UKRAINE - CRIMÉE - DONBASS

- 2014 -

( I )



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Frapper la Russie par Ukraine interposée    18 février - Emeute à Kiev    21 février - Coup d'Etat

27 février - La Crimée réagit    16 mars - Référendum de Crimée    18 mars - Réunification de la Crimée avec la Russie

6 avril - Après la Crimée, le Donbass    11 mai - Référendum d'indépendance à Donetsk et Lougansk

Guerre de Kiev contre le Donbass : le Kremlin a choisi son camp    Poutine assiste impassible à la lente agonie du Donbass

Porochenko assassin - Poutine complice    5 juillet - Chute de Slaviansk    17 juillet - Vol MH17 - Provocation américano-ukrainienne à Grabovo

9 août - Encerclement de Donetsk ?    14 août - Départ de Strelkov    Cartes



Voir également ces deux autres pages :

La Russie de Poutine

La chute de l'URSS
- Porte ouverte à tous nos ennuis actuels -




FRAPPER LA RUSSIE PAR UKRAINE INTERPOSÉE

Un des moyens utilisés par l'Occident pour affaiblir la Russie consiste à s'en prendre à ses voisins et alliés potentiels, de préférence à ceux de l'ancienne URSS que Moscou rêve - paraît-il - de récupérer pour reconstituer son Empire disparu. Le plus gros de ces voisins est bien sûr l'Ukraine.

En février 2014, les manœuvres en ce sens prennent un tour de plus en plus inquiétant. Sur la place de l'Indépendance de Kiev ("Maïdan"), l'agitation commencée en novembre devient de plus en plus violente.

Coup de force dans l'Ouest de l'Ukraine - Le printemps arabe frappe à la porte de l'Europe  par Andrew Korybko (Réseau Voltaire).

Carte de l'Ukraine

La partie ouest du pays (principalement la région de Lvov qu'Allemands et Autrichiens continuent d'appeler Lemberg) a longtemps fait partie de l'Autriche-Hongrie (de 1772 à 1918) et s'appuie sur des traditions historiques un peu différentes de celles du reste de l'Ukraine, qui appartenait à l'Empire russe puis à l'URSS depuis la même époque et jusqu'à l'indépendance de 1991 (Lvov a été polonaise entre les deux guerres, puis soviétique en 1939-41 et à partir de 1945). Avant 1772, l'Ukraine actuelle a été tour à tour habitée ou dominée par les Khazars (ancêtres des Juifs ashkénazes*), les Varègues (Vikings), les Ruthènes (Slaves ancêtres des Russes), les Bulgares, les Tatars (Mongols), les Polonais, les Lituaniens, les Cosaques et quelques autres - voir l'article de Wikipédia.

* Lesquels, comme leur nom ne l'indique pas, ne sont ni de Judée (Juifs) ni d'Allemagne (Ashkénazes) et pas même sémites, ni par la langue ni par l'origine ethnique.

Un Etat ukrainien n'a jamais existé avant 1991. L'Etat de Kiev fondé au 10ème siècle est considéré comme le premier Etat russe et donc comme le berceau de la Russie. Russes et Ukrainiens sont en fait plus que "cousins". Ils parlent pratiquement la même langue et ont la même culture, même si depuis l'indépendance de l'Ukraine, tout est fait pour souligner les différences. La population russe est nombreuse dans l'est et le sud du pays, notamment en Crimée, province russe rattachée à l'Ukraine en 1954 par l'Ukrainien Nikita Khrouchtchev, chef du parti communiste de l'URSS - voir ici. Ce qui n'avait pas grande importance à l'époque soviétique, risque aujourd'hui de mettre le feu aux poudres, d'autant plus q'une bonne partie de la flotte russe se trouve à Sébastopol (aujourd'hui en Crimée "ukrainienne"), comme on a pu le voir en 2008, à l'occasion de la guerre déclenchée par la Géorgie avec l'appui d'Israël et de l'Occident.

Les Etats-Unis rêvent depuis longtemps de chasser les Russes de Crimée et si possible de toute l'Ukraine. Les vassaux européens des USA, principalement l'Allemagne, s'emploient à déstabiliser l'ouest de l'Ukraine. Ils utilisent pour cela les services du boxeur Vitali Klitchko, chouchou de la fondation Adenauer proche du parti CDU d'Angela Merkel. Vitali Klitchko vit à Berlin depuis 14 ans. Quand il n'est pas en service commandé en Ukraine, il encaisse des millions avec son frère Vladimir, grâce à ses clips publicitaires pour la bière "vitalisante" et autres produits de première nécessité.

Dans l'article mentionné plus haut, Andrew Korybko écrit : "Après avoir pris le contrôle du siège de l'administration, les émeutiers ont contraint le gouvernement régional de Lvov à démissionner. On ne sait pas qui détient effectivement le pouvoir dans cette région. Un gouvernement fantoche de l'opposition pourrait bien être mis en place prochainement. La revendication de l'autonomie de ce territoire, voire l'affirmation au grand jour des velléités séparatistes, pourraient donner à Klitchko - le champion de boxe poids-lourds qui aspire à la présidence - et à ses sbires davantage d'atouts pour négocier avec le gouvernement démocratiquement élu. Des actions encore plus radicales interviendront vraisemblablement à l'initiative de Klitchko..."

L'agitation subversive de 2014 ressemble à une réédition de la "révolution orange" de 2004 qui porta au pouvoir le clan mafieux pro-occidental de Ioulia Timochenko. Laquelle fut démocratiquement battue à l'élection présidentielle de 2010, puis jugée et condamnée à sept ans de prison ferme pour abus de pouvoir et détournement de fonds.

La "révolution orange bis" contre le président Victor Ianoukovitch est bien entendu organisée et dirigée par les mêmes services occidentaux. Le financement est assuré, comme toujours, par le milliardaire sioniste George Soros. De toute évidence on juge la situation particulièrement favorable, car on sait que Poutine n'entreprendra rien à la veille des J.O. de Sotchi. En fait, il est probable qu'il ne fera rien non plus après les Jeux, dans la mesure où la Russie elle-même n'est pas attaquée. La solidarité russe envers les peuples slaves est un mythe - voir la Yougoslavie, la Biélorussie et... l'Ukraine d'avant 2014.

Comment Israël Shamir voyait la situation en décembre 2013 :  Ce qui s'est vraiment passé en Ukraine

"L'Ukraine est aussi russe que le Midi est français, le Texas et la Californie états-uniens. Certes, il y a de cela quelques siècles, la Provence était indépendante de Paris, elle a sa propre langue et son histoire artistique, et qui plus est Nice autant que la Savoie sont françaises depuis une date récente (1860). Pourtant nous comprenons, pour le moment, que ces territoires font partie de leurs Etats respectifs plus vastes, envers et contre tout. Mais s'ils se voyaient acculés à la sécession, ils développeraient probablement un récit historique soulignant les brimades françaises au temps de la croisade des Cathares, ou la dépossession des résidents espagnols et russes en Californie." *

"De même, depuis l'indépendance de l'Ukraine, les autorités se démènent pour édifier une nation, renforcent une langue officielle unique et créent un mythe national commun pour ses 45 millions d'habitants. Les foules qui se sont précipitées sur la place Maïdan [de Kiev] étaient en majorité (mais pas exclusivement) des gens de Galicie, le comté montagneux qui borde la Pologne et la Hongrie, à 500 km de Kiev, et les natifs de Kiev se réfèrent à « l'occupation par les Galiciens » de la place Maïdan."

* Ukraine, Yougoslavie, France - réalité et politique-fiction : Pourquoi eux ? Pourquoi pas nous ?

Le plus drôle - a posteriori - dans l'article de Shamir est cette phrase : "Victoria Nuland, assistante du Secrétaire d'Etat américain, a partagé ses biscuits avec les manifestants ukrainiens, et a demandé aux oligarques de soutenir la cause européenne..."  Deux mois plus tard, cette même Nuland, qui figure sur la liste des innombrables conseillers juifs d'Obama, déclare dans une conversation avec l'ambassadeur américain à Kiev sur le rôle à faire jouer à tel ou tel dissident soutenu ou pas par l'UE : "Que l'UE aille se faire foutre... Fuck EU..." - source.  Un dialogue qui prouve au moins deux choses, s'il en était besoin : 1) les Etats-Unis trempent jusqu'au cou dans cette affaire - 2) la hiérarchie USA-Europe est clairement définie, de même que l'estime que les patrons portent à leurs subordonnés.

Dans cet article : How Jews Control Ukraine's Opposition,  Nathanael Kapner (Américain d'origine juive converti au christianisme orthodoxe - détails), signale que Vitali Klitchko a lui aussi des racines juives. Le texte de Kapner contient un lien vers un article en russe de Jewish.ru publié en 2011 à l'occasion du décès de Vladimir Radionovitch Klitchko (père des deux frères Vitali et Vladimir) des suites d'un cancer dû à la catastrophe de Tchernobyl. Pendant la guerre, la grand-mère juive des Klitchko, Tamara Klitchko née Etinson, épouse de Radion Klitchko, a dû se cacher dans une cave à Smela (Ukraine) pour échapper aux nazis.

En rejetant la candidature de "l'élu" pro-européen Vitali Klitchko (dit "Klitch"), "l'élue" Victoria Nuland n'a manifesté ni "antisémitisme" ni "haine de soi". La preuve : l'opposant de son choix, Arseni Iatseniouk (dit "Yats") est lui aussi un "élu". Selon Wikipédia, son adversaire à l'élection de 2010 l'a même traité de "petit Juif impudent".


Mieux que la Warsteiner : le "chrétien orthodoxe"
Vitali Klitchko se "revitalise" dans sa synagogue.

Dans son article ci-dessus, Nathanael Kapner mentionne aussi, comme participant aux émeutes, le groupe paramilitaire UNA-UNSO, dont le Réseau Voltaire signale qu'il a été formé par l'OTAN. Ce groupe, considéré comme nazi et antisémite, répond peut-être au premier qualificatif mais certainement pas au second. En effet, un de ses chefs, Igor Mazur, a récemment déclaré que les Juifs n'avaient rien à craindre de sa part : "90 % des banquiers ukrainiens sont juifs, mais avez-vous vu une seule banque pillée ou mise à sac ?..."  [Les seules banques saccagées en Ukraine, après la réunification de la Crimée avec la Russie le 18 mars, ont été des banques russes comme par exemple la Sberbank.]

(Comme Mazur ne vit pas en Occident, il n'a pas encore compris, malgré sa bonne volonté, que le seul fait de dire que "les Juifs" ou "des Juifs" dominent tel ou tel secteur, est en soi un signe gravissime d'antisémitisme - indépendamment de la véracité de cette constatation. Les nazis ukrainiens ont encore beaucoup à apprendre. Peut-être qu'un petit stage en Israël leur ferait du bien... D'ailleurs, ils n'ont pas compris non plus que la pédérastie est une "valeur" majeure de notre temps...)

Autre révélation de Nathanael Kapner : Klitchko travaille avec PBN, une officine (juive) de relations publiques affiliée au groupe Hill & Knowlton (H+K). H+K est à l'origine de la provocation des couveuses du Koweït, qui permit aux USA de "justifier" leur guerre de 1990 contre l'Irak. Le dissident ukrainien de Berlin collabore également avec Greenberg, Quinlan, Rosner (GQR), "consultants en stratégie" eux aussi tout ce qu'il y a de plus casher.

Peu importe le tour que prendra l'affaire ukrainienne, on sait déjà qui en sortira vainqueur : les mêmes depuis 1991...

En ce qui concerne "l'élu" George Soros, s'il n'a pas mobilisé ses gouines ukrainiennes préférées, les Femen, dans le cadre de cette nouvelle révolu-sion, c'est avant tout pour deux raisons : 1) comme il fait beaucoup trop froid à Kiev, Soros ne voulait pas qu'elles se gèlent les nichons - 2) ces commandos ont été spécialement créés pour profaner les églises occidentales où l'on peut impunément pisser sur les autels ; en Ukraine, ces salopes risqueraient de se voir infliger par la population le châtiment qu'elles méritent.

(Pour en revenir aux fachos ukrainiens, fer de lance de la "révolution colorée", il faut signaler le groupe "Secteur Droit" (ou "de Droite") - Pravy Sektor - qui arbore un drapeau rouge-noir, autrefois symbole de l'anarcho-communisme et aujourd'hui étendard des fascistes "antifa" pro-américains, pro-israéliens et pro-pédé-pédo.)


ÉMEUTE À KIEV

Le 18 février 2014, les "révolutionnaires colorés" passent à la vitesse supérieure et déclenchent ce que le gouvernement qualifie de tentative de putsch. Dans la capitale, les "manifestants pacifiques" essaient de prendre d'assaut le Parlement et incendient tout ce qu'ils trouvent autour de la place Maïdan : véhicules de police, camions, pneus, etc...  Il y a au moins 26 morts, dont dix policiers et un journaliste. (Qu'on imagine un instant ce qui se passerait si dix flics étaient tués dans des batailles de rues à Paris, Londres ou New York...)

La presse fait bien entendu porter le chapeau au "dictateur" ukrainien. Que Ianoukovitch ait été élu de manière tout à fait légitime et démocratique selon les critères occidentaux, est complètement passé sous silence. On utilise contre lui les mêmes mensonges que contre Morsi (Egypte), Assad (Syrie) ou Chávez-Maduro (Venezuela). La démocrasserie de type occidental ne reconnaît que les élections qu'elle a elle-même truquées.

Les politiciens des pays de l'OTAN et leurs marionnettes ukrainiennes (Klitch, Yats & Co.) réclament des "sanctions" contre le "régime". Vivement les couloirs humanitaires, la "no-fly zone" et les bombardements...





Le 20 février, après une courte accalmie, la "révolution" reprend à Kiev, causant de nombreux morts, y compris parmi les forces de police. Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, treize policiers ont été tués depuis le 18 février, et 130 blessés par balles - il est évident que les émeutiers ne sont pas seulement armés de pavés et de cocktails Molotov... D'après le ministère de la Santé publique, il y a eu en tout 80 morts en 48 heures.

[ Qui sont les assassins ?  Réponse plus bas : 6 mars et 27 avril ]

Les ministres européens de l'ingérence dans les Affaires étrangères, en particulier le sinistre Fabius Israélicus et le nullissime Steinmeier, exigent d'être reçus par Ianoukovitch afin de lui dicter leurs conditions. Et Ianoukovitch s'exécute...  Alors que n'importe quel chef d'Etat digne de ce nom aurait mis fin une fois pour toutes à l'émeute téléguidée de l'étranger, le président ukrainien continue de tergiverser. Il attend peut-être que Poutine vienne le tirer du pétrin. Il risque d'attendre longtemps (ou d'être renversé avant).

En attendant, les forces de l'ordre semblent complètement débordées, comme le prouve la capture par les émeutiers de plusieurs dizaines de policiers. Apparemment ces derniers se sont laissé désarmer, ou alors ils n'étaient pas du tout armés...

Agression occidentale et résistance :  Scénario libyen pour l'Ukraine  -  Un Front ukrainien se forme au sud-est du pays

Si le "changement de régime" réussit à Kiev et que la résistance dans le sud et l'est se confirme, il est certain que les Occidentaux n'hésiteront pas à déclencher une guerre civile de type yougoslave. Jamais ils n'accepteront que la Russie étende sa zone d'influence jusqu'à la Moldavie - ce qui, soit dit en passant, résoudrait en faveur de Moscou le problème de la Transnistrie, cette région russophone de la Moldavie à l'est du Dniestr - carte.  Si Poutine "en avait", comme on dit dans les milieux diplomatiques, il aurait depuis longtemps fait le nécessaire pour promouvoir cette solution. L'Ukraine, ce non-Etat par excellence, disparaîtrait ; la Galicie orientale (région de Lvov et Ternopol) serait "indépendante" ou intégrée à la Pologne (comme en 1921-1939). Pour le reste du pays, y compris Kiev, l'affaire serait évidemment plus délicate... Mais comme de toute façon, Poutine "n'en a pas", le problème ne se pose pas : l'homme "fort" du Kremlin attendra bien gentiment que les Occidentaux viennent faire en Russie ce qu'ils sont en train de faire en Ukraine. Pour cela, les structures de base existent déjà, elles ne demandent qu'à être développées (voir "Révolution colorée" en Russie).

Qui est derrière le coup d'Etat ?  par Nicolas Bourgoin - un bon résumé des événements ayant conduit à la présente crise, même s'il faut préciser que celle-ci n'a pas débuté par le "refus du président ukrainien, en novembre 2013, de signer un accord d'intégration avec l'UE". En réalité, cette décision de Ianoukovitch fait suite à la revendication européenne d'adapter d'abord la législation ukrainienne aux critères européens et de relâcher Ioulia Timochenko (voir plus haut). Le Parlement ayant refusé d'obtempérer, l'accord ne pouvait être signé. (Le fait que Ianoukovitch n'a jamais eu de position claire face à Bruxelles n'a pas arrangé les choses.)

Les médias prétendent que beaucoup d'Ukrainiens sont "pro-européens". Ils le sont peut-être en ce sens qu'ils espèrent (les plus jeunes parmi eux) pouvoir émiger en Allemagne, en France ou en Angleterre pour y travailler au noir pour 500 euros par mois - ce qui est plus que ce qu'ils gagnent en Ukraine quand ils ont du travail, mais ridiculement peu compte tenu du coût de la vie en Occident. Naturellement, ces "pro-européens" se fichent éperdument du rôle qu'on veut leur faire jouer pour peser sur les salaires des travailleurs francais, allemands ou britanniques et aggraver le chômage, et ils se fichent encore plus de la situation catastrophique qui règne en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en Roumanie. Ce n'est pas ça qui va les dissuader. Les tireurs de ficelles de la "révolution" ukrainienne sont aussi les premiers défenseurs de l'immigration de masse dans les pays occidentaux.

Alors que les peuples retenus prisonniers au sein de l'UE, à commencer par ceux des anciens "pays de l'Est", ne demanderaient pas mieux que de quitter leur geôle si on le leur permettait, on essaie de nous faire croire que les Ukrainiens, eux, veulent y entrer volontairement. Cela montre à quel point les médias dominants se moquent du monde. Mais ils peuvent se le permettre puisqu'aucune concurrence de poids ne vient jamais les contredire...



"Mission presque accomplie, Mister Soros..."

Les événements de Kiev, sur lesquels se concentrent les médias, cachent en partie le fait que la situation à Lvov est bien pire : la police, l'armée, le pouvoir d'Etat n'existent pratiquement plus. Les casernes ont été pillées, une quantité considérable d'armes et de munitions se trouve aux mains des émeutiers. Et il est probable que les services occidentaux et peut-être aussi les forces spéciales de l'OTAN dirigent ces "activités". C'est le contraire qui serait étonnant...


COUP D'ÉTAT EN UKRAINE

21 février 2014 : à Kiev, Ianoukovitch recule. Dans un accord signé avec l'opposition par l'entremise de trois pays de l'UE (France, Allemagne, Pologne), il accepte "le retour à la constitution de 2004* qui réduit les pouvoirs du président au profit du gouvernement et du Parlement", concède la mise en place d'un gouvernement de "transition" et approuve l'organisation d'une élection présidentielle anticipée. Mais comme la date de cette élection est simplement avancée de trois mois (décembre 2014 au lieu de mars 2015), il y a fort à parier que ce n'est que le premier pas vers d'autres "concessions".

* La "constitution de 2004", qui restreint les pouvoirs du président tels qu'ils sont définis dans la constitution de 1996, est une conséquence directe de la "révolution orange" de 2004. Elle a été déclarée illégale et abrogée par la Cour constitutionnelle en 2010. En "revenant" à ce texte, Ianoukovitch accepte de voir ses prérogatives rognées : il n'aura plus le droit de nommer le Premier ministre ni de congédier des membres du gouvernement.



Accord du 21.2.14 entre le président Ianoukovitch et l'opposition représentée par
Klitch, Yats et le fasciste Tyahnibok, führer de "Svoboda" ("Liberté").
Le tout contresigné (donc garanti) par l'UE représentée par les ministres
des Affaires étrangères polonais, allemand et français (par procuration).
L'envoyé de la Fédération russe n'a pas signé ce document.

22 février : oubliez "l'accord" de la veille, tout cela ne compte plus...  Le Parlement, où le président élu disposait d'une majorité il y a quelques jours (dans le cadre d'une coalition avec d'autres partis), devient subitement anti-Ianoukovitch (Soros a dû être très généreux*) et destitue le chef de l'Etat. Ce qui est parfaitement illégal puisqu'il a été élu au suffrage universel (en février 2010 avec 51,9 % des voix contre 48,1 % à sa concurrente - taux de participation : 69 %) et que la constitution exige, pour le renverser, le respect de certaines règles de procédure ainsi qu'une majorité parlementaire de 75 %. Ces exigences n'ont pas été respectées*.

* On apprendra plus tard que certains députés ont été menacés (eux ou leurs familles) s'ils ne votaient pas "comme il faut". D'autres se sont vu voler leur carte de vote qui a été utilisée ensuite contre leur volonté. Malgré cela, la "destitution" n'a été "approuvée" que par 328 voix sur 450 (soit seulement 72,8 %).

Les députés putschistes décident d'organiser la prochaine élection présidentielle (illégale) le 25 mai 2014, le même jour que les élections européennes. Simultanément, ils annulent la condamnation de Ioulia Timochenko (ce qui est également illégal). Ladite Timochenko quitte sa prison et annonce qu'elle se présentera à la présidentielle (qu'elle ne manquera pas de "gagner").

Après cela, on viendra nous bassiner avec la soi-disant séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire). Il est vrai que les seuls pouvoirs qui comptent, en 2014, sont le pouvoir de l'argent, le pouvoir de l'Amérique et le pouvoir sioniste - et il n'a jamais été question de les séparer...

Le coup d'Etat a pu s'accomplir grâce à la "neutralité" (subite elle aussi) de l'armée ukrainienne. Le président Ianoukovitch n'a pas encore été arrêté par les putschistes (comme son homologue Morsi en Egypte) mais ce n'est probablement qu'une question de temps. La vengeance de Timochenko ne va pas tarder à se manifester...

Menacé de mort, le président du Parlement ukrainien a dû démissionner
ce qui a ouvert la voie au coup d'Etat "législatif" (d'autres parlementaires sont probablement dans le même cas).
"Des groupes nazis ont envahi les principaux bâtiments du pouvoir après s'être emparés d'une armurerie militaire."

Viktor Pintchouk sponsorise lui aussi la 'révolution'  par Manlio Dinucci.
Le milliardaire juif Pintchouk, magnat de l'acier, est la seconde fortune d'Ukraine (après Timochenko).

Dans une première réaction au coup d'Etat, le président Ianoukovitch déclare (selon RIA Novosti) : "On tente de m'intimider et de me pousser à présenter ma démission, mais je n'ai pas l'intention de le faire... Je ne signerai aucun accord avec les bandits qui terrorisent aujourd'hui le pays et le peuple ukrainien... Je vais solliciter l'aide de la communauté internationale pour mettre fin aux activités des éléments radicaux opérant dans le pays. Ce ne sont pas des opposants, ce ne sont que des bandits... Ils ont brûlé près de 200 bureaux du Parti des régions*..."

* Le parti de Ianoukovitch - selon Wikipédia il a obtenu 35 % des voix aux élections au niveau national, 5,6 % à Lvov, 16 % à Kiev, 30 % dans les Carpates, 42 % à Dniepropetrovsk, 50 % à Kharkov, 51 % à Odessa, 61 % en Crimée, 76 % à Donetsk - carte des résultats - carte de l'Ukraine.

Les résultats de Ianoukovitch au second tour de la présidentielle (Wikipédia) sont encore plus "parlants" : 51,9 % au niveau national (sans le vote blanc ou nul), 8,6 % à Lvov, 26 % à Kiev, 41 % dans les Carpates, 63 % à Dniepropetrovsk, 71 % à Kharkov, 74 % à Odessa, 78 % en Crimée, 90 % à Donetsk - carte des résultats. Mais comme partout, bien sûr, à commencer par la France, un candidat au second tour de la présidentielle obtient nécessairement un score plus élevé que son parti aux législatives. Ces chiffres n'en sont pas moins un baromètre de la popularité de Ianoukovitch.


Pour ce qui est de la "communauté internationale", qui en grande partie sponsorise, soutient, justifie ou approuve le coup d'Etat, Ianoukovitch n'est pas au bout de ses peines...

La question qui se pose maintenant : le président est-il capable (et a-t-il la volonté) de mobiliser ses partisans ?  Ils sont nombreux, et même très nombreux, dans certaines régions (voir quelques lignes plus haut).

Bien sûr, personne ne sait ce que va faire Ianoukovitch, mais on peut, pour s'éclairer un peu, se pencher sur son comportement piteux lors de la "révolution orange" de 2004. Il s'est alors laissé voler l'élection présidentielle qui l'avait placé devant son concurrent Victor Iouchtchenko (allié de Ioulia Timochenko). La rue (mobilisée par les services occidentaux) avait inversé les résultats. Ianoukovitch n'est pas vraiment pugnace.

La presse occidentale prétend qu'il a tenté du fuir le pays, mais que les gardes-frontière de l'aéroport de Donetsk l'en ont empêché. Si l'information est vraie, et que les fonctionnaires de l'Etat ne reconnaissent plus l'autorité du président dans une région où 90 % des électeurs l'ont élu, alors Ianoukovitch a vraiment un problème. Quoi qu'il en soit, on ignore où il se trouve...

Un article de novembre 2013 (entre-temps obsolète) : Sur la piste des avoirs détournés par Ioulia Timochenko


23 février 2014 : en Ukraine, aucune réaction majeure des adversaires du coup d'Etat, si ce n'est par ci par là une manifestation spontanée de citoyens inquiets, surtout dans l'est du pays. Rien de nouveau de Ianoukovitch... Le putsch est passé comme une lettre à la poste.

Le coup de force organisé par les USA et l'UE a fonctionné et débouché sur l'effondrement du pouvoir légal  par Aymeric Chauprade.

Coup d'Etat pro-US en Ukraine  (Réseau Voltaire)

Au suivant ou rendez-vous au Venezuela.
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24 février 2014 : Washington peut-il renverser trois gouvernements à la fois ?  par Thierry Meyssan :

"Ukraine, Venezuela, Syrie... Dans les trois cas, la narration US repose sur les mêmes principes : accuser les gouvernements d'avoir tué leurs propres citoyens, qualifier les opposants de « démocratiques », prendre des sanctions contre les « meurtriers », et en définitive opérer des coups d'Etat. Chaque fois, le mouvement débute par une manifestation au cours de laquelle des opposants pacifiques sont tués, et où les deux camps s'accusent des violences. En réalité des forces spéciales US ou de l'OTAN, placées sur les toits, tirent à la fois sur la foule et sur la police. Ce fut le cas à Deraa (Syrie) en 2011, à Kiev (Ukraine) et à Caracas (Venezuela) cette semaine..."

"Washington tente ainsi de montrer au monde qu'il est toujours le maître. Pour être plus sûr de lui-même, il a lancé les opérations ukrainiennes et vénézuéliennes durant les Jeux Olympiques de Sotchi. Il était certain que la Russie ne bougerait pas de peur de voir sa fête troublée par des attentats islamistes. Mais Sotchi a pris fin ce week-end. C'est désormais au tour de Moscou de jouer."

Très optimiste... En fait, les Jeux ne sont pas vraiment terminés : il y a encore les "paralympiques", du 7 au 16 mars. Donc, pour Poutine, trois semaines de sursis... à l'issue desquelles il n'aura plus à aborder un sujet sorti de l'actualité. Sauf, bien sûr, si l'est et le sud de l'Ukraine se soulèvent - ce qui n'est guère probable à en juger par les réactions deux jours après le putsch.

Il semblerait que le Parti des régions se disloque : il lui est difficile d'être plus "royaliste" que le "roi" déchu, surtout si un certain nombre de ses députés ont été achetés. Il y a bien quelques protestations contre le coup d'Etat, mais elles reprochent surtout aux putschistes de "ne pas avoir respecté l'accord du 21 février conclu à l'initiative de l'UE", "accord" suite auquel Ianoukovitch avait "fait des concessions" balayées le lendemain (voir plus haut). A Kharkov, un forum auquel ont pris part 3.000 délégués du sud et de l'est ainsi que des représentants de la Russie, a accouché d'une "résolution" pas très convaincante - détails. Ce n'est pas cela qui va changer quoi que ce soit à la situation...

En Russie, Poutine se tait mais son ministre des Affaires étrangères déclare :  "Nous appelons instamment tous les acteurs impliqués dans la crise en Ukraine à faire preuve d'un maximum de responsabilité, à ne pas laisser la situation s'aggraver davantage, à la ramener dans le cadre de la légalité et à réprimer sévèrement les extrémistes avides de pouvoir..."  Qui sont ces extrémistes et qui devrait les réprimer ? Mystère... En tout cas, pas un mot pour appeler les choses par leur nom, pas un mot pour dénoncer le coup d'Etat, pas un mot en faveur du président élu...

Pour Dimitri Medvedev, "la légitimité de toute une série d'organes du pouvoir en Ukraine suscite de sérieux doutes" : c'est tout ce qu'on voudra mais pas une condamnation. Ce qui chiffonne le Premier ministre russe, c'est que "des gens qui se baladent dans Kiev avec des masques noirs et des kalachnikovs sont le gouvernement". Autrement dit, et là Medvedev rejoint Lavrov, dès que les Timochenko, Klitch et Yats auront mis en place un "gouvernement" sans masques noirs ni kalach en bandoulière, tout sera parfait. Le problème, ce sont les gangsters qui écument les rues, pas ceux qui se sont emparés du Parlement et de l'Etat.




25 février 2014 : Ianoukovitch, toujours aux abonnés absents, voit son taux de popularité chuter de jour en jour - y compris et surtout dans ses anciens fiefs électoraux. A Donetsk, il serait passé de 90 % à un taux inférieur à celui de Flanby Hollande la semaine dernière.

A Kiev, par contre, bonne nouvelle : Klitchko et Timochenko ont opéré un rapprochement.

Sergueï Lavrov, ministre russe du rien-à-faire des Affaires étrangères, déclare sans rigoler (cité par RIA Novosti) : "La Russie ne s'ingère pas dans la situation politique en Ukraine et espère que ses partenaires internationaux suivront la même logique..."  Quelques instants plus tard, dans la même conférence de presse, il ajoute : "L'élection présidentielle en Ukraine doit suivre la réforme constitutionnelle et non la précéder..."  On peut en conclure deux choses : 1) c'est le scénariste de DUMB & DUMBEЯ qui écrit les discours de Lavrov - 2) la Russie accepte implicitement le coup d'Etat.


26 février 2014 : Comment l'OTAN a creusé sous l'Ukraine  par Manlio Dinucci.

The Brown Revolution of the Ukraine  par Israël Shamir (la version française ne devrait pas tarder sur le site de l'auteur).



Les nouveaux maîtres de Kiev...


sont des "réformateurs démocratiques" :


et ceci est une quiche lorraine
à la Rasmussen

La Pologne, nouvelle tête de pont de l'OTAN  par Andrew Korybko (Réseau Voltaire). La Pologne est à l'Ukraine ce que la Turquie est à la Syrie.

Ukraine : l'épuration  par Xavier Moreau :

"A Lvov, les Berkout [membres des unités 'd'élite' du ministère de l'Intérieur] ont été contraints par le Pravy Sektor de demander pardon à genoux, devant un 'rassemblement de citoyens'. La maison du fils du président du parti communiste a été incendiée et les élus craignent pour leur famille. Pravy Sektor s'autorise à violer les domiciles de ceux qui sont jugés 'ennemis de la nation'. Les milices se trouvent à l'intérieur même du Parlement et en contrôlent étroitement l'activité..."

"Le 'gouvernement' actuel, formé par les proches de Timochenko, s'empresse d'accéder à toutes les demandes des extrémistes de Svoboda ['Liberté' - autre groupe fasciste] . Ces derniers, ainsi que Pravy Sektor, savent que les prochaines élections les ramèneront à leur importance réelle sur l'échiquier politique ukrainien, c'est-à-dire pas grand-chose. Leur stratégie est désormais de se constituer en 'comité de salut public' et de faire régner leur 'ordre' à l'intérieur même de la Rada [Parlement]. Catherine Ashton ['ministre' des Affaires étrangères de l'UE - elle a autant de 'légitimité' que son homologue ukrainien] n'a visiblement rien trouvé à y redire..."

"A Kiev, la situation est précaire et les habitants armés sont de plus en plus nombreux et le sont ouvertement. Désormais un masque, un brassard et une arme vous donnent le droit de vous déclarer du Pravy Sektor, et par conséquent, de pressurer qui vous voulez dans la rue. Cette situation fait le bonheur des sociétés de sécurité, qui sont désormais systématiquement utilisées par les hommes d'affaires, et à qui des quartiers entiers sont confiés par les habitants effrayés. Les retraits d'argent liquide se généralisent et la fuite des capitaux atteint des sommets. La police a totalement déserté les rues. En plus d'avoir le monopole de la violence, Svoboda a obtenu le poste de procureur général, ce qui lui permettra d'inculper tous les citoyens ukrainiens qui refusent de se soumettre, et de renforcer son 'comité de salut public'..."

"Les radicaux agissent essentiellement à Kiev et dans l'ouest. A l'est et au sud, ils sont soit absents, soit ils occupent des bâtiments administratifs sans que cela gêne la vie des populations. Les lois ségrégationnistes qui ont été prises sous la contrainte par la Rada [interdiction de la langue russe*] ne peuvent de toute façon pas être appliquées pour l'instant..."

* L'ukrainisation linguistique est un phénomène artificiel. Il y a certainement moins de différences entre le russe et l'ukrainien qu'entre le français et ses "variantes" wallonne, joual ou créole.


LA CRIMÉE RÉAGIT AU COUP D'ÉTAT

27 février 2014 : en Crimée, la situation est confuse. Après plusieurs heures de manifestations antagonistes de partisans et d'adversaires du putsch, un groupe "inconnu" envahit le Parlement régional de Simféropol. Le président de cette assemblée, qui avait prétendu une semaine plus tôt que la Crimée réclamerait l'indépendance en cas de coup d'Etat, déclare à présent que la question ne se pose pas. (De toute manière l'indépendance ne se réclame pas : elle se prend, elle se proclame.)


28 février 2014 : toujours en Crimée, il semblerait que la population, majoritairement russe, commence à bouger. Les deux aéroports (Simféropol et Sébastopol) seraient contrôlés par des groupes qui veulent empêcher la venue des commandos armés de la racaille de Kiev. L'accès routier est également surveillé, ce qui est d'autant plus facile qu'il n'y a que deux points de passage depuis l'Ukraine (carte). Officiellement, ni le gouvernement ni l'armée russes ne sont actifs - même si la propagande occidentale accuse déjà Moscou d'envahir la Crimée.

A Rostov-sur-le-Don, en Russie, près de la frontière ukrainienne, première apparition publique de Ianoukovitch lors d'une conférence de presse. Le président renversé a mis une semaine pour sortir de son coma, il aurait mieux fait d'y rester. Sa prestation faiblarde n'est pas de nature à encourager ses partisans - au cas où il en aurait encore, ce qui est douteux. Comme s'il s'agissait d'une simple crise ministérielle, Ianoukovitch demande le respect de "l'accord" conclu avec l'opposition le 21 février sur "médiation" de l'UE ; il n'a toujours pas compris qu'il s'agissait d'un piège et que "l'arrangement" en question était destiné à endormir sa méfiance. Au lieu d'appeler à la résistance, Mr. Dumb appelle au dialogue et à l'unité des Ukrainiens - surtout pas de sécession (ni en Crimée ni ailleurs).  Détail presque humoristique : Ianoukovitch se dit "étonné du silence de Poutine" qui n'a pas encore daigné le recevoir...


1er mars 2014 : le Premier ministre de la République autonome de Crimée, Sergueï Aksionov, "prend le commandement temporaire de toutes les unités militaires et forces de sécurité locales et appelle la Russie à aider la Crimée à assurer la paix". (On sait que l'armée "nationale" ukrainienne est "neutre", c'est-à-dire soit pro-putsch soit "en vacances".)

A Moscou, Poutine semble enfin abandonner sa politique de non-intervention et demande au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) d'autoriser l'envoi de troupes en Ukraine pour y protéger les citoyens russes* ; le Conseil de la Fédération donne son accord, de même d'ailleurs que le président ukrainien légitime, Victor Ianoukovitch.

* On ignore combien la Crimée compte de "citoyens russes" détenteurs d'un passeport de la Fédération ; potentiellement, il s'agit de tous les Russes "ethniques" de cette République autonome. Selon Wikipédia ils sont 60 %, pour 25 % d'Ukrainiens et moins de 15 % de Tatars (98 % des habitants sont russophones).

Il est difficile de dire si de nouvelles troupes russes sont déjà en Crimée et combien (en plus du contingent habituellement sur place à Sébastopol). Si l'on en croit les Occidentaux, le nombre de soldats grossit à vue d'œil (2.000 ce matin, 6.000 cet après-midi, 15.000 ce soir). Ces chiffres correspondent-ils à la réalité ou sont-ils l'effet de la propagande antirusse ?... Toujours est-il que la campagne anti-Poutine bat son plein, animée par les USA et l'UE, et relayée par les gangsters du pseudo-gouvernement de Kiev. Vitali Klitchko, lui, lance un appel à la mobilisation générale comme en 1914. (Si ça devient sérieux, il prendra le premier avion pour Berlin.)

Il est clair que le rattachement par Khrouchtchev, en 1954, de la Crimée russe à l'Ukraine (voir plus haut) a des conséquences catastrophiques 60 ans plus tard. Une forte majorité de citoyens de Crimée souhaite l'annulation de cette mesure arbitraire. En fait, la chose aurait dû se produire dès 1992. Malheureusement, au lieu de cela, la Russie du président alcoolique Elstine a conclu avec les Etats-Unis, en 1994, un "accord" souvent invoqué ces jours-ci, dans lequel elle garantit l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine en échange de l'abandon par ce pays de son arsenal nucléaire hérité de l'époque soviétique.

Réveillés par les événements de Crimée, les habitants de Kharkov, Donetsk, Odessa et quelques autres villes de l'est et du sud de l'Ukraine organisent des manifestations anti-coup d'Etat. Des pro-putschistes qui tentaient de s'y opposer se font rosser. Tout cela est encourageant, mais il est clair que si Ianoukovitch était sur place au lieu de se planquer en Russie, la résistance aurait plus de poids.


Contrecoup



Sur la pancarte en haut à droite :
"En Russie, ce sont nos frères.
En Europe, nous sommes des esclaves.
"

Texte probable sur la pancarte en bas à gauche :
"Notre langue est la langue russe"
[наш] язык - [русский] язык

et en bas au centre, quelque chose comme :
"Le fascisme ne passera pas"
Фашизм не пройдет

(Pour les Russes l'antifascisme a encore sa signification originelle,
alors qu'en Europe occidentale, il est devenu exactement le contraire,
synonyme de "Vive l'impérialisme américain, vive le sionisme, vive la pédérastie...")


En Crimée, le camp russe semble avoir le contrôle de la situation. Les pro-putsch, qu'ils soient civils ou militaires, ont pour ainsi dire disparu. Sauf intervention militaire directe de l'OTAN ou volte-face de Poutine, on imagine mal que les voyous de Kiev puissent s'imposer ici. Un référendum sera organisé le 30 mars pour décider du sort de la Crimée. Mais vu que la question posée* exclut par avance de quitter l'Ukraine et de modifier les traités et accords existants, ce référendum risque de ne mener à rien.

* Selon RIA Novosti, la question est la suivante : Approuvez-vous l'autodétermination de la Crimée au sein de l'Ukraine conformément aux traités et accords internationaux ?
[Le 6 mars la date du référendum est avancée de deux semaines, et la question modifiée.]


En attendant, à New York, à la demande des Occidentaux (qui interviennent depuis des mois en Ukraine), "le Conseil de Sécurité examine les mesures à prendre face à l'intervention russe". L'ambassadeur ukrainien, convié à la réunion après qu'on l'ait "retourné", récite docilement les accusations antirusses formulées par ses maîtres. Mais Moscou, avec son droit de veto, n'a rien à craindre de ce côté-là.

Auparavant, Poutine avait averti Obama : "En cas de propagation de la violence dans l'est et le sud de l'Ukraine, la Russie se réserve le droit de défendre ses intérêts ainsi que ceux de la population russophone dans ces régions." Autrement dit, l'intervention que l'on reproche aux Russes n'a pas encore commencé, on n'a encore rien vu... Nul ne sait pour le moment si les bellicistes américains qui remplissent les écrans de CNN seront suivis et s'ils pourront déclencher la nouvelle guerre de 14 qu'ils appellent de tous leurs vœux.

Le drame de la Russie, c'est que depuis plus de vingt ans, elle permet (presque) tout à ses ennemis. Elle n'agit pratiquement pas, se contentant de réagir - et encore : quand elle le fait, c'est soit trop tard, soit sans conviction. Si le président russe bouge enfin un peu, c'est uniquement sous la pression de la rue. Mais il est loin, très loin, d'adopter les revendications de "la base" - qui condamne clairement le coup d'Etat et ne veut plus d'une Ukraine artificiellement séparée de la Russie. Poutine, tout comme Ianoukovitch, espère un compromis avec les putschistes. Il ne demande qu'une chose : qu'on revienne au statu quo ante du 21 février ou, mieux encore, qu'on oublie bien vite toute cette agitation.


2 mars 2014 : Qui sème le vent récolte la tempête  par Aymeric Chauprade :

"Le soutien irresponsable des Etats-Unis et de l'UE à un coup de force contre un président légalement élu, au moment précis où les Russes étaient concentrés sur les Jeux de Sotchi, est en train de produire ses effets prévisibles... Kiev n'a plus de gouvernement légal mais agit sous la pression de milices radicales qui ont annulé la démocratie, balayé les droits linguistiques des russophones, limité les programmes de télévision d'opposition, arraché les églises orthodoxes ukrainiennes du patriarcat de Moscou et menacé d'annuler l'autonomie de la Crimée garantie par des traités. Il était logiquement prévisible que Moscou ne laisserait pas le nouveau pouvoir menacer les populations russophones de l'Est et de la Crimée. Vladimir Poutine pouvait-il rester sourd aux appels inquiets des foules massées à Kharkov, Donetsk, Simféropol et Sébastopol ? Pouvait-il prendre le risque d'une guerre civile généralisée en Ukraine qui aurait conduit à des massacres de grande ampleur ?... Les pyromanes de salon qui ont joué avec le feu en poussant une partie de l'Ukraine contre une autre, sans se préoccuper des conséquences humaines, pourront bien dénoncer l'arrivée des pompiers russes. Ils porteront cependant, devant l'Histoire, une responsabilité écrasante quant à l'affaiblissement général de la souveraineté étatique ukrainienne..."

A Bruxelles, l'OTAN accuse la Russie de "menacer la paix et la sécurité en Europe". Très drôle, c'est Anders Fogh "Quiche lorraine" Rasmussen qui dit cela.  A Paris, presque aussi pathétiques, Hollande et Fabius "punissent" la Russie en annonçant qu'ils n'iront pas au G8 de Sotchi cet été. Ils avaient déjà boycotté les J.O. - sans provoquer pour autant la chute de Poutine. Il va donc falloir trouver mieux.

Le "gouvernement" illégal des imposteurs et usurpateurs de Kiev a une idée, même si elle n'est pas de lui mais de Klitchko : on va mobiliser un million de réservistes ukrainiens. Sûr qu'ils vont tous répondre à l'appel, surtout ceux qui habitent dans l'est et le sud du pays. On leur demandera de fournir eux-mêmes leurs armes, leurs uniformes, leur équipement et tout le reste, parce qu'il n'y a plus d'argent dans les caisses de l'Etat. Il manque même 35 milliards d'euros, et ce ne sont pas les Timochenko, Klitch et Yats ("Premier ministre" nommé par Victoria "Fuck EU" Nuland - voir plus haut) qui vont combler ce trou en renonçant à une partie de leur fortune...

A Sébastopol, l'amiral Denis Berezovski, commandant en chef de la marine ukrainienne, annonce qu'il prête allégeance aux autorités pro-russes de Crimée. Il venait juste d'être nommé à ce poste par le "président" d'opérette de la junte de Kiev, Alexandre Tourtchinov, qui se prend aussi pour le "commandant en chef des forces armées". Partout en Crimée, les soldats ukrainiens qui n'ont ni déserté l'armée de Kiev, ni rallié les troupes pro-russes, sont bloqués dans leurs casernes et ne peuvent plus nuire à personne.

Les nazis au sein du "gouvernement" ukrainien  par Thierry Meyssan.


3 mars 2014 : Devant l'Assemblée nationale française, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avoue à propos de "l'accord" du 21 février concocté par lui-même et ses homologues allemand et polonais, puis signé par la majorité ukrainienne [Ianoukovitch] et l'opposition [les marionnettes de l'Occident] : "Cet accord a permis... le renversement de la majorité" - vidéo.  C'était donc bien le but de la manœuvre...  (Le ministre prétend aussi que "l'accord a permis l'arrêt des meurtres à Kiev", meurtres qu'il impute bien entendu au dictateur-qui-tire-sur-son-propre-peuple. C'est dans la nature de Fabius Israélicus : même quand il révèle une petite partie de la vérité, il ne peut s'empêcher de l'enrober de mensonges...)

Un autre va-t-en-guerre, "élu" comme le précédent, refait parler de lui : BHL vient encourager ses potes nazis de la place Maïdan, c'est sa seconde visite. Il éructe : "Nous pouvons user contre Poutine des mêmes méthodes que contre Ianoukovitch..."  Ce taré qui se prend pour un philosophe est la preuve vivante que la "révolution" ukrainienne est une mise en scène occidentale, comme le sera demain la "révolution" russe. Partout où passe Connard-Henri Lévy (Yougoslavie, Géorgie, Libye, etc.), les forces spéciales de l'OTAN l'ont déjà précédé...

Forces spéciales de l'OTAN ou d'Israël, comme le montre cet article du Réseau Voltaire :  Des soldats israéliens étaient camouflés place Maïdan :

"Un groupe de 35 combattants armés et cagoulés de la place Maïdan est dirigé par 4 anciens officiers de l'armée israélienne qui portent la kippa sous leurs casques... Ces anciens officiers, qui habiteraient aujourd'hui en Ukraine, ont dès le début des événements rejoint le mouvement aux côtés du parti de la 'Liberté' ('Svoboda'), bien que celui-ci ait la réputation d'être violemment antisémite [antisémite mon cul - voir plus haut ce que dit Igor Mazur, le chef d'un autre groupe fasciste...] Cette force d'intervention aurait également assuré, avec l'aide de l'ambassade d'Israël, le rapatriement en Israël de 17 blessés graves, qui y seraient soignés. La présence d'unités israéliennes avait été signalée dans des événements similaires en Géorgie, aussi bien lors de la 'révolution des roses' (2003) que lors de la guerre contre l'Ossétie du Sud (2008)."


NUMÉRO UN AU HIT-PARADE
dans le sud et l'est de l'Ukraine :

(L'original)


"J'connais pas cette chanson... C'est quoi, ce truc ?..."


4 mars 2014 : Selon RIA Novosti, Poutine a déclaré dans une conférence de presse : "La Russie a accueilli Ianoukovitch pour des raisons exclusivement humanitaires, sa vie étant en danger... Je pense qu'il n'a pas d'avenir politique... "  On s'en doutait un peu. On voit mal l'homme qui n'a pas su mettre fin aux désordres, qui a capitulé en signant "l'accord" du 21 février et pris la fuite le lendemain, revenir comme si de rien n'était sur la scène politique ukrainienne. Sa base populaire est réduite à néant.

La petite phrase de Poutine montre qu'il cherche un compromis avec les putschistes ; il n'a jamais clairement condamné le coup d'Etat, même s'il utilise aujourd'hui le mot (pour la première fois) : "Il s'agissait d'un coup d'Etat anticonstitutionnel et d'une prise armée du pouvoir... Personne ne peut le contester. Qui peut le contester ?..."  On a l'impression qu'il n'en est pas sûr...  En tout cas, il veut "un consensus en Ukraine incluant toutes les parties en présence... Nous devons avoir un dialogue et n'exclure personne..."

Mais pour la propagande occidentale, le "péril russe" grandit d'heure en heure... Les mythomanes du "gouvernement" de Kiev, comme pour forcer la main à leurs patrons qui ne demandent pas mieux mais hésitent encore, prétendent que la Russie leur a "déclaré la guerre" et qu'elle leur pose "des ultimatums".  En fait, ce sont les Etats-Unis qui lancent un ultimatum à Poutine : retire tes troupes ou on te sanctionne...

Sur place, détail cocasse : après que les pro-russes aient occupé le Parlement régional de Donetsk comme ils l'avaient fait en Crimée quelques jours plus tôt, les putschistes de Kiev crient au "coup de force". On reconnaît bien là la patte de leurs "conseillers" sionistes.


SCHIZO-YATSO :

Faut-il que ce mec soit givré pour demander un crédit à ceux
contre qui il "mobilise son armée" et réclame des "sanctions".
Mais peut-être essaie-t-il tout simplement de justifier son titre de « impudent little Jew ».
(Yats se prend pour le "Premier ministre" ; "son" Ukraine doit 2.000.000.000 de dollars à Gazprom.)

Invasion : Des mercenaires US déployés à Odessa.  Ils "travaillent" pour Greystone Limited, une filiale d'Academi (ex-Blackwater). Il y a fort à parier qu'il y en a également dans d'autres régions d'Ukraine, à commencer par Kiev.


Milice de la République Autonome de Crimée :

Le ruban de Saint Georges orange et noir symbolise à la fois la victoire de 1945 sur le nazisme et
la tradition impériale héritée du tsar Alexandre 1er - curieux mélange permis par le patriotisme russe.
Poutine et Medvedev arborent eux aussi ce ruban, à défaut de décorations.

A quoi sert l'armée ukrainienne ?... Aux abords de la base de Belbek, près de Sébastopol, la BBC (British Bastards Connection) organise une provocation antirusse. Une compagnie pro-putsch marche en direction du barrage russe qui se trouve à proximité de la base, dans l'espoir que des coups de feu seront tirés et qu'il y aura des morts. Ce serait excellent pour l'audimat de la chaîne... et pour la promotion de la prochaine guerre. Les soldats ukrainiens, sans armes, défilent en chantant derrière un drapeau jaune-bleu et... un drapeau soviétique qui devait moisir au fond de leur caserne. Les militaires russes n'oseront quand même pas tirer sur le beau drapeau de Lénine... Et s'ils osent, ce sera formidable comme "Breaking News". Manque de chance, les Russes gardent la tête froide, tirant seulement quelques coups de feu en l'air. Après un court échange d'arguments, les Ukrainiens repartent comme ils étaient venus... Finalement, tout cela est moins télégénique qu'un escadron de Femen...


Inversion des valeurs : les alliés des fachos de Kiev
brandissent le drapeau soviétique - on aura tout vu...

Guennadi Bassov, conseiller municipal de Sébastopol qui participe aux négociations avec les commandants des unités militaires ukrainiennes basées en Crimée, signale que 23 de ces unités sur 34 sont passées sous l'autorité du gouvernement de la République autonome ; selon le Premier ministre criméen Sergueï Aksionov, cela représente plus de 5.500 militaires ukrainiens (cité par RIA Novosti).


5 mars 2014 : Le "gouvernement" de Kiev nomme deux oligarques aux postes de gouverneurs des régions (russophones) de Donetsk et Dniepropetrovsk. Il s'agit des milliardaires Sergueï Tarouta et Igor Kolomoïski. Ce dernier est banquier et président de l'Association ukrainienne de Yad Vashem. Les fascistes du Maïdan n'ont rien contre le Shoah business...

Selon le site sioniste JTA les oligarques juifs ukrainiens comptent parmi les plus grands "philanthropes" (on les appelle ainsi parce qu'ils financent des projets juifs). Les trois principaux sont Rinat Akhmetov, Victor Pintchouk et Alexander Feldman. Mais il y en a encore d'autres, Vadim Rabinovitch par exemple. Inutile de dire qu'ils soutiennent tous la "révolution orange 2.0". (Ce n'est pas qu'ils étaient plus mal lotis sous Ianoukovitch...)

Les médias américains amplifient leur offensive de propagande contre la Russie par Joseph Kishore et David North (wsws) :

"Après le coup d'Etat de l'extrême droite, organisé par les Etats-Unis et les puissances européennes en Ukraine, les médias américains réagissent en déversant un déluge de propagande incendiaire à l'encontre de la Russie. La diabolisation est implacable aussi bien dans la presse écrite que par la voie des ondes. La couverture des événements suit un même et unique scénario simpliste. Les actions de la Russie sont représentées comme étant la quintessence du mal. Son président, Vladimir Poutine, est l'incarnation du diable. Le contexte historique, les intérêts économiques, le contexte politique et les calculs géostratégiques qui sous-tendent les actions de la Russie sont ignorés. Aucun fait susceptible d'entraver le message programmé n'est admis. Aucun mensonge n'est par trop absurde ou ridicule. Le but de la campagne de propagande n'est pas de convaincre l'opinion publique, mais de l'intimider..."

"Le caractère coordonné de la réaction des médias américains montre clairement qu'il ne s'agit pas d'écrits personnels, mais plutôt d'un plan délibéré qui vise à endoctriner l'opinion pour qu'elle accepte des actions jugées impensables naguère. D'influents experts en politique réclament une action militaire..."


6 mars 2014 : le Parlement de Crimée décide que le référendum prévu pour le 30 mars est avancé au 16 et que le choix sera le suivant :

1) Etes-vous pour l'intégration de la Crimée à la Russie en tant que sujet de droit de la Fédération russe ?  ou  2) Etes-vous pour le rétablissement de la Constitution de la République de Crimée de 1992 et pour le statut de la Crimée au sein de l'Ukraine ?

Pour ce qui est de l'option 1, c'est nettement plus clair que ce qui avait été dit le 1er mars (voir plus haut). Mais si - contre toute attente - les Criméens choisissaient l'option 2, personne ne peut dire ce qui se produirait, étant donné que la constitution de 1992, qui devait consacrer l'indépendance de la Crimée, n'est jamais entrée en vigueur, et que la constitution valable actuellement est celle de 1998. On ne sait pas non plus très bien à quel "statut" il est fait allusion, mais ce n'est apparemment pas celui qui prévalait au moment du coup d'Etat.  (Texte du référendum en russe, ukrainien et tatar)

Quoi qu'il en soit, grâce aux putschistes la situation évolue à la vitesse grand V, mais pas dans le sens où ils le voulaient. En désespoir de cause, les nouveaux hommes forts de Kiev déposent un projet de loi en vue de l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN.

Yats (voir plus haut 4 mars) fait encore parler de lui. Quelques heures après que sa clique ait demandé l'adhésion à l'Organisation Terroriste de l'Atlantique Nord, M. Arsenic prétend sans rougir que cette adhésion n'est pas prévue. Depuis qu'il est "au pouvoir", il dit systématiquement le contraire de ce qu'il fait, et inversement. Le 21 février, il signe avec Ianoukovitch un "accord" qu'il viole le lendemain, mais c'est le président légitime qu'il accuse de "violation". Dans la foulée, Schizo-Yatso fait interdire la langue russe, mais prétend que les russophones n'ont rien à craindre et que leurs droits seront garantis ("garantis" comme "l'accord" du 21/2). Il limoge ensuite trois généraux ukrainiens qui s'opposaient à l'intégration au sein de l'armée des groupes de choc de l'organisation fasciste Pravy Sektor (détails), ce qui ne l'empêche pas de raconter à qui veut l'entendre qu'il n'y a pas de fascistes dans son camp.

L'opposition était derrière les snipers de Kiev

Alors que l'OTAN et ses marionnettes accusent la Russie d'envahir la Crimée, John Brennan, directeur de la CIA depuis 2013, déclare qu'il n'en est rien. En effet, un traité conclu en 1997 entre la Russie et l'Ukraine autorise la présence de 25.000 militaires russes (voir cet article du Los Angeles Times). Or, le nombre de soldats russes déployés dans la péninsule est bien inférieur - le "gouvernement" de Kiev parle de 16.000. Donc, même si Moscou a envoyé des troupes en Crimée ces derniers jours pour renforcer un contingent jugé trop faible, il ne s'agit pas d'une "invasion" aussi longtemps que le plafond de 25.000 n'est pas dépassé.

RT - Russia Today confirme ce fait... et quelques autres. La présence russe en Crimée remonte à 1783 (Catherine II), Sébastopol a été fondé par le prince Potemkine (ministre et amant de la tsarine) ; la Crimée a fait partie de la Russie jusqu'en 1954 (transfert administratif de la Russie soviétique à l'Ukraine soviétique) ; après la disparition de l'URSS, la Russie a récupéré 81,7 % de la flotte soviétique ; le traité russo-ukrainien est valable jusqu'en 2042 ; outre les 25.000 militaires, l'armée russe a le droit de stationner en Crimée 132 véhicules blindés, 22 avions, 24 batteries d'artillerie d'un calibre de 100 mm ; elle dispose également de cinq unités navales et de deux bases aériennes.


Petit retour en arrière :
« Policiers sanguinaires contre manifestants pacifiques »

Avec une telle tactique, imposée par Ianoukovitch,
la police - désarmée - était bien entendu impuissante face aux émeutiers.

7 mars 2014 : les Occidentaux réagissent de manière hystérique à l'annonce du référendum de Crimée. Il serait paraît-il "illégal" - le coup d'Etat, lui, ne l'était pas. Comme toujours, on confond à dessein causes et conséquences. On impose des "sanctions" à la Russie, quitte à crier au scandale lorsque ce pays adoptera des mesures de rétorsion. Washington et Bruxelles ont le droit de "punir", Moscou a seulement le droit de se soumettre...

Mais c'est sur place que tout va se décider. Les commandos pro-putsch, impuissants en Crimée, débordent d'activité dans les autres régions russophones du sud et de l'est, à Odessa et même à Donetsk, où ils ont pour mission de reproduire l'effet Maïdan. Face à cela, Poutine est revenu à sa tactique favorite : l'attentisme. Il ne s'est pas prononcé sur le référendum. Même si la majorité des Criméens approuve le rattachement à la Fédération russe, il faut craindre que le patron du Kremlin ne fasse la sourde oreille. Il n'est apparemment pas disposé à aller au-delà des mots d'ordre figurant sur ce panneau. Justifiés et raisonnables à la mi-février, ces slogans sont tragiquement inefficaces et insuffisants deux semaines après le coup d'Etat :


STOP Maïdan - LA CRIMÉE est pour la stabilité !
NON à l'intervention étrangère !
 "

Beaucoup de gens en Russie se solidarisent avec la Crimée. Des manifestations de soutien ont lieu dans de nombreuses villes. Reste à savoir si le mouvement sera suffisant pour faire flancher Poutine.

En Crimée même, des espions et agitateurs déguisés en "observateurs" de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) tentent pour la seconde fois d'entrer sur le territoire et sont refoulés. On leur conseille d'aller enquêter sur les exactions commises par les néo-nazis de Kiev. Pour bien montrer qui les a envoyés en Crimée, les provocateurs internationaux sont accompagnés par un convoi de 50 voitures pro-Maïdan. On ne pourra pas dire qu'ils n'ont pas tout essayé...

Après la brillante presta-sion de BHL le 3 mars, c'est au tour de son co-élu Conne-Bendit de monter au créneau. Pour "punir" Poutine, le pédophile sioniste franco-allemand exige le boycott de la Coupe du monde de foot 2018 en Russie. Ducohn-Bendit est un habitué de ce genre de revendications : en 2006, il voulait faire exclure l'Iran du Mondial organisé par l'Allemagne. On ne sait plus exactement pourquoi, c'était probablement à cause de l'antisémitisme doublé d'antisodomitisme du méchant dictateur Ahmedinejad.

8 mars 2014 : La Crimée et le Droit  par Jacques Sapir.  Pour l'auteur, si l'on accepte le point de vue américano-européen selon lequel ce qui s'est passé à Kiev est une révolution, et si l'on s'accommode des violations de la constitution qui en résultent, alors il faut être cohérent et ne pas parler d'illégalité quand la Crimée fait la même chose :  "Si l'on considère que les anciennes règles ne sont plus valables, cela est vrai aussi pour le gouvernement de la Crimée. En tout état de cause, on ne peut appliquer un principe de droit à Kiev et un autre à Simféropol..."  Jacques Sapir signale que "les villes d'Odessa et de Nikolaïev [carte] ont déjà demandé leur rattachement à la Crimée ; demain, il est à prévoir qu'elles demanderont aussi d'organiser un référendum sur le rattachement à la Russie... Les dirigeants de l'UE et des Etats-Unis ont ouvert la boîte de Pandore..."

Après la "fête" du Maïdan, le petit peuple passe à la caisse :  "Avec son projet explosif de plan gouvernemental de 'stabilisation économique', Iatseniouk [Arsenic Yats - encore lui] prépare la politique la plus antisociale en Ukraine depuis l'indépendance. Le Maïdan qui voulait lutter contre 'l'oligarchie corrompue' s'attaque aux retraités et aux travailleurs... "

Pour la troisième fois en trois jours, les barbouzes et fouteurs de merde de l'OSCE essaient de pénétrer en Crimée. Accueillis par des tirs de sommation des forces pro-russes postées à la frontière, ils font demi-tour. Prochain essai demain...


9 mars 2014 : Les fascistes de Kiev coopèrent avec les terroristes tchétchènes. Dimitri Iaroch, führer du Pravy Sektor, a demandé à son homologue Dokou Oumarov de l'aider dans sa tâche en organisant de nouveaux attentats en Russie. C'est somme toute normal, puisque les deux groupes sont pareillement manipulés et utilisés par les maîtres du monde.


Campagne référendaire en Crimée :

"Le 16 mars nous allons choisir..."

Le pendule ukrainien  par Israël Shamir :

"Une centaine de membres de l'armée privée de Blackwater-Academi patrouillent dans Kiev, tandis que d'autres tentent de mater la révolte à Donetsk. Officiellement, ils sont là sur invitation du nouveau régime pro-occidental. Fer de lance de l'invasion US qui tente de consolider le régime et de briser toute résistance, ils ont déjà trempé leurs mains dans le sang à Donetsk..."

"Tandis que Poutine suivait les compétitions à Sotchi, la révolution brune se déroulait en Ukraine... Une coalition d'ultra-nationalistes ukrainiens et d'oligarques principalement juifs vient de s'emparer du pays. Le président légitime a été forcé de s'enfuir pour sauver sa peau. Des membres du Parlement ont été malmenés, et dans certains cas on a pris leurs enfants en otage pour s'assurer de leur vote, tandis que des hommes en armes perquisitionnaient chez eux. Le putsch était bouclé. L'Occident reconnaissait aussitôt le nouveau gouvernement, mais non la Russie... La véritable histoire se déroule en ce moment en Crimée et en Ukraine orientale, et c'est celle de la résistance au coup d'Etat pro-occidental..."

"Les oligarques qui ont financé l'opération Maïdan se sont partagé le butin : le bienfaiteur le plus généreux, le multimilliardaire Igor Kolomoïski [voir plus haut 5.3.14], a reçu le fief de la ville russophone de Dniepropetrovsk. On ne lui a pas demandé de rendre son passeport israélien. Ses frères en oligarchie ont pris d'autres villes russophones, y compris Kharkov et Donetsk, la Chicago ukrainienne, ou sa Liverpool. Kolomoïski n'est pas simplement un 'oligarque d'origine juive', mais un membre actif de la communauté, un supporteur d'Israël et un donateur de nombreuses synagogues, dont l'une est la plus grande d'Europe [= 'philanthropie']. Il n'était nullement gêné de soutenir les néo-nazis, même ceux qui ont été interdits de séjour aux USA pour antisémitisme déclaré. Et c'est bien pour cela que les appels à la conscience juive contre le putsch brun ont exemplairement échoué."

"Puis vint le tour de la croisade nationaliste contre les russophones, Russes ethniques et Ukrainiens russophones - la distinction est capitale - principalement les ouvriers de l'industrie, du sud et de l'est du pays. Le régime de Kiev a banni le Parti communiste et le Parti des régions, qui est le plus grand parti du pays, massivement soutenu par les ouvriers russophones. Le premier décret du régime a interdit le russe dans les écoles, à la radio et à la télévision, ainsi que tout usage officiel du russe. Le ministre de la culture a qualifié les russophones d'imbéciles, et a proposé de les jeter en prison s'ils se servaient de la langue interdite en public. Un autre décret menaçait de dix ans de taule tout détenteur de la double nationalité russe et ukrainienne, tant qu'il n'aurait pas renoncé à son identité russe. Et ce n'étaient pas de vains mots : les troupes d'assaut du Secteur Droit, la force de combat d'avant-garde en faveur du Nouvel Ordre, ont parcouru le pays en terrorisant les officiels, en frappant les citoyens, en occupant les bâtiments gouvernementaux, en abattant les statues de Lénine, en démolissant les monuments commémoratifs de la Seconde Guerre mondiale, et en imposant leur loi par tous les moyens..."

"La Russie ne s'était pas mêlée des évènements ukrainiens, car Poutine ne voulait pas être accusé d'ingérence, alors même que des envoyés US et européens prêtaient main forte aux rebelles et les encadraient. Le peuple russe l'applaudirait chaudement s'il devait envoyer ses tanks à Kiev pour reconquérir l'Ukraine toute entière, qu'ils considèrent comme partie intégrante de la Russie. Mais Poutine n'est pas un nationaliste russe, et il n'a pas de perspective impériale..."

"En Crimée, les gens se sont levés, ont démis leurs dirigeants officiels qui cherchaient le compromis, et ont élu un nouveau chef, Sergueï Aksionov. La nouvelle direction a assumé le pouvoir, pris le contrôle de la Crimée, et a demandé aux troupes russes leur protection face à la menace d'attaque par les enragés de Kiev. Cela ne semble pas avoir été nécessaire pour le moment : il y avait pléthore de Criméens prêts à défendre leur terre des envahisseurs bruns, il y avait des volontaires cosaques, et il y a la marine russe stationnée en Crimée en vertu du traité. Ses marines seraient probablement à même de donner un coup de main aux Criméens en cas de difficulté. Ceux-ci, avec une certaine assistance russe, ont bloqué la route qui traverse l'isthme reliant la Crimée au continent..."

"Comme la Crimée a défié les ordres de Kiev, elle devient une référence pour d'autres régions d'Ukraine. Le Donbass, la région du charbon et de l'acier [entre Donetsk et Lougansk - carte], a brandi des drapeaux russes et réclamé l'autodétermination, comme la Crimée. Ils veulent vraiment rejoindre une Union douanière chapeautée par la Russie. On ne sait trop s'ils préféreraient l'indépendance, l'autonomie ou quelque chose d'autre, mais eux aussi ont prévu une consultation populaire. Il y a eu de grosses manifestations contre le régime de Kiev à Odessa, à Dniepropetrovsk, à Kharkov et dans d'autres villes russophones. Pratiquement partout, les députés cherchent à s'entendre avec Kiev et à en tirer quelques bénéfices, mais les gens ne sont pas d'accord. Ils sont furieux, ils ne veulent pas entendre parler de la junte."

"Le régime de Kiev ne veut pas admettre leur revendication de liberté. Le maire de Donetsk, bien élu et populaire, a été enlevé par les forces de 'sécurité' ukrainiennes, et emmené à Kiev. Et maintenant on manifeste violemment dans la ville. La junte a choisi un oligarque pour commander le Donbass, Sergueï Tarouta [également plus haut 5.3.14], mais il a eu du mal à assumer le rôle, parce que les gens du cru n'en voulaient pas, pour une bonne raison : c'est lui qui a racheté le très important port polonais de Gdansk et l'a mené à la banqueroute. Il semble qu'il soit plus performant pour siphonner des capitaux au loin que pour diriger des affaires sérieuses. Honteusement, M. Tarouta amenait avec lui un personnel de 'sécurité' non identifié et lourdement armé, des mercenaires fournis par Blackwater, à ce qui se dit fraîchement débarqués d'Irak et d'Afghanistan. Il va lui en falloir bien plus s'il veut prendre le Donbass de force."

"L'Ukraine n'a pas grand-chose comme armée, dans la mesure où les oligarques ont raflé tout ce qui était jadis assigné aux militaires ; le régime de Kiev n'a aucune confiance dans sa propre armée, de toute façon. Leur tentative pour lever un contingent de civils a immédiatement échoué, parce que presque personne ne s'est présenté. Ils essaient toujours d'écraser la résistance. Trois cents nouveaux mercenaires de Blackwater ont atterri mercredi dernier 5 mars à l'aéroport de Kiev. Le régime a appelé l'OTAN au secours et fait savoir qu'il était prêt à permettre le stationnement de missiles US en Ukraine. Ces missiles, comme ceux de Pologne, trop près eux aussi de la Russie au goût des Russes, pourraient fort bien représenter la ligne rouge russe à ne pas franchir, tout comme les missiles russes à Cuba pour les Américains en 1962."

"Poutine a demandé à la chambre haute du Parlement russe la permission de déployer des troupes russes si nécessaire, et le Parlement a donné son feu vert à l'unanimité. Elles seront probablement déployées pour protéger les ouvriers en cas d'attaque par un Secteur Droit vitaminé par les mercenaires de Blackwater. Une catastrophe humanitaire, des troubles à grande échelle, un afflux de réfugiés ou l'arrivée des troupes de l'OTAN pourraient aussi forcer la main à Poutine, y compris contre sa volonté..."


Ukraine : le retour au réel  par Xavier Moreau.

Ukraine, la nouvelle proie du FMI  par Renaud Vivien.


11 mars 2014 : Ianoukovitch, depuis son exil de Rostov-sur-le-Don, en Russie, fait une nouvelle apparition télévisée dans laquelle il annonce qu'il est toujours président et commandant en chef des forces armées, et qu'il retournera en Ukraine le moment venu. On se demande bien pourquoi il ne le fait pas dès maintenant. Peut-être craint-il de se faire lyncher par ses anciens partisans de Donetsk, qui avaient pourtant voté pour lui à 90 % en 2010... Sergueï Aksionov, Premier ministre de Crimée, dit de Ianoukovitch : "Du point de vue légal, il demeure président, il a le droit de signer les documents officiels. Mais rien de plus. Il ne représente, pour moi, aucune autorité morale ; il a trahi la population du sud et de l'est ukrainien. Je ne tiens même pas à parler de lui..." - source.

En Crimée, sans attendre le référendum, le Parlement adopte une déclaration d'indépendance se référant expressément à la Charte des Nations Unies (droit des peuples à l'autodétermination) et à l'avis de la Cour internationale de Justice sur le Kosovo du 22 juillet 2010.  On explique cette démarche par le fait qu'une intégration à la Fédération de Russie n'est possible, selon la législation russe, que pour des Etats indépendants, conformément aux traités internationaux.  Il semblerait cependant que les Criméens mettent la charrue avant les bœufs, ou alors ils essaient de pousser Poutine à l'action.

A Kiev, pour montrer qu'il a le sens de l'humour, le Parlement épuré menace de dissoudre le Parlement de Crimée si le référendum prévu pour le 16 mars n'est pas annulé avant le 12. Klitchko enfile déjà ses gants de boxe...


Sur l'intervention occidentale occulte en Ukraine russophone (Blackwater et autres forces spéciales), Paul Craig Roberts écrit dans cet article du 6 mars :

"Washington et ses marionnettes de l'UE, qui proclament leur soutien à l'autodétermination, ne soutiennent celle-ci que lorsqu'elle peut-être manipulée à leur profit. En conséquence, Washington œuvre à se débarrasser de l'autodétermination en Ukraine orientale. C'est un grave dilemme pour Poutine. Son approche profil bas a permis à Washington de saisir l'initiative dans cette région. Les oligarques Tarouta et Kolomoïski ont été mis au pouvoir à Donetsk et à Dniepropetrovsk et sont en train de faire arrêter des Russes et de commettre des crimes indescriptibles, mais vous ne l'entendrez jamais dans les médias occidentaux. La stratégie de Washington est d'arrêter et de mettre six pieds sous terre les leaders des sécessionnistes, de façon à ce qu'il ne reste plus aucune autorité pour demander l'aide de Poutine et l'intervention de la Russie... Si Poutine laisse Washington s'emparer des provinces orientales russes de l'Ukraine, il aura alors démontré une faiblesse que Washington va exploiter. Washington exploitera cette faiblesse au point qu'il forcera Poutine à faire la guerre. Et cette guerre... sera nucléaire."

Dans un article précédent (du 14 février) le même auteur mettait en garde : La Russie est attaquée. Si elle ne se réveille pas, elle sera bientôt de l'histoire ancienne. (Malgré la traduction automatique un peu boiteuse, le contenu est très pertinent et presque prémonitoire.)


ONGs au service de la guerre et de l'Empire  en Ukraine et ailleurs (vidéo RT 12 mn 50 - en anglais, sous-titres français)


13 mars 2014 : Tentative de maïdanisation dans l'est de l'Ukraine : des partisans du coup d'Etat "manifestent pacifiquement" à Donetsk, où ils sont pourtant archi-minoritaires. Aidés par des hooligans d'un club de foot local, et armés de gourdins et de fusées de feu d'artifice (en attendant mieux), ils affrontent des contre-manifestants pro-russes peu disposés à céder le terrain à la racaille de Kiev. Sans l'appui du gouverneur-oligarque Tarouta, qui contrôle la police et l'administration, ces événements seraient impossibles. Il y a déjà un mort et une dizaine de blessés. Les snipers ne sont pas encore entrés en action, mais cela ne saurait tarder.

A New York, devant le Conseil d'Insécurité, derniers efforts politiques des putschistes et de leurs maîtres avant le référendum de Crimée. Ils ont fait venir leur chouchou Yats, cet imposteur à qui ils font jouer le rôle de "Premier ministre". L'ambassadeur russe auprès de l'ONU, Vitali Tchourkine, rejette le projet de résolution présenté par les USA et défend le droit à l'autodétermination des Criméens. Il demande une enquête internationale sur les actes de violence perpétrés à Kiev : "L'image donnée par la propagande occidentale s'inverse complètement quand on sait que ce sont les mêmes provocateurs qui ont tiré à la fois sur les forces de police et sur les protestataires. Et selon les dernières informations publiées, les tirs de snipers provenaient du quartier général du soi-disant 'commandant de Maïdan'* qui se trouve maintenant à la tête du 'Conseil ukrainien de sécurité'..."  (source : RT)  Pas un mot de tout cela dans les médias occidentaux...

* Il s'agit du fasciste Andriy Parubiy - voir ici

Face à l'opposition russe, la résolution américaine n'est pas soumise au vote.


15 mars 2014 : On croyait que tout avait été dit le 13 mars au Conseil de "Sécurité" de New York. Eh bien non, les USA essaient encore une fois de faire passer une résolution, aussitôt bloquée par Moscou, dans laquelle ils déclarent que le référendum de Crimée n'a "aucune validité" et "appellent tous les Etats et organisations internationales à ne pas en reconnaître le résultat". Sur les 15 pays membres du Conseil, 13 soutiennent le projet de résolution : 3 membres permanents (USA, Royaume-Uni, France) et 10 membres non-permanents contrôlés par l'Empire (Argentine, Australie, Corée du Sud, Luxembourg, Rwanda, Chili, Jordanie, Lituanie, Nigeria, Tchad). La Chine s'abstient, moins pour se désolidariser de la Russie que pour ne pas créer de précédent pour le cas où quelqu'un réclamerait le même genre de référendum au Tibet ou au Xinjiang (voir ici).

Les intérêts de la Chine et de la Russie divergent sur ce point. Pékin a su préserver son unité territoriale malgré les bouleversements survenus depuis 1989 et ne veut en aucun cas toucher aux frontières existantes, ni en Chine ni ailleurs. Moscou, de son côté, après avoir laissé éclater l'URSS, n'est pas disposé à voir le même processus appliqué à la Russie. Les Russes (mais pas nécessairement Poutine) ne voient donc aucun inconvénient à utiliser contre leurs adversaires les armes que ceux-ci ont utilisées et utilisent encore contre eux.

Pendant ce temps à Kiev, désespérés et pathétiques, les putschistes du Parlement ukrainien décident de "dissoudre" le Parlement de Crimée. Ce dernier devrait à son tour dissoudre le Parlement de Kiev...

A Kharkov, où des rassemblements russophones ont lieu comme un peu partout dans l'est du pays, des néo-nazis du Pravy Sektor tirent sur les manifestants et tuent deux personnes. Alors que le camp pro-russe réclame le démantèlement des milices fascistes, les putschistes sont en train de les intégrer à l'armée ukrainienne pour former une "Garde nationale". Il serait grand temps que les russophones mettent en place des groupes d'autodéfense comme en Crimée. Sans résistance organisée, la population, aussi nombreuse soit-elle, ne pourra jamais venir à bout des gangsters et mercenaires venus de l'extérieur.

Right Sector leader : Kiev should be ready to sabotage Russian pipelines in Ukraine. Dimitri Iaroch, führer du Pravy Sektor et secrétaire adjoint du "Conseil national de Sécurité et de Défense" du "gouvernement" de Kiev (voir ici) veut saboter les pipe-lines par lesquels le gaz russe transite vers l'Europe de l'Ouest. Iaroch est non seulement complice des terroristes tchéchènes (9 mars), il a combattu à leurs côtés dans le Caucase. La Russie a lancé un mandat d'arrêt international contre le nazi ukrainien pour incitation au terrorisme. Mais il ne craint rien puisqu'il bénéficie de la protection occidentale.

D'ailleurs, les protecteurs de Iaroch pratiquent eux-mêmes une autre forme de terrorisme antirusse : juste avant le référendum de Crimée, ils ont lancé, depuis l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, au sud de Chicago, une cyber-attaque massive contre le site Internet du gouvernement criméen - détails. Des sites d'information russes ont également été attaqués, depuis Kiev.

Ukraine Spins Crimea Border Dispute as 'Invasion' and Military Victory.  Les mythomanes de Kiev inventent une "invasion russe", suivie dans la foulée par une "grande victoire ukrainienne". Que s'est-il passé au juste ?...  Un hélicoptère russe a atterri sur la flèche d'Arabat*, une étroite bande de terre au nord-est de la Crimée (carte), afin de protéger un terminal gazier. Ce faisant, les Russes ont "violé la frontière" séparant la partie criméenne de la partie ukrainienne de cet isthme et pénétré (sur une distance de combien de mètres ?) en territoire ukrainien. Kiev a aussitôt "déployé ses forces aériennes, mettant en fuite les envahisseurs"... Le monde est passé à deux doigts de la Troisième Guerre mondiale - on aura sûrement l'occasion de se rattraper bientôt...

* D'après Wikipédia, la flèche d'Arabat sépare la mer Putride de la mer d'Azov - autant dire de la "merde Azov". Tout cela est bien nauséabond...


16 mars 2014 : Nouveaux rassemblements pro-russes dans l'est du pays. A Kharkov, la "Justice" au service des putschistes interdit un meeting de solidarité avec la Crimée. Un huissier se présente devant les manifestants pour leur notifier l'interdiction. Hué par la foule, il doit se réfugier dans une voiture de police.  Comme disait l'autre, les cons osent tout, c'est à ça qu'on les reconnaît...  En tout cas, le régime de Kiev a proclamé son intention de poursuivre systématiquement tous les opposants à sa politique.

Le fait que les partisans du coup d'Etat puissent se permettre d'agir ainsi dans des régions où vivent jusqu'à 90 % de Russes, sans être immédiatement virés à grands coups de pied dans le cul, est quand même assez étonnant. Il faut espérer que la population va finir par se réveiller pour de bon. Peut-être un début : à Donetsk, des militants pro-russes occupent les bureaux du procureur et le siège de l'Union industrielle du Donbass, une des plus grandes entreprises d'Ukraine, qui appartient au gouverneur-oligarque Sergueï Tarouta. Excellent, à condition qu'ils ne se laissent pas déloger par la première escouade de flics venue, ni kidnapper comme c'est arrivé à Pavel Goubariev.


RÉFÉRENDUM DE CRIMÉE

Questions posées : voir plus haut 6 mars

Le 16 mars 2014, la Crimée vote massivement en faveur de la réunification avec la Russie. Selon RIA Novosti, 96,7 % des votants approuvent cette réunification, pour un taux de participation de 83,1 %. Par conséquent, 80 % des Criméens inscrits (96,7 % de 83,1 = 80) ont choisi le rattachement à la Russie, alors que la proportion de Russes en Crimée est de 60 %.

Etant donné que les électeurs russes n'ont pas voté à 100 % pour la réunification (la Crimée n'est pas la Corée du Nord), et en supposant un taux de 95 %, on peut dire que les Russes ayant approuvé la réunification représentent 57 % des électeurs inscrits (95 % de 60 = 57). Cela signifie donc que 23 % des électeurs inscrits (80 - 57) ont approuvé le rattachement à la Russie bien qu'ils ne soient pas russes, alors que la proportion de non-Russes en Crimée est de 40 %.

Bref, les Ukrainiens et Tatars qui ont voté pour l'intégration de la Crimée à la Russie sont plus nombreux que les Ukrainiens et Tatars qui ont voté contre ou se sont abstenus. Les médias occidentaux se gardent bien de signaler ce détail étonnant...

Comme prévu, l'UE déclare le référendum "illégal" - logique de la part de ce monstrueux conglomérat antidémocratique et apatride, pour qui le sentiment national et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes sont les insultes suprêmes. Dès demain, les parasites de Bruxelles vont décréter des "sanctions" contre Moscou. Ils savent qu'ils vont ainsi se tirer une balle dans le pied, mais ils n'y peuvent rien, les ordres de Washington sont formels...

Une fois de plus, on peut constater ce que vaut la prétendue démocratie occidentale. Un scrutin parfaitement libre et régulier qui n'a pas l'agrément des maîtres du monde est forcément illégal, illégitime, anticonstitutionnel, controversé, douteux, sans aucune validité, nul et non avenu, etc. etc... Pour l'UE, le vote idéal est celui qui s'inspire du vote de février 2014 sur la culture du maïs transgénique.


17 mars 2014 : Après avoir confirmé sa déclaration d'indépendance du 11 mars la Crimée demande son rattachement à la Fédération russe. Quelques heures plus tard, la Russie reconnaît la République de Crimée comme un Etat indépendant et souverain.

Le rouble russe devient monnaie officielle en Crimée, mais la hryvnia ukrainienne sera encore acceptée jusqu'au 1er janvier 2016*.  Les réserves de gaz offshore que Shell et ExxonMobil devaient exploiter à la demande de Kiev, le seront désormais par Gazprom - c'est ce qu'on appelle une sanction inversée...  Afin de faciliter les échanges, les Russes vont construire un pont de 4 km sur le détroit de Kertch qui sépare la Crimée du reste de la Russie (carte). La Crimée, qui importe d'Ukraine 80 % de son électricité, 90 % de son eau potable et 60 % de ses biens de première nécessité, va devoir s'adapter à la nouvelle situation, surtout si les putschistes utilisent l'arme de l'embargo. Ils ont d'ores et déjà mis fin à tous les paiements destinés à l'administration criméenne. Depuis un mois, ils ne paient même plus les soldats ukrainiens encerclés dans les casernes de la péninsule : raison de plus pour ces derniers de rentrer chez eux (sans armes) ou de rejoindre leurs collègues russes.

* En fait elle sera retirée de la circulation dès le 1er juin 2014.


Dans notre série  "En ukrainien, ça s'écrit comme ça se prononce..."  nous vous présentons aujourd'hui : Arsenic Yats
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Pour montrer qu'il est tolérant et ouvert au dialogue, ledit Yats se déclare prêt à autoriser l'usage du drapeau criméen en Crimée, mais à une condition : qu'on supprime d'abord ces affreuses bandes bleue et rouge...

D'autre part, nous apprenons que feu Nikita Khrouchtchev, depuis son petit nuage, suit de très près les événements. Avec sa fougue d'antan il exige que le camarade Poutine se conforme scrupuleusement à la décision prise à l'unanimité par le Secrétaire général du Parti communiste de l'URSS en 1954, et renonce immédiatement à récupérer la Crimée.



RÉUNIFICATION DE LA CRIMÉE AVEC LA RUSSIE : LE RETOUR AU BERCAIL

18 mars 2014 : On annonce qu'à partir du 30 mars, la Crimée adoptera l'heure de Moscou (Paris + 3 heures) à la place de l'heure de Kiev (Paris + 1 heure). Une mesure hautement symbolique...

Puis les événements se précipitent... La Crimée signe avec la Russie un traité d'adhésion à la Fédération qui devra être ratifié par le Parlement. La législation russe sera aussitôt applicable, mais compte tenu de diverses questions pratiques et juridiques qui restent à régler, une période de transition est prévue jusqu'au 1er janvier 2015. Après des semaines de silence et d'hésitation, Poutine semble vouloir régler l'affaire au pas de course... Qu'il ait eu l'intention d'en venir là, ou que le peuple l'ait poussé à faire ce qu'il fallait, peu importe, l'heure est historique. Le président russe n'a jamais été aussi populaire dans son pays, y compris parmi les opposants (ceux de l'opposition parlementaire, pas les opposants payés par la CIA - voir ici).

Reste à savoir ce que vont devenir les Russes qui vivent dans l'est et le sud de l'Ukraine, des régions qui ne semblent pas, pour Poutine, avoir la même valeur que la Crimée. Dans son discours devant les deux chambres du Parlement de Moscou, le président déclare que "la Russie ne souhaite pas une partition de l'Ukraine, elle n'en a pas besoin". C'est presque un encouragement aux gangsters de Kiev - même si Poutine reconnaît "qu'il n'y a pas de pouvoir légitime en Ukraine"...

Le discours de Poutine (article reprenant de larges extraits en français)  -  Vidéo - discours intégral (en russe avec traduction française - 44 mn)*

Soit dit en passant, comme on peut le lire dans l'article ci-dessus, trois millions d'Ukrainiens travaillent en Russie où ils gagnent l'équivalent de 12 % du PIB ukrainien. L'Ukraine serait donc la principale perdante d'une guerre économique voulue par d'autres - sans même parler de la guerre tout court...

* Publié le 22 mars : Discours du Président Vladimir Poutine sur l'intégration de la Crimée à la Fédération de Russie (texte français intégral + vidéo complète en russe 1 h 10 mn)

Pendant que la Russie est en fête, le nouveau pouvoir ukrainien se couche devant le FMI : augmentation du prix du gaz de 100 % et du prix de l'électricité de 40 % ; relèvement de l'âge de la retraite de deux ans pour les hommes et de trois ans pour les femmes ; privatisations et suppressions de subventions, etc...  Voilà qui confirme que les Criméens ont fait le bon choix...


19 mars 2014 : La clique putschiste prétend que les Russes ont tenté de prendre d'assaut une caserne ukrainienne près de Simféropol et tué un soldat ukrainien. Dans la version que donne de l'incident le ministère criméen de l'Intérieur, ce sont des tirs de sniper qui ont fait un mort et deux blessés parmi les combattants des Forces d'autodéfense de Crimée. Un groupe d'hommes armés se trouvait dans un édifice situé à proximité. S'agit-il d'une provocation comme à Kiev ? (voir plus haut 6 mars et 13 mars). On attend maintenant que la Crimée mette fin au problème que constitue la présence de militaires ukrainiens hostiles sur son territoire. Ce qui ne devrait pas être trop compliqué : il suffit de leur couper l'eau, l'électricité et les vivres, et de les cueillir à la sortie.

En attendant, Arseniouc-le-taré parle de "crimes de guerre perpétrés par les Russes" et "autorise ses militaires à faire usage de leurs armes" (jusqu'à présent ils n'avaient pas le droit de s'en servir ?...)  Ce malade mental et ses semblables n'ont que deux mots à la bouche : autoriser et sanctionner. Cela les aide à surmonter leur sentiment d'impuissance.

Petite illustration de ce que la junte de Kiev et ses sponsors entendent par "démocratie" : plusieurs députés néo-nazis de "Svoboba" ("Liberté"), Ihor Miroshnichenko*, Andriy Illenko, Bohdan Beniuk et quelques autres, font irruption dans les bureaux de la Première chaîne de télévision, tabassent le PDG Oleksandr Panteleymonov et le forcent à signer une lettre de démission - article et vidéo (entre-temps censurée). Motif de cette attaque fasciste : la chaîne avait diffusé le discours de Poutine.

* Incroyable mais vrai : Ihor Miroshnichenko fait partie de la commission parlementaire sur la liberté d'expression (sic).

Après que ces violences aient été rendues publiques, Yats-la-crapule et ses acolytes du "gouvernement" font mine de les "condamner". Bien qu'ils approuvent ces méthodes, ils ne veulent pas perdre le soutien de leurs maîtres étrangers. Le nouveau "procureur général" Oleh Maknitskiy, également un nazi de "Svoboda", est chargé d'effectuer une "enquête".

L'agression contre Panteleymonov n'est que la pointe de la pointe de l'iceberg. Depuis un mois, les néo-nazis ukrainiens terrorisent les journalistes, les fonctionnaires, les opposants qui ne se plient pas assez vite à la maïdanisation de la société. Ils jouent le rôle que jouaient les SA et SS allemands après l'arrivée de Hitler au pouvoir. Ils contrôlent les ministères, l'administration, la justice, la police, les services secrets et l'armée ; ils ont accès aux dossiers confidentiels qu'ils utilisent pour consolider leur emprise sur le pays. Les dénégations occidentales n'y changent rien, pas plus que les appels hypocrites à ne pas tomber dans le "piège de la propagande russe". La triste réalité est que les Etats-Unis et leurs satellites, pour parvenir à leurs fins, se servent des groupes fascistes est-européens comme ils se servent des bandes islamistes dans d'autres parties du monde.


Tandis que la plupart de nos médias voient en Poutine un brutal envahisseur, d'autres, qui se veulent "alternatifs", lui attribuent de faramineuses qualités stratégiques. Il appliquerait en politique la défense Alekhine popularisée par un champion du monde d'échecs d'origine russe - voir également cet article de Wikipédia.

Un peu dans le même genre : Le génie du Kremlin met en échec tout l'Occident. C'est pour le moins exagéré : au royaume des aveugles, le borgne est roi...


20 mars 2014 : Le Parlement russe (Douma) ratifie le traité d'adhésion de la Crimée. (Les textes officiels mentionnent "la République de Crimée et la Ville de Sébastopol", cette dernière ayant un statut spécial bientôt appelé à disparaître.)

Changement de propriétaire au quartier général de la marine ukrainienne de Sébastopol et dans diverses casernes de l'armée de Kiev en Crimée. En dépit de nouvelles menaces aussi vaines que ridicules, dont un "ultimatum de trois heures", la junte putschiste annonce qu'elle retire ses soldats de la péninsule. Mais plus de 5.500 d'entre eux préfèrent rester sur place et prêtent serment à la Russie. La réunification est maintenant irréversible.

Après que les Etats-Unis aient décrété des "sanctions" (interdiction de visa et gel d'avoirs inexistants) contre des personnalités politiques réputées "proches de Poutine", la Russie renvoie l'ascenseur. Désormais le sénateur John McCain, le président de la Chambre des représentants John Boehner, le conseiller présidentiel Benjamin Rhodes et quelques autres ne pourront plus rendre visite à leurs protégés russes. Chaque nouveau train de mesures antirusses donnera lieu à des contre-mesures correspondantes.



ON EST SI BIEN ENTRE FACHOS :

Tyahnibok, führer de "Svoboda", en compagnie de son oberführer McCain
alias McAipac alias McDégueu




LES TROUPES DE CHOC DE LA NOUVELLE DÉMOCRATIE UKRAINIENNE :

"A la demande de Mr. McCain, nous mettons nos brassards à l'envers.
Il paraît que ça évite de choquer la communauté internationale
et les oligarques juifs qui nous financent...
"



"Dommage... Vu à l'endroit, c'était nettement plus clair..."





ARSENIC YATS LANCE UN ULTIMATUM À LA VILLE DE PARIS :

"Vous me changez ces noms* tout de suite, sinon je vais chercher BHL...
A la place, vous mettez « boulevard de Kiev » et « métro Maïdan »...
Allez hop, exécution !...  Vous avez cinq minutes...
"

* Les noms en question évoquent le souvenir de la Guerre de Crimée de Napoléon III.





INCORRIGIBLES :

Les Russes n'ont toujours pas compris le principe
de fonctionnement de la communauté internationale.


22 mars 2014 - Attention, il ne faut pas confondre sanction et sanc-sion : Guennadi Timtchenko, oligarque russe "proche de Poutine" et placé pour cette raison sur la liste noire américaine, a été prévenu au préalable et a pu vendre à temps sa participation majoritaire dans la société Gunvor. Selon Wikipédia, "Gunvor est une entreprise de commerce d'énergie enregistrée à Amsterdam, dont les principaux centres opérationnels sont basés à Genève et Singapour. Elle est spécialisée dans le commerce, le transport et le stockage de produits pétroliers et autres produits issus de l'industrie pétrolière."

Timtchenko fait partie du directoire (board of trustees) du "Jewish Museum & Tolerance Center" de Moscou, ce fameux temple de l'Industrie holocaustique ouvert en novembre 2012 à Moscou par Poutine* et ses potes israéliens (voir ici) et dont Wiki dit qu'il est "the largest Jewish museum in the world" : Mazel Tov, les mecs...  Sionipédia précise que pour aller visiter ce très intéressant musée, il faut prendre le tram n° 19 à la station de métro Novoslobodskaïa. N'y allez pas tous en même temps...

* Vladimir Poutine a donné personnellement un mois de salaire pour la construction du musée.

Pas de danger, donc, que Timtchenko fasse l'objet de vraies sanctions. Et puis, si on voulait l'empêcher de voyager avec son passeport russe, il aurait toujours un de ses autres passeports : le finlandais, l'arménien ou l'israélien...


En Crimée, les forces russes font évacuer deux bases militaires où les Ukrainiens s'incrustaient encore : Novofedorovka et Belbek. Le 4 mars, celle-ci avait été le théâtre du fameux Belbek Show sponsorisé par la BBC (voir plus haut). Cette fois, c'est Reuters qui commandite le spectacle, mais il n'y a plus grand-chose à voir. On ignore ce qu'est devenu le drapeau soviétique... Quoi qu'il en soit, les Ukrainiens de Belbek partent en chantant, on dirait qu'ils adorent ça. Ils entonnent leur hymne (L'Ukraine n'a pas encore péri - Ще не вмерла Україна) dont le titre est copié sur celui de l'hymne polonais (La Pologne n'a pas encore péri - Jeszcze Polska nie zginęła). Manque total d'originalité...

Selon un article de RIA Novosti, le ministère russe de la Défense indique que sur 18.000 militaires ukrainiens qui étaient stationnés en Crimée, moins de 2.000 ont choisi de rentrer en Ukraine. Il faut dire qu'ils s'exposent, eux et leurs familles, à des représailles de la part des fascistes qui les considèrent comme des traîtres ayant tout lâché sans tirer un seul coup de feu. Parmi les 16.000 soldats ukrainiens restés en Crimée (des déserteurs aux yeux de la racaille du Maïdan), une partie intègre l'armée russe, où ils seront mieux payés et bénéficieront de meilleurs avantages sociaux ; d'autres, pour une raison ou pour une autre, retournent à la vie civile. L'armée ukrainienne, où la conscription n'existe plus que sur le papier, est en état de profonde décomposition. L'OTAN n'en a pas besoin ; ce qu'il lui faut, c'est 1) le territoire ukrainien pour y déployer des missiles dirigés contre la Russie et 2) le fanatisme local pour recruter les commandos bandéristes* qui joueront, en Russie même, un rôle semblable à celui des rats islamistes en Syrie.

* De Stepan Bandera, le fasciste ukrainien de Galicie, fondateur de la Légion ukrainienne placée sous le commandement de la Wehrmacht. Après la défaite nazie, il est accueilli à bras ouverts en Allemagne occidentale, d'où il dirige, avec l'aide de la CIA, les bandes armées qui terrorisent certaines régions d'Ukraine jusqu'en 1954. Le Maïdan en est la continuation...  Bandera est mort à Munich en 1959, dans des conditions mystérieuses ; il aurait été liquidé par le KGB. En 2010, Victor Iouchtchenko, le faux président ukrainien mis en place par la "révolution orange" de 2004, a élevé le nazi Bandera à la dignité posthume de "Héros d'Ukraine". On a les héros qu'on mérite...  Après son élection à la présidence, Ianoukovitch a invalidé l'attribution de ce titre : pas parce que Bandera était un collaborateur nazi, mais "parce qu'il n'était pas citoyen ukrainien et donc inéligible à cette dignité". (Evidemment, Bandera ne pouvait pas être citoyen ukrainien puisque cette citoyenneté n'existe que depuis 1991. Ianoukovitch est un sacré faux-cul...)

Apprentis bandéristes :

Ils ne feraient pas de mal à une mouche...
En France, on pourrait les prendre pour des "antifas"...


23 mars 2014 : Histoire d'oublier la claque prise en Crimée, les pays de l'OTAN redoublent d'activité verbale antirusse. L'abominable Poutine aurait massé des centaines de milliers d'hommes à la frontière ukrainienne et s'apprêterait à les lancer vers l'ouest. Oui madame, parfaitement... Le dictateur moscovite aurait même l'intention de s'emparer de la Transnistrie, cette inexistante République russophone coincée, comme chacun ne le sait pas, entre la Moldavie et l'Ukraine (carte). Pour y aller, il faut traverser tout le pays. Bonjour les dégâts !...

Peu importe que Poutine fasse au contraire profil bas et qu'il encaisse sans broncher toutes les insultes et toutes les menaces proférées par les sous-fifres de l'Empire. On a même l'impression que le patron du Kremlin est retombé dans sa léthargie d'avant le 1er mars. Les appels de ses compatriotes de Donetsk, qui réclament un référendum comme en Crimée, ne semblent plus l'atteindre.


La différence entre Kiev et la Crimée   -   La différence entre Dieudo et Tyahnibok
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(Tout sur la quenelle)

24 mars 2014 : Encore une base ukrainienne de Crimée reprise par les forces russes, à Féodossia (Théodosie) cette fois. On se demande combien il en reste encore...  Les soldats de Kiev attendaient bien sagement qu'on vienne les déloger, n'ayant reçu aucun d'ordre de leur hiérarchie. Non seulement on ne les paie plus, on ne leur dit pas non plus ce qu'ils doivent faire...

RT signale que le 21 mars, à Vinnitsa au sud-ouest de Kiev (carte), des gangsters armés portant des uniformes de l'UPA du fasciste Bandera (voir quelques lignes plus haut) sont montés dans le train Moscou-Chişinău (Moldavie) et se sont mis à "contrôler" les papiers d'identité des voyageurs. Les citoyens russes se sont vus voler leur argent et leurs bijoux ; quand ils ont voulu porter plainte, la police ukrainienne a refusé de faire quoi que ce soit...  Un "incident" similaire s'est produit dans le train reliant Krivoï-Rog (sud-ouest de Dniepropetrovsk) à Moscou. Mais là, ce sont des gardes-frontière ou des douaniers ukrainiens qui ont "confisqué" les passeports russes. Dans certains cas, ils les ont restitués contre paiement de 6.000 roubles (120 euros).

En riposte à des "sanctions" canadiennes, Moscou interdit l'entrée en Russie à 13 responsables politiques du gouvernement et du Parlement d'Ottawa - détails.

Contagieux : Pétition pour l'adhésion de l'Alaska à la Russie.
Russe jusqu'en 1867, l'Alaska a été vendue aux Etats-Unis pour 7,2 millions de dollars. Est-ce un signe annonciateur de la prochaine dislocation des USA ?

25 mars 2014 : Le programme de Ioulia Timochenko : "Il est temps de prendre nos armes et d'aller tuer ces maudits Russes ainsi que leur leader... [Si j'étais au pouvoir] j'aurais trouvé un moyen de tuer ces connards... Et j'utiliserais tous mes moyens pour faire se soulever le monde entier afin qu'il n'y ait même plus un champ brûlé en Russie..."

La dernière fois qu'il n'y a eu "même plus un champ brûlé en Russie", c'était en 1941-44, lorsque les nazis allemands ont pris les choses en main...  Dire qu'il y a des gens qui font encore la distinction entre les fascistes ukrainiens ("Svoboda", Pravy Sektor et autres bandéristes) et les soi-disant "modérés" (Yats, Timochenko et compagnie). Fascistes, ils le sont tous. Le seul qui puisse éventuellement s'en tirer avec le bénéfice du doute, c'est Klitchko, que les Américains ont écarté parce qu'il était le candidat de l'Europe ("Fuck EU !...")

Encore la terre brûlée - Vol au-dessus d'un nid de cinglés  par Xavier Moreau : "Humilié par son échec, le département d'Etat américain a décidé d'appliquer à l'Ukraine la même politique de terre brûlée qu'en Syrie. Les bandes continuent de semer le désordre partout dans le pays... Pour certains hommes d'affaires ukrainiens, Kiev ressemble désormais à Chicago, et c'est la radio anti-Poutine 'Echo de Moscou' qui le dit. Le banditisme y est devenu incontrôlable. L'idéologie de Pravy Sektor a fait place à du racket pur et simple..."  Suit une liste de "ce qui s'est passé la semaine dernière et dont la presse française ne parlera jamais".

"Le département d'Etat américain, pris totalement au dépourvu par la réunification de la Crimée, cherche à reprendre la main en provoquant un bain de sang entre les armées russe et ukrainienne. Devant le peu d'entrain de cette dernière de vouloir s'engager contre un peuple frère, les conseillers militaires américains ont donné l'ordre à Svoboda de prendre progressivement le contrôle des troupes régulières, en augmentant la proportion de militants néo-nazis dans ses rangs. Dans le même temps, Svoboda envoie des véhicules blindés à la frontière russe, en essayant de mettre au sein des unités l'équivalent des commissaires politiques. Nombre de ces mouvements ont été bloqués par les populations de Donetsk, de Lougansk et de Kharkov."

Xavier Moreau confirme que les deux morts de Simféropol, les seuls de tous les événements de Crimée (voir plus haut 19 mars), ont bien été tués selon la méthode, abondamment testée à Kiev et ailleurs, des "snipers de l'OTAN". Cette méthode consiste, on le sait, à tuer des gens dans les deux camps en mettant tout sur le compte du "régime à abattre". En Crimée, personne ne s'est laissé prendre à cette grossière provocation. Les deux victimes, un soldat ukrainien et un cosaque russe "qui ne seront malheureusement pas les derniers à tomber sous les balles de l'OTAN, ont eu droit à un enterrement commun à la maison des officiers. Les cosaques et les soldats ukrainiens de Crimée ne se sont pas trompés d'ennemi."

Autre événement suspect : "La mort d'Alexandre Muzytchko, l'un des piliers de Pravy Sektor est sans doute un signal pour le début des règlements de comptes entre groupes néo-nazis. Ce dernier avait récemment déclaré que les dirigeants de Svoboda avaient l'intention de le tuer. C'est la police de Svoboda qui s'en est effectivement chargée. Si cela s'était produit sous Ianoukovitch, la presse française aurait dénoncé un crime monstrueux contre la démocratie."

On est de plus en plus dans un scénario de type syrien. "Svoboda-Liberté" = Al-Nosra ; Pravy Sektor = EIIL - Emirat islamique d'Irak et du Levant (en arabe : Daech, en jargon israélo-américain : "Al-Qaïda"). Il n'est pas mauvais, en principe, que les nazis de différentes tendances s'entretuent. Malheureusement, cela ne met fin ni à leurs exactions, ni au soutien qu'ils reçoivent des pays de l'OTAN - exactement comme en Syrie. Reste à savoir ce que font les services russes pour protéger leurs concitoyens d'Ukraine.

Xavier Moreau : "Les leaders pro-russes dans l'est sont enlevés les uns après les autres par Svoboda, qui, rappelons-le, contrôle toutes les structures de force. La présence de mercenaires étrangers a été confirmée par la presse russe pro-américaine, leur mission étant de réprimer les mouvements fédéralistes dans le sud-est de l'Ukraine. Les oligarques Kolomoïski et Tarouta [à Dniepropetrovsk et Donetsk - voir plus haut 5 mars] avaient été les premiers à y faire appel."

Le site de Xavier Moreau (articles et vidéos sur la situation en Ukraine)

Dans un article du 15 mars  République bananière d'Ukraine  l'auteur écrivait :

"Le problème des bandes armées est de plus en plus ingérable. A Kiev, dans la nuit du 12 au 13 mars, 38 'Guerriers de Narnia' (une composante du Pravy Sektor), ont attaqué une banque. Arrêtés par la police, ils ont été relâchés après avoir expliqué qu'ils voulaient protéger la banque. Rappelons que les structures de force du gouvernement putschiste sont entre les mains de Svoboda. Le fait est que ces milices sont constituées majoritairement par des militants de l'ouest pauvre de l'Ukraine. Elles n'ont absolument pas envie de se disperser et de retourner dans leur campagne misérable. La violence s'étend de plus en plus dans l'est de l'Ukraine... Pour tenter de reprendre la main, le gouvernement putschiste a décidé de monter une garde nationale. Dans la mesure où le ministre de la défense est l'ancien 'chef d'état-major' de Maïdan, il y a fort à parier que cette garde soit en fait une milice chargée de réprimer les mouvements russophones et d'organiser le nettoyage ethnique, sur le modèle de ce que les services américains avaient effectué avec succès en Krajina [Croatie] en 1995 et sans succès, en 2008, en Ossétie. Le gouvernement russe a clairement fait savoir qu'il ne tolérerait pas ce genre d'agressions..."

"Avec les investissements russes qui vont suivre [la réunification avec la Russie], la Crimée va devenir un îlot de richesse. Notons au passage qu'en se rattachant au régime des retraites russes, les habitants de la Crimée vont voir leurs pensions plus que doubler, tandis que le reste de l'Ukraine va voir les siennes divisées par deux [sur ordre du FMI]. La Crimée conservera également la gratuité des soins médicaux, comme en Russie. Les Ukrainiens de l'Ouest vont s'enfoncer dans leur pauvreté structurelle. Certains migreront vers l'est de l'Ukraine et d'autres émigreront clandestinement vers la Pologne ou l'Allemagne... Les Polonais et les Baltes sont les grands perdants de l'opération. La Pologne voit s'éloigner pour longtemps son rêve de constituer une 'république d'entre deux mers' [de la Baltique à la mer Moire]. Elle risque même d'avoir à gérer les bandes armées, qui une fois leur échec consommé face aux Russes, se retourneront vers leurs autres ennemis : les Polonais (Stepan Bandera a commencé sa carrière en assassinant le ministre de l'Intérieur polonais)...  Leçon numéro 1 : islamisme, fascisme et mafia sont ce qui attend les pays européens qui auraient des velléités d'indépendance ou de sortie de l'OTAN..."

26 mars 2014 : L'UE interdit à ses pays membres de délivrer des visas d'entrée aux Criméens munis de passeports russes. Tout habitant de Crimée voulant se rendre dans un des 28 pays de l'Union, doit présenter un passeport ukrainien revêtu d'un visa émis par un consulat européen en Ukraine. Pour leur part, les putschistes de Kiev considèrent que la Crimée est un "territoire occupé" et interdisent aux Ukrainiens de s'y rendre sans permis spécial. Toute violation de cette nouvelle "loi" peut entraîner une peine de neuf ans de prison.

Ce que le célèbre écrivain russe Alexandre Soljenitsyne (décédé en 2008) disait des relations russo-ukrainiennes en 1998 :

"Que Dieu accorde à l'Ukraine tous les succès dans son développement autonome. L'erreur accablante de ce pays consiste précisément dans cet élargissement à l'excès sur des terres qui jamais jusqu'à Lénine n'avaient été ukrainiennnes : les deux oblasts de Donetsk, toute la ceinture sud de la Novorossia (Melitopol-Kherson-Odessa) et la Crimée."  C'est-à-dire toute la partie sud qui borde la mer d'Azov et la mer Noire (carte).

Soljenitsyne parle aussi de la "persécution active de la langue russe par les autorités ukrainiennes" et écrit à propos de l'ukrainien : "En Galicie annexée, par un empoisonnement autrichien, on a fait pousser une langue ukrainienne dénaturée, non populaire, entrelardée de mots allemands et polonais... Même la population ukrainienne ethnique, pour beaucoup, ne maîtrise ou n'utilise pas la langue ukrainienne..."

"La position antirusse de l'Ukraine est précisément ce dont les Etats-Unis ont besoin. Les autorités ukrainiennes accompagnent complaisamment l'objectif américain d'affaiblir la Russie. Ainsi les choses ont-elles rapidement mûri jusqu'aux 'relations particulières de l'OTAN et de l'Ukraine' et jusqu'aux exercices de la flotte américaine en mer Noire. Qu'on le veuille ou non, il vous revient en mémoire le plan de Parvus* de l'année 1915 : utiliser le séparatisme ukrainien pour réussir à désorganiser la Russie..."

* Alexandre Parvus, de son vrai nom Israel Lazarevich Gelfand, aventurier, affairiste et escroc prétendument révolutionnaire, russe ou allemand selon le cas. Le seule chose dont on soit sûr à son propos, c'est qu'il travaillait pour les services allemands, avant, pendant et après la Première Guerre mondiale. Parvus, à sa mort en 1924, était propriétaire d'une luxueuse villa de 32 pièces dans l'île de Schwanenwerder à Berlin-Wannsee. En 1907, il avait détourné à son profit 180.000 marks(-or) de droits d'auteur revenant à Maxime Gorki, ce qui correspond aujourd'hui à deux millions d'euros.

Voir également ici ce que Soljenitsyne écrivait dans son livre Deux siècles ensemble à propos d'autres relations au moins aussi difficiles que celles entre la Russie et l'Ukraine.


Le véritable agenda d'Obama  par Manlio Dinucci : "La stratégie de Washington dans le cadre de la crise ukrainienne n'a rien à voir avec ses objectifs affichés : il ne s'agit pas de repousser la Russie, mais d'utiliser celle-ci pour faire peur aux Européens et leur imposer à la fois de s'impliquer plus dans l'OTAN et de se fournir plus en hydrocarbures états-uniens."  [Deux objectifs qui visent bien sûr à nuire à la Russie. Tout cela s'inscrit dans un plan d'ensemble dont Obama n'est que l'exécutant docile.]

27 mars 2014 : A New York, l'Assemblée générale de l'ONU, où le droit de veto n'existe pas, adopte une résolution antirusse non-contraignante similaire par son contenu à celle que les USA avaient essayé de faire passer au Conseil de "Sécurité" le 15 mars. Il y a 100 voix pour, 11 voix contre, 58 abstentions (dont le Brésil, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, qui forment avec la Russie le groupe des BRICS) et 24 absents (dont le plus remarqué est Israël). Les onze pays "contre" sont : la Russie, la Biélorussie, l'Arménie, le Venezuela, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, la Corée du Nord, le Soudan, la Syrie et le Zimbabwe.

28 mars 2014 : Obama s'agite, il ordonne aux Russes de retirer les troupes qu'ils ont paraît-il massées à la frontière ukrainienne. Poutine devrait s'inspirer des USA, qui n'ont pas un seul soldat à leur frontière avec l'Ukraine. Ni d'ailleurs aux frontières ou à l'intérieur des frontières d'aucun autre pays. Les USA n'ont jamais envahi personne, contrairement aux Russes qui sont en train d'envahir la Russie. Les USA sont une nation pacifique (comme l'océan). On n'est même pas sûr qu'ils aient une armée, ce sont les conspirationnistes qui le prétendent...

A Rostov en Russie, Ianoukovitch, président ukrainien en pré-retraite, se fend d'un nouveau discours. Il appelle ses compatriotes (et électeurs de 2010) à "exiger un référendum dans chaque région d'Ukraine afin de déterminer leur statut". Si jamais ses (anciens) électeurs l'ont entendu, ils sont en droit de lui poser deux questions : 1) Pourquoi ne l'as-tu pas fait quand tu étais au pouvoir ?    2) Pourquoi ne viens-tu pas toi-même à Donetsk pour organiser ton référendum ?...

Xavier Moreau écrivait le 18 février (en pleine émeute, trois jours avant la capitulation de Ianoukovitch, quatre jours avant le coup d'Etat) :  "Malgré la situation catastrophique pour les Ukrainiens, il convient de rappeler deux éléments essentiels à sa compréhension : 1) Le premier responsable, bien avant les leaders de l'opposition et les milices fascistes est le président Ianoukovitch, qui laisse faire ce qu'aucun pays dans le monde n'aurait jamais accepté. C'est essentiellement le cas des Etats-Unis, où la répression du mouvement 'Occupy Wall Street' a atteint une violence bien au-delà de celle qu'a employée jusque là le ministère de l'Intérieur ukrainien.  2) Le gouvernement ukrainien a les moyens de reprendre la situation en main en quelques jours, seule la lâcheté et la corruption du président Ianoukovitch l'en empêchent."

A Kiev, le "gouvernement" menace la Russie de déclencher une "guerre du gaz". Non seulement l'Ukraine doit des milliards à Gazprom, mais elle veut continuer de bénéficier du tarif préférentiel consenti par son fournisseur dans des conditions tout à fait différentes, aujourd'hui disparues. Si Gazprom "ferme le robinet" à son débiteur insolvable, celui-ci volera le gaz destiné à l'Allemagne qui transite par son territoire. C'est pour contrer ces méthodes mafieuses de l'ère Timochenko (2004-2010), qu'a été construit le gazoduc North Stream qui relie directement la Russie à l'Allemagne sous la Baltique. North Stream est entré en service en 2012. La question est de savoir si Gazprom est techniquement en mesure de faire passer tout son gaz destiné à l'Allemagne par le pipeline de la Baltique. Jusqu'à présent, cela n'a été le cas que pour le gaz extrait dans le nord de la Russie. Le potentiel de nuisance de l'Ukraine n'a pas disparu.

30 mars 2014 : Les ministres des Affaires étrangères américain et russe, Kerry et Lavrov, "négocient" sur l'Ukraine et la Crimée. Résultat : néant...

Moscou considère évidemment que la réunification de la Crimée avec la Russie est définitive et qu'elle ne se discute pas. Pour ce qui est de l'Ukraine, les Russes veulent le désarmement des commandos, la neutralité du pays (pas d'adhésion à l'OTAN) et une fédéralisation afin de garantir les droits de la minorité russe ou russophone (qui n'est pas si minoritaire que ça).  Washington rejette bien entendu ce plan. Après avoir organisé l'émeute, le putsch et le chaos qui profite si bien aux groupes fascistes, aux oligarques et aux banksters du FMI, il est clair que les Américains ne vont pas renoncer à leur agenda sous prétexte qu'ils sont tombés sur un os en Crimée.

2 avril 2014 - La menace fantôme  par Xavier Moreau :  "Pour ne pas perdre la face sur la scène internationale, l'administration Obama a besoin d'une victoire, fût-elle symbolique. Elle s'est donc inventée une armée russe invisible à la frontière ukrainienne... Poutine a restitué le matériel militaire ukrainien saisi en Crimée, geste plutôt 'fair play' pour un pays sur le point d'attaquer son voisin..."

En Ukraine, la Russie n'est apparemment pas disposée à aller au-delà du fédéralisme. "C'est d'ailleurs ce mot qui est repris désormais par les manifestants pro-russes. L'est et le sud ont compris qu'appeler à un rattachement à la Russie ne leur apporterait ni le soutien de la population locale [la population locale, c'est eux], ni celui de la Russie. C'est sans doute autour de cette question du fédéralisme que l'élection se décidera... Le fédéralisme pourrait cependant se retourner contre les populations du sud-est, car le gouvernement putschiste de Kiev a confié l'Ukraine russophone aux oligarques, et ces derniers pourraient bien transformer ce fédéralisme naissant en féodalisme."

"Une menace bien plus réelle que l'armée fantôme est apparue après l'assassinat par Svoboda de l'un des chefs du Pravy Sektor [voir plus haut 25 mars]... Comment réagiront Svoboda et Pravy Sektor, s'ils obtiennent le score à un chiffre qui leur est promis. Svoboda n'aurait jamais obtenu un ministre dans un gouvernement en Ukraine sans la 'révolution' de février 2014. La démocratie pourrait lui être fatale, et ses dirigeants le savent. Svoboda ne peut pas se permettre de laisser les structures de force et le parquet tomber entre des mains 'étrangères'. Il apparaît en effet que Paruby, l'ancien commandant de Maïdan et l'actuel président du conseil de sécurité ukrainien, est le plus impliqué dans l'affaire des snipers de Maïdan. C'est lui qui a empêché les forces spéciales Alpha d'éliminer les snipers de l'OTAN. C'est lui qui dirige en ce moment l'enquête contre ses propres agissements, et qui aura le plus à perdre si une enquête indépendante est menée."

"C'est donc Pravy Sektor qui prendra le rôle du 'nazi idiot utile' de l'UE, puisque Catherine Ashton a décidé de s'en débarrasser. Les nazis sont comme les oligarques et les islamistes : il y en a de tout à fait convenables pour l'UE tant qu'ils acceptent de servir les intérêts américains. Les gentils nazis en Ukraine seront ceux de Svoboda, et Pravy Sektor aurait déjà été passé par le fil de l'épée s'il ne représentait pas la principale force paramilitaire à Kiev."

"Les Etats-Unis contrôlent au travers de Svoboda le parquet, le ministère de l'Intérieur et l'armée. Ils contrôlent également le SBU (service de sécurité intérieur ukrainien) dirigé par l'ancien consul ukrainien à Washington, Valentin Nalivaïtchenko. Il semble cependant que Pravy Sektor soit plus difficile à maîtriser. L'élimination de son seul véritable leader charismatique, Dimitri Iaroch, apparaît comme une nécessité urgente pour les néo-nazis pro-américains..."


TOUJOURS LE MOT POUR RIRE :

Depuis qu'il est en Russie, le président déchu a téléphoné deux fois avec Poutine et l'a rencontré une fois. Le dialogue s'est avéré difficile. Ianoukovitch espère néanmoins revoir le président russe afin de négocier avec lui le retour de la Crimée à l'Ukraine.  "Nous devons trouver une solution qui permette à la Crimée d'avoir le plus grand degré d'indépendance possible tout en faisant partie de l'Ukraine."  (L'information ne date pas du 1er avril mais bien du 2.)

3 avril 2014 : Comme le signalait hier Xavier Moreau, les tueurs du Maïdan passés à la "Sécurité" ukrainienne ont "enquêté" sur leurs propres agissements. Leur porte-voix Valentin Nalivaïtchenko présente aujourd'hui les résultats de cette "enquête" : c'est Ianoukovitch et la Russie qui sont responsables de la tuerie (plus de 80 morts).

5 avril 2014 : Pour punir les Criméens d'avoir exercé leur droit à l'autodétermination, l'Empire yankee fait fermer les trois "restaurants" McDo de la péninsule (à Sébastopol, Simféropol et Yalta). Bien entendu, les 400 autres temples de la gastronomie que la chaîne exploite dans le reste de la Russie, resteront ouverts - il ne faut surtout pas que les sanctions se transforment en auto-sanctions... Même chose pour ce qui est de la coopération militaire russo-américaine : Washington annonce la "suspension de tous liens", mais les plus importants d'entre eux (le transit via la Russie du matériel militaire destiné à l'OTAN en Afghanistan et l'existence de la base d'Oulianovsk - voir plus haut) ne sont pas remis en cause. Idem pour la coopération entre la NASA et l'Agence spatiale russe Roskosmos : les Américains mettent fin à divers programmes qui n'existaient probablement que sur le papier, mais gardent intact le seul qui compte, l'utilisation par les astronautes américains de la fusée Soyouz, unique moyen de transport vers la station internationale depuis la mise au rancart de la navette.

Si Poutine avait vraiment la force de caractère que certains lui attribuent, il prendrait de véritables mesures de rétorsion : fermeture de tous les McMerDo, fermeture de la base de l'OTAN, interdiction d'utiliser les Soyouz. Le simple fait d'annoncer ces contre-sanctions, sans nécessairement les mettre en œuvre, pourrait produire l'effet d'une douche froide salutaire.


APRÈS LA CRIMÉE, LE DONBASS

6 avril 2014 : Manifestations pro-russes dans plusieurs villes de l'est, principalement à Kharkov, Donetsk et Lougansk. Le drapeau de la Fédération est hissé sur les édifices de l'administration régionale. A Donetsk, le bureau du gouverneur-oligarque Tarouta est occupé, on exige le départ de ce "parachuté" pro-putsch. A Lougansk, les militants s'emparent des locaux de la "Sécurité" SBU (jusqu'à présent aux mains de "Svoboda"). Pour la première fois depuis le début des événements, on voit des barricades dans cette partie de l'Ukraine ; elles sont dressées autour des édifices occupés. Mais il n'y a pas (encore) de pneus brûlés ni de cocktails Molotov, pas d'émeute à la Maïdan. La police contrôlée par la mafia putschiste de Kiev évite d'intervenir trop ostensiblement.

Les manifestants (ou insurgés) proclament la République de Donetsk et annoncent leur intention d'organiser un référendum le 11 mai. Ils réclament la libération de tous leurs camarades kidnappés et retenus prisonniers dans l'ouest du pays. Dans un message à Poutine, ils demandent à la Russie de "déployer provisoirement une force de maintien de la paix dans la région" et ajoutent : "Sans votre aide, il nous sera difficile de tenir tête à la junte de Kiev." (source)



La République de Donetsk pourra-t-elle s'imposer ?
Tout dépendra de l'attitude de Moscou...



Dans les édifices occupés, la Milice populaire du Donbass
s'attend à une contre-attaque des fascistes.


7 avril 2014 : A Kiev, les "nazis idiots utiles" du Pravy Sektor (comme dit Xavier Moreau) essaient de prendre d'assaut le siège de la Cour suprême, laquelle est contrôlée par les "gentils nazis" de "Svoboda". Les fachos de Iaroch réclament une "épuration de la Justice". Ils risquent eux-mêmes de se faire épurer...

Dans l'est du pays, des commandos envoyés par le "gouvernement" ukrainien lancent ce que les terroristes de Kiev appellent des "opérations antiterroristes". Selon le ministère russe des Affaires étrangères, cité par RT, "150 mercenaires américains de Greystone (Blackwater) participent aux opérations. Ils ont revêtu des uniformes de Sokol, l'unité des forces spéciales de la police ukrainienne."  Des fachos du Pravy Sektor sont également de la partie - dans la mesure où ils ne s'entretuent pas à Kiev avec leurs frères ennemis de "Svoboda".

Ce que la Crimée avait pu éviter dès le départ en bloquant les accès extérieurs à son territoire, semble se produire à Kharkov, Donetsk et Lougansk, où la topographie des lieux complique les choses. La Russie, contrairement à ce que lui reproche la propagande occidentale, n'intervient pas sur le terrain, se contentant de manifester son "inquiétude". Une fois de plus, Poutine montre qu'il ne réagit que contraint et forcé par ses concitoyens. Apparemment, la pression n'est pas assez forte...

Crimea : Putin's Triumph  par Israël Shamir.

Un passage intéressant : "Poutine n'est pas du tout un bâtisseur d'empire - au grand dam des communistes et des nationalistes russes. Même sa rapide prise de contrôle de la Crimée n'a été qu'une action imposée par la forte volonté de la population criméenne et la cynique agression du régime de Kiev. Je sais de source sûre que Poutine espérait ne pas avoir à prendre cette décision. Mais une fois la décision prise, il a agi..."

Et cette blague juive faisant allusion à la somme dépensée par les USA pour déstabiliser l'Ukraine, de l'aveu même de Victoria "Fuck EU" Nuland (lien) : l'Israélien Shimon Peres demande à Poutine : « T'aurais pas des ancêtres juifs, par hasard ?... »  Poutine : « Qu'est-ce qui te fait croire ça ?... »  Peres : « T'as poussé les Américains à payer cinq milliards pour que la Crimée devienne russe. Même pour un Juif, c'est pas banal en termes de chutzpah... »

Shamir rappelle également qu'au référendum de Crimée, les Ukrainiens et les Tatars ont voté en masse pour la réunification (voir plus haut).  Et il ajoute : "La plupart des gens en Ukraine seraient d'accord avec Poutine, indépendamment de leur appartenance ethnique"  [si on leur demandait leur avis.]

8 avril 2014 : A première vue, les manifestants peu aguerris de l'est ne font pas le poids face aux mercenaires, même si à Donetsk et Lougansk on continue de résister. La fragile république proclamée deux jours plus tôt ne reconnaît pas la légitimité du "gouvernement" de Kiev et rejette toutes ses nominations (gouverneur, procureur, etc.). Les insurgés voudraient négocier une "union douanière" avec la Russie. Encore faudrait-il que Poutine le veuille aussi...  A Kharkov, où les protestataires avaient également proclamé une "république indépendante", les commandos n'en ont fait qu'une bouchée. Dans tous ces mouvements pro-russes de contestation, le professionalisme fait cruellement défaut, de même que la solidarité active de la mère-patrie. Tout cela a un petit air de déjà-vu - ou, comme on dit en russe, de "déjàviou" (дежавю).

Au Parlement de Kiev, les fachos de "Svoboba" provoquent une bagarre après qu'un député communiste ait osé déclarer qu'ils étaient responsables de la situation dans le sud-est du pays.


Démocratie en action


10 avril 2014 : A l'occasion du 70ème anniversaire de la libération d'Odessa* de l'occupation nazie, les antifascistes de cette ville organisent un défilé patriotique que le régime de Kiev a la prétention de faire interdire - c'est tout à fait dans la logique des choses... Bien entendu, les habitants d'Odessa, Russes et Ukrainiens, ne se laissent pas retirer par les fascistes de 2014 leur droit de commémorer la victoire sur les fascistes de 1944.

* Ville fondée à la fin du 18ème siècle par Catherine II de Russie, comme la plupart des villes du sud et de l'est de l'Ukraine actuelle. Cette vaste région, appelée autrefois Nouvelle-Russie pour la distinguer de "l'ancienne" (Moscou, Kiev, Novgorod, etc.), n'aurait jamais dû être détachée de la Russie, ce qui ne s'est produit - par étapes - qu'après la Première Guerre mondiale. On mesure chaque jour un peu plus à quel point la séparation est artificielle, exception faite peut-être de la province de Lvov. (carte)

En marge de la commémoration d'Odessa, des nazis du Pravy Sektor, venus spécialement de Kiev, essaient de semer la terreur. Avec pour seul résultat qu'ils se font copieusement rosser par la population. La police, compte tenu du rapport de forces, n'ose pas trop intervenir. Elle se contente d'exfiltrer les fascistes.

11 avril 2014 : Des mercenaires US en Ukraine  (La Voix de la Russie) :

"Les effectifs du contingent mercenaire que les autorités à Kiev entendent engager dans le sud-est de l'Ukraine, atteint 1.800 hommes... Au cours des opérations militaires il est très difficile d'identifier des mercenaires de Greystone ou de Blackwater. Ils sont toujours déguisés en policiers ou en militaires de l'une des unités spéciales locales... [Ce qui les caractérise, c'est] une absence totale de scrupules. Aucun sentiment humain ne les retient. C'est pour cette raison qu'on les engage dans la répression dans le sang des mouvements de protestation locaux... Les unités des armées mercenaires [comprennent] des anciens combattants des unités spéciales, des ex-policiers ou marines de toutes nationalités. C'est en quelque sorte une 'légion étrangère' privée."

Et en face d'eux, qui trouve-t-on ? Des gens pleins de bonne volonté mais sans formation militaire particulière, dans le meilleur cas des vétérans de la guerre d'Afghanistan (terminée pour les Russes depuis 25 ans). Ou encore des retraités qui ne mesurent pas bien ce qui les attend. Bref, tout le contraire des gangsters du Maïdan... Ces jours-ci, le site russe de la Komsomolskaïa Pravda (autrefois journal des Jeunesses communistes soviétiques) est rempli de reportages naïfs et attendrissants sur les "insurgés" du Donbass. Une phrase relevée le 10 avril : "Nous avons besoin de l'aide de la Russie. Mais où est-elle ?..."  (Нам нужна помощь России. А где она ?)  Bonne question, en effet...

L'aide russe selon Sergueï Lavrov : "La Russie n'envisage pas d'intégrer le sud-est de l'Ukraine, nous ne le voulons pas... Cela serait contraire aux intérêts vitaux de la Fédération de Russie... Nous souhaitons que l'Ukraine maintienne son intégrité dans ses frontières actuelles, mais que les droits des régions soient intégralement respectés."  Vu qu'il n'existe pas de "droits des régions" - et c'est bien là le problème -, les Russes et russophones de Donetsk, Lougansk et autres lieux apprécieront ce magnifique foutage de gueule...

Et Lavrov d'ajouter : "Nous n'insistons pas sur le terme 'fédéralisation'. C'est au peuple ukrainien d'en décider..."  C'est un peu comme si le ministre russe des Affaires étrangères et son patron du Kremlin disaient à leurs compatriotes du Donbass : "Foutez-nous la paix et arrêtez de nous emmerder avec vos appels au secours... Si les fachos et les mercenaires de l'OTAN sont assez forts pour décider à votre place, tant pis pour vous..."

Pourquoi les fascistes de Kiev ne peuvent pas se passer de mercenaires étrangers :  A Donetsk et Lougansk, les forces spéciales ukrainiennes Alpha refusent de prendre d'assaut les bâtiments occupés.

12 avril 2014 : Le mouvement séparatiste (ou fédéraliste) fait tache d'huile. Aujourd'hui, c'est d'abord la ville de Slaviansk, au nord de Donetsk, qui se soulève. Des militants prennent le contrôle des bâtiments de la police, de la "Sécurité" SBU et du conseil municipal. On hisse partout le drapeau russe. Une partie des effectifs de la police se joint aux insurgés. La mairesse de Slaviansk (en français archaïque on dit "madame le maire") déclare selon l'AFP : "Tout le monde est d'accord... En cas d'intervention, toute la ville fera bouclier pour défendre les gars qui ont pris le bâtiment..."  Des postes de contrôle sont établis sur les routes menant à Slaviansk.

Dans la ville voisine de Kramatorsk, la milice populaire du Donbass essuie des coups de feu en voulant forcer l'entrée du commissariat local, mais elle réussit néanmoins à s'en emparer. Là aussi, le drapeau russe et celui de la République de Donetsk prennent la place du drapeau ukrainien. Puis le mouvement gagne les localités de Konstantinovka, Droujkovka, Krasny Liman et Krasnoarmeïsk ("Armée-Rouge-Ville"), toutes situées dans les environs (source : Komsomolskaïa Pravda - carte).

A Donetsk même, la foule vient renforcer les activistes qui tiennent bon depuis six jours. Les anti-Maïdan occupent le siège de la police sans rencontrer la moindre résistance. Les membres des forces anti-émeutes semblent avoir changé de camp, ils arborent à présent des insignes pro-russes. Le chef de la police régionale de Donetsk, conscient de son impuissance, présente sa démission. De toute évidence, il n'avait aucune envie de déclencher la guerre civile.

13 avril 2014 : Dans le courant de la nuit, un groupe de mineurs d'Artiomovsk (également dans le secteur) stoppe un camion de la "Garde nationale" du régime et confisque les armes qui se trouvaient à bord. Le drapeau russe flotte sur la mairie de cette ville (source : apn-spb.ru). Selon La Voix de la Russie, Ienakievo (la ville natale de Ianoukovitch) se joint elle aussi au soulèvement. Mais Mr. Dumb n'y est vraiment pour rien, il cherche encore le meilleur moyen de restituer la Crimée à l'Ukraine - voir plus haut.

La junte annonce qu'elle lance une "opération spéciale" contre Slaviansk. Des hélicoptères transportant des "hommes en noir" (Blackwater ?) ont été vus à proximité de la ville. On signale des mouvements de chars et la présence de 150 fachos du Pravy Sektor. Les habitants résistent ; il y aurait un mort de part et d'autre et plusieurs blessés. La Voix de la Russie signale que la décision sur le recours à la force à Slaviansk a été adoptée à l'initiative du directeur de la CIA, John Brennan, qui s'est spécialement rendu à Kiev la veille.

Et que fait Poutine pendant ce temps-là ?... Il paraît qu'il visionne l'enregistrement complet des Jeux de Sotchi. Pas le temps de s'occuper des Russes d'Ukraine...

Avec ou sans le président russe, le soulèvement se propage dans la région de Donetsk : à Marioupol (ville portuaire sur la mer d'Azov - carte) les protestataires occupent le bâtiment de l'administration ; à Khartsyzk et Ilovaïsk (à l'est de Donetsk), ils se heurtent à la police fidèle au régime. Rien n'est encore décidé à Slaviansk, où des hélicoptères survolent la ville à basse altitude tandis que les insurgés ont mis le feu à des barricades de pneus. Dans la ville de Donetsk, les militants des groupes d'autodéfense se préparent à subir l'assaut dans la soirée. Il est évident que sans armement adéquat et sans assistance militaire professionnelle, la situation risque d'être difficile face à la répression coordonnée par les Etats-Unis.

Quoi qu'il en soit, l'exemple de la République de Donetsk encourage les régions voisines. A Lougansk, beaucoup de policiers passent du côté des manifestants. "Les commandants affirment ouvertement que leur personnel ne va pas exécuter les instructions du ministre de l'Intérieur de disperser les manifestations pacifiques. Ils disent : « Nous n'emploierons pas la force contre nos concitoyens, nous vivons tous dans cette ville depuis de nombreuses années...» La police soutient entièrement la population..." (La Voix de la Russie). A Kharkov, où les anti-putsch avaient été "laminés" le 8 avril, ils reviennent encore plus nombreux et reprennent le contrôle du bâtiment du Conseil municipal.


Toujours plus fréquent ces jours-ci :


Les barbares occidentaux à la conquête de l'Ukraine  par Alexandre Artamonov (La Voix de la Russie) : "Plus de 77 % d'Américains ne savent même pas où se trouve l'Ukraine. Pour eux, c'est un Etat qui va de la Baltique à la Mongolie (peut-être ont-ils confondu avec la Moldavie, les pauvres). En plus, dans leur optique l'Ukraine est presque aussi grande que la Russie !  Comme disait Napoléon : « Et ça prétend gouverner le monde ! »  Il est encore plus surprenant d'apprendre que plus ces êtres sont ignares, plus ils sont agressifs dans leur réaction contre la Russie, pays que l'on devrait, selon eux, vouer aux oubliettes de l'histoire..."

14 avril 2014 : Il n'y a pas que les Américains qui soient ignares. Arsenic Yats est encore pire : Burkhalter accueilli en Ukraine par un drapeau danois. (Didier Burkhalter est président de la Confédération suisse et chef de l'OSCE.)

A Gorlovka (au nord de Donetsk) les manifestants bloquent les rues et occupent le commissariat de police sans rencontrer de résistance (Komsomolskaïa Pravda). A Jdanovka (nord-est de Donetsk) les fédéralistes hissent le drapeau noir-bleu-rouge sur la mairie ; les autorités locales se rangent du côté de la population (Voix de la Russie). Même chose à Makeïevka, ville proche de Donetsk. Il va bientôt être difficile de trouver une localité qui ne participe pas au mouvement.

La veille, à Kiev, l'imposteur putschiste Alexandre Tourtchinov, qui se fait passer pour le "président", a menacé les protestataires de leur infliger une "opération spéciale" de grande envergure s'ils ne capitulaient pas dans les prochaines heures. Les tarés de Kiev adorent les ultimatums...  Aujourd'hui ce même Tourtchinov promet aux Ukrainiens de l'est un référendum pour le 25 mai, le même jour que la présidentielle illégale où les électeurs pourront choisir, au second tour, entre l'oligarque milliardaire Timochenko et l'oligarque milliardaire Porochenko, le roi du chocolat. Le soi-disant référendum, dont le résultat est bien sûr connu d'avance, aurait lieu dans l'ensemble de l'Ukraine, et non dans chaque région séparément. On demanderait aux gens s'ils sont d'accord pour préserver l'unité du pays, mais surtout pas s'ils veulent une fédéralisation. Si les russophones du sud-est tombent dans ce panneau grossier, c'est qu'ils sont encore plus nuls que Ianoukovitch. (Pour la petite histoire : il y a tout juste un mois, Tourtchinov qualifait le référendum de Crimée de "farce".)

En acceptant le référendum bidon, les protestataires avaliseraient automatiquement la présidentielle et légaliseraient ainsi le coup d'Etat, reconnaissant par la même occasion l'illégitime "gouvernement provisoire" qui est fait pour rester en place jusqu'aux élections législatives de 2016, sa mission consistant à réaliser toutes les "réformes" économiques, militaires, politiques, sociétales et (en)culturelles voulues par l'Occident (USA, UE, OTAN, FMI, etc.).

Le Parti des régions, l'ancienne formation politique de Ianoukovitch, est en voie de décomposition. Au moins deux de ses responsables jouent d'ailleurs le jeu de la présidentielle lave-putsch : Mikhaïlo Dobkine et Oleg Tsariov sont candidats. Ce dernier, bête noire des fachos du Pravy Sektor, se fait agresser partout où il passe, parfois violemment comme aujourd'hui à l'occasion d'un débat télévisé. Tsariov a porté plainte auprès du procureur général, lequel est membre de "Svoboda", la secte nazie concurrente de Pravy Sektor.  [Quelques semaines plus tard, Tsariov retirera sa candidature - voir plus bas 6 mai.]

Indépendamment de cela, on peut se demander quel intérêt présenterait vraiment une fédéralisation pour les russophones du sud-est. Avant les récents événements, la Crimée était une république autonome avec son Parlement et son gouvernement, ce qui n'a apparemment pas suffi. Aucun modèle d'Etat fédéral ou confédéral au monde ne comporte les avantages attendus par les anti-Maïdan. Ce qu'ils veulent, en fait, c'est adhérer à une fédération russe où ils pourraient renouer avec leurs racines et effacer la séparation artificielle imposée depuis plus de vingt ans. A l'époque soviétique, ils étaient certes rattachés à l'Ukraine, mais la chose n'avait pas grande importance vu que leur identité était pleinement respectée.

15 avril 2014 : A Rovno (nord-ouest) les fascistes du Pravy Sektor prennent d'assaut le siège du parti communiste. Même chose à Soumy, dans le nord-est (carte).

Tandis que Lavrov "salue l'intention de Kiev d'organiser un référendum" (décidément, il n'en rate pas une), la junte putschiste annonce le début des opérations militaires. Dans l'offensive qu'elle a lancée contre la région de Slaviansk, l'armée du régime utilise les chars et les hélicoptères qui avaient été saisis en Crimée mais que le Kremlin a fait restituer à l'Ukraine. Bravo Poutine !... Les troupes de Kiev sont entrées dans la ville de Slaviansk et ont repris l'aéroport de Kramatorsk, tuant au moins quatre défenseurs pro-russes. Selon RIA Novosti, des mercenaires de Blackwater participent aux combats.



"Plus original que nous, tu meurs..."

Lavrov : "Je dirais même plus : l'Ukraine est au bord de la guerre civile...
Mais c'est leur affaire... La Russie ne va quand même pas se mêler de ça...
"


16 avril 2014 : Près de Lougansk, selon RT, des habitants stoppent une colonne de blindés qui se dirigeait vers la ville. Ailleurs, des barrages sont érigés sur les routes pour empêcher l'arrivée de renforts. Tout cela semble se faire à mains nues, sans armes, en misant uniquement sur l'effet psychologique que peuvent produire de telles actions face à des soldats pas trop dépravés. (Une tactique bien entendu inutile et dangereuse dans le cas de mercenaires étrangers.)

A Kramatorsk, au contact de la population, les équipages ukrainiens de six véhicules blindés de transport de troupes passent dans le camp pro-russe : Anti-govt protesters seize Ukrainian APCs, army units switch sides (RT - article et vidéos). Un peu plus tard, trois autres équipages font défection (Reuters).

60 militaires ukrainiens rejoignent le camp des protestaires (La Voix de la Russie). Dans la soirée, il est même question de 300 transfuges (d'après Interfax).

Les militaires de l'armée ukrainienne qui sont entrés dans la ville de Slaviansk ont hissé le drapeau russe pour montrer qu'ils sont passés du côté des partisans de la fédéralisation (La Voix de la Russie)

Selon l'AFP, "les blindés capturés stationnent dans le centre-ville de Slaviansk, gardés par plusieurs dizaines d'hommes puissamment armés, souvent cagoulés, vêtus d'uniformes sans insignes mais avec des rubans de Saint Georges orange et noir..."  On ne va pas tarder à nous raconter que ce sont des militaires et des chars venus de Russie...

A Donetsk, les séparatistes précisent qu'ils veulent un référendum régional le 11 mai, avec les deux questions suivantes : 1) Approuvez-vous la création d'une République de Donetsk indépendante ?  -  2) La République de Donetsk doit-elle être rattachée à l'Ukraine ou à la Fédération russe ? (Source : RT)

Depuis ce matin, le drapeau noir-bleu-rouge flotte également sur Novoazovsk (au bord de la mer d'Azov, près de la frontière russe).

Le Parti des régions est devenu le parti des capitulards. Boris Kolesnikov, chef de l'ancien parti de Ianoukovitch, supplie les putschistes (qu'il appelle "le gouvernement") d'amnistier les manifestants. Pour cela, il faudrait d'abord que ces derniers jettent l'éponge et reconnaissent comme légitime la junte des imposteurs. 21 députés du Parti des régions (PR) au Parlement de Kiev sont du même avis que Kolesnikov. Et les autres ?... Avant le putsch, ils étaient 185 à la Rada. Que sont-ils devenus ?... Le nouveau "patron" du PR déclare à l'adresse de Yats & Co : "Il n'y a rien d'impraticable dans les exigences des résidents de la région de Donetsk..."  De toute évidence, il n'a pas lu les questions du référendum (voir quelques lignes plus haut).

Aux antipodes du PR : Natalia Poklonskaïa (33 ans). "Elle a démissionné de son poste au sein du bureau du Procureur général d'Ukraine le 25 février, trois jours après le changement du pouvoir à Kiev, en déclarant qu'elle « avait honte de vivre dans le pays où des bandits étaient autorisés à marcher librement dans la rue ». Mme Poklonskaïa s'est réfugiée en Crimée, son pays natal. Nommée procureure générale de la république de Crimée, qui a adhéré à la Russie à la mi-mars, la juriste fait actuellement l'objet d'une enquête judiciaire en Ukraine..."  Sa première conférence de presse à Simféropol a inspiré une vidéo* vue plus d'un million de fois en 24 heures sur YouTube.  (Il y en a qui préfèrent les Femen - à chacun son goût...)

* Traduction du texte russe : "Il y a eu prise de pouvoir suite à un coup d'Etat armé. L'effusion de sang a conduit au chaos anticonstitutionnel. Vis-à-vis de la population nous n'avons pas le droit moral de nous tenir à l'écart. Notre mission est d'assurer le fonctionnement du parquet dans ce pays..."  (A Kiev, depuis le putsch, le parquet est aux mains du fasciste Oleh Maknitskiy, membre de "Svoboda".)

Hystérie : Les autorités de Kiev ont donné l'ordre de préparer des abris antiaériens.  Il ne reste plus qu'à organiser une provocation pour pouvoir accuser les Russes de bombarder la ville.  Comme disait Joseph Goebbels en 1943 : "Wollt ihr den totalen Krieg ?..."  (Voulez-vous la guerre totale ?...)

Succès et trahison

17 avril 2014 : Bon gré mal gré, la presse française (pro-putsch de bout en bout) ne peut que constater "la déroute de Kiev dans l'est de l'Ukraine", "les revers accumulés par les forces loyalistes" et "l'humiliation symbolique infligée par les séparatistes pro-russes aux autorités ukrainiennes".

Le site pro-Maïdan Kyivpost.com annonce dans sa rubrique "La guerre russe contre l'Ukraine" (sic) que "le président Tourtchinov, qui est aussi commandant en chef des forces armées, a décrété le démantèlement de la 25ème brigade, pour sanctionner la lâcheté dont elle a fait preuve en capitulant devant l'ennemi. Les soldats qui se sont rendus coupables de ces actes seront traduits en justice."  La brigade en question est stationnée en temps normal dans la région de Dniepropetrovsk.

Pour expliquer le manque d'efficacité de leur "opération antiterroriste" baptisée "ATO" en anglais (ça fait penser à "NATO"), les stratèges terroristes de Kiev invoquent l'envoi massif par Moscou de "petits hommes verts" en Ukraine de l'est. On se demande quand même comment ces forces spéciales russes ont réussi à faire déserter des centaines de soldats ukrainiens ; ils sont vraiment forts, ça doit être de la télépathie...

Mais les nouvelles ne sont pas toutes aussi réjouissantes : à Marioupol, les militaires pro-putsch ouvrent le feu sur des manifestants désarmés qui s'étaient approchés d'eux pour dialoguer comme à Slaviansk et Kramatorsk. Bilan : au moins trois morts et une douzaine de blessés. Selon certaines sources, ce sont des fascistes du Pravy Sektor qui auraient tiré.

A prendre au sérieux ?  A Lougansk, le général Anatoli Vizir proclame la République fédérée du Donbass (et/ou la Fédération du sud-est ukrainien). Beau discours, mais n'est pas de Gaulle qui veut... Vizir a été paraît-il président de la Cour d'appel de Lougansk. A présent le voici non seulement président de la Fédération du sud-est ukrainien mais aussi commandant en chef de l'Armée nationale ukrainienne du sud-est. Félicitations... Espérons que ses troupes voleront bientôt de victoire en victoire. Pour commencer, il pourrait donner un coup de main aux camarades de Marioupol.

[Par la suite, on n'entendra plus parler de ce mystérieux général. Sauf erreur, toutes les recherches en ligne renvoient à des documents se rapportant à sa déclaration du 15 avril ou antérieurs à cette date. Même en russe, le butin est décevant quand on tape son nom "Анатолий Визир" ou "Анатолий Михайлович Визир" avec le patronyme. Sa page Wikipédia s'arrête au 16 avril 2014 avec l'ouverture d'une procédure pénale à son encontre à la demande du SBU ukrainien.]

Conférence sur l'Ukraine à Genève, à laquelle participent, d'un côté, les USA, le régime de Kiev et les 28 pays de l'UE ; de l'autre la Russie, seule contre 30. Les fédéralistes (ou séparatistes) russophones n'ont pas été invités, et Moscou n'a rien fait pour qu'ils le soient. En acceptant de comparaître devant ce grotesque tribunal, Lavrov (mandaté par Poutine) reconnaît de facto la junte usurpatrice et accepte de rendre des comptes alors que c'est lui qui devrait en demander. Pitoyable...

Attention, attachez vos ceintures, le recrudomètre va passer dans le rouge : le site israélien Ynet News nous "apprend" à la rubrique "Anti-Semitic Donetsk" que les séparatistes pro-russes distribuent à la sortie des synagogues un tract tout ce qu'il y a de plus choquant. On y demande à tous les Juifs de plus de 16 ans de se faire enregistrer avant le 3 mai 2014 et de présenter à cette occasion carte d'identité, passeport, documents religieux et tous titres de propriété relatifs à leurs biens immobiliers, véhicules, etc... Quiconque refuse de se faire enregistrer verra sa nationalité révoquée et sera expulsé après confiscation de ses biens. Les frais d'enregistrement s'élèvent à 50 dollars [quoi, seulement ?... ces cons de goyim russes antisémites haineux n'ont vraiment pas le sens des affaires...]

L'article confirme, s'il en était besoin, que "les leaders de la communauté juive ukrainienne soutiennent le nouveau gouvernement", c'est-à-dire la junte qu'ils ont activement contribué à mettre en place à Kiev. Mais pour YNet News (ou pour une des personnes complaisamment citées par ce merdia sioniste) ce sont les russophones de Donetsk qui ont établi "une junte", pas les fachos judéophiles du Maïdan - voir plus haut.

A Genève, Kerry s'indigne en apprenant l'existence de cette très abominable et très antisémitique mesure des méchants russophones de Donetsk. Lavrov, impressionné par la colère de son collègue américain, signe aussitôt une déclaration qui prévoit "le désarmement de tous les groupes armés illégaux, la restitution à leurs légitimes propriétaires de tous les bâtiments illégalement occupés, l'évacuation de toutes les rues, places et autres lieux publics illégalement occupés dans les villes et localités ukrainiennes", de même qu'une "amnistie pour les protestataires et pour les personnes qui auront évacué les édifices et autres lieux publics, et rendu leurs armes, à l'exception toutefois de ceux jugés coupables de crimes capitaux" [comme par exemple la distribution de tracts zantisémites ?...]  Inutile de préciser que par "groupes armés illégaux" le texte entend uniquement les militants pro-russes du sud-est, que Moscou trahit et abandonne à leur sort ; pas les milices fascistes "légalisées" pour la forme : Pravy Sektor = "Garde nationale", "Svoboda" = "Sécurité", etc...

Voir un peu plus bas le texte de la déclaration de Genève (Geneva Statement)

D'autre part, la Russie consent (hors déclaration) à ce que la Cour pénale internationale (CPI) "enquête sur les crimes commis lors de la répression sanglante de manifestations contre le président Ianoukovitch". En d'autres termes, les Russes lâchent également ce dernier et le livrent au couteau de ses ennemis, car c'est évidemment lui qui sera mis en cause et non les snipers de l'OTAN. Lorsque la "communauté internationale" exigera l'extradition de Ianoukovitch, Moscou obéira.

Ce que les nazis de Kiev n'ont pu obtenir par la force, la Russie le leur donne sur un plateau d'argent, et sans demander l'avis des intéressés. Poutine réduit à néant les succès obtenus ces derniers jours par les patriotes de la République de Donetsk, enterrant leurs espoirs et leur offrant pour "solution" la capitulation pure et simple. Ceux qui avaient des armes devront les remettre à l'armée de Kiev qu'ils avaient presque vaincue la veille (à moins que ce ne soit aux fascistes Pravy Sektor de la "Garde nationale").

Une telle issue est encore plus amère quand on lit cet appel lancé le 15 avril par les russophones agressés :

"Nous demandons à la Russie... de nous apporter toute aide diplomatique et humanitaire, ainsi que, dans les limites du possible, l'assistance militaire ; de garantir notre sécurité, de dompter l'agresseur impudent, d'établir la paix et d'assurer la tenue du référendum populaire. Nous demandons à la Russie... de considérer la reconnaissance diplomatique de la République populaire de Donetsk en tant que sujet de droit international et de signer avec elle un accord de coopération politique, économique et militaire..."

"Le peuple et les dirigeants de la République populaire de Donetsk réalisent pertinemment qu'ils sont le dernier obstacle sur le chemin de la destruction de la Russie. Dès lors, le peuple et les dirigeants de la République populaire de Donetsk, le commandement et les soldats de l'Armée du Sud-Est déclarent que l'agresseur rencontrera une résistance féroce..."

La trahison de Poutine rapproche en effet le moment où la Russie proprement dite subira le même sort que Donetsk et la "Nouvelle-Russie". Le maître du Kremlin n'en a pas conscience, ou alors il s'en fiche éperdument, comme l'infâme Gorbatchev se fichait en son temps du sort de l'URSS. Finalement, mis à part le cas de la Crimée, où Poutine a été contraint à l'action, l'attitude du président russe est cohérente depuis quatorze ans. Sa politique extérieure consiste à ne rien faire qui puisse brusquer l'Occident, et à trahir ouvertement ou sournoisement ceux qui - à tort - misent sur lui. On a pu le voir et le vérifier en Libye, en Iran et en Syrie (un pays que la lâcheté de Poutine tue à petit feu).

Poutine est un hypocrite qui affirme le matin, à la télévision, que les russophones d'Ukraine doivent pouvoir décider eux-mêmes de leur avenir, et qui leur fait comprendre quelques heures plus tard, à Genève, qu'ils peuvent aller se faire foutre... Poutine fustige parfois, quand il s'adresse à son public russe, le comportement des Occidentaux en Ukraine et ailleurs, mais pour rien au monde il n'oserait le dire à haute et intelligible voix quand il se trouve en face d'eux. Ne jamais appeler un chat un chat. Jamais un mot pour dénoncer clairement l'agression organisée par les USA, l'UE, l'OTAN et tous leurs agents, mercenaires et autres forces spéciales. Alors qu'inversement, ceux-ci ne se privent jamais de couvrir Poutine et la Russie d'insultes et d'accusations mensongères, sans recours aucun au langage diplomatique.

Ce que Poutine-la-limace ne dira jamais à ses "partenaires" occidentaux :  La Pologne avait formé les putschistes deux mois à l'avance  (par Thierry Meyssan) :

Selon l'hebdomadaire polonais Nie, l'équivalent du Canard enchaîné, "le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a invité, en septembre 2013, 86 membres du Pravy Sektor, prétendument dans le cadre d'un programme de coopération inter-universitaire. En réalité, les invités n'étaient pas des étudiants, et beaucoup étaient âgés de plus de 40 ans. Ils ne se sont pas rendus à l'université technique de Varsovie, contrairement à leur programme officiel, mais au centre de formation de la police de Legionowo, à une heure de route de la capitale. Sur place, ils ont reçu quatre semaines de formation intensive à la gestion des foules, à la reconnaissance des personnes, aux tactiques de combat, au commandement, au comportement en situation de crise, à la protection aux gaz de maintien de l'ordre, à la construction de barricades, et surtout au tir, incluant l'usage des fusils de snipers. Cette formation est intervenue en septembre 2013, alors que les protestations de la place Maïdan sont censées répondre à un décret signé par le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov le 21 novembre, suspendant les négociations en vue de l'accord d'association avec l'UE..."

"Ce scandale illustre le rôle assigné par l'OTAN à la Pologne en Ukraine, que l'on peut comparer à celui assigné à la Turquie en Syrie... La Pologne a formé des émeutiers pour renverser le président démocratiquement élu d'Ukraine et a feint de négocier avec lui une solution d'apaisement, le 21 février 2014 [voir plus haut], alors que ces émeutiers étaient en train de prendre le pouvoir..."



LE TEXTE DE LA DÉCLARATION DE GENÈVE

(le plus important est souligné en rouge)

Pendant qu'ils y étaient, ils auraient pu aussi condamner l'antisodomitisme






ATTENTION, NE PAS CONFONDRE :

Ceci n'est pas un "groupe armé illégal"
visé par la déclaration de Genève...

C'est le nouveau procureur du district de Ternopol (ouest)
avec ses deux adjoints.


18 avril 2014 : Après la déclaration de Genève, le "ministre des Affaires étrangères" de la junte de Kiev, Andriï Deshchytsia (prononcez : "du shit ça"), fait savoir que "les opérations militaires se poursuivront dans le sud-est". C'est ce qu'il appelle aussi "lancer le processus de désescalade" (source : RT).

D'un autre côté, si l'on en croit RIA Novosti, "l'armée ukrainienne a déclaré qu'elle n'obéirait pas aux ordres s'ils impliquent de tirer sur des civils. Le gouvernement de Kiev craint que les militaires organisent un coup d'Etat..."  (Si ça pouvait être vrai...)

Deshchytsia, qui a personnellement participé à la conférence de Genève, déclare en outre que "ce qui a été conclu à propos de l'évacuation des rues, places et autres lieux publics ne concerne pas les protestataires de la place Maïdan" (source : Kyiv Post).  Merci Lavrov...

Le ministre russe des Affaires étrangères est un habitué de ces textes vaseux que chacun peut interpréter selon son goût et son humeur. Lavrov signe n'importe quoi pour pouvoir dire qu'il est parvenu à un accord, mais dès le lendemain le marchandage commence afin de clarifier des termes ambigus ou faire dire aux mots ce qu'ils ne disent pas. (Un exemple de septembre 2013 concernant la Syrie.)

Denis Pouchiline* (32 ans), dirigeant du Conseil exécutif (gouvernement provisoire) de la République de Donetsk, commente ainsi la déclaration de Genève : "Lavrov n'a rien signé pour nous, il a signé pour la Fédération de Russie... Avant de nous conformer aux demandes contenues dans cette déclaration, nous attendons que la junte commence elle-même par le faire. Tant qu'elle refuse de retirer ses troupes du territoire de la région de Donetsk, on ne peut pas parler de compromis. Le régime doit évacuer les bâtiments publics qu'il occupe illégalement, y compris ceux que squattent Iatseniouk et Tourtchinov. Il faut désarmer les groupes illégaux - Garde nationale et Pravy Sektor - et libérer tous les prisonniers politiques. Ensuite seulement, nous serons prêts au dialogue..." (Itar-Tass cité par RT)

* Les sionistes lui attribuent la paternité de leur recensement judéophobe (voir plus haut). C'est bien simple, Pouchiline est tellement tantisémite qu'on l'appelle déjà Dieudonetsk, le M'bala M'balachenko de la quenellskaïa. Il en glisse à tous les fachos de Kiev, mais aussi à Kerry, Lavrov & Cie...

A Dniepropetrovsk, la chasse aux "moscovites", c'est-à-dire aux pro-russes que l'on accuse automatiquement de se livrer au sabotage et à l'espionnage, continue de plus belle. La PrivatBank du milliardaire juif Kolomoïski (gouverneur du district et président de l'Association ukrainienne de Yad Vashem - voir plus haut 5 mars) offre 10.000 $ à quiconque capturera un "moscovite" et le livrera (mort ou vif ?) au siège régional de la "Résistance nationale" (la Gestapo de "Svoboda"). Pour la "libération" d'un bâtiment officiel occupé, Kolomoïski promet 200.000 $, plus 1.000 à 2.000 $ pour chaque séparatiste désarmé - détails.

Hier 17 avril, à Kramatorsk :  Une femme a stoppé un char de l'armée ukrainienne (vidéo)

19 avril 2014 : La milice populaire de Kramatorsk s'empare de la tour de télévision, met fin à la diffusion des programmes russophobes ukrainiens et les remplace par les programmes des chaînes russes interdites depuis le putsch (La Voix de la Russie).

20 avril 2014 : Dans le courant de la nuit, à Bilbasivka, à quelques kilomètres à l'ouest de Slaviansk, un raid armé des néo-nazis du Pravy Sektor contre un poste de contrôle de la milice populaire se solde par au moins cinq morts (trois miliciens et deux assaillants). Au cours d'une autre attaque dans le centre de Slaviansk, plusieurs passants sont blessés par balles. Viatcheslav Ponomariov, nouveau maire de la ville à titre provisoire, décrète un couvre-feu - mais a-t-il seulement les moyens de le faire respecter ?  Ponomariov demande à Poutine "d'envoyer des forces de maintien de la paix pour défendre la population contre les fascistes". Un appel au secours qui ne sera pas plus entendu que les précédents ; les russophones ne peuvent compter que sur eux-mêmes...

21 avril 2014 : La grogne - Poutine poussé à intervenir militairement en Ukraine  par Alexandre Sivov (sur le blog d'Allain Jules) : "Les Russes sont de plus en plus déçus par le manque de réaction du président Poutine. En effet, la grogne monte de plus en plus et des demandes incessantes d'aide, côté ukrainien, et d'intervention, côté russe, se font de plus en plus entendre. D'ailleurs, le président russe lui-même l'avait mentionné lors de son point de presse, expliquant qu'il recevait chaque jour davantage, des appels au secours de la part des russophones d'Ukraine... Trop de morts déjà et beaucoup de prisonniers pro-russes, s'insurgent les Russes. Ils trouvent inadmissible que des Ukrainiens venus des régions de l'ouest s'engagent dans des expéditions punitives du côté oriental. Actuellement, disent-ils, aucun groupe d'auto-défense pro-russe de l'est n'a osé s'engager du côté ouest. Pourquoi donc les autres le font ? Ceci est bien la preuve que le gouvernement [la junte] de Kiev veut imposer sa vision par la force et les menaces. C'est inadmissible, disent les Russes, qui se demandent si c'est après 1.000 morts que le Kremlin se décidera enfin pour l'envoi de troupes dans le Donbass..."

Pour le moment, Lavrov se contente de protester contre "les violations de l'accord de Genève par les autorités ukrainiennes". Le pauvre, en signant cet "accord", il ne pouvait pas deviner que les "autorités" de Kiev étaient malhonnêtes. Les gens de Donetsk auraient dû le prévenir...



Avec de telles images, l'AFP essaie de suggérer que, malgré les démentis des séparatistes, les tanks et les soldats russes sont déjà à Slaviansk. Mais il ne s'agit évidemment que d'un char confisqué à l'armée ukrainienne quelques jours plus tôt...  Contrairement aux militaires russes, la Sberbank de Russie, que l'on voit aussi sur la photo, est présente sur place depuis longtemps. La junte l'accuse de "financer les terroristes" dans l'est du pays (par "terroristes", les putschistes de Kiev entendent bien sûr les partisans de la République de Donetsk). On reproche en quelque sorte à la Sberbank de faire en cachette ce que la PrivatBank fait ouvertement (voir plus haut 18 avril).

22 avril 2014 : A Kiev, le vice-président américain Joe Biden rend visite à ses protégés ukrainiens. Qu'attend Poutine pour envoyer son Premier ministre Medvedev à Donetsk ?  Ah oui, il attend qu'il y ait un millier de morts...

Des morts, il devrait bientôt y en avoir, puisque Tourtchinov, le "président" de la junte terroriste, vient de donner l'ordre de reprendre "l'opération antiterroriste" dans l'est de l'Ukraine (avec le feu vert de Biden). En tant que "commandant en chef", Tourtchinov adore donner des ordres. Ils ne sont pas toujours exécutés comme il le faudrait (voir plus haut 16 avril) mais qu'importe...  Au besoin, Blackwater et les forces spéciales du Pentagone peuvent remplacer la défaillante 25ème brigade.

Entre-temps, les contestataires du district de Lougansk ont annoncé eux aussi la tenue d'un référendum pour le 11 mai. La question est de savoir s'ils pourront l'organiser. En effet, la situation locale est très différente de celle qui prévalait en Crimée. Ici, les séparatistes n'ont pas les troupes russes de Sébastopol pour assurer la sécurité des points névralgiques. De plus, le Donbass n'est pas une presqu'île que l'on pourrait isoler du reste du pays en coupant deux routes. Impossible de contrôler les déplacements des commandos (ukrainiens ou étrangers), impossible d'empêcher leur venue par la voie des airs. D'ailleurs, beaucoup sont déjà à pied d'œuvre, et la passivité du Kremlin ne fait que les encourager.

Elle les encourage encore plus à Kharkov, Dniepropetrovsk, Odessa et dans les autres régions russophones du sud, où le mouvement séparatiste est plus faible que dans le Donbass.


Si Poutine avait une stratégie, voici à quoi pourrait ressembler
la future République de Nouvelle-Russie :

La Crimée est déjà rattachée à la Russie.
La Transnistrie, indépendante depuis 1990, ne demande qu'à suivre l'exemple de la Crimée.


Les Russes (ou russophones) d'Ukraine ne sont pas la seule "minorité" brimée par le régime fasciste. Les Tchèques et les Polonais de Jitomir (à l'ouest de Kiev - carte), les Hongrois de Transcarpatie, les Roumains de Bucovine ne sont pas mieux traités : "Les autorités de Kiev plongent le pays dans le chaos et poussent à la roue de son éclatement territorial." (La Voix de la Russie)

Et même un Américano-Ukrainien férocement anti-Poutine écrit dans cet article publié par le très maïdanesque Kyiv Post que "l'Ukraine se porterait mieux sans Donetsk et Lougansk", deux districts "indéfendables" à ses yeux.

L'éclatement de l'Ukraine, Etat artificiel ("failed state") par excellence, n'est sans doute qu'une question de temps - à condition que Poutine appuie ces tendances au lieu de freiner des deux pieds.

Sur les exactions de la junte néo-nazie de Kiev : Que reste t-il des doits de l'homme en Ukraine ? - Un aperçu de la vie quotidienne depuis le coup d'Etat  (Réseau Voltaire).

24 avril 2014 : Au petit matin, près de Sviatogorsk, au nord de Slaviansk, un barrage de la milice populaire est attaqué par un groupe fasciste armé ; il y a deux morts et plusieurs blessés (La Voix de la Russie). Fusillade également à Artiomovsk, au sud-est de Slaviansk. Dimitri Iaroch, führer du Pravy Sektor, vient justement d'annoncer la "formation du bataillon spécial Donbass" pour réprimer la contestation et la résistance dans l'est du pays, et ce "en coordination avec le Conseil national de Sécurité et de Défense SNBO, le ministère de l'Intérieur et les services de Sécurité SBU". On voit que la concurrence entre "nazis idiots utiles" et "gentils nazis" (voir plus haut 2 avril) n'est pas si sérieuse que ça, du moins dans le sud-est. Le fascisme ukrainien, de quelque tendance qu'il soit, n'est pas un phénomène marginal, il est la clé de voûte du régime mis en place à Kiev par les Etats-Unis.

Un peu plus tard dans la matinée, toujours autour de Slaviansk, les tanks du régime attaquent et détruisent trois postes de contrôle de la milice populaire. Il y aurait cinq morts parmi les défenseurs, mais l'offensive est repoussée (RT).

Ce nouvel épisode de ce qui pourrait devenir une guerre civile montre au moins deux choses :

■  Les séparatistes sont désespérément sous-armés. Pour affronter des chars, ils ne disposent que d'armes légères - et encore, pas tous. Bien souvent, ils n'ont d'autre ressource que d'incendier les barricades de pneus qu'ils ont érigées pour stopper l'avance des agresseurs.

■  La junte, malgré les proclamations tonitruantes de ses grandes gueules de Kiev, n'ose pas trop engager ses troupes :  a) parce qu'elle ne leur fait pas vraiment confiance (le contact avec la population ne leur réussit pas) ; et b) parce qu'elle pense qu'en allant trop loin, elle provoquera la réaction de Moscou - réaction qu'elle craint et espère à la fois.


A Lougansk, plus de 2.000 mineurs sont en grève depuis hier pour protester contre la baisse de salaire de 10 % qu'on leur a imposée pour financer les travaux de restauration de la place Maïdan à Kiev : Ukraine coal miners on strike, refuse to pay Kiev coup damages bill (RT). La mine appartient a l'oligarque juif Rinat Akhmetov, un des soutiens du putsch (voir plus haut 5 mars).

Dans cet autre article de RT, on apprend que les mineurs du Donbass ont également débrayé par solidarité pour le mouvement anti-Maïdan, notamment à Donetsk, Lougansk et Krasnodon (au sud-est de Lougansk). Trente d'entre eux ont été licenciés pour ce motif. Les mineurs participent en nombre croissant aux manifestations, même si tout cela reste modeste quand on songe à la place qu'ils occupent dans l'industrie ukrainienne. Il y a en tout 500.000 mineurs, qui contribuent à hauteur de 15 % au PIB du pays. Mais cette classe ouvrière ne se fait guère entendre, sinon les plans de "féodalisation" de la junte de Kiev n'auraient aucune chance de réussir. Le régime veut en effet confier les régions aux oligarques ; ils y assureraient "l'ordre" en recourant à des armées privées.

On imagine ce qu'auraient pu faire, en d'autres temps, un demi-million de travailleurs conscients de leur force. Mais c'est de l'histoire ancienne, en Ukraine comme en Russie. Depuis que le capitalisme de rapine a été restauré dans cette partie du monde, les milliardaires font la loi et personne n'a l'intention de leur reprendre ce qu'ils ont volé. Ce qui se joue dans le Donbass, c'est tout au plus une question nationale, pas une question sociale. Akhmetov peut dormir tranquille...

25 avril 2014 : La junte annonce la mise en place d'un blocus autour de Slaviansk - on verra ce qu'il en est... Sans vouloir minimiser la nocivité de ces fascistes, force est de constater qu'ils sont bien souvent mythomanes. Ainsi, par exemple, ils prétendent avoir reconquis ("libéré") le bâtiment du Conseil municipal de Marioupol. Une correspondante de la BBC, qui est allée voir sur place, a pu constater qu'il n'en est rien : l'édifice est toujours occupé et le drapeau noir-bleu-rouge de la République de Donetsk continue de décorer la façade.

Sur l'aérodrome de Kramatorsk, plusieurs explosions détruisent un hélicoptère lors du chargement de munitions par les militaires ; il y aurait trois morts. Le régime parle d'un accident au décollage, d'un tir de roquette, d'un tir de sniper dans le réservoir de carburant et même d'un sabotage de l'armée russe - on a le choix... (Komsomolskaïa Pravda)

A Slaviansk, un autre hélico inonde la ville de tracts de propagande (en russe) sur lequels on peut lire entre autre : "Evitez les rassemblements publics. Parmi les manifestants se trouvent des hommes des services spéciaux russes qui ont pour mission d'éliminer physiquement toute personne qui tente de critiquer la politique de la Russie... Attention, ils veulent se servir de vous comme de boucliers humains..."  (Komsomolskaïa Pravda)

Toujours à Slaviansk, la milice populaire capture un groupe de huit prétendus observateurs de l'OSCE qui se trouvaient dans la région sur invitation spéciale de la junte*, et non dans le cadre de la mission prévue par la déclaration de Genève du 17 avril (voir plus haut). Sept de ces militaires viennent de pays de l'OTAN : quatre Allemands de la Bundeswehr (dont un colonel), un Danois, un Tchèque et un Polonais. Le huitième est suédois (la Suède n'est pas membre de l'OTAN, mais elle fait partie de l'UE et soutient de ce fait les mesures antirusses, ce qui ne vaut guère mieux). Les huit espions, tous munis de passeports diplomatiques**, étaient accompagnés par quatre officiers de l'armée putschiste ukrainienne (dont un colonel). Ils étaient en possession de cartes militaires de la région de Slaviansk sur lesquelles étaient marqués les emplacements des points de contrôle et des barricades des groupes d'autodéfense. Bref, les "observateurs" pris la main dans le sac faisaient dans le district de Donetsk ce que d'autres (ou peut-être les mêmes) avaient essayé de faire en Crimée début mars (voir plus haut 7 et 8 mars).

Circonstance aggravante : à Slaviansk, on est déjà pratiquement en état de guerre. Il serait suicidaire pour la résistance de laisser les agresseurs faire ce que bon leur semble derrière ses lignes. Les insurgés de Slaviansk doivent affronter une armée ennemie qui les assiège, les attaque et tue leurs gens. Ils ne peuvent pas permettre à des représentants de cette même armée d'aller et venir dans la ville afin de mieux préparer les futures opérations de commandos.

* Les personnes retenues à Slaviansk n'appartiennent pas à la mission de l'OSCE - C'est ce qu'a déclaré Claus Neukirch, représentant de la direction de l'OSCE, à la chaîne de télévision autrichienne ORF. "Ces personnes n'agissent pas dans le cadre de la mission de l'OSCE et ne sont pas ses observateurs... Nous n'avons eu aucun contact avec eux. Pour être précis, ce ne sont pas des conseillers militaires de l'OSCE, mais des observateurs militaires qui y sont allés alléguant un mandat de l'OSCE. Les négociations avec Slaviansk [pour la libération de ces gens] ne sont pas menées par l'OSCE, mais par les ministères de la Défense et des Affaires étrangères d'Allemagne, ils ont là-bas trois militaires et un interprète. Ainsi que par le gouvernement d'Ukraine qui a invité ces experts..."

(L'OSCE est une organisation internationale dont sont membres tous les pays européens + les pays asiatiques de l'ex-URSS + les USA et le Canada. Dans le cas présent, elle sert de couverture à l'OTAN.)

** Les passeports diplomatiques et autres pièces d'identité des espions, y compris leurs permis de conduire et même, pour le Danois, une carte mensuelle des transports en commun de la région de Copenhague (qui a l'avantage d'être authentique, contrairement à sa carte bidon de faux inspecteur de l'OSCE).


A Odessa, une grenade explose dans des conditions mystérieuses à un point de contrôle tenu par les fascistes de Kiev et leurs complices de la police locale ; il y a sept blessés.

Kiev suit l'exemple des nazis et prive la Crimée d'eau (La Voix de la Russie) : "Il y a une semaine la junte de Kiev a ordonné de fermer les écluses du canal de Crimée du Nord qui fournit à la péninsule jusqu'à 85 % de l'eau utilisée en agriculture. Aujourd'hui le canal est quasiment vide. Les écluses ont été fermées malgré que la Crimée soit à jour dans ses paiements pour l'eau du Dniepr. Celle-ci est actuellement jetée dans la mer Noire. C'est ce qu'ont fait les occupants nazis lors de la Seconde Guerre mondiale..." (carte)

26 avril 2014 : Les forces d'autodéfense de Slaviansk considèrent les "observateurs" capturés la veille comme des espions (ou auxiliaires) de l'OTAN. Tous sont traités comme des prisonniers de guerre. Ils pourraient éventuellement être échangés contre les militants politiques kidnappés par la junte, lesquels sont au nombre de 200. L'un d'entre eux est Pavel Goubariev (voir plus haut 16 mars).

La Russie de Poutine réclame la libération des "observateurs". Non seulement elle ne fait rien pour venir en aide aux insurgés ; elle les désavoue publiquement. Cette lâcheté finira par se retourner contre elle.

Pravy Sektor filtre la frontière avec la Transnistrie.  Avec les nazis ukrainiens d'un côté et la Moldavie hostile dont elle s'est séparée il y a plus de 20 ans, de l'autre, cette petite république russophone est maintenant sous blocus. Que fait la Russie ?... Rien...

A Soledar (une ville connue pour ses mines de sel, au sud-est de Slaviansk) une attaque de commandos aéroportés de la junte est lancée contre un poste de contrôle des séparatistes. Il y aurait un mort de chaque côté. Dans les environs, à Artiomovsk, dans une mine de charbon désaffectée, se trouve un dépôt d'armes de l'époque soviétique ; compte tenu des informations contradictoires, on ne sait pas très bien qui le contrôle - sans doute pas les insurgés, car ils se plaignent de manquer d'armes. [Plus tard, on apprendra que la junte a fait miner l'entrée du dépôt, de sorte qu'il est impossible d'accéder rapidement à ces armes, lesquelles datent de la Deuxième Guerre mondiale mais sont encore en état de fonctionner.]

27 avril 2014 : Igor Strelkov, commandant militaire des groupes d'autodéfense de la République de Donetsk, annonce la capture à Gorlovka (au nord de Donetsk) de trois membres des forces spéciales Alpha de la "Sécurité" SBU de Kiev. Il s'agit de trois officiers (un lieutenant-colonel, un commandant et un capitaine). Leur mission était de kidnapper Igor Bezler, un des chefs de l'insurrection, dont le groupe occupe le commissariat de police de Gorlovka. Les trois hommes sont eux aussi considérés comme des prisonniers de guerre. (RT)

Les espions étrangers de l'OTAN (pardon, les diplomates de l'OSCE) sont présentés lors d'une conférence de presse à Slaviansk. Leur chef de file, le colonel allemand Axel Schneider, confirme qu'ils se portent bien. Les services de propagande de la junte avaient prétendu que "les otages sont détenus dans des conditions inhumaines" et que "l'aide médicale leur est refusée". Un peu plus tard, le militaire suédois est relâché car diabétique (trop malade pour rester en détention, assez bien portant pour jouer les barbouzes). Les espions ukrainiens, eux, ne participent pas à la conférence de presse.

A Donetsk, les insurgés s'emparent du bâtiment de la compagnie de téléradiodiffusion régionale et mettent fin à la retransmssion des programmes antirusses du régime (comme à Kramatorsk huit jours plus tôt).

Egalement à Donetsk, l'oligarque, prédateur et repris de justice russo-israélien Khodorkovski (voir ici), libéré fin décembre 2013 après dix ans de prison bien mérités, rend visite aux militants qui gardent les barricades devant le siège de l'administration régionale. Il demande à parler aux responsables. On lui répond qu'on n'a rien à lui dire et qu'il peut passer son chemin. Début mars, Khodorkovski avait pris la parole place Maïdan pour soutenir les putschistes. (RIA Novosti)

A Kharkov, des hooligans de foot noyautés par des nazis du Pravy Sektor attaquent un rassemblement de séparatistes pro-russes. Il y a une quinzaine de blessés.

Le "ministre de l'Intérieur" de la junte de Kiev annonce une "purge massive des forces de sécurité", car beaucoup de leurs membres refusent de réprimer les protestations dans le sud-est du pays et d'exécuter les ordres (illégaux) qui leur sont donnés. C'est sans doute pour les remplacer que le régime embauche des volontaires de Géorgie. Le recrutement s'effectue par l'intermédiaire du Mouvement National Uni, le parti de l'ancien président géorgien Saakachvili, et par son "ONG" Free Zone, fondée dans le but de troubler les J.O. d'hiver de 2014. On souhaite au fanatique Saakachvili d'obtenir en Ukraine le même "succès" qu'à Sotchi et qu'en Ossétie en 2008.

Retour en arrière : Enquête allemande sur les responsabilités du massacre de Kiev le 20 février 2014
(magazine Monitor de la chaîne publique ARD - vidéo 11 mn - sous-titres français)

28 avril 2014 : Le maire de Kharkov, Guennadi Kernes, est grièvement blessé, atteint de plusieurs balles dans le dos alors qu'il circulait à bicyclette. Farouchement pro-Ianoukovitch jusqu'au putsch du 22 février, il avait ensuite retourné sa veste tout en jouant le "réconciliateur", de sorte qu'il ne manquait pas d'ennemis. D'abord opéré dans un hôpital de la ville, Kernes est ensuite transporté dans une clinique de Haïfa en Israël, sa seconde (ou première) patrie.

A Donetsk, des groupes fascistes spécialement venus de Dniepropetrovsk pour semer la terreur, sont reçus comme il se doit par la population pro-russe. Comme la junte ne peut plus compter sur la police locale, elle a fait venir des flics de Kirovograd (carte) pour protéger les nazis. (RT)

Les insurgés s'emparent de la localité de Stanitchno-Louganskoïe (au nord-est de Lougansk). A Stchastié ("Bonheur", au nord de Lougansk) ils capturent un homme des forces spéciales de Kiev dont le "travail" consistait à recruter des volontaires pour le "bataillon spécial du Donbass" de Pravy Sektor. (RT)

29 avril 2014 : A Lougansk même, les insurgés prennent le contrôle de divers bâtiments publics qu'ils n'occupaient pas encore : administration régionale, bureaux du procureur, siège de la police... Les policiers ne s'y opposent pas ou changent carrément de camp. Dans d'autres villes de la région (Konstantinovka, Gorlovka, etc.) le processus est similaire : ce qui n'était qu'une occupation partielle s'étend et se généralise. Des localités qui n'étaient pas encore touchées par le mouvement le rejoignent à leur tour, comme par exemple Altchevsk (à l'ouest de Lougansk) et Krasny Loutch (au sud-ouest). Il va être de plus en plus difficile de déloger tous ces gens...

Après que l'UE ait annoncé des "sanctions" contre les dirigeants de l'insurrection, le maire de Slaviansk menace d'interdire l'accès de la ville aux fonctionnaires des pays de l'UE. Entre-temps l'Allemagne prépare une action militaire de ses commandos KSK de la Bundeswehr pour libérer les "otages" (c'est-à-dire les faux inspecteurs de l'OSCE et vrais espions de l'OTAN - voir plus haut 25 avril).

Les Occidentaux aggravent les "sanctions" prises à l'encontre de dirigeants russes sans susciter de réaction notable. D'autre part les Etats-Unis interdisent aux Européens d'utiliser des lanceurs russes.

30 avril 2014 : A Kiev, dans le courant de la nuit, des affrontements ont lieu entre groupes d'extrême droite et fachos du Maïdan - détails. C'est quoi au juste la différence ?  Comme entre Al-Nosra et Al-Qaqaïda ?...  Comprenne qui pourra... Si au moins ils pouvaient s'entretuer pour de bon...

Quelques jours plus tôt, à Lvov, des néo-nazis avaient commémoré les exploits de la division SS ukrainienne "Galicie", mais sans rencontrer d'opposition, ni dans leur propre camp ni autrement.

Dans l'est du pays, la situation échappe de plus en plus au "gouvernement" de Kiev, comme le constate le Guardian. Le site pro-Maïdan Kyiv Post reprend l'article du journal anglais et l'assortit d'une carte qui en dit long : on a fait son deuil de la Crimée et on commence à se préparer à la perte du Donbass. D'ailleurs, le Guardian, bien que pro-putsch et antirusse comme tous les grands médias, écrit que "la région de Donetsk va probablement proclamer son autonomie après le référendum du 11 mai".



Tourtchinov, le "président" putschiste, mobilise "son" armée (il ne fait que ça depuis deux mois), la met en état d'alerte (elle l'est déjà en permanence), annonce la création de nouveaux bataillons (avec quel personnel ?), menace les "terroristes" (les insurgés), fustige les "traîtres" (les policiers qui refusent de tirer sur la foule), accuse Moscou d'intervenir en Ukraine (si ça pouvait être vrai), etc. etc...

Voice of America s'inquiète : "Si la Russie prenait le contrôle total de Donetsk, il lui suffirait de deux régions de plus [Zaporojié et Kherson] pour établir la jonction terrestre avec la Crimée. Et deux autres sur la mer Noire [Nikolaïev et Odessa] pour obtenir l'accès direct à la Transnistrie..."  (carte)

En vue du référendum, les nouvelles autorités régionales provisoires de Donetsk ont mis en place une commission électorale chargée de régler les détails matériels : organisation, bureaux de vote, bulletins... Mais le point le plus délicat reste bien sûr la sécurité. (RIA Novosti)

1er mai 2014 : Les fascistes du Pravy Sektor (= "Garde nationale") sont toujours là. Dans la nuit du 1er mai, ils lancent un raid contre un poste de contrôle des insurgés à Krasnoarmeïsk (au nord de Donetsk) et kidnappent plusieurs militants. A Donetsk, par contre, c'est le nouveau pouvoir qui arrête un terroriste de "Svoboda". La situation reste fragile, d'autant plus que la junte vient d'annoncer sa énième grande offensive dans l'est du pays (RIA Novosti). Un jour, ces tarés se lamentent de leur impuissance, le lendemain ils affirment être sur le point d'écraser la rébellion.

Mais tout cela n'empêche pas la majorité pro-russe de manifester à l'occasion du 1er mai, et l'envoyé de la BBC à Donetsk constate que "pas un seul drapeau ukrainien n'est visible dans une des plus grandes villes d'Ukraine".

2 mai 2014 : A l'aube, le régime de Kiev déclenche contre Slaviansk et Kramatorsk l'offensive annoncée la veille. Ses chars détruisent les points de contrôle établis autour des deux villes. Vingt hélicoptères d'attaque sont engagés dans ces combats inégaux. A Slaviansk, les insurgés parviennent à en abattre deux au lance-roquettes, tuant deux assaillants et en blessant plusieurs. Un troisième hélicoptère est endommagé, un pilote capturé (photo). Plusieurs morts également parmi les insurgés (probablement cinq). Selon RT, des combattants parlant anglais entre eux (mercenaires étrangers ou forces spéciales de l'OTAN) participent à l'agression, de même que des hommes du Pravy Sektor. A Andreïevka, un village au sud de Slaviansk, des habitants bloquent quinze véhicules blindés de transport de troupes ; les militaires n'osent pas trop écraser ces civils désarmés (photo - autre photo). Comme toujours, la junte ne peut vraiment compter que sur les nazis et les mercenaires...

Le porte-parole du Kremlin se dit "indigné" et "craint que l'action de Kiev ne signifie la fin de l'accord de Genève" (!)  On voit que Poutine est vraiment à la hauteur... Son "arme secrète" : convoquer une réunion du Conseil de "Sécurité" (où le délégué de Moscou est seul contre treize, et même contre quatorze puisque la Chine s'abstient - voir plus haut 15 mars). On a l'impression que le président russe a hâte que l'insurrection du Donbass soit écrasée ; il aurait un souci de moins à se faire et pourrait attendre tranquillement que vienne le tour de la Russie.


Massacre à Odessa

Les habitants d'Odessa, eux, manifestent spontanément leur solidarité avec Slaviansk. Ils sont violemment attaqués par la police et la racaille pro-Maïdan renforcée par des hooligans de l'équipe de foot locale. Plusieurs opposants sont tués par balles. Au moins 42 personnes meurent dans l'incendie criminel de la Maison des Syndicats où elles s'étaient réfugiées. Les pompiers n'interviennent qu'au bout de 40 minutes. Pendant ce temps, à l'extérieur, les bandéristes (fascistes ukrainiens - voir plus haut 22 mars) crient : "Grillez, sales Russes !..." (Komsomolskaïa Pravda)

Le lendemain, on apprend que des policiers en civil de deux bataillons du ministère de l'Intérieur de Kiev, Vostok (Est) et Chtorm (Tempête), ont participé à Odessa aux tueries et aux passages à tabac d'opposants anti-Maïdan. Ces bataillons ont récemment accueilli dans leurs rangs des militants d'extrême droite ayant reçu une formation spéciale. (RT)

Les assassins décrètent un deuil national de trois jours à la mémoire de leurs victimes et font arrêter 160 "suspects", évidemment pro-russes. Une première "enquête" (durée : 5 minutes) conclut à un "accident", une autre (10 minutes) révèle la "culpabilité" de Ianoukovitch.


Dans la ville russe d'Odessa :

■ à gauche : 1905 (scène du film Cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein)
■ à droite : 2014 (quelques-unes des victimes de l'incendie criminel - source)


3 mai 2014 : Dans le courant de la nuit, la junte concentre ses assauts sur Kramatorsk. Tant qu'elle a des mercenaires étrangers à sa disposition et tant que Poutine se contente de timides protestations verbales, elle aurait tort de se gêner. Au petit matin on compte déjà plusieurs morts. Les commandos de Kiev reprennent la tour de télévision occupée par les insurgés depuis le 19 avril.

A Andreïevka (au sud de Slaviansk) la population, toujours sans armes, forme une chaîne humaine pour bloquer l'entrée de la localité aux nazis de Pravy Sektor. Ceux-ci ouvrent le feu, il y a plus de dix morts. (RT)  Un peu plus tard, les fascistes progressent vers le centre-ville de Kramatorsk. Ils sont également à Droujkovka (au sud de Kramatorsk) où les habitants sont eux aussi désarmés. (RIA Novosti)



Odessa brûle ?  Kramatorsk brûle ?  Pas de quoi s'affoler...
Ce n'est pas parce que l'OTAN a ses troupes "spéciales" sur place, que la Russie devrait y envoyer les siennes...
Rassurez-vous, Poutine suit de près la situation. Il a demandé qu'on le réveille pour le défilé du 9 mai, auquel il assiste tous les ans.

Nouvelle trahison

Les "observateurs de l'OSCE" (espions de l'OTAN et de l'armée de Kiev), que les insurgés de Slaviansk avaient remis la veille à un envoyé russe pour qu'ils soient placés "en sécurité", sont à présent en liberté - sans aucune contrepartie et en signe de "bonne volonté" de la part de la Russie. "Bonne volonté" russe dont la prochaine étape pourrait consister à désarmer les insurgés et à faire évacuer les bâtiments qu'ils occupent...

Non seulement Poutine ne fait rien pour venir en aide à ses compatriotes du sud-est plus menacés que jamais ; il choisit ce moment tragique pour les trahir une fois de plus. Tout cela dans l'espoir que les Occidentaux lui ficheront la paix, qu'ils cesseront de l'accuser d'intervenir et lèveront les "sanctions".

Crétin du jour : Sergueï Lavrov. Selon RIA Novosti, il déclare dans un entretien téléphonique avec son homologue allemand Steinmeier : "Il faut empêcher que l'armée ukrainienne et le Pravy Sektor ne lancent une attaque de grande envergure maintenant que les inspecteurs de l'OSCE ont été libérés..."  L'idiot du village russe ne pouvait pas se douter que les "autorités" de Kiev, après avoir récupéré leurs quatre officiers espions, poursuivraient l'offensive militaire commencée la veille...

4 mai 2014 : Le correspondant de CNN contate que l'armée ukrainienne n'occupe pas le centre-ville de Slaviansk ni celui de Kramatorsk. La réalité sur le terrain ne coïncide pas du tout avec les communiqués de victoire de Kiev. A Kramatorsk, la tour de télé reconquise par les militaires avait été évacuée la veille par les insurgés pour une raison inconnue ; il s'agit donc d'un succès douteux. Les combats ne touchent que la périphérie des deux villes mais n'en sont pas moins meurtriers (au moins sept défenseurs et deux soldats tués).

On signale également des attaques de l'armée de la junte contre Marioupol (au sud de Donetsk, sur la mer d'Azov) et à Konstantinovka (au sud de Kramatorsk - carte), probablement suivant le même schéma qu'à Slaviansk et Kramatorsk : raids sur les avant-postes des insurgés, repli, harcèlement. Le "problème" des criminels de Kiev semble être le suivant : s'ils disposent de forces militaires (mercenaires, Pravy Sektor) capables de porter des coups douloureux aux insurgés et éventuellement de reprendre tel ou tel immeuble occupé, ils n'ont pas suffisamment de personnel pour assurer durablement leur "reconquête". Pour cela, les unités "spéciales" ne suffisent pas, il faut de nombreux soldats de l'armée régulière. Or, on sait comment ces derniers réagissent au contact de la population. On le voit pratiquement tous les jours, et encore hier à Kramatorsk (vidéo).

On peut penser que les insurgés, qui ont déjà abattu deux hélicoptères, peuvent aussi diriger leurs lance-roquettes (dont ils disposent en nombre réduit) contre les chars des agresseurs. L'ennui, c'est qu'ils ignorent qui se trouve à l'intérieur : fascistes ou soldats ordinaires ?... Comme dit Igor Strelkov, commandant des groupes d'autodéfense de la République de Donetsk : "Ces soldats ont été envoyés ici contre leur gré, il n'y a pas de volontaires parmi eux. Si nous nous mettons à les tuer, et nous en avons la possibilité, ce sont nos frères que nous allons assassiner..." (Le Courrier de Russie).  L'ennemi le sait et il en profite.

Contrairement aux nazis et aux mercenaires, l'armée "normale" n'est pas prête pour la guerre civile. Ce qui rend d'autant plus risible l'intention proclamée à Kiev de rétablir la conscription. Le service militaire obligatoire n'existe plus qu'en théorie et devait être officiellement supprimé au cours de l'année 2014. Depuis le 1er janvier, on ne procède plus à aucune incorporation, et avant elles étaient déjà réduites au minimum. Les putschistes n'ont pas les moyens financiers de rétablir le service obligatoire. Ils n'ont pas non plus envie de se ridiculiser en voyant 90 % des jeunes refuser de répondre à l'appel ou, pire encore, rejoindre le camp des insurgés. Les grandes gueules de Kiev ont déjà décrété plusieurs "mobilisations", avec un "succès" quasiment nul. Le potentiel de nuisance de la junte vient d'ailleurs : prolifération des groupes fascistes (surtout dans l'ouest du pays) et soutien occidental de tous les instants.

Face à cela, la passivité russe, malgré les innombrables appels au secours des insurgés, est presque aussi criminelle que l'intervention - à peine occulte - des pays de l'OTAN.

L'OTAN lance sa campagne de terreur et de représailles massives  par Xavier Moreau. L'auteur, qui pèche parfois par excès d'optimisme, écrit : "Entre les exactions contre les civils et la certitude que les sanctions sont inévitables, rien ne retient plus la Russie d'intervenir militairement. Le référendum du 11 mai à Donetsk pourrait constituer une bonne occasion, à moins que les massacres obligent à une réaction plus prompte. Il ne faut pas s'attendre à une participation massive, ni à un enthousiasme débordant comme en Crimée. Cependant, ce référendum apportera au gouvernement de la République Populaire du Donetsk une légitimité qui ne sera pas moindre que celle de la Rada de Kiev. Sans reconnaître l'indépendance ni annexer le Donetsk, la Russie peut, au prix d'une courte campagne, chasser les néo-nazis et les mercenaires américains et permettre à la RPD de se doter d'une armée. Elle pourrait compter sur les éléments ralliés de l'armée ukrainienne, pour se protéger de la junte kiévienne et la forcer à reconnaître son autonomie. Sans le contrôle du Donetsk, la junte ne pourra plus compter sur un prêt international. L'OTAN sera contrainte de négocier avec la Russie, à moins de déclencher la troisième guerre mondiale..."

[ Prédiction intéressante mais hélas totalement fausse, comme la suite des événements ne tardera pas à le démontrer... ]

Xavier Moreau ajoute : "Toute la population russe a vu les images épouvantables du massacre d'Odessa à la télévision et est prête pour l'intervention militaire. Toujours fidèle au modèle de propagande des années 90, où Internet n'existait pas, la junte et l'OTAN ont accouché d'un gros mensonge sur les événements d'Odessa. Les investigations sont désormais supervisées par Kiev et donc par Svoboda, dont plusieurs députés se sont d'ailleurs publiquement réjouis de ce massacre. Malgré toutes les vidéos que les néo-nazis ont eux-mêmes tournées, la junte et l'OTAN accusent la Russie. La presse française hésite encore à reprendre cet incroyable bobard, mais cela ne saurait tarder...  Après ce crime, la haine entre « les deux Ukraines » est à son comble. En outre, tout Russe ou russophone sait désormais qu'il n'y pas de justice à attendre de la junte. L'OTAN, Washington et leurs serviteurs fanatiques sont donc tout près d'obtenir ce qu'ils exigent depuis leur humiliation en Crimée : une guerre en Europe."


A Odessa, près de 2.000 manifestants pro-russes envahissent le siège de la police et imposent la libération de 67 de leurs camarades arrêtés après les massacres du 2 mai. Ils étaient emprisonnés en vertu du principe "Sus aux rescapés !..."  Mais ce succès est très relatif, car la police ne leur a pas restitué leurs effets personnels enlevés lors de l'arrestation. Elle les a "priés" de venir les retirer un autre jour : on imagine ce qui va se passer quand ils se présenteront...  D'autre part, beaucoup de résistants restent encore détenus et risquent de se retrouver entre les mains de la "Sécurité" SBU, la Gestapo de "Svoboda" - ce qui est d'autant plus probable qu'ils ont été transférés vers d'autres régions.

Arseni "Yats" Iatseniouk, le putschiste que Victoria "Fuck EU" Nuland a placé à la tête du "gouvernement", vient narguer les survivants d'Odessa et leur faire des promesses qu'il n'a ni le pouvoir ni l'intention de tenir, et qui de toute manière sont bien en deçà de leurs attentes. Pratiquement dans la même phrase, l'imposteur de Kiev déclare que Moscou est responsable des émeutes.


LES INSURGÉS, EUX, ONT PROMIS LA DÉYATSÉNISATION...

Elimination de l'arseniouc
- un acte de salubrité publique -

Méthode plus rapide


5 mai 2014 : Un nouveau préfet de police est nommé à Odessa, plus fasciste que le précédent. Il confirme que les "suspects" libérés la veille sont toujours inculpés et "recherchés". Les unités de police qui ont "failli" seront remplacées par des éléments sûrs venus de l'ouest. Sans groupes d'autodéfense comme dans l'est du pays, la population russe/russophone d'Odessa est dans une situation bien précaire. Elle ne peut compter que sur elle-même et sur la solidarité spontanée des habitants d'autres régions, ce qui risque d'être insuffisant. Moscou, tout en déclarant du bout des lèvres que le "gouvernement" de Kiev est illégal et qu'il est le résultat d'un coup de force fomenté en Occident, continue néanmoins de chercher le compromis (la compromission) avec les putschistes et leurs sponsors.

Pour montrer qu'il est "raisonnable" et "responsable", Poutine choisit l'immobilisme face à l'agression quotidienne. Et pourtant, s'il faisait en Ukraine ne serait-ce que le quart de ce que font les pays de l'OTAN, tout serait différent. Sans envoyer de troupes, il pourrait aider matériellement et militairement les insurgés. Et aussi politiquement, en cessant de frayer avec ceux qui veulent sa perte, en arrêtant de se justifier bêtement chaque fois que l'Occident l'accuse, en mettant fin à la fiction de la fédéralisation et de la nécessaire unité de l'Ukraine dans le respect de toutes les... bla-bla-bla... (des mots d'ordre dépassés et démobilisateurs), en contrant les "sanctions" occidentales comme il l'avait promis, en réagissant comme il se doit dans l'affaire du gaz et de la dette ukrainienne.

Quand on recule constamment pour "prouver" qu'on ne se laisse pas provoquer, on donne à l'adversaire (à l'ennemi) la victoire qu'il serait bien incapable de remporter de ses propres forces. Poutine ne s'en tirera pas en sacrifiant le Donbass et Odessa. Washington et ses vassaux exigeront ensuite la "restitution" de la Crimée, l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, le retrait de Transnistrie, etc. etc...

Finalement, loin d'être le grand stratège dont parlent certains, "Poutine est un simple officier arrivé au pouvoir par l'escalier de service", comme dit l'écrivain Edouard Limonov.


Lorsque les nazis ukrainiens sponsorisés par des milliardaires juifs (voir plus haut et encore plus haut), soutenus par des provocateurs sionistes (voir également plus haut) et aidés par des mercenaires israéliens, massacrent plus de 40 Russes à Odessa, ce sont les Juifs qui sont "menacés" : Odessa Jews ready for mass evacuation (RT).  Si 40 Juifs avaient été tués, les médias sionisés auraient parlé de pogrome et d'holocauste pendant des mois et des mois (en accusant Poutine). Rien de tel, bien sûr, dans le cas de vulgaires goyim...  A Odessa, au lieu de prendre parti pour les Russes opprimés et contre les fascistes de Kiev, les leaders de la communauté juive préfèrent rester "neutres" et se planquer (ils ne veulent pas perdre l'appui de leurs oligarques). Comme ils l'admettent eux-mêmes, aucun Juif d'Ukraine n'a été affecté par les événements des six derniers mois (les seuls blessés juifs sont des mercenaires israéliens combattant pour les nazis du Maïdan - voir l'avant-dernier lien).

L'article de RT indique que 25.000 à 34.000 Juifs d'Odessa ont été massacrés par les nazis allemands et roumains à partir de 1941 (et jusqu'à la libération de 1944, commémorée récemment par les russophones d'Odessa - voir plus haut 10 avril). L'auteur oublie tout simplement de dire combien de non-Juifs ont péri de la même façon. Probablement cinq fois plus, comme dans l'ensemble de l'Europe et pour toute la durée de la guerre (30 millions de goyim contre 6 millions de Juifs). Mais en URSS, personne ne décomptait séparément les morts juifs et les morts non-juifs. Cette aberration, revendiquée par les sionistes dès les années 1950, fut alors rejetée par Moscou mais imposée plus tard (Soljenitsyne en parle dans son livre Deux siècles ensemble - voir ici). L'URSS n'a jamais considéré que les victimes juives du fascisme étaient "différentes" de toutes les autres, et encore moins qu'elles méritaient des mémoriaux distincts, des temples de l'Holocauste®. D'ailleurs le mot n'a été inventé qu'en 1978...  Comme les sionistes d'aujourd'hui, ceux des années 1941-44 ne faisaient strictement rien contre le fascisme - contrairement à la plupart des Juifs d'Odessa et du reste de l'Union soviétique, qui eux n'étaient pas sionistes.

Pour ce qui est de la profanation du mémorial juif d'Odessa, dont parle l'article de RT, nul ne sait qui en est l'auteur ; pas les fascistes du Pravy Sektor en tout cas (le fascisme de 2014 est judéo-compatible et israélophile). En cherchant bien on aurait peut-être des surprises (voir la provocation du cimetière juif de Carpentras et ces quelques autres affaires montées de toutes pièces par le lobby innommable).


D'après La Voix de la Russie, Oleg Tsariov (ancien responsable du Parti des régions de Ianoukovitch) estime que plus de 100 personnes - dont des enfants - ont péri dans l'incendie criminel d'Odessa.  "Précédemment le député du conseil régional Vadim Savenko avait déclaré que les affrontements à Odessa avaient fait 116 morts. Selon lui, les autorités ukrainiennes ont reçu l'ordre de taire l'envergure de la tragédie pour cacher à l'opinion mondiale le fait d'avoir organisé à Odessa une opération punitive contre les habitants pro-russes."


Retour dans le Donbass : à Lougansk, les milices populaires capturent trois individus qui faisaient le coup de feu contre les barricades du centre-ville. Dans la région de Slaviansk, violentes attaques de l'armée de la junte contre les avant-postes des insurgés. Il y a de nombreux morts (au moins dix du côté de la résistance et quatre chez les agresseurs). Mais les bâtiments administratifs de Slaviansk, Kramatorsk et Droujkovka (au sud de Kramatorsk) sont toujours aux mains des séparatistes. Près de Slaviansk, ces derniers abattent un hélicoptère - sans faire aucune victime, si l'on en croit Kiev : ô miracle... (RIA Novosti)  Dans la soirée, nouveaux combats à Semionovka, à l'est de Slaviansk : plusieurs tués, dont trois résistants.

La PrivatBank du milliardaire juif Kolomoïski (gouverneur de Dniepropetrovsk et financier du terrorisme - voir plus haut 18 avril) cesse ses activités dans le Donbass. Ces derniers temps, les agences de la banque éprouvaient de plus en plus de difficultés à travailler normalement.

L'Express publie une liste des villes du Donbass aux mains des militants pro-russes. Parmi elles, on trouve la ville de Thorez (dans le bassin minier à l'est de Donetsk), ainsi nommée en l'honneur de Maurice Thorez, chef du parti communiste français jusqu'à sa mort en 1964, ministre de la fonction publique sous de Gaulle en 1945, mineur du Pas-de-Calais avant son entrée en politique.

A la liste ci-dessus il faut maintenant ajouter la ville de Debaltsevo (à l'est de Gorlovka - carte).

6 mai 2014 : A Sverdlovsk (au sud-est de Lougansk, près de la frontière russe) un groupe d'insurgés incendie au petit matin une station radar située dans l'enceinte d'une base militaire. Les gardes, maîtrisés et désarmés en un instant, n'y voient que du feu - c'est le cas de le dire... (RT)

Le Parlement de Kiev (Rada) se réunit en session spéciale à huis clos pour discuter de la situation "sécuritaire" dans l'est du pays. Pour illustrer l'importance qu'elle accorde à la "démocratie renouvelée", la Rada putschiste exclut de la réunion les 32 députés communistes, au motif que plusieurs d'entre eux défendent des "positions séparatistes".  On apprend cependant que Valentin Nalivaïtchenko, chef de la "Sécurité" SBU, a déploré devant les députés le manque de confiance de la population de l'est : "Les civils se méfient de la police, du SBU et des forces du ministère de la Défense qui s'emploient à liquider les terroristes. La situation est difficile à cet égard dans les régions de Donetsk et de Lougansk..."  (RIA Novosti).

On ignore ce que le chef terroriste Nalivaïtchenko (atout de la CIA) a dit à propos des "forces spéciales" (nazis du Pravy Sektor, mercenaires et "conseillers" étrangers) qui constituent l'élément essentiel - et le seul véritablement fiable - de l'armée dite ukrainienne.

A Odessa, toujours selon RIA Novosti, Vadim Savenko, le député du conseil régional qui avait révélé la veille que le bilan réel des massacres était de 116 morts, précise que les bataillons de tueurs d'extrême droite envoyés dans cette ville sont financés par le milliardaire (juif) Kolomoïski (encore lui). Voilà qui va plaire à la communauté la plus "menacée" d'Ukraine (voir plus haut).

Oleg Tsariov, ancien responsable du Parti des régions de Ianoukovitch, puis candidat à la présidentielle illégale des putschistes, a maintenant retiré sa candidature et milite pour le mouvement Iougo-Vostok (Sud-Est). Il déclare : "Les habitants des régions de Donetsk et de Lougansk, qui selon les résultats du référendum du 11 mai pourraient faire partie de l'Etat fédéral de la Nouvelle-Russie (Novorossia), boycotteront les élections présidentielles en Ukraine le 25 mai... Le processus de formation de la Nouvelle-Russie pourrait commencer dès la semaine prochaine..." (La Voix de la Russie).  Inutile de préciser que Tsariov, qui est député de la Rada de Kiev, ne peut plus se présenter là-bas sous peine de se faire lyncher. Il a déjà été agressé plusieurs fois par les fascistes...

A Donetsk, l'aéroport est resté fermé toute la journée sur ordre de la junte. Les milices populaires ne le contrôlent pas encore, ce qui montre bien la différence avec la Crimée, où la prise en mains des points stratégiques avait été immédiate afin de ne laisser aucune chance aux putschistes. Mais à Simféropol, les Criméens pouvaient compter sur les forces russes de la garnison de Sébastopol, ce qui n'est pas du tout le cas ici...

Détail intéressant : l'aéroport de Donetsk porte le nom de Serge Prokofiev, un enfant du pays. Ce compositeur russe (Roméo et Juliette, Pierre et le Loup) est né tout près de là, en 1891, dans le village russe de Sontsovka, à l'ouest de la ville russe de Iouzovka (aujourd'hui Donetsk), dans la province russe de Iekaterinoslav (aujourd'hui Dniepropetrovsk) en Nouvelle-Russie, dans l'Empire russe. Rien d'ukrainien dans tout cela... Ce n'est qu'en 1925 que Staline rattacha la région à l'Ukraine soviétique nouvellement créée, sans demander l'avis de personne et sans qu'on sache pourquoi...  Il est grand temps de corriger cette "erreur" de l'histoire...

7 mai 2014 : La junte veut à tout prix empêcher le référendum du 11 mai...  Slaviansk est assiégée, les militaires putschistes tirent sur les civils qui essaient de quitter la ville. L'armée de Kiev a déployé plusieurs batteries de lance-roquettes multiples entre Slaviansk et Kramatorsk. Un nouveau massacre se prépare. (RIA Novosti)

D'autre part, également d'après RIA Novosti, plusieurs provocations antirusses sont prévues pour les prochains jours. La "Sécurité" SBU, qui n'est plus présente officiellement à Donetsk, a introduit en cachette dans cette ville 200 uniformes de l'armée russe et 70 fausses cartes d'identité militaires. L'objectif est de mettre en scène une attaque "russe" contre les gardes-frontière ukrainiens, attaque qui serait opportunément filmée pour les médias. Ce sont des gardes du corps de l'oligarque Tarouta (gouverneur de la région de Donetsk) qui se sont occupés du transport et de la garde du matériel. (Les nazis ukrainiens ne font que copier leurs modèles allemands de 1939 - Gleiwitz.)  A Melovoïe (au nord-est de Lougansk, à la frontière russe) un groupe de 15 casseurs du Pravy Sektor a pour mission de kidnapper un soldat russe qui sera présenté comme "preuve" d'une incursion moscovite. Un peu dans le même genre, à Velikaïa Novosiolka (à l'ouest de Donetsk, à bonne distance de la frontière) une colonne de chars ukrainiens doit être "décorée" de drapeaux russes à l'occasion du 9 mai, pour faire croire à l'opinion que l'invasion est en marche.

A Andreïevka, près de Slaviansk, les combats font rage, il y a plusieurs morts. A Marioupol, la résistance chasse les fascistes de la mairie qu'ils avaient occupée pendant quelques heures. La situation reste confuse.


Encore une trahison

Ce n'est pas la première ces temps-ci (Genève 17 avril) ni la deuxième (espions de l'OTAN 3 mai) et sûrement pas la dernière...

Poutine appelle à reporter le référendum de Donetsk et Lougansk  ("reporter" = "annuler")

Oui, la junte veut à tout prix empêcher le référendum du 11 mai... Et grâce à Poutine, elle va y parvenir...  L'homme du Kremlin recommande déjà aux insurgés de participer à la présidentielle illégale du 25 mai, puisqu'il estime qu'elle va "dans la bonne direction". Le milliardaire Porochenko, qui espère remporter cette présidentielle, s'en lèche les babines.

Kiev, Moscou : même combat... Le fascisme passera...  Si les résistants du sud-est ont le malheur de suivre l'appel débile du président russe, leurs 200 martyrs sont morts pour rien...  Si par miracle, ils arrivent à s'en sortir, ce ne sera pas avec Poutine mais contre lui...  Pauvre Donbass, pauvre Odessa...

8 mai 2014 : ♫ Pirouette, girouette... Selon RIA Novosti, Oleg Tsariov (voir plus haut 6 mai) est "d'accord pour reporter le référendum si Kiev stoppe son opération punitive". Autrement dit : si les nazis arrêtent de nous tuer, nous acceptons de capituler...  Trois millions de bulletins ont déjà été imprimés pour le 11 mai. Qu'est-ce qu'on en fait ? On les envoie à Poutine ?...

Pavel Goubariev, le tout premier insurgé et gouverneur populaire de Donetsk, qui avait été kidnappé par les fascistes, vient d'être libéré en même temps que deux autres résistants (le maire-adjoint de Slaviansk et un militant du district de Kherson). En contrepartie, les milices populaires ont relâché les trois officiers des forces spéciales Alpha capturés à Gorlovka le 27 avril. Comme dans les affaires d'espionnage du temps de la guerre froide, l'échange s'est effectué sur un pont à la sortie de Slaviansk (Komsomolskaïa Pravda).  Des centaines d'opposants au putsch sont encore aux mains de la "Sécurité" SBU, la Gestapo de la junte.

Denis Pouchiline, co-président du Conseil exécutif de la République de Donetsk, fait savoir que le réferendum du 11 est maintenu. La seule question posée (en russe et en ukrainien) sera la suivante : "Soutenez-vous la proclamation d'indépendance de la République populaire de Donetsk ?"  Même chose à Lougansk, où la décision de ne pas reporter (annuler) le référendum est communiquée par le gouverneur populaire Valeri Bolotov. La question est identique (avec "Lougansk" au lieu de "Donetsk").

Comme le dit très justement Pouchiline, un report du référendum à une date indéterminée aurait été l'équivalent d'une annulation pure et simple. Les dirigeants de la République de Donetsk auraient perdu toute crédibilité auprès de la population. Poutine n'a pas du tout demandé l'avis des intéressés avant de lancer son funeste appel de la veille. Pouchiline et ses camarades l'ont appris par les médias. Eh bien, c'est de la même façon que Poutine apprendra la réaction de Donetsk...


Référendum du 11 mai : OUI

Pour la République - Pour la Nouvelle-Russie - Pour le Donbass

Avant même que la nouvelle du maintien des deux référendums ne soit connue, le nazi de "Svoboda" Andriy Parubiy, chef du Conseil national de "Sécurité" et de "Défense" de la junte criminelle de Kiev, annonce la poursuite des opérations militaires dans l'est du pays. Pour montrer qu'il ne plaisante pas, le régime envoie ses mercenaires reprendre (ou tenter de reprendre) la mairie de Marioupol.

A propos de l'élection présidentielle (illégale) du 25 mai, la candidate Ioulia Timochenko déclare : "Si je ne suis pas élue - et je sais que je n'ai qu'un concurrent -, il y aura une troisième révolution en Ukraine..." (après la "révolution orange" de 2004 et celle du Maïdan - cité par RIA Novosti).  Dans les sondages, la milliardaire Timochenko est loin derrière le milliardaire Porochenko au premier tour (13 % contre 45 %).  Elle devrait demander à Poutine de l'aider...

9 mai 2014 : A Moscou d'abord, en Crimée ensuite, Poutine célèbre la victoire de 1945 sur le fascisme allemand, alors que dans le même temps il fait le jeu du fascisme ukrainien en trahissant les patriotes qui s'y opposent. L'homme du Kremlin ne saisit pas la contradiction - ou ne veut pas la voir.

A Marioupol, la situation est de plus en plus sérieuse. Les mercenaires de la junte poursuivent leur opération terroriste. Leurs chars attaquent et détruisent le siège de la police (qui était occupé par des policiers anti-régime) et s'en prennent à la foule rassemblée devant le bâtiment. Il y a de nombreux morts (20 si l'on en croit Avakov, le nazi de Kiev qui fait office de "ministre de l'Intérieur"). Des membres de la milice populaire de Donetsk sont en route pour Marioupol afin de prêter main-forte aux résistants.

Poutine, lui, s'en bat les flancs. La seule chose qui l'intéresse, ce sont les grands spectacles où il peut se produire : Jeux olympiques, parades militaires...  Et s'il allait au Concours de l'Eurovision ?...

10 mai 2014 : A Marioupol les troupes du régime se sont repliées, semble-t-il. Un de leurs blindés a été incendié (voir aussi article et vidéo de RT). Deux autres chars ont été soit abandonnés soit pris par les insurgés (photo RIA Novosti - photo Komsomolskaïa Pravda). Les hommes présentés comme des soldats de l'armée régulière sont en réalité des nazis de la "Garde nationale" (Pravy Sektor). Avec les mercenaires étrangers et les forces spéciales de l'OTAN, ils constituent la "force de frappe" de la junte.

Marioupol, 9 mai (fête de la victoire sur le fascisme) : les fascistes assassinent des civils désarmés (vidéo)

Les policiers de Marioupol ont rejoint le camp de la résistance dont ils arborent le signe distinctif : le ruban de Saint Georges. Le chef de la police nommé par la junte pour "nettoyer" la ville (un certain Androchtchouk, membre de "Svoboda") voulait obliger ses hommes à faire feu sur la foule. Devant leur refus, il a tiré sur eux et appelé la "Garde nationale". Les policiers ont réussi à maîtriser le forcené et l'ont roué de coups. Il s'est retrouvé dans le coffre d'une voiture. On ignore où il est à présent. En tout cas, il ne commande plus la police de Marioupol, c'est son adjoint qui l'a remplacé. (Source : Komsomolskaïa Pravda)  L'attaque de la "Garde nationale" a fait sept morts.


L'entrée du bâtiment de la police de Marioupol avant et après l'expédition punitive des fascistes :

(source : 0629.com.ua, le site de la ville de Marioupol - 0629 est l'indicatif téléphonique)


RÉFÉRENDUM D'INDÉPENDANCE À DONETSK ET LOUGANSK

11 mai 2014 : Androchtchouk, ex-chef de la police de Marioupol à l'origine du massacre du 9 mai, est retrouvé pendu (0629.com.ua).

L'oligarque juif Rinat Akhmetov demande au "gouvernement" de Kiev de stopper ses opérations militaires dans l'est du pays. Bien que partisan du putsch, le propriétaire des plus grandes entreprises industrielles du Donbass doit penser à son avenir pour le cas où la cause séparatiste triompherait : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier...

A Novoaïdar, au nord de Lougansk, une quinzaine de blindés de la junte attaquent les positions de la résistance. On signale également des mouvements de chars en divers autres endroits de la région. Près de Slaviansk, on entend des tirs. Dans certaines localités, les forces du régime interdisent à la population l'accès aux bureaux de vote. A Krasnoarmeïsk, au nord-ouest de Donetsk, les fascistes de la "Garde nationale" tuent deux civils (RT).

Mais dans l'ensemble, le scrutin se déroule normalement compte tenu des circonstances. La participation est plus élevée que prévue : 74 % dans la région de Donetsk, 81 % dans celle de Lougansk. Le pourcentage de "oui" est de 89,7 % à Donetsk et de 96,2 % à Lougansk.

Tout cela montre que la population soutient très largement le mouvement de résistance et que les fonctionnaires locaux (à l'exception des parachutés de la junte) ont activement appuyé le référendum. Une gifle cinglante pour le régime et ses sponsors occidentaux, mais aussi pour Poutine...


On a voté dans l'est de l'Ukraine, très très loin dans l'est...

CNN est connu pour la précision de ses cartes : exemple 1 - exemple 2 - exemple 3
(voir également plus haut la remarque d'Alexandre Artamonov)

Presque aussi emmerdante que le Donbass, la Transnistrie demande son rattachement à la Fédération de Russie.  Désolé...  Poutine n'a pas le temps de s'occuper de ce dossier à la con, ce n'est pas le rôle d'un chef d'Etat...  D'abord le Mondial de foot au Brésil, du 12 juin au 13 juillet, après on verra... Pour le moment, il faut éviter tout ce qui est susceptible de nuire aux performances du onze russe...

Et puis, arrêtez de vous plaindre : hier soir Poutine a marqué 6 buts pour son équipe.  A Slaviansk, ils ne peuvent pas en dire autant...

12 mai 2014 : La République populaire de Lougansk (RPL) se déclare indépendante de l'Ukraine. Celle de Donetsk (RPD) fait de même et va plus loin encore : elle demande son rattachement à la Russie. Moscou déclare "respecter" la volonté des urnes... mais recommande le "dialogue" avec les "autorités" de Kiev.

Les forces terroristes de la junte n'ont pu empêcher le référendum. Elles se vengent en pilonnant les avant-postes de la résistance autour de Slaviansk, à Andreïevka notamment. La priorité pour le nouveau pouvoir de la RPD consiste à mettre en place une armée capable de combattre efficacement les fascistes. Mais sans l'aide de la Russie, cela risque d'être difficile, bien qu'un certain nombre de militaires "ukrainiens" (et de policiers - voir un peu plus haut 10 mai) ne demandent pas mieux que de changer de camp. On ne tardera pas à être fixé...

En attendant, les groupes d'autodéfense de Donetsk deviennent officiellement l'armée de la RPD, avec à sa tête Igor Strelkov (pas de changement). Strelkov annonce une opération antiterroriste et lance une mise en garde aux militaires ukrainiens : "Tous les soldats et officiers des forces armées, des troupes du ministère de l'Intérieur, du SBU et d'autres structures armées de l'Ukraine se trouvant sur le territoire de la RPD, y sont désormais de manière illégale. Ils doivent dans les 48 heures soit prêter serment d'allégeance à la RPD, soit quitter le territoire de la RPD. Les nervis des groupes néo-nazis (Garde nationale, Pravy Sektor et Bataillon de Liachko) sont à arrêter dans le cadre de l'opération antiterroriste. "  (RIA Novosti)

A Marioupol, on signale qu'Androchtchouk, le fasciste qui avait été retrouvé pendu la veille (voir un peu plus haut), est encore en vie aujourd'hui (RIA Novosti). Comprenne qui pourra...

Retour en arrière sur le massacre du 2 mai à Odessa : Le glas de l'unité ukrainienne  (Réseau Voltaire)



Après la Crimée, Donetsk et Lougansk, à qui le tour ?...

Avant le putsch, l'Ukraine avait 45 millions d'habitants ; trois mois plus tard, elle n'en a plus que 36.
(Crimée : 2 millions - Donetsk : 4,5 millions - Lougansk : 2,5 millions.)


13 mai 2014 : Au sud-ouest de Kramatorsk, près du village d'Oktiabrskoïe (un nom évoquant la Révolution d'Octobre), des combats ont lieu entre l'armée de la RPD et les forces de la junte. La "Garde nationale" perd deux chars et sept hommes*, Kyiv Post parle d'une embuscade. Un combattant du Donetsk est également tué.  A Lougansk, attentat contre Valeri Bolotov ; le leader de la RPL est blessé.

* Kiev prétend qu'il s'agissait de "parachutistes". (Apparemment leurs parachutes n'ont pas fonctionné.)

Denis Pouchiline, co-président du Conseil exécutif (gouvernement) de la RPD, fait savoir que les deux républiques sœurs envisagent de fusionner. Il confirme que les militaires de Kiev dans le Donetsk sont considérés comme une "force d'occupation" et qu'il n'est "pas question de participer ici, sur notre territoire, à l'élection du président d'un Etat voisin."

14 mai 2014 : L'UE (Allemagne en tête) organise à Kiev une soi-disant "table ronde" pour "réconcilier les deux camps". Tous les "invités" viennent du même camp, celui des putschistes. Pour "représenter" les provinces orientales perdues, on n'a rien trouvé de mieux que de prendre le milliardaire Tarouta, ci-devant gouverneur de Donetsk, qui disait hier encore : "La République populaire de Donetsk n'existe pas..."

Contrairement à la Russie officielle, la RPD n'a que faire d'un "dialogue" bidon dont le seul but est d'effacer à la "table de négociation" ce qui a été imposé sur le terrain. D'autant que les imposteurs de Kiev n'ont aucune légitimité - et ce n'est sûrement pas la présidentielle illégale du 25 qui va leur en conférer une. Le problème, c'est que Moscou préfère jouer les entremetteuses, alors qu'il faudrait appeler clairement les choses par leur nom en disant une fois pour toutes qu'il n'y a pas de "gouvernement" ukrainien...  Poutine fait comme si son appel du 7 mai à "reporter" le référendum avait été suivi. Il ne tient pas compte de l'évolution de la situation. Pire : il voudrait la stopper. Il ne s'est pas prononcé sur la demande d'adhésion de la RPD.

Sur le terrain, après la gifle reçue la veille, les troupes de la junte s'agitent. Des mouvements de chars et des tirs sont signalés à l'ouest de Kramatorsk et à la périphérie de Slaviansk. Le nouveau pouvoir donne 24 heures aux militaires de Kiev pour démanteler leurs barrages et se retirer du Donetsk (RT). Quant aux forces de police du territoire, elles ont dans leur totalite fait acte d'allégeance à la RPD (Itar-Tass).

Selon The Voice of Russia onze soldats ukrainiens ont été tués dans les environs de Slaviansk et Kramatorsk. On ignore si les sept de la veille sont compris dans ce nombre. En tout cas, l'armée du Donetsk semble être passée en mode actif.

La question militaire sera primordiale dans les jours et les semaines à venir. Tant que les troupes de la junte seront là, tant que le nouveau pouvoir ne contrôlera pas sa frontière avec l'Ukraine (en jaune sur la carte) de même que sa façade maritime sur la mer d'Azov et ses aéroports, l'avenir restera incertain. Mais la menace n'est pas seulement militaire. Les oligarques profitent de la confusion pour acheter les hésitants. Le slogan de la "fédéralisation", bien que caduc depuis longtemps, a encore des adeptes. Sur ce point, Ianoukovitch, Poutine et le milliardaire Akhmetov sont d'accord, et avec eux les rescapés du Parti des régions, surtout ceux qui ont peur de perdre leur siège à la Rada de Kiev.

Kiev junta profiles : religious occultists, fascists, criminals  (sur le site Rousskaïa Viesna - Printemps russe). Inutile de s'étendre sur les accusations "d'antisémitisme" portées contre certains de ces fachos soutenus par les oligarques juifs (voir plus haut).


LA PREUVE PAR L'ABSURDE :

Pour "prouver" qu'il y a des partisans de "l'unité" dans le Donetsk, le site pro-Maïdan
Kyiv Post publie cette photo aux couleurs de l'Ukraine avec le texte « Donetsk Ukraine ».
L'ennui, c'est que le texte est en russe. En ukrainien, on écrit : « Донецьк Україна ».

Vu que le régime de Kiev interdit l'usage de la langue russe,
le gars est passible d'arrestation par la "Garde nationale"...


15 mai 2014 : Sur une route près de Starovarvarovka (à l'ouest de Kramatorsk), les forces terroristes ukrainiennes tuent trois civils qui circulaient en voiture et en minibus (RT). Commentaire orwellien d'un certain Dmytro Tymchuk dans Kyiv Post : "La phase finale de l'opération militaire ukrainienne contre les terroristes pro-russes vient de commencer dans le secteur de Starovarvarovka..."

A la Rada de Kiev, les députés communistes et ceux du Parti des régions décident de boycotter les séances aussi longtemps que durera "l'opération militaire". Mais ils ne vont pas jusqu'à remettre en cause la légitimité de ce qu'ils appellent le "gouvernement intérimaire", trop heureux qu'ils sont de participer à la pseudo-présidentielle ; dans les sondages on les crédite de 3,2 % (Simonenko) et de 4,6 % (Dobkine).

16 mai 2014 : Le ministère russe des Affaires étrangères fait annoncer par un sous-fifre que "la Russie n'a pas reçu de demande officielle d'adhésion de la part du Donetsk" (The Voice of Russia). Moscou attend que la situation se décante, en espérant que les séparatistes finiront par jeter l'éponge.

Dans la région de Slaviansk, malgré les deux ultimatums des jours précédents, aucun signe d'une offensive contre les occupants de Kiev. Des tirs d'armes légères et d'artillerie sont signalés à Andreïevka (au sud de la ville), Semionovka (à l'est) et Krasny Liman (au nord-est).

A Donetsk, les forces de la RPD s'emparent d'un centre de l'armée ukrainienne qui abritait le commandement territorial de la "Garde nationale" (RT). Selon Rousskaïa Viesna, il y a eu une brève escarmouche, 200 armes automatiques ont été récupérées. Des actions similaires sont prévues pour prendre le contrôle de la zone frontalière avec la Russie, qui est encore aux mains des putschistes. L'objectif est d'ouvrir la frontière aux citoyens russes. Ces derniers temps, en effet, plus de 20.000 d'entre eux ont été refoulés par les hommes de Kiev (mais pas seulement à la frontière du Donetsk - carte).

Léonid Kravtchouk, un des chevaliers de la "table ronde" de Kiev (voir plus haut 14 mai), présente la dernière trouvaille occidentale : la prochaine réunion-monologue aura lieu... à Donetsk. Si le nouveau pouvoir n'est pas en mesure d'empêcher cette provocation, c'est mauvais signe pour lui. L'octogénaire Kravtchouk, ancien "communiste" soviétique, a été un des co-liquidateurs de l'URSS. En 1991, à Kiev, il s'est succédé à lui-même en tant que président ukrainien. [Au dernier moment, la junte décide de tenir sa "table ronde" à Kharkov, une ville également située à l'est mais moins "contaminée".]

A la Rada de Kiev, un projet de loi est déposé en vue d'interdire le parti communiste. Le chef du parti, Piotr Simonenko, se retire de la course à la présidence (dommage pour ses 3 % d'électeurs potentiels). Il motive son retrait par l'impossibilité de mener une campagne électorale normale, y compris dans les villes où son parti est bien implanté, et ajoute : "Il y a la guerre en Ukraine... L'Ukraine perd une partie de ses territoires. Dans les régions de Donetsk et Lougansk, la situation est difficile... Les oligarques ont mis sur pied non seulement des groupes de nervis mais aussi des structures paramilitaires..." (Itar-Tass)


UKRAINE - RETOUR VERS LE FUTUR ?

En rouge : la Nouvelle-Russie
En bleu : la Petite Russie (avec Kiev)
En vert : la Ruthénie subcarpatique
En orange : l'Ukraine proprement dite

Source : Rousskaïa Viesna (RusVesna.su)
On remarquera au passage que le nom de domaine
est en "su" (Soviet Union) et pas en "ru" (Russie)


Artificial Ukrainian State Heads for Breakup
par Webster Tarpley



"Mais non, mais non, tant que je serai là,
l'Ukraine artificielle n'éclatera pas...
"


17 mai 2014 : Le gouverneur de Lougansk Valeri Bolotov, qui avait été blessé dans un attentat le 13 mai, est arrêté par les gardes-frontière ukrainiens de Doljanski (au sud-est de Lougansk) à son retour de Russie où il s'était rendu pour recevoir des soins. Par bonheur, les forces de la RPL attendaient sa venue et réussissent à le libérer. Cet incident montre qu'il est urgent pour le nouveau pouvoir de s'approprier le contrôle de la frontière avec la Russie (qui est trois fois plus longue que celle qui sépare le Donetsk de la Russie - carte).

Si l'on en croit le maire de Slaviansk, Viatcheslav Ponomariov, l'ennemi a subi de lourdes pertes : "Rien qu'entre le 2 et le 12 mai, la junte fasciste a eu 650 hommes tués ou blessés. Parmi eux, 285 extrémistes du Pravy Sektor engagés dans la Garde nationale, 120 mercenaires ukrainiens des bataillons spéciaux Dniepr et Azov, 70 mercenaires étrangers, ainsi que 90 membres du SBU..." (cité par RIA Novosti et Rousskaïa Viesna).  Et ce n'était qu'avant l'ultimatum !...  Est-ce bien plausible ?...

Des néo-nazis du Pravy Sektor, masqués et armés, tentent de pénétrer dans la centrale nucléaire d'Energodar (district de Zaporojié) "afin de la protéger". La police parvient à les stopper à temps. (RT)

18 mai 2014 : Sept membres de la "Garde nationale" sont tués dans des combats à Slaviansk (RT). D'autre part, dix d'entre eux, accusés de trahison, auraient été fusillés par leurs propres chefs, ce que dément la porte-parole de la "Garde nationale", une certaine Viktoria Kouchner*. Elle prétend que les dix hommes en question ont déserté car ils étaient de la région. (RIA Novosti)

* Avec un nom pareil, il y a de fortes chances pour qu'elle soit juive. Encore un signe que les fachos ukrainiens sont de gros zantisémites...

19 mai 2014 : Huit jours après le référendum, la situation est assez confuse dans le Donbass :

Militairement, le nouveau pouvoir piétine. Il semble n'avoir ni les hommes ni l'armement nécessaire pour déloger les fascistes et faire respecter ses ultimatums. Les combats se concentrent comme toujours dans la région de Slaviansk-Kramatorsk. Ailleurs, où les ressources sont encore plus réduites, on essaie de vaincre par la persuasion, ce qui fonctionne parfois. En tout cas, il est impossible de mettre en application les consignes données par Igor Strelkov le 12 mai (voir plus haut). A Marioupol, le leader local de la RPD, Andreï Borissov, négocie le retrait des forces ukrainiennes et déclare (selon RT) : "Nous ne voulons pas utiliser la force, nous ne voulons pas de bain de sang... Mais nous avons les moyens de détruire leurs chars et tout le reste s'il le faut..."  Bon, admettons...

Politiquement, on a pris des mesures "au sommet", mais personne ne sait si l'administration locale suit. A Donetsk, on a élu (ou désigné) des organes dirigeants (gouvernement, Premier ministre Alexandre Borodaï, président Denis Pouchiline) mais leur influence réelle demeure très limitée. Même chose à Lougansk, où Valeri Bolotov est président et Vassili Nikitine Premier ministre. On s'est donné une nouvelle constitution (RT). Des élections législatives sont prévues pour le 14 septembre (Itar-Tass). La RP de Lougansk a demandé à être reconnue par les Nations Unies (RIA Novosti).

Oleg Tsariov*, chef du mouvement Sud-Est, a présenté une résolution bien structurée (Rousskaïa Viesna). Dans cette "feuille de route de l'indépendance, pour la protection de la souveraineté et l'organisation de l'administration publique de la RPD et de la RPL", tout est réglé, sur le papier, depuis la création d'une République fédérale de Nouvelle-Russie (1.2) jusqu'à l'interdiction du gaz de schiste (3.9), en passant par la formation de ministères locaux et l'expulsion des autorités de Kiev (2.3), l'ouverture de la frontière avec la Russie (3.3), l'adoption du rouble comme monnaie (3.5) et la nationalisation des biens de l'Etat ukrainien (3.6). Difficile de dire comment tout cela va être réalisé. Sans victoire militaire, les meilleures résolutions ne valent rien et la belle unanimité politique du 11 mai ne pèse pas grand-chose.

* L'oligarque juif Kolomoïski propose un million de dollars pour assassiner Oleg Tsariov (Réseau Voltaire).

20 mai 2014 : Un autre milliardaire juif*, Rinat Akhmetov, propriétaire de toute l'industrie lourde du Donbass (qu'il a acquise "à la sueur de son front"), a trouvé une méthode plus "subtile" pour combattre la rébellion et le séparatisme, que les appels au meurtre de son co-élu Kolomoïski ou les opérations punitives de la junte (qu'il a d'ailleurs désapprouvées - voir plus haut 11 mai). Selon RIA Novosti, Akhmetov demande à ses salariés de manifester pour la paix en Ukraine orientale. Pour cela ils devront cesser le travail pendant trois heures aujourd'hui. Et si la paix ne revient pas cet après-midi, on recommencera demain et les jours suivants...  Est-ce que les heures de "grève" seront payées ?... Et puis quoi encore ?...

* Akhmetov se fait volontiers passer pour un "musulman tatar", mais le site JTA ("the Global Jewish News Source") n'est pas dupe et le classe n° 1 des "philanthropes" juifs ukrainiens, devant Victor Pintchouk et Alexander Feldman : Jews occupy top 3 places on Ukrainian list of philanthropists.

Arsène Avakov, "ministre de l'Intérieur" du gang des barbares de Kiev, se réjouit de l'initiative de l'oligarque. Faut-il s'en étonner ?...  Du côté de la RPD, on est moins enthousiaste. Le Premier ministre Alexandre Borodaï songe déjà à nationaliser les biens des "tycoons" qui font preuve d'une attitude politique hostile (source). Dans la feuille de route de "Sud-Est" (voir quelques lignes plus haut), un paragraphe (3.7) prévoit des mesures de confiscation à l'encontre des "personnes soupçonnées de crimes contre le peuple de la RPD ou de la RPL". Mais il est peu probable qu'Akhmetov y soit jamais soumis, même si le programme de Tsariov venait à être appliqué. Les événements du Donbass n'ont rien d'une révolution sociale ; la fameuse "classe ouvrière" n'y joue qu'un rôle marginal (voir plus haut 24 avril).

Avec sa "grève" patronale, le milliardaire Akhmetov n'en est pas à son coup d'essai. Récemment, il avait tenté de faire entrer certains de ses salariés dans des "milices ouvrières" (sans armes) afin de "nettoyer" la ville de Marioupol de "l'occupation pro-russe". Sans grand succès, semble-t-il : les actions se sont limitées en fait à "reprendre" des édifices vides et à faire le ménage sur la voie publique. Mais Akhmetov est de plus en plus agressif vis-à-vis du mouvement séparatiste. Il a dit clairement qu'il refuserait de payer des impôts à la RPD (et il n'en paie presque pas à l'Ukraine). La renationalisation du patrimoine volé par ce prédateur à partir de 1991 ne serait que justice.

Les communistes du Donbass veulent exproprier les oligarques - Très bien, mais quelle est leur influence réelle ?...

21 mai 2014 : La RPD a pris le contrôle du réseau ferré ukrainien sur son territoire, une mesure qui frappe surtout l'empire industriel de l'oligarque Akhmetov. Est-ce un premier pas vers la nationalisation des entreprises du milliardaire ?...

Au sud de Slaviansk, près du village d'Andreïevka, les troupes de la junte occupent le mont Karatchoun, une falaise surmontée d'un mât de télévision (vidéo). Depuis le début des événements, le site a plusieurs fois changé de mains. Il est à présent contrôlé par les fascistes qui y ont déployé des pièces d'artillerie, ce qui leur permet de pilonner les positions de la résistance, y compris dans le centre-ville. Apparemment, les forces de la RPD n'ont pas les moyens de venir à bout de cette menace. Selon RIA Novosti, une partie de la population a quitté Slaviansk ; on envisage d'évacuer les enfants. Il semblerait qu'on se dirige petit à petit vers une situation de type yougoslave...  Et pendant ce temps, Poutine se pavane en Chine...

22 mai 2014 : A Slaviansk, les fascistes continuent de pilonner la ville et ses environs. A Semionovka (à l'est) des tirs de mortier détruisent plusieurs maisons (RIA Novosti).

Ailleurs, la résistance mène des attaques coordonnées contre les forces de Kiev. A Volnovakha (entre Donetsk et Marioupol), l'armée du Donetsk détruit plusieurs blindés de la junte, il y a au moins huit morts. Non loin de là, à Blagodatnoïe, AP signale trois chars et plusieurs camions calcinés, onze militaires ukrainiens morts et trente blessés, dont plusieurs grièvement. Quelques kilomètres plus loin, à Olginka, 17 "réservistes" de la junte sont tués (Kyiv Post). Même s'il l'on ne peut pas exclure que certains de ces morts aient été comptés deux fois (les localités en question sont relativement proches les unes des autres), cela fait quand même beaucoup de pertes pour le régime en une seule journée... Et il y a également des combats au nord-ouest de Lougansk, dans la zone de Lissitchansk-Roubejnoïe-Severodonetsk.

L'armée de la junte concentre des troupes dans la région et veut lancer des attaques contre les villes de Donetsk et de Lougansk afin d'y organiser, dans trois jours, son simulacre d'élection présidentielle. La résistance se mobilise pour faire échouer le plan des fascistes.

23 mai 2014 : A Slaviansk, trois civils sont tués par des tirs de mortier. L'armée ukrainienne sort l'artillerie lourde (RIA Novosti).

Selon RT, les combats de la veille ont coûté la vie à sept défenseurs. Près de Lissitchansk (au nord-ouest de Lougansk), les fascistes de la "Garde nationale" auraient abattu une trentaine de soldats de l'armée régulière qui voulaient déposer les armes (RIA Novosti).

A Karlovka (au nord-ouest de Donetsk), deux morts de plus parmi les occupants ukrainiens ; il s'agit de néo-nazis d'un bataillon spécial mis en place par Dimitri Iaroch, führer du Pravy Sektor. Cinq de ses hommes ont été faits prisonniers par la milice populaire. Selon RIA Novosti, le chef du bataillon, un certain Semiontchenko, menace de "semer la terreur dans toute la ville", comme ses inspirateurs bandéristes pendant l'occupation nazie - voir plus haut 22 mars. (Le lendemain, Kyiv Post fait état de quatre morts au lieu de deux.)

Selon Rousskaïa Viesna, à Thorez (à l'est de Donetsk - voir plus haut 5 mai), un commando d'hommes masqués et vêtus de noir du bataillon de Liachko attaque la mairie et tue deux personnes sans armes qui se trouvaient dans le bureau affecté aux représentants de la RPD.  (Oleg Liachko, comme son modèle allemand Ernst Röhm, le fondateur et chef des SA, est un fasciste et pédéraste notoire. Espérons qu'il finira de la même façon.)

24 mai 2014 : Retour sur les combats de Lissitchansk-Roubejnoïe-Severodonetsk (22 mai) : selon Rousskaïa Viesna, tout a commencé au petit matin, par une embuscade meurtrière (5 morts) tendue aux "gardes nationaux" venus de Jitomir (ouest). Les combats se sont poursuivis pendant plusieurs heures contre les troupes de la junte arrivées en renfort.

Dans ce reportage photo le site maïdaniste Kyiv Post déplore que la police de Lissitchansk se soit rangée du côté des "insurgés" pro-russes [entre-temps l'armée du Donetsk] lors de la bataille de Roubejnoïe. Malgré le ton hostile, on trouve dans cet article quelques détails intéressants : 1) alors que Kiev parle de deux "soldats" [mercenaires] ukrainiens tués, les "insurgés" estiment qu'il y en a eu des douzaines. Eux-mêmes ont perdu sept hommes.  - 2) Les combattants du sud-est sont des ouvriers qui travaillaient jusqu'alors dans les mines et les entreprises locales. ("La propagande russe en a fait des activistes plein de haine" - très drôle...)  - 3) Ils disent que la police est avec le peuple. [Elle l'est effectivement : une chose tellement rare par les temps qui courent, qu'il n'est pas étonnant qu'on s'en étonne...]

Dans un autre article relayé par Kyiv Post, un certain Mychailo Wynnyckyj (un enragé de "l'Euromaïdan") reconnaît que "plus de 20 militaires ukrainiens ont été tués le 22 mai, le jour le plus sanglant depuis le début des hostilités dans le Donbass". Petit à petit, la vérité commence à émerger...  L'auteur constate que "les pertes de ces trois derniers jours ont touché en premier lieu des soldats venus de Volhynie et de Vinnitsa" (nord-ouest et ouest de l'Ukraine - carte) et ajoute : "Les gens de l'ouest et de Kiev se demandent de plus en plus souvent pourquoi nos gars devraient mourir pour un Donbass qui n'a pas l'air de vouloir combattre pour lui-même..."  Petit à petit, là aussi, on se met à douter de la propagande officielle de la junte. Encore un petit effort, et ils comprendront que le Donbass se bat... contre eux.

A Andreïevka, près de Slaviansk, l'artillerie des fascistes tue deux civils : un journaliste italien et son interprète.


Le nouveau procureur de la RPD ouvre une procédure criminelle à l'encontre de l'oligarque Rinat Akhmetov, pour évasion fiscale et tentative de renverser le gouvernement (RT). Sans même vouloir décortiquer le fond juridique de la question, force est de constater que depuis quelque temps, les mesures difficiles ou impossibles à mettre en pratique, symboliques sinon folkloriques, se succèdent à un rythme accéléré à Donetsk et Lougansk : nationalisations virtuelles, loi martiale, mobilisation de tous les hommes de 18 à 45 ans, interdiction faite à Barack Obama d'entrer sur le territoire, gel de tous ses avoirs, demande d'admission à l'ONU, etc...

Un peu dans le même genre : à Donetsk se réunit le "Congrès des représentants du peuple", avec des délégués des huit régions de Nouvelle-Russie. Parmi les intervenants : Oleg Tsariov et Denis Pouchiline (Rousskaïa Viesna). Alors que la situation militaire est préoccupante, les gestes politiques semblent avoir la priorité. Le Congrès proclame une Union de Nouvelle-Russie (comprenant pour commencer la RPD et la RPL) et fonde un Front populaire ayant pour but de "protéger la population civile de la terreur des gangs nazis financés par les oligarques et les services étrangers". Une commission est mise en place "afin d'enquêter sur les crimes des terroristes nazis et de leurs sponsors de Kiev". (RT) 


Arrestations de journalistes, pressions sur les journaux et sur l'opposition, l'élection du 25 mai sera vraiment démocratique ! - Inventaire d'une campagne placée sous le sceau de la répression politique.

Indépendamment du fait que l'élection du 25 mai est illégale, puisque le président en exercice a été chassé par un putsch, il sera facile de prouver le caractère frauduleux du scrutin si le taux de participation déclaré dépasse 35 %*. En effet, ce taux était de 67 % en 2010 (selon Wikipédia), mais cette fois ni la Crimée ni le Donbass ne voteront (moins 20 %) ni les électeurs des partis soumis à la répression (Parti des régions et communistes = 40 % ensemble au 1er tour de 2010).

* 60 % (électorat total moins les partis "exclus") de 80 % (électorat total moins la Crimée et le Donbass) de 67 % (participation habituelle) = 32 %.

Mais il est probable qu'on nous vendra cette présidentielle bidon comme un "grand succès". Y compris Poutine qui, loin de demander aux putschistes de reporter l'élection comme il l'avait fait pour les séparatistes, a déjà préparé son message de félicitations au vainqueur, message qu'il enverra éventuellement après le second tour du 15 juin. Ça lui fera trois semaines de sursis, le temps que le problème du Donbass disparaisse de lui-même.

Ukrainian election farce : junta attempts to cement its rule (The Voice of Russia)

25 mai 2014 : Les fascistes poursuivent le pilonnage de Slaviansk : plusieurs maisons d'habitation et un hôpital psychiatrique sont détruits (La Voix de la Russie).

Présidentielle bidon : les imposteurs de Kiev annoncent un taux de participation de 60 % - commentaire : voir quelques lignes plus haut. Le milliardaire Porochenko est "élu" dès le premier tour avec 55 % des voix. La milliardaire Timochenko doit se contenter de 13 %, le nazi Liachko arrive 3ème avec 8 %. Pas de sursis pour Poutine...


LE MAL-ÉLU EST UN « ÉLU » :

"Porochenko et ses racines juives secrètes : son père était un Juif de la région
d'Odessa qui s'appelait Alexeï Valtsman
[ne pas confondre avec 'Valls-man'].
En 1956, il prit le nom de famille de sa femme, Ievguenia Porochenko."

Désormais, à Kiev, les trois "hommes forts" du régime sont juifs : le "président" Porochenko, son "Premier ministre" Yats et le nouveau maire de la capitale, Klitchko (voir plus haut). Plus, évidemment, la plupart des autres oligarques (également plus haut).


LA DERNIÈRE DE CHUTZPANIOUK :

Yats exige que Gazprom, à qui il doit entre-temps 3,5 milliards de dollars, lui "restitue"
2,2 milliards de m³ de gaz non payé (d'une valeur d'environ un milliard de dollars)
que le créancier aurait "volé" (c'est-à-dire récupéré) lors du rattachement de la Crimée.

Le nouveau "président" veut "mettre fin à la guerre et rétablir l'unité de l'Ukraine". Pour cela il a besoin de l'aide de Moscou. Il est à craindre qu'il existe un arrangement occulte au sommet, entre le maître du Kremlin et les faiseurs de président de Washington : Poutine pousse activement le Donbass à rentrer dans le rang en échange d'une "fédéralisation" de pacotille (qui permettrait par exemple aux 98 % de russophones de parler russe chez eux) ; en contrepartie, la Russie garde la Crimée - pour le moment...  [Les événements des prochains jours vont montrer que la réalité est pire encore...]

La résistance est plus seule que jamais... Sans une solidarité concrète et massive des citoyens de Russie, contre la volonté du Kremlin, elle risque de ne pas s'en tirer.

Le point de vue d'Alexandre Sivov (sur le blog d'Allain Jules) : La situation change de façon foudroyante.

Après la présidentielle bidon, les médias occidentaux prétendent à l'unisson que les scores obtenus par le candidat de "Svoboda" (Tyahnibok) et celui du Pravy Sektor (Iaroch), soit respectivement 1,2 % et 0,7 %, prouvent que ces groupes sont "marginaux" et que l'Ukraine n'est pas aux mains des fascistes comme l'affirme la "propagande" russe. Ce que nos pressetitués "oublient" de mentionner : 1) Liachko, avec ses 8 %, n'est pas moins fasciste que les deux précédents - 2) les pourcentages attribués à chaque candidat ont autant de rapport avec la réalité que le taux officiel de participation - 3) les groupes néo-nazis, malgré leurs scores plus que modestes, dominent sans partage l'appareil "sécuritaire" de la junte - 4) les candidats "honorables", à commencer par celui que les Etats-Unis ont placé sur le fauteuil présidentiel, sont aussi criminels que les fascistes "pur sang" ; on en aura l'illustration 24 heures après le vote...

GUERRE DE KIEV CONTRE LE DONBASS : LE KREMLIN A CHOISI SON CAMP

26 mai 2014 : Encouragé par la lâcheté de Poutine, Porochenko déclare qu'il veut "la poursuite et l'intensification des opérations militaires, mais sous une forme différente, à la fois plus courte et plus effective". C'est ce que l'oligarque appelle "privilégier le dialogue". Il va sans aucun doute porter à de nouveaux sommets cette guerre du régime "contre son propre peuple".

Près de Slaviansk, les troupes de Kiev se remettent à pilonner Semionovka : encore deux civils tués.

A Donetsk, un groupe armé de la RPD s'empare de l'aéroport Prokofiev*, jusqu'à présent contrôlé par la junte. La veille, les fascistes avaient essayé d'y installer un "bureau de vote central" en remplacement de tous les bureaux fermés dans l'agglomération de Donetsk - sans aucun succès.

* voir plus haut 6 mai

Kiev riposte par l'envoi d'hélicoptères et de forces spéciales. Il est également question de snipers, de parachutistes, de bombardements aériens et de tirs de missiles. Un hélicoptère de la "Garde nationale" est abattu (La Voix de la Russie). On signale la présence de mercenaires étrangers équipés d'armes et de matériel de pointe (Rousskaïa Viesna). L'aéroport passe aux mains des fascistes puis est repris par la résistance. Des combats acharnés ont lieu dans les environs. On entend également des coups de feu et des explosions près de la gare centrale. La situation est confuse.

27 mai 2014 : Quatre morts de plus dans le secteur de Slaviansk où les tirs d'artillerie de la junte fasciste continuent inlassablement. La résistance n'a ni l'armement ni les forces nécessaires pour briser le siège et mettre fin aux pilonnages criminels.

A l'aéroport de Donetsk, les combats se poursuivent, semble-t-il ; un deuxième hélicoptère est abattu. Mais là aussi, les moyens des défenseurs sont insuffisants pour venir à bout des mercenaires. Les fascistes mitraillent un camion qui transportait des blessés : bilan 24 morts (Itar-Tass). En tout, on dénombre au moins 35* patriotes tués à Donetsk. Auxquels il faut sans doute ajouter ceux de Marioupol, où le siège local de la résistance a été attaqué par des mercenaires vêtus de noir et parfaitement équipés.

Toutes ces opérations de commandos extrêmement professionnelles sont à l'évidence coordonnées par des forces extérieures qui n'ont pas grand-chose à voir avec la moribonde "armée ukrainienne". On veut profiter de l'euphorie artificielle suscitée par la "présidentielle réussie" pour éradiquer aussi rapidement que possible le séparatisme de l'Est. Qui sait si Poutine sera toujours aussi coopératif... Pour le moment, il a d'autres priorités que le Donbass : par exemple, fêter la victoire de l'équipe russe de hockey, qui vient de remporter le championnat du monde 2014.

* Plus tard, toujours selon Itar-Tass, Denis Pouchiline parle de plus de 50 combattants tués et de presque autant de civils. "Il est impossible de ramasser les corps de toutes les victimes, à cause des snipers qui tirent sur quiconque essaie d'approcher."  Si l'information est exacte, c'est un des pires massacres perpétrés jusqu'à présent par la junte, comparable à celui du 2 mai à Odessa.

Dans le courant de l'après-midi, les médias annoncent que "l'armée a repris le contrôle de l'aéroport". Quelle armée ?... Blackwater ?... Les forces spéciales de l'OTAN ?... On a entendu des snipers qui parlaient polonais...

Il est clair qu'une telle offensive entraînant des massacres de cette ampleur, n'est possible qu'avec l'accord tacite du Kremlin, en ayant la certitude qu'il n'y aura aucune réaction autre que verbale de la part de Moscou...

Pour ce qui est des pertes du régime, Kyiv Post fait état de cinq morts dans les rangs de la "Garde nationale" à Donetsk et de trois militaires tués près de Slaviansk.

28 mai 2014 : Dans le but de détourner l'attention du massacre de Donetsk, on nous refait le coup des "observateurs" de l'OSCE "kidnappés" par les séparatistes. Cette fois, il s'agit d'un Danois, d'un Turc, d'un Estonien et d'un Suisse (donc trois hommes de l'OTAN plus un apparenté). C'est peut-être un coup monté pour justifier la "solution finale" que l'on prépare pour le Donbass avec l'aide désintéressée de la Russie. De toute manière, les quatre fouineurs étrangers n'avaient rien à faire dans les parages, n'ayant été invités ni par la RPD ni par la RPL.

Le bilan exact des tueries reste encore très flou. Un porte-parole du ministère ukrainien de la Défense Guerre contre son propre peuple, un certain Dmitrachovski, parle de "plus de 200 séparatistes tués".

Il semblerait que la tentative de "conquête" de l'aéroport par les forces de la RPD ait suivi le schéma habituel : discussion avec les militaires ukrainiens afin d'obtenir leur ralliement ou leur départ, mais pas de confrontation directe. Tout a basculé lorsque les hélicoptères et l'aviation sont intervenus, car eux ne discutent pas. Le chef militaire Igor Strelkov a admis que ses troupes étaient mal préparées face à cette attaque de l'ennemi. Seul le bataillon "Vostok" ("Est") de la RPD a participé à la bataille, aidé ensuite par un groupe de volontaires arrivés sur place (Rousskaïa Viesna). Les combats se sont poursuivis de façon désordonnée à travers toute la ville pendant près de 30 heures ; la gare centrale a brûlé (Alexandre Sivov).

Selon RIA Novosti, quatre mines du Donbass sont entrées en grève pour soutenir les combattants. Reste à savoir quel impact une telle mesure peut avoir au niveau militaire.

Autre soutien symbolique : celui des cosmonautes russes de la station spatiale.

Le président biélorusse Loukachenko félicite son "homologue" ukrainien pour sa brillante "élection". Ce crétin ne semble pas comprendre qu'il est le prochain de la liste...

A Slaviansk, la situation est dramatique. Les tirs d'artillerie détruisent une école, un jardin d'enfants et de nombreuses maisons. Les habitants se réfugient dans des caves qui leur servent d'abris. Les fascistes ne laissent plus personne sortir de la ville. Un terrible bain de sang se prépare.

Porofachochenko est aux commandes à Kiev, bien qu'il ne soit pas encore officiellement investi. Il déclare que l'Ukraine est en état de guerre et annonce qu'une de ses priorités est de capturer les dirigeants de l'insurrection. Avec l'aide des mercenaires étrangers et la complicité de Poutine, cela ne devrait pas être trop difficile...

29 mai 2014 : Intenses pilonnages, mitraillages et combats à Slaviansk. Les défenseurs abattent deux hélicoptères de la junte, tuant 14 militaires dont un général de division (RIA Novosti). Les espions de l'OSCE sont aux mains de la résistance et détenus dans un lieu inconnu. A Lougansk, une base ukrainienne est prise d'assaut par les séparatistes ; 80 militaires ou "gardes nationaux" se rendent (RT).

Selon Itar-Tass, 300 mercenaires originaires de l'ouest de l'Ukraine et ayant déjà combattu dans le nord du Caucase et même en Syrie, ont rejoint les milices du Pravy Sektor dans le sud-est.

30 mai 2014 : Toujours des attaques d'artillerie contre Slaviansk : une polyclinique est partiellement détruite. La junte veut venger la mort de ses 14 terroristes liquidés le jour précédent.

Le Premier ministre de la RPD, Alexandre Borodaï, signale que les forces de Kiev utilisent des balles explosives interdites par les conventions internationales. Le régime envoie pratiquement chaque jour des renforts de mercenaires via l'aéroport reconquis de Donetsk, mais la résistance prépare une contre-attaque. Parmi les morts des 26 et 27 mai figurent plus de 30 volontaires venus de Russie (Itar-Tass).

Les USA et leurs vassaux européens gonflent démesurément cette aide russe (privée) à la résistance du Donetsk, et essaient d'obtenir de Poutine qu'il prenne des mesures pour l'interdire. Une des règles de base de la guerre à l'américaine veut que l'adversaire que l'on combat soit faible et isolé. Où va-t-on s'il peut encore se permettre de tuer des généraux ?...  Dans l'armée US, la chose ne risque pas d'arriver, vu que les généraux sont toujours planqués. En Ukraine, c'est un peu différent, car il existe une loi qui accorde des avantages mirobolants aux généraux et officiers "anciens combattants". Il suffit qu'ils passent une journée "au front" pour en bénéficier. De ce fait, comme dit Rousskaïa Viesna, le "tourisme militaire" prospère dans l'armée ukrainienne - détails. Le général abattu hier dans son hélico Mi-8 avec sa ribambelle d'officiers revenait d'une "inspection" sur le mont Karatchoun (voir plus haut 21 mai).

A Alexandrovsk, au nord-ouest de Lougansk, l'armée populaire fait sauter un dépôt de munitions et capture une vingtaine de "gardes nationaux" (RIA Novosti).

L'ambassadeur américain à Kiev, Geoffrey Pyatt, ordonne à Porochenko d'accélérer les "opérations" menées contre les séparatistes, de sorte que le "nettoyage" soit terminé avant le 7 juin, date officielle de l'investiture du nouveau "président". Au cas où le nombre de victimes serait trop élevé, Washington se chargerait d'amortir l'effet négatif en minimisant les réactions internationales. Pyatt considère qu'un chiffre de 2.000 morts serait acceptable (RIA Novosti).

31 mai 2014 : Après la Biélorussie, c'est le Kazakhstan, cet autre partenaire privilégié de la Russie*, qui félicite l'imposteur Porochenko pour sa "victoire". Poutine ne va pas tarder à les imiter. La question est de savoir si son message au nouveau "président" ukrainien sera envoyé avant ou après l'écrasement des séparatistes.

* Les trois alliés viennent de constituer l'Union économique eurasienne, dans laquelle il n'y a évidemment pas de place pour le Donbass.

Sur le terrain, la situation devient de plus en plus précaire pour la résistance : pilonnages et tirs incessants à Slaviansk (encore deux morts) ; poursuite des tueries autour de l'aéroport de Donetsk, où les fascistes tirent sur quiconque tente de ramasser les cadavres qui gisent là depuis plusieurs jours (six morts de plus aujourd'hui) ; arrivée de renforts (y compris mercenaires étrangers) non seulement à Donetsk, mais aussi à Marioupol et à Lougansk... Les Etats-Unis n'ont pas seulement donné l'ordre à Porochenko de "nettoyer" le Donbass, ils lui fournissent aussi tous les moyens nécessaires, en hommes et en matériel, pour qu'il puisse accomplir sa mission. Une délégation du Pentagone est attendue à Kiev dans les prochains jours.

Pour tout arranger, des groupes de pillards écument certains quartiers de Donetsk, se faisant passer pour des miliciens de la RPD mais probablement recrutés par les services de Kiev ou leurs sponsors. Le nouveau pouvoir ne sait plus où donner de la tête. Il manque à la fois d'armement efficace, de combattants expérimentés et de stratèges dignes de ce nom. Au-delà d'un certain seuil, la bonne volonté ne suffit plus...

2 juin 2014 : Dans le centre de Lougansk, les fascistes lancent un raid aérien contre le bâtiment de l'administration de la RPL et les rues environnantes ; il y a au moins huit morts dont la ministre de la Santé et plusieurs passants (Itar-Tass, La Voix de la Russie, Rousskaïa Viesna). Dans la banlieue sud de la ville, à Mirny, la résistance essaie de prendre d'assaut une caserne abritant des gardes-frontière, sans grand succès semble-t-il : cinq morts de plus (RIA Novosti).

3 juin 2014 : Bombardements aériens et tirs d'artillerie suivis de combats autour de Slaviansk, en particulier à Semionovka (à l'est). Les forces de la junte concentrent une grande quantité de matériel militaire dans le secteur et s'efforcent de pénétrer dans l'agglomération. La résistance parvient à détruire un hélicoptère d'assaut Mi-24, un avion d'attaque Su-25 et quatre blindés (Itar-Tass).  Combats également près de Kramatorsk (au sud de Slaviansk) : trois résistants tués (RIA Novosti).

Et que fait Poutine pendant ce temps-là ?  Selon RIA Novosti, il restitue à la marine ukrainienne trois navires de guerre abandonnés lors de l'évacuation de la Crimée. Très aimable de sa part : en cas de besoin, les fascistes pourront les utiliser pour attaquer le port de Marioupol (ou celui d'Odessa, si le mouvement séparatiste renaît dans cette ville).

A l'ONU, le Kremlin dépose une résolution demandant "la fin des violences et la mise en place de corridors humanitaires" pour évacuer les civils du Donbass... vers l'Ukraine (où le Pravy Sektor pourra s'occuper d'eux). Le projet de résolution, calqué sur la prose antisyrienne de Fabius, n'a bien entendu aucune chance de passer.

En Russie, une campagne est en cours pour sauver les enfants (vidéo). C'est émouvant (et mille fois plus sincère que feu Michael Jackson avec le même slogan) mais est-ce ainsi qu'on mettra fin aux crimes de guerre de la junte de Kiev ?...


"Sauvez les enfants du Donbass victimes de l'armée ukrainienne"

"Je vis à Slaviansk - Je veux rester en vie..."

(Tout à fait dans la tradition soviétique de Пусть всегда будет солнце)

Des politiciens russes moins passifs que Poutine réclament une zone d'exclusion aérienne pour empêcher Kiev de tuer les civils à coup de missiles et de bombes. Mais si on en est là, si les tueries de la junte sont quotidiennes, c'est bien parce que Moscou les encourage en ne faisant rien. La meilleure façon d'établir une zone d'exclusion aérienne est de fournir à la résistance, en grande quantité, des armes modernes et efficaces qui lui permettraient d'abattre systématiquement tous les avions et tous les hélicoptères de la junte - et non un par-ci par-là, avec beaucoup de chance. Même chose pour la très nécessaire zone d'exclusion terrestre, interdite à tous les chars ukrainiens sans exception sous peine de destruction immédiate.

Personne ne demande à Poutine d'envoyer son armée dans le Donbass pour y déclencher la Troisième Guerre mondiale. Ce qu'on lui demande, c'est d'aider matériellement ses compatriotes, tout comme les Occidentaux aident la junte de Kiev. Malheureusement, l'homme du Kremlin se fout éperdument des habitants du Donbass, il ne les considère pas comme ses compatriotes. Il a choisi son camp depuis longtemps...

POUTINE ASSISTE IMPASSIBLE À LA LENTE AGONIE DU DONBASS

4 juin 2014 : Autrefois, quand on était boulimique, il fallait se mettre deux doigts dans la gorge. Aujourd'hui, c'est plus simple, il suffit de lire les déclarations débiles des (ir)responsables russes. Par exemple celle de Vitali Tchourkine, ambassadeur à l'ONU, qui "espère que l'Ukraine stoppera ses opérations militaires après l'investiture du nouveau président"...  Elle les stoppera certainement si, comme le souhaite Moscou, la résistance capitule à temps. Pravy Sektor, "Svoboda" et le ministère de la "Justice" pourront ensuite passer au nettoyage en profondeur (non-militaire).

A trois jours de la date fatidique du 7 juin, rien n'est encore certain, mais on est sur la bonne voie. La localité de Krasny Liman (au nord-est de Slaviansk) est tombée aux mains de la junte. Comme elle représente pour ainsi dire la "porte d'entrée" vers la ville rebelle, c'est une mauvaise nouvelle pour le camp de la résistance*, surtout après la débâcle de l'aéroport de Donetsk (26-27 mai) et celle de Lougansk (2 juin). Trois revers en huit jours, voilà qui commence à devenir inquiétant...  Selon Igor Strelkov, "la milice locale a subi de lourdes pertes à Krasny Liman" (Rousskaïa Viesna). RIA Novosti parle de 18 tués, dont dix civils et huit combattants ; Kiev de 300 morts dans les rangs des insurgés (La Voix de la Russie).

* mais une bonne nouvelle pour Kiev et les faux-culs de Moscou.

L'artillerie et l'aviation de la junte mènent de violentes attaques contre Semionovka (à l'est de Slaviansk) et Tcherevkovka (entre Semionovka et Slaviansk) : on compte au moins sept morts. Il est possible que les deux localités ne tiennent plus très longtemps. Depuis le début des combats dans ce secteur, la tactique de la résistance a consisté à défendre ses positions (ou à essayer de les défendre) sans briser l'encerclement des fascistes, ni de l'intérieur ni de l'extérieur. On a laissé l'ennemi transformer le mont Karatchoun en forteresse, renforcer le blocus de l'agglomération de Slaviansk et concentrer toujours plus d'hommes et d'armement lourd dans la zone des combats. Contrairement aux autres "fronts", Slaviansk s'est laissé empêtrer dans une guerre purement statique.

Les combattants du Donbass font ce qu'ils peuvent, mais ils doivent faire face à un ennemi supérieur en nombre (avec ses mercenaires étrangers et ses milices fascistes formées par l'OTAN) et surtout en matériel (aviation, hélicoptères de combat, missiles, bombes, artillerie). Le tout sans appui de la part de la Russie de Poutine. A moins d'un miracle, l'issue de cette Commune de Paris 2014 ne fait guère de doute.

A Lougansk, la résistance donne l'assaut à une caserne. Après un combat de plusieurs heures, les militaires ukrainiens déposent les armes... et sont renvoyés chez eux par les vainqueurs (RIA Novosti). Cette façon "humaine" de faire la guerre contre quelqu'un qu'on ne considère pas comme l'ennemi, est plus que problématique quand on songe que la réciproque n'est jamais vraie. Après plus d'un mois de combats, il devrait être clair que les gens qui participent encore à l'opération terroriste de la junte soutiennent les objectifs de celle-ci. La distinction entre salopards fascistes et soldats récupérables n'a plus lieu d'être.

5 juin 2014 :

LOGIQUE POUTINIENNE :

(source : Kyiv Post)

Poutine veut que l'Occident reconnaisse qu'il y a eu un coup d'Etat anticonstitutionnel en Ukraine [coup d'Etat que l'Occident a de toute façon lui-même commandité, ce que Poutine ne dit pas]. Simultanément, comme si de rien n'était, le chef du Kremlin envoie son ambassadeur à Kiev assister à l'investiture du "nouveau président" [lequel est issu à la fois du coup d'Etat anticonstitutionnel et d'élections non moins anticonstitutionnelles et frauduleuses par-dessus le marché]. La politique ukrainienne de Poutine regorge de contradictions de ce genre.

Le président russe déclare aussi que son pays "ne pouvait pas permettre que la Crimée, qui fait historiquement partie de la Russie, soit incorporée à l'OTAN" (AFP).  Très bien, mais le Donbass - comme le reste de la Nouvelle-Russie - fait lui aussi historiquement partie de la Russie. Et il sera prochainement incorporé à l'OTAN en même temps que l'Ukraine qui est en train de le reconquérir, aidée en cela par cette même OTAN avec la complicité de Poutine...

La véritable différence entre la Crimée et le Donbass, au niveau du comportement russe, se situe ailleurs et n'a rien à voir avec les attaches historiques. En Crimée, ce n'est certainement pas Poutine qui a pris la décision d'agir pour empêcher la perte de la base navale et l'incorporation à l'OTAN, mais les chefs militaires à la tête de leurs 20 ou 25.000 hommes (avec le soutien tacite de la hiérarchie). Leur action courte et efficace a placé Poutine devant le fait accompli. Il s'en est accommodé d'autant plus facilement que c'est lui qui a récolté tous les lauriers : regain de popularité à la fois en Russie et à l'étranger, parmi les partisans de la multipolarité du monde. Dans le cas du Donbass, l'absence de garnison russe a écarté d'emblée la possibilité d'un tel scénario. Le choix incombait donc à Poutine, et à lui seul. Il a choisi de ne rien faire, c'est-à-dire de laisser faire l'OTAN et les fascistes, de les laisser écraser le Donbass...


Dans Slaviansk assiégée et pilonnée par les forces de la junte, il n'y a plus ni électricité ni eau courante*. L'étau se resserre autour la ville et le régime fait venir toujours plus de renforts. A Krasny Liman, la veille, les néo-nazis de Kiev ont détruit l'hôpital, achevé des blessés et organisé une chasse à l'homme systématique pour capturer les combattants restés en vie (Itar-Tass, La Voix de la Russie).

* L'alimentation en eau potable est également coupée dans plusieurs villes situées au sud de Slaviansk : Kramatorsk, Droujkovka, Konstantinovka, Dzerjinsk.

A Marinovka, à la frontière russe à l'est de Donetsk, les fascistes attaquent les positions de la résistance ; l'aviation bombarde et tue plusieurs combattants. La junte s'efforce de reprendre le contrôle de toute la zone frontalière dans le but d'empêcher les infiltrations en provenance de Russie. Les Occidentaux font pression sur Poutine pour qu'il boucle lui-même la frontière de son côté, mais ils lui demandent aussi de retirer toutes ses troupes, ce qui est assez schizo...



LA BANDE DES QUATRE ZÉLUS :

Klitchko, Porochoko, Kerry-Kohn et Yats

Pour les trois Ukrainiens, voir plus haut 25 mai. Pour leur mentor états-unien, voir ici.
(Officiellement, bien sûr, ils sont tous chrétiens orthodoxes ou catholiques)


6 juin 2014 : Slaviansk est toujours sous le feu de l'ennemi. Les fascistes attaquent avec des chars de combat, alors que jusqu'à présent les blindés engagés étaient des transports de troupes. Autour de la ville assiégée, 80 autres tanks attendent d'entrer en action. Les défenseurs parviennent à abattre un avion de reconnaissance An-30 qui s'écrase près de Maïaki (au nord de Slaviansk) : cinq morts côté ukrainien. A Lougansk, l'aviation de la junte bombarde des quartiers résidentiels. En Russie, dans la région de Rostov, les réfugiés du Donbass commencent à affluer, venant de Slaviansk, Donetsk et Lougansk. Ils sont déjà 12.000 et seraient plus nombreux encore si les gardes-frontière ukrainiens les laissaient tous passer. Poutine va enfin pouvoir jouer la carte de l'humanitaire, sa préférée...

A Dniepropetrovsk, "Svoboda" et Pravy Sektor sont en train de mettre en place des escadrons de la mort dans le but de "nettoyer" le Sud-Est après la reconquête. On recrute à tour de bras :




Loin de tout cela, Poutine assiste aux cérémonies du 70ème anniversaire du débarquement de Normandie, un peu à l'écart car ses "partenaires" occidentaux ont choisi de l'humilier. Il n'est pas invité à leur table ni autorisé à leur serrer la main - et encore moins à prononcer un discours pour souligner le rôle prépondérant joué par l'URSS dans la victoire sur le nazisme. Mais pour la chiffe molle de Moscou, ça n'a aucune importance. A l'occasion de ce "D-Day" (comme on dit maintenant en français), après Utah Beach, Omaha Beach, Gold Beach, etc... Poutine est prêt à se rendre à Canossa Beach pour peu qu'on le lui permette. Il ferait tout pour qu'on lui pardonne, pour qu'on lui rende son ancienne place au G-8, pour qu'on mette fin à ces menaces et à ces reproches continuels. Tout, y compris restituer la Crimée... Si seulement les militaires russes pouvaient être d'accord - hélas, ils ne le sont pas....

(By the way, puisqu'on est en Normandy pour le D-Day : Les USA, la France et la Deuxième Guerre mondiale
 et Pourquoi de Gaulle a toujours refusé de commémorer le débarquement du 6 juin  par François Asselineau.)

A Ouistreham, près de Caen, une brève rencontre a lieu entre Poutine et celui qu'il reconnaît officiellement comme son homologue : Porochenko. Le maître du Kremlin propose au chef de la junte d'organiser des "contacts" en vue d'un cessez-le-feu en Ukraine. En temps normal, un cessez-le-feu ne peut intervenir qu'entre les deux camps qui se combattent. Rien de tel ici, puisque la Russie n'est pas impliquée dans cette sale guerre de Kiev contre le Donbass, qui lui-même n'a pas été consulté et n'a mandaté personne pour négocier à sa place. Il est évident que Poutine veut seulement faire pression sur la résistance pour qu'elle dépose les armes au plus tôt. L'ultime trahison russe est en marche...

7 juin 2014 : Si l'on en croit le maire de Slaviansk, Viatcheslav Ponomariov, la résistance aurait détruit 20 chars de la junte au cours des dernières 24 heures. Le pilonnage de la ville se poursuit, il y a encore au moins trois morts (RIA Novosti).

A Kiev, Porochenko est intronisé en présence de l'ambassadeur russe. Il demande trois choses à la Russie : 1) qu'elle lui envoie un négociateur pour parler de paix - 2) qu'elle fasse annuler l'autorisation votée le 1er mars par le parlement de Moscou en vue d'une éventuelle intervention militaire russe - 3) qu'elle participe à des actions conjointes avec Kiev "afin de boucler la frontière commune partout où des terroristes s'infiltrent en Ukraine".  Poutine n'a aucune raison de refuser cela à son cher homologue, d'autant que celui-ci vient encore de proclamer l'unité territoriale de son pays (Crimée comprise), de rejeter toute forme de fédéralisation et de décréter que l'ukrainien restera la seule langue officielle.

En attendant de pouvoir organiser des opérations frontalières conjointes avec Porochenko, "Poutine a chargé le Service des frontières du FSB de Russie de prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer le régime de protection de la frontière d'Etat de la Fédération de Russie avec l'Ukraine en vue d'éliminer les passages illégaux..." (La Voix de la Russie)

Kiev, Moscou : même combat... La résistance au fascisme ne passera pas...

Comme le signale La Voix de la Russie, citant Valeri Bolotov (président de la RPL) : "Les miliciens de Lougansk contrôlent la frontière avec la Russie sur la plupart des sites".  En bonne logique, la prochaine mesure de Poutine devrait donc consister à boucler sa frontière avec la RPL, afin d'empêcher tous les passages "illégaux" dans les deux sens, c'est-à-dire les passages que les gardes-frontière de Kiev ne peuvent plus contrôler de leur côté, car ils ont été chassés - "illégalement" - par les miliciens.

A partir d'un certain moment, la trahison et la complicité ne peuvent plus rester simplement tacites et passives ; il faut collaborer activement... et accélérer l'agonie des victimes.  Obama donne un mois à Poutine, pouvait-on lire récemment dans les merdias. Mais c'était pour le Donbass + la Crimée. Pour le Donbass seul, une semaine devrait suffire. Magne-toi, Poutine, le Mondial de foot commence le 12 juin, et le premier match de la Russie est pour le 17. D'ici là, il faut que tout soit "pacifié"...

8 juin 2014 : La ville de Slaviansk n'est pas encore tombée, mais elle se vide de plus en plus. Les fascistes laissent sortir les femmes et les enfants, et continuent de pilonner ceux qui sont restés. L'armée de la junte n'utilise plus seulement ses très nombreux mortiers et obusiers, mais aussi des batteries de lance-roquettes Grad qu'elle tenait en réserve depuis plusieurs semaines. Quand ils le peuvent, les défenseurs s'enterrent un peu plus pour échapper aux frappes incessantes. Aujourd'hui, dimanche de Pentecôte, une église a été bombardée à l'heure de l'office. Nul ne sait combien il y a de morts. Les liaisons téléphoniques et Internet sont interrompues, l'électricité et l'eau toujours coupées. Tentative désespérée de contre-attaque du côté de Krasny Liman.


Retour en arrière sur une interview que Poutine a donnée à deux journalistes français (de TF1 et Europe1) avant son départ pour la Normandie : Transcription intégrale commentée par Olivier Berruyer (LesCrises.fr).

L'entretien en soi ne présente pas grand intérêt, mais on peut néanmoins en tirer trois choses : 1) Les chaînes ont censuré près de la moitié des propos de Poutine, et comme par hasard il s'agit de passages révélateurs pour qui ne connaît de sa politique que ce qu'en disent les médias occidentaux - 2) si Gilles Bouleau (TF1) s'est comporté de manière à peu près correcte, son collègue Jean-Pierre Elkabbach, n'a cessé d'interrompre le président russe (ou plutôt son interprète). Avec le décalage de la traduction, Poutine ne pouvait jamais savoir exactement à quel endroit il avait été coupé. Le but recherché par Elgoujach était bien sûr de le déstabiliser. On aimerait bien que ce vieux pressetitué d'Europe1 fasse preuve de la même impudence (chutzpah) quand il se trouve face à des chefs d'Etat occidentaux ou devant son co-élu Nétanyahou - 3) En acceptant de se laisser traiter de la sorte, Poutine prouve qu'il est un lâche sans le moindre amour-propre. Mais aussi un imbécile, puisque ce n'est pas la première fois qu'il se soumet à ce genre de manipulation doublée de grossièreté (voir cet exemple de septembre 2008).

Si Poutine n'est pas l'abominable dictateur des Elkabbach et Cie, il n'est pas non plus ce fin stratège qui cache bien son jeu, tel que le dépeint notre "oppostion alternative". C'est fou le nombre de sites "dissidents" qui nous ont d'abord raconté, il n'y a pas si longtemps, que Poutine allait intervenir dans le Donbass, et à partir de quelle "ligne rouge" il allait le faire ; et qui nous ont expliqué ensuite pourquoi il ne le faisait pas, pourquoi il agissait sagement en ne cédant pas à la "provocation" américaine...  A présent, il est temps de nous dire pourquoi le "fin du fin" de la politique poutinienne consiste à collaborer avec la junte fasciste en bloquant l'aide spontanée de la population russe à la résistance*, à ne prendre aucune mesure de rétorsion face aux "sanctions" occidentales, à céder sur (presque) toute la ligne dans l'affaire de la dette ukrainienne et des livraisons de gaz, à servir complaisamment de paillasson à la caste politico-médiatique occidentale, etc...

* Pour certains (comme Alexandre Sivov relayé par Allain Jules) Poutine craint qu'en aidant les résistants du Donbass, il ne renforce en Russie même une tendance politique (nationaliste et/ou communiste) qui lui est hostile malgré le consensus apparent. La chose est possible mais elle reste à prouver, car toutes les opinions semblent représentées au sein de la résistance du Sud-Est.

9 juin 2014 : Tandis que Porofachochenko - le nouveau pote de Poutine - parle de paix et de cessez-le-feu à qui veut l'entendre, son artillerie continue de pilonner la ville martyre de Slaviansk. Violents combats à Marioupol où les forces du régime attaquent les positions de la résistance ; l'aéroport serait en flammes (La Voix de la Russie). 20.000 réfugiés de plus sont arrivés à Rostov ces trois derniers jours.

10 juin 2014 : Selon RIA Novosti, la résistance encercle l'aéroport de Lougansk dans lequel sont retranchés 2.000 hommes de Kiev. Des négociations sont en cours (Itar-Tass). Il est à craindre que cet épisode ne finisse par un désastre comme à l'aéroport de Donetsk (voir plus haut 26 et 27 mai).  A Artiomovsk (au sud-est de Slaviansk-Kramatorsk), après que les forces de la RPD aient engagé des pourparlers avec les fascistes, ceux-ci ouvrent le feu et tuent plusieurs combattants (RT). Une fois de plus, on voit à quel point cette tactique de "combat" est fatale. Elle permet à la soldatesque de Kiev de gagner du temps en attendant que des renforts (ou l'aviation) viennent la tirer du pétrin.

Le président de la RPL, Valeri Bolotov, demande à la Russie de lui envoyer d'urgence des forces de maintien de paix pour stopper les massacres de civils (RIA Novosti). Si jamais Poutine entend cet appel désespéré, il ne manquera pas de le faire suivre à l'ONU pour transmission aux "autorités" de Kiev (ou vice-versa).



UNIS CONTRE LA SÉCESSION :

Grâce à Poutine, Porochenko va pouvoir faire cesser les violences... des séparatistes. Les violences du régime, elles, pourront continuer, comme à Slaviansk où deux enfants de 8 et 12 ans viennent encore d'être tués sous les bombardements (La Voix de la Russie). Car les violences de la junte terroriste ne sont pas des violences mais "une opération spéciale menée par les forces de sécurité".

12 juin 2014 : Probablement inspirés par les exploits de leurs homologues israéliens à Gaza, les nazis de Kiev bombardent la population civile de Semionovka au phosphore blanc (La Voix de la Russie).

Plus au sud, les fascistes font venir toujours plus d'hommes et de matériel et semblent vouloir encercler la ville de Donetsk - une tactique qui rappelle celle qu'ils ont utilisée avec succès contre Slaviansk et Kramatorsk.

A Makarovo (au nord-est de Lougansk), la résistance stoppe un convoi de 40 chars ukrainiens (RIA Novosti). Au lieu d'en détruire le plus possible au lance-roquettes, on va certainement entamer des "négociations". Nul ne sait d'ailleurs comment se sont terminées celles du 10 juin à l'aéroport (au sud de la ville).

Tout cela n'empêche pas les autorités de la République populaire de Lougansk de lancer un nouvel appel désespéré à la Fédération russe, à deux de ses républiques (Ingouchie, Tchétchénie) et à 12 pays étrangers (Chine, Cuba, Nicaragua, Venezuela, Syrie, Serbie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie, Abkhazie, Ossétie du Sud, Transnistrie) pour leur demander de reconnaître la RPL en tant qu'Etat indépendant (RIA Novosti).  Le Kremlin va sans doute prétendre, comme il l'avait fait le 16 mai pour le Donetsk, qu'il n'a "pas reçu de demande officielle" - ou que Lougansk n'a pas rempli le formulaire qu'il fallait, ou qu'il manque une signature ou un tampon.

Les forces « antiterroristes » de Kiev dirigées par le Polonais Jerzy Dziewulski  (Réseau Voltaire) : Dziewulski est un policier polonais qui a été formé aux Etats-Unis et a "travaillé" en Israël. Une photo prise près de Slaviansk le montre aux côtés d'Alexandre Tourtchinov (alors "président" ukrainien intérimaire). Les opérations punitives sont supervisées par Derek Chollet, vice-ministre américain de la "Défense"...  La Pologne a participé aux émeutes du Maïdan... Elle était impliquée dans le coup d'Etat... A présent, elle se distingue dans cette nouvelle guerre terroriste contre le Donbass...

L'armée dite ukrainienne, ce sont en fait des forces spéciales de l'OTAN + des mercenaires étrangers + des massacreurs fascistes du Pravy Sektor + une poignée de militaires trop bêtes pour comprendre qu'ils sont du mauvais côté ou trop lâches pour déserter. Face à une telle armée, la résistance aurait de bonnes raisons de se montrer impitoyable, ce qui n'est malheureusement pas le cas.

Mais finalement, cette stratégie catastrophique des forces du Donbass, où l'hésitation permanente le dispute au manque de coordination, résulte de la "neutralité" d'un président russe trop lâche pour faire bénéficier les indépendantistes d'une aide similaire à celle que Kiev reçoit des Occidentaux...

14 juin 2014 : L'aviation de Kiev bombarde Lougansk, il y a plusieurs morts. Même chose à Gorlovka (au nord de Donetsk), mais là les combattants du Sud-Est parviennent à descendre un bombardier Su-24.

A l'aéroport de Lougansk, superbe carton : la resistance abat un Iliouchine-76 transport de troupes, liquidant d'un seul coup 49 terroristes. L'appareil est conçu pour transporter jusqu'à 167 hommes avec leur armement ; malheureusement il n'était pas plein... Le plus drôle : la junte "proteste contre cet acte cynique".

A Semionovka, reprise des bombardements au phosphore. Il ne reste presque plus rien de la localité, tout brûle depuis des heures (RT). Pour le régime, ce crime de guerre (ou crime contre l'humanité) n'a bien entendu rien d'un acte cynique.

Violents combats à Marioupol : la ville aurait été reconquise par les fascistes (tueurs de Liachko et "Svoboda" renforcés par des mercenaires s'exprimant en anglais). Combats également à Stchastié (au nord de Lougansk).

Moscou continue de surveiller la frontière et d'empêcher les "passages illégaux" susceptibles de représenter une aide pour les résistants du Donbass. Pour ce qui est des autres "passages", les hommes de Poutine ne sont pas trop regardants. Ils ont même laissé passer un char ukrainien qui n'a arrêté sa course en territoire russe qu'après s'être enlisé du côté de Millerovo (au nord-est de Lougansk). L'équipage a alors quitté le blindé, mais est revenu un peu plus tard pour le récupérer. Les gardes-frontière russes ont refusé de restituer l'engin (RIA Novosti). L'histoire ne dit pas si Kiev a protesté contre cet acte cynique.

Toujours selon RIA Novosti, 212 officiers de réserve de l'armée ukrainienne ont été limogés après avoir refusé de répondre à l'ordre de mobilisation. On ignore combien de recrues ont fait de même, sans doute plus de 90 %. La dernière fois qu'on avait incorporé des appelés (en nombre restreint), c'était en novembre 2013.

Parents of newly recruited soldiers block the army (Rousskaïa Viesna). A Melitopol (à l'ouest de Marioupol, dans le district de Zaporojié) les parents de huit appelés que l'armée voulait envoyer au casse-pipe dans les régions à reconquérir, se sont opposés avec succès à l'incorporation de leurs progénitures. Malgré les menaces, les parents n'ont pas cédé. Finalement, les militaires ont abandonné leurs proies, du moins provisoirement.

Deux questions se posent à ce niveau : 1) Pourquoi les gars ont-ils répondu à l'appel au lieu de se planquer ?  -  2) Comment ces ex-futurs "soldats" auraient-ils pu "défendre" l'Ukraine (la junte), alors qu'ils sont incapables de se défendre eux-mêmes, ayant besoin pour cela de l'aide de leurs mamans ?...

15 juin 2014 : Menaces et gesticulations du régime ukrainien et de ses maîtres de l'OTAN. Ils digèrent mal leurs 49 morts de la veille et tiennent la Russie de Poutine pour responsable. Au passage, ils en profitent pour accuser Moscou d'envoyer des chars dans le Donbass, ce qui est un comble.

Histoire de se défouler, la junte organise une attaque punitive "spontanée" contre l'ambassade russe de Kiev, avec destruction de véhicules : il faut bien trouver une occupation aux voyous du Maïdan qui ne participent pas à l'expédition terroriste du sud-est...  Le chef de la "diplomatie" de la junte, Andriï Deshchytsia, vient encourager les manifestants antirusses devant l'ambassade et chante : "Poutine est un enfoiré..." - vidéo*

* Pour les russophobes ukrainiens, ce Путін - хуйло (Poutine khouille-lo - voir à partir de 1:30) est devenu une sorte d'hymne, interprété ici à l'occasion d'un match de foot Dynamo Kiev contre Metallist Kharkov.

Comment réagit Poutine ? Alors qu'un chef d'Etat digne de ce nom aurait rompu les relations diplomatiques avec Kiev depuis longtemps, ce minable envoie son représentant pleurnicher auprès du Conseil d'Insécurité de New York, dans l'espoir de faire condamner l'attaque. Ce que les Occidentaux refusent, évidemment - ils doivent bien se marrer entre eux...  La ligne suivie par le Kremlin est décidément de plus en plus pitoyable...

Dans le Donbass, les fascistes continuent de bombarder ce qui reste de Slaviansk, détruisant systématiquement l'infrastructure. Ils pilonnent l'hôpital déjà à moitié en ruines (encore un infirmière tuée) et s'acharnent à coups de missiles sur une station de traitement de l'eau. Geste parfaitement "gratuit", puisque l'eau est coupée depuis une dizaine de jours et qu'aucun combattant ne s'est jamais trouvé à cet endroit (RT). Ce fanatisme auquel la résistance n'a rien à opposer, a pour but d'accélérer l'exode "volontaire" de tous les civils. On mesure l'écart qui existe entre la réalité sur le terrain et la dérisoire réaction politique de "l'enfoiré" de Moscou...

Deux infos qui ne risquent pas d'intéresser ce dernier :

1)  Vae victis - Malheur aux vaincus (Rousskaïa Viesna). Le "vice-ministre de la Défense" de la junte, Michael Koval, a annoncé que le "gouvernement" mettrait en place, après sa victoire dans le sud-est, des "mesures spéciales de filtrage" vis-à-vis de la population, afin d'isoler "les personnes qui ont entretenu des relations avec les séparatistes et commis des crimes en territoire ukrainien". Pour cela on ouvrira des "camps de filtrage où seront hébergés tous les adultes des régions insurgées, y compris les femmes", dans le but de constater qui fait partie de la catégorie visée et qui est digne de confiance. On imagine les méthodes qui seront utilisées pour séparer le bon grain de l'ivraie.

A l'époque où les amis de Bandera (voir plus haut) faisaient la loi en Ukraine, on ne parlait pas de camps de filtrage mais de camps de concentration.

Comme dit l'auteur de l'article : "La seule alternative pour les habitants du Donbass qui veulent échapper à ce tragique scénario, c'est de ne pas se laisser vaincre."  Facile à dire...

2)  Autre projet fasciste pour l'après-guerre : "Le renseignement de l'armée de la RPL a appris par une source fiable travaillant dans les services du 'Premier ministre' Iatseniouk, que le 'gouvernement' ukrainien, en étroite collaboration avec des 'experts' US, a élaboré un plan secret qui doit être mis en œuvre aux alentours de novembre 2014. Selon ce plan, 250.000 résidents d'Ukraine occidentale, la plupart venant de zones rurales, seront relocalisés dans le sud-est, principalement dans les districts de Lougansk, Donetsk et Nicolaïev. Les nouveaux venus prendront possession des maisons et des terres appartenant aux habitants de la région assassinés par la junte ou expulsés* pour s'être soulevés contre le 'gouvernement' ukrainien illégitime et criminel. Selon les combattants de la résistance, une prime 25.000 hryvnias (environ 3.000 $) sera attribuée à chaque famille ouest-ukrainienne qui acceptera de déménager." (Rousskaïa Viesna)

* Dans cette catégorie entreront sans doute aussi les personnes qui n'auront pas donné satisfaction lors du "filtrage".

16 juin 2014 : Valeri Bolotov, le président de la RPL, fait savoir que les récents combats à Stchastié (au nord de Lougansk) ont coûté la vie à une centaine de personnes, dont de nombreux civils. Après avoir pris la ville, les fascistes ont ouvert le feu sur les habitants, visant essentiellement les hommes (RIA Novosti). Ironie du sort : Stchastié signifie "bonheur"...

Dans le courant de la nuit, à Ambrosievka (au sud-est de Donetsk, près de la frontière russe), l'artillerie de la junte détruit l'hôpital et une vingtaine de maisons. Au moins trois personnes sont tuées (The Voice of Russia). Les pilonnages et bombardements criminels ont de plus en plus souvent pour objectif d'opérer un nettoyage ethnique de la région. Les civils fuient en masse : toujours selon The Voice of Russia, ils sont 122.000 depuis le début de la guerre à avoir trouvé refuge de l'autre côté de la frontière, dont plus de 13.000 au cours des dernières 24 heures. La plupart ont de la famille ou des amis en Russie pour les héberger, ou sont accueillis par des bénévoles. On commence aussi à organiser des structures d'accueil.

Communiqué d'Igor Strelkov sur la situation à Slaviansk-Kramatorsk :

"Tandis qu'entre-temps Slaviansk s'est habituée au pilonnage continuel, de jour comme de nuit, à Kramatorsk, la panique commence à se faire sentir. Pour la première fois, des zones résidentielles ont été frappées par des obus de gros calibre. Il y a des incendies, des explosions et une multitude de morts et de blessés. Tout cela est fait pour servir d'exemple aux autres villes du Donbass, pour leur montrer ce qui les attend dans un proche avenir. Ils ont déjà presque rasé Slaviansk, dont la moitié de la population s'est réfugiée en Russie. A présent, c'est au tour de Kramatorsk, et cette ville est plus grande encore que sa voisine. Il va y avoir plusieurs dizaines de milliers de réfugiés supplémentaires, dont la plupart iront en Russie. Selon mes informations, la Russie n'est pas du tout prête à accueillir des centaines de milliers ou des millions de réfugiés. Après Kramatorsk, suivront Droujkovka, Konstantinovka, Gorlovka, Makeïevka, Donetsk, Lougansk et tout le reste. Nous voyons parfaitement où l'armée ukrainienne veut en venir. Elle ne vise pas les positions de nos milices, elle vise l'infrastructure. Elle laisse passer les équipes de réparation, puis elle leur tire dessus. Et c'est nous qu'elle accuse de détruire nos écoles et nos stations d'épuration..."

Sur la situation dans les autres régions :

"L'ennemi a transféré le gros de son infanterie et de ses chars dans le nord du district de Lougansk et dans le sud du Donetsk. Chaque jour, ils avancent de 10 à 15 kilomètres, coupant méthodiquement les régions 'rebelles' de la frontière russe et de l'aide qui pourrait venir de là-bas. Ils nous coupent de toute livraison d'armes ou de munitions qui pourrait, hypothétiquement, nous parvenir un jour, de même que de toute livraison de nourriture et de médicaments. Je peux vous assurer que si la Russie ne prend pas des mesures immédiates, cette stratégie de l'ennemi sera couronnée de succès..."

"Nos quelques milliers de combattants postés le long de la frontière, avec quelques chars et quelques pièces d'artillerie, et une quantité plus grande d'armes automatiques et de lance-grenades, ne pourront pas résister longtemps à l'aviation, à l'artillerie et à la multitude de tanks dont dispose l'ennemi. Le rapport de forces est de 1:500 pour les chars de combat, de 1:300 pour les blindés de transport et de 1:800 pour l'artillerie. Ne parlons pas de l'aviation... Dans ces conditions, d'ici une semaine, peut-être deux ou trois, ou d'ici un mois au grand maximum, les détachements les plus combatifs de nos milices seront exsangues, mis en déroute ou éliminés. A Marioupol, nous avons pu observer comment procède l'ennemi. Ils encerclent la ville, érigent des barrages, jouent à fond de leur supériorité matérielle, et nous coupent de toute aide extérieure. Ensuite, ils envoient leurs unités punitives composées de soi-disant volontaires, en réalité des mercenaires des bataillons Azov, Donbass et autres. Après cela, ils nettoient la ville de ce qui reste de miliciens puis vont faire la même chose dans la ville suivante. Dans la ville conquise, une garnison s'installe, occupe les positions stratégiques et expédie tous les suspects dans des camps de filtrage. Voilà ce qui nous attend dans pas longtemps..."

Sur la passivité russe :

"La guerre que la Russie voulait éviter pour des raisons économiques, est déjà en cours. Et elle se terminera de façon désastreuse pour la Russie, en termes économiques. La Russie paiera les conséquences de sa non-intervention. Pour n'être pas intervenue à temps, pour ne pas avoir envoyé de forces de maintien de la paix à Donetsk et Lougansk dès que ces deux regions se sont soulevées (la chose aurait pu se faire sans douleur juste après les référendums du 11 mai), la Russie a commencé à perdre pied."

"Au point où en sont les choses, un envoi de forces de maintien de la paix est à présent devenu impossible sans déclencher une guerre à grande échelle, avec des frappes aériennes, des frappes d'artillerie, des incursions de chars et une mobilisation partielle de l'armée russe. Sincèrement, nous attendons l'heure fatidique, nous mobilisons nos dérisoires ressources humaines et matérielles. Mais nous ne pourrons pas tenir face à l'ennemi. Certains pensaient qu'il suffirait de souffler sur l'armée ukrainienne pour qu'elle s'effondre. Elle s'effondrera le jour où elle trouvera en face d'elle un adversaire capable de lui tenir tête, ne serait-ce que partiellement. Mais ce que nous avons ici, ce n'est même pas David contre Goliath, c'est le combat d'une fourmi contre un éléphant. Une fourmi peut causer pas mal de souffrances à un éléphant en le mordant [ah bon ?...] mais même le plus vieux et le plus malade de tous les éléphants finira par écraser la fourmi. C'est une question de masse... Il ne faut pas oublier que l'ennemi bénéficie d'une aide massive, économique, financière et militaire, de toute l'Europe et des Etats-Unis. Si la hryvnia n'est pas coulée au bout de deux mois de guerre, ce n'est sûrement pas parce qu'il s'agit d'une monnaie forte..."

"Nous pourrons peut-être tenir encore un mois à Slaviansk, mais tôt ou tard nous serons éliminés. Nous ne pouvons pas transférer nos troupes vers une autre ville sans abandonner ce territoire. Nous pouvons mettre en place cinq Slaviansk, mais ils seront tous encerclés, assiégés, éliminés avec toute leur population. La seule alternative à la guerre ou à l'abandon complet de la Nouvelle-Russie, c'est de reconnaître immédiatement - de facto - la Nouvelle-Russie et les républiques populaires de Donetsk et Lougansk, et de leur fournir de toute urgence une assistance militaire réelle, à grande échelle. Je lance cet appel à la Russie, en tant que commandant en chef de la milice de la RPD et en tant que patriote lié à la Russie et au peuple russe. Vous pouvez considérer qu'il s'agit d'un appel lancé au nom de la milice du Donetsk dans son ensemble."

Suit un second communiqué donnant une description détaillée de la situation dramatique sur le terrain...  A Slaviansk-Kramatorsk, les Ukrainiens ont 15 fois plus de troupes que la milice. Dans un seul de leurs barrages, ils sont plus nombreux que la résistance au grand complet dans toute l'agglomération. Une contre-attaque ne servirait à rien, elle coûterait trop de vies humaines. Si les fascistes donnent l'impression de "faire durer le plaisir", c'est parce qu'ils veulent pousser le plus grand nombre possible de civils à quitter la région. C'est là toute la logique de l'épuration ethnique. Si tout se terminait demain, les gens risqueraient de rester - et ce n'est pas ce que veut le régime...

A propos de l'attitude de la Russie, Strelkov écrit : "La manière dont les officiels russes au plus haut niveau abordent la question de la Nouvelle-Russie, est une forme ouverte de sabotage. On peut le voir dans tous les domaines. J'ose avancer l'idée que ce sabotage est parfaitement délibéré. Sinon, il serait inexplicable que la RPD et la RPL n'aient pas encore été reconnues, pas même de facto, et qu'elles n'aient reçu ni les armes ni l'équipement dont elles ont un besoin urgent.. Oui, Poutine a renié son engagement de protéger la population russe du Donbass - et je me demande bien qui l'y a poussé... Aucune alternative quelle qu'elle soit ne nous a été offerte. A défaut d'aide militaire, la défaite de la RPD et de la RPL est inévitable."

Et le chef militaire de la RPD conclut : "La prochaine guerre, celle dont nous-mêmes ne pourrons plus être les témoins, se déroulera en territoire russe - après le 'Maïdan de Moscou', évidemment..."

[ Même si Strelkov a tout à fait raison en ce qui concerne la trahison russe, il est évident qu'il porte une bonne part de responsabilité dans la défaite qui s'annonce. En tant que commandant en chef, il n'aurait jamais dû se laisser entraîner dans cette ingagnable "guerre de tranchées" de Slaviansk - voir plus haut 4 juin. ]


A Donetsk, comme pour démentir cette vision apocalyptique, la résistance s'empare du siège régional de la Banque nationale ukrainienne "dans le but d'exercer le contrôle sur l'ensemble du système fiscal et financier" (RIA Novosti). Un immeuble voisin où se trouvent les bureaux du groupe Combustibles et Energie du Donetsk du milliardaire Rinat Akhmetov, est également occupé. L'oligarque ne paie toujours pas ses impôts à la RPD, mais comme d'habitude "des négociations sont en cours"...

Pour que des mesures de nationalisation soient efficaces, il faut bien sûr que l'Etat qui les décrète soit maître chez lui et assez fort pour les imposer partout sans discussion. Occuper un immeuble vide, s'installer dans le bureau du patron et fumer ses cigares, peut être grisant au début. A la rigueur, on peut mettre la main sur des documents intéressants ou sur quelques millions en espèces, surtout à la banque, mais tout cela ne signifie pas qu'on va maîtriser les finances et l'économie.

17 juin 2014 : Près de Poltava (au sud-ouest de Kharkov - carte) attentat terroriste contre le gazoduc Russie-Hongrie. En mars dernier, le führer du Pravy Sektor, Dimitri Iaroch, avait annoncé ce genre de sabotage - détails. De toute évidence, il vient de passer à l'action.

Ukraine's Land Agency give land to soldiers in the east for free  (Kyiv Post). On commence déjà à mettre en application le plan de redistribution gratuite des terres volées dans les régions de l'est soumises au nettoyage ethnique (voir plus haut 15 juin - projet n° 2). Les premiers bénéficiaires sont des militaires et autres participants à l'expédition punitive contre le Donbass. (Les agriculteurs pauvres de l'ouest viendront sans doute plus tard, quand "l'ordre" aura été définitivement rétabli.)

La bonne nouvelle du jour pour tous les amis sportifs de Slaviansk, Kramatorsk, Donetsk, Lougansk et Marioupol :  Vladimir Poutine se rendra à la finale de la Coupe du monde de football au Brésil.

18 juin 2014 : L'Ossétie du Sud reconnaît la RP de Lougansk ; elle est la seule à le faire parmi les 15 pays implorés le 12 juin. La Russie, elle, n'est toujours au courant de rien...

Karine Bechet-Golovko décrit le non-interventionnisme russe :

"La position de Poutine est stable et claire : la crise dans l'est de l'Ukraine est une affaire intérieure de l'Etat ukrainien, la Russie n'a pas à intervenir. Quand les populations civiles sont touchées au phosphore, la Russie demande une enquête. Quand des journalistes [russes] sont 'arrêtés', elle négocie la libération. Quand ils sont tués, elle exprime son désagrément."

"Quand l'ambassade russe à Kiev est attaquée et que le ministre ukrainien des Affaires étrangères chante avec les provocateurs et insulte le président russe [voir plus haut 15 juin], Lavrov estime qu'aucune discussion n'est plus possible avec les autorités ukrainiennes."  [Cette réaction pourrait laisser penser que la Russie place l'honneur de Poutine au-dessus de la vie des habitants du Donbass. C'est possible, mais quelques heures après l'incident, la discussion avec Kiev reprend de plus belle...]

"Quand les gens sont massacrés, ce que Poutine estimait encore comme sa 'ligne rouge' il y a peu, le représentant russe auprès du Conseil de Sécurité espère dans l'objectivité du rapport qui sera présenté. Il doit être le seul à encore espérer en l'objectivité d'une telle structure, qui a refusé d'analyser la question de l'attaque du bâtiment diplomatique russe par les Ukrainiens, sans intervention des forces de l'ordre, sans mesures spéciales de protection du bâtiment après cela, comme il fut coutume pour les ambassades américaines suite à leurs attaques."

"Et Poutine discute. Les négociations sur le gaz n'ont servi à rien car les autorités ukrainiennes n'ont jamais voulu payer. Encore et toujours avec Porochenko, Poutine discute..."  [Prouvant ainsi qu'il est encore plus "couille molle" que "khouille-lo"...]

Finalement, ce que fait Poutine est bien pire que du non-interventionnisme. Car l'homme du Kremlin ne se contente pas d'afficher sa "neutralité" face à un combat inégal dans lequel ses compatriotes se font massacrer. En fermant sa frontière à toute aide russe privée aux résistants du Donbass, il aide concrètement les agresseurs fascistes et leurs sponsors de l'OTAN à écraser leurs victimes.


Excellente analyse du militant politique belge Luc Michel (lien audio mp3 - 16 mn)


Sur le terrain, à Metallist (banlieue nord de Lougansk), la résistance inflige des pertes assez lourdes aux néo-nazis qui avaient massacré des civils à Stchastié le 16 juin. Les mercenaires liquidés dans cette embuscade réussie (une quinzaine) faisaient partie du "bataillon punitif Aïdar" (Rousskaïa Viesna).

L'aéroport de Lougansk est toujours aux mains des fascistes qui reçoivent sans cesse de nouveaux renforts. Bombardements et pilonnages un peu partout, à commencer par Slaviansk et Kramatorsk.

19 juin 2014 : Communiqué d'Igor Strelkov (en français). Violents combats à l'est de Krasny Liman, avec de lourdes pertes pour la résistance. Kirovsk, Yampol, Seversk et les villages de Zakotnoïe et Krivaïa Louka sont quelques-uns des lieux mentionnés dans ce rapport. Sur cette carte très détaillée, mais en russe, СЛАВЯНСК = Slaviansk, КРАМАТОРСК = Kramatorsk, СЕМЕНОВКА = Semionovka, КРАСНЫЙ ЛИМАН = Krasny Liman, КИРОВСК = Kirovsk, ЯМПОЛЬ = Yampol, СЕВЕРСК = Seversk, Закотное = Zakotnoïe, Кривая Лука = Krivaïa Louka. Le mont Karatchoun (au sud de Slaviansk et d'Andreïevka - АНДРЕЕВКА) est indiqué par son altitude (167 m). La ville de Lissitchansk (ЛИСИЧАНСК), plus à l'est, est déjà en RPL. Son bataillon est venu prêter main-forte aux combattants de Seversk.

Mais face à la supériorité écrasante des fascistes, tant en hommes qu'en matériel, la mobilité retrouvée des combattants de la région ne suffit malheureusement pas pour retourner la situation et briser l'encerclement de Slaviansk... Une fois de plus, "la milice et la population de la RPD en appellent aux dirigeants de la Fédération de Russie pour qu'ils fournissent une aide immédiate à la Novorossia, afin d'empêcher que se poursuive le génocide contre la population russe".  Les dirigeants russes - Poutine en tête - s'en foutent royalement...

POROCHENKO ASSASSIN - POUTINE COMPLICE

20 juin 2014 : Dans l'extrême sud-est de la RP de Lougansk, à Doljanski (Должанский - carte), les fascistes attaquent un poste de la résistance situé à la frontière. Par la même occasion, ils pilonnent le territoire russe et blessent au moins un douanier de Moscou (RIA Novosti). La Russie fait semblant de protester, annonçant des "mesures" qui seront, comme toujours, oubliées avant d'être prises. Plus au nord, à Izvarino (ИЗВАРИНО), à l'est de Krasnodon (КРАСНОДОН), un groupe de 80 gardes-frontière ukrainiens se réfugie en Russie (Itar-Tass). Ils avaient été attaqués par une milice nazie qui leur reprochait d'être "trop mous". En principe, Poutine ne devrait pas refuser de les extrader si l'Ukraine le lui demande poliment. A Ouspenka (Успенка - à la frontière russe, au sud-est de Donetsk-ДОНЕЦК et d'Ambrosievka-АМВРОСИЕВКА - carte) il semblerait que les forces de Kiev aient repris un poste jusqu'à présent tenu par la résistance.

A Kiev, Porofachochenko déclare qu'il contrôle maintenant la totalité de la zone frontalière, ce qui est tout à fait plausible quand on lit ce que disait Igor Strelkov le 16 juin (voir plus haut). Cette situation permet à la junte de proclamer ce qu'elle appelle un "cessez-le-feu", qui n'est en fait qu'un ultimatum de plus à la résistance pour qu'elle capitule sans conditions. C'est Poutine qui a permis d'en arriver là ; d'ailleurs, il a eu à ce sujet plusieurs contacts téléphoniques avec son homologue - le titre est à présent mérité, car les deux hommes se valent dans l'ignominie.



Plan de paix = plan 2P (Porochenko-Poutine)

Les détails du plan
- Une analyse des 14 points que les médias se sont bien gardés de détailler -

Bien entendu, on ne va pas en rester là. Pour les auteurs du scénario ukrainien, Poutine n'en fait jamais assez pour "se racheter" - c'est là le prix de la lâcheté... Le camp occidental ordonne donc à l'homme du Kremlin de faire pression sur les insurgés afin qu'ils déposent immédiatement les armes. Poutine va essayer, mais le résultat n'est pas garanti...

21 juin 2014 : Comme il y a le bon et le méchant flic à Hollywood, il y a en Ukraine le bon et le méchant oligarque juif. Le premier, c'est Porochenko (voir plus haut 25 mai) avec son "cessez-le-feu unilatéral". L'autre c'est Kolomoïski (5 mars) : il est farouchement "hostile à toute suspension de l'opération punitive et à tout dialogue avec les insurgés" et "ne se soumettra jamais aux ordres de Porochenko" en ce sens. Le président de l'Association ukrainienne de Yad Vashem, qui est aussi banquier et généreux sponsor des milices fascistes, ajoute que "son armée écrasera les séparatistes". (RIA Novosti)

En attendant que l'homme à la kippa de fer écrabouille les séparatistes comme de vulgaires Palestiniens, l'homme à la kippa en chocolat, en sa qualité de chef de la junte, s'aventure en territoire occupé. Mais pas trop profondément, on ne sait jamais. En fait, il franchit tout juste la ligne de démarcation entre l'Ukraine (district de Kharkov) et la RPD, allant paraît-il à Sviatogorsk (СВЯТОГОРСК - carte) dans l'extrême nord-ouest de la région à nettoyer. Et encore, pas sûr qu'il ait vraiment mis les pieds dans la localité même. Il est peut-être à peine sorti du canton d'Izioum (ИЗЮМ) dans le district de Kharkov, où le régime concentre des troupes depuis le début de son opération terroriste.

Dans le secteur de Slaviansk, les pilonnages continuent malgré le prétendu "cessez-le-feu". A Semionovka, nouveau bombardement au phosphore (RIA Novosti).

Grand succès stratégique permis par la politique de Poutine : La Russie ouvre 17 nouveaux points d'accueil pour réfugiés ukrainiens... en seulement 24 heures. En tout, il en existe déjà 220. Mais la plupart des réfugiés sont hébergés chez l'habitant. Sachant qu'ils étaient 122.000 le 16 juin, leur nombre doit maintenant approcher les 200.000 et il y en aura beaucoup d'autres.

A Donetsk, Alexandre Borodaï (Premier ministre de la RPD) déclare dans ce contexte (cité par RIA Novosti) : "Kiev provoque délibérément une catastrophe humanitaire dans le Donbass, afin de contraindre la population à quitter la région. Nos stations de pompage ont été détruites par l'armée, de sorte que nos réserves d'eau seront épuisées dans une semaine. Chacun peut imaginer ce que signifie le manque d'eau dans une ville d'un million d'habitants. Nous ne pouvons pas mettre en danger la vie de nos ouvriers en les envoyant réparer des installations qui risquent d'être de nouveau détruites aussitôt après. Le cessez-le-feu de Porochenko est une supercherie. On tire de tous les côtés, la catastrophe humanitaire approche à grands pas. La situation est voulue par les autorités ukrainiennes. Lorsque les usines s'arrêteront de tourner et que les mines fermeront les unes après les autres, les gens quitteront la région. Ils le font d'ailleurs déjà. C'est exactement l'objectif de la junte..."

Pour ce qui est des tués (civils et combattants), le décompte est beaucoup plus difficile que pour les réfugiés. Mais une chose est certaine : le seuil fatidique de 1.000 morts évoqué par certains il y a deux mois (voir plus haut 21 avril) est largement dépassé, de même sans doute que celui de 2.000 préconisé par l'ambassadeur américain Pyatt le 30 mai. Quoi qu'il arrive, c'est maintenant certain, Poutine ne bougera pas. On peut d'ailleurs se demander pourquoi l'OTAN ne profite pas davantage de la situation...

Selon RIA Novosti, Pavel Goubariev (militant séparatiste de la première heure - voir plus haut 8 mai) vient de proposer sur sa page Facebook un plan de paix en quatre points : 1) les occupants ukrainiens retirent leurs troupes et leurs bataillons répressifs des territoires de la RPD et de la RPL - 2) la junte reconnaît l'indépendance des deux républiques - 3) le régime de Kiev crée les conditions pour la tenue de référendums d'autodétermination dans les autres régions de Nouvelle-Russie, dans le but d'aboutir à un démantèlement pacifique de l'ancienne Ukraine - 4) Oleg Liachko [führer du "parti radical" néo-nazi et fondateur du bataillon qui porte son nom], Arsène Avakov ["ministre de l'Intérieur" de la junte] et Igor Kolomoïski [fasciste juif multimilliardaire - voir quelques lignes plus haut] déposent les armes et capitulent sans conditions.

Des revendications somme toute raisonnables et réalistes - rien d'utopique comme par exemple d'espérer l'aide de Poutine...

22 juin 2014 : Après la reconnaissance de la RPL par l'Ossétie du Sud (voir plus haut 18 juin), la RPD demande elle aussi à être reconnue.

Sur le terrain, les affrontements armés continuent, notamment à la frontière russe de la RPL, à Gorodichtché (Городише - carte) où il n'y a pas de point de passage officiel, et au poste frontalier de Tchervonopartisansk (ЧЕРВОНОПАРТИЗАНСК - "Partisan rouge", à l'est de Sverdlovsk-СВЕРДЛОВСК - carte). Mais là, Porochenko n'a pas de souci à se faire. Du côté russe de la frontière (à Goukovo-ГУКОВО) on veille au grain. Le plan 2P est un grand succès...



L'avantage des guerres du passé, aux yeux de Poutine,
c'est qu'elles permettent d'oublier celles du présent :

"Est-ce qu'ils ont déjà 27 millions de morts, dans le Donbass ?...
Non, même pas 27.000...  Alors, qu'ils arrêtent de m'emmerder !...
"

Communiqué d'Igor Strelkov. La résistance ne se sent pas concernée par le "cessez-le-feu" bidon de Porochenko, que les fascistes n'ont jamais eu l'intention de respecter. Ils continuent de faire venir de nombreux chars dans le secteur de Slaviansk, ce qui semble annoncer une attaque de grande envergure. Pour empêcher les passages "clandestins" au nord de la ville, ils ont miné un cimetière, causant déjà la mort de plusieurs civils (la pose de mines à proximité de zones habitées est un crime de guerre). Des activités en vue d'un assaut prochain sont également signalées à Kramatorsk, Donetsk et Lougansk.

Dans ces conditions, les indépendantistes poursuivent eux aussi leurs opérations militaires (dans la mesure de leurs modestes possibilités) : escarmouches à l'ouest de Slaviansk-СЛАВЯНСК, attaques contre les postes avancés de l'ennemi sur le mont Karatchoun (destruction d'un nid de mitrailleuse et d'une position de mortier), attaque près du village d'Oktiabrskoïe (Октябрское, à l'ouest de Konstantinovka-КОНСТАНТИНОВКА - carte) avec trois ennemis tués. Combats également à Yampol-ЯМПОЛЬ (au sud-est de Krasny Liman-КРАСНЫЙ ЛИМАН).

23 juin 2014 : Etranges magouilles à Donetsk. Alexandre Borodaï (Premier ministre de la RPD) et Oleg Tsariov (chef du mouvement Sud-Est) annoncent un "cessez-le-feu" et la tenue de "consultations" avec Kiev, auxquelles participeraient, si l'on en croit RIA Novosti : l'ambassadeur russe en Ukraine, des représentants de l'OSCE, Léonid Koutchma (président ukrainien de 1994 à 2005) et Victor Medvedtchouk (un politicien-oligarque dont le poids électoral oscille entre 0,7 et 0,9 %). Ces deux derniers sont censés parler au nom du "gouvernement" de Kiev... qui se garde bien de confirmer quoi que ce soit.

On sait que Tsariov est une girouette (voir plus haut 6 mai, 8 mai, 19 mai) tandis que Borodaï, citoyen russe parachuté à Donetsk il y a tout juste deux mois, semble jouer dans cette affaire le rôle de la courroie de transmission du Kremlin. On voudrait mettre fin au mouvement séparatiste avec l'aide massive de Moscou, qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

La question qui se pose maintenant : Que vont faire ceux des dirigeants du Donbass (notamment Pouchiline et Strelkov) qui dénonçaient hier encore le "cessez-le-feu" bidon et le soi-disant "plan de paix" en 14 points ?...

Quelques heures après le début des parlottes de Donetsk, l'artillerie de la junte pilonne le village de Privolnoïe-Привольное, près de Biélovodsk-БЕЛОВОДСК, dans le nord-est de la RPL - carte. Il y a plusieurs morts et blessés, dont des civils (RIA Novosti). Tirs d'artillerie également à Slaviansk et Semionovka (RT). D'autre part, toujours selon RT, des "inconnus" [Pravy Sektor ou Liachko ?] sabotent les voies ferrées en plusieurs endroits, tant en RPD qu'en RPL, et font dérailler des trains de marchandises russes. Entre Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК et Kouteïnikovo-КУТЕЙНИКОВО, au sud-est de Donetsk-ДОНЕЦК - carte, les dégâts sont particulièrement importants (14 wagons renversés).

24 juin 2014 : Poutine, pour faire plaisir à son homologue et partenaire Porofachochenko, décide d'accéder à la demande que celui-ci avait formulée le 7 juin ; il ordonne au Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe) d'annuler la décision votée le 1er mars, autorisant une éventuelle intervention militaire en Ukraine afin de protéger les citoyens russes en danger. Apparemment, les citoyens russes ne sont plus en danger dans le Donbass. Seuls les "terroristes" de Slaviansk, Donetsk, Lougansk, etc. ont à redouter l'opération punitive de la junte. Et comme ils ne sont pas russes mais ukrainiens, Poutine n'en a rien à cirer... Quant aux citoyens russes qui combattent dans le Donbass, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes, personne ne leur a demandé d'aller se fourrer dans ce guêpier...

Le grand stratège de Moscou donne donc carte blanche au régime de Kiev pour finir la besogne dans les régions insurgées. Quoi qu'il arrive, l'armée russe n'interviendra pas - jamais, en aucun cas... A présent, il ne reste plus qu'à extrader tous les opposants ukrainiens recherchés par la "justice" de "Svoboda", à commencer par Ianoukovitch. Ensuite - dans la foulée ou en même temps - il faudra restituer la Crimée à l'Ukraine. Si Porochenko et ses sponsors de l'OTAN étaient malins, ils lanceraient sans attendre une opération militaire pour reprendre la péninsule volée par les Russes en mars dernier. Que cela mette des citoyens russes en danger ou pas, aucune importance, puisque l'autorisation de les protéger est annulée. D'ailleurs les habitants de la Crimée n'ont jamais cessé d'être ukrainiens... Plus tard, les Occidentaux pourront passer à la Russie proprement dite, sûrs de ne rencontrer aucune résistance : Poutine ne va quand même pas, pour si peu de choses, se laisser entaîner dans une nouvelle guerre mondiale...

A Slaviansk, les résistants ne semblent pas approuver l'initiative du Kremlin. En tout cas, ils continuent de résister et abattent un hélicoptère ukrainien Mi-8 près du mont Karatchoun : neuf morts. Comment réagit Poutine ?... Selon RIA Novosti, il condamne cette action. Fameuse ordure... Si les Américains le lui permettaient, il enverrait son aviation bombarder Slaviansk pour en finir une fois pour toutes.

En attendant, les fascistes pilonnent eux-mêmes Slaviansk et Semionovka (comme d'habitude) mais aussi Sniejnoïe-СНЕЖНОЕ (à l'est de Thorez-ТОРЕЗ - carte). Il y a des morts et des blessés : Poutine ne condamne pas...

A Donetsk, Borodaï, oubliant ce qu'il avait dit 24 heures plus tôt, enterre son cessez-le-feu, "étant donné que les Ukrainiens ne respectent pas le leur". En fait, ils ne l'avaient pas non plus respecté la veille, ni l'avant-veille, ni le jour précédent. Mais peu importe, cette volte-face de Borodaï est la seconde gifle de la journée pour Poutine. Sa politique de collaboration avec la junte a du mal à passer.

Toujours à Donetsk, d'après RIA Novosti, le parlement provisoire de la RPD ratifie la création de l'Union des Républiques populaires de Nouvelle-Russie (décidée le 24 mai) et approuve le projet de constitution. La RPL devrait faire de même dans les prochains jours - à condition que le duo infernal Porochenko-Poutine lui en laisse le temps...


"Dans un souci d'apaisement, j'ordonne
au Conseil de la Fédération d'annuler
l'existence de la Nouvelle-Russie...
"

A part cela, des combats ont lieu un peu partout dans le Donbass : à Lougansk et plus au nord à Stchastié, du côté de l'aéroport de Donetsk, dans le secteur de Lissitchansk (au nord-ouest de Lougansk), à Sviatogorsk (au nord de Slaviansk), etc. etc...  Poutine, au courant de rien, demande une "prolongation du cessez-le-feu". De quel cessez-le-feu parle-t-il ?...

25 juin 2014 : La junte fait savoir que des officiers du SBU se trouvaient à bord de l'hélicoptère abattu la veille. Perte cruelle pour la Gestapo ukrainienne...  Mais Kiev ne dit pas qui étaient les autres individus liquidés par la même occasion. Le bruit court qu'il pourrait s'agir de "conseillers" américains de la CIA et/ou de mercenaires de Blackwater (mentionné par Igor Strelkov). On attend avec impatience les condoléances du Kremlin.

Dans un premier temps, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, déclare dans une conférence de presse (cité par RT) : "La destruction de l'hélicoptère, qui a coûté neuf vies humaines le 24 juin, est une tragédie". Et il ajoute : "Elle aurait pu être évitée si le gouvernement ukrainien avait averti les insurgés qu'il s'agissait d'un transport de marchandises."  Les "marchandises" en question, aux dires du régime (cité par Kyiv Post), étaient du "matériel destiné à enregistrer les violations du plan de paix". Comprenez : de l'équipement électronique de pointe "made in USA" qui permettra d'écraser plus vite les insurgés.

Pendant ce temps, les pantins du Conseil de la Fédération de Moscou exécutent scrupuleusement les ordres de Poutine et annulent à la quasi-unanimité leur vote du 1er mars. Le Soviet suprême de l'URSS n'aurait pas fait mieux.

Sur le terrain, les forces de la junte continuent de pilonner Slaviansk, Kramatorsk et les environs. On ne compte plus les morts.


Vu en Russie :

"Donbass, nous sommes avec toi !
Le fascisme ne passera pas !...
"

(Il est passé depuis longtemps,
grâce à Poutine, Lavrov et compagnie.)




Une chose est sûre : le Kremlin n'en fera jamais assez...

Plus Poutine trahit le Donbass, et plus on lui demande de trahir.
C'est tout à fait dans la logique des choses...


26 juin 2014 : Après la RPD le 24 juin, le parlement provisoire de la RPL ratifie à son tour la création de l'Union des Républiques populaires de Nouvelle-Russie et approuve la constitution. Un parlement confédéral de 60 membres (30 pour chaque république) est formé à Donetsk ; Oleg Tsariov devient son premier président (RIA Novosti).

Nouvelles du "cessez-le-feu" : combats près de l'aéroport de Kramatorsk, la résistance détruit deux chars ennemis ; les fascistes continuent de bombarder Slaviansk (Rousskaïa Viesna).


Slaviansk - Stalingrad


27 juin 2014 : A Donetsk, le Premier ministre de la RPD, Alexandre Borodaï, annonce la remise en liberté des quatre "observateurs" de l'OSCE arrêtés le 28 mai. Il s'agit d'un geste d'apaisement (encore ce mot obscène) effectué sans aucune contrepartie, à la demande pressante de Moscou, comme à Slaviansk le 3 mai pour les espions capturés le 25 avril.  On pouvait alors être assez candide pour croire que les ennemis du Donbass honoreraient cette concession. Deux mois après, on voit ce qui se passe à Slaviansk...

Borodaï prouve qu'il est bien la courroie de transmission du Kremlin (voir 23 juin). Il le confirme d'ailleurs en reprenant aujourd'hui, toujours à la demande de la Russie, les "consultations" abandonnées quelques jours plus tôt avant même d'avoir commencé. Tout cela ne peut que très mal finir...

Le plus pervers dans cette affaire : on présente le double recul des séparatistes comme une sorte de "donnant-donnant", alors que ce qu'ils font en réalité, c'est "payer pour avoir le droit de faire un cadeau". Tous les Porochenko, Kolomoïski et Iatseniouk d'Ukraine doivent être pliés en deux...

Indépendamment de ces magouilles, les combattants du Donbass parviennent à s'emparer d'une caserne ukrainienne à Donetsk après un siège de plusieurs heures. Le chef de bataillon et ses officiers sont faits prisonniers (en attendant que le Kremlin les fasse relâcher en signe d'apaisement). Les simples soldats sont renvoyés chez eux : clémence ou stupidité ?...

A Kramatorsk, nouvelle contre-attaque de la résistance : au moins quatre terroristes ukrainiens tués. A Artiomovsk (АРТЕМОВСК, au sud-est de Kramatorsk-КРАМАТОРСК - carte), les fascistes tirent sur un bus qui transportait des réfugiés : deux morts.  Autour de Slaviansk, la junte renforce son dispositif militaire ; de toute évidence elle s'apprête à donner l'assaut final dès l'expiration du "cessez-le-feu", c'est-à-dire dans deux ou trois jours. Pendant ce temps, les Occidentaux accumulent les ultimatums à l'adresse de Moscou : les insurgés doivent libérer tous leurs prisonniers, évacuer la zone frontalière, déposer les armes, respecter le "cessez-le-feu", engager des "pourparlers", accepter tout ce qu'on leur demande, etc. etc... Les fascistes, eux, n'ont qu'une "obligation" : intensifier la guerre contre le Donbass...

Photos de l'aéroport de Donetsk en ruines  (Il avait été inauguré à l'occasion de l'Euro 2012 de foot.)



LA RPD N'EST PAS UNE RÉPUBLIQUE DE PÉDÉS :

Constitution de la République populaire de Donetsk de 2014

Art. 31-3 : Aucune forme d'union perverse entre personnes du même sexe ne sera reconnue
ni autorisée en République populaire de Donetsk, mais au contraire réprimée par la loi.

Source

Comme dit Xavier Moreau : "La constitution de la RPD est un manifeste
contre les 'valeurs américaines' et le modèle de société occidental...
"

Autre bonne nouvelle de portée pratique très limitée : l'Ossétie du Sud reconnaît la RP de Donetsk comme demandé le 22 juin.

28 juin 2014 : Comme tous les jours (et toutes les nuits), la junte pilonne Slaviansk et Kramatorsk. Les défenseurs réagissent comme ils peuvent : un fasciste est tué. On signale aussi des combats en divers endroits proches de la frontière russe.

Pour soulager les effets de la catastrophe humanitaire provoquée dans le Donbass par le régime de Kiev (avec l'efficace complicité de Moscou), la Russie offre une aide en nature... à la junte, en lui demandant de bien vouloir s'occuper de la distribution. Par principe, les fascistes ukrainiens refusent. Ils n'ont pas compris que le Kremlin leur tend une perche qui, si elle était saisie, permettrait de mettre fin à la rébellion par des moyens autres que militaires. Niquer les séparatistes "en douceur", c'est là l'objectif du grand stratège Poutine, cet éternel incompris...

D'ailleurs, Porochenko lui aussi est un incompris. C'est pour cette raison qu'il vient de confier au Figaro qu'il veut "reconquérir les esprits et les cœurs" des habitants du Donbass en leur promettant monts et merveilles. En effet, les survivants de son "opération antiterroriste" ont mal interprété ses déclarations précédentes dans lesquelles il disait exactement le contraire (voir 7 juin), son plan de capitulation inconditionnelle en 14 points, ses bombardements au phosphore, les exactions de ses milices fascistes et les menaces de guerre totale pour le cas où la résistance n'aurait pas cessé avant lundi prochain.

En attendant d'avoir pour lui les esprits et les cœurs, Porofachochenko se fait protéger par des mercenaires étrangers de la société britannique de "sécurité" Aegis "Defence" Services. Ce sont les contribuables européens qui paient la facture.

29 juin 2014 : Dans le secteur de Slaviansk-Kramatorsk, les pilonnages continuent : au moins trois civils tués aujourd'hui.  A Donetzk, sur l'ordre de Moscou, Borodaï fait relâcher sans contrepartie quatre autres fouineurs de l'OSCE que la résistance avait arrêtés fin mai. Grâce à Poutine, la résistance n'a plus aucun atout en mains.

30 juin 2014 : Sergueï Lavrov, cité par La Voix de la Russie : "Le président Poutine propose de permettre aux gardes-frontière ukrainiens et aux observateurs de l'OSCE d'aller du côté russe de la frontière pour effectuer un contrôle conjoint dans les régions où les postes-frontière sont aux mains des miliciens... Ces mesures permettraient de veiller à ce que la frontière russe ne soit traversée que par des réfugiés."  Encore un "geste" du grand stratège moscovite pour briser la résistance du Donbass. Et ce n'est sûrement pas le dernier...

Pendant ce temps, les fascistes poursuivent leurs activités de "cessez-le-feu" : pilonnage de tout le secteur de Slaviansk, y compris au phosphore, attaque contre les positions de la résistance à Metallist, dans la banlieue nord de Lougansk, etc. etc...

1er juillet 2014 : Après la fin de l'inexistant "cessez-le-feu", le chef terroriste Porochenko annonce le "lancement d'une nouvelle opération destinée à anéantir les groupes terroristes" (Itar-Tass). L'artillerie de la junte pilonne la zone de Slaviansk comme elle le fait chaque jour. A Kramatorsk, au moins quatre civils sont tués. Attaques également à Seversk et Yampol (près de Krasny Liman). Le village de Piskounovka-Пискуновка (entre Slaviansk-СЛАВЯНСК et Seversk-СЕВЕРСК) est détruit à coup de bombes incendiaires ; aucun poste de la résistance ne s'y trouvait, il n'y avait que des civils (RIA Novosti).

Toujours selon RIA Novosti, des affrontements impliquant des blindés de part et d'autre ont lieu à Karlovka-Карловка et Netaïlovo-Нетайлово, deux petites localités au nord-ouest de Donetsk-ДОНЕЦК, sur la route de Krasnoarmeïsk-КРАСНОАРМЕЙСК - carte. La résistance dispose de quelques chars récupérés sur l'ennemi, mais elle les utilise rarement.

Combats également à Volnovakha (entre Donetsk et Marioupol), dans le centre-ville de Donetsk, aux environs de Lougansk (Metallist, Makarovo) et à Izvarino (à la frontière russe à l'est de Krasnodon).

Près de Slaviansk, les indépendantistes réussissent à détruire le mât de télévision du mont Karatchoun (Kyiv Post). Jusqu'à présent, leurs pièces d'artillerie, de portée assez réduite, ne pouvaient frapper que les avant-postes de l'armée de Kiev à cet endroit, pas le cœur de son dispositif. Y aurait-il un changement qualitatif ?...

2 juillet 2014 : Le régime criminel de Kiev continue de bombarder les populations civiles. Selon Itar-Tass et La Voix de la Russie, dix personnes dont une fillette de cinq ans périssent à Stanitsa Louganskaïa (ou Stanitchno-Louganskoïe-СТАНИЧНО-ЛУГАНСКОЕ), au nord-est de Lougansk-ЛУГАНСК. Cinq autres civils sont tués tout près de là, à Staraïa Kondrachovka (ou Kondrachevskaïa-Кондрашевская) - carte.

RIA Novosti : Les militaires ukrainiens utilisent des bombes de fabrication américaine près de Lougansk.  Normal, elles sont plus performantes  : "Il est très difficile d'éteindre les incendies qui se déclarent dans les bâtiments frappés par ces bombes..."


UN EXEMPLE RÉUSSI DE COOPÉRATION INTERNATIONALE :

La junte fasciste ukrainienne fournit les bombardiers et les pilotes,
les USA fournissent les bombes et les "conseillers" militaires,
l'UE fournit les mercenaires, les forces spéciales et l'argent,
la Russie fournit les larmes de crocodile, la poudre aux yeux
et le poignard pour frapper la résistance dans le dos.



Avec les compliments de Kiev,
Washington, Bruxelles et Moscou :

Autres photos de Staraïa Kondrachovka, RPL

Commentaire du blogueur russe :
« Спасибо т-щу Путину за невмешательство »
- Merci au camarade Poutine pour la non-ingérence -

Après la Palestine, le Liban, la Syrie, la Libye, l'Afghanistan, l'Irak, l'Ossétie, la Yougoslavie, etc.,
la guerre du Donbass vient s'ajouter à la longue liste des guerres impérialistes de ces 20 dernières années.
La plupart d'entre elles ont été tolérées, rendues possibles ou soutenues par le Kremlin...

Violents tirs d'artillerie à Severodonetsk-СЕВЕРОДОНЕЦК (à l'est de Krasny Liman-КРАСНЫЙ ЛИМАН et de Seversk-СЕВЕРСК, mais déjà dans le district de Lougansk - carte).  Pilonnages également dans le secteur de Slaviansk, cela va sans dire. Selon RIA Novosti, les forces de la junte ont occupé la zone située à l'est de Semionovka-СЕМЕНОВКА, coupant ainsi la route entre Nikolaïevka-НИКОЛАЕВКА et Slaviansk-СЛАВЯНСК (carte), qui était pratiquement la dernière voie de communication de la ville martyre avec le monde extérieur.


SLAVIANSK :







« SLAVIANSK, VILLE-HÉROS »

(C'était le titre honorifique donné en URSS aux villes qui s'étaient particulièrement
distinguées dans la résistance aux envahisseurs nazis, comme par exemple
Stalingrad, Léningrad, Odessa, Sébastopol, Kiev, Moscou...
Poutine en a-t-il entendu parler ?...)


3 juillet 2014 : Pilonnage ininterrompu de Kramatorsk. Les fascistes disposent de batteries de lance-roquettes multiples Grad, Ouragan et Smertch. Selon Itar-Tass, on entend de fortes explosions suivies de dizaines de détonations plus faibles : c'est le signe que les forces de Kiev font usage de bombes à fragmentation.

A Slaviansk, de nouveau plusieurs immeubles détruits. Nombreux morts, dont beaucoup sont encore ensevelis sous les décombres (RIA Novosti).

Dans l'extrême sud-est de la RPL, le poste-frontière de Doljanski, presque entièrement en ruines, est repassé aux mains de Kiev (Kyiv Post). Les Russes, qui ne ripostent même pas lorsque les nazis ukrainiens leur tirent dessus (voir plus haut 20 juin), ont là aussi pratiqué la non-ingérence chère à Poutine. C'est bien, mais c'est encore insuffisant : la prochaine fois, il faudra aider le "gouvernement" de Kiev à exterminer les séparatistes.

Premières retombées concrètes de la politique aberrante du Kremlin :  1) Le nouveau "ministre de la Défense" de la junte (un général) promet pour bientôt "un défilé de la victoire dans la ville ukrainienne de Sébastopol"  -  2) A Kaliningrad, enclave russe coincée entre la mer Baltique et les colonies européennes de Pologne et de Lituanie, les fascistes ukrainiens du Maïdan commencent à affluer (RIA Novosti). Des signes de séparatisme, discrètement encouragés par Berlin, ne devraient pas tarder à se manifester. Et dans cette ancienne ville allemande de Königsberg, séparatisme signifie rattachement à la mère-patrie germanique. Ou du moins, puisqu'il n'y a plus de "patries" en 2014, absorption par le conglomérat apatride de Bruxelles. Les Occidentaux auraient tort de se priver de ce plaisir que leur offre Mr. Dumber, l'imbécile de Moscou.

4 juillet 2014 : Au moins 20 civils, dont plusieurs enfants, sont morts sous les bombes au cours des dernières 24 heures (RT).

Et la tuerie continue... Violents tirs d'artillerie sur Krasnogorovka-КРАСНОГОРОВКА, à l'ouest de Donetsk-ДОНЕЦК (carte). Pilonnages également à Nikolaïevka (à l'est de Slaviansk). Cette localité où les résistants s'étaient retranchés le 2 juillet (voir plus haut) est elle aussi encerclée par les fascistes.

Situation dramatique à Slaviansk (appel d'Igor Strelkov lancé la veille au soir).  Les défenseurs sont résolus à aller jusqu'au bout, mais ils ne peuvent sacrifier les 30.000 civils qui sont encore sur place (contre 120.000 en temps normal). Si Slaviansk tombe, et c'est peut-être l'affaire de quelques jours, tout le reste suivra très vite...  Sur le site de Rousskaïa Viesna on peut lire un article où les combattants disent déjà adieu à leurs proches et récitent leurs prières.


Dans le camp fasciste, malgré les signes de victoire, la méfiance règne : la junte a décidé de faire subir à tous ses militaires le test du détecteur de mensonges "afin de découvrir les espions russes" parmi eux (RT). Le vrai problème du régime, ce ne sont pas les "espions" mais les soldats ukrainiens qui ont des scrupules à massacrer les civils du Donbass. Quoi qu'il en soit, c'est le signe qu'il y a un malaise au sein de cette armée. On vient d'ailleurs de remplacer l'ancien "ministre de la Défense" et le chef d'état-major, tous deux tenus pour responsables des "lenteurs" de la campagne militaire. On ne peut pas faire la "guerre totale" avec du matériel humain peu fiable. Heureusement qu'il y a les mercenaires étrangers...

Les pertes de la journée semblent être assez importantes du côté des forces de Kiev : Kyiv Post fait état de 13 morts, la résistance parle de 125 fascistes tués. La vérité doit se situer entre les deux.


Au Banderastan*, la folie, le déni et le mensonge sont la norme, et non l'exception  par "le Saker" :

"L'Ukraine, c'est le golem** que l'Union européenne et les Etats-Unis ont créé : une entité haineuse et démente, qui est profondément paranoïaque, totalement amorale, sans aucun sens du bien et du mal, qui n'a pas de 'réalité réelle' mais seulement une façade nationaliste, et dont les pires et les plus flagrants mensonges sont accueillis par une ovation debout d'autres créatures du même type. Kolomoïski est un monstre, Liachko est un bouffon. Porochenko est répugnant. Timochenko est mauvaise. Iatseniouk est pathétique. Et la liste est encore longue..."

* Le pays de Bandera - voir plus haut

** Définition du golem donnée par le Petit Robert : "Dans la tradition juive d'Europe orientale, être artificiel à forme humaine que l'on dote momentanément de vie en fixant sur son front le texte d'un verset biblique."  Ce qui va comme un gant à Porochenko, "l'élu" mal-élu (voir plus haut).


Un père fier de sa progéniture :

Il est-y pas mignon notre petit Obamachenko ?
Sa maman s'appelle l'UE, et son parrain Poutine...


5 juillet 2014 : US think tank plan on E.Ukraine suggests internment camps, executions, nationalizing citizens' property

Rand Corporation (voir ici la liste des membres ou collaborateurs de cette institu-sion) est à l'origine du scénario de guerre mis en pratique dans le Donbass. Les auteurs de ce texte expliquent que Kiev doit s'engager dans une guerre totale dans les régions de l'Est, y compris blocage de toutes les communications, camps d'internement pour la population, confiscation des biens des opposants, exécutions sommaires de tous ceux qui résistent... Le plan doit être appliqué rapidement, sans se soucier des réactions de l'opinion publique ni des coûts de l'opération, tout retard ayant pour effet de diminuer les chances de succès... La phase active de "l'opération antiterroriste" devrait être terminée le 1er septembre 2014, mais la loi martiale resterait applicable dans les territoires reconquis jusqu'au 1er janvier 2015.

Le document en question figure également ici : page 1 - page 2

Les mesures prévues vont bien plus loin que le simple "filtrage" évoqué par la junte de Kiev (voir plus haut 15 juin - Malheur aux vaincus).

L'article ci-dessus, d'abord publié le 4 juillet par RT (proche du Kremlin) sous le titre 'Leaked plan' on E. Ukraine suggests internment camps, executions, a été censuré entre-temps. Il est clair que Poutine ne veut pas faire de peine à ses potes américano-sionistes...  (Officiellement, on va nous raconter qu'il s'agit d'un "faux" - ben voyons...)


Selon Itar-Tass, le maire de la petite ville-frontière russe de Donetsk (à ne pas confondre avec la capitale de la RPD) signale que le territoire de sa commune a été pilonné par les forces ukrainiennes (ce Donetsk-ДОНЕЦК-là se trouve à l'est de Krasnodon-КРАСНОДОН et d'Izvarino-ИЗВАРИНО - carte). D'ailleurs, les environs d'une autre ville russe, Novochakhtinsk-НОВОШАХТИНСК (située face à Doljanski-Должанский, plus au sud sur la même carte), ont également été frappés par les fascistes. Pour le Kremlin, pas de quoi en faire un fromage...


CHUTE DE SLAVIANSK

5 juillet 2014 : Nikolaïevka (à l'est de Slaviansk), qui était déjà encerclée depuis deux ou trois jours, est tombée aux mains des forces de Kiev. Les facistes auraient fait une cinquantaine de prisonniers (RIA Novosti).

Quelques heures plus tard, les événements se précipitent : les chars des milices de Slaviansk effectuent une percée en direction du sud et abandonnent la ville martyre. Porochenko fait hisser le drapeau ukrainien sur les ruines (RIA Novosti). Kramatorsk est également évacuée. Igor Strelkov parle de repli vers Gorlovka et Donetsk ; le commandement militaire va être unifié. On ignore ce que sont devenus les civils...

Poutine va être satisfait : il peut partir tranquille pour Rio assister à la finale de la Coupe, dans huit jours. C'est quand même plus dans ses cordes que le sort des habitants du Donbass. D'accord, il y a déjà 500.000 réfugiés "ukrainiens" en Russie, dont 350.000 hébergés dans les familles et 150.000 dans les camps, plus 10 à 15.000 qui arrivent chaque jour. Mais ce n'est quand même pas une raison...

A Donetsk, l'aviation bombarde. D'après RIA Novosti, on a même dû évacuer l'immeuble de l'ancienne administration régionale, aujourd'hui le siège des autorités de la RPD (sans doute plus pour longtemps). A Lougansk, des combats ont lieu en banlieue et près de l'aéroport. La résistance signale que "toutes les attaques ont été repoussées, 130 soldats ukrainiens tués, un avion IL-76 et sept blindés ennemis détruits" (également RIA Novosti). C'est sans doute trop beau pour être entièrement vrai...

La chute de Slaviansk, sa signification et ses implications ("Le Saker") :

"Slaviansk est donc finalement tombée aux mains des nazis... Le fait qu'il ait fallu si longtemps à l'ensemble de l'armée ukrainienne pour prendre cette petite ville en dit vraiment beaucoup sur le courage incroyable de ses défenseurs et/ou sur l'incompétence non moins étonnante (ou sur le manque de motivation) de ses assaillants. Il apparaît que ce qui s'est passé, c'est que Strelkov a pris la (sage) décision d'abandonner la ville et de ne laisser qu'une très faible force de couverture pour protéger ses unités qui faisaient retraite..."

"En termes politiques, la chute de Slaviansk est un désastre pour la Novorossia et même pour la Russie. Si Slaviansk avait été prise il y a quelques semaines, après quelques jours seulement de combats, cela aurait été une perte somme toute de peu d'importance. Mais Slaviansk a résisté pendant des semaines et, au cours de ces semaines, elle est devenue un symbole de la résistance. Maintenant qu'elle est tombée, cependant, Slaviansk est devenue le symbole de l'inaction de la Russie. Les arguments purement militaires n'ont tout simplement pas d'importance ici, les perceptions deviennent tout. Et ce qui est perçu, clairement, c'est que Poutine a omis de tenir sa promesse de protéger la Novorossia, et que les défenseurs de Slaviansk ont combattu et sont morts en vain. En outre, maintenant que Slaviansk, Kramatorsk et Konstantinovka sont tombées (ou sont en train d'être envahies par les Ukrainiens), il n'y a plus moyen d'éviter le pire des combats : Donetsk, Gorlovka et Lougansk sont les prochaines."

"De surcroît, ce qui importe ici n'est pas tant que Slaviansk soit tombée, mais pourquoi et comment elle est tombée. Slaviansk est tombée parce que la Russie n'a absolument rien fait pour l'empêcher de tomber. Quant à savoir comment elle est tombée, elle est tombée dans un bain de sang de civils assassinés : pour l'essentiel, les Ukrainiens ont utilisé l'artillerie pour pulvériser la ville. En d'autres termes, la Russie a non seulement permis que l'assassinat en masse de civils reste impuni, mais elle l'a permis sans la moindre contestation. On pourrait faire valoir que Moscou n'avait pas l'obligation d'agir. Ce serait vrai si Poutine n'avait pas officiellement promis de ne pas permettre qu'un tel événement ait lieu. Mais il s'est engagé et, à travers lui, toute la Russie, à fournir une protection à la population de Novorossia. Aujourd'hui, cette promesse semble n'avoir été rien de plus que des mots."

[Les promesses n'engagent que ceux qui y croient... D'ailleurs, le président russe avait fait marche arrière le 24 juin. Comme dit le proverbe slave : Poutine qui s'en dédit...]

"Pour Poutine, les conséquences de cette situation sont en train de devenir très graves, car non seulement l'absence de mesures proactives russes a terriblement déçu les gens de Novorossia, mais elle commence maintenant aussi à lui aliéner de plus en plus de citoyens à l'intérieur de la Russie, y compris ceux qui constituent la base fondamentale de son soutien... La rage que suscitent en Russie les actions de la junte nazie est énorme, et elle devient plus forte chaque jour. Le risque, pour Poutine, est que cette rage pourrait éventuellement se retourner contre lui personnellement."

"Les responsables russes devraient cesser leur flot sans fin de déclarations apaisantes et, à leur tour, exprimer cette colère populaire. Aujourd'hui, les chaînes de télévision russes ont annoncé que la Russie 'suspendait' la restitution du matériel militaire ukrainien de Crimée à la junte. Si c'est là l'idée qu'elles se font d'une marque de colère, alors les personnes en charge de la communication du Kremlin doivent être immédiatement licenciées. Non seulement il est à la fois bancal et insensé de restituer ne serait-ce même qu'un vieil AK tout cassé au régime nazi illégal de Kiev (rappelez-vous, les actions symboliques ont de l'importance), mais l'idée que mettre un terme à cette honteuse restitution soit une réaction adéquate face aux événements qui se déroulent dans le Donbass est tout simplement délirante..."


Contraints de quitter Slaviansk, mais optimistes :

« A Kiev ! » peut-on lire sur ce char de la résistance en route pour... Donetsk.


6 juillet 2014 : Carte de la situation militaire au 4 juillet (source : Politikus.ru). Le texte est en russe, mais on comprend que les territoires tenus par la résistance (en jaune sur la carte) rétrécissent à vue d'œil. Slaviansk-Славянск et Kramatorsk-Краматорск (en haut à gauche de la peau de chagrin) viennent de tomber ; Roubejnoïe-Рубежное, Severodonetsk-Северодонецк et Lissitchansk-Лисичанск (au nord) sont menacés ; Marioupol-Мариуполь (au sud), jamais vraiment aux mains des milices populaires, est perdu depuis longtemps. Même chose pour Krasnoarmeïsk-Красноармейск (à l'ouest).

La zone frontalière au sud d'Ambrosievka-Амвросиевка et de Sniejnoïe-Снежное (RPD) est contrôlée par les troupes de Kiev, qui progressent vers l'est en RPL en direction de Doljanski-Должанский. Combats à la frontière russe à l'est et au sud-est de Lougansk-ЛУГАНСК, notamment à Izvarino-Изварино. Il y a en outre trois zones "contestées" où les deux camps se font face : Artiomovsk-Артемовск, l'aéroport de Lougansk-ЛУГАНСК et celui de Donetsk-ДОНЕЦК.

Les troupes ukrainiennes (en bleu sur la carte) disposent d'au moins 20.000 hommes sur place (bataillons de la "Garde nationale" inclus). Mais il faut y ajouter les unités se trouvant dans le centre et l'ouest de l'Ukraine et prêtes à intervenir, les paramilitaires, les hommes du ministère de l'Intérieur et du SBU, les forces spéciales, les mercenaires étrangers, les stratèges militaires américains... Face à cela, la résistance (en orange) a seulement 12.000 combattants (3.000 à Donetsk, 2.000 évacués de la zone de Slaviansk, 500 à Gorlovka, 1.000 à Sniejnoïe, 5.000 à Lougansk, 1.000 à Lissitchansk). Mais c'est surtout au niveau matériel que les occupants jouissent d'une supériorité écrasante, en nombre et en qualité : armement de pointe, artillerie, chars, hélicoptères, avions, drones. Sans oublier les équipements de protection, les moyens de communication et tout ce qui concerne la logistique... Les fascistes ont l'OTAN derrière eux ; les résistants ont à la fois l'OTAN et la Russie de Poutine contre eux...

Après le retrait d'hier, la question est de savoir si Strelkov va maintenir sa stratégie, c'est-à-dire se retrancher dans les villes et répéter à Donetsk et Lougansk ce qui a été fatal à Slaviansk. Ou si, au contraire, il a prévu de passer à des opérations de guérilla sans doute plus adaptées au rapport de forces. Le chef militaire de la résistance (il est colonel) avait "prédit" que tout irait vite si Slaviansk tombait. Espérons qu'il s'est trompé...


Si vous trouvez que la carte de Politikus.ru est trop compliquée,
vous pouvez toujours consulter celle de CNN :

Pour eux, Slaviansk est en Crimée...
(voir également plus haut)

La guerre continue, inutile de le préciser. Pilonnage de plusieurs quartiers résidentiels de Lougansk : des victimes et des immeubles en feu (Itar-Tass). Selon RT, l'aviation de Kiev bombarde Alexandrovsk-АЛЕКСАНДРОВСК, dans la banlieue ouest de Lougansk-ЛУГАНСК (carte).

A Slaviansk, après le départ des milices populaires, l'appareil répressif se met en branle : perquisitions, chasse à l'homme, arrestation systématique de tous les moins de 35 ans ainsi que de tous les anciens policiers (ils sont collectivement soupçonnés de "trahison"). On s'efforce d'identifier tous les gens qui ont aidé les blessés ou soutenu les insurgés (RIA Novosti).

Toujours d'après RIA Novosti, Droujkovka-Дружковка (au sud de Kramatorsk-Краматорск) et Artiomovsk-Артемовск (au sud-est) sont tombées aux mains des forces de Kiev (carte). Avant Gorlovka-Горловка, il ne reste plus que Konstantinovka-Константиновка.

7 juillet 2014 : Il semble que la ville de Konstantinovka soit tombée à son tour, plus vite que prévu. La peau de chagrin se rétrécit toujours plus. Sur cette autre carte de la situation militaire on voit clairement que toute la partie nord-est (en vert olive) est désormais perdue.

Des affrontements plus ou ou moins sporadiques ont lieu un peu partout à la périphérie de la zone encore contrôlée par la résistance. Il y a même des accrochages dans la ville de Slaviansk, où un groupe de guérilla harcèle les occupants fascistes (Rousskaïa Viesna).

A Saour-Moguila (Саур-Могила, au sud de Sniejnoïe-СНЕЖНОЕ et de Thorez-ТОРЕЗ - carte), les nazis ukrainiens essaient depuis déjà deux semaines de déloger les résistants qui tiennent solidement une colline où se trouve un monument commémorant la victoire soviétique sur les nazis allemands (Rousskaïa Viesna). Saour-Moguila (altitude 277 m) domine la plaine et la ville de Sniejnoïe qui se trouve à moins de 10 km de là. Les bouchers ukrainiens auraient aimé en faire une sorte de "mont Karatchoun du sud", depuis lequel ils auraient pu pilonner Sniejnoïe et Thorez ; le plan n'a pas fonctionné, du moins pas encore. Les pertes au sein du bataillon Azov de la Garde nazillonale sont "énormes" - et ce grâce aux tirs d'artillerie des défenseurs de Saour-Moguila.

Si la résistance occupe certaines positions dans la zone tenue par les fascistes, le contraire est également vrai. Ainsi, les forces de Kiev se sont incrustées à Alexandrovsk-АЛЕКСАНДРОВСК (à l'ouest de Lougansk-ЛУГАНСК), à Metallist-Металлист (au nord) et à Krasni Iar-КРАСНИЙ ЯР (au nord-est) - carte. Ils sont également dans l'enceinte de l'aéroport de Lougansk (à une quinzaine de kilomètres au sud de la ville). Mais là, ils ne peuvent rien faire car ils sont encerclés. La résistance pourrait détruire l'aérogare et enterrer les nazis sous les décombres, mais pour une raison inconnue, elle ne le fait pas. Espérons qu'elle ne le regrettera pas plus tard.

Toujours dans la région de Lougansk, selon La Voix de la Russie, la milice s'est emparée d'un avion d'attaque Su-25 : "L'avion a effectué un atterrissage d'urgence sur l'un des aérodromes de la région. Le pilote s'est rendu. L'aéronef doit être réparé, après quoi il entrera en service, a fait savoir le ministre de la Défense de la RPL, Igor Plotnitski."  La résistance ira-t-elle bientôt bombarder les positions ukrainiennes ou une base militaire de Dniepropetrovsk ?... Souhaitable mais peu probable...

Le même Plotnitski, interrogé par Rousskaïa Viesna au sujet d'une éventuelle guérilla, que les Russes appellent "guerre de partisans", répond qu'il n'en est pas question. On ne sait pas encore ce qu'en pense Igor Strelkov, ministre de la Défense de la RPD...  (Au passage, on ne peut que s'étonner de voir que toutes les fonctions officielles existent encore en double dans ce mouchoir de poche qu'est devenu le Donbass de la résistance...)

Depuis quelques jours, les actes de sabotage se multiplient, frappant des ponts et des voies ferrées : par exemple le 5 juillet près de Lougansk, ou aujourd'hui 7 juillet, en trois endroits différents, du côté de Donetsk-Gorlovka. Les photos sont assez spectaculaires.





5 juillet :
Pont sur la rivière Severski Donets-Северский Донец près de Trekhizbenka-Трехизбенка,
un village situé au nord-ouest de Lougansk-ЛУГАНСК et à l'ouest de Stchastié-СЧАСТЬЕ (carte)




7 juillet :
A l'ouest de Novobakhmoutovka-Новобахмутовка,
une localité située au sud-ouest de Gorlovka-ГОРЛОВКА (carte)

On ignore encore qui est à l'origine de cette "guerre des ponts". En théorie, tout est possible. Les fascistes ont intérêt à semer le chaos dans la région, afin de faire fuir le plus grand nombre possible de civils - épuration ethnique oblige. Et puis, des trains russes ont déjà été attaqués dans le Donbass - voir plus haut 23 juin. D'un autre côté, il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'actions menées par la résistance afin de couper les lignes de ravitaillement des forces ukrainiennes, de contrer la fonction de "cheval de Troie" que peut jouer le transport ferroviaire, ou d'empêcher la progression des forces de Kiev au cours de l'offensive qui s'annonce. La tactique de la "terre brûlée" n'est pas étrangère aux Russes (Moscou 1812).  Il est toutefois peu probable que les fascistes acceptent de se livrer à des batailles de rues, voire à des combats au corps à corps, dans les agglomérations de Donetsk et Lougansk. Ils préfèrent, comme à Slaviansk, utiliser l'artillerie lourde et les bombardements aériens pour raser les villes. Finalement, on en sait trop peu pour pouvoir se faire une idée...

8 juillet 2014 : Porofachochenko annonce un blocus de Donetsk et Lougansk. La résistance va-t-elle se laisser piéger comme à Slaviansk ?...

A Donetsk, on entend des coups de feu nocturnes, et les habitants reçoivent des SMS de menace dans lesquels il est dit : "Vous avez été identifié comme membre d'une organisation terroriste. Cessez de résister..." (RIA Novosti).  La population ne se décourage pas pour autant, comme en témoigne cette photo.

Dans la zone récemment abandonnée aux Ukrainiens, à Seversk (à l'est de Slaviansk) et à Artiomovsk (au sud-est), des petits groupes de résistants restés sur place harcèlent les fascistes. A Lougansk, les pilonnages ont repris dans certains quartiers : il y a plusieurs morts.


Un article intéressant et informatif (de même que certains des commentaires) : Polkovnik (Colonel) Strelkov  (sur le site du "Saker"). L'épopée d'Igor Strelkov, arrivé en avril à Slaviansk avec 20 hommes mal armés, et reparti trois mois plus tard avec une troupe correctement équipée grâce à l'armement et au matériel pris aux fascistes. Entre-temps des combattants aguerris qui ont su décimer les rangs ukrainiens.

Mais retraite rime avec défaite, surtout quand on songe au calvaire enduré par Slaviansk et à ce qui attend encore la résistance. Et la question de la stratégie reste entière, tant pour la poche de Slaviansk que pour le Donbass dans son ensemble...  Il ne faut pas oublier toutefois que Strelkov, débarqué de Crimée où d'autres au-dessus de lui avaient une vue globale de la situation et prenaient les décisions importantes, est devenu du jour au lendemain, dans le Donbass, celui sur qui tout repose. Il comptait fermement sur une intervention russe, sinon directe du moins comparable à celle de l'OTAN. Abandonné et sacrifié par le Kremlin, que pouvait-il faire - que peut-il faire - aidé seulement par quelques hommes de bonne volonté venus de Russie comme lui-même ?... Strelkov n'est ni Bonaparte ni Trotski, même si certains lui ont reproché les méthodes expéditives de ce dernier. Il aurait fait fusiller des volontaires pour "insubordination" ou "désertion", en vertu d'un décret militaire datant de 1941. Des accusations qu'il vaut mieux, pour le moment, ne pas approfondir. Le procureur fasciste de "Svoboda" s'en chargera lui-même si jamais il parvient à s'emparer de Strelkov vivant.

Un des commentateurs écrit : "Les gardes-frontière russes ont reçu l'ordre d'arrêter les leaders du mouvement pro-Donbass et de les remettre aux services de 'sécurité' ukraininiens. Il semblerait même qu'ils l'aient déjà fait au moins une fois... Le Kremlin commence à ressentir une certaine gêne face aux milices (pro-)russes de Donetsk et Lougansk. Les gens de Novorossia montrent au monde entier qu'une milice véritablement populaire peut constituer un défi pour le pouvoir établi. Cela pourrait devenir un mauvais exemple pour certains Russes en Russie même (et qui sait, peut-être se souvient-on encore des jeunes Partisans de Primorsky Kraï qui avaient pris les armes, en 2010, contre des policiers corrompus).  L'heure de la trahison pure et simple semble proche. Strelkov devrait surveiller ses arrières. J'espère que lui et ses hommes survivront envers et contre tous. La Russie a grand besoin d'eux..."  On rejoint là un peu ce que disait Alexandre Sivov (voir plus haut 8 juin).


Dans Slaviansk occupé par les nazis, une provocation dans le style de Timişoara ou de Racak est en cours de préparation ("Le Saker")
(Sur les faux charniers de Timişoara - Roumanie 1989 - et le faux massacre de Racak - Kosovo 1999 - voir ici)

9 juillet 2014 : Une fasciste ukrainienne, pilote de l'armée de l'air et volontaire du "bataillon punitif Aïdar", que la résistance avait capturée près de Lougansk en juin dernier, a été extradée à Voronej (Russie). Elle doit y être jugée pour complicité dans le meurtre de deux journalistes russes à Metallist. Avant de massacrer des civils dans le Donbass, elle avait fait la même chose quelques années plus tôt en Irak. La junte de Kiev réclame bien entendu la libération de son héroïne. Gageons que Vladimir FilsdePutinovitch va ordonner aux autorités de la relâcher, en signe d'apaisement, histoire d'éviter la Troisième Guerre mondiale.


Extrait d'un entretien avec Igor Strelkov (sur le site du "Saker") :

"Je ne peux pas dire que la ville de Donetsk soit spécialement en état de défense, ne serait-ce que parce que dans son ensemble, elle fonctionne toujours comme si elle était en temps de paix. Pratiquement aucune mesure défensive n'a été prise. L'état des préparatifs de défense de la ville, jusqu'ici, est au niveau où se trouvait Slaviansk il y a deux mois. En d'autres termes, les fortifications existantes sont suffisantes pour arrêter les APC (transports de troupes blindés) et quelque chose comme la Garde nationale ou des détachements du ministère de l'Intérieur. Pour ce qui est des colonnes blindées de l'ennemi, qui emploie maintenant massivement des chars et de l'artillerie, la ville ne pourrait se défendre que très difficilement et au prix de pertes importantes au sein de la milice. Cependant, nous sommes en train de prendre des mesures urgentes, chaque jour qui passe, de façon à nous assurer que la ville soit prête pour la bataille. Ceci du point de vue de l'érection de fortifications."

"En ce qui concerne l'état d'esprit de la population, il est évident que les habitants de Donetsk continuent à mener une vie tout à fait pacifique. Ils ont encore du mal à comprendre, ou ils refusent de croire que cela peut arriver, jusqu'à ce que l'ennemi déclenche un barrage d'artillerie massif et mène des frappes aériennes massives contre des zones résidentielles. A vrai dire, nous ne l'avons pas cru non plus pendant longtemps..."

Est-ce à dire que le scénario de Slaviansk va se reproduire à Donetsk, et que Strelkov se donne deux mois pour arriver au même résultat ?... Pas sûr que les fascistes lui laissent tout ce temps...

10 juillet 2014 : Combats dans le village de Karlovka-Карловка (au nord-ouest de Donetsk-ДОНЕЦК) où passe une des lignes de front. Selon des informations données par Igor Strelkov dans une nouvelle conférence de presse, cette ligne s'étend vers l'aéroport de Donetsk, contourne la ville par l'ouest et le sud jusqu'à Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК, Chakhtiorsk-ШАХТЕРСК, Thorez-ТОРЕЗ et Sniejnoïe-СНЕЖНОЕ, avec au sud de cette ville les avant-postes de Saour-Moguila-Саур-Могила, Stepanovka-Степановка et Dmitrovka-Дмитровка où les affrontements sont incessants (carte).

Dans le secteur nord, le front va de Donetsk vers Dzerjinsk-ДЗЕРЖИНСК (à l'ouest de Gorlovka), puis vers Gorlovka-ГОРЛОВКА et Popasnaïa-ПОПАСНАЯ plus au nord-est en RPL (carte). La poche de Lissitchansk (au nord de cette ligne, en RPL) est menacée.

L'objectif de l'ennemi est d'encercler complètement l'agglomération formée par Donetsk-ДОНЕЦК et la ville voisine de Makeïevka-МАКЕЕВКА. A Donetsk, des combats ont eu lieu à proximité de l'aéroport (au nord de la ville). Une évacuation de la population civile est envisagée. Alexandre Borodaï, qui participe également à la conférence de presse, évite de répondre clairement aux questions posées en ce sens. Mais en lisant entre les lignes, on comprend que le récent voyage à Moscou de cet homme de confiance du Kremlin avait pour but d'obtenir le feu vert en vue d'un exode de masse en direction de la Russie. Sous couvert d'aide humanitaire, Moscou va donc sans doute aider Kiev à réaliser ses projets d'épuration ethnique. Le comportement de Poutine devient de jour en jour plus étrange, pour ne pas dire plus...

Autre détail curieux concernant Donetsk : le maire de la ville, Alexandre Loukianchenko, est un homme de l'ancien régime et n'a toujours pas été limogé - le cheval de Troie idéal pour la junte de Kiev. Incroyable mais vrai : la résistance en est encore à espérer qu'il va se rallier à elle.

Combats également sur le front est, à l'aéroport de Lougansk. Au lieu d'écraser la vermine fasciste qui s'y trouve, d'un seul coup, à l'aide de toute l'artillerie disponible, la résistance hésite, lance une attaque timide par-ci par-là, se replie bien gentiment, attend que les avions ukrainiens viennent bombarder ses positions. Elle espère sans doute pouvoir négocier - comme si les nazis, eux, négociaient quand ils ont le dessus... Il est à craindre que le commandement local de la milice populaire ne soit influencé par des "conseillers" russes. Poutine ne verrait pas d'un mauvais œil une "solution à l'amiable" qui lui permettrait de dire à son "homologue" de Kiev : regardez, j'ai sauvé la vie d'un demi-millier* de vos hommes, maintenant à vous de faire quelque chose...

* D'après les indications de Politikus.ru - voir plus haut la carte de la situation militaire au 4 juillet.  Le 10 juin RIA Novosti faisait même état de 2.000 hommes encerclés dans l'aéroport de Lougansk. Depuis lors, apparemment, rien n'a été fait pour les éliminer, ni même pour leur couper les vivres, l'eau, l'électricité, etc... Curieux combat "à la loyale" contre des terroristes en uniforme.

Pas de doute, tout cela va très mal se terminer...  Le "khouille-lo" du Kremlin (voir 15 juin) vient d'ailleurs de réitérer son offre de surveillance conjointe russo-ukraino-internationale du côté russe de la frontière pour empêcher les passages "illégaux", offre formulée une première fois le 30 juin. Selon RIA Novosti, Moscou mentionne expressément les postes-fontière russes de Goukovo-ГУКОВО et de Donetsk-de-Russie-ДОНЕЦК, qui font face aux postes "ukrainiens" de Tchervonopartisansk-ЧЕРВОНОПАРТИЗАНСК et d'Izvarino-ИЗВАРИНО (carte). Si le régime de Kiev acceptait l'offre russe, l'insurrection du Donbass serait terminée au bout de quelques jours. Mais les œillères idéologiques et l'incorrigible russophobie de la junte ralentissent le processus.  A Goukovo, les fascistes ukrainiens viennent justement de bombarder le territoire russe, pour la énième fois. Pas grave, la Russie n'est pas rancunière : elle fait semblant de protester et maintient ses offres de service...

11 juillet 2014 : Près du village de Zelenopolié-Зеленополье, au sud-ouest de Sverdlovsk-СВЕРДЛОВСК, non loin de la frontière russe (carte), la résistance pilonne un camp militaire des fascistes et leur inflige de lourdes pertes, détruisant de nombreux chars et liquidant entre 30 et 50 de ces terroristes. A en juger par la réaction hystérique de Porochenko, le bilan réel de l'hécatombe est probablement beaucoup plus élevé, peut-être jusqu'à 150 morts si l'on en croit la télévision russe citée par "The Saker" - photo 1 - photo 2 - photo 3.

Le chef terroriste de Kiev menace d'exterminer "des dizaines et des centaines d'insurgés pour chaque militaire ukrainien tué". De plus, il reproche à la résistance d'avoir fait usage de lance-roquettes multiples Grad d'une portée de 15 km, ce qui serait "particulièrement lâche". Cette réaction rappelle étrangement celle de la clique judéo-fasciste de Tel Aviv, pour qui la vie d'un seul juif israélien a plus de valeur que les vies de mille goyim palestiniens, et qui trouve que toute utilisation par la résistance d'armes plus performantes qu'un lance-pierres, est un signe de bassesse. Seuls les oppresseurs ont le droit de se servir d'armes efficaces (contre la population civile).  Mais finalement, tout cela n'est pas vraiment étrange, car Porofachochenko - il ne faut pas l'oublier - a beau être mal-élu en tant que "président", il n'en est pas moins un véritable "élu de D." qui maîtrise ce mode de pensée inspiré du Talmud (voir plus haut 25 mai).


Encore une source d'inspiration pour le chef de la junte
(les deux sources se rejoignent) :

(Extrait de l'article Wikipédia « Crimes de guerre de la Wehrmacht »)

Normalement, Poutine devrait présenter ses condoléances à son pote de Kiev. S'il ne le fait pas, c'est qu'il n'a vraiment pas le temps. Il est en Amérique latine pour expliquer à certains dirigeants (Cuba, Nicaragua, Venezuela...) l'art et la manière de céder face aux Yankees, histoire de ne pas provoquer la Troisième Guerre mondiale. Ensuite il va à Rio pour transmettre l'emblème olympique aux Brésiliens (Sotchi 2014 → Rio 2016) et recevoir d'eux celui de la FIFA (Mondial 2018 en Russie). Il en profitera pour discuter avec la chancelière allemande (présente à Rio pour encourager sa "Mannschaft" en finale) de la meilleure façon de boucler cette putain de frontière russo-"ukrainienne" et de mettre un terme une fois pour toutes à la chierie du Donbass.

Sur le terrain, totalement insensibles à ces préoccupations de politique internationale, les milices populaires obtiennent un autre succès (chose beaucoup trop rare ces derniers temps) : elles abattent un avion Su-25 de la junte près de Perevalsk-ПЕРЕВАЛЬСК (au sud d'Altchevsk-АЛЧЕВСК et au sud-ouest de Lougansk-ЛУГАНСК - carte).

Ailleurs, comme par exemple à Dzerjinsk, près de Gorlovka, la résistance n'a pas autant de chance : les ordures de l'armée de l'air ukrainienne bombardent l'infrastructure civile, privant une partie de la ville d'électricité. Même chose dans certains quartiers de Donetsk et de Lougansk. Petit à petit, les fascistes étendent à tout le Donbass les méthodes criminelles testées à Slaviansk.

12 juillet 2014 : Dans le courant de la nuit, à Marinka, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Donetsk, des tirs d'artillerie tuent une trentaine de civils pendant leur sommeil (Rousskaïa Viesna).



Scènes d'horreur dans le Petrovski Raïon, entre Marinka et Donetsk 
(vidéo)

Tout près de là, les fascistes bombardent également une cité où vivent les mineurs de la mine de charbon Troudovskaïa, tuant au moins douze personnes (RIA Novosti). Beaucoup de mineurs ont rejoint la résistance et ne sont donc pas chez eux. La junte nazie se venge en exterminant leurs familles. (La mine, comme tout dans le Donbass, appartient au milliardaire et "philanthrope" juif Akhmetov - voir plus haut 5 mars.)

Le 11 juillet (voir un peu plus haut), Porochenko avait promis "100 yeux pour un œil". Dès le lendemain, il tient parole en massacrant des femmes et des enfants. Au même moment, son co-élu israélien Nétanyahou, fait la même chose en Palestine occupée, et pour le même "motif". Il s'agit avant tout de "punir" - un concept bien sioniste... D'ailleurs les tueurs ukrainiens se qualifient eux-mêmes de "punisseurs", et c'est ainsi que la population les appelle : каратели - karateli.

En russe, Gaza se traduit par Marinka...


Des combats ont lieu aux abords de l'aéroport de Donetsk où se trouvent encore plus de 500 militaires ukrainiens. Contrairement à l'aéroport de Lougansk, celui de Donetsk n'est pas complètement encerclé, et les forces de Kiev peuvent y faire atterrir des avions. Malgré cela, 300 hommes auraient déserté au cours de ces derniers jours, depuis que la résistance a repris ses attaques (Rousskaïa Viesna).

Près d'Ilovaïsk (à l'est de Donetsk), plusieurs Polonais "travaillant" pour une entreprise étrangère de mercenariat ont été tués (également Rousskaïa Viesna).

Aux alentours de Gorlovka, la résistance abat un Su-25 ukrainien qui effectuait un raid (Politikus.ru). A Sniejnoïe, c'est un hélicoptère Mi-24 (Itar-Tass).  

A la frontière entre la Russie et la RPD, des gardes russes de Kouïbichevo-Куйбышево, qui avaient essuyé des coups de feu en provenance du poste de Marinovka-Мариновка (au sud de Sniejnoïe-СНЕЖНОЕ - carte), ont répliqué pour la première fois ; personne n'a été blessé (RIA Novosti).  Les inconscients !... Ils veulent la Troisième Guerre mondiale ou quoi ?...  Poutine va sûrement les faire virer dès qu'il sera rentré d'Amérique du Sud...

Les civils russes, eux, sont plus disciplinés. A Donetsk-de-Russie (à la frontière, à l'est de Krasnodon) ils n'ont rien dit lorsqu'un obus ukrainien a détruit une maison, tuant une personne et en blessant deux autres (La Voix de la Russie).

13 juillet 2014 : Carte de la situation militaire

Sur le front nord, entre Seversk et Lissitchansk, la résistance a fait sauter deux ponts, ce qui devrait avoir pour effet de ralentir le redéploiement des forces de Kiev avant leur prochaine offensive (Rousskaïa Viesna). Même chose en divers autres endroits marqués sur la carte... Et aujourd'hui encore à Zougress-ЗУГРЭС, entre Makeïevka-МАКЕЕВКА et Chakhtiorsk-ШАХТЕРСК  (carte).

Il est désormais clair qu'Igor Strelkov et les milices populaires s'en tiennent à leur stratégie de toujours. On s'enferme, on se barricade. Pas de guérilla ni d'actions de commandos en dehors de la zone définie. Pas question de briser l'encerclement, d'attaquer l'ennemi sur son territoire. Juste une ou deux diversions sans effet dont personne n'entend parler...  Bref, un périmètre rouge sur la carte qui se resserre de semaine en semaine et bientôt de jour en jour. Une issue programmée d'avance... Reste à savoir si le dernier combat aura lieu à Donetsk, à Lougansk ou quelque part entre ces deux villes.

Il est étonnant que certains, comme "The Saker" par exemple, présentent le colonel russe comme un fin stratège dont les exploits seront un jour analysés dans les écoles militaires...  Sans vouloir trop diminuer les mérites de Strelkov, il est évident que cette guerre le dépasse. Il est vrai que personne ne pouvait en prévoir les développements quand elle a commencé, mais un chef militaire "au sommet" doit savoir s'adapter à la situation et tenir compte de la stratégie de l'ennemi dès qu'elle devient évidente. Les fascistes sont en train de raser le Donbass à coup de bombes et de missiles et d'éradiquer la population locale ; face à cela, Strelkov persiste à mener une guerre de positions dans laquelle l'élément civil n'existe pas. Le commandant en chef du Donbass se terre dans sa tranchée de 1914 et attend l'intervention russe qui ne viendra pas...


Encore la chutzpah ukrainienne : la déléguée aux "droits de l'enfant" de la junte reproche à Moscou de kidnapper et séquestrer des orphelins ukrainiens (RT). Cette connasse exige leur retour immédiat. Elle invoque même la convention de l'ONU et veut saisir les instances internationales - on pourrait en rire si ce n'était si grave...

En fait, la résistance s'est contentée d'évacuer en Russie des enfants menacés par l'armée de Porochenko, avec parmi eux des enfants d'un orphelinat de la ville martyre de Marinka (voir un peu plus haut - 12 juillet).  Faut-il maintenant renvoyer ces enfants dans la zone de guerre pour que les fascistes puissent les massacrer ?... Ou carrément en Ukraine, pour qu'ils soient adoptés par des pédérastes-pédophiles occidentaux ou vendus à des trafiquants d'organes israéliens ?... On décidera la semaine prochaine, quand le grand Poutine sera de retour. Il ne pourra pas dire non, ça risquerait de provoquer la Troisième Guerre mondiale...

14 juillet 2014 : Attaque massive des forces de la junte autour de Lougansk, surtout à l'est, avec de nombreux blindés, des avions et des hélicoptères. D'une part pour couper la résistance de la frontière russe d'où pourrait encore venir une aide privée très limitée. D'autre part pour briser le siège de l'aéroport par les insurgés : c'est le retour de manivelle attendu après des semaines d'hésitation des milices populaires (voir plus haut 7 juillet et 10 juillet). Les hélicoptères de Kiev déposent des "forces spéciales" (étrangères ?) près du centre-ville de Lougansk. Les combats font rage... Mais la zone située à l'ouest de la ville est également attaquée. Lougansk risque d'être coupée du reste du Donbass. C'est sans doute le troisième objectif de Kiev dans ce secteur.

En l'espace d'une semaine, les Ukrainiens ont dangereusement étendu leur domaine autour de Lougansk-ЛУГАНСК. Ils ne sont plus seulement à Alexandrovsk-АЛЕКСАНДРОВСК, à Metallist-Металлист et à Krasni Iar-КРАСНИЙ ЯР (respectivement au nord-ouest, au nord et au nord-est). Ils sont aussi à Sabovka-Сабовка (au nord-ouest), à Roskochnoïe-Роскошное (au sud) et à Guéorguievka-ГЕОРГИЕВКА (au sud de Lougansk et à l'ouest de l'aéroport - carte).

Près du village de Davido-Nikolskoïe-Давыдо-Никольское (à l'est de Lougansk - même carte), la résistance réussit à abattre un avion An-26 de transport de troupes. Il n'y a paraît-il que huit morts (Kyiv Post), mais le Daily Mail indique que "jusqu'à 20 personnes se trouvaient à bord". (Selon Wikipédia, l'An-26 peut transporter 40 passagers et 5 membres d'équipage.) Comme le village de Davido-Nikolskoïe est à deux pas de la frontière, les fascistes accusent les Russes d'avoir tiré. Poutine a beau faire des pieds et des mains pour aider Porochenko sans en avoir l'air, la Russie n'en fait jamais assez. Petit à petit, elle se trouve entraînée dans le conflit. Rien ne sert de trahir, il faut assumer à point...

De violents combats se déroulent également un peu plus au sud, entre Krasnodon et la frontière russe, de même qu'entre Thorez-Sniejnoïe (sud-est de la RPD) et la frontière.

A Donetsk, pilonnages nocturnes et échanges de tirs à la périphérie ouest et sud de la ville.

15 juillet 2014 : Selon RT, deux autres avions ukrainiens (Su-25) ont été abattus la veille par les milices populaires : un près de Krasnodon (non loin de la frontière russe, au sud-est de Lougansk), l'autre du côté de Lissitchansk (au nord-ouest de Lougansk).

A Lougansk même et aux alentours, l'offensive fasciste semble subir un coup d'arrêt. En revanche, les pilonnages et bombardements aériens ne faiblissent pas : au moins huit civils tués en 24 heures, dix-sept au cours des trois derniers jours (Itar-Tass). A Sniejnoïe également : onze morts dans le bombardement d'un immeuble résidentiel par l'aviation ukrainienne (Kyiv Post).

Les forces de Kiev perdent une douzaine de chars, surtout dans le "corridor sud" qui est censé couper la résistance de la frontière russe.



A gauche : Lougansk sous le feu des lance-roquettes multiples (en russe : РСЗО)
A droite : un des nombreux blindés ukrainiens détruits dans le corridor sud.
C'est ça la guerre du Donbass : les fascistes tuent surtout des civils, la résistance ne tue que des militaires.

Décompte prudent : au bout de près de trois mois de guerre, on peut estimer à 2.000 le nombre de civils tués, et à 1.000 celui des combattants de la résistance. Les forces de la junte ont elles aussi perdu un millier d'hommes dans les combats, peut-être même un peu plus. Les services de propagande de Kiev parlent de "258 militaires ukrainiens tués" (Kyiv Post) ; leurs supporters de Wikipédia ne prennent même pas la peine de séparer les camps et annoncent pêle-mêle "1.000 civils et combattants tués".

Semionovka (près de Slaviansk) : photo 1 - photo 2 - photo 3 - photo 4

16 juillet 2014 : Après le civil tué le 12 juillet par un obus à Donetsk-de-Russie, deux militaires russes viennent de tomber sous les balles ukrainiennes (source : RIA Novosti). Cet incident sans importance (pour Poutine) s'est produit le 14 près du village russe de Derkoul-Деркул, sur la rivière du même nom (qui marque à cet endroit la frontière entre la Russie et la RPL). Derkoul est situé au nord-est de Lougansk-ЛУГАНСК, là où la frontière s'écarte de la rivière pour former vers l'est un renfoncement "ukrainien" en territoire russe (carte).

Depuis quelque temps, on ne compte plus les balles "perdues" et les obus "égarés" qui touchent la Russie. Aujourd'hui encore à Kouïbichevo (face à Marinovka, au sud de Sniejnoïe, RPD) un tir d'artillerie ukrainien a causé des dégâts matériels. Le bilan humain de trois morts jusqu'ici n'est pas de nature à inquiéter le Kremlin. Si Poutine tient bon encore quatre ans sans réagir, il aura non seulement évité la 3ème G.M. mais aussi sauvé le Mondial 2018 du boycott occidental qui lui pend au nez.  Oui, c'est dur d'être un grand stratège...

« COMME EN QUATORZE ! »

LES NOUVELLES POSITIONS DE LA MILICE :
Près du village de Stepanovka, à la frontière russe (dans le corridor, au sud-est de Thorez-Sniejnoïe),
l'envoyé spécial en RPD de la chaîne russe Life News visite une tranchée de l'armée populaire du Donbass.


17 juillet 2014 : Tandis qu'à Lougansk la situation semble s'être calmée un peu, les affrontements continuent autour de Donetsk et de Gorlovka. A l'extrémité ouest du corridor frontalier, au sud de Thorez-Sniejnoïe, les combats font rage. Apparemment, l'offensive fasciste ne se passe pas aussi "bien" que prévu. Malgré les attaques aériennes (encore un Su-25 abattu près de Sniejnoïe), des unités ukrainiennes plus ou moins piégées depuis plusieurs jours dans ce "chaudron", ne parviennent pas à briser l'encerclement de la résistance.

A l'est de Sverdlovsk, où il y a également des combats, quinze gardes-frontière ukrainiens blessés se réfugient en Russie et sont soignés à Goukovo (Itar-tass).

Sur le terrain, la distinction entre RPD et RPL commence à s'estomper. Le drapeau de la Nouvelle-Russie (qui ressemble étrangement à celui des confédérés sudistes de la Guerre de Sécession américaine) remplace souvent les drapeaux des deux républiques :



Pour inciter Poutine à aider davantage la junte ukrainienne contre les insurgés du Donbass, les USA décrètent de nouvelles "sanctions" antirusses dirigées cette fois non plus contre des personnes mais contre des entreprises. L'homme fort du Kremlin "se réserve le droit de riposter"... comme il a "riposté" après la première série de "sanctions", c'est-à-dire en ne faisant rien. En tout état de cause, "les nouvelles sanctions doivent être abordées sans hâte" (La Voix de la Russie).  Dossier à réexaminer en 2032...


VOL MH17 - PROVOCATION AMÉRICANO-UKRAINIENNE À GRABOVO

Le 17 juillet, vers 16 h 20 heure locale, un Boeing 777 de la Malaysia Airlines qui volait d'Amsterdam vers Kuala Lumpur à 10.000 mètres d'altitude avec 295 personnes à bord, s'écrase près de Grabovo-Грабово au nord de Thorez-ТОРЕЗ (carte). Sans avoir vu le site de l'accident, qui se trouve hors de la zone qu'elle contrôle, la junte prétend que l'appareil a été abattu par les insurgés à l'aide d'un missile Bouk ou S-300.

Dès le départ, on peut constater dans le "récit" de Kiev les deux incohérences suivantes : 1) l'espace aérien de la région était interdit aux avions civils depuis le début des hostilités, et ce à l'initiative du "gouvernement" ukrainien qui en avait informé toutes les compagnies étrangères ; qui a levé l'interdiction, et quand ?...


La fermeture de l'espace aérien a encore été confirmée récemment par la junte terroriste de Kiev :

2) trois jours avant le crash, lorsqu'un An-26 a été abattu à Davido-Nikolskoïe (voir plus haut 14 juillet), le régime a affirmé que l'avion volait à 6.500 m d'altitude et qu'il ne pouvait pas avoir été détruit par les insurgés, qui ne disposent pas de missiles de portée suffisante ; les "coupables" étaient donc "les Russes" - et voilà que trois jours après, la situation a changé du tout au tout. Curieux...

D'autre part, on se souvient qu'en mars 2014 (coïncidence ?) un Boeing de la même compagnie, en route de Kuala Lumpur vers Pékin, a mystérieusement disparu... en plein océan Indien, à des milliers de kilomètres de l'endroit où il aurait dû se trouver. Le bruit court qu'il a été abattu par un missile américain au large du Vietnam - détails.  Mais pour détourner l'attention de cet "incident", les médias ont parlé pendant des semaines et des semaines de recherches absolument inutiles quelque part entre l'Australie et les îles Kerguelen. Les USA (et leurs maîtres sionistes) ont un compte à régler avec la Malaisie islamique - voir plus bas.

Dans la matinée d'aujourd'hui, ces mêmes médias, unanimes, ont accusé la Russie d'avoir abattu la veille un Su-25 ukrainien près de Sniejnoïe. Il en tombe tellement du ciel ces derniers temps, qu'on se demande pourquoi on n'a pas adressé le même reproche aux Russes les fois précédentes. C'est sans doute parce que quelqu'un, depuis Washington, coordonne cette campagne russophobe, et qu'il en a décidé ainsi. Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'on accuse demain les Russes d'avoir aidé les insurgés à abattre le Boeing malaisien.

Autre bizarrerie : selon RIA Novosti, quelques minutes avant le crash du Boeing ("vers 16 heures"), les milices populaires auraient descendu un avion militaire ukrainien An-26 (un de plus), également près de Thorez, quoique sans doute au sud de cette ville ("non loin de Saour-Moguila") où se trouve le fameux "chaudron".

Quoi qu'il en soit, il faut désormais s'attendre à une campagne médiatique ininterrompue à la fois contre la résistance et contre la Russie*, ce qui permettra à la junte fasciste de surmonter ses déboires - relatifs - de ces derniers jours. Au minimum. on verra débarquer des "experts" ukrainiens et internationaux (homologués CIA) dont le rôle sera moins d'enquêter que d'aider Kiev à reconquérir la région. Et il va sans dire que Poutine sera le premier à les soutenir... pour des raisons humanitaires.

* Entendu sur CNN : "This is a game changer..."  Autrement dit : cela va tout changer... Provocation réussie... A qui profite le crime ?...


Commentaire à chaud d'Alexandre Borodaï (Premier ministre de la RPD) : "L'appareil a été abattu par les forces ukrainiennes, il s'agit d'une provocation délibérée.

Selon RT, l'armée ukrainienne dispose de plusieurs batteries de missiles sol-air Bouk-M1, avec au moins 27 lanceurs, capables d'abattre des avions volant à haute altitude... Ces systèmes, en mesure de détecter des cibles aériennes à une distance de 160 km et de les frapper en vol à une distance de plus de 30 km, ont été déployés dans la région peu avant le crash de l'appareil malaisien. Une autre batterie Bouk est sur le point d'être envoyée de Kharkov vers la région de Donetsk. Les milices populaires ne sont évidemment pas équipées de Bouk - sinon l'armée de l'air ukrainienne serait anéantie depuis longtemps.  (D'après Wikipédia, le missile Bouk a une portée plus grande encore de 45 km.)

Si la résistance avait ce type d'armement fabriqué en Russie, on le saurait depuis longtemps. Inutile d'ajouter qu'avec Poutine, la chose ne risque pas d'arriver... D'un autre côté, le patron du Kremlin n'a aucun scrupule à vendre des armes à l'Ukraine. "Vendre" est d'ailleurs une façon de parler, car Kiev paie seulement quand il en a envie. C'est un des scandales de cette guerre : les fascistes ukrainiens tuent des Russes avec des armes russes offertes par la Russie...

Boeing malaisien abattu : Kiev coupable !  par Luc Michel.

Dans cet autre article (en anglais) Luc Michel signale que le "dispatching" pour tous les avions civils survolant l'Ukraine s'effectue depuis Kiev. Cela signifie que le pilote ne choisit pas son itinéraire, il se conforme aux instructions des contrôleurs aériens. S'il est passé au-dessus du Donbass, c'est qu'on lui a demandé de le faire en dépit de la soi-disant fermeture de l'espace aérien. Cela faisait probablement partie du complot...


Le 16 juillet, le même vol était passé plus au sud, au-dessus de
la mer d'Azov. Le 15 juillet, il avait frôlé la Crimée.

Comparaison détaillée des itinéraires des 16 et 17 juillet
(Flight Tracker)

Que s'est-il passé ensuite ?... L'avion était attendu par les servants de la batterie Bouk (militaires ukrainiens et/ou spécialistes étrangers) positionnés à trente kilomètres au sud-sud-est de Donetsk-ДОНЕЦК, près du bourg de Stila-Стыла (carte).

RIA Novosti : "Les systèmes de radiodétection russes ont enregistré le fonctionnement du radar Koupol d'une batterie de Bouk-M1 déployée à cet endroit... Les caractéristiques techniques des Bouk-M1 permettent de procéder à un échange d'informations sur les cibles aériennes entre toutes les batteries d'une même division. Cela signifie que le missile aurait pu être tiré par chacune des batteries déployées à Avdeïevka-АВДЕЕВКА (à 8 km au nord de Donetsk) ou à Grouzsko-Zorianskoïe-ГРУЗСКО-ЗОРЯНСКОЕ (à 25 km à l'est de Donetsk)."

Parmi les trois sites de tir mentionnés par RIA Novosti, seul le dernier serait assez proche de Grabovo, compte tenu de la portée indiquée pour le missile Bouk.

Pour leur part, les fascistes du SBU (Gestapo ukrainienne) prétendent avoir intercepté une conversation téléphonique dans laquelle des chefs insurgés avouent explicitement que c'est eux qui ont fait le coup...  On va bientôt nous raconter qu'Igor Strelkov est la réincarnation d'Oussama Ben Laden...


[Quelques semaines plus tard, début août 2014, un journal malaisien propose une nouvelle version de la cause du crash : c'est un avion d'attaque Su-25 - de l'armée ukrainienne - qui aurait abattu le Boeing. Pour cela, il aurait fait usage à la fois d'un missile air-air et de son canon de bord de 30 mm - détails.  Cette version vaut ce qu'elle vaut. Mais comme toujours en pareil cas, lorsque deux explications contradictoires d'un même événement sont données par le même camp, ou ce que l'on croit être le même camp, elles s'annulent mutuellement et deviennent toutes deux incrédibles. C'est peut-être là le but recherché...]

18 juillet 2014 : Tandis que la destruction du Boeing accapare l'actualité, la guerre contre les civils du Donbass continue. A Lougansk, plus de vingt personnes meurent sous les tirs d'artillerie. Les nazis de Kiev pilonnent pratiquement tous les quartiers de la ville, détruisant aussi l'infrastructure, comme ils l'avaient fait à Slaviansk. Par endroits, il n'y a plus ni électricité ni eau courante.


Avec la bénédiction des USA et le silence complice de la Russie, les terroristes ukrainiens peuvent tout se permettre :

Abattre des avions de ligne étrangers et massacrer la population du Donbass - impunité totale garantie...

Encore des photos du massacre de Lougansk


19 juillet 2014 : Pilonnages noctures sur Donetsk et ses environs. Violents combats près de l'aéroport de Lougansk.

Situation confuse à Grabovo et dans les localités proches où sont tombés des débris de l'avion. Les espions de l'OSCE, qui roulent aussi pour l'OTAN et n'ont rien à voir avec une quelconque enquête, sont les premiers à arriver sur les lieux. Ils essaient de tenir les milices populaires à l'écart en attendant la venue des "renforts" : représentants des "autorités" de Kiev (civils et militaires), fonctionnaires des organisations compétentes en cas de crash aérien, experts vrais ou faux, et tous les "conseillers" et autres "sécuritaires" occidentaux... L'objectif immédiat est d'obtenir pour tous ces gens des corridors d'accès dans lesquels la résistance n'aurait plus son mot à dire. Comme il se doit, le Kremlin fait pression sur les indépendantistes pour qu'ils laissent faire tout cela.

Et si jamais les insurgés n'obéissent pas, on menace déjà d'envoyer des troupes étrangères dans la région, si possible déguisées en Casques bleus, si Moscou est d'accord. (Poutine ne peut pas refuser, lui le roi de l'humanitaire...)  Mais avec ou sans l'ONU, tous les pays ayant des ressortissants morts dans le Boeing (en majorité des pays de l'OTAN) seraient partants pour une "mission de paix" dans le Donbass.

Dans un premier temps, on s'achemine vers une situation où l'armée populaire sera paralysée puis chassée des territoires où elle tient les fascistes en échec. Mais d'un autre côté, les attaques ukrainiennes se poursuivront et s'accentueront partout ailleurs, à commencer par Donetsk et Lougansk. Ce que l'armée de Porofachochenko n'a pu obtenir en trois mois de guerre, on le lui servira sur un plateau d'argent.

20 juillet 2014 : Toujours des pilonnages et des combats à Lougansk et aux alentours. Des commandos fascistes de sabotage et de diversion se sont introduits dans la ville, très difficiles à détecter et à neutraliser. Ils font ici ce que la résistance n'a pas su faire chez eux, à Kiev et dans l'ouest de l'Ukraine - sans même parler de Kharkov, Dniepropetrovsk, Zaporojié et Odessa. C'est là une des grandes faiblesses stratégiques de l'armée du Donbass, l'autre étant de considérer ses ennemis comme des humains capables de s'amender, alors qu'ils ont amplement prouvé qu'ils ne sont que des rats et des parasites (d'où la fatale "erreur" de l'aéroport de Lougansk - voir plus haut 7 juillet et 10 juillet).  A présent, il semblerait que les moyens ne soient plus suffisants pour éradiquer cette source de nuisance...

Un peu partout ailleurs, on signale également des combats : à l'ouest de Donetsk, dans la poche de Lissitchansk-Severodonetsk au nord, à la frontière russe à l'est de Sverdlovsk, etc... A Loutouguino-ЛУТУГИНО (au sud-ouest de Lougansk-ЛУГАНСК - carte), les fascistes ont réussi à couper la route Lougansk-Donetsk, leur objectif étant de morceler le peu de territoire dont disposent encore les insurgés.

Tandis que les marionnettistes étrangers de Porochenko réclament à cor et à cri un cessez-le-feu unilatéral de la résistance ("justifié" par le crash du Boeing qu'ils ont abattu), les occupants ukrainiens ne songent nullement à interrompre leurs attaques, bien au contraire.

Le chef terroriste de Kiev veut "que les deux entités séparatistes soient déclarées organisations terroristes et combattues comme telles par la communauté internationale". Le fait que depuis le début du conflit, les insurgés aient abattu 14 avions et hélicoptères ukrainiens (pas plus ?) constitue selon lui une "preuve" qu'ils sont aussi derrière le crash du Boeing.

Dans les merdias occidentaux, propagande et hystérie russophobes atteignent des sommets inégalés. Même en mars, quand la Crimée a été rattachée à la Russie, la campagne n'était pas aussi virulente. Après s'être donné tant de peine pour monter la provocation de Grabovo, les agresseurs veulent au minimum obtenir de positionner leurs troupes dans la région.

A force de trahir ses compatriotes du Donbass sous prétexte d'éviter la guerre, l'idiot du Kremlin va finir par avoir des troupes de l'OTAN le long de sa frontière, de Kouïbichevo à Derkoul, en passant par Novochakhtinsk, Goukovo et Donetsk-de-Russie, mais pas seulement là (carte). Et s'il croit que les militaires états-uniens, canadiens, anglais, allemands ou néerlandais seront moins agressifs que la soldatesque ukrainienne qui pilonne et canarde le territoire russe depuis des semaines et tue des citoyens russes, alors il se trompe lourdement. D'autant que beaucoup d'Ukrainiens ayant une double nationalité se retrouveront dans ce corps expéditionnaire... Et quand les occupants occidentaux seront là, tout ne fera que commencer...  Churchill a dit un jour que celui qui choisit le déshonneur pour éviter la guerre, récolte finalement l'un et l'autre. Poutine, s'il avait été moins lâche, aurait pu éviter l'un et et l'autre...

21 juillet 2014 : Violentes attaques des forces de la junte contre Donetsk. Pilonnages incessants, y compris sur la gare centrale (RIA Novosti). Plus d'eau courante dans certains quartiers (Kyiv Post).

Attaques également dans le nord (Lissitchansk) où les résistants commandés par Alexeï Mozgovoï subissent de lourdes pertes et sont sur le point de se faire écraser. Comme à Slaviansk quelques semaines plus tôt, aucune aide extérieure n'est en vue. La question est de savoir pourquoi...

Les fascistes publient une carte de la situation militaire. Malgré son côté propagande, elle montre assez clairement que la zone indépendantiste se rétrécit de plus en plus. Et la ville de Debaltsevo (à l'est de Gorlovka-Horlivka) est peut-être elle aussi sur le point de tomber. A moins d'un miracle, Donetsk risque de se retrouver encerclé et isolé dans pas longtemps.

Igor Strelkov, cité sur le blog du "colonel Cassad", annonce : "L'heure est venue pour la Russie de prendre l'ultime décision. Se résoudra-t-elle enfin à soutenir pour de bon les Russes du Donbass, ou les laissera-t-elle tomber définitivement et irrévocablement ? Pour toute autre décision, le temps est irrémédiablement perdu. Trois mois d'inaction ont permis à l'ennemi de concentrer ses forces et de mettre en place une armée efficace au combat. Ou du moins, suffisamment efficace pour détruire à l'aide de ses tanks et de son artillerie, des milices numériquement faibles et mal armées."  [La décision russe - au sommet - a été prise depuis longtemps. Et sauf putsch militaire à Moscou, rien ne changera de ce côté-là...]

On se bat aussi avec acharnement autour de Lougansk, où les fascistes font venir beaucoup plus de chars que les défenseurs ne pourront jamais en détruire. L'infériorité numérique de la résistance, en hommes et en matériel, se fait cruellement sentir. C'est un peu la même chose dans le sud, où Kiev desserre petit à petit l'étau des milices populaires, profitant de la confusion qui règne autour de Thorez-Sniejnoïe-Grabovo. Les "enquêteurs" et autres "observateurs" occidentaux arrivent toujours plus nombreux dans le secteur. Et la pression ne cesse de croître.

A propos du Boeing, Guennadi Ziouganov (chef du parti communiste russe, poids électoral 17 %) déclare : "Il s'agit d'une provocation classique, soigneusement préparée dans le style du 11 septembre, et l'on sait que les tours jumelles ont été détruites par les Américains eux-mêmes" (RIA Novosti).  On aimerait bien que la citation soit de Poutine. Mais pour cela, comme dirait l'autre, il eût fallu qu'il en eût...

Ziouganov ajoute que "Kiev fait tout pour saboter l'enquête" - ce que la lavette du Kremlin se garde bien de dire. Au contraire, Poutine fait approuver, au Conseil d'Insécurité de New York, une résolution anti-Donbass présentée par le régime fasciste de Kiev, dans laquelle l'ONU exige des séparatistes qu'ils permettent aux investigateurs internationaux l'accès total au site du crash. La résolution prescrit aussi l'arrêt de toutes les activités militaires autour de ce site. Mais vu qu'il n'y a pas de troupes ukrainiennes à proximité immédiate, cela ne dérange pas la junte. Et puis, de toute façon, il s'agit moins pour elle d'une campagne militaire que d'une "opération antiterroriste".


S'il est confirmé que le vol MH17 a bien été abattu par un missile ukrainien, ce serait la seconde fois en treize ans : "En octobre 2001, un vol de la Siberian Airlines reliant Tel Aviv à Novossibirsk avait à l'époque été touché par un missile S-200 de l'armée ukrainienne, causant la mort de 78 personnes... Le gouvernement ukrainien avait tout d'abord réfuté l'hypothèse d'une erreur de tir avant de se rétracter une semaine plus tard et de s'excuser publiquement."

La différence, c'est que cette fois il ne s'agit pas d'une "bavure" de la part de l'Ukraine, mais d'un crime délibéré. Pour ce qui est de la confirmation que le Boeing malaisien a bien été abattu par un missile ukrainien, elle sera apportée officiellement le jour où les Etats-Unis reconnaîtront qu'ils sont eux-mêmes les auteurs des attentats terroristes du 11/9. Dans les deux cas, il suffirait pourtant d'un seul mot de la Russie pour que la vérité éclate ; ce n'est pas avec Poutine que cela risque de se produire...



"Moi, je fais pas de politique..."

Au passage, on remarquera que Poutine situe le Donbass "en Ukraine".
La Crimée aussi ?...


22 juillet 2014 : June 22nd report (sur le site de "The Saker").  Profitant de la trêve locale censée permettre l'investigation du crash, les Ukrainiens massent des unités militaires dans les environs, en vue du prochain assaut destiné à couper Donetsk de Lougansk. OSCE et journalistes étrangers feignent de ne pas voir les colonnes blindées qui se rassemblent dans le secteur.

A la frontière entre l'Ukraine et la Crimée, les quelques véhicules et les rares trains que les Ukrainiens laissent encore sortir sont soigneusement fouillés, les objets de valeur "confisqués", les hommes d'âge militaire arrêtés et conduits "au poste". Là, ils sont soit relâchés contre paiement d'une rançon élevée, soit recrutés de force dans l'armée ukrainienne.

Les districts qui jouxtent le Donbass sont écumés par des "patrouilles" de la "Garde nationale" (Pravy Sektor) qui font la chasse aux opposants ou cherchent tout simplement à se défouler. Il est très dangereux de circuler dans cette zone. Les habitants de la région sont terrorisés, ils sortent rarement de leurs villages et ne moissonnent plus les champs.  [La situation doit être encore pire dans les territoires "libérés" (reconquis) par les fascistes en RPD et RPL...]  Mais la résistance ne semble pas tout à fait inactive, car huit nazis qui avaient violé et assassiné une jeune femme ont été retrouvés morts un peu plus tard dans la forêt, sans armes ni équipement...

Un mercenaire suédois néo-nazi capturé par la milice populaire à Perevalsk, au sud-ouest de Lougansk (La Voix de la Russie) :  "On ignore pour l'instant quel sera son sort."  [Poutine le fera relâcher pour montrer sa "bonne volonté"...]

A Donetsk et ailleurs, les pilonnages continuent. On ne compte plus les morts.

Les boîtes noires de l'avion malaisien seront décryptées... par des "experts" britanniques - ce qui garantit un résultat allant dans le sens voulu.



DÉMOCRASSERIE UKRAINIENNE :

"Résultats du vote n° 17 - Proposition adoptée"

Le "Parlement" de Kiev (ou Crada suprême) vient de voter l'interdiction du Parti communiste ukrainien : 236 voix pour, 0 voix contre, 1 abstention, 14 non-votants, sur un "total" de 251 députés - au fait, on dit "députés" ou "des putains" ?...  Pourtant, lorsque cette chambre a été régulièrement et démocratiquement élue en octobre 2012, elle comptait 450 sièges. 199 d'entre eux ont manifestement "disparu" après le putsch fasciste de février 2014.

En 2012, le PC avait 32 sièges, le Parti des régions du président Ianoukovitch (renversé mais toujours président légal de l'Ukraine) en avait 187, soit en tout 219 élus à éliminer. Si tous les communistes sont passés à la trappe, ce n'est pas le cas de tous les anciens régionalistes. Vingt* d'entre eux (219-199) ont rejoint le camp des fascistes, où ils jouissent du soutien actif des USA, de l'UE, de l'OTAN et de l'ONU, ainsi que du soutien tacite de Poutine (mais celui-là, ils n'en ont pas besoin).

* Ou cinq dans le meilleur des cas, en supposant que l'abstentionniste et les 14 non-votants soient des régionalistes honteux pas encore "épurés" par la junte.

Tout cela n'empêche pas les 251 (ou 236) fachos de la Crada suprême de se taper sur la gueule à la moindre occasion. Ici c'était - le même jour - à propos d'une "loi" sur la mobilisation des réservistes pour finir la sale guerre du Donbass.  (Depuis que le régime nazi a été rétabli à Kiev, on est habitué à ce genre de "débats parlementaires" - voir plus haut 8 avril.)



23 juillet 2014 : Combats un peu partout à la périphérie de la "poche du Donbass" - voir cette carte actualisée du front (en russe). La situation est instable et changeante. Lissitchansk (nord) résiste encore, de même que Gorlovka et Donetsk (ouest). A la frontière russe (est et sud-est), les fascistes semblent de nouveau encerclés. Iront-ils se réfugier en Russie ?  Poutine pourrait les inviter à venir inspecter son côté de la frontière, histoire de prouver sa bonne volonté.

A Saour-Moguila (sud), là où la zone indépendantiste rejoint la Russie et isole les Ukrainiens, la résistance abat deux Su-25 de plus. Les nazis de Kiev y voient une "preuve" que les insurgés ont "fait la même chose" avec le Boeing malaisien. Tout est bon pour attiser l'hystérie guerrière en Occident...

Il y a cent ans exactement, l'Allemagne beuglait : "Serbien muß sterbien ! - la Serbie doit mouri !..."  Aujourd'hui, c'est à la Russie qu'on s'en prend. Mais on n'est pas encore tout à fait prêt...  Août Quatorze, c'est dans quelques jours, il va falloir mettre les bouchées doubles...

24 juillet 2014 : La résistance abandonne Lissitchansk-ЛИСИЧАНСК et se replie vers Piervomaïsk-ПЕРВОМАЙСК ("Premier-Mai"), Stakhanov-СТАХАНОВ (qui porte le nom de l'inspirateur du stakhanovisme) et Altchevsk-АЛЧЕВСК (carte). Altchevsk est à mi-chemin entre Gorlova-Horlivka et Lougansk. Ce qui signifie que l'étroite bande de territoire indépendantiste qui faisait saillie vers le nord sur cette autre carte (carte ukrainienne du 21 juillet), a maintenant disparu.

25 juillet 2014 : A Kiev, une bonne et une mauvaise nouvelle.

La mauvaise d'abord : l'inénarrable Arseniouk Yats, le champion ukrainien de la chutzpah, celui que certains de ses adversaires appellent le "petit Juif impudent" (voir plus haut 4 mars, mais il est mentionné dix fois sur cette page), Yats vient de quitter - de gré ou de force - son poste de "chef du gouvernement" de la junte.

La bonne nouvelle : son successeur Volodymyr Groysman est au moins aussi compétent que lui. Il était jusqu'à présent "Premier ministre du Vice" ou quelque chose comme ça. Il s'intégrera parfaitement à la partie carrée des Quatre Zélus (voir plus haut). Et à la tête de ce qui sert de "gouvernement" au régime, il ne risque pas de rompre l'équilibre judéo-fasciste qui fait la force de l'Ukraine nouvelle...  Mazel Tov !   Sieg Heil !  et  Слава Україні !




Une des plus brillantes prestations verbales de Yats, une de celles qui resteront dans les esprits : après la liquidation par la résistance de 49 terroristes ukrainiens à l'aéroport de Lougansk (voir plus haut 14 juin), le "chef du gouvernement" de la junte avait dit qu'il s'agissait d'une action "sponsorisée par des sous-hommes" (comprenez : les Russes). "Sous-hommes" ou "Subhumans" est l'équivalent du terme Untermenschen utilisé par les Yats allemands des années 1930-1940.

Il y a quelques semaines, la sortie d'Arseniouk avait fait scandale, y compris chez ses co-élus. L'ambassade ukrainienne à Washington, qui avait d'abord correctement cité les paroles du "Premier ministre", s'était ensuite vue dans l'obligation de falsifier la citation originale, écrivant "sponsored by them inhumans" au lieu "sponsored by subhumans". Mais la phrase dans laquelle Yats promet de "nettoyer notre pays de ce fléau" est restée.

Le numéro deux du regime a tenu parole : on sait que le nettoyage (ethnique) qui consiste à éliminer les sous-hommes (russes) est en cours de réalisation. Et il devrait encore s'accentuer après la victoire définitive des surhommes de la race supérieure.



Toujours à la rubrique nettoyage et chasse aux sous-hommes : la junte nazie de Kiev veut faire arrêter Guennadi Ziouganov (communiste russe - 17 % aux élections) et Vladimir Jirinovski (nationaliste russe - 6 %) pour "financement d'activités subversives visant à modifier les frontières de l'Ukraine" (Rousskaïa Viesna). C'est la preuve que les deux politiciens, qui depuis le début appellent au soutien des indépendantistes du Donbass, ont raison d'agir comme ils le font. Le tocard du Kremlin, lui, ne risque pas d'être poursuivi par le régime de son compère Porochenko.

D'ailleurs, le milliardaire ukrainien et son complice moscovite viennent de mettre au point un sale coup (un de plus) pour frapper la résistance. Un contingent soi-disant "non-armé" de 40 "policiers" néerlandais accompagnant 23 "investigateurs" va arriver d'un moment à l'autre sur le site du crash pour une mission "humanitaire". Porochenko a donné son accord (le territoire lui appartient), Poutine également (même remarque). D'autres "policiers" (100 ou 190 Australiens armés) devraient suivre sous peu (source : RT). Il est même question d'une nouvelle résolution du Conseil de "Sécurité" pour l'envoi d'une force militaire multinationale, c'est-à-dire de gens qui n'auront plus besoin de se faire passer pour des flics ni de cacher leurs armes. On ignore pour l'instant ce qu'en pensent les insurgés. On ne leur demandera pas leur avis, ou on s'adressera à ceux d'entre eux qui ne dédaignent pas les magouilles (voir plus haut 23 juin).

Bref, on approche du dénouement voulu par Kiev et permis par Poutine. Ces troupes étrangères occidentales officielles risquent de jouer un rôle décisif. Et elles ne feront que s'ajouter à celles - occultes - qui sont déjà sur place depuis longtemps (les forces spéciales britanniques SAS seraient très actives sur le terrain).

26 juillet 2014 : Pilonnage de Lougansk, une vingtaine de civils tués. Combats en divers endroits de la frontière russe.

Pour la énième fois, des obus ukrainiens s'écrasent en Russie - sans déclencher d'autre réaction de la part de Moscou que l'évacuation d'un ou deux villages menacés. On ne va quand même pas répliquer pour si peu. Cela risquerait de mettre à mal la coopération "humanitaire" des deux faux ennemis.

La Russie soigne régulièrement des soldats ukrainiens blessés : pas des transfuges qui demandent l'asile politique, mais des fachos pur sang qui retourneront ensuite au Donbass finir le "travail" si bien commencé... Une fois guéris, ces salopards sont renvoyés en Ukraine avec les compliments du Kremlin. Selon Itar-Tass cinq d'entre eux viennent d'être transportés de Rostov à Nikolaïev (à l'est d'Odessa - carte) dans un avion An-26 ukrainien qui n'a bien entendu pas survolé la zone des combats où ce type d'appareil est une proie facile. Ce cas de collaboration honteuse avec les bouchers de Kiev n'est pas le premier : quelques jours plus tôt, un autre avion avait effectué le même voyage avec 18 militaires ukrainiens convalescents à bord.

Poutine a depuis longtemps dépassé le stade de la trahison et de la compromission passives. Il travaille ouvertement et activement avec la junte nazie. Son seul problème est que ses "efforts" restent vains ; l'Ukraine refuse de reconnaître ses "mérites". Elle veut davantage, à commencer par la condamnation des insurgés, la restitution de la Crimée et une "indemnisation" des dommages causés. La lâcheté sans bornes du président russe ne fait qu'aiguiser l'appétit de Kiev.


On lit çà et là que la mobilisation décrétée en Ukraine est mal accueillie par la population et qu'il y a des protestations rassemblant des femmes et des mères de soldats, et même des hommes. A en juger par cette vidéo (en ukrainien avec des sous-titres anglais), les gens ne s'opposent pas vraiment à la guerre. A Ivano-Frankovsk (dans l'ouest - carte), ils se contentent de rouspéter pour les raisons suivantes : je suis seul pour élever mes enfants, si on me mobilise, personne ne va s'en occuper ; on nous enlève le gagne-pain de la famille ; on mobilise des gens qui ne sont pas en bonne santé ; mon mari pourrait être tué et je serais toute seule ; nos soldats ne sont pas assez bien armés ; on ne leur envoie pas de renforts ; on ne peut pas se battre dans ces conditions, surtout avec les roquettes qu'ils ont de l'autre côté ; l'armée prend seulement des gens de l'ouest pour aller se battre à l'est [tu m'étonnes...] ; la plupart des soldats tués sont de Lvov ; etc. etc...

Bien que cette grogne puisse produire un certain effet si elle se généralise, elle ne va évidemment pas au cœur du sujet. Aucune motivation politique, aucune mise en cause du régime fasciste et de sa sale guerre à l'est. Bien entendu, les adversaires de la junte ne se produisent pas en public. Ils n'ont aucune envie d'être arrêtés le lendemain par la Gestapo locale (SBU) ou de se faire tuer par le Pravy Sektor. Ils se cachent ou sont déjà partis en Russie. On sait que la résistance est faible et inorganisée en Nouvelle-Russie (hors Donbass). Dans l'ouest de l'Ukraine, elle est pratiquement inexistante.



QUELQUE PART EN UKRAINE :

■ Le fils : « Papa, t'as entendu parler de cette nouvelle vague de mobilisation ? »
■ Le père, russophone mais "patriote ukrainien" comme le veut la propagande de Kiev :
« Oui, il est temps de stopper ces doryphores* russes ! »
■ Le fils : « Ben, je viens de recevoir ma convocation... »
■ Le père, après un instant d'hésitation, se souvient qu'il est russe :
« Demain on part chez grand-mère à Riazan ! » (au sud-est de Moscou)

* terme utilisé par les fascistes pour désigner les séparatistes,
cet insecte nuisible ayant les mêmes couleurs que le ruban de Saint Georges.



27 juillet 2014 : Dans la ville de Donetsk, constamment pilonnée et en grande partie vidée de ses habitants, les multiples barrages ont été renforcés pour empêcher une invasion fasciste. La capitale du Donbass a des allures de place fortifiée. Poutant, compte tenu de ce qui s'est produit partout ailleurs, on peut penser qu'il n'y aura pas de véritable invasion mais sans doute un siège impitoyable accompagné de bombardements. Jusqu'à présent les nazis de Kiev n'ont "conquis" que des villes détruites, évacuées et abandonnées par la résistance - ou des centres où les indépendantistes ne s'étaient jamais vraiment enracinés, comme Marioupol ou Krasnoarmeïsk. La grande question qui se pose : où iront les hommes de Strelkov après Donetsk ?...

Les troupes ukrainiennes, qui sont déjà à l'ouest, au nord et au sud de la ville, essaient de l'encercler complètement et de la couper du reste de la zone insurgée. A la limite nord-ouest de cette zone, les attaques fascistes sont particulièrement violentes : une trentaine de civils meurent sous les tirs de l'artillerie à Gorlovka, et peut-être autant à Debaltsevo où deux étages de l'hôpital sont complètement détruits (Itar-Tass). La situation militaire à Debaltsevo est critique pour la résistance (blog du colonel Cassad).

Gorlovka : les exploits de l'armée de Kiev

A Lougansk, comme toujours, pilonnages des quartiers résidentiels (au moins cinq morts) et combats à la périphérie. Valeri Bolotov, le président de la RPL (elle existe encore ?), annonce des progrès dans la lutte contre les groupes de saboteurs et un renforcement des défenses anti-aériennes (colonel Cassad). Espérons qu'il dit vrai.

Dans le sud-est, des centaines et des centaines de fascistes (peut-être même jusqu'à 2.000 hommes) sont encore piégés dans le chaudron. Malgré des pertes considérables, ils tiennent toujours, et la résistance ne dispose pas de moyens suffisants pour les anéantir sur place. Dans l'ouest de l'Ukraine, les familles de ces salopards protestent elles aussi, à leur façon, c'est-à-dire contre l'absence de renforts pour venir les dégager. Les civils ukrainiens, dans la mesure où ils veulent la fin de cette guerre, exigent qu'elle se termine par "leur" victoire. On ne voit pas très bien ce que les deux groupes de population ont encore en commun.

Entre 100 et 200 Ukrainiens pris dans le chaudron sont allés se réfugier en Russie (The Saker). Grâce à Poutine, ils seront soignés et renvoyés chez eux, et pourront ensuite aller combattre la résistance sur un autre front.

Un excellent commentaire trouvé sur le site du Saker (copie au format .doc)

28 juillet 2014 : La résistance dispose de deux axes reliant Donetsk-ДОНЕЦК à la frontière russe : d'une part, la route nord (la plus directe) qui passe au sud de Gorlovka-ГОРЛОВКА, puis à Debaltsevo-Дебальцево, Altchevsk-Алчевск et Lougansk-ЛУГАНСК ; d'autre part, la route sud (moins pratique) via Chakhtiorsk-Шахтерск, Thorez-Торез, Antratsit-Антрацит, Rovenki-Ровеньки et Sverdlovsk-Свердловск (ces trois dernières villes se trouvant au nord du chaudron - carte 1 - carte 2 - depuis Antratsit on peut aussi rejoindre Lougansk). C'est par là que passe le peu de ravitaillement en provenance de Russie, au nez et à la barbe de Poutine qui n'y est vraiment pour rien. Bien qu'il ait promis de boucler son côté de la frontière, il n'est pas en mesure - pour le moment - d'empêcher le passage de toute l'aide privée. Il reste encore des patriotes en Russie, même si leur poids est insuffisant pour modifier le rapport de force et l'issue de la guerre dans le Donbass. Il semblerait que l'organisation du colonel Cassad (qui anime aussi un blog en russe et en anglais) soit très impliquée dans cette aide matérielle à la résistance. Mais pour des raisons évidentes de sécurité, les détails restent dans l'ombre.

Ce sont ces deux axes Donetsk-Lougansk et Donetsk-Sverdlovsk que les fascistes essaient de couper pour asphyxier les indépendantistes. D'où, au nord, les attaques contre Gorlovka, Debaltsevo et les environs de Lougansk. Et au sud, à présent, contre Chakhtiorsk et Thorez, à une quinzaine de kilomètres de l'endroit où le Boeing s'est écrasé.

Les combats dans le sud touchent également Sniejnoïe et Saour-Moguila. Selon Rousskaïa Viesna, les fascistes ont engagé 200 à 250 blindés dans cette bataille particulièrement féroce. Il y a de lourdes pertes de part et d'autre. Si Sniejnoïe et Saour-Moguila tombent, c'est aussi le couvercle du fameux chaudron qui saute, et les fascistes dominent la zone frontière. A partir de là, ils peuvent prendre le résistance à revers...  Les milices populaires n'ont pas assez de moyens pour s'engager à fond sur tous les fronts à la fois, au nord, au sud, à l'ouest, à l'est. Les forces concentrées à un endroit donné, manquent ailleurs. Le résultat final est facilement prévisible...

Au cours d'une conférence de presse, un journaliste demande à Igor Strelkov : "Quel type de soutien recevez-vous de la Russie ?..."  Réponse : "Essentiellement moral..."

Alors que la résistance a le plus grand besoin d'armes efficaces en grande quantité, la Russie officielle ne lui en fournit aucune. Pire encore, elle nargue les indépendantistes en exhibant sans cesse son arsenal pléthorique à l'occasion de manœuvres terrestres ou navales (encore une hier). Ce Poutine est vraiment un imbécile et une ordure...  Et au lieu de se comporter en chef d'Etat digne de ce nom, il se contente de réagir mollement et stupidement chaque fois que l'Occident invente une nouvelle accusation. Sa ligne de conduite en politique étrangère peut se résumer en deux phrases : "Ces allégations sont dénuées de tout fondement..." et "Nous espérons que l'enquête internationale sera impartiale..."  Absolument lamentable...  Comme disait un lecteur du "Saker" (voir le lien quelques lignes plus haut) : "Même un homme des cavernes agit et parle plus intelligemment..."

Carte de la situation militaire au 28 juillet (en russe)


Retour en arrière : pourquoi la Malaisie est-elle mêlée à cette triste affaire ?

Une dizaine de jours après que le Boeing malaisien ait été détruit en vol par un missile de l'armée ukrainienne avec le feu vert des Etats-Unis (voir plus haut 17 juillet), on commence à y voir un peu plus clair et à comprendre l'autre aspect de la provocation. Il ne s'agissait pas seulement de porter un coup aux séparatistes et à la Russie (qui ne les soutient pas) mais aussi à la Malaisie elle-même.

Ce pays musulman, un des rares à pratiquer encore le boycott d'Israël, est depuis longtemps dans le collimateur de la communauté interna-sion-ale, surtout depuis que le gouvernement de Kuala Lumpur a demandé la condamnation de Tel Aviv suite au massacre de la flottille turque de mai 2010. Quelques années plus tôt, "on" avait reproché au Dr Mahathir, Premier ministre de Malaisie, son discours soi-disant antisémite de 2003, accusation tout à fait risible quand on lit les passages incriminés (en rouge dans le texte). Mais finalement, chacun sait que ce qui importe, ce n'est pas la réalité mais l'image déformée qu'en donnent les sionistes. Encore avant, en 1997, ce même Premier ministre avait dénoncé les attaques du "brigand et voleur" George Soros contre la Malaisie et d'autres pays de la région - détails. Le pauvre spéculateur et "philanthrope" israélo-américain s'était senti injustement (et antisémitiquement) pris à partie pour son rôle dans la tempête monétaire qui avait secoué l'Asie du sud-est dans les années 1990...  (On sait que Soros utilise une petite partie de son butin pour financer les "révolutions colorées" partout où il le peut, y compris en Ukraine.)

Un autre grief adressé à la Malaisie par les maîtres du monde : elle ne brade pas assez vite ses intérêts nationaux. Et comme on ne peut pas la faire adhérer à l'Union Européenne pour accélérer le processus, il faut la frapper autrement.

La compagnie aérienne Malaysia Airlines (article de RT*) appartient à près de 70 % au Khazanah Nasional Berhad, le fonds souverain de la Fédération de Malaisie. Le reste est privatisé, quoique probablement détenu par les grosses fortunes du pays (à commencer par les neuf sultans qui élisent le roi pour cinq ans).

Après avoir perdu deux de ses appareils en l'espace de quatre mois (dans l'un et l'autre cas par la grâce de qui vous savez), Malaysia Airlines est au bord de la faillite. L'entreprise va être entièrement privatisée, démembrée, restructurée. On ne dit pas qui va en profiter, mais Soros et les banksters de Wall Street le savent déjà. Mission accomplie...

* Les "629 milliards de dollars" dont la compagnie aurait besoin au cours de l'année à venir, sont tout à fait fantaisistes. Malaysia Airlines a un total de bilan de 23 milliards de ringgits (= 7 milliards de dollars). Il pourrait s'agir de 629 millions, quoique ce chiffre semble trop bas pour expliquer l'agitation actuelle.

A toutes fins utiles, nous vous signalons que le drapeau malaisien contient un croissant islamique, lequel est comme chacun sait une croix gammée antisémite arrondie (tout comme la quenelle de Dieudonné est un salut hitlérien inversé).

29 juillet 2014 : Pilonnages incessants de l'artillerie ukrainienne à Gorlovka (17 civils tués), de même qu'à Donetsk, Lougansk, etc... Dans de nombreux quartiers, il n'y a plus ni électricité ni eau courante - même tactique qu'à Slaviansk...

Une maison de retraite de Lougansk : avant les bombardements  et  après - autre photo

A Gorlovka, les fascistes ont visé l'usine de produits chimiques Stirol, causant un début d'incendie heureusement maîtrisé. Il n'est pas exclu toutefois que le régime criminel de Kiev ait l'intention de déclencher une catastrophe majeure à cet endroit pour en attribuer la responsabilité aux insurgés. La junte a reçu de ses sponsors américains l'ordre d'en finir au plus vite avec la rébellion, si possible dans le courant du mois d'août. La provocation de Grabovo n'ayant pas été aussi payante qu'on l'escomptait, d'autres atrocités de cette ampleur sont à redouter.

Avertissement : des actes terroristes planifiés par la junte de Kiev sont imminents (Le "Saker")

Des fûts de mononitrochlorobenzène (MNCB) hautement toxique seraient stockés à Gorlovka, de même que 30 tonnes de substances explosives (Rousskaïa Viesna). Une partie du MNCB aurait été enlevée (déplacée ?) en 2013, mais apparemment il en reste encore. Quoi qu'il en soit, des installations chimiques qui sautent, ce n'est jamais anodin...  L'usine appartient à l'oligarque Dmytro Firtash.

Comme son collègue milliardaire Akhmetov, Firtash, sans être hostile à la politique des putschistes, se montre parfois plus "modéré" afin de préserver ses intérêts dans le Donbass. Les deux hommes se partagent pour ainsi dire l'industrie locale qui est à la fois - c'était du moins le cas jusqu'au début de l'année - le poids lourd de l'économie ukrainienne et la prochaine cible de la désindustrialisation souhaitée par l'UE. Alors que presque partout ailleurs en Europe, on est entré depuis longtemps dans l'ère post-industrielle, les usines du Donbass tournent encore comme avant et font vivre des millions de gens - enfin, c'était le cas il y a six mois. La production est (ou était) vendue aussi bien en Ukraine qu'en Russie, ces deux pays estimant la qualité proposée suffisante. Ce qui n'est évidemment pas le cas de l'Europe de l'Ouest. Le Donbass reconquis par les Ukrainiens ne sera jamais concurrentiel sur les marchés occidentaux, où personne n'a besoin de ses produits qui rappellent paraît-il les années 1970. Bon...

Puisqu'il faudra de toute façon tout démanteler pour se conformer aux critères du FMI et de l'UE, autant détruire le plus possible avant que les "réformes" ne soient lancées. On fait ainsi d'une bombe deux coups... Beaucoup de mines ont été endommagées au cours de cette guerre, beaucoup d'usines ont souffert. Alors pourquoi pas Stirol ?... Firtash, et Akhmetov avec lui, n'auront qu'à se faire indemniser par Poutine ou par Ianoukovitch, dont ils étaient les fidèles soutiens il n'y a pas si longtemps...

Malgré la destruction de l'industrie dans le Donbass, le chômage n'augmentera pas trop, l'épuration ethnique en cours et à venir aidant à masquer le problème. Un million de personnes sont déjà réfugiées en Russie. Un autre million - ou plus - devrait suivre très bientôt (sur sept millions d'habitants avant la guerre).

30 juillet 2014 : L'artillerie fasciste massacre 19 civils à Donetsk ; l'agglomération se vide de plus en plus. Nombreux morts également à Gorlovka et Lougansk.

La situation militaire semble plus ou moins stabilisée dans le sud, où les Ukrainiens n'ont pas réussi leur percée dans la zone de Chakhtiorsk-Saour-Moguila. Mais à Debaltsevo (nord), la route Donetsk-Lougansk est coupée (blog du colonel Cassad).

A la frontière (côté russe) un premier groupe de soi-disant observateurs de l'OSCE (Otan Sous Couverture Européenne) a pris position à Goukovo et Donetsk-de-Russie (carte). Invités par Poutine, ils ont pour mission de veiller à ce que rien "d'illégal" n'entre en territoire insurgé. Lorsque la guerre du Donbass sera terminée, ce qui ne saurait tarder, les espions européens pourront rester sur place afin de coordonner la phase suivante des opérations, cette fois contre la Russie proprement dite.

On sait que beaucoup d'armes utilisées par les fascistes ukrainiens sont fabriquées en Russie (y compris le missile Bouk qui a servi à abattre le Boeing). Dans la mesure où ces armes ont été livrées à l'armée de Kiev avant le début de la guerre, la chose est "excusable" d'une certaine façon. Ce qui ne l'est pas, c'est que "l'usine russe 'Yaroslavl Diesel' vend maintenant, en pleine guerre, aux usines de chars de Kharkov (sous le contrôle de Kiev), des moteurs pour leurs chars - pour mieux combattre les rebelles... De plus, ces moteurs dernier cri sont de 60 à 80 % moins défectueux..." (Alexandre Sivov sur le blog d'Allain Jules).  Sivov se demande s'il ne s'agirait pas d'une "trahison" de la part de Poutine. Non, pas vraiment, vu qu'on ne peut trahir que ses alliés. L'enfoiré du Kremlin n'a jamais été du côté des insurgés, même si certains l'ont cru au début...

Il semblerait que l'armée fasciste utilise des missiles balistiques SS-21 (Totchka) dans cette guerre. Plusieurs cas ont été signalés à Saour-Moguila et à Lougansk. Egalement de fabrication russe, les SS-21 ont une portée de 180 km, ne sont pas très précis mais peuvent causer des dégâts considérables, surtout en milieu urbain.

31 juillet 2014 : Un peu partout dans la zone encore tenue par les indépendantistes, les pilonnages continuent de tuer des civils (au moins trois morts à Lougansk).  A Donetsk on vient de proclamer l'état de siège (Itar-Tass). Loi martiale et couvre-feu nocturne étaient déjà en vigueur depuis le 16 juillet. Les gares et les installations ferroviaires de la ville ont été détruites par l'artillerie ukrainienne.

Selon RT, Porochenko a demandé à la Biélorussie (président Loukachenko) d'organiser des "pourparlers en vue de régler la crise actuelle". Dans l'esprit du chef de la junte, il s'agit de "permettre aux experts le libre accès au site du crash". En fait, après que les corps des victimes, les boîtes noires et certains débris de l'avion aient été récupérés, les "experts" n'ont plus rien à faire sur les lieux. Les pilonnages ukrainiens ont fini par détruire toutes les preuves qui pouvaient encore s'y trouver - preuves dont personne n'avait besoin ni à Kiev ni à Washington, étant donné que les coupables étaient connus d'avance.

Cette initiative de Porochenko a pour but d'accélérer la reconquête des territoires perdus, l'offensive armée de ces derniers jours n'ayant pas vraiment réussi. En regardant la carte de la situation militaire au 28 juillet (sans grands changements trois jours plus tard, sinon que la zone rouge est rétrécie par endroits), on voit que l'occupation du site du crash permettrait enfin de couper en deux la zone insurgée. De Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО à Chakhtiorsk-ШАХТЕРСК, il n'y a qu'une trentaine de kilomètres, et le site du crash (Boeing 17.07) se trouve juste au milieu. Donetsk-ДОНЕЦК serait ainsi complètement encerclé et mûr pour la capitulation.

Loukachenko a été un des premiers à reconnaître le régime de Kiev. Ce clone politique de Poutine au format XXS, que personne ne prend vraiment au sérieux, est toujours volontaire pour accomplir les missions honteuses du Kremlin.

(Information presque secondaire dans ce contexte : aucun représentant des indépendantistes n'a été invité aux "pourparlers" de Minsk. Seuls participants : la junte fasciste, la Russie de Poutine et l'Otan Sous Couverture Européenne. C'est une simple réédition des "tables rondes" de mai - voir plus haut.)


Oligarques de tous les pays, unissez-vous : Le milliardaire Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine, immatricule sa compagnie de téléphonie en Crimée.  Au cours de ces derniers mois, Akhmetov a participé à diverses magouilles sur le dos de la résistance, parfois ouvertement comme à Donetsk et Marioupol (voir plus haut 20 mai), d'autres fois plus secrètement, ainsi que le révèle cet article mis en ligne sur le blog du colonel Cassad. Jusqu'au début de juillet, pendant que Strelkov était à Slaviansk, certains responsables de la RPD à Donetsk négociaient avec l'oligarque une "sortie de crise", c'est-à-dire la liquidation du mouvement indépendantiste. Parmi eux, Alexandre Khodakovski (commandant du bataillon Vostok), un personnage passablement louche dont le rôle consiste sans doute à démanteler la résistance de l'intérieur.

Derrière ces traîtres se trouvaient des émissaires russes, dont un certain Sourkov que L'Express appelle le Raspoutine de Poutine.  Cette éminence grise du Kremlin avait d'abord essayé de trouver pour Donetsk et Lougansk une solution de type Transnistrie. Mais le Donbass est un trop gros morceau. Après tout ce que les Etats-Unis ont investi dans cette affaire, un compromis est impensable. Le régime de Kiev a toujours été convaincu qu'il pouvait vaincre sans l'aide d'Akhmetov...


Comme le signale RIA Novosti,  "la Crimée a invité des experts de Las Vegas, de Macao et de Monaco pour créer une zone destinée aux casinos et aux jeux de hasard" dans la région de Yalta.

Devinez qui a des casinos à Las Vegas et à Macao...  Ce n'est pas Ahmetov, non, mais il est milliardaire comme lui, et bien entendu juif : Sheldon Adelson.  Forcément, le gars est "philanthrope", comme il se doit pour un milliardaire juif. Pourquoi ?... Parce qu'il finance Yad Vashem et des "projets" coloniaux israéliens. Et c'est un grand ami du criminel de guerre Nétanyahou qui vient d'assassiner 1.400 Palestiniens à Gaza rien qu'au cours des trois dernières semaines (score nettement plus performant que celui des Khazars de Kiev).

1er août 2014 : Violentes attaques des forces de Kiev dans le sud. Elles parviennent à se frayer un passage jusqu'à Marinovka (frontière russe au sud de Saour-Moguila) et sont sur le point de faire sauter le verrou qui ferme le réduit. Forte pression également sur Chakhtiorsk et Debaltsevo, où les deux mâchoires de la tenaille fasciste se resserrent un peu plus sur la zone indépendantiste.

Communiqué d'Igor Strelkov : comme on pouvait le redouter (voir un peu plus haut 29 et 30 juillet), le régime terroriste ukrainien prépare une gigantesque provocation qui servira à convaincre l'opinion publique mondiale et les organisations internationales que les résistants sont des "terroristes". Pour cela, l'armée de la junte a déployé des missiles balistiques Totchka à l'aérodrome de Kramatorsk (au sud de Slaviansk, en territoire reconquis) et s'apprête à frapper des stations de traitement des eaux usées à Donetsk et Lougansk. Ce qui aurait non seulement des conséquences sanitaires catastrophiques (déjà en partie existantes) mais aussi et surtout pourrait causer la mort par empoisonnement chimique de dizaines de milliers de civils. Les installations visées contiennent en effet des réserves de chlore (160 et 120 tonnes respectivement). Autre cible gardée en réserve : l'usine Stirol de Gorlovka (29 juillet) où est aussi stocké de l'ammoniac en grande quantité.

Strelkov : "L'idée est si monstrueuse qu'elle est sans doute difficile à croire quand on n'a pas vu de ses propres yeux les zones résidentielles bombardées au phosphore, les effets des armes chimiques sur la population, les tirs de mortier qui ravagent les centres-villes..."


Dans l'ouest de l'Ukraine, des appelés (ou plutôt leurs mères et épouses) brûlent les convocations militaires en présence d'un recruteur dépassé par les événements : vidéo

Ces deux-là  (faits prisonniers par la résistance du côté de Chakhtiorsk) regrettent sûrement que personne n'ait brûlé leur convocation quand il en était encore temps.  Qu'ils se rassurent : on les enverra en Russie où, grâce à Poutine, ils seront soignés et bichonnés avant de repartir sur le front - s'il y a encore un front d'ici là...


Luc Michel : Encore des néonazis que BHL n'a pas vus en Ukraine  (uniformes SS à l'enterrement d'un membre de la "Garde nationale" tué dans le Donbass).

2 août 2014 : carte de la situation militaire

Briefly about the important (Cassad) :

■  L'opération "tenaille" n'ayant pas trop fonctionné (lourdes pertes des fascistes, unités encerclées au nord-est de Chakhtiorsk-ШАХТЕРСК), les forces de la junte essaient maintenant d'effectuer une percée entre Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА.

■  Dans le chaudron du sud-est, 1.500 Ukrainiens seraient prêts à "se rendre" à condition qu'on leur permette de rejoindre le territoire occupé par le régime. Magnanimes, ils consentent à abandonner leurs armes, leurs munitions et leurs chars devenus inutiles faute de carburant. Et la résistance négocie avec eux !...  D'un autre côté, au sud de Saour-Moguila-Саур-Могила (tenu par les indépendantistes), les fascistes tentent toujours de déverrouiller le chaudron...  [Si l'on en croit la carte ci-dessus, la taille du chaudron s'est considérablement rétrécie, et il n'est plus adossé à la frontière russe, de sorte que les "punisseurs" fatigués ne peuvent plus aller se refaire une santé chez Papa Poutine...]

■  Autour de Lougansk-ЛУГАНСК, la situation est confuse. L'agglomération est partiellement encerclée mais certaines unités fascistes sont elles-mêmes piégées, comme à Loutouguino-Лутугино, au sud-ouest de la ville.  [A l'intérieur même de Lougansk, la situation sanitaire/humanitaire est entre-temps catastrophique. La plupart des habitants sont partis.]


Vidéo très dure de "punisseurs" punis dans le secteur de Chakhtiorsk. C'est le genre de clip qu'on devrait passer à la télé ukrainienne pour inciter les maïdanistes à s'engager dans la Garde nazillonale.  Cette publicité Snickers irait très bien avec.

Et aux ados ukrainiens en quête d'un métier d'avenir, nous recommandons cette autre vidéo sur le site de Rousskaïa Viesna, qui montre les deux prisonniers signalés quelques lignes plus haut (1er août), en particulier celui de gauche (Andreï Panaciouk) qui pleurniche devant la caméra et réclame sa maman. Il se repent de ce qu'il a fait et jure qu'il veut désormais vivre en paix sans faire de mal à personne. Au-dessus de la vidéo, on peut admirer une photo de ce même Panaciouk en vaillant soldat ukrainien faisant le salut hitlérien.

3 août 2014 : le blog du colonel Cassad signale que douze soldats ukrainiens piégés dans le chaudron (mais apparemment pas dans la poche totalement encerclée figurant sur la carte du 2 août) ont franchi la frontière russe au poste de Goukovo (à l'est de Sverdlovsk - autre carte) en agitant un drapeau blanc. Ils ont déposé leurs armes et déclaré qu'ils venaient chercher refuge en Russie (où ils savent qu'ils seront choyés).

Si jamais ils changent d'avis pour ce qui est du "refuge", on les renverra chez eux par le prochain avion militaire ukrainien (comme le 26 juillet).  Dans cette sale guerre du Donbass, les Ukrainiens massacrent sans le moindre scrupule tous les civils qui leur tombent sous la main, mais quand ils sentent que c'est eux qui vont passer à la casserole, ils réclament un arrêt de jeu (un "time-out - тайм-аут" comme on dit en russe) et il leur est toujours accordé.  Il faudra s'en souvenir quand on nous demandera pourquoi la Nouvelle-Russie a pu être écrasée si facilement...


Un journaliste ukrainien : Il faut tuer les habitants inutiles du Donbass.  Rien que dans la région de Donetsk, "il y en a 1,5 million de trop..."


Situation and Perspectives of the People's Republics  par M.V. Litvinov (sur le blog de Cassad).

L'auteur donne les chiffres suivants concernant les effectifs des milices populaires (et des forces de répression) :

■  le 22 avril (début de l'insurrection armée - avant cette date le mouvement était purement politique) : 2.000 hommes dont une centaine seulement équipés d'armes automatiques (contre plus de 15.000 fascistes armés jusqu'aux dents)

■  début juin : 5 à 6.000 hommes entre-temps mieux équipés grâce à l'armement pris à l'ennemi ou apporté par les transfuges de l'armée ukrainienne (contre 25.000 fascistes)

■  début juillet : 10.000 hommes (contre 35.000)

■  début août : 18.000 hommes (contre 45.000)

Litvinov signale que fin juin, le régime de Kiev est arrivé à la conclusion qu'il ne pourrait remporter de succès militaire décisif sans aide active de l'OTAN au niveau du soutien logistique et pour le remplacement de ses pertes matérielles. La décision en ce sens a été prise vers la mi-juillet, car il était devenu évident que l'armée ukrainienne est bien incapable de mener de ses propres forces une opération continue impliquant 50.000 combattants - et ce, bien qu'elle ait à sa disposition les ressources d'un pays de 37 millions d'habitants.

L'auteur de l'article évoque une méthode propre à démoraliser l'ennemi et ses arrières (mais ne dit pas dans quelle mesure elle est appliquée). Elle consiste à informer le public ouest-ukrainien de manière neutre et objective sur les pertes réelles de son armée, par l'intermédiaire d'une station de radio diffusant de la bonne musique. Rien n'est plus crédible et convaincant que d'apprendre, à Kiev ou à Lvov, que tel peloton de telle compagnie de tel bataillon de tel régiment a perdu tant d'hommes à tel endroit, dans telles circonstances, et d'entendre les noms, prénoms, grades et adresses des militaires tués, ainsi que la date et le lieu de leurs obsèques. Les familles, amis et voisins des morts sont à même de vérifier l'exactitude de ces informations et en parlent autour d'eux, contrant ainsi les mensonges de la propagande officielle. Même à l'ère du tout-Internet et des réseaux dits sociaux, la bonne vieille radio a encore ses mérites. D'ailleurs, si un programme anti-Maïdan de réinformation systématique avait été mis en place dès le début, avec l'aide de la Russie, il n'y aurait pas eu de guerre du Donbass.

Mais c'est un côté de la question que l'auteur n'aborde pas. Au contraire, il n'envisage le rôle russe que sous l'aspect "intervention militaire ou pas" et rien d'autre. Il va même jusqu'à écrire que l'attente d'une telle intervention "résulte d'une évaluation incorrecte de la situation internationale" et que "l'effondrement de cette attente a donné naissance à l'actuelle crise politique des deux républiques populaires".

Pas du tout : c'est au contraire l'interprétation totalement déformée de la situation internationale par les poutiniens à la Litvinov qui est à l'origine du drame du Donbass. Elle sert depuis des mois de prétexte au Kremlin pour justifier sa complicité honteuse avec la junte fasciste de Kiev.

4 août 2014 : Dans les premières heures de la matinée, à Kharkov, des inconnus attaquent à la mitraillette et au lance-flamme un bureau régional de recrutement militaire (Kyiv Post).

Un peu plus tôt, selon Itar-Tass, un groupe de 438 militaires ukrainiens bloqués dans le chaudron est allé se réfugier en Russie du côté de Goukovo. Le temps de profiter de la légendaire hospitalité du "khouille-lo" moscovite (15 juin), et la plupart des faux déserteurs retourneront finir ce qu'ils appellent "l'opération antiterroriste dans le Donbass".

Deux mesures que Poutine devrait prendre pour faciliter la procédure dans le cadre de la collaboration russo-ukrainienne : 1) instaurer un pont aérien entre Rostov et Kiev pour les avions de la junte qui viennent récupérer les soldats -  2) donner à chaque participant un petit pécule le jour de son départ - de préférence en hryvnias, vu que les roubles ne sont plus changés par les banques ukrainiennes à cause des sanctions. Et puis surtout, bien dire à tous qu'ils peuvent revenir en Russie quand ils voudront, pour le cas où ils retomberaient dans un nouveau chaudron séparatiste...

Les tentatives de la junte pour ravitailler ses militaires par voie aérienne avaient piteusement échoué. Après avoir perdu quatre avions, Kiev faisait larguer l'aide d'une altitude de 3.000 mètres et plus, de sorte que la plupart des conteneurs tombaient aux mains des milices populaires.

Quelques heures à peine après leur "demande d'asile", 180 des 438 "réfugiés", impatients de retourner massacrer des sous-hommes, décident de se faire rapatrier sans plus attendre. Pas de problème, les Russes mettent des véhicules à leur disposition et les raccompagnent à la frontière - pas là où les "terroristes" les attendent, non bien sûr, mais un peu plus loin, en territoire reconquis, quelque part au sud d'Ambrosievka (carte).

5 août 2014 : Il reste encore à l'intérieur du chaudron un nombre inconnu de fascistes qui refusent de "se rendre", ce qui semble incompréhensible compte tenu des facilités offertes par la Russie officielle. Selon Cassad, il y aurait des mercenaires polonais parmi ces irréductibles, ce qui expliquerait leur entêtement. (Ils n'ont vraiment rien à craindre : Poutine ne dira rien pour ne pas provoquer la Troisième Guerre mondiale...)



« GUERRE RUSSE CONTRE L'UKRAINE » :

Encore quatre fachos ukrainiens que le Kremlin a fait exfiltrer du chaudron, cette fois via Kouïbichevo (carte).  Avoir avoir reçu les soins nécessaires, ils seront gentiment renvoyés en territoire reconquis, par un autre point de passage où ils ne risquent pas de tomber sur des insurgés. Ils pourront ensuite reprendre leurs activités "antiterroristes" dès qu'ils le voudront. La junte a justement besoin de renforts à Debaltsevo et Chakhtiorsk.

Poutine devrait peut-être faire un pas de plus et ravitailler lui-même les Ukrainiens encore bloqués dans ce satané chaudron. Ils manquent de tout : eau, nourriture, armes, munitions, carburant... Il leur faudrait aussi deux ou trois ateliers mobiles pour réparer les véhicules et les chars endommagés (prière de fournir le personnel technique).

6 août 2014 : A se taper le cul par terre - Voici comment la propagande maïdaniste présente les événements du chaudron : 



Soldiers' mothers seek help for sons caught in crossfire on Russian border
(Kyiv Post)

Les pôvres fachos punisseurs de la 79ème brigade, à qui tant de villes du Donbass doivent leur libération, sont pris entre deux feux : d'un côté les méchants terroristes qui les pilonnent, de l'autre ces salauds de Russes qui font la même chose depuis la Russie. C'est un combat injuste et inégal, car les Ukrainiens agressés n'ont même pas le droit de riposter par des tirs en direction de la Russie. Les mères et les femmes de ces malheureux Ukies veulent que l'armée vienne en aide à leurs fils et maris qui doivent se battre en haillons et en sont réduits à manger des grenouilles et des escargots pour survivre.

Un des problèmes des nazis de Kiev, c'est qu'ils sont trop rustres pour apprécier les ressources du terroir. Depardieu devrait ouvrir un restau dans le coin. Le nom est tout trouvé : Au Chaudron du Donbass...  En attendant, ils peuvent s'inspirer de ces quelques recettes faciles et gratuites pour les cuisses de grenouilles à la provençale et les escargots de Bourgogne.

Autre problème : les forces punitives de la junte n'ont ni le savoir-faire ni les moyens technologiques qui leur permettraient d'obtenir, de Donetsk à Lougansk, des résultats aussi brillants et aussi rapides que l'armée israélienne à Gaza. Là aussi, il faut les aider...


Pas mal quand même :

Crimes ukrainiens "artisanaux" du côté de Gorlovka

Dans la banlieue ouest de Donetsk c'est déjà plus professionnel, même si ça n'a pas encore le niveau israélien.
Bientôt toute la zone insurgée sera comme ça. Les rescapés du chaudron ne vont quand même pas manquer cette belle occasion...


7 août 2014 : Mercenaires canadiens

Pendant que la soldatesque ukrainienne et ses appuis étrangers poursuivent leurs massacres, Poutine envoie son armée... faire des manœuvres - c'est à près tout ce que cette armée est capable de faire. Cette semaine, les militaires russes jouent à la guerre entre deux pays fictifs : la Mourmanie et l'Ouralie (RIA Novosti). Le principal, c'est que ce ne soit pas la Novorussie contre la Fachokiévie, ça risquerait de déclencher la Troisième Guerre mondiale...

Après avoir encaissé sans réagir sanctions sur sanctions, l'homme "fort" du Kremlin annonce des contre-mesures frappant soi-disant l'importation de produits alimentaires en provenance des pays sanctionneurs. On demande à voir... Tel qu'on connaît Poutine, il va soit tout annuler dans quelques jours, soit oublier le décret d'application, soit faire raconter par un sous-fifre qu'il s'agissait d'un simple projet... Quoi qu'il en soit, et c'est là le plus drôle, l'UE boycotteuse vaut saisir l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le contre-boycott russe annoncé constituant paraît-il une "violation" des règles de ladite OMC.

Poutine pourrait bientôt récolter les fruits de sa lâcheté politique :  Vers une révolution colorée en Russie ?  Un cadre du parti poutinien "exprime son inquiétude face à un faisceau d'informations au sujet de troubles qui seraient organisés à Saint-Pétersbourg, au mois de septembre, à l'occasion de l'élection municipale. Ainsi, les Etats-Unis et leurs alliés auraient prévu de soutenir financièrement tous les candidats à la direction de la ville (sauf Georgy Poltavchenko, actuel gouverneur, proche du pouvoir et ancien membre du KGB) et d'y acheminer des groupes d'agitateurs armés, comme ceux qui ont facilité le coup d'Etat à Kiev, afin de transformer la ville en une 'tête de pont', destinée à ébranler toute la Russie..."  Nom de code de l'opération : tête de pont pour une tête de nœud...

Depuis Donetsk en état de guerre, on apprend qu'Alexandre Borodaï (Premier ministre de la RPD) a "démissionné". Selon le blog de Cassad, Borodaï était l'homme de Sourkov (le Raspoutine de Poutine - voir plus haut 31 juillet). Au plus tard depuis le 27 juin on savait que Borodaï était plus proche du Kremlin que de l'insurrection du Donbass. Après le crash du Boeing, le 17 juillet, sans consulter les dirigeants de l'insurrection, il avait annoncé une trêve (qui, si elle avait été appliquée comme il le voulait, aurait permis aux fascistes de reprendre la région). Quelques semaines avant Borodaï, son collègue Denis Pouchiline, alors président de la RPD, avait également annoncé son retrait, peut-être pour les mêmes raisons, quoique son influence n'ait jamais été aussi évidente... Ces luttes internes sont le propre de toutes les révolutions. Dans le cas du Donbass, vu que le successeur de Borodaï, Alexandre Zakhartchenko*, est un commandant de milice populaire, il semble s'agir d'une reprise en mains du "pouvoir civil" par les militaires. Il est cependant douteux que tout cela puisse changer le cours des événements...

* Zakhartchenko est originaire du Donbass. Avec son unité "Oplot" (Bastion), il avait pris possession de la mairie de Donetsk début avril.

Près de Rosovka (au sud-est de Gorlovka), la résistance abat un MiG-29 ukrainien.

Bonnes nouvelles de Kiev, une fois n'est pas coutume : fachos de la rue et nazis au pouvoir s'affrontent. Comme au bon vieux temps, des pneus brûlent sur le Maïdan (photos et vidéos). Solution : envoyer d'urgence les 50.000 militaires du Donbass éteindre le feu dans la capitale. Malheureusement, personne ne nous écoute...

8 août 2014 : Dans notre série "Y a-t-il un psy dans la salle ?..." nous vous présentons aujourd'hui le site ukraino-facho de Lvov ZIK (Zik Heil pour les initiés) avec son article Guerillas destroy missile battery crew shelling Donetsk.

L'auteur nous explique que des terroristes se faisant passer pour des militaires ukrainiens pour discréditer les autorités de Kiev, pilonnent régulièrement Donetsk, pendant que l'armée ukrainienne, qui dénonce l'usage de l'artillerie et des bombes contre les villes, continue de resserrer l'encerclement de Donetsk qu'elle s'apprête à conquérir. Un groupe de guérilla de l'armée a réussi à détruire un nid terroriste et sa batterie de missiles Grad qui attaquait la ville. Source de cette info : InfoResist, un site ukrainien dont l'objectif est la résistance médiatique à l'invasion russe.

Ce texte complètement débile où tout est présenté à l'envers, ne devient compréhensible que si l'on saisit sa dimension orwellienne. Pour bien l'apprécier, il est recommandé de le lire la tête en bas ou de tourner son écran de 180 degrés.


Et vous, Dr Goebbels,
qu'en pensez-vous ?

« Exzellente Propaganda, jawohl !... »

Dans la région de Rostov, un grain de sable semble s'être glissé dans la machinerie bien huilée de l'exfiltration humanitaire. En violation de la procédure mise au point par le Kremlin, des responsables locaux viennent d'arrêter cinq officiers ukrainiens du chaudron (sur les 438 militaires accueillis le 4 août). Deux chefs de bataillons, un chef de bataillon adjoint, un chef de compagnie et un officier d'état-major de la 72ème brigade mécanisée sont accusés de crimes de guerre. Selon RIA Novosti, on leur reproche d'avoir intentionnellement pilonné, entre le 18 juillet et le 3 août, des zones résidentielles des villes de Tchervonopartisansk (en RPL, à l'est de Sverdlovsk) et de Krasnodon (plus au nord, également en RPL - carte), tuant au moins dix civils et détruisant plus de vingt maisons d'habitation ainsi que des installations d'infrastructure. De plus, l'enquête devra déterminer si ces officiers ukrainiens ont ordonné l'usage de bombes au phosphore et participé à des pilonnages contre le territoire russe.

Dans combien de temps Poutine les fera-t-il relâcher ?... Les paris sont ouverts... [Réponse un peu plus bas]

Carte de la situation militaire au 8 août - Le chaudron n'existe plus. Les quelques centaines d'Ukrainiens affamés qui s'y trouvaient encore ont été libérés par l'offensive de leur armée, ce qui va leur permettre de retourner au combat encore plus vite que s'ils avaient fait le détour par la Russie. A l'est de Sniejnoïe-Снежное, les fascistes ont enfoncé les lignes indépendantistes en direction de Krasny Loutch-Красный Луч. Comme on peut le voir sur la carte, le Donbass libre s'est encore rétréci à cet endroit. L'intention de la junte est de progresser jusqu'à Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО afin de couper la zone rouge en deux. Une autre pointe s'avance entre Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА.

A Donetsk même, les pilonnages ukrainiens rendent la vie intenable. On ne compte plus les morts, la ville se vide de plus en plus de sa population.

Seul élément positif : sur une longueur de 150 kilomètres, les fascistes ont été expulsés de la frontière russe et ne peuvent plus gêner - en principe - "la libre circulation des personnes et des marchandises" (comme on dit à Bruxelles). Poutine, qui avait promis à son cher homologue de Kiev d'empêcher les "passages illégaux" (voir plus haut 7 juin), va avoir du mal à tenir sa promesse.


Avions et hélicoptères ukrainiens abattus : Il y en a tellement qu'il est difficile d'être à jour. La base de données de l'Aviation Safety Network (ASN) qui recense tous les accidents dans le monde, donne les informations suivantes pour l'Ukraine : depuis le début de la guerre (avril 2014) et jusqu'au 7 août, 34 appareils militaires ukrainiens ont été "détruits accidentellement" au-dessus des districts de Donetsk et de Lougansk (la zone de guerre) faisant 88 morts (chiffres officiels pas nécessairement complets). Les appareils abattus : 1 MiG-29, 15 Mil Mi de différents types, 8 Sukhoi, 5 Antonov, 2 Yakovlev, 1 Iliouchine, 1 Tupolev, 1 Aero Vodochody. Ce qui donne en moyenne, un avion ou hélico militaire ukrainien abattu tous les trois jours par la résistance : pas mal...  (Le Boeing malaisien avec ses 298 victimes figure également sur cette liste, mais il est à mettre au tableau de chasse de la junte.)


Citation du jour (elle est de Paul Craig Roberts, ancien Secrétaire adjoint au Trésor américain) :

"Si le gouvernement russe avait accepté la demande des provinces séparatistes [d'être rattachées à la Fédération russe comme la Crimée], il n'y aurait eu aucune guerre. Le gouvernement ukrainien est certes cinglé et contrôlé par Washington, mais pas au point d'attaquer les territoires reconnus par la Russie comme étant les siens. En faisant preuve de retenue, la Russie n'a fait que persuader Washington qu'elle était faible, et Washington a augmenté la pression. La Russie a convaincu l'Europe qu'il ne lui en coûterait rien de se plier aux sanctions de Washington contre la Russie. En comptant sur la bonne volonté, la raison, la vérité et les preuves, la Russie s'est trompée sur Washington et ses serviles marionnettes européennes."  (source)

Eh oui, la Russie s'est trompée, ce sont des choses qui arrivent... En tant qu'ancien officier du KGB, Poutine ne pouvait pas prévoir... Et maintenant, que va-t-il faire ?... Le plus simple est de continuer de se tromper...


ENCERCLEMENT DE DONETSK ?

9 août 2014 : Situation critique à Donetsk où l'encerclement menace. Pilonnages incessants sur la ville, nombreux morts civils. Même chose dans l'est, à Soukhodolsk (à quelques kilomètres de Krasnodon). Violents combats à Saour-Moguila, la milice populaire abandonne la colline. Les forces de la junte sont dans les faubourgs de Krasny Loutch.

Selon Cassad, Alexandre Zakhartchenko (chef militaire natif de la région et depuis deux jours nouveau Premier ministre de ce qui reste de la RPD) se déclare prêt à accepter un cessez-le-feu. Il ajoute : "Nous continuons d'espérer que la communauté internationale influencera les autorités sanguinaires de Kiev..." (C'est presque du Lavrov...)

Comment faut-il interpréter la démarche de Zakhartchenko ?... A-t-il été nommé à la place de Borodaï dans le seul but de signer la capitulation ?... Combien de temps peut-on encore donner aux insurgés ?...

10 août 2014 : Depuis Debaltsevo-ДЕБАЛЬЦЕВО, les fascistes tentent une percée vers le sud-est en direction de Krasny Loutch-Красный Луч (carte). La distance entre les deux villes est d'à peine 50 kilomètres. Pour le moment, l'attaque semble avoir été repoussée, mais si la percée réussissait, la poche où se trouvent Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА serait isolée du reste du territoire insurgé. D'ores et déjà, les voies de communication entre l'ouest et l'est de la zone rouge sont difficiles à tenir. L'évacuation des civils restés sur place est devenue extrêmement risquée et aléatoire. Slaviansk est désormais partout...

L'attaque ukrainienne repoussée (carte Rousskaïa Viesna).

Moins de 48 heures après l'arrestation de cinq officiers ukrainiens sortis du chaudron (voir un peu plus haut 8 août), les responsables locaux se font taper sur les doigts et doivent relâcher les criminels de guerre - détails.  On voit que la "séparation des pouvoirs" fonctionne à la perfection en Russie poutinienne...

RIA Novosti précise un peu plus tard le motif invoqué par le porte-parole de la "commission d'enquête", un certain Vladimir Markine, pour justifier la libération des tueurs en uniformes : "Les cinq hommes n'ont fait qu'exécuter les ordres reçus de leur commandement..."  Ça ne vous rappelle pas quelque chose ?... C'est le prétexte classique, et depuis longtemps irrecevable, avancé par tous les criminels de guerre depuis 1945. En Ukraine, comme dans la plupart des pays du monde, plus aucun soldat n'est couvert par le droit quand il accepte d'exécuter les ordres criminels de ses supérieurs. Mais ce qui est intéressant ici, c'est que le prétexte en question est invoqué non pas par les cinq militaires ukrainiens accusés, mais par les autorités russes, sur ordre de Moscou et avant même que Kiev ait demandé quoi que ce soit. Le Kremlin n'est pas seulement complice du régime illégal de Porochenko, il l'est de manière proactive.

Lorsque l'insurrection sera définitivement écrasée, Poutine pourra être fier de l'aide apportée à la junte. Malheureusement pour lui, personne en Occident ne viendra le remercier, bien au contraire, les choses sérieuses ne feront que commencer...



"Depuis quatre mois, je fais tout ce que je peux pour couler le Donbass.
C'est quand même pas ma faute si c'est pas encore fini...
Arrêtez de m'accabler...
"


11 août 2014 : Carte de la situation militaire au 10-11 août

Manœuvres militaires russes de la semaine : elles ont lieu en Sibérie orientale. L'armée de Poutine n'est pas là pour défendre la Russie régulièrement pilonnée par les Ukrainiens*, et encore moins pour faire cesser les massacres de Russes dans le Donbass. Non, elle est là pour faire des manœuvres...

* Pas plus tard qu'hier, le poste frontalier russe de Matveev-Kourgan, face à Ouspenka (au sud d'Ambrosievka, en territoire reconquis par la junte - carte), a été évacué pour cause de pilonnage.

Bien que Poutine adore l'aide humanitaire (c'est une de ses activités préférées, juste après les compétitions sportives à grand spectacle), il ne bouge pas le petit doigt pour venir en aide aux populations russes de Donetsk et Lougansk que sa politique de collaboration avec les fascistes a précipitées dans la situation que l'on sait. Et pourquoi ne fait-il rien ?... Parce que Washington l'a interdit :  U.S. says it would view Russia aid deliveries to Ukraine as invasion.

Quelle misérable lavette !... Dire que certains voient encore en lui une alternative au nouvel ordre mondial unipolaire !... Incroyable !...

L'objectif final des fascistes n'est pas Donetsk mais la Russie. C'est la journaliste allemande Margarita Zeidler, figure-clé de la résistance dans le Donbass qui le dit dans une interview à la Komsomolskaïa Pravda :

"A Donetsk, c'est de plus en plus difficile chaque jour. Les forces d'autodéfense se battent héroïquement. Je voudrais croire jusqu'au bout qu'elles vaincront. L'Occident, qui a déclenché cette guerre, ne s'arrêtera pas. Si le Donbass tombait, les fascistes iraient plus loin. Leur objectif final est la Russie, et aujourd'hui les forces d'autodéfense tombent en fait pour Moscou..."

Ça, Poutine ne le sait pas. Ou plutôt, il n'en a rien à foutre... Quand les fascistes seront à Moscou, il ira faire des manœuvres militaires en Kalmoukie...


A Gorlovka, selon RIA Novosti, l'armée ukrainienne a repris le pilonnage de l'usine chimique Stirol (voir plus haut 29 juillet).

Briefly about the important (Colonel Cassad). Depuis la chute de Debaltsevo et l'abandon de la colline stratégique de Saour-Moguila, la situation est de plus en plus inquiétante pour les milices populaires.

Des combats ont lieu à présent dans la ville même de Krasny Loutch-Красный Луч. Cassad écrit à ce propos : "La perte de Krasny Loutch mettrait Donetsk et Gorlovka au bord de la catastrophe. Les combats dans cette ville ont frappé un convoi d'aide humanitaire de notre organisation, tuant plusieurs accompagnateurs."  [Encore une fois : la seule aide en provenance de Russie est de nature privée. Si elle est encore acheminée, avec des risques toujours plus grands, ce n'est certainement pas grâce à Poutine - voir quelques lignes plus haut - mais bien malgré lui.]

On assiste également à une offensive des fascistes en vue d'encercler Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА plus étroitement, en opérant une coupure depuis Ienakievo-ЕНАКИЕВО (au nord) jusqu'à Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК (au sud) - carte.  (Mais comme on peut le constater, la zone indépendantiste ne mesure déjà plus que 25 kilomètres à l'endroit le plus étroit, un peu plus à l'est.)


Pendant que le Kremlin joue à fond la carte de la non-ingérence dans les affaires "ukrainiennes", y compris au niveau humanitaire, le Canada envoie 32 tonnes d'équipement militaire au regime fasciste de Kiev - le Canada, c'est-à-dire l'OTAN. Et ces fournitures ne représentent que la pointe visible et avouée de l'iceberg interventionniste occidental.



Source

Pour connaître la date probable de l'intervention russe, il suffit de savoir quand la grande majorité des Ukrainiens se révoltera contre le "président" Porochenko. Ce sera probablement après que la grande majorité des Français se soit révoltée contre la dictature de l'UE, de l'euro, de l'OTAN et de la mafia atlantico-sioniste. Une fois que la date probable de l'intervention russe sera connue, il restera à comprendre pourquoi Poutine devrait faire après la chute de la RPD ce qu'il n'a pas fait avant.

12 août 2014 : Aide humanitaire de Poutine... à la junte fasciste. Selon Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe (cité par RIA Novosti), un convoi de 280 camions est en route pour l'Ukraine (pas pour le Donbass). Il franchira la frontière à un endroit désigné par le "gouvernement" de Kiev. Valery Chaly, l'homologue ukrainien de Peskov, indique de son côté que l'aide sera acheminée par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qu'elle passera bien par un poste frontalier contrôlé par les forces de Kiev, et qu'elle sera distribuée dans les régions spécifiées par le "gouvernement" ukrainien.

Ce ne sera certainement pas dans les zones ravagées jour et nuit par les obus et les missiles de la junte : on ne va quand même pas mettre en danger la vie des travailleurs humanitaires de la Croix-Rouge...  Et puis les soldats de Porochenko en ont marre de bouffer, depuis des semaines et des semaines, des rations américaines déshydratées et du singe en boîte. L'aide du khouille-lo moscovite (15 juin) arrive au bon moment...


Vivre à Lougansk :


Chaque jour de nouvelles destructions et de nouvelles victimes
(photos et vidéos sur le site de Rousskaïa Viesna)

Violents combats et nombreux morts de part et d'autre à Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК (à l'est de Donetsk-ДОНЕЦК) où les fascistes tentent toujours leur percée vers le nord. Porochenko leur a donné l'ordre de conquérir Donetsk avant le 24 août (jour anniversaire de l'indépendance de 1991).

A Mandrikino-МАНДРЫКИНО (banlieue sud de Donetsk - carte), un bus venant du district de Zaporojié (au sud-ouest de Donetsk) et transportant des terroristes du Pravy Sektor ("PS") tombe sur un barrage de la résistance. Résultat : une dizaine de nazis liquidés. Et comme en russe, les membres du "PS" sont appelés "PSi" (ПСы) ce qui signifie aussi "chiens", cela fait dix chiens de moins - photos et vidéo.

Parmi eux se trouvait un mercenaire géorgien au surnom bien mérité de "Doberman". Sur le blog de Cassad, on peut voir quelques photos de ce chien en train de conquérir le bâtiment du Conseil municipal de Popasnaïa (au nord de Gorlovka), de piétiner des drapeaux russes, de maltraiter un civil et d'exhiber sur son arrière-train les paroles du nouvel hymne ukrainien : "Poutine khouille-lo la-la-la-la-la..." (voir plus haut 15 juin) mais écrit en russe et pas en ukrainien, ce qui la fout mal pour un fanatique russophobe...

13 août 2014 : Carte de la situation militaire

Gorlovka-ГОРЛОВКА est presque entièrement encerclée, il ne lui reste plus que le cordon ombilical de Ienakievo-ЕНАКИЕВО pour se maintenir en vie. Selon RIA Novosti, la ville d'Ouglegorsk (juste à l'est de Gorlovka et au nord de Ienakievo, à présent dans la zone blanche) a été soumise pendant plusieurs heures à de violents pilonnages avant d'être conquise par l'armée ukrainienne. Les fascistes n'ont laissé sortir aucun civil ; il y aurait "des centaines de morts".

Un nouveau mini-chaudron s'est formé au nord d'Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК, dû à l'offensive précipitée des fascistes. Chaudron également, mais d'origine plus ancienne, au sud de Lougansk-ЛУГАНСК, englobant l'aéroport-АЭРОПОРТ et Loutouguino-Лутугино. La frontière russe est toujours libre, mais apparemment cela ne sert pas à grand-chose, compte tenu de la lâcheté sans bornes de Poutine - sans même parler de ses sbires du FSB (7 juin) et de ses amis de l'OSCE (30 juillet) qui veillent, de son côté, à ce que rien "d'illégal" ne franchisse la ligne interdite. On ignore, pour des raisons évidentes, dans quelle mesure l'aide privée (Cassad et autres) passe dans ce secteur. Une chose est sûre cependant : ce ne sont pas des convois de 280 camions, et ils ne contiennent pas d'armes susceptibles d'empêcher le désastre final...

Bien que le monde entier soit témoin des destructions massives qu'elle cause quotidiennement dans le Donbass, la junte continue de prétendre qu'elle n'utilise pas son artillerie contre les villes. A tel point que même un site maïdaniste comme Kyiv Post s'en fait l'écho : Ukraine denies using artillery in cities despite mounting evidence. A en croire le régime, il n'y aurait pas non plus de crise humanitaire dans la région... La communication de Kiev est tellement pitoyable qu'elle semble calquée sur celle des hasbaratineurs de Tel Aviv.

L'ONU fait état de 2.086 civils tués depuis le début du "conflit" ; le bilan réel est probablement de 5.000 sinon plus, auxquels il faut ajouter les combattants des milices (au moins 2.000). Quant aux fascistes, leurs pertes s'élèvent sans doute à 3.000 tués. Et ce sont des estimations très prudentes...


Dans cet article d'Alexandre Sivov (sur le blog d'Allain Jules) : Une situation très difficile pour les insurgés, on peut lire que les Etats-Unis ont livré aux Ukrainiens des canons M777 "très sophistiqués et de haute précision, avec téléguidage des obus" ainsi que des lance-missiles FGM-148 Javelin, "engins antichar dernier cri, dits de troisième génération". Avant de pouvoir être utilisées de manière adéquate, ces armes nécessitent une formation approfondie. Vu que le temps manque et que les sponsors de la junte ne peuvent pas laisser cet armement très onéreux entre les mains du premier venu, il est clair que ce sont des "spécialistes" étrangers qui se chargent de ce "travail" (pendant que Poutine se croise les bras).

La présence de ces individus en Ukraine est connue depuis longtemps, tout comme d'ailleurs celle de mercenaires et de conseillers américains qui "ne se bornent naturellement pas à donner des conseils, mais élaborent une ligne stratégique strictement suivie par les dirigeants du pays lors de la prise de décisions".

La guerre que mène la junte fasciste contre le Donbass est déjà en partie une guerre américaine. Elle le deviendra pleinement lorsqu'elle aura débordé sur la Russie proprement dite.


Cinquième colonne :

Sivov a raison de dire que la situation est très difficile pour les insurgés... Mais ces difficultés ne sont pas seulement dues à l'offensive fasciste. Elles résultent aussi d'intrigues et de trahisons internes que le blog de Cassad révèle dans cet article. (Ce n'est pas la première fois que Cassad aborde ce sujet - voir plus haut 7 août  et  31 juillet.)

Cette fois, on apprend que le commandant du bataillon Vostok (Est) de la résistance, Alexandre Khodakovski, se prononce pour "une Ukraine unie et pro-russe" (une position assez proche du "fédéralisme" professé par Ianoukovitch, le président renversé par le putsch). Si ce n'est pas un coup de poignard dans le dos, on se demande bien ce que ça peut être... On comprend mieux en lisant le "CV" de Khodakovski sur Wikipédia : l'homme est un ancien commandant de l'unité spéciale Alpha du SBU (aujourd'hui la Gestapo ukrainienne). Quelques jours après le crash du Boeing, Khodakovski racontait, dans une interview à Reuters, que les insurgés avaient abattu l'avion à l'aide d'un missile Bouk fourni par la Russie. Cette déclaration était un peu passée inaperçue, sans doute parce que son auteur n'était pas très connu, que ses "aveux" ne se distinguaient en rien de la propagande occidentale, et qu'il avait tout démenti un peu plus tard. Mais il n'y pas de fumée sans feu, dit-on...

Cassad considère que Khodakovski, au sein de l'insurrection du Donbass, est à la fois l'homme de Rinat Akhmetov (milliardaire de Donetsk) et de Sergueï Kourguinian (magouilleur russe proche du Kremlin et violemment opposé à Strelkov). Si le chef de Vostok choisit ce moment pour sortir du bois, c'est parce qu'il sait que la RPD exsangue n'a plus la force de balayer les restes de la cinquième colonne qui la paralyse.

Autre point négatif : Khodakovski a admis dans son bataillon des éléments douteux issus du banditisme, qu'ils soient venus d'eux-mêmes ou aient été "délégués" par Akhmetov. C'est une chose qu'Igor Strelkov n'a jamais tolérée. D'ailleurs, son "bras droit" Alexeï Mozgovoï vient justement de "faire le ménage" à Altchevsk (au sud-ouest de Lougansk) où des criminels stipendiés profitaient de la situation pour se livrer au maraudage et à l'intimidation de la population en se faisant passer pour la milice du Donbass - détails.

Dans cet autre article également consacré à Khodakovski et à son programme, Cassad écrit qu'il ne peut pas y avoir d'Ukraine "unie et pro-russe". D'abord, la Crimée n'est ni ukrainienne ni "pro-russe", elle est russe tout simplement. Et s'il existe un jour une entité "pro-russe" dans la région, ce ne sera pas l'Ukraine mais la Nouvelle-Russie (avec Odessa, Kharkov et si possible Kiev). Nouvelle-Russie et "Ukraine unie" sont des termes antagoniques. Le but, c'est la liquidation de l'Ukraine telle qu'elle existe dans ses frontières actuelles. Personne n'a besoin d'une "Ukraine unie"...

Encore un texte de Cassad : About "wounding" Strelkov. Le bruit a couru aujourd'hui que Strelkov avait été grièvement blessé. L'auteur apporte un démenti et explique les dessous de cette nouvelle intox des ennemis de la résistance, lesquels se trouvent des deux côtés de la frontière. On n'est pas très loin du thème précédent...


DÉPART DE STRELKOV

14 août 2014 : selon Cassad, un groupe ukrainien encerclé dans la poche au sud de Lougansk-ЛУГАНСК a réussi une sortie et occupe la route de Krasnodon-КРАСНОДОН (carte). Le bruit court que les fascistes auraient l'intention de s'emparer du poste-frontière d'Izvarino-ИЗВАРИНО et d'y "prendre en charge" le convoi humanitaire russe en route depuis deux jours.

Pour cela il faudrait : 1) que Moscou soit d'accord (pas de problème, Poutine n'a rien à refuser à son cher homologue de Kiev, et il a déjà promis de lui remettre les camions)  -  2) que la résistance laisse faire (on trouvera bien un Khodakovski local)  -  3) que les Ukrainiens étendent leur domaine de manière à créer une vaste zone reconquise allant jusqu'à Lougansk, zone où personne n'irait contrôler ce qu'ils font (c'est le point le plus aléatoire, mais aussi le plus prometteur s'il réussit).

En attendant, vive l'humour ukrainien : "Kiev envoie son propre convoi d'aide humanitaire dans l'Est", annoncent les médias. Ce convoi, composé de 15 véhicules, ira jusqu'à Starobielsk, un petit bourg qui se trouve à 100 kilomètres au nord de Lougansk dans une zone où aucun séparatiste n'a jamais mis les pieds - carte. Succès garanti...

Aide humanitaire de la junte nazie à ses victimes du Donbass : Les convois qu'on voit tous les jours


Valeri Bolotov (président de la RPL) annonce sa "démission" - pas depuis Lougansk mais depuis Moscou où il est "en visite" (Bolotov est lui aussi citoyen de la Fédération de Russie). Son collègue de RPD, Alexandre Borodaï, avait été démissionné le 7 août. On peut spéculer sur les motifs de ces retraits en série, mais compte tenu de la situation militaire, tout cela n'a plus grande importance. Quoi qu'il en soit, c'est Igor Plotnitski, ministre de la Défense de la mini-RPL, qui le remplace. Le bruit court que le Premier ministre de Bolotov, Vassili Nikitine, aurait été arrêté.

Quelques heures plus tard, dans la soirée, la bombe éclate : c'est Igor Strelkov lui-même qui "démissionne pour se consacrer à d'autres tâches" (Cassad - version russe) ou est "démis de ses fonctions" (Itar-Tass). Il est remplacé par Vladimir Kononov, un illustre inconnu né dans la région de Lougansk.  On a de la peine à comprendre ce qui se passe, mais on sent que la fin est proche...

15 août 2014 : Tandis que partout dans le Donbass, les civils meurent chaque jour par dizaines, voire par centaines, sous les bombes, les obus et les missiles de Kiev, la poutinade humanitaire continue. Les 280 camions du convoi sont garés près de la ville russe de Kamiensk-Chakhtinski-КАМЕНСК-ШАХТИНСКИЙ, à une quarantaine de kilomètres d'Izvarino-ИЗВАРИНО (carte). Ils attendent le feu vert ukrainien qui ne viendra sans doute qu'une fois la reconquête acquise.

Des combats ont lieu à Novosvetlovka-Новосветловка (entre Lougansk-ЛУГАНСК et l'ancienne poche blanche). Même si les fascistes n'ont pas encore pris possession de la zone frontalière, la route qui mène de Lougansk vers Krasnodon-КРАСНОДОН et Izvarino est coupée. Et les forces de la junte ont également été vues à Khriachtchevatoïe-Хрящеватое, un village à mi-chemin entre Lougansk-ЛУГАНСК et Novosvetlovka-НОВОСВЕТЛОВКА - autre carte. Pour ce qui fut la capitale de la RPL, la situation est désepérée.

Si l'on en croit Cassad, la ville de Krasnodon, à quelques kilomètres de la frontière russe, semble être devenue le centre d'une conspiration alliant le traître Khodakovski (voir un peu plus haut Cinquième colonne)* au milliardaire juif Akhmetov, qui fait lui aussi dans "l'humanitaire" (il vient d'annoncer son intention d'envoyer 10.000 tonnes de vivres - au moins un millier de camions). Dans ces conditions, les fascistes n'auront même pas besoin de conquérir eux-mêmes le terrain ; on le leur offrira sur un plateau d'argent. Tout cela peut sembler surprenant, mais à vrai dire, les choses sont en gestation depuis le début de la "crise". Akhmetov a toujours voulu sauvegarder ses intérêts menacés par un autre oligarque juif, Kolomoïski (voir plus haut 5 mars). Le bruit court qu'après la victoire fasciste, la junte a l'intention de rattacher les deux districts reconquis à celui de Dniepropetrovsk où règne le banquier à la kippa - détails. Il y a donc péril en la demeure pour le roi du Donbass...

* Un état-major militaire commun RPD-RPL a été établi à Krasnodon, qui coordonne (du moins en théorie) l'ensemble des opérations. Vu que le bataillon Vostok a maintenant son "centre de gravité" dans cette ville, Khodakovski y fait pratiquement ce qu'il veut.

Apparemment, tous les chefs militaires et politiques de l'insurrection, y compris Strelkov, dépendent de "stratèges" russes (connus ou non) qui manipulent leurs décisions dans un sens ou dans l'autre, avec le résultat fatal que l'on peut voir maintenant. N'ayant pas le choix, tous se sont soumis à ce système, espérant que le salut viendrait de là. En réalité, comme on peut le constater a posteriori, tout cela a conduit à la neutralisation indirecte d'une rébellion très mal vue au Kremlin.


Bombes au phosphore sur Donetsk :  photo 1 - photo 2 - photo 3  (source : Cassad)



Oui, et alors ?...  Il va falloir vous y habituer...
Demandez à Poutine d'organiser des manœuvres militaires...

Convoi russe (suite) : toujours le 15 août, dans l'après-midi, on apprend que les 280 camions ont rejoint Donetsk-de-Russie (face à Izvarino) et qu'une soixantaine de gardes-frontière et douaniers ukrainiens, venus spécialement en territoire russe à la demande de la Russie, inspectent la cargaison en présence de la Croix-Rouge et de l'OSCE. Comme il n'y avait plus de gardes-frontière ni de douaniers ukrainiens à Izvarino depuis plusieurs semaines, de deux choses l'une : ou bien ces gens sont passés par un poste frontalier situé plus au nord en territoire reconquis (il y en a un près de Derkoul - carte) ; ou bien ils sont venus directement via Krasnodon et Izvarino avec la complicité de Khodakovski.

La seconde variante semble plus plausible, puisqu'il va bien falloir de toute façon que les Ukrainiens soient à Izvarino si l'on veut que la comédie humanitaire continue. Tout cela a probablement été arrangé entre Poutine et son cher homologue...

Et pendant que les gardes-frontière ukrainiens s'activent en Russie, la propagande de Kiev, relayée par les médias occidentaux, crie à "l'invasion russe".

16 août 2014 : Carte de la situation militaire au 15-16 août

Du côté de Gorlovka-ГОРЛОВКА et Ienakievo-ЕНАКИЕВО, la résistance est parvenue à desserrer un peu l'étranglement, mais le danger reste grand. Entre la frontière russe et Krasny Loutch-Красный Луч ainsi que les villes voisines de Mioussinsk-Миусинск et Antratsit-АНТРАЦИТ, une nouvelle poche blanche s'est formée après la reconquête de Stepanovka-Степановка par les milices populaires - autre carte.

Entre Marinovka-Мариновка et Kojevnia-Кожевня, pour échapper à l'encerclement, 17 militaires ukrainiens franchissent la frontière en direction de la Russie, comme des centaines d'autres l'avaient fait avant eux dans le chaudron du sud-est. Après s'être restaurés et reposés aux frais de Poutine, les faux réfugiés retourneront sur le front. Ils ont promis à Porochenko de gagner la guerre avant le 24 août.

Autour de Lougansk-ЛУГАНСК, la situation est précaire pour la résistance. A l'ouest de la ville, les fascistes ont pris Bieloïe-БЕЛОЕ, coupant la route qui relie Lougansk à Altchevsk-АЛЧЕВСК et menaçant de dégager la poche blanche au sud-est de Lougansk. En direction de Krasnodon-КРАСНОДОН et d'Izvarino-ИЗВАРИНО, les conditions sont toujours aussi confuses (Khodakovski).


Tout ira bien :

A Donetsk, le nouveau Premier ministre de la RPD en voie d'extinction, joue aussi le rôle du clown de service. Après avoir demandé un cessez-le-feu aux fascistes le 9 août (son premier acte officiel), Zakhartchenko annonce à présent que les militaires ukrainiens se rangent massivement du côté de la République populaire de Donetsk.

Cette constatation pour le moins insolite colle parfaitement avec une autre annonce qu'il vient de faire : Strelkov, après sa démission, part en vacances (pour un mois, comme le signale Cassad). C'est une chose tout à fait normale : dans toutes les guerres, juste avant l'effondrement final, un commandant en chef qui se respecte quitte son poste et va se mettre au vert. On ne peut pas parler de désertion, non, c'est juste une mesure qui permet à l'intéressé d'être en forme à son retour, après la capitulation...  La nouvelle tâche de Strelkov après son congé, précise Zakhartchenko, consistera à s'occuper de "la création de l'armée de Novorossia". Mais sans précipitation, hein, y a pas le feu...

Comme dit Pavel Goubariev, ancien gouverneur populaire de Donetsk et ami de Strelkov : Все будет хорошо (Vsio boudiet kharacho - Tout ira bien).  Ça pourrait être la devise de la Nouvelle-Russie...

Le tube que Strelkov écoutera pendant ses vacances (interprété par Mitia Fomine - 2010 - autre lien)



Strelkov et Goubariev


17 août 2014 : Porochenko bat chaque jour son propre record de chutzpah. Hier il racontait à qui voulait l'entendre qu'une colonne de 23 chars russes avait enhahi l'Ukraine mais qu'elle avait pu être détruite à temps par l'armée de Kiev (RIA Novosti). Malheureusement, il n'existe aucune photo ni vidéo pour documenter cet événement majeur. Dommage...  Aujourd'hui, Porcofacho déclare que "dans le cadre de l'opération antiterroriste dans l'est du pays, la sécurité de la population, en particulier dans les districts de Donetsk et Lougansk, est absolument prioritaire" (Itar-Tass).

Pour illustrer ses propos, la chef de la junte fait de nouveau pilonner Donetsk (au moins dix civils tués en 24 heures) et bombarder Lougansk à coups de missiles balistiques Totchka (RIA Novosti). La résistance ne dispose pas de missiles antimissiles pour se défendre, mais elle réussit néanmoins à abattre un MiG-29 près de Lougansk et deux Su-25 du côté de Krasnodon (RT).

A Kiev, toujours selon RIA Novosti, le Pravy Sektor ("PS") donne deux jours au "président" pour relâcher 35 maïdanistes injustement arrêtés par la police le 4 août dans un restaurant de la capitale, et leur restituer toutes les armes confisquées à cette occasion. En cas de non respect de l'ultimatum, les "PSi" (chiens du "PS" - voir plus haut 12 août) menacent de retirer leurs bataillons du Donbass, de mobiliser leurs réservistes et de lancer une offensive contre le "gouvernement". Chiche !...

On se demandera évidemment pourquoi le régime facho met des fachos en prison - c'est illogique... Mais dans ce cas précis, il faut dire qu'ils ont poussé le bouchon un peu loin. Après avoir envahi le restaurant en question, ils ont exigé qu'on leur remette une somme correspondant à six mois de loyer. Devant le refus du gérant, les fachos ont viré tout le monde et se sont barricadés à l'intérieur (ces cons-là aiment vraiment les chaudrons). La police a fini par les déloger.

Comme prévu, la Russie renvoie "en Ukraine" les 17 militaires sortis la veille de la poche sud. Les exfiltrés passent par le poste de Vesselo-Vozniessenka (Novoazovsk du côté "ukrainien" - carte). Il n'est pas impossible que certains de ces rapatriés aient fait l'aller et retour pour la deuxième fois : ils auraient tort de se gêner...

18 août 2014 : Carte de la situation militaire au 17-18 août

Entre Lougansk-ЛУГАНСК et Altchevsk-АЛЧЕВСК, les fascistes qui avaient pris Bieloïe-БЕЛОЕ deux jours plus tôt, sont maintenant encerclés par la résistance qui a réussi à les contourner par le nord. Autour de Lougansk, la situation reste difficile. Même chose dans la zone de Donetsk-ДОНЕЦК et Gorlovka-ГОРЛОВКА.  Dans le sud, la poche ukrainienne existe toujours, mais sur son flanc ouest les milices populaires ont pu progresser jusqu'à Ouspenka-Успенка. D'autres poches blanches se sont formées en divers endroits. La résistance fait ce qu'elle peut, mais il ne faut pas oublier que les Ukrainiens sont trois fois plus nombreux et qu'ils disposent d'un armement pratiquement illimité.

Au sud-est de Lougansk, nul ne sait ce qui se passe exactement. Le cirque permanent autour du convoi russe bloqué depuis plusieurs jours, traduit ce manque de clarté. Les gardes-frontière et douaniers ukrainiens, logés et nourris par Poutine depuis le 15 août, sont paraît-il toujours en train d'inspecter le contenu. Il est probable que la junte, qui n'a elle-même aucun pouvoir dans ce secteur, ne "permettra" le passage de l'aide humanitaire que si elle en tire un profit, matériellement ou en termes de propagande. Elle pourrait s'emparer de la cargaison pour la revendre ou la distribuer à sa soldatesque, ou encore la détruire en accusant la résistance.

Accuser ses victimes de crimes qu'il commet lui-même, est devenu une habitude pour ce régime fasciste. Aujourd'hui encore, les terroristes de Kiev prétendent sans rougir que la résistance bombarde des convois de réfugiés, c'est-à-dire ses propres gens...


A Kiev, moins de vingt-quatre heures après que les "PSi", les chiens nazis du Pravy Sektor, aient lancé leur ultimatum à Poroshenko (roi du chocolat Roshen et Néron ukrainien), celui-ci obtempère et relâche les 35 racketteurs. Il n'y aura donc pas de guerre facho-fasciste dans les rues de Kiev : c'est bien dommage...



"Je suis le maître absolu de l'Ukraine. Au-dessus de moi, il n'y a que la
Sainte Trinité : lobby innommable, Empire américain et PSi de Iaroch...
"

■  Sympa : Poronérochenko est propriétaire, à Sébastopol en Crimée, d'un chantier naval qui travaille pour la marine russe tout en restant soumis au droit ukrainien.

■  Pas sympa : la Russie veut obliger Porko à vendre ses parts (à un acheteur de Russie) ou à placer son entreprise sous juridiction russe.

Un autre milliardaire ukrainien, Akhmetov, est un peu dans le même cas. Il est co-propriétaire d'une compagnie de services portuaires, également à Sébastopol (Itar-Tass). Mais lui n'a rien à craindre de Poutine, pour qui il est un intermédiaire - sinon un allié - qui aide à liquider de manière "élégante" la résistance du Donbass. Si la chose ne dépendait que de lui, Akhmetov aurait déjà "russifié" son entreprise, comme il l'a fait pour sa compagnie de téléphone (voir plus haut 31 juillet).


Rêve éveillé : Comment la propagande du Kremlin voit le "conflit ukrainien". Si 80 % des Russes gobent ces balivernes, il ne faut pas s'étonner de la cote de popularité de Poutine.  Ce dessin est tout récent, il ne date pas du mois de mars mais du 14 août. Son auteur, Sergueï Korsoun, doit vivre sur une autre planète. Il veut nous faire croire que la grande Russie, admirée par la Chine et l'Inde, a mis K.-O. le petit merdeux nazi de Kiev, au grand dam de son sponsor américain. Les survivants de Donetsk et Lougansk apprécieront...


Et pendant ce temps-là...

SUR L'AGENDA DU NOUVEAU PATRON DE LA RPD :

Déposer les armes et construire un mémorial pour les victimes du Boeing.
Dans cet ordre ?...

Sur proposition de Lavrov, les "observateurs" de l'OSCE [Otan Sous Couverture Européenne] qui opèrent en Russie à la frontière du Donbass, vont s'équiper de drones (RIA Novosti). Cela leur permettra d'être plus efficaces dans la lutte menée conjointement avec les autorités russes contre les "violations" commises par les séparatistes. Le seul problème, c'est que les drones ne seront disponibles que dans un délai de six à dix semaines. D'ici là, il risque de ne plus y avoir de séparatistes. Mais pour Lavrov et Poutine, c'est moins un risque qu'un espoir.

Pour sa part, la résistance a fait savoir qu'elle abattrait ces drones, car rien ne permet a priori de reconnaître d'où ils viennent, ni de dire s'ils sont armés ou pas. Mais même s'ils ne le sont pas, il y a de fortes chances que les données recueillies soient transmises, directement ou indirectement, à l'armée ukrainienne.

19 août 2014 : Carte de la situation militaire au 18-19 août

A l'ouest de Lougansk-ЛУГАНСК, les fascistes ont brisé l'encerclement de Bieloïe-БЕЛОЕ et s'efforcent de faire la jonction avec la poche blanche qui se trouve plus au sud. A la frontière russe, au sud d'Antratsit-АНТРАЦИТ, l'autre poche ukrainienne est en train de rétrécir.

20 août 2014 : Les lance-roquettes multiples Grad de la junte fasciste pilonnent sans arrêt la ville de Donetsk ; au moins 34 civils tués en une journée, selon Itar-Tass, et dix de plus à Makeïevka, la ville voisine. Les conditions de vie sont maintenant comparables à ce qu'elles étaient à Slaviansk fin juin : ni eau, ni electricité, très peu de nourriture, presque plus de carburant, communications téléphoniques et Internet extrêmement difficiles. Tous les gens qui peuvent partir n'hésitent pas à le faire, il ne reste plus qu'un quart de la population. A la périphérie de l'agglomération, les combats font rage... Situation similaire, sinon pire, à Lougansk où les missiles Totchka causent des dégâts terrifiants. Quitter cet enfer est plus difficile qu'à Donetsk, car les fascistes encerclent presque entièrement la ville.

La résistance parvient à descendre un avion ukrainien Su-24M à Novosvetlovka (au sud-ouest de Lougansk) et deux hélicoptères d'attaque Mil Mi-24 à un endroit non précisé de la région de Lougansk (source : ASN - Aviation Safety Network).

A Moscou, des maïdanistes plantent le drapeau ukrainien au sommet d'un gratte-ciel et repeignent en bleu-jaune le symbole soviétique qui s'y trouve encore - détails. Pour le khouille-lo du Kremlin (15 juin) c'est un petit avant-goût de ce qui l'attend prochainement en Russie, quand les fascistes auront entièrement reconquis le Donbass. En attendant, il n'aura qu'à se plaindre auprès de Porkochenko quand il le verra à Minsk la semaine prochaine. (A vrai dire, Poutine sera même trop lâche pour protester. Il essaiera plutôt d'amadouer son cher homologue pour obtenir de lui le feu vert pour le convoi humanitaire.)



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21 août 2014 : Carte de la situation militaire - A l'ouest, pas de changement ; au sud, poche blanche réduite ; au nord, la résistance progresse un peu mais sans pouvoir expulser les facistes.

A Slaviansk, les habitants ont disparu, remplacés par des Ukrainiens de l'Ouest

Kiev sous pression : date butoir du 24 août pour faire plier le Donbass  (par Alexandre Sivov, sur le blog d'Allain Jules)

■  Sivov parle de "l'aide fantôme" de Poutine et de l'aide réelle, mais malheureusement limitée, apportée par une partie de la population russe, y compris certains militaires - voir le lien au 3ème paragraphe : "munitions pour l'artillerie 'economisées' par les officiers russes pendant les grandes manœuvres et marquées comme 'utilisées', puis passées 'illégalement' dans le Donbass sans l'accord du Kremlin".

■  Egalement de Sivov : "Des insurgés blessés qui vont en Russie en quête d'une aide médicale sont refoulés des hôpitaux russes", alors que les tueurs de l'armée fasciste sont soignés par Poutine et renvoyés "en Ukraine" pour continuer la sale guerre de Porko.

■  Un commentaire de "Marcel" (1:08) : "Cette guerre risque de se terminer comme la guerre d'Espagne (1936-39). Le problème c'est que les indépendantistes pro-russes ne pratiquent pas la guerre asymétrique mais une guerre de position et de front (armée contre armée, face à face), une guerre classique qui fait de nombreux morts des deux côtés mais surtout du côté des indépendantistes. A ce jeu, les Ukrainiens ne tarderont pas à s'emparer de tout le territoire, surtout qu'ils ont le soutien massif des Occidentaux... Il faudrait justement que les indépendantistes pratiquent la guerre asymétrique ou de guérilla..."

22 août 2014 : Incroyable sursaut d'énergie de la chiffe molle du Kremlin. Après avoir attendu en vain pendant dix jours que son cher homologue de Kiev ait la bonté de lui accorder une autorisation qu'aucun chef d'Etat digne de ce nom n'aurait jamais sollicitée, Poutine finit par comprendre et envoie ses 280 camions à Lougansk sans feu vert ukrainien - et sans escorte de la Croix-Rouge, c'est-à-dire sans espions occidentaux embarqués. Pour le coup, c'est Porko qui est chocolat. Le chef des troupes d'invasion ukrainiennes au Donbass proteste, parle d'invasion russe, supplie ses commanditaires de l'OTAN de faire quelque chose - il peut toujours attendre.

C'est exactement la réaction qu'on aurait pu observer en avril si Moscou avait eu le courage de soutenir les deux républiques quand il en était encore temps (voir plus haut la remarque de Paul Craig Roberts).  Mais comme le khouille-lo moscovite (15 juin) a fait exactement le contraire de ce qu'il fallait faire, on en est là aujourd'hui : régime fasciste renforcé à Kiev, quatre mois de guerre contre la population civile, 10.000 morts, épuration ethnique, villes détruites, infrastructure démolie, catastrophe humanitaire...

Protégée par les milices populaires, l'aide russe, pour une fois officielle, a pu parvenir à Lougansk, mais par des chemins détournés pour éviter les localités occupées par les Ukrainiens. Il semblerait que ces derniers n'aient pas osé - ou n'aient pas pu - s'attaquer au convoi, qu'ils auraient pourtant aimé détruire à défaut de pouvoir s'en approprier le contenu. Ces ordures ne tirent leur force que de la lâcheté de Poutine. Que cette lâcheté s'efface un instant, et les Ukies redeviennent quantité négligeable. Ils ne manqueront pas de se rattraper à la première occasion...


Luc Michel : La Transcarpatie insurgée refuse la sale guerre de Kiev au Donbass  (la Transcarpatie est en vert sur cette carte). "Des actions spontanées pour bloquer les routes de la région empêchent les administrations pro-Kiev de fonctionner efficacement et paralysent l'exécution des ordonnances de la junte sur la conscription, appelant la population de la région à se joindre aux forces qui luttent contre la Novorossia. En Hongrie, la Trancarpatie dispose d'un soutien important..."


Carte de la situation militaire au 22 août - Pas de grands changements, sinon que les fascistes sont maintenant de nouveau encerclés à Bieloïe-БЕЛОЕ, à l'ouest de Lougansk-ЛУГАНСК.

Sans trop vouloir se mouiller, on peut prédire que la grande victoire finale de Porko ne sera pas pour le 24 août. Mais il y aura quand même un défilé à Kiev en présence d'invités occidentaux, dont Frau Merkel. La garde d'honneur du "président" pourra montrer ce qu'elle sait faire (photo prise lors de l'intronisation du 7 juin - ce jour-là, la vodka avait coulé à flots).

En tout cas, pour les fascistes et leurs sponsors, l'encerclement de Donetsk est parfait après deux semaines de campagne, comme le montre cette autre carte publiée par la junte et mise en ligne par le Washington Post. Gorlovka (Horlivka en patois galicien) est entièrement "libérée". Un couloir ukrainien relie cette ville à Chakhtiorsk-Thorez et coupe en deux la zone indépendantiste. La ville de Sniejnoïe a été reconquise elle aussi, et la frontière sud avec la Russie entièrement dégagée. Enfin, Lougansk n'est plus qu'une simple poche de résistance de la résistance, son encerclement étant encore plus radical que celui de Donetsk. A comparer avec la carte précédente...  Si la situation militaire évolue de cette façon-là, personne ne dira que les Ukrainiens prennent leurs désirs pour des réalités ; ils auront tout simplement anticipé l'avenir.

Encore un signe anticipateur : les nouvelles couleurs de la Place Rouge

23 août 2014 : Kiev digère mal l'affaire des 280 camions. Dernière invention de la junte : avant de repartir, les Russes ont "volé du matériel militaire ukrainien sophistiqué". On voit que ces salauds de Rousskoffs sont capables de tout et de son contraire : fournir des armes à l'insurrection parce qu'elle n'en a pas assez, et la délester d'une partie de son armement parce qu'elle en a trop. Logique... Les fachos ont réussi à scanner un de ces fameux camions blancs avec son chargement illégal, mais ils ne savent plus si c'était à l'entrée ou à la sortie. Sûrement les deux à la fois...




Encore un mystère que seule la logique ukraino-fasciste est en mesure d'élucider : si les Russes ont embarqué ce matériel, c'etait forcément dans un secteur tenu par les séparatistes. Dans ce cas, comment les Ukrainiens peuvent-ils le savoir : espion, satellite, petit doigt, boule de cristal ?... Et si le matériel a été "volé" dans une zone contrôlée par les Ukies, pourquoi ont-ils laissé faire ?...

Dans cet article, "The Saker" explique pourquoi il n'y a ni soulèvement de la population ukrainienne contre la guerre à l'Est, ni contre-offensive des forces de Nouvelle-Russie. L'auteur évoque aussi la question des cartes fantaisistes publiées par Kiev (voir quelques lignes plus haut).

Mi-optimiste mi-réaliste, le "Saker" écrit : "Sauf facteur externe venant geler le conflit, les deux adversaires continueront d'avancer et de reculer avec des succès tactiques mineurs, jusqu'à ce que l'un des deux atteigne son point de rupture. On n'assistera pas alors à une retraite graduelle mais à un brusque effondrement du vaincu. Pour le moment, je suis bien incapable de dire qui est le plus près de ce point de rupture..."  (Habituellement, les articles de ce blogueur ont plutôt tendance à transformer chaque recul de la résistance en victoire stratégique, et à y voir un signe de la défaite imminente de la junte.)

24 août 2014 : A Kiev, le chef de la junte terroriste, qui croyait vaincre à temps pour le 24 août, doit reporter sa victoire à plus tard. En attendant, il fait des promesses et dépense l'argent des Européens.


PORKO DÉBLOQUE :

Il ne les prendra pas sur sa fortune personnelle...

Pendant que Porochenko, dans les rues de Kiev, fait parader ses chars flambant neufs offerts par l'UE, à Donetsk la résistance expose ses prises de guerre : matériel ukrainien pris ou détruit et prisonniers capturés (autre lien - encore un). Solidement encadrés par la milice populaire, les soudards de Kiev marchent sous les quolibets de la foule, la tête basse, les mains attachées derrière le dos. Après le passage de cette racaille, salubrité oblige, des camions de la voirie nettoient la chaussée - comme à Moscou en 1945, quand l'URSS avait exhibé ses prisonniers de guerre.







Comme leurs inspirateurs soviétiques de la Deuxième Guerre mondiale (pour les Russes : la Grande Guerre patriotique), les soldats de l'armée du Donbass ont mis la baïonnette au canon, mais ils n'auront pas à s'en servir. (On remarquera au passage que les fusils, récupérés on ne sait trop où, étaient déjà démodés en 1945.)




Malgré cette manifestation hautement symbolique de la résistance, il ne faut pas oublier que la situation reste critique. La junte criminelle et sa soldatesque - les collègues de ces salopards piteux qu'on voit sur les photos - continuent de tuer des civils jour et nuit. A Donetsk, ils ont même frappé un hôpital. Il n'y a pas de trêve des massacres pour le 24 août.

Au même moment à Saint-Pétersbourg, selon LifeNews, un groupe de militants de L'Autre Russie (une organisation "illégale" qui désapprouve l'inaction du Kremlin) déploie le drapeau de Novorossia devant le consulat ukrainien et scande "Gloire à la Nouvelle-Russie", "le Donbass est une terre russe", "Mort à la junte de Kiev". Alertée par les Ukrainiens, la police russe embarque les manifestants. Sans commentaire...

25 août 2014 : Après la parade de Donetsk, les merdias occidentaux sont unanimes à dénoncer la "violation de la Convention de Genève" que constituerait cette "humiliation" infligée aux pauvres soldats ukrainiens prisonniers. Quand ces mêmes soldats - et beaucoup d'autres de ces terroristes - massacraient les civils du Donbass, journalopes et pressetitués étaient bien sûr aux abonnés absents - et ils le sont toujours alors que les massacres continuent.

Pour eux, ceci n'est pas une violation de la Convention de Genève, et encore moins ceci - deux exemples parmi des milliers d'autres...



SI ÇA POUVAIT ÊTRE VRAI :

Selon un "témoin" (qui a un peu trop arrosé le 24 août avec le correspondant de Zik Heil),
des troupes russes envahissent l'Ukraine et sont en route pour Marioupol
(ville de RPD occupée par les Ukrainiens - carte).


Carte de la situation militaire au 24-25 août :

Légers progrès de la résistance au nord de Lougansk-ЛУГАНСК. Au sud de la ville, il y a maintenant trois réduits ukrainiens : à Bieloïe-БЕЛОЕ, à Loutouguino-Лутугино et entre l'aéroport-АЭРОПОРТ et Novosvetlovka-Новосветловка. Progrès également au sud de Donetsk-ДОНЕЦК avec la reconquête de Ielenovka-Еленовка. Des fascistes sont encerclés près de cette localité, de même qu'à Ilovaïsk-ИЛОВАЙСК et dans une poche de plus grande étendue à l'ouest d'Ambrosievka-АМВРОСИЕВКА. C'est là que l'armée populaire regagne le plus de terrain, mais rien n'est réglé pour autant, évidemment. Dans la nouvelle grande poche blanche du sud-ouest, où sont enfermés plusieurs milliers d'Ukrainiens, se trouvent les localités de Blagodatnoïe-Благодатное, Bondarievskoïe-Бондаревское et Kouteïnikovo-Кутейниково.


Suite : Donbass (II)





CARTES :

Ukraine - carte d'ensemble

La Nouvelle-Russie

Ukraine - Crimée - Donbass

Ukraine - Retour vers le futur ?
En rouge sur la carte : la Nouvelle-Russie - En bleu : la Petite Russie (avec Kiev)
En vert : la Ruthénie subcarpatique - En orange : l'Ukraine proprement dite

Evolution de la situation militaire - voir plus haut :
6 juillet - 7 juillet - 13 juillet - 21 juillet - 23 juillet - 28 juillet - 2 août - 8 août - 10-11 août
13 août - 15-16 août - 17-18 août - 18-19 août - 21 août - 22 août - 24-25 août

Donbass - RPD et RPL - cartes très détaillées, en russe
(1 carré bleu ou noir sur la carte = 4 x 4 km sur le terrain) :
1) Donetsk - partie nord - voir éventuellement ici
2) Donetsk - partie sud - voir éventuellement ici
    3) Lougansk - partie nord - voir éventuellement ici
   4) Lougansk - partie sud - voir éventuellement ici

Chacune des deux républiques a une superficie d'environ 26.500 km²
(A titre de comparaison : Bretagne 27.000 km², Belgique 32.000 km²)






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