A l'occasion de la session annuelle de l'Assemblée générale de l'ONU, fin septembre 2007, Mahmoud Ahmadinejad est à New York. Il est invité à l'Université Columbia où il a la possibilité de s'exprimer et de répondre aux questions du public.
Si l'on en croit les médias, c'est un signe évident que les Etats-Unis (contrairement à l'Iran) sont le pays de la liberté d'expression. Ah bon ?...
Si les organisateurs* ont fait venir le président iranien, ce n'est certainement pas pour lui offrir une tribune, mais plutôt dans le but de le ridiculiser et de lui "donner une leçon" - ce qui, malheureusement pour eux, n'a pas marché.
* Spécialement le recteur Lee Bollinger, Juif sioniste comme il se doit.
A quelques jours de distance, on a pu constater que la fameuse "liberté d'expression" américaine fonctionne suivant le principe du "deux poids, deux mesures".
En Floride,
où se produisait John Kerry, les questions désagréables étaient formellement interdites sous peine d'électrochocs. A New York, au contraire, elles étaient tolérées, souhaitées, encouragées. En fait, il n'y avait que cela - la mafia sioniste avait mobilisé ses troupes. Alors qu'en temps normal la police américaine arrête les gens à cause d'un T-shirt ou d'un autocollant anti-Bush, il y avait, à Columbia, des pancartes anti-Ahmadinejad partout et, bien entendu, la police n'en a pas enlevé une seule.
Les gens qui ont reproché à Andrew Meyer, l'étudiant récalcitrant de Gainesville, d'avoir été "impoli" et "agressif", ont applaudi lorsque le président iranien a été couvert d'insultes par ceux qui l'avaient invité. Le fanatique sioniste Bollinger l'a présenté au public comme un "dictateur mesquin et cruel" ("petty* and cruel dictator"), avant de lui lancer : "Vous êtes soit un fieffé provocateur soit incroyablement ignorant... Je doute que vous ayez le courage intellectuel de répondre à nos questions..."
Lesquelles questions, stéréotypées et reprenant les accusations habituelles de la propagande israélo-américaine, se mirent à pleuvoir sur Ahmadinejad : "Pourquoi soutenez-vous le terrorisme ?" , "Pourquoi niez-vous l'Holocauste ?" , "Pourquoi voulez-vous rayer Israël de la carte ?" , "Pourquoi fabriquez-vous des bombes atomiques ?"
* Petty, ça fait plutôt penser à Sar-ko-zee, non ?...
Les enragés sionistes ont fait étalage de leur goujaterie et démontré, une fois de plus, qu'ils sont totalement allergiques aux opinions divergentes et parfaitement incapables de mener une discussion de façon civilisée. On ne dialogue pas avec eux, on leur obéit en silence.*
Qu'on imagine un instant George W. Bush invité à Téhéran et reçu de la même manière, dans le cadre de la liberté d'expression : "Monsieur le terroriste débile et sanguinaire, pourquoi faites-vous massacrer chaque jour des centaines de civils en Irak et en Afghanistan ? Pourquoi refusez-vous de reconnaître les droits les plus élementaires du peuple palestinien ? Pourquoi voulez-vous lancer votre pays dans une guerre 'nuculaire' planifiée par Israël ? Pourquoi invoquez-vous l'holocauste juif à tout bout de champ pour justifier les spoliations et les souffrances infligées aux Palestiniens ? Pourquoi tolérez-vous que le lobby sioniste contrôle la politique de votre pays ? Pourquoi violez-vous constamment les droits de l'homme en Louisiane et au Texas ?..."
* Dans les universités américaines, la chasse aux sorcières bat son plein. Dernière victime de marque :
Norman Finkelstein,
historien juif antisioniste, auteur du livre L'Industrie de l'Holocauste ("There's no business like Shoah business"). Professeur à l'Université catholique DePaul de Chicago (= Saint Vincent de Paul), il a été licencié en août 2007 sur ordre du lobby qui n'existe pas (ou lobby innommable).
La presse, quand elle a publié les réponses d'Ahmadinejad, s'est montrée extrêmement sélective, se gardant bien de faire connaître le texte intégral. CNN - une fois n'est pas coutume - a diffusé de larges extraits sans trop manipuler le contenu.
(Lire
ici ce qu'a dit Ahmadinejad - voir également
ce lien).
En fait, compte tenu de la situation, le président iranien s'en est bien tiré, restant toujours calme et souverain. A l'exception du ballast religieux dont il agrémente ses discours, ses positions sont claires et démentent ses détracteurs sur presque tous les points :
Ahmadinejad a bien montré que l'Iran, loin de soutenir le terrorisme, en est la victime depuis des décennies (assassinat du président, du premier ministre, de 72 députés, de quatre ministres et autres personnalités, sans compter 4.000 Iraniens tués en six mois par des terroristes soutenus par les Etats-Unis). Les autorités américaines ont refusé au président iranien l'accès au "Ground Zero" où il voulait rendre hommage aux victimes du 11 septembre 2001. Les terroristes de la junte Bush, qui ont commis ces atrocités, font comme si elles étaient l'oeuvre d'Ahmadinejad. (Bien sûr, un tel hommage n'a de sens que si l'on nomme les vrais coupables - ce que le visiteur de Téhéran n'aurait certainement pas fait.)
Loin de "nier l'Holocauste", le président iranien ne demande qu'à en discuter. Mais précisément, les Etats-Unis et leurs alliés, sur ordre d'Israël, refusent toute discussion à ce sujet. Dans les pays qui ne cessent d'invoquer la liberté, c'est un tabou absolu qui a valu des poursuites judiciaires et des années de prison à des douzaines de contestataires. (Bien sûr, dans cette discussion sur le génocide juif, Ahmadinejad, pas plus qu'un autre, ne mentionne l'essentiel, à savoir que les nazis ont tué cinq fois plus de non-Juifs que de Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale.)
Ahmadinejad n'a rien contre les Juifs. Les Juifs iraniens, au nombre de 30.000, sont même représentés (surreprésentés) au Parlement de Téhéran, et ne sont certainement pas moins libres que le reste de la population (on ne peut pas en dire autant des non-Juifs d'Israël - ne parlons pas des territoires occupés). Durant son séjour à New York, le président a d'ailleurs rencontré les rabbins antisionistes de Neturei Karta qu'il avait déjà vus à Téhéran en décembre 2006, à la conférence - sionistiquement incorrecte - sur l'Holocauste. Les médias n'ont pas mentionné la rencontre de New York, parce qu'elle ne colle pas avec l'image "antisémite" d'Ahmadinejad telle que la propage le lobby sioniste.
Pour ce qui est du "cruel dictateur" (même argument que celui utilisé contre
Saddam Hussein avant l'invasion de l'Irak), on peut se demander si Bush ou Olmert ne méritent pas davantage ce titre (question purement rhétorique). En ce qui concerne les élections (fétiche de la "démocratie"), que personne ne vienne nous raconter que les scrutins sont plus honnêtes aux Etats-Unis ou en Israël qu'en Iran.
Ahmadinejad ne reconnaît pas le
"droit à l'existence"
de l'Etat raciste juif. Et alors ?... Pourquoi le devrait-il ?... Il propose qu'un référendum démocratique soit organisé dans l'ensemble des territoires concernés, c'est-à-dire Israël + la Cisjordanie + la bande de Gaza, et qu'on s'en remette au verdict populaire. Malheureusement, les pays "démocratiques" comme les USA et Israël ont horreur de ce genre de démocratie réelle ne reposant ni sur des considérations raciales ni sur des contrats fonciers de nature divine. Comme l'ensemble de la Palestine/Israël compte, fin 2007, environ 5,8 millions de Juifs et 5,4 millions d'Arabes*, il est évident que les jours de l'Etat exclusivement juif seraient comptés si l'on suivait Ahmadinejad.
Même si les Arabes sont encore numériquement minoritaires (48 %), un changement à brève échéance serait inévitable. Que ferait un gouvernement démocratique comportant presque autant de ministres arabes que de ministres juifs ? Il mettrait fin à l'apartheid sioniste et à toutes les injustices racistes. Quel malheur, quelle catastrophe !... C'est ce qu'on appelle, à l'Université Columbia et ailleurs, "rayer Israël de la carte". Alors oui, rayons, rayons - et le plus tôt sera le mieux. Les Juifs y perdront quelques privilèges et se sentiront peut-être un peu moins "élus". Mais ils pourront rester sur place s'ils le veulent et conserver leur influence économique (comme les Blancs d'Afrique du Sud après l'abolition de l'apartheid). Ils feront l'apprentissage de la démocratie permanente - une bonne alternative à la guerre permanente - et ne s'en porteront que mieux - le reste du monde aussi.
* Israël + Jérusalem : 7.000.000 d'habitants dont 5.600.000 Juifs (80 %) et 1.400.000 Arabes (20 %). Gaza : 1.500.000 Arabes. Cisjordanie : 2.500.000 Arabes et 200.000 Juifs (colonies). Les sionistes sont parfaitement conscients de ce "problème" démographique. Tant qu'une "solution finale" (expulsion des Arabes ou pire) n'est pas réalisable, seul l'apartheid peut protéger le régime raciste juif des dangers de la démocratisation.
Au sujet du nucléaire, Ahmadinejad rappelle que tous les pays, sans exception, ont le droit de se doter d'une industrie civile. L'Iran l'a fait, comme bien d'autres, et s'est soumis aux contrôles internationaux. Mais comme dans le cas de l'Irak, les pays voyous de l'axe israélo-américain reprochent à l'Iran de vouloir acquérir des armes atomiques, sans apporter la moindre preuve à l'appui de ces accusations. Finalement, il est bien dommage que Téhéran ne dispose pas de telles armes et des missiles correspondants. La dissuasion a très bien fonctionné entre les deux blocs de la guerre froide. Elle fonctionne aussi entre l'Inde et le Pakistan. Pourquoi pas entre l'Iran et l'Etat expansionniste juif ?...
A une question portant sur la "persécution" des homosexuels en Iran, Ahmadinejad répond de manière presque candide : "Il n'y a pas d'homosexuels chez nous..." La presse occidentale en fait des gorges chaudes... A peu près au même moment, un tribunal américain condamne un homme pour polygamie. Imaginons qu'un pays qui encourage cette forme d'union, "persécutée" aux Etats-Unis, pose une question analogue à George Bush et que celui-ci réponde : "Il n'y a pas de polygames chez nous..." Bien sûr, personne ne serait choqué, personne ne ricanerait ; pour une fois tout le monde serait d'accord pour dire que le "président" a fait une réponse intelligente. Eh bien, c'est de la même façon qu'il faut comprendre la phrase d'Ahmadinejad. Il y a, bien sûr, des cas d'homosexualité en Iran, mais ces pratiques y sont interdites et sanctionnées quand elles sont découvertes (comme aux Etats-Unis et en Europe, il y a quelques dizaines d'années). On peut déplorer cette interdiction (surtout quand on est soi-même pratiquant), mais c'est le droit le plus strict du gouvernement de Téhéran de refuser de promouvoir chez lui un
homosexualisme forcené venu de l'extérieur et d'encourager des moeurs sodomistes parfaitement étrangères à la culture et à la morale iraniennes. Faut-il, au nom des "droits de l'homme", reprendre automatiquement tout ce qui vient des Etats-Unis ? Aujourd'hui la pédérastie, demain la pédophilie, l'inceste et le cannibalisme ?... A-t-on le droit de s'opposer à la décadence ?...
Pour diaboliser l'Iran, on confond crimes pédophiles et homosexualité
- un très intéressant article du Réseau Voltaire, qui contribue à dénoncer l'intox et la manipulation israélo-américaine et montre à quel point le lobby "gay" est téléguidé par le parti de la guerre.
Ahmadinejad aurait pu aussi bien déclarer (en anglais ?): "Il n'y a pas d'homophobes chez nous..." Car le concept d'homophobie, inventé vers 1970 par les idéologues de l'homosexualisme américain, est inconnu en persan. Au sens pathologique du terme, une "phobie" est une crainte maladive, excessive et infondée. En inventant le mot homophobie, les adeptes de la pédérastie militante ont voulu se débarrasser du handicap de malades mentaux qui pesait sur eux, pour le reporter sur le reste de la société : les malades, ce sont les gens normaux. En Iran, on a encore le droit de manifester son dégoût pour la pédérastie ; à New York et dans tous les autres bastions de la "liberté" occidentale, on ne l'a plus.
On ne demande à personne d'aimer Ahmadinejad et le régime de Téhéran. La question n'est pas là. Ce qui est en jeu, c'est le droit pour tout Etat souverain de suivre sa propre politique, sans ingérence étrangère, dans la mesure où cette politique ne constitue pas une menace pour les pays voisins. Or, en dépit de ce que prétend la propagande sioniste,
l'Iran ne menace personne. Au contraire, c'est ce pays qui est menacé.
L'Iran mérite notre solidarité - pas nos leçons de morale.