle décision personnelle bien précise, le cours de l'histoire aurait été très différent. Mais bien entendu, les acteurs individuels sont toujours le produit de leur société, et la même décision prise à contretemps (ou à une autre époque) serait restée sans effet. La période que nous vivons (après la chute du communisme) permet à des hommes ou à des groupes comme ceux auxquels nous avons affaire ici, de voir leurs idées réalisées et leurs décisions couronnées de succès. En ce sens, l'idée de complot historique n'a rien d'irrationnel.

    Le plus paradoxal dans l'attitude de Chomsky face au 11 septembre, c'est qu'en rejetant les "théories conspiratives", il revalorise l'invraisemblable thèse officielle du complot islamiste. Un examen attentif des arguments avancés de part et d'autre lui permettrait pourtant de faire assez rapidement le point sur la question. Malheureusement, il s'y refuse catégoriquement.

    Cette attitude conduit Chomsky à reprendre à son compte quelques poncifs officiels : recrudescence du terrorisme d'Al-Qaïda, rôle positif des Américains dans la "libération" de l'Irak des griffes du "monstrueux dictateur" - sans oublier l'attaque-"surprise" de Pearl Harbor. (Voir l'article paru dans le Monde Diplomatique de mai 2004.)

  • A l'opposé, enfin, certains sont d'avis qu'un plan plus vaste, un projet à long terme, est en cours de réalisation sous nos yeux, animé par ce qui pourrait ressembler à une société secrète chapeautant les très nombreuses organisations et instances dont il est question plus haut.

    Il est vrai que des groupes élitaires plus ou moins occultes ont existé à toutes les époques. La nécessité d'agir à l'abri des regards résulte à l'origine de la répression à laquelle sont soumises toutes les idées nouvelles, jugées dangereuses pour le pouvoir absolu, qu'il soit séculier ou religieux. Des loges maçonniques créées dans ce but il y a plusieurs siècles existent encore aujourd'hui ; beaucoup d'entre elles ont pignon sur rue. Mais exercent-elles encore une influence réelle sur la vie politique ?

    Si c'est le cas, on peut sans doute en dire autant de tous les autres cercles où se retrouvent les représentants de la classe dominante : clubs, think tanks, amicales parfois informelles (comme les énarques, en France). Le but de tous ces groupements moins clandestins que discrets n'est pas de conquérir le pouvoir économique et politique (ils le détiennent depuis belle lurette), mais de renforcer leur emprise et, dans la mesure du possible, d'infléchir ou d'accélérer la marche de l'histoire.

    Est-il indispensable de s'organiser en société secrète pour prendre des décisions qui bouleverseront la face du monde ? N'est-il pas beaucoup plus simple de se rencontrer sur un terrain de golf ?

    Le fait que le clan Bush ait remis à la mode, intentionnellement ou non, l'expression nouvel ordre mondial*, très prisée par les amateurs d'ésotérisme (voir plus haut), a sans doute contribué à brouiller les pistes. Quoi qu'il en soit, il est incontestable que l'exercice du pouvoir - et à plus forte raison l'abus de pouvoir - a toujours impliqué mensonges, cachotteries et manipulations. Le commun des mortels ne saura jamais ce qui se manigance à son insu. Mais s'il ouvre les yeux, il en verra probablement assez pour comprendre l'essentiel - avec un certain retard, il est vrai.

    * L'expression n'est pas nouvelle ; elle figure en latin sur billet d'un dollar avec d'autres symboles maçonniques.


Trois textes intéressants : Théories de la conspiration par Michael Albert (Z-Magazine), 9/11 'Conspiracies' and the Defactualisation of Analysis par Nafeez Mosaddeq Ahmed (une lecture critique de Michael Albert) et enfin The Roots of Conspiracy Denial par Jerry Russell et Richard Stanley.


La véritable conspiration ne nous incite pas seulement à prendre des vessies pour des lanternes ; elle nous fait aussi rejeter comme "théorie conspirationniste" tout ce qui tend à la démasquer.

Paranoid Shift - Conspiracy Theories or Conspiracy Facts ?  par Michael Hasty (un ancien de la CIA qui sait de quoi il parle).


Verrons-nous un jour une oeuvre dite "de fiction" dévoiler les dessous de cette affaire de manière aussi tranchante et concise que l'a fait le JFK d'Oliver Stone* pour l'assassinat du président Kennedy ? Comme le souligne le mytérieux colonel X du film, la question qu'il faut poser n'est pas "qui ?" ou "comment ?", mais "pourquoi ?"...

* En juillet 2005, Oliver Stone annonce le tournage d'un film sur le 11 septembre avec Nicholas Cage dans le rôle principal. D'après les informations disponibles, il s'agira probablement d'un banal film catastrophe aussi conformiste que "patriotique". Après son reportage "contesté" sur Fidel Castro, Oliver Stone préfère rentrer dans le rang et se consacrer à la glorification de "l'héroïsme américain" face à la "conspiration islamiste". Nobody is perfect...



PERSPECTIVES :

L'alliance de droite est-elle faite pour durer ? Que risque-t-il de se passer si l'une de ses composantes (principalement les néo-cons ou le clan Bush) doit faire face à des difficultés politiques ? Ce sont des questions qu'on est en droit de se poser en juillet 2003, à la vue des débats qui s'instaurent aux Etats-Unis au sujet des mensonges présidentiels sur l'Irak. Ce que le monde entier sait depuis des mois et des années, éclate maintenant au grand jour.

Déclencher une guerre est facile ; la gagner, c'est une autre affaire. Après deux ans et demi de pouvoir sans partage, la junte de Washington a deux "conflits" non terminés sur les bras. La discussion en cours, conséquence de la résistance irakienne et - dans une moindre mesure - de la résistance afghane, oblige les néo-cons à reporter la réalisation de leurs plans qui prévoyaient une troisième guerre immédiatement après la campagne d'Irak.


Comme au baseball :

If they don't win it's a shame
For it's one, two, three strikes, you're out
At the old ball game


( Take Me Out To The Ball Game - chanson de la septième manche - hymne des fervents de baseball )

Au baseball, l'homme au bâton (attaquant) doit frapper la balle que lui envoie le lanceur de l'équipe adverse et la renvoyer le plus loin possible, afin de pouvoir courir vers le premier but avant qu'un défenseur ayant récupéré cette balle n'y parvienne lui-même. Si le frappeur rate la balle, il y a prise (strike). Au bout de trois prises, il y a retrait du frappeur (il est out). Le lanceur ne peut lui-même marquer de points, mais il peut - et doit - empêcher le frappeur adverse d'atteindre le premier but ou d'aller plus loin encore, de boucler un circuit (réussir un home run), de marquer.

Comme tout le monde aux USA, George Bush a joué au baseball. Il a même été patron d'un club de ligue majeure. Il est donc parfaitement conscient du fait que sa situation politique de l'été 2003 s'apparente à celle du frappeur aux abois. Le lanceur islamique au visage changeant (tantôt Ben Laden, tantôt taliban, tantôt Saddam) vient de lui infliger deux strikes (que l'on pourrait aussi traduire par coups s'il n'était pas question de baseball). Bush ne peut se permettre d'en encaisser un troisième. Il hésite : si le lanceur, qui prendra cette fois l'aspect d'un Iranien, d'un Syrien ou d'un Coréen, réussit son lancer, c'en est fait du pauvre Texan. Plus de possibilité de marquer, du moins pas au cours de cette manche, plus tard peut-être. Honte à lui s'il perd.

Mais contrairement au frappeur du ball game, Bush sait que dans ce war game, c'est lui qui décide du moment où le lanceur va lui envoyer la balle. Il a donc la possibilité de gagner du temps, de retarder le moment fatidique - du moins tant que les spectateurs restent tranquilles sur les gradins. Bush doit faire quelque chose, il ne peut interrompre le jeu. Il peut, par contre, demander à ses fans de canarder le lanceur, histoire de le gêner un peu. Mais il est évident que les supporteurs de l'autre équipe ne vont pas rester les bras croisés. Et bien que le service d'ordre du stade soit payé par Bush, nul ne peut dire comment tout cela va finir.


Situation inextricable ?

Comment la coalition peut-elle surmonter ce début de crise ?   En utilisant les moyens classiques :

  • Tout mettre sur le dos des services secrets. CIA et FBI constituent d'excellents airbags pour la caste politique. Même George Tenet, le chef de la CIA accepte de prendre à sa charge des "fautes" qu'il n'a pas commises puisqu'il s'agit de décisions purement politiques. C'est la règle du jeu.

    Début 2004, Richard Perle, psychopathe israélo-américain et maître à penser des néo-cons - voir plus haut - trouve l'autocritique de Tenet insuffisante et réclame sa tête à cor et à cri*, alors que c'est lui-même - Perle - qui a manipulé les renseignements de la CIA dans le but de construire un casus belli contre l'Irak. Lire à ce propos un article de Justin Raimondo : Chutzpah. La chutzpah, c'est cet incroyable culot que les Juifs définissent ainsi : par exemple, lorsque quelqu'un qui a tué père et mère, réclame les circonstances atténuantes en tant qu'orphelin...  Richard Perle, lui, pousse la chutzpah à un niveau inconnu jusqu'alors : il ne se contente pas de circonstances atténuantes, il exige son acquittement, le versement d'une pension et la condamnation de ceux qui osent l'accuser.  [Quelques mois plus tard, Perle va plus loin encore et déclare que "l'occupation de l'Irak constitue une grave erreur".]

    * En juin 2004, il semble l'avoir obtenue, puisque Tenet donne sa démission. Mais ne s'agit-il pas d'une opération purement tactique - comme le "départ" de Perle lui-même (voir un peu plus bas) ?

  • Détourner l'attention du public des problèmes de fond en lançant d'interminables débats fictifs : questions oiseuses sur les prétendues livraisons d'uranium du Niger ou sur l'existence ou la non-existence des mythiques armes de destruction massive, rapport bidon sur le 11 septembre, commission d'enquête où les "enquêteurs" ne posent aucun question essentielle sur les attentats et où les criminels de la junte au pouvoir peuvent se produire sans risque d'être contredits... Plus les politiciens et les journalistes parlent pour ne rien dire, et plus le peuple croit qu'il vit en démocratie.

  • Les personnages trop exposés peuvent essayer de se faire oublier en démissionnant pour "raisons personnelles" (comme Ari Fleischer ou George Tenet) ou en faisant semblant de regagner les ténèbres (comme Richard Perle - qui n'y est pas resté très longtemps).

  • Les différents groupes hésitent encore à se rejeter mutuellement la responsabilité de ce qui ne va pas. Après avoir comploté ensemble pendant plus d'une décennie, néo-cons et Bushmen ne peuvent pas tout simplement se montrer du doigt - pas encore.

    Le bloc pro-israélien pourrait très bien se passer de Bush si c'était nécessaire. N'importe quel autre président ferait l'affaire (voir plus bas). Malheureusement pour GWB, la réciproque n'est pas vraie ; personne, aux Etats-Unis, ne peut se permettre de défier le lobby sioniste, à moins de vouloir passer à la trappe.

    Un peu moins d'un an avant l'élection, il semble cependant que l'équipe en place soit trop bien rodée pour songer déjà à une séparation. Il est donc probable que rien d'essentiel ne va changer à court terme. La junte essaiera de gagner du temps et de redorer son blason grâce à des opérations médiatiques, militaires ou non, en Irak ou ailleurs.

  • Et si cela ne suffit pas, on emploiera les grands moyens. Vous avez aimé "9 / 11 - Attack of the Evil" ?   Vous aimerez  "9 / 11 - Part Two" - sortie prévue vers l'automne 2004, ou plus tard...

    Le site russe www.iraqwar.ru, dans un sondage en ligne, résume bien la situation en demandant à ses lecteurs contre qui sera dirigée la prochaine attaque des USA : Syrie, Iran, Corée du Nord, Serbie, Russie, Chine, Mongolie ou New Jersey ?  Un attentat terroriste "d'Al-Qaïda" contre une centrale nucléaire américaine, contre Disneyland ou - pourquoi pas - contre des cibles européennes, mettrait fin instantanément à toutes les discussions et réduirait au silence tous les critiques. D'ailleurs, le général Tommy Franks nous prévient. Ce qu'il dit ici d'un futur régime militaire se lit moins comme une menace que comme un programme. Quelques jours plus tard, pour souligner cet avertissement, un responsable anonyme du "contre-terrorisme" américain confirme qu'il se prépare une attaque semblable à celle du World Trade Center - détails.

    Parallèlement, un certain Jarret B. Wollstein (un parmi d'autres) profite habilement de la situation pour vendre à ses compatriotes, au prix de 97 dollars, un manuel intitulé Surviving Terrorism. Au-delà de l'arnaque et de l'exploitation du sentiment de crainte que constitue la vente de ce livre, on y trouve certains détails propres à donner la chair de poule. Une partie des données de ce scénario catastrophe paraît tout à fait plausible à la lumière de tout ce qui s'est passé depuis les attentats de New York et coïncide probablement avec ce que les comploteurs ont prévu : loi martiale, arrestations arbitraires, internements de durée indéterminée, quarantaine sanitaire, réquisitions, perquisitions, confiscations, interruption des liaisons aériennes, barrages routiers, interdictions de circuler, couvre-feu, coupures de courant, rationnement, effondrement du système bancaire et financier, faillites en série, etc...

    Et début janvier 2004, William Safire, un journaliste du New York Times assez proche des comploteurs, "prédit" pour octobre une "surprise" propre à affecter les élections : une attaque terroriste majeure aux USA - détails. Quatre mois plus tard, le ministre de la "Justice" et le chef du FBI, dans une conférence de presse, insistent lourdement sur le "danger imminent" - un nouveau signe annonciateur du mauvais coup qu'ils préparent ?  Lire ici : Sowing panic to prepare a provocation.

    Les attentats d'Istanbul (novembre 2003) donnent une petite idée de ce que serait alors une "reprise en mains" sérieuse de l'opinion hésitante. Politiciens et journalistes, un peu désemparés par les obstacles que rencontre la junte Bush depuis plusieurs mois, retrouvent en l'espace de quelques heures leur forme du 11 septembre 2001 et sombrent avec enthousiasme dans l'hystérie collective. Partout, il n'est plus question que de "lutte contre le terrorisme international" et d'alignement inconditionnel sur Washington. Envolés, tous les doutes : Bush, Blair et Sharon redeviennent enfin les exemples à suivre.  Avons-nous affaire à une répétition générale destinée à tester les réactions du public ? Si tel était le cas, le test est probant.

    Le carnage de Madrid (mars 2004) va plus loin encore. Imputé à l'ETA (et à Al-Qaïda), il a non seulement pour but d'isoler définitivement l'organisation basque et de redorer le blason de la droite espagnole à trois jours des élections. Il vise aussi à porter aussi un coup au mouvement pacifiste : si l'on voit encore 2.000.000 de personnes défiler dans les rues de Madrid, comme un an plus tôt, ce sera moins pour dire non à la guerre américaine que pour dénoncer "le terrorisme". [Les deux premiers objectifs n'ont pas été atteints, au contraire. Le troisième ne l'a été que partiellement.]

    L'effet politique et médiatique des bombes d'Istanbul n'a duré que quelques jours ; celui des bombes de Madrid pourrait être plus profond ; et quand viendra le "jour J" (l'attentat des attentats), il sera trop tard pour revenir en arrière.

  • Mais comme on n'est jamais certain de ce qui peut arriver, même lorsqu'on tire soi-même les ficelles (et qu'on organise soi-même les attentats), il faut penser à tout. Une des variantes possibles en cas de nouvelles difficultés pourrait consister à étendre la coalition à certains démocrates sans pour autant tout à fait exclure le clan Bush. La candidature de Wesley Clark, ancien général et criminel de guerre, a probablement constitué un premier pas dans cette direction.

    Le journaliste américain Wayne Madsen considère que Clark et Lieberman (autre candidat démocrate pour 2004 et candidat "malheureux" à la vice-présidence en 2000) sont bel et bien des atouts aux mains du parti de la guerre et des néo-cons. Avec un président Clark, que beaucoup d'Américains - y compris Michael Moore - considèrent à tort comme un "pacifiste", l'union sacrée serait parfaite et l'alternance purement fictive.

    Toutefois, en février 2004, les deux "républicrates" préférés de la junte au pouvoir doivent renoncer à leur candidature à la présidence, faute de soutien dans leur propre camp. Wesley Clark se rallie alors au candidat John Kerry, qui a toutes les chances de remporter les primaires démocrates. Qui se ressemble s'assemble... Kerry est présenté comme un "héros" de la guerre du Viêt-Nam et serait tout à fait apte à poursuivre (avec ou sans vice-président Clark) la réalisation du programme des néo-cons en cas de défaillance sérieuse de George Bush.

    Avec Kerry à la Maison Blanche, la guerre "contre le terrorisme" ne cesserait pas - le candidat l'a dit on ne peut plus clairement.* Mais au lieu de faire cavalier seul, ou presque, les Etats-Unis rassembleraient autour d'eux une véritable coalition, reprenant ainsi le scénario déjà suivi en 1991 (guerre du Golfe), en 1999 (Yougoslavie) et en 2001 (Afghanistan). Des pays comme la France et l'Allemagne mettraient enfin à la disposition de leur maître américain les troupes et les dizaines de milliards dont il a besoin - le tout au nom de l'ONU et de l'aide "humanitaire". Et l'on pourrait bien tranquillement se consacrer aux autres "Etats voyous de l'axe du Mal", pour le plus grand bien des extrémistes israélo-américains et de l'oligarchie. Kerry est d'ailleurs un grand ami d'Israël ; il s'est même récemment "découvert" des racines juives, bien qu'il soit catholique et irlandais comme Kennedy. Il a aussi un cousin français (l'écologiste professionnel Brice Lalonde) et parle, paraît-il, plusieurs langues étrangères.

    La fortune personnelle du nouveau JFK (John Forbes Kerry) se monte à plus de 500 millions de dollars. Il possède aux USA cinq maisons ou propriétés** d'une valeur totale de 35 millions, plus des biens immobiliers à l'étranger. Sa femme, d'abord mariée à John Heinz, le roi du ketchup, a hérité une jolie fortune à la mort de celui-ci. (Le ketchup, ça marche très fort aux Etats-Unis, surtout depuis que le président Ronald Reagan - le diable ait son âme - a décrété qu'il s'agissait d'un légume, donc d'un aliment naturel, excellent pour la santé.)

    * Lire à ce propos un document du Progressive Policy Institute, un think tank du Parti démocrate. Dans ses grandes lignes ce programme semble avoir été écrit par des néo-cons ; il prouve à quel point John Kerry est intégrable au projet de ceux-ci...  Le pseudo-pacifiste Kerry ne se contente pas de réclamer la poursuite de l'agression impérialiste en Irak ; en mars 2004, il proteste lorsque le nouveau premier ministre espagnol annonce le retrait de ses troupes.  Lire également : Si c'est la guerre que vous voulez, votez Kerry par John Laughland.

    ** Une maison à Beacon Hill, le centre historique de Boston ; une autre à Georgetown, la banlieue huppée de Washington ; une propriété à la campagne, en Pennsylvanie (36 hectares) ; une maison de vacances à Nantucket, l'île de l'aristocratie financière, au large de Cape Cod (Massachusetts) ; et une résidence d'hiver dans l'Idaho.  Rien que de très normal, en somme, il faut bien avoir un toit... Et puis aussi un petit pied-à terre dans la capitale quand on vient y travailler. Et lorsque, pour se détendre, on s'offre un peu d'équitation, de voile ou de ski, il faut bien dormir quelque part, non ?...


    En politique intérieure, rien ne changerait non plus. Il ne faut pas attendre de Kerry qu'il abroge les lois liberticides, puisqu'il les a lui-même votées avec enthousiasme. Quant aux promesses démagogiques faites "aux couches défavorisées", on sait que de telles promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient (comme disait Charles Pasqua).

    Bush et Kerry, c'est bonnet blanc et blanc bonnet - ou plutôt bonnet d'âne et blanc bonnet, car finalement, la seule différence visible entre les deux hommes se situe au niveau du quotient intellectuel, deux fois plus élevé chez le sénateur du Massachusetts que chez l'abruti du Texas.

    Quoi qu'il arrive, le "vainqueur" des élections de novembre 2004 ne sera pas choisi par les citoyens américains, mais par les comploteurs qui dominent le pays et qui ont le pouvoir de contrôler à la fois l'issue du vote électronique et la politique du gouvernement quel qu'il soit.

    Tout le reste n'est que pur spectacle...


    L'équation électorale de novembre 2004.



L'HEURE DE JOHN KERRY ?

Début mai 2004, six mois avant l'élection, éclate le scandale d'Abou-Ghraïb. L'opinion publique découvre la torture et les sévices infligés par les forces d'occupation américaines (et britanniques) aux prisonniers irakiens, à Bagdad et ailleurs.

Bien entendu, on sait depuis longtemps que les "libérateurs" massacrent et maltraitent quotidiennement des Irakiens, mais comme dans le cas du 11 septembre, une vérité non officielle n'en est pas une ; c'est tout au plus une "théorie conspirationniste".

Chose étrange, à l'origine de ce "scoop" journalistique, on ne trouve ni Al-Jazeera, ni un quelconque petit journal américain de province aux intentions suicidaires, mais la grande chaîne de télévision CBS. CBS appartient au groupe Westinghouse, une "valeur sûre" de l'oligarchie et un des profiteurs de la situation actuelle. Les "révélations" de CBS ne peuvent donc pas être le fruit du hasard, et on est en droit de se demander dans quel but elles ont été faites.

Est-ce parce que les échecs militaires et moraux essuyés en Irak, notamment à Falloudja, ont conduit les décideurs et autres organisateurs du complot permanent, à opérer progressivement le rééquilibrage que nous évoquions plus haut ? A-t-on voulu, en crevant l'abcès, discréditer davantage le clan Bush - ou du moins l'actuel "président" - et préparer le public à un changement déjà décidé en haut lieu ?

Abou-Ghraïb pourrait constituer le premier pas en vue du remplacement du crétin texan par John Kerry - l'homme qui ne veut pas la fin de la guerre mais une guerre plus efficace.

Un autre incident, survenu lui aussi début mai 2004, semblerait confirmer l'intention d'écarter le clan Bush. Le cinéaste Michael Moore (connu pour ses positions anti-Bush et partisan de John Kerry, après avoir soutenu Wesley Clark) vient de terminer le tournage de son fim Fahrenheit 911, film qui traite notamment des liens financiers et amicaux qui unissent depuis longtemps les familles Bush et Ben Laden. Ce film, qui est présenté dix jours plus tard au festival de Cannes et y remporte la Palme d'Or, a été produit par Miramax, une filiale de Disney - encore une "valeur sûre" de l'oligarchie (et du lobby sioniste). Or, il se trouve que Miramax, après avoir produit le film, refuse maintenant de le distribuer en Amérique du Nord. Motif invoqué : des pressions exercées par Jeb Bush, gouverneur de Floride et frère du "président" ; Jeb Bush aurait menacé Disney de supprimer certains avantages fiscaux dont le groupe bénéficie en Floride, au cas où le film serait distribué par Miramax.

Bien sûr, en s'engageant un an plus tôt, Michael Moore, et surtout Miramax et Disney étaient parfaitement au courant de la situation.* On peut donc se poser la question : que cache ce brusque revirement ? S'agit-il en fait d'une attaque à peine déguisée contre le clan Bush, destinée à affaiblir sa position au sein de la coalition des comploteurs et à préparer l'entrée en force de John Kerry ?

* Cette affaire semble d'autant plus étrange, que quelques semaines tard, les frères Harvey et Bob Weinstein, qui dirigent Miramax, rachètent bien tranquillement les droits et annoncent que c'est une entreprise qu'ils viennent de créer qui distribuera le film aux USA.

A propos du film de Michael Moore : Fahrenheit 911

Comme pour accompagner cette opération, un autre pilier journalistique de la coalition des conspirateurs, le New York Times, n'hésite pas en mai 2004 à "révéler" aux Américains (ils étaient bien les seuls à l'ignorer) que "les Européens aiment George Bush encore moins qu'avant" et que "la véhémence du sentiment anti-Bush nuit à la cause américaine". Comme il se doit, tous les autres médias vont se lancer dans la brèche.

Quand CBS, Disney et le Times montent au créneau, c'est le signe que quelque chose d'important est en cours. Ce qui se joue sous nos yeux pourrait bien être le "gambit du moron texan".

Il va sans dire, cependant, que tous ces affrontements déclenchés en coulisse sont menés de façon tout à fait courtoise. Il n'est pas question de procéder à une éviction brutale qui risquerait de provoquer le contraire de l'effet recherché. On a l'impression que George Bush et sa clique ont eu leur chance, mais qu'ils n'ont pas su l'utiliser. Tant pis pour eux, donc : ils devront - peut-être - renoncer à la Maison Blanche et se contenter de jouer à l'avenir un rôle moins prestigieux.

Mais nous restons là au niveau des suppositions. A six mois du scrutin, il est encore difficile d'y voir clair. Parmi les différentes alternatives qui s'offrent aux comploteurs, nul ne sait laquelle sera finalement choisie.

Quoi qu'il en soit, en mai 2004, le spectacle pré-électoral relancé par l'affaire d'Abou-Ghraïb, renforce hélas l'illusion que la presse américaine fait son travail et que la démocratie fonctionne encore. Le réveil - si réveil il y a - risque d'être douloureux...


Début juillet 2004, John Kerry, conformément aux "conseils" de ceux qui le sponsorisent, choisit son vice-président : le sénateur John Edwards. Celui-ci, également multimillionnaire, est encore plus soumis aux volontés du lobby sioniste que Kerry lui-même. Dès 2001, il réclamait la guerre contre l'Irak, déclarant à qui voulait l'entendre que Saddam Hussein représentait un "danger mortel pour Israël".

Les néo-cons ont à présent le contrôle des deux grands partis américains. Il ne leur reste plus qu'à faire leur choix... ou à mettre fin à une concurrence de façade.

L'exemple le plus subtil de ce "double jeu" est fourni par le milliardaire juif américain George Soros* - lire ici : Le Père Noël de John Kerry est-il une ordure ?  par Jacques Bouchard (Le Couac, Montréal). Soros, après avoir détruit les économies est-européennes dans les années 1990, soutient Kerry contre Bush et joue à l'homme "de gauche". S'il refuse l'étiquette de néo-con, c'est parce qu'il est en avance sur ces gens. Un peu visionnaire, il se doute que ses semblables ne pourront pas tabler éternellement sur les seuls Etats-Unis. Son agenda va bien au-delà, il préconise déjà le "gouvernement universel" sans centre de gravité bien défini. Comme quoi un complot peut en cacher un autre...

* En novembre 2004, trois semaines après la "réélection" truquée de George Bush (voir plus bas), Soros semble tout à fait réconcilié avec l'imposteur texan : au lieu de contester le vote américain, il préfère dénoncer la "fraude électorale ukrainienne" et met son argent, son influence et les moyens matériels dont il dispose sur place, au service du putsch "démocratique" organisé à Kiev par les agents de Washington et de Tel Aviv - détails.

Le Réseau Voltaire écrit à propos de cette action subversive : "Pour changer le régime en Ukraine, la CIA a commandé des sondages sortie des urnes qu'elle a présentés comme certains avant même le dépouillement. Elle a dépêché un millier d'observateurs, recrutés par l'entremise d'associations d'Europe centrale, pour crier à la falsification du scrutin. Enfin, elle a salarié des milliers de cadres de l'opposition et les a formés aux manifestations de rue. La révolution la plus riche du monde a été conçue comme un spectacle pour télévisions occidentales."

Dès que le putsch a réussi, Soros veille à ce que des personnes "de confiance" s'installent aux postes-clés : Yevgeni Tchervonenko, multimillionnaire israélien devenu ministre "ukrainien" de la communication, va mettre au pas les "antisémites" et instaurer une "liberté de la presse" homologuée Bush-Sharon ; Piotr Porochenko, juif sioniste lui aussi et propriétaire d'un empire médiatique, devient ministre de la "Sécurité" et de la "Défense", un secteur dont il ignore tout, mais peu importe, avec l'aide de ses amis, tout ira pour le mieux ; Julia Timochenko, également d'origine juive et milliardaire, est placée à la tête du gouvernement pour bien marquer l'hostilité du nouveau régime de Kiev face à la Russie, où Timochenko est poursuivie pour fraude et corruption ; enfin on apprend que le Russe Berezovski, autre milliardaire juif sioniste titulaire d'un passeport israélien, vient de s'installer en Ukraine, d'où il va prochainement coordonner une campagne antirusse.

[Mars 2005 : en collaboration avec ses "adversaires" de la junte Bush, George Soros récidive au Kirghizstan. Peu avant le putsch "démocratique", des milliers d'"opposants" professionnels aguerris en Géorgie et en Ukraine sont à pied d'oeuvre à Bichkek. D'autres opérations "Rent a Revolution" sont prévues sous peu au Kazakhstan, au Turkménistan et en Biélorussie. Le calendrier exact est encore confidentiel.

Un an plus tard, en Biélorussie, les "opposants" payés par la Soros Foundation tentent de reprendre le scénario ukrainien. Ils contestent la régularité de l'élection présidentielle - pourtant infiniment plus régulière qu'aux Etats-Unis. Si le président Loukatchenko est si populaire à Minsk, c'est que, contrairement aux autres pays "réformés", la Biélorussie n'a pas été livrée aux prédateurs étrangers à la Soros. Le secteur public existe encore et fait tourner l'économie, le taux de chômage est faible, l'Etat résiste à la mondialisation : un intolérable scandale en l'an VI de l'ère Bush.]




Vous en avez marre de George Bush et de ses sales guerres ?...
Vous êtes pacifiste ?...
Parfait.

Moi aussi, je suis pacifiste...  A la fin des années 60, j'ai activement contribué à pacifier le Viêt-Nam
(en tuant le plus possible de paysans vietnamiens - lisez ici un compte rendu de mes exploits).
Votez pour moi, vous ne serez pas déçus.
Des guerres, vous en verrez, je vous le promets, et elles seront toutes plus pacifiantes les unes que les autres...
(Si vous ne votez pas pour moi, ce n'est pas grave : mes potes israélicains m'ont promis de me faire gagner.*)
P.S. : Si vous avez entre 18 et 65 ans, entraînez-vous à faire le salut militaire ; vous allez bientôt en avoir besoin.

* Hélas, ils ne tiennent pas toujours parole. Mais on ne peut pas leur en vouloir - ce serait antisémite...




Signes avant-coureurs d'une catastrophe proche ?

Rogue Bush Backers prepare Super 9/11 False Flag Terror Attacks
par Webster Griffin Tarpley, historien et journaliste américain (début juin 2004).

Du même auteur : Le régime prépare-t-il un report des élections de novembre ? (début juillet 2004).

Coup d'Etat in America ?  par Michel Chossudovsky (mi-juillet 2004).

[Entre-temps, les élections ont bien eu lieu ; il n'a pas été nécessaire de les "reporter", puisque Kerry a joué le jeu des fraudeurs - voir plus bas. Mais toutes les autres menaces demeurent. Les Etats-Unis et le reste du monde ne perdent sans doute rien pour attendre.]


Au coeur du pays "le plus libre du monde" :

New York - Wall Street - Août 2004


  P
L = ────
  N × S

(Formule de Bush-Kerry)
L  est le degré de liberté régnant dans un espace donné
P  le nombre de personnes se trouvant dans l'espace en question
N  le nombre de drapeaux américains visibles à l'oeil nu
S  la surface en pouces carrés du drapeau le plus grand

Important : la division par zéro étant interdite par le PATRIOT Act, il en résulte que tout espace,
quel qu'il soit, doit contenir au moins une bannière étoilée.



"RÉÉLECTION"

" Il y a peu de chances qu'on
Détrône le roi des cons
"
(Georges Brassens avait raison...)

La farce électorale du 2 novembre 2004 met fin aux spéculations. Le psychopathe texan est "réélu" pour quatre ans, les conspirateurs qui contrôlent le vote électronique ayant finalement choisi de reprendre le même au lieu de le remplacer par son "concurrent". Ce dernier, plus conciliant encore que son prédécesseur Al Gore en novembre 2000, concède aussitôt la victoire à "son président". La chose devait être prévue depuis un certain temps, mais ne devient évidente que maintenant. Pourquoi les décideurs ont rejeté Kerry, qui semblait pourtant plus apte à réconcilier les Etats-Unis avec le monde extérieur, restera sans doute un mystère. Les luttes internes entre les différents groupes de comploteurs ont probablement été plus intenses et plus complexes qu'il n'y paraît.

Si l'on en croit les médias, le taux de participation ("55 %") aurait été supérieur à celui de 2000. On aurait pu aussi bien le fixer à 64 ou à 87 % - un clic suffisait. Les journalistes, bien entendu, passent sous silence la méga-manipulation du vote en ligne. Les "experts" français n'hésitent à parler de "dépouillement des bulletins" - comme si les bulletins n'avaient pas été supprimés dans cinq bureaux sur six, et comme s'il y avait encore un dépouillement...

L'incident suivant donne une petite idée du mode de fonctionnement des "machines à voter" fournies par ES&S : en Floride, dans le comté de Broward, au nord de Miami, les électeurs étaient aussi appelés à se prononcer par référendum sur l'installation de machines à sous de style Las Vegas dans les hippodromes et cynodromes locaux. Cet "amendement no 4" favorable à la mafia cubaine qui contrôle les courses de chevaux et de lévriers, devait passer coûte que coûte. Le soir du 2 novembre, c'était pratiquement chose faite (taux d'approbation de 94 %), lorsque quelqu'un eut la mauvaise idée de vendre la mèche et de dévoiler la méthode utilisée. Pour obtenir un score aussi brillant, on programme le comptage des voix hostiles au projet de telle manière que le total ne dépasse jamais un plafond donné, par exemple 32.500. Dès que 32.500 électeurs se sont prononcés pour le non, tous les autres votes négatifs sont déduits du total au lieu d'être additionnés. C'est simple, c'est génial, il suffisait d'y penser. Les journalistes du Miami Herald qui relatent l'épisode font des pieds et des mains pour minimiser l'affaire et rendent un "bogue" responsable de cette "méprise" : Gambling vote glitch mars tally (Une erreur dans le vote sur le jeu fausse le décompte).

De très nombreux autres cas de fraude ("erreurs de comptage") ont été signalés un peu partout aux Etats-Unis. Ainsi par exemple, dans un bureau de vote du comté de Franklin, dans l'Ohio, Bush a obtenu 4.258 voix, contre 260 à son "rival", alors qu'il n'y avait en tout que 638 votants - détails.  Mais la fraude la plus simple et la plus économique consiste bien sûr à ne rien "compter" du tout et à sortir du chapeau des "résultats" entièrement préfabriqués.

Se demander, comme le fait le Daily Mirror britannique, comment 59.054.087 Américains ont pu être assez stupides pour voter Bush, revient à prendre pour argent comptant les résultats fantaisistes publiés par la Maison Blanche, donc à cimenter le mythe des "élections libres". En fait, personne ne saura jamais si le nombre exact des "dumb people" ne s'élève pas plutôt à 44.122.752 ou à 39.734.088. Mais il serait sans doute plus légitime de dire qu'il dépasse les 200 millions, car il est aussi stupide de penser que "Bush a volé l'élection à Kerry", que de croire que le "président" a été réélu (que l'on ait voté pour lui ou pour un autre, ou que l'on se soit abstenu). Les bushistes n'ont rien "volé" à leurs adversaires, qui n'en étaient pas. En réalité, on a bien gentiment réparti les voix entre complices.

(Un écho lointain de la présidentielle : Vous ne vouliez donc pas devenir président ? - septembre 2007)

Commenter davantage ces prétendus résultats ou s'attarder plus longtemps sur tel ou tel aspect du scrutin-spectacle n'a donc aucun sens. Ce 2 novembre, avec l'aide des dirigeants démocrates, les Etats-Unis sont irrémédiablement entrés dans l'ère du parti unique. On notera peut-être un jour que les dernières élections (relativement) libres ont eu lieu en 1996 (vainqueur : Bill Clinton).

Avec la "réélection" de leur candidat, les comploteurs peuvent en toute tranquillité passer à l'étape suivante de leur agenda. Sans attendre la cérémonie d'investiture (qui se tiendra cette fois à l'abri des manifestations hostiles), les gangsters de Washington esquissent leur programme à court terme : guerre contre l'Iran, "mesures" contre Cuba, la Birmanie, la Biélorussie et le Zimbabwe.  Commentaire du président cubain Fidel Castro, quelques jours plus tard : "Bush est un dérangé."  Quelqu'un en doutait-il encore ?...

Pour donner le change et montrer qu'elle existe, l'aile démocrate du parti unique (John Kerry, Howard Dean) "reproche" alors au "président" son "manque de fermeté dans l'affaire iranienne".  Kerry se distingue également en expliquant la véritable raison de sa défaite électorale : c'est à cause de Ben Laden (ou plutôt d'une bande vidéo que le croque-mitaine préféré des Américains aurait rendue publique peu avant le "vote"). On voit que Bush n'est pas le seul "dérangé".

Début février 2005, le discours "présidentiel" sur l'état de l'Union, dont la partie "politique étrangère" porte plus que jamais l'estampille israélienne, prouve que le Congrès des Etats-Unis est devenu un cirque Barnum en beaucoup plus mauvais.


PARTI UNIQUE

Si quelqu'un doutait encore de la réalité du parti unique aux Etats-Unis, la chose n'est plus possible depuis le 17 mai 2005.

Ce jour-là, à Washington, se réunit une commission du Sénat chargée "d'enquêter" sur la prétendue collusion de certains hommes politiques occidentaux avec le régime de Saddam Hussein (ils auraient reçu de l'argent du méchant dictateur). Parmi les "accusés" on compte notamment l'ancien ministre français Charles Pasqua et le député britannique George Galloway. C'est le néo-con israélo-américain Richard Perle qui a lancé cette calomnie dans les journaux du groupe Hollinger dont il est le patron.

George Galloway n'a pas froid aux yeux. Député du parti travailliste de Tony Blair, il est contre l'agression anglo-américaine en Irak, ce qui lui vaut l'exclusion du Labour. Début mai 2005, il se représente aux élections générales - en tant que candidat indépendant - et l'emporte haut la main dans sa circonscription de l'East End londonien.

Quinze jours plus tard, il descend dans la fosse aux lions sénatoriale - de son propre gré, bien entendu, car il n'existe pas encore de loi obligeant un député britannique à comparaître devant une commission américaine.

Ce qui s'annonçait comme un procès à la Kafka, devient rapidement un réquisitoire contre les fauteurs de guerre ; "l'accusé" devient accusateur.

Mais le plus intéressant dans cette affaire, ce n'est pas tant que Galloway n'ait fait qu'une bouchée de ses détracteurs. Le plus intéressant, c'est la composition de la fameuse commission. Au lieu des treize sénateurs prévus, deux seulement étaient présents : Norm Coleman (censé représenter les Républicains du Minnesota) et Carl Levin (prétendant parler au nom des Démocrates du Michigan). En fait, les deux hommes, que rien - strictement rien - ne sépare politiquement, sont avant tout les représentants et les porte-parole de l'Etat d'Israël qu'ils soutiennent de toutes leurs forces en tant que Juifs farouchement sionistes. Ce n'est certainement pas par hasard qu'on les a choisis pour siéger dans cette "commission".

On en est là en mai 2005, aux Etats-Unis...  Ne serait-il pas plus rationnel de fusionner purement et simplement ces deux partis qui n'en font plus qu'un, et de leur trouver un nom plus approprié, par exemple : Parti Israélicain de la Guerre Sioniste (PIGS) ?

On pourrait ainsi mettre au rancart
l'âne démocrate et l'éléphant républicain
(ils datent du 19ème siècle)


et les remplacer par une mascotte
plus conforme à l'esprit des temps nouveaux :

" We don't need no more discussions..."



ÉTAPE SUIVANTE

Indéniablement, les instigateurs du projet du siècle semblent s'essouffler un peu depuis quelque temps. De toute évidence, il est cent fois plus simple de manipuler une élection que de convaincre les esprits de la "nécessité" de la prochaine guerre. Les contingences matérielles reprennent vite le dessus lorsqu'un petit pays comme l'Irak refuse de respecter le scénario.

Ce qui ne signifie pas, bien sûr, que les perspectives de nouvelles aventures militaires en Iran, en Syrie, en Corée du Nord, au Venezuela ou ailleurs aient été abandonnées. Au contraire, on peut faire confiance aux comploteurs : en dépit des obstacles apparents, ils travaillent en coulisse à la réalisation de la suite du programme.

Tandis que la presse clonée nous abreuve de pseudo-affaires (comme l'inculpation bidon du néo-con Lewis Libby) ou insiste lourdement sur la "baisse de popularité du président", la militarisation de la politique se poursuit et se renforce.

Il est fort probable que l'étape suivante visera à l'établissement de la loi martiale sous couvert d'une catastrophe "naturelle" de type ouragan Katrina ou grippe aviaire, ou à la faveur d'une nouvelle "attaque al-qaïdesque". Plus de 600 camps de concentration ont déjà été construits aux Etats-Unis, tous pleinement opérationnels et prêts à recevoir jusqu'à 20.000 prisonniers chacun - détails.

En attendant le jour J, on attise les ressentiments antiarabes et antimusulmans dans le monde occidental. Les émeutes des banlieues en France ou l'affaire des caricatures de Mahomet au Danemark et dans toute l'Europe ne sont que deux exemples que chacun connaît mais qui en cachent bien d'autres. Le procédé est toujours le même : on lance une provocation qui suscite la colère légitime des intéressés, on veille à ce que les réactions spontanées de la première heure se prolongent indéfiniment, prennent un tour professionnel et dégénèrent jusqu'à se retourner contre les protestataires. On peut ensuite montrer du doigt les prétendus "responsables". Et lorsque la prochaine bombe explosera, la population "saura" automatiquement qui sont les "terroristes". La prophétie autoréalisante du "choc des civilisations" à la Huntington est en cours de réalisation.

En juillet-août 2006, un nouveau pas semble avoir été franchi avec l'agression israélienne contre le Liban et les conspirations islamistes imaginaires qui l'accompagnent, en Angleterre, en Allemagne et ailleurs. On a l'impression d'être à la veille de la grande déflagration que les vrais conspirateurs préparent depuis si longtemps.

Un an plus tard, cependant, toujours rien. De toute évidence, des contradictions internes paralysent le camp des comploteurs, et le réalisme paraît l'emporter - provisoirement - sur la folie belliqueuse de l'aventurisme néo-con. Thierry Meyssan, du Réseau Voltaire, estime que Washington a décrété un an de trêve globale. Si cette appréciation est exacte, la junte Bush aurait fait son temps : on a peine à le croire.

Quoi qu'il en soit, en janvier 2008, on prépare la relève ; le casting est ouvert :

     
Clinton, Obama, Edwards, Giuliani, McCain, Romney.
PIGS-D ou PIGS-R ?   Un choix difficile pour les organisateurs du vote électronique.

[Edwards et Giuliani sont éliminés début février. Motif : engagement insuffisant, pas de drapeau israélien sur la photo officielle. Romney ne tarde pas à les rejoindre. Pas étonnant, il s'était permis d'insister lourdement sur les racines chrétiennes de l'Amérique - pas judéo-chrétiennes, non, chrétiennes tout court : la gaffe qui ne pardonne pas...]

On ne le lui fait pas dire :  And now the Jewish primary begins...  - Raphael J. Sonenshein (du Jewish Journal) lâche le morceau.

Comment truquer les primaires, "ce grand show visant à accréditer l'idée que les États-Unis sont une démocratie" (Réseau Voltaire). En 2008, la fraude électorale commence très tôt.

Le 5 mars 2008, quelques jours après qu'un massacre israélien ait coûté la vie à 120 habitants de Gaza, dont de nombreux enfants, la Chambre des Représentants (alias American Knesset, alias Territoire occupé de Washington DC) adopte une résolution soutenant l'Etat terroriste juif et condamnant la résistance palestinienne. 401 PIGS votent pour (Démocrates et Républicains réunis). Un seul député vote contre : le Républicain Ron Paul, candidat à la présidentielle, devancé dans les primaires par John McCain (alias McAipac). A 72 ans, le patriote américain Ron Paul n'a plus rien à perdre.

Un show anti-démocratique - entretien avec Thierry Meyssan sur le processus électoral aux États-Unis : Star Academy (American Idol) + fraude électronique + longue tradition remontant à Hamilton (un des pères de la Constitution).

Meyssan pense que l'oligarchie a fixé son choix sur Obama. Mais comme le camp des comploteurs, entre-temps solidement établi et tout ce qu'il y a de plus mainstream, est loin d'être homogène, l'incertitude devrait demeurer jusqu'au bout.


TRANSITION

Pour la présidentielle 2008, et sauf suprise de dernière minute, les organisateurs du vote électronique vont proposer aux électeurs impuissants - et au reste du monde - deux candidats aussi exécrables l'un que l'autre.

D'un côté, John McCain, un vieux mythomane que tout le monde prend pour un héros. En quoi consiste son héroïsme ?  En octobre 1967, alors qu'il était en train de bombarder héroïquement Hanoï (c'était sa 23ème "mission"), son avion fut abattu par un missile sol-air de la défense nord-vietnamienne. Après avoir actionné son siège éjectable, il tomba dans un lac, où il se serait noyé, empêtré dans son parachute, si un civil ne s'était porté à son secours. Arrivé sur la terre ferme, le terroriste McCain échappa de justesse à la légitime colère de la population ; son sauveteur réussit à le protéger de la foule qui voulait le lyncher. Au lieu d'être reconnaissant à celui qui lui avait sauvé la vie à deux reprises, McCain inventa une histoire de torture à laquelle les cruels Vietnamiens l'auraient soumis. (Comme les Israéliens, les Américains accusent volontiers leurs victimes des crimes qu'ils commettent eux-mêmes de manière systématique.)

Pendant sa captivité, McNasty (McDégueu), comme l'appelle Doug Valentine, loin d'être un "héros", a au contraire trahi ses maîtres et s'est empressé de collaborer avec ses gardiens. Si son geste avait résulté d'une prise de conscience et d'une condamnation sincère des crimes américains, le comportement aurait été louable. Mais bien entendu, c'est seulement dans l'espoir d'obtenir un meilleur traitement que McCapon a agi de la sorte. En résumé, cet homme est une raclure. Avec lui, c'est comme si Bush en reprenait pour quatre ans.

La guerre du Viêt-Nam

En face, nous avons Barack Obama, un opportuniste sans principes. S'il n'a pas trahi "devant l'ennemi", comme McCain, c'est tout simplement parce qu'il n'en a jamais eu l'occasion, ne connaissant de la guerre et de l'armée américaine que ce qu'en montre Hollywood. Mais cela ne l'empêche pas d'être aussi lâche que son concurrent.

Obama essaie en effet de cacher le fait qu'il a été musulman dans son enfance, en Indonésie. Pas étonnant, puisque la société américaine ultrasionisée considère l'islam come une "maladie honteuse". Avouer qu'on est ou qu'on a été musulman équivaut à un suicide politique.


" Moi, musulman ?...  Mais non,
vous voyez bien que je suis chrétien... 
"

Pour le reste, le "futur premier président noir" est nettement plus malléable que son adversaire. Poussé par les hommes du clan Brzezinski, il tient nécessairement compte de leurs desiderata, sans pour autant négliger les revendications des néo-cons "bushistes". Avec lui, tout le monde serait satisfait : les sionistes fixés sur l'Iran, la Syrie et le Hezbollah, et ceux qui comme Soros, veulent davantage (Russie, Chine). En attendant de pouvoir satisfaire ces derniers (guerres en Ossétie, en Birmanie, au Tibet, au Zimbabwe et ailleurs), Obama a déjà annoncé son intention de relancer l'agression militaire contre l'Afghanistan en l'étendant au Pakistan.

Les hommes derrière Obama ont compris que la diversification des cibles au-delà du Moyen-Orient est mieux à même de rallier les Européens à la "cause" américaine (financement des guerres et envoi de contingents). Mais d'un autre côté, allonger inconsidérément la liste des pays à attaquer, risque de détourner des priorités purement israéliennes - à moins d'opter dès le départ pour une véritable guerre mondiale...

Comment Webster G. Tarpley voit l'avenir avec Obama.

Fin juillet 2008, on a la nette impression que les décideurs privilégient Obama. Ils l'envoient même faire sa campagne électorale dans les colonies européennes. A Berlin, plus de 100.000 idiots viennent l'acclamer comme s'il était déjà le patron de la Maison Blanche. (Ironie du sort, c'est l'avenue où se déroulait il y a quelques années la Love Parade, qu'on a choisie pour ce spectacle. La "parade" en question était d'ailleurs elle aussi considérée comme une "manifestation politique".)

Elections US - Un bon show ne fait pas une démocratie par Thierry Meyssan.


Si vous aviez la maîtrise de la manipulation électorale de novembre 2008, lequel des deux hommes proclameriez-vous vainqueur ?...

ÉLECTRO-NIQUE ÉLECTORALE


Novembre 2008 : Changement de président





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