N'en
déplaise aux sirènes bien pensantes qui vont encore une
fois s'offusquer que l'on puisse tenir de tels propos aujourd'hui,
les récents événements confirment ce que j'ai dit précédemment :
j'ai honte
d'être français.
Quel
beau pays que la patrie des droits de l'homme, où une jeune
femme et son bébé peuvent se faire agresser par six
jeunes raclures de banlieue, six mandrins de mes couilles qui se
prennent pour des héros de l'intifada en s'attaquant à
une victime dont ils savent qu'ils n'auront rien à craindre :
une mère de famille et son enfant.
Quel beau pays que le nôtre, où une jeune femme peut se faire
agresser par six salauds, tranquillement, sous l'oeil placide d'une
populace bovine recroquevillée la tête plongée
dans le journal du matin. Elle est là, tous les jours dans les
transports en commun, la France de la non-assistance à personne
en danger. Si l'on en est arrivés là, c'est aussi de
leur faute à tous ces pleutres. Une nation de citoyens qui
regardent ailleurs lorsque l'on viole, c'est une nation de proies
toutes désignées.
Quelle belle nation que la nôtre, où le simple fait de naître
ou de vivre à un endroit précis peut suffire pour
vous désigner à la vindicte imbécile de petites
frappes sans courage. Quel beau pays que la France, où le
simple fait d'être juif vous désigne comme victime
expiatoire de la hargne de toute une nuée de racailles de bas
étage.
Mais que l'on se rassure, notre grand leader charismatique a fait part sur
les ondes de son effroi devant de tels agissements, notre bon
ministre de l'intérieur a mobilisé ses troupes afin que
l'on châtie derechef les ignobles. Et puis quoi ? Une manif des
communistes qui auparavant marchaient la main dans la main avec le
judéophobe Dieudonné, l'indignation polie tout plein de
la toujours mignonne Ségolène, la théorie sans
fin des médiatiques médiatisés qui vendent du
verbe mais qui jamais n'agissent. Et puis quoi ?
Et puis rien, car il y a peu de chances pour que ces zigotos soient
identifiables et identifiés. Et puis, qui a évoqué
le calvaire de la victime ? Un quart d'heure, c'est long, très
long lorsque l'on est molestée, jetée au sol,
dépouillée. On crie, on hurle, on a peur, on supplie,
on appelle à l'aide et personne ne bouge. Les ravisseurs
reviennent, ils ont trouvé leur victime, elle habite le 16ème,
c'est une juive, c'est sûr, là-bas il n'y a que ça.
Pauvres cons, pauvres minables ! Et puis cela recommence, avec
les armes blanches qu'ils ont sur eux, ils se livrent à un
simulacre du rituel de l'épuration, ils lui coupent des mèches
entières de ses cheveux, ils savent qu'ils l'atteignent dans
sa féminité, qu'ils l'humilient. Ensuite, comme personne
ne bouge, ils lacèrent ses vêtements ; dans
les cris et la bousculade, la poussette où se trouve son enfant
bascule, l'enfant tombe, pleure sûrement, mais rien ne les
arrête, surtout pas les cris d'un petit pseudo-juif. Pour
finir, ils sortent les marqueurs qu'ils utilisent pour taguer et
dessinent trois croix gammées sur son ventre, marquant
symboliquement du sceau de l'infamie la matrice d'où est né
l'enfant.
Alors
oui, j'ai honte ! J'ai honte de partager le même sol que ces
raclures, j'ai honte de voir mes compatriotes aussi lâches
devant un spectacle aussi insoutenable que cette horrible agression,
j'ai honte de ce gouvernement qui a fait, depuis des décennies,
de la lèche à tous les pays arabes, stigmatisant
systématiquement un Israël en butte à de
constantes agressions et qui, ce faisant, a laissé croire
que la France était acquise à la cause palestinienne
judéophobe. J'ai honte de ce pays qui figure au top ten des
pays où se déroulent le plus d'actes judéophobes,
j'ai honte de ce gouvernement qui s'évertue à faire
croire que ces chiffres ne sont que balivernes de statisticiens
coupés de la réalité, j'ai honte de cette
justice qui, à force de laxisme, a laissé croire à
ces gouapes qu'elles pouvaient agir en toute impunité.
Et
puis j'ai honte car je pense à toutes ces jeunes femmes,
ces mères de famille qui vont trembler un peu plus maintenant
en empruntant les transports en commun, alors qu'elles ne font que
se rendre au travail ou rentrer chez elles. Enfin, et pour finir,
j'ai honte car personne ne parle de ce que va vivre cette jeune femme
maintenant que l'agression est passée. Personne ne parlera de
ses pleurs silencieux lorsqu'elle verra chaque matin dans la
glace le reflet de sa chevelure mutilée, personne n'évoquera
les cauchemars à répétitions ni la longue
thérapie qu'elle va devoir suivre afin de se libérer de
ces fantômes. Comme beaucoup de victimes elle va se taire, peut-être déménager, et on l'oubliera bien vite, la
tempête médiatique apaisée.
Honte.