TUNISIE, ÉGYPTE I, LIBYE I, ETC.

- Le choix des pays arabes : la révolu-sion ou la guerre -






Révolu-sion en Tunisie     en Egypte     en Libye

et ailleurs  (Algérie, Yémen, Bahreïn, Soudan, etc...)

mais pas au Qatar

et surtout pas en Israël


"Révolutions" arabes et confusion politique

L'affaire Moussa Sadr
(ou pourquoi l'Iran et le Hezbollah aiment les rats libyens)



 TUNISIE 

16 janvier 2011   Affligeant   Deuxième phase de la révolu-sion
Vont-ils sodomiser Sarkozy ?   Confirmation   Condamnations   Elections
Un an de révolu-sion   Novembre 2012 : terrorisme islamo-sioniste
Deux ans de révolu-sion   Donne-moi une constitu-sion



 EGYPTE I (2011-12) 

25 janvier 2011   1er février 2011   5 février 2011 - Derrière les coulisses
11 février 2011 - Départ de Moubarak   21 février 2011   15 mars 2011   7 mai 2011   1er juin 2011   29 juin 2011
14 août 2011   5 septembre 2011   14 septembre 2011   2 octobre 2011   18 novembre 2011   4 décembre 2011

23 janvier 2012   18 février 2012   31 mars 2012   2 juin 2012   7 septembre 2012   12 novembre 2012   23 décembre 2012

Suite (Egypte II - à partir de 2013)



 LIBYE I (2011) 

Quand on refuse la révolu-sion...
20 février 2011   27 février - 1ère résolution de l'ONU   1er mars   5 mars
7 mars  12 mars - La Ligue arabe veut la guerre

... Il faut subir la guerre de l'OTAN
18 mars 2011 - 2ème résolution de l'ONU   19 mars   20 mars   21 mars   22 mars   23 mars
24 mars   26 mars   29 mars   1er avril   7 avril   11 avril   20 avril   24 avril   26 avril   30 avril
17 mai   9 juin   22 juin   1er juillet   12 juillet   20 juillet   1er août   11 août   15 août   20 août
22 août   24 août   26 août   28 août   31 août   5 septembre   14 septembre   18 septembre
29 septembre   7 octobre   14 octobre   20 octobre - "mort de Mouammar Kadhafi"   24 octobre
26 octobre   3 novembre   7 novembre   19 novembre - "capture de Saif al-Islam Kadhafi"
24 novembre   4 décembre   17 décembre

2 janvier 2012   Suite (Libye II - à partir de 2012)

Les mauvaises fréquentations de Kadhafi  







RÉVOLU-SION EN TUNISIE


16 janvier 2011 - Un communiqué du Groupe SIONISTICO de Tel Aviv :




VOUS AVEZ AIMÉ OBAMA ET SON CHANGEMENT ?


Obama et le "changement"




VOUS AVEZ AIMÉ WIKILEAKS ET SES RÉVÉLATIONS ?


WikiLeaks




VOUS AIMEREZ LA RÉVOLUTION DU JASMIN ET SON PARFUM DE LIBERTÉ :



Notre nouvelle production vous est présentée par
le général Rachid Ammar, l'homme fort du Groupe SIONISTICO à Tunis.

Quand y en Ammar en Tunisie, c'est tout bon pour Israël.


Comme à Téhéran en 2009, mais en beaucoup plus réussi, c'est via Twitter
et Facebook (outils "sociaux" sionistes) que les émeutes dirigées de l'extérieur ont été coordonnées.


NATO, Mossad and DST/DCRI very active in Tunisia

Une vingtaine d'agents du Mossad exfiltrés de Tunisie

La main invisible derrière le départ de Ben Ali
"Ce sont les Américains qui ont pris les choses en main. Les militaires américains ont parlé avec
leurs homologues tunisiens, et Ben Ali a été prié de quitter le territoire sans plus attendre.
"
Michèle Alliot-Marie - ministre française des Affaires étrangères.

("Les Américains", c'est bien entendu le gant yankee qui recouvre la main sioniste.)


La chaîne américaine CNN (alias NCNN - NeoCon News Network ou ZNN - Zionist News Network)
assure une couverture sans précédent de la belle révolu-sion tunisienne.
Au centre du spectacle, comme il se doit, son correspondant Ben Wedeman,
Juif israélo-américain, chef du bureau du Caire basé à Jérusalem,
un vieil habitué de toutes les guerres et interventions sionistes de ces dernières années.


Selon Kawther Salam, journaliste palestinienne d'Hébron exilée à Vienne, les services israéliens
sont très actifs en Tunisie. Ils s'appuient sur les 1500 Juifs qui vivent à Tunis et à Djerba.
La synagogue El Ghriba de cette île, que le Mossad a fait sauter en 2002,
tuant une vingtaine de touristes étrangers, est une cellule du Mossad.



Question à 100 dinars :
Combien de temps faudra-t-il à la population tunisienne
(et à ses soutiens de la gauche candide de France et de Navarre)
pour comprendre qu'elle est en train de se faire niquer par ses pires ennemis ?




Affligeant :

OÙ FINIT LA NAÏVETÉ, OÙ COMMENCE LA MANIPULATION ?



Ces jours-ci, le site de Michel Collon est plein d'articles du même genre. Ces gens-là croient-ils vraiment qu'on laisse le peuple faire la révolution ? D'où viennent ces "hackers performants" qui "contournent le blocage" au moment opportun ?  Si c'était si simple, pourquoi ont-ils attendu tout ce temps avant d'agir ?...   La réponse crève les yeux : c'est parce que la section "hacking performant" du Mossad (ou de l'armée des Tsahalos) n'a donné le feu vert qu'en décembre 2010. Et si les hackers eux-mêmes se disent "tunisiens", c'est probablement parce qu'il s'agit de Juifs israéliens originaires de Tunisie (eux, leurs parents ou leurs grands-parents). La soi-disant cyber-révolution tunisienne n'est pas si tunisienne que ça. Et surtout, elle n'est pas "la première". Avant la Tunisie, les cyber-soldats de l'Etat voyou juif avaient déjà "révolutionné", avec plus ou moins de succès, l'Iran, le Liban, la Serbie, la Géorgie, la Moldavie, l'Ukraine et quelques autres pays de l'ex-URSS. C'est toujours le même scénario : non seulement l'histoire récente se répète, mais elle se répète de plus en plus vite.

Israel's Unit 8200 : Cyber Warfare - c'est de là que viennent les attaques informatiques.

Lancer un "appel aux hackers de tous les pays de s'unir et de coordonner des attaques ciblées sur les sites officiels tunisiens", comme le fait le granfilozof sioniste Bernard-Henri Lévy, c'est un peu comme si l'on avait exhorté les militaires de Tel Aviv, début janvier 2009, à bombarder Gaza au phosphore. Ni les holocausteurs israéliens, ni les hackers "de tous les pays" (c'est-à-dire les hackers juifs de l'Unité 8200 originaires des USA, du Canada, de France, d'Angleterre, de Russie et d'ailleurs) n'ont besoin des conseils de quiconque pour entrer en action.

Voir également plus bas : Le club des amis de Candide.





Opération intox des Crapules Racistes Israéliennes de France

Un membre de la direction du CRIF nous refait le coup du RER D... en Tunisie :  "Sammy Ghozlan, tristement célèbre depuis des années pour la propagation de fausses nouvelles sur l'antisémitisme en France, vient de tenter sa chance en Tunisie, avec un canular provocateur dont il ressort, une fois encore, la queue basse. Son mal nommé 'Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme' (BNVCA) a en effet lancé un communiqué, fort détaillé, faisant état de la destruction d'une synagogue à El Hamma, près de la ville de Gabès (sud de la Tunisie). Seul petit problème : comme le souligne le président de la communauté juive de Tunisie, dans une déclaration officielle à l'AFP, il n'y a pas de synagogue à El Hamma !..."

Petit rappel : quelques agressions antisémites bidon de ces dernières années.


Critère infaillible

Un critère infaillible pour juger de l'authenticité d'un mouvement protestataire, c'est de regarder qui le soutient. Si les médias dominants ne cessent d'en parler en bien, c'est que les dés sont pipés. Les véritables révolutions, celles qui menacent l'ordre établi des maîtres du monde, sont soit passées sous silence, soit systématiquement calomniées (voir le cas du Venezuela). Et elles ne s'affublent jamais d'un nom de fleur ni d'une couleur - autre que le rouge - choisie par Soros et compagnie.

En Tunisie, l'appel d'air provoqué par la chute de Ben Ali attise les protestations authentiques, de sorte qu'il est difficile, au bout d'une semaine ou deux, de distinguer le spontané de la pure mise en scène. Les instigateurs des événements, craignant sans doute que le processus leur échappe, envoient sur place Jeffrey Feltman, un des innombrables conseillers juifs de Barack Obama.

Feltman est co-vice-ministre des Affaires étrangères pour les questions touchant le Moyen-Orient. En tant qu'ambassadeur à Beyrouth de 2004 à 2008, il a préparé et dirigé la subversion consécutive à l'assassinat de Rafic Hariri - assassinat auquel il a très certainement été mêlé. De 2002 à 2004, Feltman a représenté son pays (les Etats-Unisraël) à Erbil, dans le nord de l'Irak (c'était donc avant, pendant et après l'invasion). Auparavant, de 2000 à 2002, il a "travaillé" à l'ambassade américaine de Tel Aviv, un endroit qu'il connaissait bien pour y avoir exercé ses talents de 1995 à 1998... Avec un tel pedigree, on peut lui faire confiance pour mener à bon port la "révolution du jasmin".


Motivations

Evidemment, on se demandera pourquoi les sionistes, bien que très influents sous Ben Ali, ont subitement décidé de larguer le dictateur. A cela, il n'y a pas d'explication logique. La logique telle que la comprennent les gens normaux est parfaitement étrangère aux sionistes. Ou plutôt, ils ont leur "logique" à eux, très mystérieuse, très talmudique. Après avoir longtemps soutenu Saddam Hussein, ils ont poussé les Etats-Unis à lui faire la guerre à partir de 1990-91 ; après avoir placé le "communiste" Edouard Chévarnadzé sur le trône de Géorgie, il l'ont renversé en 2003...  Aucune des créatures de l'Empire ne doit avoir le sentiment qu'elle est là pour toujours. Le sionisme ne connaît ni amis ni alliés, tout au plus des vassaux et des serviteurs que l'on peut congédier sans préavis. Ben Ali a été prié de "dégager". Moubarak risque de suivre.

A défaut de comprendre vraiment les motivations des scénaristes de l'affaire tunisienne, on ne peut que supposer que le chaos qui menace ce pays sert les intérêts d'Israël dans la situation actuelle bien mieux que ne pouvait le faire Ben Ali. Même chose en Egypte et peut-être en Algérie. Quand les Arabes s'entretuent, ils oublient la Palestine. Diviser pour mieux régner - en mettant le feu au tiers-monde, l'Etat voyou juif espère surmonter son isolement et détourner l'attention de ce qu'il est en train de préparer au Moyen-Orient (Liban, Syrie, Iran).


Deuxième phase de la révolu-sion tunisienne

Elle se déroule, mi-février 2011, dans le sud de l'Italie. Des milliers de "réfugiés" débarquent à Lampedusa (une île plus proche des côtes tunisiennes que de la Sicile) et demandent aussitôt l'asile "politique". Comme ils sont plus nombreux que les habitants de l'île, on les expédie vers d'autres destinations italiennes en attendant de les envoyer en France ou en Allemagne - où, comme chacun sait, il n'y a aucun problème de chômage.

Tout le monde est content : les émigrés, qui seront pris en charge par les Etats occidentaux ; les "élites" de ces pays, trop heureuses de faire pression sur le marché du travail afin de faire baisser les salaires ; les passeurs tunisiens, qui réclament 1.500 € par tête au minimum (1.500 x 5.000 = 7.500.000 € pour commencer) ; et les révolu-sionistes, qui admirent le chaos qu'ils ont créé des deux côtés de la Méditerranée.  Alors que sous Ben Ali, personne ne fuyait son pays pour des raisons économiques, la Tunisie "libérée" et "démocratisée" (où l'on est en train de couler l'industrie touristique) est en passe de devenir une seconde Albanie qu'il faudra, bien entendu, "aider". On ignore encore ce que pense la population des pays payeurs et hébergeurs, mais elle est certainement contente, elle aussi...

Dans les jours et les semaines qui suivent, l'afflux de "réfugiés" se poursuit sans éveiller l'attention. Les médias ont reçu l'ordre de rester discrets ; on veut éviter d'affoler la population européenne qui en pince pour la révolu-sion.

Le 5 avril 2011, on apprend que l'Italie a déjà accordé aux "réfugiés" 23.000 visas "Schengen" permettant de séjourner dans la plupart des pays de l'UE plus la Suisse, la Norvège et l'Islande. Ces visas délivrés sur la base d'un accord bilatéral avec la Tunisie, ne concernent que les ressortissants de ce pays. Le nombre total de "réfugiés" (y compris les Libyens et les personnes d'autres nationalités africaines) est évidemment bien supérieur à ce chiffre de 23.000.* On voit que l'immigration tolérée (pour ne pas dire encouragée) fait partie de l'agenda révolu-sioniste. Le naufrage d'un bateau libyen à proximité de Lampedusa, le 6 avril, avec plus 100 morts ou disparus, ne va sans doute pas ralentir le flux migratoire ; il augmentera à coup sûr la "bienveillance" des autorités européennes pour cette forme de "tourisme" prétendument clandestin.

* Début mai 2011, le chiffre officiel est de 75.000.


Vont-ils sodomiser Sarkozy ?

Dans un premier temps, Sarkozy refuse de laisser entrer en France les "réfugiés de la révolution" : en violation des lois européennes, il leur bloque le passage à la frontière de Vintimille. Forcément, de Menton à Saint-Trop, ses potes n'aiment pas beaucoup le Lumpenproletariat, surtout quand il vient d'Afrique. Que les Tunisiens aillent dans le 93, Maître Sarkouille n'y voit pas d'inconvénient, bien au contraire. Mais une fois qu'ils seront sur la Côte d'Azur, les mecs ne monteront pas à Paris, c'est ça le problème.

D'ailleurs, les dernières déclarations de Jean-Marie Le Pen ont jeté un froid à l'Elysée. Le papa de sa fille a dit texto dans une interview à France-Soir : "Vous avez vu les foules en Egypte, en Tunisie, en Syrie ? Le jour où vous avez une foule comme ça qui descendra les Champs-Elysées !... Ce n'est rien, pour eux, à la limite, d'avoir 300.000 personnes. Qui les arrêtera ?... Et s'ils descendent les Champs-Elysées, ce ne sera pas pour faire joujou... Par exemple, s'ils veulent sodomiser le Président. Ils se donnent ça comme objectif : arriver jusqu'à la grille du Coq [l'entrée de l'Elysée 'par derrière'], l'enfoncer, et ensuite 'le' sabrer ?... Je répète : qui les arrêtera ?..."

Frédéric Mitterrand, en tant que ministre hexagonal de l'Enculture, a promis de s'interposer, le moment venu, entre la foule en colère et le président. Tata-neveu-de-Tonton a tenu à rappeler aux futurs manifestants qu'il était un grand ami de la Tunisie : villa à Hammamet, partouzes fréquentes, excellents contacts avec la famille Ben Ali et même, quelque part au fond d'un tiroir, un passeport tunisien à son nom, je crois qu'il est encore valable.


S'il était besoin d'une confirmation

Juin 2011 : Les révolutions arabes ne sont que des coups d'Etat militaires masqués - c'est Eric Denécé, un ancien du renseignement, qui le dit.

Dans cet autre article, le journaliste investigateur américain Webster Tarpley craint que le "printemps arabe" bidon ne soit le prélude à un été de guerre. A propos de la fausse "lesbienne de Damas", derrière laquelle se cachait un "étudiant" américain de 40 ans (13 juin 2011), Tarpley se demande : "Combien de films, de photos et d'interviews diffusés ou mis en ligne pour dénoncer les crimes soi-disant commis par les régimes libyen, syrien ou autres, ont-ils en fait été fabriqués de toutes pièces par les services de désinformation et de propagande de la CIA ?...  Combien de scoops présentés sur les réseaux sociaux en rapport avec le 'printemps arabe' sont-ils en réalité l'œuvre des trolls de l'US Cyber Command ?..."


Condamnations

Le 20 juin 2011, au cours d'un "procès" de quelques heures, Ben Ali est condamné par contumace à 35 ans de prison et 45 millions d'euros d'amende, pour détournement de fonds. Le second volet de l'acte d'accusation (détention d'armes et de stupéfiants) est "jugé" quelques semaines plus tard et se solde par une condamnation à 15 ans et demi de prison. Il est également question de traduire l'ancien président devant un tribunal militaire pour "homicide volontaire, torture et trahison". On se demande qui Ben Ali a bien pu trahir, peut-être Sarkozy ?...

L'ancien grand ami de la France, exilé en Arabie Saoudite (pays démocratique allié des Etats-Unisraël), n'a pas quitté la Tunisie de son plein gré - on le savait déjà depuis le début, notamment grâce à Michèle Alliot-Marie (voir plus haut). Ce que l'on apprend aujourd'hui, c'est que "Ben Ali a été victime d'un stratagème ourdi par le responsable de sa sécurité, le général Ali Seriati. Celui-ci, évoquant la menace d'un assassinat, a poussé le président à aller mettre sa famille à l'abri, et empêché son retour en Tunisie."

Pour l'écrasante majorité de la population tunisienne, rien ne s'est amélioré, bien au contraire. L'industrie touristique est en ruines, le chômage en augmentation, l'émigration clandestine se poursuit. Mais la propagande occidentale continue de parler de "printemps arabe".

Juin 2012 - Les juges mis en place par la révolu-sion ne connaissent plus de retenue : à l'issue de deux nouveaux procès-farces, ils condamnent l'exilé Ben Ali, d'abord à 20 ans de prison pour incitation à la violence, puis à la perpétuité pour complicité d'homicide volontaire.

Les procès se suivent et se ressemblent : en juillet 2012, nouvelle condamnation à perpétuité pour la mort de manifestants en janvier 2011.  Ce qui donne en tout (décompte provisoire) : deux fois perpète + 70 ans et demi.  A suivre...


Elections

Le 23 octobre 2011, élections dites "libres" en vue de désigner une Assemblée constituante dont le rôle consistera à adopter une constitution pré-rédigée en Occident. La "liberté" de ces élections ne va pas jusqu'à autoriser la participation des anciens partis (en particulier du RCD de Ben Ali) ni celle de véritables islamistes. Le vainqueur des élections, avec 41 % des voix, est le parti Ennahda (Mouvement de la Renaissance) que les médias présentent comme "modérément islamiste", ce qui est une contradiction en soi, puisqu'un "islamiste" est un musulman extrémiste, un fanatique religieux, qui par définition ne peut pas être "modéré". En fait, Ennahda est islamique, c'est-à-dire tout simplement musulman (comme le CDU allemand est chrétien, par exemple).

Il y a fort à parier que la politique d'Ennahda ne sera pas plus "radicale" que celle du Premier ministre turc Erdoğan : coups de gueule occasionnels et proclamations fracassantes, mais rien derrière. C'est ainsi sans doute qu'il faut apprécier la déclaration d'Al-Mounsel Ben Salem, un des dirigeants du parti, qui vient d'affirmer son intention de fermer la représentation israélienne ouverte à Tunis sous Ben Ali. On aimerait bien voir ça...


Un an de révolu-sion

Fin décembre 2011, après une année de révolu-sion tunisienne, la situation est pire que jamais : chômage en hausse, tourisme moribond, chaos permanent, influence israélienne accrue, censure systématique, désinformation totale par le biais d'Al-Jazeera et de ses copies étrangères (France24 Arabic, BBC Arabic, Al-Arabiya).  Selon le site Algeria ISP, pendant les événements de Libye, les manifestations pro-Kadhafi étaient interdites en Tunisie, de même que la diffusion d'images des rassemblements de masse à Tripoli. Les gens sont complètement ignorants de ce qui se passe à quelques centaines de kilomètres de chez eux. De la sorte, si l'on en croit un sondage, 80 % de la population tunisienne aurait approuvé le changement de régime en Libye.

La révolu-sion a apporté aux Tunisiens une nouvelle "liberté" (à part celle de crever de faim et d'émigrer) : la "liberté" d'organiser des défilés homosexuels sur la voie publique et de présenter le sodomisme judéo-occidental comme une "valeur universelle". La propagation offensive de la pédérastie est depuis longtemps une arme sioniste de destruction massive des sociétés, en l'occurrence de la société arabe (voir Sionisme et homosexualisme).

Dans la même catégorie, il faut mentionner les Femen, ce mouvement de gouines provocatrices au service de la révolu-sion. Elles sont, paraît-il, "contre le sexisme et la religion". C'est pour cela qu'elles montrent leurs seins dans les églises et bientôt, espèrent-elles, dans les mosquées - mais surtout pas dans les synagogues de leurs sponsors... Ces tarées prétendent que leur corps leur appartient : si c'était vrai, elles ne l'exposeraient pas en public...  Les médias sionisés nous racontent que "la première Femen de Tunisie", une certaine Amina Tyler (un nom pas très tunisien), serait portée disparue. A-t-elle jamais vraiment existé ?...

En juin 2012, des manifestations secouent de nouveau le pays, dirigées au départ contre une exposition d'art "moderne" jugée offensante pour l'islam. La répression est brutale : au moins un mort et dix blessés. Les œuvres montrées à La Marsa (près de Tunis) étaient pourtant "inoffensives" aux yeux des organisateurs : par exemple une femme presque nue avec en arrière-plan des hommes barbus, ou des fourmis sortant d'un cartable d'écolier et formant le nom d'Allah.

Encore un signe que la Tunisie "nouvelle" est loin d'avoir assimilé la "culture judéo-chrétienne". Mais pour les révolu-sionistes, la chose a du bon, elle permet en effet de créer des désordres à la demande... Si les partis "islamistes" étaient sérieux, s'ils n'étaient pas contrôlés par le lobby innommable, ils organiseraient eux-mêmes une exposition s'attaquant aux tabous judéo-chrétiens. Je vous laisse le soin de deviner lesquels, ils ne sont nullement religieux, à moins de redéfinir le mot religion...  Voir :  Les religions sont-elles au cœur du problème ?


Terrorisme islamo-sioniste

Novembre 2012 : La Tunisie envoie des djihadistes en Syrie

"En étroite collaboration avec les services britanniques et israéliens, Rached Ghannouchi [la vieille ganache qui préside le parti islamiste] enrôle de jeunes Tunisiens pour les envoyer tuer et se faire tuer en Syrie. En contrepartie de ce 'djihad', la promesse anglo-américaine de maintenir Ennahda au pouvoir...  La Tunisie est devenue le premier exportateur de terroristes..."

Rached Ghannouchi reçu par Martin Indyk - Le "frère jumeau" de Chalghoumi "a été chaleureusement accueilli par Martin Indyk, ancien ambassadeur US en Israël et leader du mouvement sioniste". Ghannouchi "a prononcé un discours, le 31 mai 2013, au Saban Center for Middle East Policy (Brookings Institution)."  (Le Saban Center de Washington porte le nom du milliardaire juif américain Haim Saban.)


Deux ans de révolu-sion

Février 2013 : la révolu-sion, pour ne pas sombrer dans l'oubli en Occident, a besoin de terroristes non seulement en Syrie (voir quelques lignes plus haut) mais aussi en Tunisie même.

Comment relancer le processus ?...  On assassine un "leader de l'opposition", en l'occurrence un certain Chokri Belaïd, dont le parti politique (Mouvement des patriotes démocrates) a remporté 1 siège (un) sur 217 aux élections d'octobre 2011. Belaïd était probablement plus connu dans les bureaux de la DGSE que dans les rues de Tunis. Quoi qu'il en soit, à peine sa mort a-t-elle été constatée, qu'une vague de protestation "spontanée" éclate dans la capitale tunisienne, relayée dès la première minute par les télévisions étrangères.

Comme en Egypte, c'est le troisième acte d'un spectacle permanent où s'affrontent "islamistes" et "défenseurs des droits de l'homme", les deux groupes étant pareillement manipulés et financés par les services occidentaux. Seule différence : en Tunisie, les sionistes n'ont nul besoin de se cacher, ils ont pignon sur rue et débordent d'activité. Bien entendu, tout cela se fait sous l'étiquette de la "lutte contre l'antisémitisme".

Le site de l'UPJF - Patrons [voyous] juifs de France, toujours au premier rang dans ce noble combat, décrit avec horreur la haine judéophobe, les profanations et autres actes antisémites de plus en plus nombreux, la fuite des pauvres Juifs menacés [alors qu'il y aurait plutôt une tendance au "retour"], les souffrances de la communauté, le silence du gouvernement tunisien, etc... Selon l'UPJF, seul le parti communiste tunisien (trois sièges) s'élève contre cette mortifère recrudescence. Peut-être est-ce parce que les trois députés en question sont juifs eux aussi ?...  Entre patrons juifs et communistes juifs, il faut bien se serrer les coudes...  Et maintenant, chers amis, tous ensemble, chantons L'Interna-sion-ale en hébreu...

Voir également plus haut : Opération intox.

Le 25 juillet 2013, nouvel assassinat politique d'un illustre inconnu, comme en février. Cette fois la victime est Mohamed Brahmi, "leader" du Mouvement du peuple (2 députés sur 217). Aussitôt, on accuse Ennahda. Va-t-on nous repasser une version tunisienne du putsch égyptien ?...



Donne-moi une constitu-sion

Janvier 2014 : pour le troisième anniversaire de la révolu-sion, le portail juif francophone JForum.fr nous apprend que c'est le Juif israélo-américain Noah Feldman qui est à l'origine du projet de constitution pour la Tunisie, actuellement débattu par l'Assemblée constituante de Tunis.

Le site ajoute que Feldman "a été conseiller constitutionnel de l'Autorité provisoire de la coalition en Irak, pour rédiger la constitution de ce pays sous occupation et a joué le même rôle en Afghanistan. Il a effectué la même mission en Egypte, sous le gouvernement éphémère des Frères musulmans..."

Lors des débats à l'Assemblée tunisienne, le député Rabiî Abdi, membre du parti Wafa (centre-gauche), a effectué le geste - extrêmement tantisémite - de la quenelle "pour protester contre la non-inclusion de l'interdiction de la normalisation des relations avec Israël dans la nouvelle constitution" - brève et vidéo.  Choukran - Merci...

Tout sur la quenelle de Dieudonné





RÉVOLU-SION EN ÉGYPTE

A partir du 25 janvier 2011, les événements de Tunis se reproduisent au Caire. Tous les ingrédients y sont : "révélations" quotidiennes sur les méfaits et la corruption du régime, coordination du mouvement via Twitter et Facebook (vecteurs d'espionnage et de subversion créés et contrôlés par la CIA et le Mossad), omniprésence sur le terrain des médias occidentaux sionisés (le "journaliste" israélo-américain Ben Wedeman de CNN est de retour).

Le dictateur Moubarak, malgré les immenses services rendus aux sionistes* sur le dos de son peuple et du peuple palestinien, est sur le point d'être chassé. Son successeur potentiel est déjà sur place : Mohamed El-Baradei, ancien patron de l'AIEA (l'agence internationale chargée de contrôler toutes les installations nucléaires sauf celles d'Israël), découvreur sur commande d'armes de destruction massive dans les pays visés par Tel Aviv, lauréat du Prix Nobel de la "Paix" 2005 (pour bons et loyaux services rendus à l'Empire), joueur de golf passionné (un sport qui plaît certainement aux dizaines de millions d'Egyptiens qui doivent vivre avec moins de 100 dollars par mois).

* Moubarak laisse passer les navires de guerre israéliens par le canal de Suez, assiste Israël dans le blocus du ghetto de Gaza et soutient la politique sioniste partout où il le peut (en échange d'un bakchich versé par le contribuable américain). Ces derniers temps, toutefois, la collaboration n'a pas été parfaite. Tel Aviv ayant fait preuve d'un zèle excessif, le président égyptien a fait démanteler, en décembre 2010, un réseau d'espionnage israélien centré sur Mobinil, le principal opérateur local de téléphonie mobile. Ce geste - atypique pour Moubarak - a causé la fuite d'Egypte de l'ambassadeur sioniste mais n'a pas fait remonter la cote du pharaon auprès de ses sujets. Une semaine après l'expulsion, comme par hasard, un attentat-"suicide" devant une église copte d'Alexandrie faisait une vingtaine de morts et plus de 40 blessés. Résultat de cet acte terroriste téléguidé par Al-Mossaïda : la "popularité" de Moubarak touche le fond. Avec l'aide des réseaux "sociaux" Fessesbouc (du milliardaire juif Mark Zuckerberg) et Twitter (du multimillionnaire juif Noah Glass), les premières manifestations commencent et ne vont pas tarder à s'amplifier.

Naturellement, la plupart les gens qui descendent dans la rue ont tout lieu d'être mécontents. Ils ne se demandent pas si la chose est manipulée de l'extérieur ou pas. Une telle manipulation - tout comme d'ailleurs une révolution authentique - n'a de chances de réussir que si l'ambiance politique globale s'y prête. Si le régime et l'armée jettent l'éponge, tout est possible. Mais bien entendu, les "réformes" réclamées par les tireurs de ficelles n'auront pas pour but de satisfaire la population. On sait en France ce qu'il faut entendre aujourd'hui par "réforme" (contre-réforme antisociale de la pire sorte). Pourquoi en irait-il autrement au Caire ou à Tunis ?

Les revendications purement économiques (stopper la dégringolade du niveau de vie) ont beau avoir la priorité pour les Egyptiens, la politique extérieure compte également pour beaucoup. On sait que Moubarak n'est pas seulement le président des riches mais aussi celui des sionistes.


Le Caire - 29 janvier 2011 :

Dans l'estime de la population égyptienne,
Moubarak a atteint le niveau de Nétanyahou.

Le siège du parti de Moubarak a été incendié, les ministères et les musées sont menacés eux aussi. Pour la mafia sioniste, un pillage du musée du Caire à la faveur des désordres serait plus lucratif encore qu'à Bagdad en 2003. Dans certains quartiers, la police a totalement disparu, laissant le champ libre à des "milices" composées de criminels et de pillards. Nul ne sait comment tout cela va évoluer. Il n'est pas impossible que les apprentis sorciers de Tel Aviv soient temporairement dépassés par les événements, mais on peut leur faire confiance pour reprendre les choses en main.



Titre d'Al-Manar du 29.1.11 :

Règle numéro un : ne jamais braquer les projecteurs sur le marionnettiste

Deux jours plus tard, Al-Manar signale qu'Israël "appelle Moubarak à mater la révolte égyptienne". Les sionistes soutiennent donc leur vassal tout en contribuant à le déboulonner. Ce qui peut paraître absolument schizophrène en termes de logique occidentale est tout à fait normal à la lumière de la "logique" talmudiste. En France, par exemple, les sionistes sont présents et actifs à la fois dans toutes les organisations de droite (et d'extrême droite) et dans toutes les organisations de gauche (et d'extrême gauche). Comme partout, ils ratissent large, et ils le font de plus en en plus fréquemment et de plus en en plus ouvertement. Seul compte le résultat. Plus on aiguise les contradictions, et plus le chaos "créateur" (c'est-à-dire profitable à Israël) a de chances de voir le jour...  Il faudrait cesser de contempler la politique israélienne à travers le microscope cartésien.

Pour ce qui est des manifestations en Egypte, il est difficile de dire combien de participants elles rassemblent. Les images diffusées à la télé ou sur Internet montrent tout au plus quelques milliers de personnes. On attend encore la totale prouvant qu'il s'agit véritablement d'un mouvement de masse. Pour l'instant, dans une ville de 20 millions d'habitants, on ne voit pratiquement qu'El-Baradei et sa clique.

Une chose est sûre cependant : les gens profitent de la situation pour régler leurs comptes. La BBC a montré un poste de police d'Alexandrie incendié et saccagé par des manifestants, paraît-il des commerçants du quartier trop heureux de se venger des flics qui les soumettaient depuis des années à un racket permanent. Dans un pays où les fonctionnaires gagnent trois fois rien, les policiers, pour arrondir leurs fins de mois, exigent même un petit bakchich des automobilistes qui garent leur voiture sur la voie publique.


31 janvier 2011 : La chaîne Al-Jazeera signale que deux avions israéliens se sont posés au Caire chargés de matériel de guerre, notamment des fusils de précision pour snipers. Pour ne pas attirer l'attention, les appareils ont transité par Chypre. Un porte-parole de Tel Aviv dément l'information - peut-être parce qu'il y avait trois avions. (Thierry Meyssan pense que les tireurs d'élite israéliens qui utiliseront ces armes sont déjà sur place - ce qui est assez logique.)

Toutes les télévisions occidentales annoncent en boucle qu'une manifestation monstre rassemblant des millions d'Egyptiens aura lieu demain. Ils sont vraiment forts ces journalistes : ils savent d'avance combien de gens vont répondre à l'appel de Facebook.



Le musée du Caire pillé

Si vous aimez ce genre de bibelots, n'oubliez pas de passer votre commande
auprès d'un des antiquaires spécialisés de Jew York.
(Les Israéliens ne voulaient pas que leurs avions repartent à vide, il faut les comprendre.)

1er février 2011 : beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Si l'on en croit Yahoo, un million d'Egyptiens étaient dans la rue... dans l'ensemble du pays, dont 200.000 personnes au Caire, soit 1 % de la population locale - en supposant que les chiffres correspondent à la réalité... Les journaleux, quand ils ne se contentent pas de recopier ce qui vient d'en haut, ont une façon bien à eux de compter les manifestants : ils divisent par trois à Paris, quand il s'agit de la défense des retraites, ou au contraire multiplient par trois (ou par dix) quand c'est Téhéran, Tunis ou Alexandrie.

Il y a fort à parier que la grande masse des Egyptiens se fiche éperdument de la "liberté" et de la "démocratie" qu'on veut lui vendre via Internet depuis Washington, Paris, Londres ou Tel Aviv. 90 % d'entre eux n'ont pas l'Internet, beaucoup n'ont pas même l'électricité et près de 50 % ne savent pas lire (ni l'arabe ni - à plus forte raison - l'anglais). Ils ne peuvent pas se permettre de dépenser plusieurs mois de salaire pour s'acheter un téléphone portable ("intelligent" ou pas). Peu importe le nom du Raïs à la tête de l'Etat, rien ne changera pour eux. Les flics seront toujours des flics, les riches continueront de s'enrichir et eux - neuf Egyptiens sur dix - resteront chômeurs ou devront se contenter de petits boulots sordides et mal payés dans l'espoir de nourrir leur famille.

La dernière fois que quelqu'un a réussi à enthousiasmer la majorité des Egyptiens, c'était il y a près de 60 ans, avec la révolution (pas révolu-sion) à la fois sociale et nationale du colonel Gamal Abdel Nasser. Tout le monde sait qu'un nouveau Nasser (qui mettrait fin au règne du FMI, des milliardaires et des sionistes) n'est pas en vue. Au contraire, ce qui menace aujourd'hui, c'est la suppression des dernières subventions existantes pour faire plaisir au "réformateur" Strauss-Kahn. N'est-il pas scandaleux que le prix de la farine et du pain soit "si bas" en Egypte ?  Il est temps de rétablir les lois élémentaires du marché...

L'Egypte au bord du sang - Thierry Meyssan sur le rôle d'El-Baradei, des Frères musulmans (épouvantail islamiste) et d'Omar Souleiman (bras droit de Moubarak et autre marionnette des sionistes).

A propos d'Obama [comprenez : ceux qui le dirigent], Meyssan écrit : "Il mettra tout en oeuvre pour empêcher des élections démocratiques en Egypte. S'il peut s'accommoder d'un gouvernement légitime en Tunisie, il ne le peut pas en Egypte. Des élections profiteraient aux Frères musulmans et aux Coptes. Elles désigneraient un gouvernement qui ouvrirait la frontière de Gaza et libérerait le million de personnes qui y sont enfermées. Les Palestiniens, soutenus par leurs voisins, le Liban, la Syrie et l'Egypte, renverseraient alors le joug sioniste."  [Un an et demi plus tard, cette prédiction s'avère complètement fausse...]

"Il faut signaler qu'au cours des deux dernières années, des stratèges israéliens ont envisagé un coup tordu. Considérant que l'Egypte est une bombe sociale, que la révolution y est inévitable et imminente, ils ont envisagé de favoriser un coup d'Etat militaire au profit d'un officier ambitieux et incompétent. Ce dernier aurait alors lancé une guerre contre Israël et échoué. Tel Aviv aurait ainsi pu retrouver son prestige militaire et récupérer le Sinaï et ses richesses naturelles. On sait que Washington est résolument opposé à ce scénario, trop difficile à maîtriser."

[Si les Israéliens ne parviennent pas toujours à imposer leurs vues aux militaires américains, c'est parce que les forces armées sont la seule institution qu'ils n'ont pas encore réussi à noyauter. Pour noyauter une organisation, il faut - comme le mot l'indique - prendre la peine d'y entrer. Or, les sionistes juifs n'ont aucune attirance pour les carrières militaires qui leur permettraient de "conquérir" de l'intérieur l'armée américaine. Bon gré, mal gré, ils doivent confier cette tâche à des "alliés" non-juifs (par définition peu fiables).  Pousser les Etats-Unis à faire la guerre pour Israël, envoyer GIs et marines au casse-pipe dans l'intérêt de Tel Aviv, influencer le Pentagone au niveau administratif : pas de problème. Mais endosser soi-même l'uniforme, risquer d'être blessé ou même tué dans une des nombreuses aventures militaires sionistes menées par procuration : très peu pour eux. Il existe certes des exceptions, mais si un Juif américain s'intéresse vraiment à la chose militaire, on l'encouragera plutôt à rejoindre l'armée israélienne des tsahalos, où les risques sont de toute manière très limités.]


Le Caire, Place Tahrir - 2 février 2011 :

La cavalerie des contre-manifestants pro-Moubarak entre en scène.

Contrairement aux manifs françaises, où il est quasiment impossible de repérer les individus en civil agissant pour le ministère de l'Intérieur, les forces d'appoint du gouvernement égyptien se reconnaissent facilement à leurs montures. (Comme les touristes ne viennent plus visiter les Pyramides, il faut bien s'employer autrement.)  En revanche, les agents de l'étranger qui ont pour mission d'attiser les protestations et de les faire évoluer dans le sens voulu, sont parfaitement invisibles. Faute de mieux, on s'en prend aux voyeurs des médias occidentaux, qui sont le plus souvent des crétins arrogants et surpayés, fiers de faire aux abords de leur hôtel cinq étoiles ce qu'ils ne font jamais chez eux lorsque leurs concitoyens protestent et se font matraquer par les flics.


La nuit du 2 au 3 février est marquée par de violents affrontements dans le centre-ville : barricades, cocktails Molotov, magasins pillés et saccagés, banques incendiées, etc...  Le singe savant de Washington et ses admirateurs européens donnent publiquement des leçons de civisme et de démocratie au dictateur égyptien (qu'ils ont pourtant toujours soutenu sans réserve). Parallèlement, en sous-main, ils encouragent le régime à tenir bon. Comme prévu, le chaos commence à s'instaurer.

Frank G. Wisner, homme de la CIA, ancien ambassadeur US en Egypte dans les années 1980, ami de Moubarak et d'Israël, a repris du service et coordonne au Caire la suite des événements. Kawther Salam, journaliste palestinienne déjà mentionnée plus haut, écrit : "L'arrivée de Wisner en Egypte ne présage rien de bon, car il vient d'une famille de Juifs sionistes ayant un long passé de méfaits terroristes et autres atrocités un peu partout dans le monde."  Le Réseau Voltaire précise dans cet article : "Frank G. Wisner est le fils de Frank Wisner Sr., co-fondateur de la CIA et du Gladio. Il fut, aux côtés d'Alan Dulles, l'un des pères de la doctrine d'intervention secrète des Etats-Unis : soutenir les démocraties qui font le 'bon choix', contrecarrer les peuples qui font le mauvais."  (Le nouveau prof de démocratie octroyé aux Egyptiens a été mêlé aux scandales financiers Enron et AIG, en 2001 et 2008 ; il a en outre des liens étroits et pour ainsi dire familiaux avec l'actuel locataire de l'Elysée - un gage d'espoir pour le peuple égyptien...)

A qui profite la crise ?  Dans un premier temps, aux spéculateurs de Wall Street, en tête desquels on trouve Goldman Sachs (PDG : le sioniste juif Lloyd Blankfein). Le prix du baril de pétrole s'envole en direction des 100 dollars, non pas parce qu'on manquerait subitement d'or noir, mais parce que les banksters en ont décidé ainsi. La bourse londonienne ICE Futures Exchange, numéro un mondial pour le pétrole, appartient à l'International Commodities Exchange d'Atlanta (Géorgie, USA), une bourse fondée par Goldman Sachs. Et comme par hasard, cette banque gère aussi le GSCI, l'indice le plus couramment utilisé pour les matières premières, dans lequel le pétrole est prédominant.  Bien entendu, les manifestants du Caire ignorent tout de ces manœuvres. Comme dans toutes les "révolutions de couleur" organisées de l'extérieur, ils se contentent de suivre le mouvement. Que l'opération réussisse ou pas, ils seront les dindons de la farce (et pas seulement eux).

Un article de Manlio Dinucci sur le site du Réseau Voltaire : L'armée égyptienne - une armée formée et équipée par le Pentagone dont le rôle consiste à protéger Israël du "danger islamiste" sur sa frontière sud. Elle a été spécialement entraînée pour le combat de rue et la guerre civile. Elle ne restera "neutre" ou favorable aux manifestants qu'aussi longtemps que le scénario concocté par Washington et Tel Aviv sera respecté. Le fait qu'il s'agisse d'une armée de conscription n'y change rien.


4 février 2011 : la nouvelle manifestation "monstre" annoncée par les médias occidentaux est plus modeste encore que celle du 1er février. Les journalistes parlent de "plusieurs milliers de personnes" au Caire, les plus hardis font état de "dizaines de milliers". On voit toujours les mêmes images de CNN filmées depuis les fenêtres d'un hôtel et reprises par les autres chaînes. On recycle allègrement le matériel des jours précédents. Les représentants de la presse étrangère n'osent plus s'aventurer dans la rue de peur de se faire tabasser. De toute manière, ils n'ont vu que ce qui se passait dans un rayon d'un kilomètre autour de la place Tahrir, et encore... Ceux qui ont fait le voyage d'Alexandrie ont "exploré" quelques centaines de mètres de la Corniche. Tout le reste ne les intéresse pas. Un journaliste rentré directement d'Alexandrie à l'aéroport du Caire (sans descendre de voiture) s'étonne que les activités de la vie quotidienne se déroulent nornalement dans les villes et les villages traversés. Comme à Téhéran en 2009, les reporters ne s'éloignent jamais trop de leur hôtel : c'est le meillieur endroit pour apprendre "en exclusivité" tout ce qu'on savait déjà avant de venir.


5 février 2011 : Près d'El Arich, dans le nord du Sinaï, des terroristes font sauter le gazoduc reliant l'Egypte à la Jordanie. Comme par miracle, le pipe-line voisin - qui alimente Israël - reste entièrement indemne. Pas cons, ces mecs d'Al-Qaqaïda : ils savent ce qu'il faut faire pour aider Goldman Sachs sans nuire à Tel Aviv.

L'Egypte, qui est le principal fournisseur d'Israël en gaz naturel, couvre 40 % des besoins de l'Etat voyou. Les livraisons s'effectuent à un tarif préférentiel très inférieur au prix du marché mondial* (lequel suit en gros les cours du pétrole). Les gisements de gaz égyptien se trouvent dans le nord-est du delta du Nil, mais il existe également des réserves importantes en Méditerranée et dans la région du golfe de Suez (où des puits de pétrole sont exploités depuis des décennies, y compris offshore).

* Au tiers du prix du marché, selon le Réseau Voltaire.


Derrière les coulisses

Michel Chossudovsky analyse les événements d'Egypte : Les 'dictateurs' ne dictent pas, ils obéissent aux ordres

L'auteur rappelle que Moubarak, comme Ben Ali, était un fidèle serviteur des intérêts économiques occidentaux, une marionnette des Etats-Unis, du FMI, de la Banque mondiale, de l'Union européenne, des "investisseurs" et des créanciers extérieurs... Or, ces puissances étrangères, bien plus responsables que Moubarak de la désastreuse situation égyptienne, ne sont jamais mises en cause par les manifestants. L'objectif du mouvement protestataire consiste à déloger le pantin plutôt que celui qui tire les ficelles.  Pourquoi ?...

Parce que les meneurs ont été financés et formés, entre autre, par la CIA, le NED (National Endowment for Democracy - "une association américaine à but non-lucratif [sic] dont l'objectif officiel est l'éducation et la formation à la démocratie à travers le monde", nous apprend Wikipédia), le Freedom House ("une organisation basée à Washington, qui étudie l'étendue de la démocratie dans le monde") et le CFR (Council on Foreign Relations ou Club des élites de la mondialisation).

Chossudovsky : "Le NED est impliqué activement en Tunisie, en Égypte et en Algérie. Freedom House appuie pour sa part plusieurs organisations de la société civile en Égypte...  C'est le double langage politique : bavarder avec les 'dictateurs' et socialiser avec les 'dissidents'...  Les blogueurs de Facebook et Twitter sont soutenus et financés par Washington, notamment les activistes de Kifaya (Assez) et du Mouvement Jeunesse du 6 avril."



Clintonne et le dictateur



Clintonne et les dissidents (en stage de formation à Washington)



The Great Hosni MouBarack Obama Show :

Le président américain ordonne au dictateur égyptien de partir immédiatement

[Il ne faut pas perdre du vue que les USA et tous les organismes nationaux ou internationaux mentionnés par Chossudovsky sont étroitement contrôlés par l'habituelle mafia. Ils le sont d'autant plus que l'Egypte se trouve au cœur même de la zone convoitée en priorité.]



Quand OTPOR (Belgrade 2000) devient Jeunesse du 6 avril (Le Caire 2011) :

Bien qu'épargnée par les coupes budgétaires, la CIA recycle,
d'une "révolution colorée" à l'autre, ses slogans et ses accessoires.

CIA Coup-College : Recycled revolutionary props
par Tony Cartalucci


6 février 2011 : Le journaliste allemand Jürgen Elsässer pense qu'un mouvement autonome est en train de se dessiner en Egypte, en marge de l'intervention étrangère ou plutôt contre elle. L'armée serait en gros partagée en deux camps : d'une part la Garde présidentielle et l'Armée de l'air (les piliers militaires du régime), d'autre part une grande partie de l'Armée de terre (dont son chef d'état-major Mohamed Tantaoui), les premiers ayant le soutien des cadres de la police et des services de sécurité, les autres ayant l'oreille du peuple et préconisant une ligne plus conforme à l'intérêt national.

Si cette analyse - qui contredit celle de Manlio Dinucci - devait s'avérer correcte et si les tireurs de ficelles laissaient faire (peu probable), la révolu-sion pourrait se transformer en révolution. Mais il ne faut pas trop y compter - bien qu'il y ait eu des précédents historiques ; les armées ne font pas toujours ce pour quoi elles ont été entraînées. Exemples : la Turquie de 1919, le Portugal de 1974, le Venezuela de 2002 et surtout... l'Egypte de 1952. Mais, encore une fois, il est permis d'être sceptique. Si les militaires égyptiens préparent quelque chose, ils ont jusqu'à présent bien caché leur jeu...


10 février 2011 : Malgré les prédictions des médias occidentaux, Moubarak n'a toujours pas renoncé à son fauteuil présidentiel. Au contraire, il déclare à la télévision qu'il ne cèdera pas aux pressions de l'étranger. Bonne réponse mais trop tard, pourrait-on dire. Pas très crédible de la part d'un homme qui n'a rien fait d'autre, depuis trente ans, que de se plier aux injonctions de ses maîtres étrangers.

Entre-temps, un vaste mouvement de grève se développe dans tout le pays avec la participation de centaines de milliers de travailleurs, principalement dans le secteur nationalisé (chemins de fer, transports publics, électricité, canal de Suez, textile, aciéries, santé publique), un secteur que les "réformateurs" voudraient privatiser le plus vite possible. Ce mouvement va bien au-delà de ce qu'avait prévu les initiateurs de la révolu-sion.

On peut dire, en gros, que quatre forces influencent maintenant la vie politique égyptienne :

■  les créatures des Etats-Unisraël : twitteurs et facebookeurs, agitateurs du Net et du NED, brandisseurs de pancartes "Game Over", El-Baradei en herbe, dissidents professionnels et autres agents pro-sionistes - hier stagiaires à Washington, demain chefs de partis et ministres au Caire, du moins l'espèrent-ils.

■  le mouvement syndical, dont on ignore pratiquement tout. Va-t-il s'organiser de lui-même ou être organisé de l'extérieur ?  Toutes les manipulations sont possibles (et probables) comme en Europe de l'Est en 1989.

■  les islamistes, autre grande inconnue. Soutenus au départ (voire fondés) par les services secrets britanniques et américains pour contrecarrer le mouvement social et national, il n'est pas impossible que ceux qu'on appelle les Frères musulmans réussissent à s'émanciper comme l'a fait le Hamas en Palestine. Ils assument d'ores et déjà des tâches purement sociales qui incomberaient à l'Etat si l'Etat faisait son travail. (Cet article du Réseau Voltaire de 2005 expose les rapports pour le moins ambigus des Frères musulmans avec l'Empire états-unien dominé par les néo-cons sionistes. Le tout est de savoir dans quelle mesure la situation a évolué depuis. On remarquera au passage que les projets de révolu-sion en Egypte ne sont pas nouveaux.)

■  l'armée, enfin, avec ses contradictions internes et le rôle primordial qu'elle devrait être amenée à jouer (dans un sens ou dans l'autre).

Les trois derniers groupes étant des alliés potentiels, il est évident que les gens qui manipulent le premier vont tout faire à présent pour empêcher la convergence. Grâce à un noyautage qui se veut efficace, ils ont bon espoir de conserver le contrôle du chaos qu'ils ont créé. Le moment venu, ils sortiront de leur manche l'imparable joker des attentats-"suicides"...

Ce qui est étonnant dans l'affaire égyptienne, c'est que jamais auparavant les médias n'avaient fait une place aussi large à une "révolution de couleur". Même la presse française parle beaucoup plus de l'Egypte que de la Tunisie, pays pourtant plus proche géographiquement, historiquement, culturellement et parfois personnellement. On voit bien que les "sujets d'actualité" repris par tous sont fournis par un centre unique situé aux Etats-Unis.

Bien entendu, l'attention accrue que les journalistes portent à l'Egypte ne signifie nullement qu'ils soient désireux (ni même capables) d'expliquer ce qui se passe vraiment dans ce pays. Dans plus de 90 % des cas, c'est le premier des quatre groupes ci-dessus qui monopolise "l'information". Les trois autres sont pratiquement inexistants ou ne font l'objet d'aucune investigation sérieuse. On se contente de recycler à leur propos les vieux clichés de toujours.


11 février 2011 : Moins de 24 heures après avoir dit qu'il ne cèderait pas, Moubarak cède et démissionne. Les militaires lui ont mis le couteau sous la gorge.

Le premier geste de l'armée consiste à confirmer que les engagements de l'Egypte vis-à-vis d'Israël seront respectés à la lettre.  Très pratique, comme ça le futur gouvernement "démocratique" n'aura plus rien à décider à ce sujet - mais il aura le droit de faire du 11 février un jour férié.


ON A GAGNÉ !...

Au Caire, la foule en liesse fête toute la nuit :

(Photos de janvier 2010, prises à l'occasion de la finale de la CAN, la Coupe d'Afrique des Nations de foot.)

A un an d'intervalle, deux fois le même genre de "victoire" :
YES, WE CAN 2010 !  YES, WE CAN 2011 !...
Et vive Obamerda et vive la révolu-sion !...



Comme à Koweït après la victoire américaine, il y a vingt ans, on se doit de fêter en voiture.
En Egypte, il faut être privilégié pour posséder un véhicule. Malgré les embouteillages du Caire,
on compte seulement une voiture pour 33 habitants (en France : 1 pour 2 habitants).
Vous connaissez beaucoup de pays où les privilégiés fêtent la révolution ?...
Le mot révolution a-t-il encore un sens ?...


12 février 2011 : Thierry Meyssan sur la situation en Egypte (voir lien audio en bas de page).

"Les Occidentaux sont pris au piège de leurs contradictions. Leur discours, c'est d'être pour la démocratie ; leurs intérêts stratégiques, c'est de soutenir Israël*. Or, le sionisme n'est pas compatible avec la democratie. Tout en appelant à l'installation d'un régime démocratique en Egypte, ils veulent faire barrage à certains partis politiques qu'ils savent majoritaires dans l'opinion publique égyptienne. Concrètement, il s'agit de faire barrage aux Frères musulmans, parce que si ceux-ci venaient au pouvoir, ils ouvriraient la prison de Gaza. Ils laisseraient le million [et demi] de Palestiniens enfermés circuler librement, et permettraient aussi aux Palestiniens de s'armer pour pouvoir se révolter..."

"Je pense que nous entrons dans une période de grande instabilité et qu'il va y avoir une série de coups de théâtre, de grandes surprises, qu'un jour les choses iront dans un sens et que le lendemain elles iront dans l'autre... Le vrai pouvoir appartient actuellement aux militaires. Quelle que soit l'issue de cette affaire, ce sont des militaires qui décideront - avec le peuple ou contre le peuple. Mais ce seront des militaires qui auront le dernier mot dans cette évolution. Lorsque ce dernier mot sera prononcé, ce sera évidemment à l'occasion d'une crise terrible à l'intérieur de l'institution militaire. Des officiers seront obligés de faire un coup d'Etat contre d'autres. La seule chose que nous pouvons espérer, c'est que, comme du temps de Nasser, les militaires égyptiens prendront le parti du peuple et cesseront la collaboration avec le système impérial."

* En fait, le soutien apporté à Israël ne favorise pas les intérêts stratégiques des Etats-Unis. Il est tout à fait contre-productif pour ce pays. Ce qu'il favorise, en revanche, ce sont les intérêts stratégiques de la mafia criminelle sioniste qui domine à la fois Israël et les Etats-Unis (c'est-à-dire le petit Etat voyou juif et le grand). Avant que le sionisme ne s'empare intégralement de leur politique étrangère, militaire, financière, économique, culturelle et autre, les USA suivaient leur propre stratégie impériale ; les pays arabes et musulmans n'y jouaient qu'un rôle secondaire.

Quand l'or blanc du Nil fait envie à Israël  par Manlio Dinucci - "L'eau du Nil est considérée comme un instrument de domination, à utiliser de la même façon qu'est aujourd'hui utilisée par Israël l'eau du Jourdain et celle des nappes phréatiques des Territoires palestiniens occupés.".  L'Etat voleur juif espère-t-il que les généraux égyptiens seront encore plus conciliants que Moubarak ?...


13 février 2011 :


LA RÉCRÉATION EST TERMINÉE :

Et à partir de lundi prochain, tous les grévistes retournent travailler. Allez oust...

CNN s'intéresse nettement moins à la "révolution" égyptienne -
plus personne ne veut voir ça, les recettes publicitaires dégringolent.

MÊME LE MEILLEUR FILON FINIT UN JOUR PAR SE TAHRIR,

Les Egyptiens se voient donner leur première leçon de démocratie

La Junte militaire (Conseil suprême) dissout le Parlement (qui avait été élu dans des conditions douteuses, comme le sera sans doute le prochain) et décide qu'elle fera elle-même les lois en attendant qu'une nouvelle Assemblée soit en place. Comme la constitution vient d'être abrogée par les militaires, tous les droits et protections (théoriques) qu'elle offrait ont disparu par la même occasion. Une nouvelle constitution sera rédigée prochainement, non pas par une Assemblée constituante élue démocratiquement à la proportionnelle, mais par un groupe plus ou moins anonyme de technocrates de l'Ancien régime, dûment conseillés par des experts des deux Etats les plus démocratiques du monde (Israël et USA*). De la sorte, on est à l'abri de toute mauvaise surprise (par exemple : "dérive islamique", solidarité active avec les Palestiniens, indépendance vis-à-vis du sionisme, annulation des traités nuisibles à la souveraineté nationale). Pour la forme, on fera approuver la constitution par plébiscite, en bloc et sans discussion, comme on l'a fait pour la constitution européenne dans les quelques rares pays de l'UE où les citoyens ont pu donner leur avis (à condition de répondre "oui").

De source militaire, on apprend aussi que la Junte prévoit de publier une "mise en garde" pour mettre fin au chaos et au désordre. Les réunions organisées par les syndicats seront interdites, ce qui équivaut à proscrire les grèves (qui, de toute manière, ne sont pas autorisées par la constitution qui n'existe plus). L'armée "recommandera" à l'ensemble des Egyptiens de reprendre le travail...  On voit que la récré est bel et bien finie.

Le peuple va sûrement applaudir : il y a un an, après avoir remporté la CAN 2010, il avait obtenu beaucoup moins que ça... Et ce n'est qu'un début...

* La constitution américaine, de tout temps applicable en fonction de la fortune personnelle des intéressés, a été plus ou moins remplacée, depuis 2001, par le Patriot Act de George Bush et Dick Cheney. Quant à la constitution israélienne, elle n'existe pas et n'a jamais existé. Ce qui sert de loi fondamentale en Terre promise, c'est le contrat passé entre Dieu et son peuple, le seul peuple au monde qui ait été élu (démocratiquement) avec 100 % des suffrages (ou plutôt du suffrage).

Une constitution n'est pas souhaitable en Israël, car elle devrait soit cimenter par écrit l'inégalité qui existe entre Juifs et non-Juifs (mauvais pour la réputation internationale de l'Etat paria), soit accorder à de vulgaires goyim les mêmes droits qu'aux Juifs élus (mauvais pour l'avenir de l'apartheid sioniste).  Impensable...  Imaginez un instant que, de la Méditerranée au Jourdain, tous les habitants soient égaux devant la loi. Imaginez qu'ils puissent récupérer tout ce qui leur a été volé depuis 1948. Imaginez qu'ils puissent voter ensemble d'un bout à l'autre du pays et que chaque voix ait le même poids. Vous voyez le catastrophe : une Knesset qui n'en serait plus une, puisqu'il y aurait autant de députés non-juifs que juifs. Imaginez ce qui arriverait si l'on écoutait Ahmadinejad.

Pour ce qui est de la future constitution égyptienne, on pourrait faire appel à un "consultant" comme MPRI - Military Professional Resources, Inc. (PDG : Mr. Craddock le bien nommé) ou à un autre fournisseur de "services" du Pentagone et de la Maison Blanche (il y en a beaucoup sur le marché). On trouve d'excellentes constitutions pré-rédigées (et homologuées par Israël) à partir de 9.999.999 dollars en promotion.



Volé au musée du Caire

Selon un premier inventaire, il manque : "une statue en bois recouverte d'or du roi Toutankhamon porté par une déesse, la partie supérieure d'une autre statue du même pharaon, une statue en calcaire d'Akhénaton portant un plateau d'offrandes, une statue de Néfertiti en train de faire des offrandes, la tête en grès d'une princesse d'Amarna (la capitale d'Akhénaton), la statuette d'un scribe d'Amarna, onze statuettes funéraires de Yuya (un puissant courtisan de la XVIIIe Dynastie), une amulette représentant un scarabée et appartenant à Yuya..."

La liste est certainement très incomplète - il y avait beaucoup plus de place dans les avions israéliens.


14 février 2011 : Encore une fois, l'armée égyptienne "appelle les citoyens et les syndicats professionnels et ouvriers à assumer leur rôle de la meilleure manière et à cesser les grèves...  En cette période délicate, nous espérons que tout le monde contribuera à créer un climat favorable à la gestion des affaires du pays."  En anglais, affaires se dit business, ne l'oublions pas. Le message est clair, mais il semblerait que beaucoup ne l'aient pas encore compris, pensant qu'on allait les laisser faire une véritable révolution. On devrait peut-être leur envoyer Monsieur le camarade Thibault de la CGT pour leur expliquer comment stopper un mouvement avant qu'il ne risque de réussir.

Sur le rôle des Frères musulmans  par Samir Amin, économiste franco-égyptien : "Fondés en 1920 par les Britanniques et la monarchie... Il ne s'agit pas d'un mouvement religieux, mais d'un mouvement politique qui utilise la religion... Ils sont très dociles. Comme les militaires, ils acceptent l'hégémonie des Etats-Unis dans la région et la paix avec Israël telle qu'elle est. Les uns comme les autres continueront à faire preuve de cette complaisance qui permet à Israël de poursuivre la colonisation de ce qui reste de la Palestine..."

En ce qui concerne les rapports sociaux, "les Frères musulmans n'ont jamais envisagé de changer les choses de manière sérieuse. D'ailleurs, lors des grandes grèves ouvrières de 2007-2008, leurs parlementaires ont voté avec le gouvernement contre les grévistes. Face aux luttes des paysans expulsés de leur terre par les grands propriétaires fonciers, les Frères musulmans prennent parti contre le mouvement paysan. Pour eux la propriété privée, la libre entreprise et le profit sont sacrés..."

Samir Amin pense que les Etats-Unis ont en tête, pour l'Egypte, un modèle de type pakistanais "qui n'est pas un modèle démocratique mais une combinaison entre un pouvoir dit islamique et une dictature militaire".


15 février 2011 : Le site Al-Manar signale que des millions de pauvres vivent aujourd'hui dans les cimetières musulmans ou coptes de la capitale égyptienne. A l'origine, il y a trente ou quarante ans, il arrivait que des Egyptiens aisés permettent à un sans-abri de "surveiller" (jour et nuit) les tombes de leurs aïeux (avec un petit bakchich à la clé). Très vite, les miséreux se sont installés à demeure dans les cimetières, avec leurs familles, avec ou sans bakchich, et le phénomène a fini par se généraliser.  Dans beaucoup d'immeubles, on permet aussi aux déshérités de squatter les toits-terrasses et parfois même les escaliers. Le pourcentage de twitteurs et autres facebookeurs dans cette couche de la population ne doit pas être très élevé.


17 février 2011 : L'Egypte des généraux semble avoir interdit à deux navires de la marine iranienne d'emprunter le canal de Suez pour se rendre en Méditerranée (en Syrie). Le judéo-nazi Lieberman, chef de la "diplomatie" de l'Etat provocateur juif, parle à ce propos de "provocation" de Téhéran : Israël a le droit d'envoyer ses navires de guerre au large des côtes de l'Iran, le contraire est inadmissible.

Malgré les "appels" de l'armée égyptienne, les grèves se poursuivent dans tout le pays.


18 février 2011 : Mubarak Toppled by CIA Because He Opposed US Plans for War with Iran  par Webster Tarpley, journaliste investigateur.  L'auteur pense que Moubarak a été chassé du pouvoir parce qu'il était opposé à une guerre contre l'Iran. Ce qui s'est passé en Egypte n'est pas une révolution mais un putsch de généraux agissant sur ordre de la CIA. Avec la chute de Moubarak, le monde a fait un grand pas en direction d'une guerre généralisée. Le camp américano-israélien veut s'emparer du canal de Suez et en exclure l'Iran, mais aussi la Russie et la Chine (la Task Force de l'USS Kearsarge a déjà pris position sur le Grand Lac Amer, dans la partie sud du canal). L'objectif US est de former un bloc dirigé contre Téhéran, Damas et le Hezbollah libanais, dans lequel l'Egypte redeviendrait un partenaire "fiable".

Pour Tarpley, le rôle du peuple dans les événements récents a été tout à fait secondaire. Il n'existe en effet aucune organisation de masse suffisamment forte pour s'emparer du pouvoir et mettre en œuvre un programme de reconstruction économique, de développement et de [véritables] réformes, susceptible d'unir les efforts de larges fractions de la population égyptienne. Selon un scénario devenu courant, CIA et NED ont mis en avant les habituels intervenants des "révolutions de couleur", à savoir la jeunesse privilégiée des classes moyennes aisées, c'est-à-dire les gens qui ont accès à Internet, Google, Facebook et Twitter.

Tarpley rappelle que, même les jours où les organisateurs prétendaient rassembler un million, voire deux millions de personnes, ils avaient en réalité toutes les peines du monde à en réunir 50.000 (dans une ville de 20 millions d'habitants), le tout n'étant qu'un spectacle spécialement mis en scène pour les télévisions étrangères (dont Al-Jazeera, afin de "motiver" les habitants des autres pays arabes). Sans idées claires, les figurants de la "révolution" étaient facilement manipulables par un petit noyau organisé, dépendant de la CIA et utilisant les mêmes "outils" que lors des "révolutions" précédentes. Le fameux "Game Over" est directement repris des séances d'agitation antichinoise "pro-Tibet".

Pour renforcer les rangs trop clairsemés de la jeunesse dorée du Caire, on a mobilisé les Frères musulmans, un pur produit de la franc-maçonnerie britannique - ce qui, évidemment, a posé quelques problèmes de communication. Il a fallu rassurer les téléspectateurs occidentaux en leur "expliquant" que ces islamistes-là n'étaient pas dangereux.

Webster Tarpley signale aussi que, dès le premier jour, les manifestants "pacifiques" ont incendié un grand immeuble abritant le parti de Moubarak, de même que divers postes de police ; plusieurs policiers ont été lynchés. Un groupe armé a également attaqué le ministère de l'Intérieur. Tout cela a été largement passé sous silence en Occident.

Les "révolutions" arabes se multiplient parce que les dictateurs soutenus depuis des décennies ont pris la mauvaise habitude, au fil du temps, de discuter les ordres reçus. L'Empire n'en veut plus ; il a besoin de serviteurs dociles pour se lancer dans la grande guerre qu'il projette.

Dans ce long article, Tarpley analyse aussi les rebondissements de la "révolution" égyptienne et les raisons de la disgrâce de Moubarak.


19 février 2011 : On apprend que Mohamed El-Baradei est membre du think tank International Crisis Group (ICG) du milliardaire sioniste George Soros. En font également partie les criminels de guerre Shimon Peres et Javier Solana, les complices Louise Arbour et Zbigniew Brzezinski, ainsi que les "experts" Jacques Delors, Michel Rocard et Christine Ockrent. L'ICG va jouer un rôle de premier plan dans la mise au point de la nouvelle constitu-sion égyptienne.


21 février 2011 : Deux navires iraniens (une frégate et un bateau de ravitaillement) sont bloqués à l'entrée sud du canal de Suez. Leur passage, d'abord annoncé puis démenti le 20 février, a été "autorisé" pour le 21 avant d'être "reporté" au 23. Israël et les USA exercent une pression permanente sur les généraux égyptiens pour qu'ils refusent définitivement le transit.

L'Egypte annonce une prochaine réouverture de sa frontière avec Gaza. Un seul point de passage sera mis en service, à Rafah, à raison de 300 personnes par jour. A ce rythme-là, et en supposant qu'Israël ne s'y oppose pas, il faudra attendre 14 ans avant que tous les habitants du ghetto aient eu la possibilité d'aller faire un tour au pays des pharaons. Nous en reparlerons en 2025.


22 février 2011 : Les conditions de réouverture du terminal frontalier de Rafah sont encore pires que prévu. Seuls pourront passer les Palestiniens munis d'un certificat médical leur permettant de se faire soigner en Egypte, les étudiants inscrits dans un établissement égyptien et les détenteurs d'un passeport étranger (non-palestinien). Le terminal ne sera ouvert que de 11 heures à 16 heures.


23 février 2011 : Il semblerait que les autorités égyptiennes aient laissé passer les deux navires iraniens et que ceux-ci se trouvent à présent en Méditerranée.


24 février 2011 : Les navires iraniens ont pu passer le canal de Suez sans encombre (une première depuis 1979) et sont arrivés dans le port de Lattaquié, en Syrie, pour une petite visite amicale. C'est un signe positif de la part de la junte militaire égyptienne (le seul jusqu'à présent). Les généraux sont-ils en train de s'émanciper ou ont-ils tout simplement craint de s'aliénier la population de leur pays en obtempérant trop vite aux ordres d'Israël, comme avait l'habitude de le faire leur ancien président ?  L'enjeu était vraiment minime, puisque la marine iranienne n'a jamais constitué une menace pour l'Etat voyou juif. Personne ne prend au sérieux les cris d'orfraie poussés par Tel Aviv. D'ailleurs, les sionistes eux-mêmes n'ont pas trop insisté. Quoi qu'il en soit, ce passage par le canal est une petite victoire, toute symbolique, de l'Iran.

Petit bémol dans cette affaire : les Iraniens ont dû, paraît-il, confirmer aux autorités égyptiennes qu'ils n'avaient pas d'armes à bord. Pas d'armes à bord d'un navire de guerre : elle est bien bonne... On se demande si les Américains et les Israéliens doivent eux aussi donner ce genre de confirmation débile pour traverser le canal.



"Au secours, ils veulent rayer notre Israhell de la carte..."

[Dix jours plus tard, les deux navires repassent au même endroit, en sens inverse cette fois. En dépit des aboiements des roquets sionistes, il n'y a eu ni second Holocauste® ni le moindre rayage de la carte...]


25 février 2011 : Malgré le geste des généraux à l'égard de l'Iran, l'optimisme n'est pas de mise : La junte égyptienne sévit contre les grèves


... et contre les manifestants

Allez hop, tout le monde dégage...  Il est minuit, on ferme, la "révolution" a assez duré...

8 mars 2011 : Dans un quartier pauvre du Caire, six coptes sont tués par balles par des "islamistes". On voit que les révolu-sionistes ne dorment pas. A quand les attentats-"suicides" ?...


15 mars 2011 : A Rafah, rien n'a changé - ni les policiers, ni les consignes. Le témoignage d'une équipe de chirurgiens : aucun camion de ravitaillement n'est autorisé à se rendre dans la bande de Gaza. Tout continue comme avant, par les tunnels. L'aide médicale étrangère reste bloquée.


19 mars 2011 : Cinq semaines après le départ de Moubarak, les Egyptiens sont appelés à se prononcer par référendum sur une "réforme" constitutionnelle - en bloc et sans discussion préalable. Amar Moussa, chef de la Ligue arabe et peut-être futur président égyptien, déclare : "Peu importe que les gens votent 'oui' ou 'non'. Ce qui est important, c'est que les électeurs se déplacent."  Excellente définition du rôle des élections en régime "démocratique" de type occidental. A propos de la constitu-sion, voir également plus haut.

Moussa est bien sûr une créature des révolu-sionistes. Un semaine plus tôt, sur ordre de ses patrons, il poussait la Ligue arabe à voter un appel à l'attaque militaire de la Libye par les pays impérialistes, vote obtenu "démocratiquement" par une "majorité" de 9 voix sur 22 - voir plus bas. Comme les réunions de la Ligue arabe ont lieu à huis clos, on ignore ce que Moussa a dit aux délégués. Probablement quelque chose comme : "Peu importe que vous votiez 'oui' ou 'non'. Ce qui est important, c'est que l'OTAN ait un prétexte pour bombarder la Libye."


2 avril 2011 : Egypt's military keeping repressive practices in place. Depuis que l'armée a pris le pouvoir, des milliers de personnes ont été arrêtées et jugées. Les services de "sécurité" sont affaiblis, mais leurs pratiques répressives continuent d'être appliquées par les militaires.


9 avril 2011 : Affrontements aux abords de la place Tahrir. Des manifestants réclament le départ du général Tantaoui (que l'on disait si proche du peuple). Il y a deux morts et une vingtaine de blessés, plus deux camions militaires incendiés.


27 avril 2011 : Nouvelle attaque contre un gazoduc alimentant la Jordanie et - paraît-il - Israël. L'incendie a été très vite maîtrisé. On ignore pour combien de temps les livraisons sont interrompues. Il y a quelques jours, les autorités égyptiennes ont annoncé leur intention de revoir tous les accords gaziers, y compris avec Tel Aviv. Deux anciens hauts responsables du ministère de l'Energie sont accusés d'avoir vendu du gaz naturel à Israël à un prix (très) inférieur au cours du marché et d'avoir fait perdre de l'argent à l'Egypte (comme si ce genre de décision était du ressort d'un fonctionnaire ou d'un ministre).

Il est impossible de dire si tout cela doit être pris au sérieux. La junte militaire veut probablement gagner du temps et calmer une partie de l'opinion favorable à un boycott d'Israël. Sauf retournement de situation, les livraisons-cadeaux à destination de l'Etat voyou juif devraient se poursuivre.


7 mai 2011 : Au Caire, dans le quartier d'Imbaba, des islamistes (ou supposés tels) incendient deux églises coptes. Il y a douze morts et plus de 200 blessés. La guerre de religion souhaitée par les sionistes, et probablement fomentée par eux, se trouve ainsi relancée.


15 mai 2011 -   Pour la première fois depuis 1948, bravant les interdictions, les Palestiniens commémorent la Nakba simultanément en Palestine occupée et aux frontières. Slogan du jour : "La Nakba c'est fini, c'est le moment du retour..."  L'armée des tsaholos tire sur la foule ; il y a une vingtaine de morts en Cisjordanie, à Gaza, dans le sud du Liban et aux abords du Golan. En Egypte, la junte militaire, aussi docile vis-à-vis des sionistes que le régime de Moubarak, bloque l'accès au Sinaï afin d'empêcher une marche sur Gaza.


16 mai 2011 -   Dans les eaux internationales au large du ghetto, et avec l'aide d'un navire égyptien, la marine israélienne attaque un bateau humanitaire malaisien (le Finch affrété par la mission Spirit of Rachel Corrie). Le bateau malaisien, refoulé dans les eaux égyptiennes, reste bloqué devant El Arich - détails. On voit que la collaboration du "nouveau" régime du Caire avec les gangsters de Tel Aviv fonctionne à la perfection.


17 mai 2011 -   After Mubarak, the Military Fist - Après Moubarak, la poigne des militaires.

Selon l'avocat égyptien Adel Ramadan, de l'Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR), des milliers de civils, y compris des gens qui ont aidé à renverser Moubarak, ont été condamné par les tribunaux militaires après le 11 février - bien souvent pour pillage, incendie volontaire ou banditisme, mais aussi, dans des centaines de cas, pour avoir protesté contre la junte ou critiqué ses décisions. 7.000 sentences collectives ont été prononcées, parfois contre 35 accusés à la fois. Les avocats, commis d'office par les militaires, ont à peine cinq minutes pour prendre connaissance du dossier, parler avec le prévenu et présenter sa défense devant le juge. En trois mois, 50.000 personnes ont fait les frais de cette "justice" expéditive, les condamnations sans appel étant parfois très lourdes (au moins trois peines de mort depuis février). Pour obtenir des aveux, les militaires utilisent les mêmes méthodes que sous Moubarak. La seule différence, c'est qu'avant la "révolution", il y avait au maximum deux ou trois procès militaires par an, alors qu'aujourd'hui ils ont lieu à la chaîne.

Cette triste réalité n'a absolument rien à voir avec la fable qui nous présentait l'armée égyptienne comme "proche du peuple", par opposition à la police.


22 mai 2011 -   Les Etats-Unis, toujours magnanimes, prennent à leur charge un milliard de dollars de la dette extérieure égyptienne (sur un total de plus de 30 milliards). En échange de ce généreux cadeau (l'équivalent d'une demi-journée de dépenses militaires américaines), l'Egypte "démocratique" s'engage à privatiser sans contrepartie (c'est-à-dire gratuitement) une bonne part de ce qui ne l'était pas encore dans le secteur pétrolier et gazier. Les multinationales basées aux USA se frottent les mains...  On commence à comprendre le sens profond de cette révolu-sion. Moubarak, aussi collabo qu'il ait été, avait au moins la décence de ne pas tout brader. Il n'a pas été renversé parce qu'il était salaud, mais parce qu'il ne l'était pas assez...


28 mai 2011 :  Opération Poudre aux yeux à la frontière de Gaza. La junte militaire du Caire "ouvre" le terminal de Rafah... et laisse passer 400 personnes le premier jour. En théorie, tous les Gazaouis ont le droit de se rendre en Egypte, sauf les hommes de 18 à 40 ans (très dangereux) et les gens figurant sur une liste noire probablement établie avec l'aide des services de l'Etat voyou juif.  400 prisonniers autorisés à faire leur promenade en plein air, c'est un "progrès" par rapport à ce qui avait cours depuis le 21 février. Au lieu d'attendre son tour jusqu'en 2025, chaque habitant du ghetto a maintenant l'espoir d'y parvenir avant 2022 - à condition qu'il ne meure pas avant sous les bombes israéliennes. Et pour montrer que "tout va changer", les généraux annoncent que dans quelque temps, ils envisagent même un petit millier de passages quotidiens (ce qui réduirait le délai d'attente à "seulement" quatre ou cinq ans, tout le monde serait servi vers 2015-2016).  Evidemment, la nouvelle "liberté" ne vaut ni pour les marchandises ni pour l'aide humanitaire. De ce côté-là, rien de nouveau, Israël veille...

Autre signe rassurant pour les amis de la révolu-sion : un tribunal condamne Hosni Moubarak et deux de ses anciens ministres (Intérieur et Finances) à 63 millions d'euros d'amende "pour avoir ordonné l'interruption des communications téléphoniques et Internet lors du soulèvement de janvier". Ignorant tout des principes de la démocratie occidentale, le méchant dictateur et ses acolytes ne savaient pas qu'il est formellement interdit de se défendre quand l'Empire vous attaque via Facebook, Twitter, etc....  Bien sûr, les condamnés ne pourront pas payer l'amende infligée, puisque tous leurs avoirs ont été confisqués. On devrait néanmoins leur demander des dommages-intérêts pour le préjudice matériel et moral subi par les millardaires juifs propriétaires de ces réseaux "sociaux" (Mark Zuckerberg, Noah Glass et quelques autres).


30 mai 2011 :  Le bateau humanitaire malaisien Finch ou Spirit of Rachel Corrie (voir plus haut 16 mai) est toujours bloqué au large d'El Arich : Bateau-prison dans les eaux territoriales égyptiennes.


S'il était besoin d'une confirmation

1er juin 2011 : Les révolutions arabes ne sont que des coups d'Etat militaires masqués - c'est Eric Denécé, un ancien du renseignement, qui le dit.

Dans cet autre article, le journaliste investigateur américain Webster Tarpley craint que le "printemps arabe" bidon ne soit le prélude à un été de guerre. A propos de la fausse "lesbienne de Damas", derrière laquelle se cachait un "étudiant" américain de 40 ans (13 juin 2011), Tarpley se demande : "Combien de films, de photos et d'interviews diffusés ou mis en ligne pour dénoncer les crimes soi-disant commis par les régimes libyen, syrien ou autres, ont-ils en fait été fabriqués de toutes pièces par les services de désinformation et de propagande de la CIA ?...  Combien de scoops présentés sur les réseaux sociaux en rapport avec le 'printemps arabe' sont-ils en réalité l'œuvre des trolls de l'US Cyber Command ?..."


11 juin 2011 : Après réparation du pipe-line endommagé le 27 avril (voir plus haut), l'Egypte reprend ses fournitures de gaz à l'Etat voyou juif... aux mêmes conditions avantageuses qu'auparavant. Avantageuses pour Israël, évidemment : un tiers du prix du marché.  Entre-temps, les conseillers sionistes de Barack Obama sont passés par là avec leur "aide" économique - voir 22 mai. Ils ont su convaincre les zantisémites du Caire que faire payer à des Juifs le gaz qu'on leur fournit, c'est de toute façon de très, très mauvais goût...  Ne voulant pas aggraver leur cas, les généraux n'ont pas insisté.  (Ce qui n'a pas empêché la compagnie israélienne d'augmenter ses tarifs de 20 % sous prétexte de "hausse des prix mondiaux".)


16 juin 2011 : Une curieuse affaire d'espionnage israélien agite l'Egypte. Un "journaliste américain", Ilan Chaim Grappelli (alias Grapel, alias Ilan Goren, alias Illanhu Akbar, alias אילן גורן) se fait prendre la main dans le sac. Comme le signale la journaliste palestinienne Kawther Salam, ce tsahalo qui a participé à l'agression de 2006 contre le Liban, s'est introduit en Egypte à la faveur de la "révolution" de janvier, espionnant des sites militaires, infiltrant des groupes protestataires (il parle bien l'arabe mais avec l'accent syrien), distribuant de l'argent et donnant des cours de sabotage. Il a été vu à Imbaba peu avant l'incendie des églises coptes (7 mai) et serait mêlé à l'attentat contre le gazoduc d'El Arich.

Son excès de zèle a fini par jouer un mauvais tour à Grappelli-Grapel-Goren - la formation des agents du Mossad n'est plus ce qu'elle était... Le consul israélien exige maintenant d'assister à tous les interrogatoires et de voir toutes les pièces du dossier, comme cela est courant quand un Israélien viole les lois égyptiennes. Malheureusement pour les sionistes, si la collaboration est presque parfaite au sommet, elle ne l'est plus vraiment quand on descend dans la hiérarchie. Certains magistrats prennent le mot révolution au sérieux et refusent tout simplement d'obéir aux injonctions du consulat. Il va falloir les rappeler à l'ordre...


21 juin 2011 :  "L'ouverture" de la frontière à Gaza - juste des mots.  La junte du Caire laisse passer quelques Palestiniens pendant deux jours, puis boucle tout pendant quatre jours avant de faire de nouvelles promesses qui ne seront pas tenues. Certains voyageurs dont les papiers sont parfaitement en règle doivent poireauter des heures dans le no man's land, soumis à l'arbitraire de petits caïds égyptiens en uniforme. Le terminal de Rafah est tout simplement un checkpoint israélien de plus, à cela près que les Israéliens y restent invisibles.

Autre nouvelle, contredisant en apparence le caractère collabo de la clique au pouvoir : La Haute Cour de Sûreté de l'Etat vient de condamner deux Israéliens et un Egyptien (un certain Tarek Abdel Razek) à 25 ans de prison pour espionnage en faveur d'Israël. En fait, les deux ressortissants de l'Etat voyou juif ne risquent rien car ils sont en fuite, et leur complice égyptien a été arrêté en 2010, sous Moubarak ; le verdict n'aurait pas été différent un an plus tôt. Il n'empêche que c'est l'occasion rêvée pour le "nouveau" régime de communiquer sa "volonté de changement"... tout en pratiquant la continuité. Sans bouger le petit doigt, les successeurs du pharaon déchu donnent au peuple "libéré" l'impression qu'ils font quelque chose, alors qu'en réalité ils ne cessent de ménager Tel Aviv.

Tarek Abdel Razek fournissait à ses patrons israéliens des informations sur des Egyptiens, des Syriens et des Libanais travaillant dans le secteur des télécoms, et les aidait à sélectionner les individus susceptibles de coopérer avec le Mossad. Propriétaire d'une société d'import-export, il s'était rendu à plusieurs reprises à Damas, soi-disant pour y acheter des produits syriens, alors que le but réel de ses déplacements était de "remettre d'importantes sommes d'argent à un responsable syrien de la sécurité travaillant dans un service sensible". Autrement dit, l'homme a œuvré à la révolu-sion bien avant que cela ne devienne une mode. Si les sionistes ne méprisaient pas profondément les créatures qu'ils manipulent, ils lui remettraient la Grande Médaille du goy méritant.


29 juin 2011 : Place Tahrir, au Caire, affrontements entre quelques milliers de manifestants et les forces du "nouveau" régime - sans couverture médiatique, sans caméras de CNN, sans agitateurs israéliens.


4 juillet 2011 : A peine réparé depuis trois semaines, le gazoduc d'El Arich saute pour la troisième fois. Israël devrait réclamer des dommages-intérêts à l'Egypte pour manque à gagner et perte de revenus.





5 juillet 2011 : Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohamed Arabi, conseille au gouvernement de Beyrouth de ne pas entraver le "travail" du TSL, ce "tribunal" très spécial mis en place par les Etats-Unisraël pour "faire la lumière" sur l'assassinat de Rafic Hariri en 2005 (voir notre page sur le Liban).  La "nouvelle" clique du Caire, elle, se fait conseiller par Tel Aviv - pour ne pas dire plus...

Le plus curieux dans cette affaire, c'est que le Hebzollah libanais, qui est mis en cause par les assassins sionistes de Rafic Hariri, soutient depuis le début ce qu'il appelle la "révolution" égyptienne. De son côté, le pouvoir issu de cette "révolution" a à peu près autant de considération pour le Hezbollah que les Israéliens eux-mêmes. On voit que rien n'est simple au Moyen-Orient...


12 juillet 2011 : Encore un sabotage du gazoduc d'El Arich (le quatrième).


13 juillet 2011 : La junte militaire repousse de deux mois les "élections libres" d'abord prévues pour septembre, mais aucune date précise n'est fixée.


29 juillet 2011 : Place Tahrir, au Caire, grande manifestation des Frères musulmans.


30 juillet 2011 : Cinquième attaque contre le gazoduc d'El Arich.


3 août 2011 : Ouverture, au Caire, du procès à grand spectacle de l'ancien dictateur. On a fait venir Moubarak (83 ans et malade) de l'hôpital de Charm-el-Cheikh où il se trouvait, pour l'exhiber devant les caméras, couché sur une civière et enfermé dans une cage. La junte militaire et les magistrats, au moins aussi "ancien régime" et aussi coupables que lui, ont reçu l'ordre de leurs maîtres américano-israéliens de condamner le vieillard au nom de la "démocratie". Voilà ce qu'il en coûte d'être, trente ans durant, "l'ami" de ces gens-là...





12 août 2011 : La prétendue "ouverture" du Terminal de Rafah - rien de changé, les conditions sont toujours aussi scandaleuses.


14 août 2011 : L'armée égyptienne envoie un millier de soldats et plusieurs dizaines de chars dans le nord du Sinaï, afin de "lancer une offensive contre les extrémistes". Autrement dit : afin de protéger le pipe-line d'El Arich et d'assurer l'approvisionnement de l'Etat voyou juif. La péninsule du Sinaï étant démilitarisée depuis la restitution à l'Egypte en 1979, Le Caire a dû au préalable solliciter l'accord de Tel Aviv. Généreux comme ils sont, les sionistes ont accepté. A noter qu'inversement, les tsahalos n'ont pas besoin de consentement égyptien pour se tenir en permanence aux abords de la frontière (dans le Néguev qu'ils ont volé aux bédouins palestiniens).


19 août 2011 : Dans un mystérieux "incident" de frontière, décrit par Tel Aviv comme un triple attentat terroriste ayant causé la mort de huit Israéliens, cinq militaires ou policiers égyptiens sont tués par des tirs en provenance d'Israël. La clique sioniste fait porter la responsabilité des attaques à la fois au Hamas et à l'Egypte, et profite de cette "occasion" (qu'elle a probablement elle-même créée) pour bombarder le ghetto de Gaza et menacer le Caire. Les tueurs de Tel Aviv sont confrontés depuis quelque temps à une certaine agitation sociale intérieure et à l'annonce de la proclamation prochaine d'un Etat palestinien indépendant. Comme toujours, pour résoudre leurs problèmes, ils choisissent la fuite en avant.

La position de l'armée égyptienne est très ambiguë : elle est censée combattre les islamistes (Frères musulmans ou salafistes saoudiens) et protéger les intérêts de l'Etat voyou juif. Mais Israël, qui manipule autant les groupes terroristes que le "nouveau" régime du Caire, est loin de payer les Egyptiens de retour. C'est une constante depuis plus de trente ans : l'Egypte a beau s'échiner à satisfaire les sionistes, ces derniers ne sont jamais contents. Alors, tant pis pour les cinq morts d'aujourd'hui... Mais on imagine sans peine ce qui se serait passé dans le cas contraire, si cinq tsahalos avaient été tués par des tirs de l'armée égyptienne...


21 août 2011 : Deux jours après l'assassinat des cinq Egyptiens par Israël, deux diplomates du "nouveau" régime (le vice-ambassadeur et le chargé d'affaires à Tel Aviv) sont reçus par le président israélien Shimon Peres afin de papoter sur la "nécessité de préserver l'accord de paix conclu entre Israël et l'Egypte" et de s'entendre dire par le criminel de guerre sioniste qu'il "éprouve un grand respect pour le peuple égyptien" (sic).

Pendant ce temps, au Caire, des milliers d'Egyptiens manifestent devant l'ambassade de l'Etat voyou, tandis que l'Israélien Jeffrey Feltman, conseiller de Barack Obama, vient donner ses instructions aux chefs de la junte militaire.


23 août 2011 : Grâce à la "révolution", l'Egypte vient de vivre son premier débat politique contradictoire à la télévision (lien vidéo). C'est pas sous Moubarak qu'on aurait vu ça... (Si vous ne comprenez pas l'arabe, pas grave, tout devient clair à partir de 0:40.)


5 septembre 2011 : Toujours autant de restrictions au terminal de Rafah - Passage au compte-gouttes, 48 heures d'attente.  Pire encore : L'Egypte détruit les tunnels de Gaza pour le compte d'Israël.


9 septembre 2011 : Au Caire, depuis trois semaines, des manifestations permanentes ont lieu devant l'ambassade israélienne pour protester contre l'assassinat des cinq policiers égyptiens et exiger l'expulsion des "diplomates" sionistes (= agents du Mossad). Il y a une quinzaine de jours, après qu'un manifestant ait arraché le drapeau israélien qui flottait sur l'ambassade, le "nouveau" régime, toujours soucieux de protéger ses maîtres de Tel Aviv, a construit un mur de béton autour de l'immeuble. Inutile de dire que la population égyptienne n'apprécie guère cette copie du mur de l'apartheid en plein centre de sa capitale.

Ce qui devait arriver, est arrivé : les manifestants ont commencé à démolir le mur, puis ils ont pénétré dans l'ambassade, saccagé les bureaux, confisqué des dossiers (qu'ils veulent rendre publics sur Internet), jeté du matériel par les fenêtres et incendié partiellement les locaux. La police, débordée, a laissé faire - du moins au début.* Pour parfaire le tableau, selon Al-Manar, trois espions ("diplomates") israéliens auraient été capturés par la foule.** Le reste de la racaille sioniste a pris la fuite, tandis que la clique de Tel Aviv demandait d'urgence la protection des Etats-Unis. Sans leurs F-16 et leurs bombes au phosphore, ces sales tueurs ne font pas le poids. Ils ne reviendront que lorsque l'Oncle Sam et ses marionnettes cairotes auront rétabli "l'ordre" (leur ordre sioniste).

* La répression ne s'est pas fait attendre : il y a eu quatre morts parmi les manifestants. La dictature militaire, qui juge Moubarak parce qu'il a donné l'ordre de tirer sur le peuple, fait exactement la même chose en toute impunité.  Et alors que les manifestants voulaient l'abolition des tribunaux militaires, c'est tout le contraire qu'on leur promet.  L'Egypte est probablement le seul pays au monde où les gens qui manifestent contre l'assassinat de policiers se font eux-mêmes assassiner par d'autres policiers.

** L'information n'a pas été confirmée. En revanche, on a appris qu'un commando des forces spéciales égyptiennes est intervenu à la demande de Washington, permettant à six Israéliens assiégés de quitter discrètement les lieux "déguisés en Egyptiens". C'est le général Tantaoui, le chef de la junte, qui a couvert personnellement cette opération. On appréciera la logique collabo : après qu'Israël ait tué cinq de leurs hommes, les gouvernants égyptiens n'ont rien de mieux à faire que de sauver la vie de six Israéliens.


Quoi qu'il en soit, ces événements donnent une idée de ce que pourrait être une véritable révolution égyptienne (pas la révolu-sion que l'on voit depuis huit mois).

Commentaire du musicien juif britannique antisioniste Gilad Atzmon : "Je me demande combien de temps il faudra avant que les Américains, les Britanniques, les Allemands, les Indiens, les Français, les Chinois, les Argentins et tous les autres fassent la même chose. Le peuple égyptien vient de prouver qu'il est beaucoup plus responsable et plus moral que ses dirigeants politiques. Les citoyens du monde devraient l'imiter. Les racistes israéliens, champions du nettoyage ethnique, n'ont pas leur place parmi les nations."



  

    

A quoi reconnaît-on qu'un mouvement est spontané ?...
Au lieu d'utiliser les outils et les drapeaux fournis par George Soros,
les gens ont recours aux moyens du bord.


14 septembre 2011 : Le sioniste allemand d'origine polonaise Henryk M. Broder a commencé la révolu-sion d'Egypte avant tout le monde. En effet, depuis 2010, il anime une émission sur la chaîne publique allemande ARD, où on le voit en compagnie de son laquais égyptien israélophile Hamed Abdel-Samad, dénoncer "l'antisémitisme", le "fanatisme" (toujours arabo-musulman mais jamais juif) et les "théories conspirationnistes" (toutes sauf celles de son lobby préféré). Comme le terroriste norvégien Breivik, qu'il a inspiré, notre fêlé du bulbe adore les uniformes. On le voit ici déguisé en tsahalo viking :






Les mêmes vus de dos :

Autre émission, autre déguisement.
(Ce jour-là, Broder avait choisi un costume libyen, c'était l'époque où Kadhafi était bien vu en Occident.)


26 septembre 2011 : Sixième attaque contre le gazoduc d'El Arich. (Encore quatre, et on aura droit à une attaque gratuite.)


27 septembre 2011 : A la frontière de Rafah, les autorités égyptiennes inondent un tunnel, causant la mort de trois Palestiniens - détails.


2 octobre 2011 : En échange d'une vague promesse d'aide américaine, la junte militaire du Caire s'apprête à libérer l'agent israélien Grapel - voir plus haut 16 juin.


9 octobre 2011 : Après l'incendie d'une église copte à Assouan, la minorité chrétienne (environ 10 % de la population égyptienne) organise des protestations dans diverses villes, dont Louxor et Le Caire. Dans la capitale, l'armée réprime le mouvement et tue 24 manifestants. Les coptes avaient été assez naïfs pour croire que les militaires allaient les défendre contre les exactions des extrémistes musulmans (sans doute animés par les Grapel de service). En fait, le rôle de l'armée du "nouveau" régime - comme on a pu le voir ces derniers temps - n'est pas de protéger les coptes, mais de secourir les espions sionistes.


27 octobre 2011 : Libération de l'espion israélien Grapel. L'Etat voyou juif relâche 25 bédouins égyptiens (dont des jeunes de 15 ans) emprisonnés pour contrebande de cigarettes et autres motifs futiles.


11 novembre 2011 : Les autorités égyptiennes ferment l'accès aux pyramides de Gizeh pendant 24 heures afin d'empêcher la tenue d'une "cérémonie" occulte projetée par une secte judéo-maçonnique "polonaise" - détails. Ces tarés avaient l'intention de placer une étoile de David au sommet de la pyramide de Khéops, le 11.11.11 à 11 h 11, histoire de "rappeler" au monde que le plus grand monument de l'Antiquité a été édifié, vers -2560, par... tenez-vous bien... des "esclaves juifs".

Dommage qu'il n'y ait jamais eu d'esclaves juifs en Egypte ; dommage que les premiers habitants juifs soient arrivés dans ce pays vers -520, avec les chars de l'armée perse qui venait de "libérer" Jérusalem de l'occupation babylonienne ; et dommage qu'un peuple hébreu ou juif n'ait fait son apparition sur cette planète qu'aux alentours de l'an -1.000, soit 15 siècles après la construction des pyramides d'Egypte. (Il n'empêche que les Egyptiens sont d'épouvantables zantisémites qui devraient verser aux représentants autoproclamés de leurs "victimes" un dédommagement adéquat - voir plus bas.)

Voir également notre page sur les mythes de l'Ancien Testament, en particulier : "Légende et réalité" et "Hébreux / Israélites / Judéens / Juifs dans l'Antiquité".


18 novembre 2011 : Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, pour la plupart islamistes, se rassemblent place Tahrir pour protester contre l'intention de la junte militaire de perpétuer son pouvoir dans le cadre de la prochaine constitution. Après la fin de la manif, l'armée disperse de force les protestataires demeurés sur place. Les Frères musulmans n'ont pas encore compris le sens profond de la "démocratie" à l'américaine. On devrait leur montrer les photos et vidéos d'Occupy Wall Street : US Democracy in pictures and videos.

(Les élections à l'Assemblée constituante égyptienne sont prévues pour le 28 novembre.)


20 novembre 2011 : Au Caire les manifestations se poursuivent ; le mouvement gagne Alexandrie et d'autres villes. Après 48 heures d'affrontements avec la police et l'armée, il y a déjà une douzaine de morts (trois fois plus qu'aux Etats-Unis).


22 novembre 2011 : Déjà 35 morts depuis le début des troubles. Les manifestants réclament le départ - voire la tête - du général Tantaoui, le chef de la junte. Il est difficile de comprendre ce qui se passe réellement. Compte tenu de l'intérêt accordé par les médias à cette affaire, il ne serait pas étonnant que les habituels marionnettistes soient à l'œuvre. Curieusement, les Frères musulmans semblent s'être retirés du mouvement après l'avoir lancé. Il est de plus en plus douteux que des élections puissent avoir lieu dans moins d'une semaine.

Faut-il voir dans tout cela une manœuvre destinée à paralyser l'armée égyptienne en prévision de la prochaine guerre par procura-sion (Syrie ou Iran) ?...


23 novembre 2011 : CNN est de nouveau en première ligne pour la retransmission en boucle de la "seconde révolution". Le "journaliste" israélo-américain Ben Wedeman (alias Mouchamerdman) est de retour. Parallèlement, on apprend que trois "étudiants américains" ont été arrêtés par la police égyptienne, probablement des collègues d'Ilan Chaim Grapel (voir plus haut) auxquels on a pris soin de donner des passeports US.



Les manifestants du Caire (pas les animateurs, bien sûr, mais les suiveurs)
se font gazer aux frais du contribuable américain (gaz "anti-émeutes" fabriqué en Pennsylvanie)




Les produits CTS ont fait leur preuve aux USA

En Egypte comme aux Etats-Unis, Soros et compagnie sont étroitement impliqués dans les événements et entraînent dans leur sillage des milliers de fantassins inconscients et manipulés : aux USA, pour dévoyer le mécontentement et l'empêcher de déboucher sur des changements réels ; en Egypte, pour mieux servir les intérêts immédiats d'Israël.


27 novembre 2011 : Mohamed El-Baradei, l'ancien patron de l'AIEA, refait parler de lui : il "propose" aux militaires de le laisser former un gouvernement civil provisoire. Etait-ce le but de la révolu-sion 2.0 ?...


28 novembre 2011 : Attentat à la bombe contre le pipe-line d'El Arich. C'est le septième depuis le début de l'année (voire le neuvième selon certains médias).


4 décembre 2011 : Pour permettre la tenue des élections, les révolu-sionistes ont déserté la place Tahrir - vraiment très aimable de leur part...  Le système électoral est extrêmement compliqué : il n'y a pas moins de six tours, échelonnés entre le 28 novembre et le 10 janvier. Si l'on en croit la presse, le premier tour (touchant un tiers de la population) aurait marqué la victoire des islamistes (Frères musulmans : 37 %, salafistes : 24 %, autres islamistes : 4 %) pour un taux de participation de 62 %. Le principal, c'est qu'ils reconnaissent tous la Sainte Trinité USA-Israël-Arabie Saoudite.


9 décembre 2011 : Alors que les élections viennent à peine de commencer, la junte militaire charge un "conseil consultatif" de mettre au point les modalités de rédaction de la nouvelle constitution - une prérogative qui devrait nornalement échoir à la future Assemblée constituante. Les Frères musulmans protestent : ils croyaient vraiment qu'on allait les laisser faire...


14 décembre 2011 : A l'occasion d'une rencontre avec John Kerry (candidat "battu" par George W. Bush à l'élection présidentielle de 2004), le chef des Frères musulmans égyptiens, Mohamed Morsi, déclare que son parti (Liberté et Justice) respectera tous les engagements internationaux pris par le régime précédent et qu'il n'a pas l'intention d'annuler les accords signés avec Israël. A la bonne heure...  On voit que ce parti soi-disant islamiste (= intégriste musulman) est en fait tout simplement islamique (= musulman tout court), exactement comme son homologue tunisien, également vainqueur des élections - voir plus haut.

Quelques jours plus tôt, Jeffrey Feltman, un des nombreux conseillers juifs de Hillary Clinton, avait "prédit" que les Frères musulmans ne toucheraient pas aux relations égypto-israéliennes. Il était bien placé pour le savoir, puisque c'est à Tel Aviv que sont prises les décisions importantes concernant la politique égyptienne. Mais tout cela n'empêche pas les médias sionisés d'agiter sans cesse l'épouvantail de l'islamisme arabe et de gloser sur "l'inquiétude qui règne en Israël".

17 décembre 2011 : Les affrontements reprennent place Tahrir, faisant une dizaine de morts en deux jours. Les émeutiers incendient la bibliothèque de l'Institut d'Egypte (fondé en 1798 par Bonaparte sur le modèle de l'Institut de France et de ses académies). Wikipédia écrit : "Dans ce bâtiment étaient conservés 200.000 ouvrages, certains rarissimes, concernant l'histoire et la géographie de l'Egypte. Les archives et ces ouvrages historiques ont été détruits..."


Deuxième revolu-sion égyptienne


18 décembre 2011 : Attentat n° 10 contre le pipe-line d'El Arich.

21 décembre 2011 : Selon le site libanais Al-Manar, citant Yossri Hammad, porte-parole du parti égyptien salafiste Nour financé par l'Arabie Saoudite, ce parti est "prêt à dialoguer avec Israël s'il reçoit une invitation officielle à cet égard via le ministère égyptien des Affaires étrangères". Et le porte-parole de préciser : "Certains pensent que si nous accédons au pouvoir, nous allons annoncer la guerre contre Israël et annuler l'accord de Camp David, mais nous assurons que cela n'est pas vrai, parce que si nous prenons les rênes du pouvoir, nous conserverons toutes les conventions internationales..."

Les Frères musulmans avaient déclaré la même chose une semaine plus tôt. On voit donc que l'Etat terroriste juif n'a rien à craindre...

23 janvier 2012 : Fin des élections législatives après une procédure à la fois longue (durée : deux mois) et embrouillée (mélange de scrutin majoritaire, de proportionnelle et de sièges "réservés"). Les "islamistes" remportent plus de 70 % des sièges (Frères musulmans : 47 %, salafistes : 24 %). Les révolu-sionistes jubilent intérieurement : mission accomplie...

1er février 2012 : A Port-Saïd, un match de foot pour la Coupe d'Egypte oppose l'équipe locale d'Al-Masry à Al-Ahly du Caire ("le club le plus couronné d'Afrique"). Al-Masry gagne 3-1.  "C'est comme si Sochaux s'imposait contre le Real Madrid", écrit Al-Manar dans cet article : Que s'est-il passé ?  (Ce sont pourtant des choses qui arrivent : en octobre 2008, le Real Madrid précisément s'est fait battre en 16ème de finale de Coupe d'Espagne par une équipe de 3ème division - détails - ce qui est pire encore que de perdre contre Sochaux.)

A l'issue du match de Port-Saïd, de graves incidents éclatent, faisant 80 morts et des centaines de blessés. Al-Manar accuse les autorités d'être responsables de ce "massacre", exactement comme l'avait fait CNN, bientôt imité par tous les médias, quelques minutes à peine après l'hécatombe.  Ce n'est malheureusement pas la première fois que des douzaines de spectateurs meurent dans un stade de foot. La liste de ces catastrophes est longue, et les causes sont rarement politiques (une des rares exceptions : la "guerre du foot" de 1969 entre le Salvador et le Honduras - détails).

On dit que la police égyptienne est restée passive face aux "hooligans". Compte tenu de la façon dont sont traités les policiers depuis plus d'un an, et compte tenu également du salaire de misère que touchent ces fonctionnaires, on comprend aisément qu'ils n'aient aucune envie de se mêler à des conflits qui en fait ne les regardent pas. Et de toute manière, si les flics étaient intervenus à Port-Saïd, les donneurs de leçons auraient été les premiers à les montrer du doigt.

Après avoir joué la carte de l'armée contre celle de la police, les "révolutionnaires" s'en prennent à présent à l'une comme à l'autre, ce qui correspond parfaitement à l'agenda des tireurs de ficelles : affaiblir à tout prix les seules forces organisées encore capables de résister.  Dans les jours qui suivent les événements de Port-Saïd, des troubles éclatent au Caire et ailleurs dans le pays, alourdissant davantage le bilan : le 5 février, on en est à 12 morts supplémentaires. Pour "venger" les victimes du 1er février, les émeutiers incendient le ministère de l'Intérieur - c'est tout à fait dans l'optique de la deuxième révolu-sion.

Depuis un an, rien n'a changé pour la population, du moins pas en bien. Et rien ne changera non plus lorsque Tantaoui, le chef de la junte, aura été écarté et remplacé par un pouvoir civil dominé en apparence par des "islamistes" de pacotille. Plus personne ne parle de Gaza ni des relations avec Israël, si ce n'est pour demander le maintien du statu quo.

Pour ce qui est d'Al-Manar, cette source est sans doute indispensable quand il s'agit du Liban ou de la Syrie. Mais dès qu'il est question de l'Egypte (ou de la Libye, de la Tunisie et des autres "printemps"), leur niveau est lamentable et se distingue à peine de celui des médias sionisés.


18 février 2012 : Deux navires de guerre iraniens arrivent à Tartous, en Syrie, après avoir passé sans encombre le canal de Suez (comme en février 2011). Détail piquant : l'Etat provocateur juif qualifie cette démarche de "provocation iranienne".


26 février 2012 : Au Caire, ouverture d'un procès contre des membres d'ONG étrangères pour financement illicite de groupes égyptiens et ingérence dans les affaires politiques du pays. Il y a 43 accusés dont 19 Américains (ou Israélo-Américains). Seulement 14 de ces accusés sont présents au procès... mais toujours en liberté. Les autres ont pris le large depuis longtemps.

Les ONG en question sont notamment le National Democratic Institute (NDI), l'International Republican Institute (IRI), Freedom House et la Konrad-Adenauer-Stiftung (proche du parti allemand CDU) - détails. Compte tenu des pressions constantes exercées sur l'Egypte par les Etats-Unis et leurs satellites, ce procès n'a guère de chances d'aboutir ; il a sans doute pour but d'amuser la galerie.

Il est probable que personne n'a vraiment l'intention de mordre la main qui le nourrit. Sans aide militaire américaine, les généraux ne sont rien. Veulent-ils vraiment s'opposer à l'ingérence et au financement illicite de leurs concurrents de la "société civile", sans lesquels il n'y aurait pas de révolu-sion ?...  Voir également plus haut : Derrière les coulisses.


31 mars 2012 : Le conflit plus ou moins biaisé entre les militaires (que les faiseurs de révolu-sion veulent neutraliser) et les islamistes (qu'ils favorisent en prétendant les redouter ou les combattre), atteint un nouveau "sommet". Le Parlement en place depuis janvier, où Frères musulmans et salafistes occupent plus de 70 % des sièges, a désigné une commission chargée (en principe) de rédiger la nouvelle constitution. Cette commission de 100 membres est composée pour moitié de parlementaires élus, et pour moitié de personnalités extérieures choisies par le Parlement. Militaires égyptiens et marionnettistes étrangers "déplorent" maintenant que la commission constituante compte plus de 70 % d'islamistes (chose apparemment inattendue à leurs yeux). Ils "craignent" donc qu'il en sorte une constitution religieuse.

Et pourtant, il paraît que les Frères musulmans (majoritaires) avaient promis de ne pas s'emparer de la majorité et d'accorder la même place à la minorité (comme cela se pratique couramment dans les pays démocratiques de type israélo-américain). Pire encore, les partisans de la charia - faut pas charrier ! - ont l'intention de briguer le poste de président de la République, alors qu'ils avaient laissé entendre qu'ils ne le feraient pas. Ils avaient aussi promis de ne présenter de candidats aux législatives que dans 30 % des circonscriptions : ils n'ont pas non plus tenu parole. Ah les vaches !... Si on les laisse faire comme ça, ils vont finir par trahir Israël, au mépris de toutes leurs promesses...

Une des raisons pour lesquelles les révolu-sionistes veulent supprimer le pouvoir de l'armée, c'est que les militaires, indépendamment de leur rôle de garants d'une certaine indépendance de l'Egypte, représentent aussi un important potentiel économique pour le pays. L'armée est propriétaire d'entreprises industrielles rentables, ce qui lui permet de ne pas trop grever le budget national (tout juste 5 % du total, un record, mais l'armée reçoit également des subventions en provenance des Etats-Unis). Il est évident que la privatisation de ces entreprises ferait l'affaire de certains "investisseurs", surtout étrangers.

Depuis janvier 2011, l'armée a prêté de l'argent à l'Etat égyptien ruiné par la révolu-sion (deux milliards de dollars accordés à divers ministères). Elle est aussi venue en aide à la population (distribution gratuite ou à bas prix de surplus alimentaires et vestimentaires). Il est clair que les militaires n'ont pas l'intention de renoncer à ce patrimoine économique, pas plus que les Frères musulmans n'ont l'intention de renoncer au leur.

9 avril 2012 : Quatorzième attentat contre le gazoduc d'El Arich. Depuis le début de la révolu-sion, il y en a eu en moyenne un par mois.


2 juin 2012 : Le procès-farce de Hosni Moubarak, commencé en août 2011 (voir plus haut), s'achève par une condamnation à la prison à vie.


14 juin 2012 : La Cour constitutionnelle dissout le Parlement mis en place avec tant de peine (deux mois rien que pour le vote) au motif que près d'un tiers des députés n'auraient pas été élus dans des conditions constitutionnelles. Or, il n'y a pas de constitution valide en Egypte (voir plus haut). L'ancienne a été abrogée, la nouvelle n'existe pas encore ; la commission chargée de rédiger la nouvelle constitution (et composée pour moitié seulement de parlementaires élus) n'a jamais pu faire son travail, ayant été suspendue par décision de justice en avril 2012, moins de deux semaines après sa naissance.

Tout cela n'a rien à voir avec la "démocratie". Logiquement, il aurait fallu avant toute chose élire (si possible de manière simple et à la proportionnelle) une Assemblée constituante, c'est-à-dire un Parlement provisoire dont le rôle aurait été non pas de légiférer mais de rédiger la constitution. Ayant ainsi fixé la structure des institutions, l'Assemblée constituante aurait pu se transformer en véritable Parlement et, conformément à la constitution, organiser ou pas une élection présidentielle. On peut très bien se passer de président et mettre à sa place un collectif, un roi ou rien du tout. Si on veut un président, on peut le faire élire par les citoyens ou par le Parlement, ou le faire nommer par qui on voudra. C'est à la constitution de régler ces détails et de définir les pouvoirs présidentiels (étendus comme aux Etats-Unis ou en France sous la Ve République, ou restreints comme sous la IVe).  Elire un président au suffrage universel avant qu'il n'y ait une constitution, c'est mettre la charrue devant les bœufs. Et dans un système démocratique, il ne peut exister de Cour constitutionnelle toute puissante s'il n'y a pas de constitution pour lui servir de référence.



Recyclage direct des bulletins de vote par le SCAF
(Supreme Council of the Armed Forces = la junte militaire de Tantaoui)

Il est évident que la situation chaotique engendrée par ce coup de force "juridique" des rescapés de l'ancien régime contre les "islamistes" qui réclament leur place au soleil, est parfaitement voulue et programmée. Les tireurs de ficelles font s'affronter les deux camps antagonistes qu'ils dominent l'un comme l'autre. Tant que les militaires et les religieux se combattent, ils s'affaiblissent mutuellement, et la véritable révolution ne risque pas de supplanter la révolu-sion made in Israelica.

Le second tour de l'élection présidentielle est prévu pour les 16 et 17 juin. Il opposera Mohamed Morsi (Frères musulmans) à Ahmed Chafik (ancien Premier ministre de Moubarak), le premier n'étant arrivé que légèrement en tête au premier tour, à cause du morcellement des candidatures. Si l'on s'en tient aux rapports de force à l'intérieur du Parlement mort-né (70 % de religieux, dont 47 % de Frères musulmans) c'est Morsi qui devrait l'emporter. Mais rien n'est sûr.

19 juin 2012 : Les Frères musulmans se déclarent vainqueurs de la présidentielle, ce que contestent les militaires. En attendant que la situation soit clarifiée (comment et par qui ?) la junte exerce "à titre provisoire" à la fois le pouvoir présidentiel (d'étendue indéterminée) et celui du Parlement (qu'elle a fait dissoudre).


24 juin 2012 : La Commission électorale reconnaît la victoire de Mohamed Morsi (Frères musulmans). Mais le nouveau président (par la grâce des militaires, des USA et d'Israël) n'a pratiquement aucun pouvoir.


8 juillet 2012 : Morsi "défie" la junte militaire en annulant la dissolution du Parlement - cela fait partie du petit jeu imaginé par les révolu-sionistes...


5 août 2012 : Comme un an plus tôt (voir 19 août 2011), un "incident" à la frontière égypto-israélienne non loin de la bande de Gaza, coûte la vie à un groupe de gardes égyptiens (16 cette fois, contre 5 en 2011). Les services de propagande de l'Etat voyou juif annoncent aussitôt que les coupables sont des terroristes d'Al-Qaïda ; le Mossad aime beaucoup cette "nébuleuse" qu'il téléguide en coopération avec les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite.

Tandis que le chef du Hamas de Gaza, Ismaïl Haniyeh, pointe Tel Aviv du doigt, le nouveau président égyptien adopte le narratif israélien et déclare la guerre aux islamistes (on pensait qu'il en faisait partie). Puisqu'Israël prétend que les tueurs sont venus de Gaza, Mohamed Morsi s'empresse de fermer le terminal de Rafah. Pas de chance pour les trois pelés et deux tondus palestiniens qui auraient eu le droit de franchir cette frontière dans les prochains jours.

Malgré cela, Haniyeh reste serein et explique : "Cette attaque a été lancée pour gêner la nouvelle direction égyptienne et créer des troubles à la frontière afin de ruiner les efforts visant à en finir avec le siège de la bande de Gaza..."  (On aimerait bien savoir quels "efforts" les Frères musulmans égyptiens et leurs "frères" du Hamas ont accomplis depuis janvier 2011 pour mettre fin au blocus du ghetto...  On remarquera au passage à quel point la prédiction de Thierry Meyssan du 1er février 2011 était fausse...)


7 septembre 2012 : Le président égyptien Morsi - ce n'est pas la première fois - exige le départ du président syrien Assad. Serait-ce parce que ce dernier a été "moins bien" élu que le "frère musulman" du Caire ?...  Réaction du ministre syrien de l'Information, Omrane Al-Zohbi : "La seule différence entre Morsi et son prédécesseur, c'est la barbe..." (Moubarak n'en portait pas.)

Détail typique que les médias passent généralement sous silence : le nouvel "homme fort égyptien" a vécu aux USA où il a fait ses études ; ses deux fils sont nés en Californie et ont de ce fait la nationalité états-unienne. Si l'on en croit Wikipédia, "c'est durant sa période américaine que Morsi a grimpé dans la hiérarchie des Frères musulmans..." Ce qui en dit long à la fois sur cette confrérie (fondée par les Britanniques lorsqu'ils dominaient l'Egypte) et sur le nouveau "patron" du pays. Malgré la barbe, Morsi l'Américain n'a rien d'un "islamiste", c'est-à-dire d'un extrémiste musulman. Il est la preuve vivante que l'axe Washington-Tel Aviv sait se montrer flexible dans le choix de ses laquais arabes.


11 septembre 2012 : Des manifestants (non manipulés par les maîtres de Morsi) escaladent le mur d'enceinte de l'ambassade US et s'emparent symboliquement du drapeau américain. Ils protestent ainsi contre la dernière production islamophobe de la racaille américano-sioniste d'Hollywood. En Libye, la réaction est beaucoup plus violente et coûte la vie au gouverneur américain - voir Libye - 11.09.2012.


4 octobre 2012 : A l'occasion de l'anniversaire de la guerre de 1973 contre Israël, Morsi rend hommage au président Sadate, assassiné en 1981... par les Frères musulmans dont fait partie Morsi. On a bien là toute l'hypocrisie de la politique égyptienne. Au-delà de l'apparente contradiction, on voit que les prétendus islamistes ont perdu leur radicalité et abandonné leurs principes : ils ont en fait rejoint le traître Sadate dans l'ignominie et sont redevenus ce qu'ils étaient lors de leur fondation par l'occupant britannique.

Sadate, en son temps, avait fait la guerre à Israël (ce que Morsi ne fera jamais), mais il avait pris soin de freiner l'offensive égyptienne pour ne pas causer trop de tort aux sionistes. Plus tard il avait carrément collaboré avec l'Etat voyou, devenant ainsi le paria du monde arabe. Trente ou quarante ans après, l'ensemble du monde arabe (sauf la Syrie) est contrôlé par les sionistes et Morsi participe activement au blocus de Gaza.


12 novembre 2012 : Les Frères musulmans se jettent dans les bras du lobby sioniste. Les "islamistes" égyptiens n'ont plus qu'un souci : conserver le semblant de pouvoir qui leur a été octroyé par les Etats-Unis dans le cadre de la "révolution" arabe. Ils viennent de recevoir la visite du milliardaire juif américain David Bonderman, qui leur a promis d'investir en Egypte. "Le plus étrange est que les Frères musulmans savent que Bonderman est un des partisans les plus acharnés de l'Etat d'Israël."  La politique des prétendus islamistes est une "reprise de la démarche incarnée par Moubarak pour mieux satisfaire les bailleurs de fonds" judéo-américains.

Au niveau protocolaire, c'est le grand amour entre Le Caire et Tel Aviv ; le président Morsi a même envoyé à son homologue Shimon Peres une lettre dans laquelle il le qualifie de "cher grand ami".


26 novembre 2012 : Les révolu-sionistes relancent le spectacle égyptien : 1) "coup de force" de Morsi contre les juges de l'ancien régime qui faisaient mine de le contrôler - 2) réaction immédiate et "spontanée" de "la rue" qui organise des "manifestations de masse" regroupant près de 5.000 figurants. CNN et les autres chaînes sionisées repassent en boucle des images identiques à celles de février 2011.

Morsi l'Américain (voir un peu plus haut 7.9.12) vaut vraiment son pesant d'or. Non seulement il a efficacement empêché jusqu'à présent tout allègement de la situation à Gaza ; lors de la récente guerre juive contre le ghetto, il a en outre largement contribué, avec l'émir du Qatar, à la capitulation du Hamas (rebaptisée "victoire" pour les besoins de la cause).


3 décembre 2012 : Le "deal" entre les Frères musulmans et les Etats-Unis confirmé par Morsi  par Ghaleb Kandil.

"Les Frères musulmans en Egypte, qui représentent le cœur de cette confrérie transnationale, ont établi leur plan de prise du pouvoir sur la base d'un 'deal' avec les Etats-Unis et Israël pour renouveler la fonction politique et sécuritaire qui avait été confiée au régime de Hosni Moubarak... Cela confirme les informations qui circulent depuis deux ans sur des arrangements conclus entre l'Amérique et le commandement des Frères musulmans dans la région, sous l'égide de la Turquie et du Qatar. Ces arrangements stipulent que l'Occident favorisera le renouvellement des élites dirigeantes dans les pays arabes à travers les Frères musulmans, qui s'engagent, en contrepartie, à garantir la sécurité d'Israël et les intérêts américains et occidentaux..."

"Le seul élément sur lequel s'est appuyé le président Morsi pour promulguer sa déclaration constitutionnelle rejetée par de larges pans de la société égyptienne [les juges de l'ancien régime et les manifestants appointés] est le soutien américain et israélien qu'il a reçu pour son rôle dans la conclusion de la trêve entre l'Etat hébreu et les organisations palestiniennes lors de la dernière guerre de Gaza. Le pouvoir égyptien a présenté des engagements dans le cadre des négociations, portant sur des questions politiques et sécuritaires s'articulant autour de deux points : couper l'approvisionnement en armes de la bande de Gaza en poursuivant la destruction des tunnels, et rompre les relations entre les organisations palestiniennes et l'Iran..."

"Le Caire aurait fourni des facilités aux forces spéciales et aux services de renseignements américains dans le Sinaï et demandé au Hamas de déployer des forces à la frontière entre Gaza et Israël pour veiller au cessez-le-feu. C'est-à-dire s'assurer qu'il ne sera pas violé par les organisations de la résistance palestinienne. En quelque sorte, le Hamas commence à jouer le même rôle que la police de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie... Il n'aura fallu que quelques mois pour que le vrai visage des Frères musulmans apparaisse aux yeux de l'opinion publique égyptienne et arabe."


6 décembre 2012 : Les affrontements entre "islamistes" et "démocrates" continuent d'agiter Le Caire. Les metteurs en scène des services américano-israéliens contrôlent évidemment l'un et l'autre camp. Comme en janvier 2011, les événements sont très limités géographiquement (place Tahrir) et n'intéressent pratiquement pas l'écrasante majorité de la population égyptienne.

Ce regain d'agitation se déroule bien sûr sous le feu des projecteurs de CNN. Indépendamment de son caractère artificiel, il fournit une admirable illustration de ce que les Etats-Unisraël entendent par "démocratie". Le fait que les partis islamistes, qui ont recueilli 70 % de voix aux élections, veuillent influer sur le contenu de la future constitution tout en la soumettant à référendum, est considéré en Occident comme contraire à la démocratie. En revanche, il serait "démocratique" de négliger le point de vue de ces 70 % en leur imposant les volontés de la minorité. (C'est une méthode tellement courante dans nos pays, que les médias alignés ne se rendent même pas compte de l'énormité de la contradiction.)

En donnant du fil à retordre à leur poulain Morsi, Washington et Tel Aviv entendent bien lui montrer les limites du "pouvoir" qu'ils lui ont attribué. Au 21ème siècle, quelle que soit la stratégie en vigueur, personne n'est indispensable, surtout dans le monde arabe. Tout fauteuil présidentiel est aussi un siège éjectable.


23 décembre 2012 : Par 64 % de "oui" (avec une participation de seulement 32 %), les Egyptiens approuvent la nouvelle constitution élaborée on ne sait trop comment par les hommes de Morsi.


24 décembre 2012 : La veille de la très antisémitique fête de Noël, une bonne nouvelle publiée par le site sioniste JSS News vient nous remonter le moral : Un héros de la révolution égyptienne en visite à Jérusalem. Il s'agit de "Maikel Nabil, l'un des dissidents égyptiens les plus célèbres, combattant des droits de l'homme et chef blogueur démocrate". JSS précise que le voyage de Nabil, qui le conduira bien sûr à Yad Vashem, ce haut lieu du culte de l'Holocauste®, "est organisé par UN Watch, une ONG basée à Genève et qui travaille à l'ONU pour promouvoir les droits de l'homme et la paix".

Selon Wikipédia, UN Watch est affiliée à l'American Jewish Committee et sponsorisée par le Congrès juif mondial - un double gage d'honnêteté.


Suite (Egypte II - à partir de 2013)


........................................................................................


31 décembre 4014 : Dans les ruines de ce qui fut autrefois la ville du Caire, on vient de découvrir la momie très bien conservée du pharaon Moubarak 1er (début du 21ème siècle).






RÉVOLU-SION EN LIBYE

Carte de la Libye

Carte détaillée de la partie nord-ouest de la Libye
(avec les zones soi-disant tenues par les "rebelles" à la date du 14.8.2011)

Plan de Tripoli

Au cours de ces dernières années, le régime libyen, autrefois révolutionnaire, est devenu très docile vis-à-vis de l'Occident. Pour avoir le droit de visiter les capitales européennes (et d'y planter sa tente), le clown Kadhafi a même avoué des crimes qu'il n'avait pas commis (Lockerbie), renoncé à des armes de destruction massive qu'il ne possédait pas, et coopéré, dans la "lutte contre Al-Qaïda", avec les Etats terroristes occidentaux qui l'accusaient de terrorisme. Quant on sait que le pays regorge de pétrole et de gaz naturel qui ne demandent qu'à être privatisés, il est clair qu'une révolu-sion victorieuse y sera particulièrement profitable.

20 février 2011 : Ce n'est pas une révolte populaire, mais une guerre menée par Israël.  En Libye, les "manifestants pacifiques" ont pendu des policiers et incendié des bâtiments publics. Ils reçoivent toute l'aide nécessaire depuis l'Egypte voisine dominée par les généraux. C'est pour cette raison que les troubles ont surtout lieu dans l'est du pays (Cyrénaïque) où se trouvent les plus grands gisements pétroliers. L'Etat voleur juif en profite pour accuser le régime de Kadhafi d'avoir "volé" deux milliards de dollars aux Juifs libyens. La révolu-sion en cours, si elle réussit, pourrait rapporter à ses auteurs un multiple de cette somme.



"Comme les Arabes nous ont volé tout ça, nous exigeons
un dédommagement de 50.000.000.000.000.000 $ plus les intérêts.
"


21 février 2011 : Bombardement des dépôts d'armes, pas des manifestants - Campagne de désinformation des médias occidentaux, comme il y a 20 ans pour le "charnier" de Timisoara (Roumanie) ou les couveuses du Koweit* ; il existe des entreprises de "communication" spécialisées dans ce genre de propagande. Tandis que la Libye grouille d'agents étrangers (israéliens, américains, européens, etc.), c'est le régime de Tripoli qu'on accuse de faire intervenir des mercenaires.** Les pressetitués occidentaux s'en donnent à cœur joie. Comme pour la Corée du Nord et le Venezuela, ils peuvent raconter n'importe quoi sans risquer d'être contredits.

* Sans oublier les "atrocités serbes" de Trnopolje, Sarajevo, Srebrenica et Racak. Les journalistes assermentés adorent comparer Kadhafi à Milosevic, à cause du rôle que ce dernier a joué en Yougoslavie. Ils ne croient si bien dire, car l'un et l'autre ont plus ou moins suivi une politique de résistance à l'Empire, même si le parcours de l'excentrique dirigeant libyen est nettement plus ambigu.

** Au même moment, on apprend que le Parlement de Nairobi vient de discuter la question des mercenaires israéliens au Kenya qui ont pour mission de tuer des personnalités politiques. Depuis 2007, il y a eu 1200 assassinats de cette sorte dans le pays. Oui, les Israéliens sont vraiment derrière tous les conflits en Afrique - voir ici 11 janvier 2011. Et ils accusent toujours leurs victimes de recourir aux méthodes qu'eux-mêmes emploient systématiquement.


Il semblerait que l'armée libyenne soit divisée face aux événements, mais il est difficile, sinon impossible, de savoir ce qui se passe exactement dans le pays. Quoi qu'il en soit, deux effets (voulus et provoqués) se manifestent déjà : 1) le prix du pétrole continue de grimper (excellent pour Goldman Sachs et les spéculateurs - voir plus haut) - 2) après les "réfugiés" tunisiens, ce sont les demandeurs d'asile libyens qui ne vont pas tarder à déferler sur l'Europe (là aussi, le chaos recherché est garanti sur les deux rives de la Méditerranée).


22 février 2011 : Le "journaliste" israélo-américain Ben Wedeman de CNN, toujours sur place quand une révolu-sion est sur le point de l'emporter (d'abord en Tunisie, puis en Egypte) est à présent à Tobrouk, dans l'est de la Libye, non loin de la frontière égyptienne. Il montre avec fierté les dégâts causés par "le peuple en colère" et interviewe quelques-uns de ces "combattants de la liberté" qui brandissent le drapeau de l'ancienne monarchie libyenne renversée en 1969. Kadhafi a parlé, paraît-il, des rats et des cafards qui menacent la Libye. Il a oublié les mouches à merde des médias.


23 février 2011 : Interventionists Target Libya  par Justin Raimondo. Le discours de Kadhafi, que les journaleux présentent comme surréaliste, confus et hallucinant, ne l'était peut-être pas tant que ça. La traduction était intentionnellement mauvaise. Le décor, loin d'être "bizarre", était au contraire très symbolique, puisqu'il s'agissait des ruines d'une maison détruite par le bombardement américain de 1986 et conservée depuis en guise de mémorial. (L'attaque terroriste ordonnée par Reagan a tué en tout 60 civils, dont la petite-fille de Kadhafi âgée de 18 mois).

Si la révolu-sion libyenne n'a pas le même succès qu'en Tunisie et en Egypte, il y aura peut-être une intervention militaire directe de l'étranger. La Libye est un petit pays, moins par sa taille que par sa population. Elle a, en tout et pour tout, 6,5 millions d'habitants - pas même le tiers de ce que compte la seule ville du Caire. Contrairement à ce que pense l'auteur de l'article, il est évident que l'armée de Tripoli, à supposer qu'elle existe encore, ne pourra jamais s'opposer à une invasion - invasion qui sera le prélude à d'autres invasions similaires partout où l'Empire américano-sioniste le jugera "utile". La Troisième Guerre mondiale va-t-elle débuter de cette façon-là ?...


24 février 2011 : L'Italie est sans doute le seul pays occidental qui évite de verser de l'huile sur le feu libyen. Le ministre des Affaires étrangères de Rome met en garde contre une division de la Libye, qui ne manquerait pas d'entraîner "un exode de dimension biblique". [Selon la mythologie juive de l'Ancien Testament deux millions d'Hébreux - bien entendu "persécutés" - auraient fui l'Egypte au 13ème siècle avant notre ère, c'est-à-dire à une époque où les Hébreux/Juifs/Israélites n'existaient pas encore - abracadabra !...]

L'ancienne puissance coloniale de la Libye serait la première touchée par un tsunami migratoire. Ce ne sont pas seulement les émigrés libyens qui inonderaient l'Italie, mais aussi ceux d'une bonne partie de l'Afrique, auxquels la Libye barrait jusqu'à présent le passage en accord avec Rome et Bruxelles. Les Italiens ont toujours entretenu de bonnes relations avec Kadhafi, même lorsque la "communauté internationale" israélo-américaine imposait son boycott (jusqu'en 2005).

Le seul problème, c'est que la catastrophe en cours n'a rien de naturel, et il est peu probable que ceux qui l'ont déclenchée acceptent de se modérer. S'ils ont réussi à arracher "pacifiquement" au Soudan ses territoires du sud riches en pétrole, pourquoi se gêneraient-ils dans l'est de la Libye, mais par la violence cette fois - en supposant qu'ils ne parviennent pas à s'emparer rapidement de l'ensemble du pays.

Les agences de communica-sion mandatées pour accompagner la révolu-sion libyenne ne savent plus où donner de la tête. Après avoir annoncé la fuite du dictateur au Venezuela, elles nous dévoilent chaque jour de nouvelles atrocités. Quand ce ne sont pas les mercenaires noirs et les villes bombardées, ce sont les têtes coupées dans les hôpitaux, les fosses communes creusées à la hâte, les massacres en série, les milliers de morts, les gazages de manifestants, les attaques contre les mosquées, les 12.000 dollars pour chaque civil tué, les installations pétrolières que Kadhafi va faire sauter, les centaines de milliards qu'il a volés, la vie de débauche qu'il mène, j'en passe et des Goldwyn-Meyer...  Certaines de ces "infos" sont même confirmées par WikiLeaks - c'est dire si elles sont dignes de confiance.

La Libye et l'impérialisme  par Sara Flounders. "De toutes les luttes qui se déroulent actuellement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, la plus malaisée à décortiquer est celle qui se passe en Libye... Les médias occidentaux appuient une bonne partie de leurs reportages sur des faits supposés, fournis par le groupe d'exilés du Front national pour le salut de la Libye, formé et financé par la CIA américaine...  [Après 2003] Kadhafi a tenté d'écarter des menaces d'agression contre la Libye en faisant d'importantes concessions politiques et économiques aux impérialistes. Il a ouvert l'économie aux banques et sociétés étrangères, il a abondé dans le sens des demandes d'« ajustements structurels » émanant du FMI, privatisant ainsi de nombreuses entreprises publiques et réduisant fortement les subsides de l'État à l'alimentation et au carburant. Le peuple libyen souffre de ces mêmes prix élevés et du chômage à la base des rébellions qui éclatent ailleurs et qui découlent de la crise économique capitaliste mondiale."

Malgré ces privatisations qui plaisent tant à Strauss-Kahn (le président du Foutoir mafieux israélophile FMI), il reste encore beaucoup à "réformer". Ce qui est particulièrement scandaleux en Libye : la gratuité des soins de santé et de l'enseignement à taux les niveaux - un fâcheux résidu de la phase socialiste du régime. En Libye, le taux d'analphabétisme est de seulement 15 %. Dans les régions urbaines, il est même proche de zéro (contre près de 50 % en Egypte). Il faut absolument que ça change. La liberté, c'est aussi la liberté de ne pas savoir lire.


C'EST PAS JUSTE :

Aux USA, les journalistes libyens qui entrent clandestinement dans le pays
sont évidemment accueillis à bras ouverts par la "Homeland Security".



GASPILLAGE DE RESSOURCES :

Pourquoi deux appels séparés, alors qu'ils émanent en fait d'une seule et même source ?

(D'après des informations confidentielles, ce n'est pas AQMI qui agit en Libye,
mais l'organisation de jeunesse d'Al-Qaeda Near East - AQNE Juvenile)


25 février 2011 : L'est de la Libye semble être aux mains de la révolu-sion. Tous les journaleux occidentaux qui craignaient de quitter leur hôtel du Caire, il y a quelques semaines, de peur de se faire casser la gueule par les manifestants, sont maintenant en route pour la Libye. Prendre un "taxi pour Tobrouk" (titre d'un film de guerre de 1960) est devenu un must. CNN a même organisé dans cette ville (avec l'aide d'une officine spécialisée) une sorte de "rave de la liberté", une "love parade de la révolution". Le "peuple" danse et se défoule par des tirs de joie qui virent parfois au drame, comme disent les médias. Pas grave, on n'en est pas à quelques douzaines de morts près. De toute façon, on les mettra sur le compte de Kadhafi.

Nul ne sait exactement d'où viennent les armes. En partie sans doute des stocks de l'armée libyenne en déroute. On ne va pas tarder à avoir une situation comparable à celle de l'Albanie, il y a une vingtaine d'années. Tout le monde avait une arme, comme aux Etats-Unis - à cela près que la police et l'armée n'en avaient pas, car il n'y avait plus ni police ni armée. L'anarchie a vite cédé la place au règne des gangs mafieux. En Libye, les pillages se multiplient déjà, surtout dans les chantiers abandonnés par les entreprises étrangères. Là aussi, il suffira de dire que c'est la faute à Kadhafi.

A Tripoli et dans d'autres villes de l'ouest, il y a des affrontements armés, mais il est très difficile d'y voir clair. Le pantin noir de Washington et ses émules européens, quand ils ne condamnent pas "le tyran" (avec lequel ils coopéraient encore la semaine dernière), l'exhortent à "cesser ses violences". Comme dans les années 1990 en Yougoslavie, on fait semblant de croire que les combats ont lieu entre un pouvoir sans scrupules et de pauvres civils sans défense. S'il en était ainsi, la révolu-sion serait matée depuis longtemps et l'on aurait, à Tripoli, une situation comparable à celle de Gaza. En Libye, les adversaires du régime sont soit des militaires mutins, soit des commandos infiltrés. Mais Kadhafi n'a pas le droit de se défendre. Il n'a en fait que le droit de disparaître.

Sous George W. Bush - Le marketing de Kadhafi aux Etats-Unis  par Claude Lévesque. En 2006, le sioniste Richard Perle animait un "projet visant à améliorer l'image de la Libye et de Mouammar Kadhafi". Quand on a des "amis" comme Richard Perle, on n'a pas besoin d'ennemis - et pourtant, des ennemis, Kadhafi en a.


26 février 2011 :  Covert US military support most likely underway from the beginning  (Soutien militaire US clandestin très probablement en cours depuis le début) par Tony Cartalucci.

"Il ne fait aucun doute que l'agitation en Tunisie, en Egypte et maintenant en Libye, est soutenue par les Etats-Unis. Le leader de l'opposition Ibrahim Sahad, du Front national pour le salut de la Libye (FNSL), donne en permanence des interviews devant la Maison Blanche, répétant mot pour mot les slogans des organes de propagande comme la BBC, CNN, Fox News et Al-Jazeera. Entre-temps, une myriade d'organisations américaines travaillent main dans la main avec Sahad pour réclamer une intervention de l'ONU, de l'UE, des USA et de l'OTAN."

"Le FNSL est armé jusqu'aux dents et mène une campagne militaire contre Kadhafi. Ce dernier l'a d'ailleurs fait savoir dans un de ses discours [mais nos télévisions ont bien pris soin d'effacer ce passage.] Les affirmations invraisemblables de la BBC selon lesquelles des manifestants sans armes auraient réussi à conquérir le centre de Benghazi, puis l'aéroport et une base militaire proche ne tiennent pas debout. Tout cela rappelle les reportages mensongers de 2008 sur une prétendue invasion russe en Géorgie, alors qu'en réalité, c'était l'armée géorgienne, équipée et entraînée par les USA, qui avait déclenché le conflit [en envahissant l'Ossétie.]"

"La BBC et les autres médias préparent l'opinion à une intervention de l'OTAN en Libye pour le cas où le soulèvement armé du FNSL ne réussirait pas."

Selon le site israélien DEBKAfile, "des centaines de conseillers militaires américains, britanniques et français, dont des officiers de renseignement, ont débarqué le 24 février à Benghazi et Tobrouk". (En droit international, ces "conseillers" sont tout simplement des mercenaires étrangers.  Si DEBKAfile ne mentionne pas les mercenaires israéliens, il y a deux raisons à cela : 1) ils sont depuis longtemps sur place - 2) les agents israéliens ont presque toujours une double nationalité et se font évidemment passer pour des Américains, des Britanniques ou des Français.)

En plus des navires de guerre occidentaux qui se trouvaient déjà dans les parages, une quinzaine d'autres convergent en direction des côtes libyennes. Comme toujours en pareil cas, le prétexte invoqué est le sauvetage des citoyens américains ou européens bloqués dans le pays. C'est sans doute pour cela que "des unités de forces spéciales, avec des moyens amphibies, sont ou pourront être prépositionnées sur les bâtiments rassemblés pour l'occasion, et servir en cas d'évolution encore plus dramatique de la situation".


27 février 2011 :  Pour donner à l'intervention étrangère un vernis "légal", le Conseil de "Sécurité" de l'ONU vote à l'unanimité, à la va-vite, sans réelle discussion et sur la base de rumeurs mensongères et d'accusations préfabriquées, une résolution prévoyant des "sanctions" personnelles (financières, économiques et pénales) contre Kadhafi, sa famille et ses partisans. Comme l'ambassadeur libyen a été "retourné" par le camp révolu-sioniste, il parle en fait en son nom personnel et ne représente plus les autorités légales de son pays. L'accusé n'a aucune possibilité de faire connaître son point de vue et encore moins de plaider sa cause. On veut le capturer, le "juger" et l'assassiner "en toute légalité".

Cette mascarade politico-juridique, qui va bien au-delà de ce que l'on a pu voir avec Milosevic, Saddam Hussein (version Reality Show hollywoodienne) et le "TSL" libanais, est cautionnée par tous les membres du Conseil de Sécurité (Sécurité ?) à commencer par les cinq pays à veto, dont la Russie et la Chine, mais aussi par les dix membres non-permanents : Allemagne, Portugal, Bosnie, Colombie, Brésil, Gabon, Nigéria, Afrique du Sud, Liban (!) et Inde. En principe, elle pourrait se répéter demain aux dépens de n'importe quel autre membre de l'ONU, y compris certains des pays qui viennent de l'approuver. Elle crée un précédent applicable à tous les "dictateurs" qui ne pratiquent pas la "démocratie" telle qu'elle a cours aux USA ou en Israël.

En ce qui concerne la Russie et la Chine, il ne faut pas oublier que leur complicité (active ou passive) a permis toutes les agressions et tous les mauvais coups de ces vingt dernières années. La Russie, toujours dans le giron sioniste depuis 1991, a semblé s'en libérer un peu à l'époque de Poutine. Mais depuis que Medvedev a fait son apparition, la reprise en mains est flagrante. La Chine, elle, ne pense qu'à ses intérêts économiques. Il a probablement suffi de lui peindre une Libye post-kadhafienne sans partenaires chinois, pour la mettre aussitôt dans le droit chemin. Quand il est question de souveraineté nationale et d'intégrité territoriale, le gouvernement de Pékin ne s'intéresse qu'à son propre pays, jamais aux autres. En se comportant de la sorte, la Chine ne deviendra jamais une superpuissance politique. Elle devrait se méfier, on finira bien par supprimer le droit de veto et par voter des sanctions contre elle. La Libye "nouvelle" pourra alors dénoncer, aux Nations Unies, les "abominables crimes chinois au Tibet". (Inutile de préciser que tout cela vaut plus encore pour la Russie.)

Vers une autre guerre 'humanitaire'  par Tommaso Di Francesco : "Un niveau de mensonges significatif de la part des medias une fois de plus 'embedded'... Comme un déjà vu balkanique... L'instrument militaire opérationnel AfriCom de l'OTAN est déjà prêt pour l'intervention. Et tout le monde est averti de la présence sur le terrain non pas d'Al-Qaïda, mais d'un intégrisme musulman réel et historique en Cyrénaïque."

Le drapeau du roi Idris ou la mémoire historique annulée  par Manlio Dinucci : "Ce drapeau est la bannière de ceux qui entendent ramener la Libye sous la coupe des puissances qui la dominèrent à une autre époque. Celles qui, chapeautées par les Etats-Unis, se préparent à débarquer en Libye sous le paravent du maintien de la paix."

La station de radio publique allemande d'information Deutschlandfunk a interviewé récemment la journaliste Gabriele Riedle à son retour de Libye. Sujet : la carotte et le bâton au pays de Kadhafi. Le bâton, on en parle à longueur de journée, mais la carotte ?...  Riedle explique que les Libyens bénéficient de beaucoup d'avantages sociaux inconnus dans les pays voisins. Une misère extrême comme en Egypte ou, en partie, en Tunisie, n'existe pas en Libye. On ne voit pas de mendiants dans les rues libyennes. Personne n'est vraiment pauvre au point de ne pas s'en tirer. Il y a bien sûr des gens qui doivent se contenter du minimum vital, mais personne ne vit en-dessous, comme en Egypte (où 30 % de la population a moins de deux dollars par jour). Quand la journaliste se met à énumérer les biens et services subventionnés (loyers, alimentation de base, essence bon marché et emplois publics dont on n'a pas vraiment besoin mais qui assurent une subsistance minimum), l'animateur constate subitement qu'il n'a plus le temps et met fin à l'interview. (Cité par Jürgen Elsässer sur son blog).

Toutes ces mesures sociales vont bien entendu disparaître, comme elles ont disparu en Allemagne de l'Est il y a vingt ans. Ce qui a également disparu, dans nos pays "libres et démocratiques", c'est la véritable liberté d'expression et d'information, qui ne se manifeste plus que sporadiquement pour quelques secondes, le temps que l'intervieweur pris par surprise se ressaisisse.

Il est très difficile, sinon impossible, de se faire une idée précise de la situation socio-économique en Libye avant le début des événements. Les sources disponibles, comme Wikipédia, se basent sur le CIA World "Factbook" (!) et indiquent un taux de chômage de 30 % pour une population active de 1.830.000 personnes. Selon la définition classique (également reprise par Wikipédia), "la population active est la population en âge de travailler et qui travaille ou souhaite travailler". Les 1.830.000 se décomposeraient donc en 1.280.000 Libyens qui travaillent (70 %) et 550.000 chômeurs (30 %). Ces chiffres sont probablement aussi fiables que tout ce que nous entendons ces jours-ci sur la "révolution" en Libye.

On nous raconte quotidiennement que le pays héberge un très grand nombre d'étrangers, dont plusieurs centaines de milliers de ressortissants des pays du Maghreb et même, paraît-il, 1.500.000 Egyptiens et de nombreux Indiens et Bangladeshis, sans compter la main-d'œuvre étrangère hautement qualifiée (européenne, nord-américaine et chinoise) - au total environ 3.000.000 de personnes. En tenant compte du fait que l'écrasante majorité de ces gens sont en Libye sans leurs familles, il y aurait donc au moins deux fois plus de travailleurs étrangers que de travailleurs libyens. Est-ce vraiment plausible ? Un journaliste sérieux s'efforcerait d'éclaircir ce paradoxe. Malheureusement, il ne faut pas y compter...

Quoi qu'il en soit, ces chiffres, même s'ils sont exagérés, montrent que la forte présence étrangère en Libye facilitait énormément l'infiltration d'agents hostiles dans ce pays. Avant même l'ouverture complète de la frontière avec l'Egypte le 11 février (chute de Moubarak), ces agents étrangers devaient se compter par milliers, tous munis d'un contrat de travail et d'une autorisation de séjour en bonne et due forme. Mais c'est, là aussi, un sujet qui n'intéresse pas les médias.


28 février 2011 :  Les intervenants étrangers ont mis en place, à Benghazi, un "gouvernement" à leur goût, avec à sa tête l'ancien ministre de la Justice de Kadhafi (une garantie d'intégrité morale et politique, un gage de démocratie). Maintenant que la frontière égyptienne est grande ouverte, on peut acheminer tout le matériel, tout l'équipement, tous les ordinateurs, tous les drapeaux monarchistes, toutes les armes et tous les hommes dont on a besoin. Les navires de guerre britanniques font la navette entre Malte et Benghazi. Des avions militaires de l'OTAN, avec à bord des soldats en armes, se posent dans l'est de la Libye, pour des raisons "humanitaires" évidemment. Ont-ils été appelés au secours par le nouveau "Premier ministre", tout comme les chars soviétiques l'avaient été par une partie du gouvernement de Prague en août 1968 ?

Dans l'ouest du pays, la situation militaire semble confuse. Les "insurgés" tiennent paraît-il les villes de Misrata et Zawiya, mais peu d'images parviennent de ces lieux. Les USA annoncent qu'ils ont l'intention d'établir une zone d'interdiction de vol au-dessus de la Libye, comme ils l'avaient fait en Irak entre 1991 et 2003. Bien entendu, l'interdiction ne vaut que pour les Libyens, par pour les armées étrangères. Si Kadhafi continue de résister à ceux qui veulent sa disparition, on se dirige vers une véritable guerre. Une guerre comme les aiment les criminels américains et leurs complices de l'OTAN : à cent contre un, face à un adversaire faible et insignifiant, sans aucun risque pour les agresseurs. Une guerre pour le plus grand bien d'Israël, une guerre par procura-sion, une de plus.


1er mars 2011 :  Comment créer artificiellement une catastrophe humanitaire en Libye ?  Rien de plus facile : 1) on fait fuir une partie des travailleurs étrangers en leur faisant peur ou, au besoin, en les faisant agresser par des bandes armées - 2) on s'arrange pour que les Egyptiens ne rentrent pas directement dans leur pays mais se dirigent plutôt vers la frontière tunisienne - 3) une fois que la Libye a laissé passer les "réfugiés", on leur fait interdire l'entrée en Tunisie par les autorités de ce pays - 4) on laisse des dizaines de milliers de personnes s'entasser dans l'étroit no man's land entre la Tunisie et la Libye - 5) on fait poireauter les gens dehors, pratiquement sans nourriture et sans eau, pendant plusieurs jours - 6) les télévisions occidentales filment la catastrophe et l'imputent au dictateur Kadhafi.

Mensonges massifs pour justifier une intervention militaire occidentale - A Benghazi, la propagande occidentale "découvre", une semaine après la "libération" de la ville, une prison souterraine où les gens étaient soi-disant torturés. "C'est le mensonge de destruction massive inventé par l'impérialisme américano-sioniste pour justifier l'invasion. D'ailleurs, pourquoi les Américains, qui rêvent d'intervenir militairement en Libye, n'ont-ils pas même envisagé d'intervenir en Tunisie ni en Égypte ? Parce qu'en réalité, Ben Ali et Moubarak étaient à leur service, contrairement à Kadhafi." [Depuis 2004, sans être aussi soumis que ses homologues tunisien et égyptien, Kadhafi était tout de même plus ou moins au service des Américains et de ses "amis" Blair, Berlusconi et Sarkozy. Ce n'est qu'en 2011 qu'il a retrouvé - en partie - sa combativité d'autrefois.]


2 mars 2011 :  Les forces libyennes fidèles à Kadhafi contre-attaquent dans l'est et semblent reprendre le contrôle de Brega et Ajdabiya où se trouvent un terminal pétrolier et une raffinerie. Dans l'ouest du pays, la ville de Zawiya aurait également changé de mains. Un convoi parti de Tripoli serait en route pour l'est afin de venir en aide aux loyalistes de cette région. Il est très difficile de savoir ce qu'il en est exactement.

A l'occasion d'un meeting tenu à Tripoli et partiellement retransmis par la BBC et CNN, Kadhafi dénonce la propagande étrangère et affirme que ses troupes n'ont jamais tiré sur des manifestants pacifiques. A El-Beïda et Benghazi, dit-il, des groupes armés ont attaqué par surprise les casernes et les postes de police, ont tué de nombreux soldats et policiers et se sont emparés de leurs armes. Kadhafi accuse ces groupes de faire partie d'Al-Qaïda (on voit qu'il a bien assimilé la rhétorique occidentale). Les forces libyennes n'ont fait que se défendre comme l'aurait fait n'importe quelle armée du monde. Les "insurgés" ont libéré tous les prisonniers de droit commun et armé les criminels qui terrorisent maintenant les villes.

Kadhafi dénonce également la confiscation des avoirs libyens (des sommes qui appartiennent aux entreprises de son pays et non à lui-même ou à sa famille). Il reproche au Conseil de Sécurité de l'ONU d'avoir adopté, sans poser de questions, le point de vue unilatéral des agences occidentales et de se fier aux affirmations mensongères de l'ambassadeur traître.

Si les USA ou l'OTAN interviennent, souligne Kadhafi, il y aura une guerre sanglante avec des milliers et des milliers de morts. En cas de besoin, le gouvernement armera un, deux ou trois millions de personnes [sur 6,5 millions d'habitants !...] et on aura un nouveau Viêt-Nam.


3 mars 2011 :  Vers une "somalisation" de la Libye  par Jacques Borde, historien et journaliste.

"Je crains une 'somalisation' accélérée de la Libye, avec une, deux ou trois capitales (car rien de nous assure que les gens s'étant emparé des commandes à Benghazi et Tobrouk restent alliés), Tripoli restant aux mains des Khadafi, ou de l'un d'entre eux, le reste du pays se partageant en féodalités tribalo-guerrières changeant de camp au gré des vents..."

"La Libye, c'est bien là son malheur, reste un pays inexistant au niveau des infrastructures, ne produisant rien - hors du pétrole, bien sûr - qu'une mauvaise impression. Celle d'un amateurisme pseudo-révolutionnaire généralisé où, y compris les insurgés d'aujourd'hui, tous vivaient des rentes et prébendes que leur octroyait Kadhafi. Or, faire la 'révolution' ne fait ni tourner les (rares) usines ni les sites de désalinisation. Sans parler de la 'Grande rivière' et des installations pétrolières..."

"L'essentiel des tâches de production, et de tout ce qui touchait à la vie courante, était dévolu à une main-d'œuvre immigrée qui, pour l'instant, a pris le chemin de l'exil et ne reviendra que si elle a l'assurance de voir sa sécurité assurée et ses salaires payés. Or, la situation actuelle n'est pas très engageante : des villes plus ou moins sous contrôle de factions ne s'entendant que sur leur détestation commune de Kadhafi, entourées de no man's lands dont on ne sait pratiquement rien, avec des tribus négociant leur ralliement au jour le jour et au plus offrant. Sans parler des zones restant sous contrôle du pouvoir tripolitain, toujours aux mains des Kadhafi. Tout ceci n'incite pas à l'optimisme..."

"Le gouvernement de transition ? Il contrôle quoi, exactement ? Tobrouk, Benghazi ? Avoir mis le feu à des commissariats de police et neutralisé probablement l'armée la plus fantaisiste et la moins apte au combat du monde, ne fait pas de vous des gestionnaires. Que va-t-il se passer quand l'eau potable va manquer, que les centrales vont s'arrêter faute de carburant ou d'entretien ?..."

"La Libye, j'y suis allé cinq ou six fois. L'Irak sous blocus génocidaire onusien, en 1994, c'était, par comparaison, la Prusse bismarckienne en plein essor..."

"Kadhafi ne tient pas des propos très cohérents ? C'est ce qu'on nous dit maintenant. Mais vous savez, à un moment donné ou à un autre, tout le monde a été proche de Kadhafi. Y compris les Israéliens... Quant à l'incohérence prêtée à Kadhafi, méfions-nous de nos idées préconçues. Prenez par exemple, parmi ceux jugés les plus excessifs, ceux imputant à des islamistes salafistes le recours à des drogues pour motiver leurs troupes. A priori, du délire. Sauf que..."  [et l'auteur cite quelques précédents : somaliens, yéménites et surtout... américains, au Viêt-Nam, en Irak, etc...]  "Alors des militants islamos drogués, pourquoi pas, en effet ? Evidemment, ne comptez pas sur des journalistes occidentaux, eux-mêmes défoncés à la coke, pour creuser le sujet..."

"Les Occidentaux ne sont intéressés que par les matières premières libyennes. Vous ne croyez tout de même pas que les pétroliers US vont se soucier de l'état du système social libyen, en train de s'effondrer, soit dit en passant. Il est tout à fait possible de pomper le pétrole d'un pays en laissant crever sa population. Exemple : le Nigeria..."

"Si les nouveaux maîtres de la Cyrénaïque, en attendant la suite, se montrent, à terme, aussi 'sociaux' que les seigneurs de la guerre somaliens, je crains le pire."


4 mars 2011 :  Le président venezuelien Hugo Chávez propose une médiation internationale entre le gouvernement libyen et les "insurgés". Kadhafi accepte, de même que la Ligue arabe. Bien entendu, les "révolutionnaires" - ou plutôt leurs ventriloques occidentaux - refusent. Une médiation risquerait de faire échouer leur nouveau projet de guerre.

En guide de réponse, le singe savant de Washington ordonne à Kadhafi d'abandonner le pouvoir. Contrairement aux "hommes forts" de Benghazi, Obama a appris son texte par cœur, il peut se passer de ventriloque - mais la laisse est toujours là...  Simultanément, les navires de guerre US se rapprochent des côtes libyennes.

A La Haye, pressée par les événements, la soi-disant Cour pénale internationale, bras judiciaire de la communauté internationale israélo-américaine, fabrique en vitesse un dossier bidon contre Kadhafi. C'est le procureur Luis Moreno-Ocampo, sioniste argentin qui s'est fait la main en accusant le président soudanais Omar Al-Bashir de crimes imaginaires, qui dirige le spectacle. Moreno lui-même a été l'objet de diverses poursuites, bien entendu vite abandonnées, pour diffamation, provocation à la haine raciale, harcèlement sexuel et licenciement abusif (de collaborateurs honnêtes ayant refusé de jouer son jeu).


5 mars 2011 :  A Rajma, près de Benghazi, les loyalistes libyens font sauter un dépôt de munitions tenu par les révolu-sionistes. C'était paraît-il le plus important de la région. Ailleurs, les combats continuent. Comme chaque jour, la presse occidentale annonce des succès rebelles et des massacres de civils par les troupes de Kadhafi.



Civils sans défense




"Allo ! CNN, Ben Wedeman ? Shalom !... Arrive tout de suite à Brega avec ton équipe.
Les hommes du dictateur viennent encore de tirer sur des manifestants pacifiques
et ils ont même détruit un bus scolaire...
"




"D'accord, on se salit peut-être plus les pompes que sur les trottoirs de Tel Aviv, mais c'est pour la bonne cause."




"Choukran, Mister Soros. Tes ordinateurs sont super.
Mais envoie-nous encore un million de drapeaux monarchistes, on est en rupture de stock.
"


Un lavage de cerveau phénoménal  par Serge Charbonneau :  "L'arme médiatique dans toute son efficacité. Aujourd'hui, nous avons le coup des attaques sanguinaires contre des populations manifestant pacifiquement. Tout est mis en place pour attiser notre haine permettant le cautionnement de l'invasion illégale et assassine de la Libye. Jamais nous n'avons assisté à une telle orchestration de tous les moyens 'convaincants'. Tout est mis à profit pour faire approuver la guerre d'invasion qui se fera sous les applaudissements de nos cerveaux lessivés."

Selon le Guardian, trois marines néerlandais armés auraient été capturés par les forces de Kadhafi à Syrte. Ils n'avaient pourtant rien fait de mal, leur hélico venait tout juste de se poser. Vraiment pas sympa de la part du dictateur, alors que chacun sait que quand les militaires libyens font la même chose à Amsterdam, personne ne leur dit jamais rien.

A propos de la zone d'interdiction de vol réclamée par certains, l'amiral américain Michael Mullen explique qu'il s'agirait en réalité d'un véritable acte de guerre :  "Etant donné que les forces de Kadhafi disposent de missiles sol-air, il faudrait mettre hors d'usage les défenses aériennes libyennes par des attaques aériennes. Cela demanderait un grand nombre d'avions, qui opéreraient depuis les bases US en Italie méridionale. Pour cette opération, d'autres aéroports seraient aussi nécessaires, surtout en Egypte et en Tunisie."


6 mars 2011 :  Toujours des affrontements un peu partout. Il est difficile de savoir qui tient quelle ville. Comme souvent en pareil cas, il suffit de hisser un drapeau sur un immeuble pour prétendre qu'on a le contrôle de tous les environs. Et les retournements de situation sont très fréquents. [Plus tard, on apprendra que cette date du 6 mars marque en gros l'apogée de la progression "rebelle". La "marche sur Tripoli" a été stoppée à Ben Djaouad, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Ras Lanouf.]

On ignore qui se bat du côté de ces fameux "rebelles". Certainement pas les civils qui posent pour les télés étrangères avec des armes dont ils savent à peine se servir et dont on a vraiment l'impression qu'ils sont drogués. Pas non plus les transfuges de l'armée régulière dont on nous raconte qu'elle était faible et mal équipée (contrairement aux milices de Kadhafi). Qui sont ces troupes que le leader de Tripoli appelle "Al-Qaïda" ?  Probablement des groupes (islamistes ou pas) mis en place au cours des derniers mois (ou années) avec l'aide des services occidentaux et renforcés considérablement depuis la chute de Moubarak. Les agents étrangers sont nombreux en Libye. Huit soldats des forces spéciales britanniques SAS viennent d'ailleurs d'être capturés... par les "rebelles". Les officiers du SAS étaient censés entraîner les troupes de Kadhafi en vertu d'un accord militaire conclu en mars 2009 avec le Premier ministre anglais Gordon Brown. On ne sait pas trop ce qu'ils faisaient réellement.

Le successeur de Gordon Brown, David Cameron, est aujourd'hui le plus farouche partisan de la guerre aérienne contre la Libye. Il trouve sans doute que les crimes de l'armée britannique en Afghanistan ne suffisent pas et qu'il convient d'étendre son champ d'action. En tant que descendant direct de Moïse*, Cameron est un des plus brillants représentants de la communauté internationale judéo-juive, plus brillant encore que Maître Sarkouille (mais moins que Strauss-Kahn, bien entendu).

* Les mauvaises langues disent qu'il descend de Pinocchio. Sarkozy, lui, descend du Petit Poucet. Quant à DSK, il n'est pas encore descendu mais il le sera quelques mois plus tard.


7 mars 2011 :  "Horrific" : David Miliband's furious reaction - Un autre joyau de la communauté sioniste internationale, David Miliband, ancien ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni et frère d'Edward Miliband (ex-ministre de l'Energie et chef du parti travailliste), vient de faire une horrible découverte : Saif al-Islam Kadhafi, un des fils du leader libyen, a donné une conférence à la London School of Economics and Political Science (LSE) en mai 2010. Pour remercier le gouvernement libyen d'avoir effectué un don de 1,5 million de livres (1,8 million d'euros) à la LSE, Saif al-Islam Kadhafi, qui est titulaire d'un doctorat de cette grande école, a été choisi pour prononcer un des discours dans le cadre du Ralph Miliband Programme - du nom du politologue trotskiste Ralph Miliband (père de David et d'Edward, décédé en 1994), qui fut dans les années 1940 étudiant de cette même école avant d'y enseigner.

Il y a tout juste dix mois, personne en Grande-Bretagne n'aurait songé à protester, et surtout pas les Miliband. En cherchant bien, on trouverait peut-être même que les deux frères ont assisté à cette conférence (rien de plus normal) et qu'ils ont applaudi Saif al-Islam Kadhafi lorsque celui-ci a prononcé sa belle allocution. S'ils n'y étaient pas personnellement, ils connaissaient au moins le programme et ne s'y sont pas opposés. Aujourd'hui, bien sûr, les choses sont complètement différentes. On veut pendre le fils Kadhafi (et toute sa famille avec). Pour commencer, on va lui retirer son titre de docteur en prétendant qu'il a plagié certains passages de sa thèse.  Saif al-Islam Kadhafi trouve ce comportement de ses anciens "amis" lâche et écœurant. Il a parfaitement raison, même s'il est clair que le double jeu et le double langage sont caractéristiques de ces milieux.




Titre de la conférence de Saif al-Islam Kadhafi de mai 2010 : La Libye - passé, présent, avenir.

Titre de sa thèse de doctorat de 2009 : Le rôle de la société civile dans la démocratisation
des institutions de la gouvernance globale
.

Titre de sa prochaine conférence : Les caresses de chien, ça donne des puces.

8 mars 2011 :  En Libye, les combats se poursuivent. Selon les médias, les forces gouvernementales semblent regagner du terrain à Misrata et Zawiya (ouest) ainsi qu'à Ras Lanouf (est du golfe de Syrte). On ignore cependant si les "rebelles" sont vraiment en position d'infériorité ou s'il ne s'agit pas plutôt d'un prétexte destiné à justifier l'imminence de bombardements occidentaux. L'agression étrangère camouflée en guerre civile est sur le point de se transformer en guerre ouverte des pays impérialistes.


9 mars 2011 :  Les "appels au secours" des "rebelles" se multiplient, réclamant une "neutralisation" de l'aviation libyenne. Les créatures de l'Empire adorent faire la guerre à Kadhafi... à condition qu'il ne se défende pas. On reconnaît là la stratégie militaire israélienne. On devrait obliger l'abominable dictateur à n'utiliser que des lance-pierres, comme en Palestine.

Les USA et leurs laquais européens ne vont pas tarder à passer à l'action, soit avec l'accord du Conseil de "Sécurité" de l'ONU (donc, une fois de plus, avec la complicité russo-chinoise), soit sans cet accord. Ces questions de formalités sont sans importance : il était prévu dès le départ que la guerre aurait lieu pour le cas où Kadhafi ne jetterait pas l'éponge comme Ben Ali et Moubarak.

Depuis la fin de l'URSS, la guerre est devenue quasiment permanente. Les Etats-Unisraël (et leurs vassaux) ont besoin d'une nouvelle agression armée tous les deux ans en moyenne. Ils ont commencé par l'Irak (1991), continué avec la Croatie et la Bosnie (1992-1995), le Kosovo et la Serbie (1999), l'Afghanistan (2001), de nouveau l'Irak (2003), puis le Liban (2006), l'Ossétie et le Pakistan (2008), Gaza et le Yémen (2008-2009). Les guerres en Syrie et en Iran n'ayant pu avoir lieu comme prévu (on se rattrapera plus tard), c'est maintenant le tour de la Libye.

On nous refait le coup du Kosovo  par Diana Johnstone. "Des similitudes troublantes : un dirigeant diabolisé, le chœur des 'nous devons faire quelque chose', le spectre des 'crimes contre l'humanité' et du 'génocide' invoqué pour justifier la guerre, l'idiotie de la gauche, etc...  En Libye, la situation pourrait être encore pire."


10 mars 2011 :  Comme les fois précédentes, les mensonges occidentaux ne connaissent pas de limites. Aujourd'hui ce sont les flammes "hautes de cent mètres" à Ras Lanouf, les hôpitaux attaqués par les forces de Kadhafi, le recours aux sorciers du Sénégal et les journalistes anglais maltraités. Tandis que l'OTAN (Organisation terroriste de l'Atlantique Nord) prépare les bombardements et que certains parlent déjà d'envoyer des troupes terrestres en Libye, l'avorton sioniste de l'Elysée "reconnaît" le "gouvernement" fantoche de Benghazi et réclame des "frappes aériennes" immédiates.

Vu que le minable Gauleiter de Judée-Sarkozie ne fait jamais rien d'important sans consulter plus grand que lui, on n'est pas étonné d'apprendre que c'est l'enragé sioniste Bernard-Henri Lévy qui lui a soufflé cette brillante idée. A la demande des services israéliens, BHL a établi le contact entre le "président français" et son homologue de Benghazi. Quelques semaines plus tôt, le philosophiste pro-israélien s'était déjà distingué à propos de la Tunisie (voir plus haut).

Pour pallier aux risques d'une nouvelle intervention militaire occidentale dans un pays arabe, Lévy aurait proposé que les bases aériennes libyennes soient "neutralisées" par... l'aviation égyptienne. Après avoir tant investi dans la révolu-sion de la place Tahrir, il est temps d'encaisser les premiers dividendes.

En attendant le coup d'envoi de la énième guerre des Lévy et compagnie, Goldman Sachs et les autres spéculateurs se frottent les mains : le baril de pétrole est à 115 $ et le litre d'essence coûte 1,80 €. En Italie, les "réfugiés" affluent toujours par milliers.  Et tout le monde continue de parler de "révolution" arabe.


12 mars 2011 :  Bonne nouvelle pour BHL et Sarkozy. La Ligue arabe vient d'approuver la mise en place d'une "zone d'exclusion" au-dessus de la Libye, c'est-à-dire, implicitement, le bombardement de ce pays - par qui ? on verra plus tard...  Sur les 22 membres de la Ligue, 11 seulement étaient présents à la réunion tenue au Caire. Neuf pays ont voté pour la guerre (l'Egypte, la Tunisie, le Liban, le Bahreïn, Oman, l'Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweït et les Emirats) ; deux ont voté contre (l'Algérie et la Syrie). Pour éviter toute discussion désagréable, on avait pris soin d'exclure le délégué de Tripoli.  Les dix absents : Djibouti, les Comores, l'Irak, la Mauritanie, la Palestine, la Somalie, le Soudan, la Jordanie, le Maroc et le Yémen.

On remarquera que sur les neuf Etats bellicistes, trois (le Liban, l'Egypte et la Tunisie) n'ont plus ou pas encore de véritable gouvernement habilité à prendre une telle décision ; trois autres (le Bahreïn, l'Arabie Saoudite et Oman) sont eux-mêmes plus ou moins visés par ce genre de "révolution" et pourraient demain prendre la place de la Libye (rira bien qui rira le dernier) ; les trois restants (le Qatar, le Koweït et les Emirats) sont des régimes au moins aussi despotiques que celui de la Libye, mais depuis toujours infiniment plus dociles et utiles aux yeux de leurs maîtres américano-sionistes.

9 voix sur 22 = "majorité" de 40 %. On voit que la Ligue arabe remplit parfaitement les critères de base de la démocrasserie israélo-américaine. A l'ONU aussi, les décisions "unanimes" sont prises par 15 pays (membres du Conseil de "Sécurité") sur 192 (membres de l'Assemblée générale). Au besoin, un vote de 8 sur 15 (c'est-à-dire 8 sur 192) est tout à fait suffisant. Qu'on ne vienne plus nous parler de la tyrannie du régime libyen...


13 mars 2011 :  Les forces loyalistes regagnent du terrain dans l'est du pays. Elles ont réussi à reprendre Brega et semblent vouloir isoler Benghazi. La route qui relie cette ville à l'Egypte est coupée par endroits. Un reporter d'Al-Jazeera a été tué dans une embuscade. Effrayés, certains journalistes occidentaux commencent à prendre le large. A la BBC, un général libyen "rebelle" déclare qu'il ne se battra pas contre ses "frères" de Tripoli ; le moral est en baisse dans le camp des "insurgés". Il est grand temps pour les tireurs de ficelles de transformer cette révolu-sion ratée en interven-sion ouverte.


14 mars 2011 :  Dans un article par ailleurs assez confus, Alessandro Lattanzio estime que le camp des "insurgés" est un ensemble hétéroclite composé de transfuges du gouvernement Kadhafi, d'éléments de l'ancien régime colonial, de diverses organisations de mercenaires, de mythiques bloggeurs "démocratiques" résidant à Londres ou Washington, de Frères musulmans égyptiens et d'anciens combattants des guerres d'Afghanistan, le tout coordonné par des forces spéciales et des agents de renseignement anglais, français et égyptiens.* Cette alliance contre nature jouit du soutien de l'Iran, du Hezbollah libanais* et même de communistes (soudanais et autres) ayant des comptes à régler avec Kadhafi.

* On comprend pourquoi, à la réunion de la Ligue arabe du 12 mars, l'Egypte et le Liban ont voté contre Kadhafi. Il est déroutant de voir que le Hezbollah et les services secrets manipulés par Israël sont, dans cette affaire libyenne, du même côté de la barricade. On doit bien se marrer à Tel Aviv.


15 mars 2011 :  Middle East : Revolutions & Propaganda  par Tony Cartalucci.  L'auteur mentionne deux organisations "révolutionnaires" libyennes mises en place et soutenues à bout de bras par les services occidentaux : le NFSL - sigle anglais du Front national pour le salut de la Libye - d'Ibrahim Sahad, chargé par la CIA d'arranger l'assassinat de Kadhafi et de fomenter la rébellion armée dans le pays ; et la NCLO - Conférence nationale de l'opposition libyenne - que dirige depuis Londres ce même Ibrahim Sahad (voir plus haut - 26 février).

Selon Wikipédia, sont affiliés à la NCLO : la LCU - Union constitutionnelle libyenne - dirigée par Mohamed Senoussi, prétendant au trône de Libye (d'où le drapeau monarchiste) et la Ligue libyenne des droits de l'homme, installée en Europe et aux Etats-Unis.

Voir également du même auteur : US Libyan Policy : Zero Legitimacy.

Et de Webster Tarpley : Behind the 2011 Orgy of Destabilizations.  Pour Tarpley, l'Empire est entré dans une phase proche de l'effondrement, qu'il s'efforce bien entendu de stopper en renversant les gouvernements en place partout où il le peut et en détruisant les Etats nationaux avant qu'ils n'aient eu le temps de prendre les mesures adéquates pour échapper au naufrage collectif (changements d'alliances, recherche de nouveaux centres de pouvoir). L'objectif final de cette fuite en avant est d'ériger sur toute la planète un ensemble supranational avec, sur le terrain, des guerres néo-féodales de tous contre tous.  (Cette analyse très fouillée, pays par pays, contient de nombreuses références historiques - à lire à tête reposée.)

Dans la crise actuelle, estime Tarpley, chaque Etat national qui résiste constitue un atout pour bloquer cette évolution fatale. Mieux vaut un Etat fort et autoritaire que le chaos et l'anarchie résultant de la disparition de l'Etat (voir la Somalie). Moubarak a capitulé, Kadhafi pourrait être en mesure de défendre son régime avec succès. S'il parvenait à mettre en échec cette tentative de démantèlement de son pays, cela représenterait une sérieuse rebuffade pour les comploteurs de l'Empire.


16 mars 2011 :  Il semble que les forces loyalistes continuent d'avancer en direction de Benghazi, où les drapeaux verts de la République libyenne commencent à refaire leur apparition. Kadhafi, dans un discours dénonçant une nouvelle fois les mensonges de la propagande occidentale, reproche aux médias étrangers d'avoir repris, sans la moindre vérification, la thèse des manifestations pacifiques réprimées dans le sang par le régime. Il n'y a pas eu de protestations populaires, dit-il, mais un coup de force dirigé de l'extérieur. On a parlé de milliers de morts, alors qu'il n'y en a eu que quelques centaines en réalité. Et encore, la plupart des victimes étaient des soldats et des policiers attaqués par les "rebelles".

Kadhafi trouve particulièrement déplacé que les dictatures capitalistes viennent lui donner des leçons de démocratie. Le leader libyen s'en prend surtout à Sarkozy et "aux Français", et les met au défi de venir faire la guerre contre son pays : "Ils veulent nous tirer dessus ?  Mais c'est nous qui allons leur tirer dessus... On leur a montré de quoi on était capable, en Algérie et au Viêt-Nam. Qu'ils y viennent...". [Bonne idée : mettons Sarkouille et son maître à philosopher dans le premier avion pour Tripoli !]

Kadhafi semble avoir retrouvé sa verve d'autrefois. Il sent que le front des pays impérialistes n'est plus aussi uni qu'il y a une semaine. La Chine n'est apparemment pas disposée à aller plus loin à l'ONU. Si la guerre est toujours possible, elle est peut-être moins probable - touchons du bois...

Les ambassadeurs russe, chinois et indien viennent d'être reçus par Kadhafi qui leur a fait comprendre que leurs pays avaient tout à espérer d'une victoire du camp loyaliste. Si Tripoli parvient à écraser les "rebelles", les relations économiques de la Libye subiront de profonds changements. Les entreprises françaises pourront alors remercier Sarkozy. Mais rien n'est joué...


17 mars 2011 :  A la frontière entre la Libye et l'Egypte, on enregistre une augmentation du nombre de "réfugiés". Mais à présent, il s'agit moins de travailleurs égyptiens que d'agents étrangers et de "rebelles" qui sentent le vent tourner. Quatre journalistes du New York Times (la perle des quotidiens sionistes) auraient disparu dans la région de Benghazi. Ils ont peut-être tout simplement "choisi la liberté", comme diraient leurs patrons.

Kadhafi : "Je vais gagner car le peuple est avec moi" (interview au Figaro - le titre ne reflète qu'une partie du contenu) :

Question : "Pensez-vous pouvoir récupérer Benghazi, siège de l'opposition, en évitant un bain de sang ?..."

Réponse : "Mon souci est de libérer la population des bandes armées qui occupent la ville. Ces rebelles risquent de se servir de ses habitants comme bouclier humain... Il est fort possible que ces rebelles tuent les civils et qu'ils mettent la faute sur le dos de l'armée libyenne."

Question : "Une amnistie a été offerte aux ex-soldats qui ont rejoint la rébellion. Combien de personnes se sont repenties à ce jour ?..."

Réponse : "Il faut d'abord rappeler que c'est contre leur gré que d'anciens soldats ont rejoint la rébellion. Les terroristes ne leur ont pas laissé le choix. Quand ils ont attaqué les casernes, ils ont capturé les militaires en leur disant: vous devez venir avec nous, sinon on vous égorge. Mais leur nombre est limité, car il y a beaucoup de soldats qui sont parvenus à s'échapper."

Question : "Vous vous donnez combien de temps pour reprendre le contrôle du pays ?..."

Réponse : "Si on utilisait la force, il nous suffirait d'une seule journée. Mais notre objectif est de démanteler progressivement ces groupes armés, en recourant à différents moyens, comme l'encerclement des villes ou l'envoi de médiateurs. Certains notables jouent le rôle d'intermédiaires. Nous comptons également sur des ex-soldats repentis pour qu'ils aillent parler avec leurs camarades."

Question : "Une fois Benghazi reconquise, que va-t-il advenir des membres du Conseil national de transition ?..." [c'est le "gouvernement" fantoche]

Réponse : "Il est fort possible qu'ils prennent la fuite. De toute façon, c'est une structure qui n'en est pas une. Elle n'a aucune valeur. Son dirigeant est un paumé, un pauvre type. Donc ces gens-là vont sans doute s'enfuir vers l'Egypte. Hier, il y a déjà un millier de personnes qui ont quitté la Libye par la frontière égyptienne : des étrangers, des Egyptiens, des Afghans, des Pakistanais, mais aussi des Libyens..."

Sachant que le camp impérialiste ne chôme pas, on peut se demander si Kadhafi aura vraiment le temps de reconquérir Benghazi et sa région. La racaille sarkozyenne (avec Lévy et Juppé en première ligne) fait tout son possible pour obtenir le feu vert de l'ONU pour une attaque militaire d'envergure. A défaut d'approbation par la Russie et la Chine, on espère au moins convaincre ces deux pays de rester "neutres" - comme si une abstention n'équivalait pas ici à un soutien total aux agresseurs.


Quand on refuse la révolu-sion, il faut subir la guerre de l'OTAN

18 mars 2011 :  Une nouvelle résolution du Conseil de "Sécurité" de l'ONU, votée en catastrophe, autorise la guerre contre la Libye. Cette résolution, illégale car contraire à la charte des Nations Unies, n'est pas la première du genre. Elle a été obtenue grâce à la lâcheté russo-chinoise. Autres "abstentionnistes" : l'Inde, le Brésil et l'Allemagne. On voit que la rencontre de Kadhafi avec les ambassadeurs russe, chinois et indien n'a servi à rien. Parmi les dix Etats voyous ayant voté en faveur de la guerre (camouflée, comme toujours, en action humanitaire), on compte bien sûr les USA, la Grande-Bretagne et la France, mais aussi le Liban (co-auteur de la résolution), le Portugal, la Bosnie, la Colombie, le Gabon, le Nigéria et l'Afrique du Sud.

En ce qui concerne le Liban, bien que ce pays n'ait pas de gouvernement depuis deux mois, le vote anti-Kadhafi y est approuvé, pour une raison ou pour une autre, par tous les groupes politiques et religieux. Ironie du sort : pour le camp pro-occidental de Beyrouth, le chef du Hezbollah est un second Kadhafi ; on utilise contre lui à peu près les mêmes arguments mensongers que contre le leader libyen. Mais le Hezbollah ne voit pas d'inconvénient à s'aligner sur la propagande américano-sioniste pour taper sur le "tyran de Tripoli", sous prétexte que celui-ci a fait assassiner, paraît-il, un dirigeant chiite libanais il y a plus de trente ans. Devant tant de schizophrénie, on attend avec impatience la prochaine guerre israélienne contre le Liban. Tant que les Arabes resteront incapables de surmonter leurs querelles idéologiques internes, le sionisme n'aura rien à craindre.

Cette remarque vaut également pour l'Iran (qui est musulman mais pas arabe). Si ce pays avait été présent au Conseil de "Sécurité", il aurait été le premier à voter toutes les résolutions anti-Kadhafi. Là aussi, on rira bien lorsque Téhéran sera attaqué. Finalement, on s'aperçoit qu'un des objectifs de toutes ces "révolutions" fomentées par l'Empire, est d'exacerber les contradictions arabo-musulmanes en créant un maximum de confusion, sur le terrain mais surtout dans les esprits, et de détourner ainsi l'attention de la Palestine. Il semble bien que la strategie sioniste soit payante.

Pourquoi Sarkozy veut-il faire la guerre à la Libye ? "Quand les tyrans s'en sortent mal chez eux, ils vont chercher un regain de popularité à l'extérieur... Sarkozy est au plus bas dans les sondages... Il s'est loupé récemment en essayant de se rattraper sur la politique extérieure en reconnaissant presque seul le Conseil National des Benghazistes (une bande de royalistes et d'islamistes manipulés par des agents secrets venus de l'étranger)... En fait, Sarkozy est aussi le poisson-pilote de l'impérialisme américano-sioniste. C'est lui qui fait les essais sur le plan diplomatique, mais c'est Obama, les Anglais et Israël qui tirent les ficelles... On nous dit qu'après le vote d'une résolution de guerre à l'ONU, il ne faut que quelques heures pour attaquer militairement la Libye. En réalité, il faut des semaines pour préparer une guerre. Si on peut attaquer dès que la résolution est votée, alors c'est que Sarkozy et les impérialistes américano-sionistes ont déjà préparé cette guerre depuis longtemps."  En effet...



ONU : la "communauté internationale" décide du sort de la Libye


19 mars 2011 :  Tandis que le gouvernement libyen annonce un cessez-le-feu, les médias prétendent que les combats continuent. De toute évidence, on dramatise la situation pour accélérer le début de l'agression étrangère.


Les Goebbels de l'OTAN s'emmêlent les pédales :

Si Kadhafi est assez con pour bombarder ses propres troupes, tout va se terminer très vite...

(On voit sur la photo ce que la propagande occidentale entend par "civils")

Après la réunion, à Paris, du Club des lâches et des assassins, Sarkonazy, l'infâme raclure sioniste qui sert de président à ce qui fut autrefois la France, ordonne à "son" aviation d'attaquer la Libye. Il espère ainsi remonter dans les sondages et, en même temps, pousser les Etats-Unis à l'action. En effet, malgré quelques phrases ronflantes, Obama n'a pas encore montré trop d'empressement à se lancer dans une nouvelle guerre. A présent, s'il veut éviter que le mini-despote de l'Elysée ne lui dame le pion, l'homme de la Maison Blanche doit prendre lui-même les choses en main. Jusqu'à nouvel ordre, les USA restent le vecteur numéro un de toutes les guerres sionistes.

Sarkouille a été le plus "grand ami" occidental de Kadhafi ; en l'espace de quelques semaines et sans raison apparente, il est devenu son plus grand ennemi. Pour expliquer ce revirement irrationnel, il faudrait sans doute recourir à la psychanalyse.

Mais il est parfois plus simple de ne pas chercher d'explication.




Une guerre en préparation depuis novembre 2010  par Gilles Munier,
suivi de
Libye-ONU : le mensonge médiatico-sarkozyste  par Allain Jules.

"On peut détester ou aimer Mouammar Kadhafi mais ne pas rester silencieux face à l'injustice dont il est victime. Les cris d'orfraie ici et là ne sont qu'hypocrisie, mensonge et mépris pour l'Afrique. Dans quel pays au monde peut-on accepter qu'une insurrection armée s'impose ? Imaginons un seul instant, des rebelles prenant Lyon et marchant sur Paris. Que fera l'Elysée ? C'est de cela qu'il s'agit et la création de la dialectique selon laquelle cette opération militaire est à but humanitaire laisse pantois."

Confusion à Benghazi où les insurgés se tirent dessus. "Les insurgés ont abattu à Benghazi un de leurs avions, semant un peu plus la confusion dans la dernière ville qu'ils contrôlent. L'appareil s'est écrasé en plein centre-ville." (article du Figaro et vidéo TF1). Les médias avaient d'abord présenté cet "incident" comme la "preuve" que Kadhafi ne respecte pas le cessez-le-feu et aussi, bien sûr, comme une "victoire des rebelles". On notera au passage que la presse affirme à la fois que "Benghazi est la seule ville contrôlée par les insurgés" et que ces mêmes "insurgés" subissent à Misrata les attaques de KIadhafi (en "violation" du cessez-le-feu). Autrefois, lorsque les journalistes mentaient, ils essayaient au moins d'être cohérents. Aujourd'hui, ils s'en foutent éperdument, puisque les gens oublient tout en moins de dix minutes.


"On est capable de faire ça nous-mêmes, on n'a pas besoin de la petite frappe de l'Elysée..."

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères déclare que "la Russie regrette l'intervention armée étrangère en Libye" - intervention qu'elle a rendue possible en renonçant à son droit de veto. Bravo Moscou, cette belle performance verbale mérite bien cinq étoiles :



L'agression impérialiste a commencé, les chiens (Sarkozy, Obama et Cameron) sont entrés en action  par Allain Jules. Les Américains se vantent d'avoir lancé 110 missiles de croisière Tomahawk sur la Libye. Sarkozy prétend avoir détruit quatre chars alors qu'il s'agirait en fait de jeeps remplies de civils. Combien de victimes au cours de cette première journée de la nouvelle guerre "humanitaire" ?...

L'auteur écrit : "Selon une information diffusée à 21 h 50 par la télévision libyenne, un avion français aurait été abattu. Je pense au pauvre pilote..."  Pauvre pilote ?... Qu'il crève, ce salopard. S'il est encore en vie, espérons qu'il sera capturé et pendu. Pourquoi les "lois de la guerre" devraient-elles s'appliquer à ces ignobles terroristes ?... Il faut en finir avec cette intolérable impunité...

La presse libanaise signale qu'un groupe pro-Kadhafi a attaqué le siège de l'ambassade du Liban à Tripoli et brûlé un drapeau libanais. A la suite de quoi, le président libanais Souleiman a déposé, auprès des Nations Unies, une plainte contre la libye pour "violation des lois internationales". Complètement givré, ce mec. Il a soutenu activement trois résolutions anti-libyennes (deux à l'ONU, une à la Ligue arabe), ouvrant ainsi la porte à l'agression terroriste en cours. Et il vient maintenant emmerder le monde pour un drapeau brûlé. Incroyable... Vivement la prochaine guerre israélienne contre le Liban...

La guerre de Monsieur Lévy  (article et vidéo). C'est le pseudo-philosophe judéo-nazi qui dirige la politique extérieure de la France et dicte leur conduite à Sarkozy et Juppé. La guerre par procura-sion, c'est bien ; le contrôle direct par un "élu" dûment mandaté, c'est mieux.

Face à l'insondable lâcheté de la Russie, de la Chine et du monde arabe dans l'affaire libyenne (les exceptions algérienne et syrienne confirment la règle), rares sont les pays qui condamnent l'attaque impérialiste occidentale. La Bolivie est la première à le faire.* Par la bouche de son président Evo Morales, elle fustige le "Conseil d'Insécurité" de l'ONU. Les Etats latino-américains dirigés par des mouvements de libération savent pratiquer la solidarité internationale par-delà les barrières idéologiques et religieuses.

* Le Venezuela, Cuba, l'Equateur et le Nicaragua dénoncent également l'agression militaire.

La plupart des pays musulmans, eux, préfèrent s'en tenir à leur habituel sectarisme. L'Iran et le Hezbollah libanais, bien que victimes de l'impérialisme israélo-américain, prennent néanmoins parti contre Kadhafi - voir plus bas. La Turquie s'empresse de les imiter ; son Premier ministre Erdoğan exige le départ du leader libyen - exactement comme Obama, Cameron, Sarkozy et B.-H. Lévy.  Seule conclusion logique : joignons-nous à Israël pour réclamer le départ d'Erdoğan, cet autre islamo-terroriste dont les flottilles dites humanitaires attaquent les pacifiques navires de guerre juifs en Méditerranée.

Il est vrai qu'Erdoğan refuse pour le moment de bombarder la Libye dans le cadre de l'OTAN (dont la Turquie fait partie). Mais c'est avant tout pour des raisons formelles : Sarkozy ne l'avait pas invité à la réunion de Paris.

Pour faire la guerre, les Etats-Nazis d'Amérique et leurs valets de l'OTAN n'ont pas besoin d'une autorisation expresse de l'OTAN. D'ailleurs, le Qatar et les Emirats participent à l'agression sans être membres de cette organisation terroriste. Toutes ces discussions spécieuses auxquelles se livrent les "experts" ont pour but de nous faire croire que les barbares agissent dans le respect de la légalité. Accessoirement, elles permettent de dédouaner les complices. Erdoğan pourra dire plus tard qu'il a "résisté". Même chose d'ailleurs pour l'Allemagne qui participe sans participer, comme en 2003 contre l'Irak.


20 mars 2011 :  Une frappe chirurgicale, c'est quand Sarkozy bombarde un hôpital - "Les bombardements ont fait au moins 48 morts et plus de 150 blessés parmi les civils. Un centre cardiologique a été partiellement détruit, des routes et des ponts ont été endommagés."

Si l'on en croit la presse, Kadhafi ferait distribuer des armes à la population. Il est difficile de se faire une idée de la situation réelle. Les sites officiels libyens en anglais (comme, par exemple, la Libyan Jamahiriya Broadcasting Corporation - LJBC ) ne sont d'aucune utilité. Quant aux organes de propagande de notre monde sionisé, ils font l'éloge effréné des agresseurs ou recyclent l'habituelle intox israélienne sur les "armes de destruction massive du dictateur" (aujourd'hui, c'est le gaz moutarde).

Toujours impossible de savoir qui tient quelle ville, Les pressetitués occidentaux prétendent que Kadhafi aurait pris Misrata ce matin. On se demande bien pourquoi l'OTAN a bombardé cette ville hier, si elle était encore aux mains des "insurgés"...  Peu importe, le public ne doit pas chercher à comprendre. Il suffit qu'il applaudisse "ses" troupes quand elles partent en guerre.



... et le général se retourne dans sa tombe.




Après les Russes, les Chinois :






Et après les Russes et les Chinois...

... les laquais arabes - les plus ignobles de tous.



21 mars 2011 :  Les informations fiables sont rares. Le caractère fanfaron, grandiloquent et lunatique du "Guide" libyen n'arrange rien. Il menace ses ennemis, mais ne met rien à exécution, c'est le contraire de Nasrallah. Il y a plus d'une semaine, il annonçait des preuves de la corruption de Sarkozy dont il aurait financé la campagne électorale de 2007. Rien n'est venu. D'ailleurs qui s'intéresse, en France, aux petites combines du Président de la Ripoublique ?...

La distribution d'armes à la population est une autre annonce faite à plusieurs reprises. Quelle utilité peut-elle avoir si les gens sont incapables de se servir de ces armes ? Faire grimper le taux de criminalité ?... Permettre aux "volontaires" de parader devant les caméras étrangères ?... Donner aux ennemis de Kadhafi l'occasion de le tuer plus facilement ?...

La menace d'étendre la guerre à toute la Méditerranée est tout aussi ridicule, d'autant plus qu'on la fait suivre aussitôt par la proclamation d'un nouveau cessez-le-feu. La communication du régime est catastrophique, même comparée à celle d'autres pays musulmans attaqués précédemment par l'Empire. Si un avion a été abattu, où sont les débris ?... Si des douzaines de civils ont été tués, où sont les images habituelles en pareil cas ?...

Le leader libyen prétend également que les peuples de l'Europe entière, du monde entier, sont avec lui et lui manifestent publiquement leur soutien. On le croit peut-être au fin fond du Tibesti ou aux confins du Niger, mais le public occidental ?... Sans exagération, on est mieux informé sur ce qui se passe dans le monde en lisant les dépêches publiées en Corée du Nord.

Et les incessantes références à "Al-Qaïda" ?... Est-ce parce que 90 % des Américains gobent ces histoires à dormir debout ?... Alors, pourquoi pas le loup-garou et les extraterrestres ?...

[ Pour comprendre ce que Kadhafi veut dire quand il parle de cette organisation imaginaire inventée par les services américains, il faut traduire "Al-Qaïda" par "terroristes islamistes formés, armés et financés par l'axe Washington-Tel Aviv-Riyad", ce qui est bien sûr trop long pour être utilisé couramment. Mais on ne gagne rien en adoptant sans nécessité le vocabulaire de ses ennemis... ]

Finalement, Kadhafi est un adversaire comme on les aime en Israël et dans les états-majors sionisés de l'OTAN. Il permet à des milliers d'assassins pervers de se défouler sans risques en fêtant tous les jours de nouvelles "victoires". Il fournit à de minables larbins comme Sarkozy, Cameron et Obama, l'opportunité de jouer les "grands" hommes d'Etat. Pauvres Libyens, ils ne méritaient pas ça...


Cinq remarques sur l'intervention contre la Libye  par Michel Collon : "1. Humanitaire, mon œil !  - 2. Qui a le droit de 'changer un régime' ?  - 3. Les buts cachés.  - 4. La 'communauté internationale' existe-t-elle ?  - 5. Apprendre des précédents médiamensonges."

Tout cela est vrai, mais malheureusement incomplet. Michel Collon a oublié le médiamensonge qui consiste à dire que nous avons affaire, dans le monde arabe, à des "révolutions populaires" spontanées. "Oublié" est bien sûr une façon de parler. En fait, Collon s'y est laissé prendre dès le départ, avec la "révolution" tunisienne - voir plus haut. Il n'a pas compris que toute cette agitation était téléguidée de l'extérieur, surtout en Egypte - voir également plus bas.

Maintenant que la "révolution" a échoué en Libye, contrairement à ce qui s'était passé en Tunisie et en Egypte, les pays impérialistes doivent mettre eux-mêmes la main à la pâte. Leur intervention militaire ouverte est tout simplement la conséquence logique de leur intervention occulte ratée. La chose crève les yeux, mais malheureusement pas pour Michel Collon. Il croit que les agresseurs occidentaux se sont contentés d'exploiter la situation (la "révolution populaire" ratée) pour intervenir militairement. Il ne comprend pas qu'en réalité, le hasard n'y est absolument pour rien.


22 mars 2011 :  Tandis que les bombardements continuent en Libye, ailleurs les larmes de crocodile coulent à flots. Vladimir Poutine, le Premier ministre russe, se distingue tout particulièrement. Il critique la résolution de l'ONU : ""Elle est déficiente et imparfaite. Elle permet tout et ressemble aux appels médiévaux à la croisade..."  Et il ajoute : "L'ingérence dans les affaires d'un autre pays devient une habitude de la politique étrangère américaine... Même si le régime de Mouammar Kadhafi ne remplissait pas tous les critères de démocratie, cela ne justifiait pas une intervention militaire.

Avant et pendant le vote de la résolution, Poutine était aux abonnés absents. Il n'a absolument rien fait pour empêcher la lâche abstention de son pays. Par sa passivité, il a contribué au lancement de la croisade. Malgré son influence dans la vie politique russe, il a laissé faire le petit caïd sioniste Medvedev.

Sur le terrain, les informations sont toujours aussi contradictoires. Alors qu'on nous raconte que les loyalistes perdent du terrain et sont de plus en plus loin de Benghazi, voilà que l'OTAN vient de frapper deux "bases kadhafistes" situées tout près de cette ville.

Un chasseur F-15 de l'U.S. Air Force s'est écrasé quelque part en Libye. Abattu par la défense aérienne ?...  Vous n'y pensez pas... Un des deux fumiers qui se trouvait à bord n'aurait pas encore été retrouvé.

Je me refuse à hurler avec les loups  par Ginette Hess Skandani - "Au départ, les USA espéraient prendre rapidement le contrôle de tout le pays, à la faveur d'un renversement du pouvoir à l'égyptienne. Il semble bien que dans le cadre de ce plan ils aient commencé par armer les opposants, tandis que les mercenaires de Blackwater s'infiltraient dans la place pour organiser des massacres que les médias pourraient présenter comme des initiatives sanguinaires de Kadhafi."


23 mars 2011 -  L'évidence même : Quand une prétendue "révolution" est soutenue par Sarko et par l'impérialisme américano-sioniste, c'est que cette "révolution" est une contre-révolution.

U.S. rescue chopper shoots six Libyan villagers as they welcome pilots of downed Air Force jet. Pour récupérer les deux pilotes du F-15 "accidenté", l'US Air Force a envoyé sur place un commando héliporté. Alors que les civils libyens (anti-Kadhafi) étaient venus accueillir les Américains, ceux-ci ont fait ce qu'ils font d'habitude : ils ont tiré dans le tas et blessé six villageois. L'un d'eux, un enfant, devra être amputé. Il aimera l'Amérique jusqu'à la fin de ses jours.

Les troupes terrestres occidentales ne sont pas encore en permanence en Libye, mais cela ne saurait tarder. Il semblerait que Cameron et Sarkozy s'apprêtent à envoyer les premiers contingents, tout en "expliquant" à leurs opinions publiques qu'une intervention limitée n'est pas une occupation, et qu'une occupation n'est pas prévue. Mais pour ces salopards, il n'y a pas non plus d'occupation en Afghanistan et en Irak.

Comme dans toutes les guerres précédentes, il est facile de détruire un petit pays quand on dispose d'une aviation mille fois plus puissante. Mais pour conquérir véritablement le terrain, il faut y aller avec des troupes au sol. Et chaque fois, le résultat est le même : un bourbier inextricable. Ce n'est pas que les généraux soient incapables de tirer les leçons des défaites passées. Mais les politiciens, tous à la botte des sionistes ou sionistes eux-mêmes, ne demandent pas leur avis aux militaires. Ils ne connaissent qu'une stratégie : la fuite en avant.

Quelques mensonges sur la guerre de Libye  par Thierry Meyssan, patron du Réseau Voltaire : "Crimes contre l'humanité - Soutien au 'printemps arabe' - Soutien de l'Union africaine et de la Ligue arabe - Reconnaissance du CNLT - Embargo sur les armes - Zone d'exclusion aérienne - Gel des avoirs - Coalition de volontaires.

Malheureusement, l'auteur "oublie" quelques autres mensonges, notamment celui de la "révolution populaire" des Benghazistes et, surtout, le plus grossier de tous, celui des mercenaires de Kadhafi, pour lesquels le leader de Tripoli verserait à Israël une somme supérieure à la moitié du PIB libyen !...  Il est vrai que Meyssan croit à ces balivernes colportées par Téhéran - voir plus bas.

La révolte de Benghazi préparée depuis novembre 2010 par les services secrets français  par Franco Bechis, journaliste italien (sur le site du Réseau Voltaire). Thierry Meyssan devrait lire les articles publiés sur son site.

C'est une croisade (lien vidéo). Il y a quelques jours, lorsque Kadhafi avait qualifié de croisade l'agression de l'OTAN, les médias s'étaient moqué de lui. Aujourd'hui, Claude Guéant, ministre de l'Intérieur de Sarkozy, confirme que le leader libyen avait raison. A la télévision, Guéant déclare : "Heureusement, le président a pris la tête de la croisade..."

Des bombes à l'uranium "appauvri" pleuvent sur la population


24 mars 2011 :  Le navire d'assaut arrive, avec les marines  par Manlio Dinucci.

Kadhafi a-t-il bombardé l'hôpital de Misrata ?  "Il y a deux ou trois jours, à la télé, on nous disait que Kadhafi était un beau salaud, puisqu'il avait placé des snipers sur les toits de l'hôpital de Misrata. Hier on nous dit que Kadhafi a bombardé l'hôpital de Misrata. Aurait-il bombardé ses propres soldats ?  On se fout de nous !..."  Autre absurdité journalistique : les blindés de Kadhafi occupent le centre de Misrata, une des dernières villes de l'ouest tenue par les rebelles.  (Il ne faut surtout pas chercher à comprendre.)


KADHAFI MENACE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE :




LES PROCHAINES GUERRES PAR PROCURA-SION :

Après la Libye, Avidgoret Lieberman, ministre des Affaires étrangères de Tel Aviv,
veut que l'Occident bombarde l'Iran et la Syrie.




Le ministre judéo-nazi a remis au goût du jour un classique de la littérature juive :



26 mars 2011 :  Avec l'aide des croisés occidentaux (aviation et forces spéciales), les "insurgés" regagnent du terrain, reprennent Ajdabiya et Brega. "Ils progressent vers Tripoli", jubilent nos médias. Au sol, tout (ou presque) se déroule depuis des semaines le long de cette route qui longe le littoral méditerranéen.


Sur le site internet de la télévision nationale libyenne LJBC,
toujours aucune information concrète sur les combats.

Mais tout le monde a été promu. Félicitations !...




La "gauche" française sionisée veut exactement la même chose
que Lévy, Sarkozy, Cameron et Lieberman :

Appel signé par le NPA, le PCF, le PG, ATTAC, la LDH, le MRAP, les Verts, etc.
au sixième jour de l'agression impérialiste de l'OTAN.

(On remarquera aussi la présence des marionnettes arabes de la révolu-sion.)



La revendication n° 3 est une simple feuille de vigne rhétorique.
Il serait plus honnête de dénoncer la duplicité des signataires.


27 mars 2011 :  Les "rebelles" reprennent Ras Lanouf et Ben Djaouad, d'où ils avaient été repoussés trois semaines plus tôt. Ils ne disposaient pas alors de la force de frappe occidentale. Aujourd'hui, les choses sont tout à fait différentes. Les troupes loyalistes semblent s'être évaporées. Un porte-parole du gouvernement de Tripoli déclare qu'il s'agit d'un "repli conforme au cessez-le-feu" : probablement de l'humour libyen.

Comme pratiquement chaque jour depuis le début des "révolutions" arabes (voir plus haut), les "réfugiés" continuent d'affluer par centaines sur l'île italienne de Lampedusa. A présent, ils viennent de Libye, mais ce sont surtout des Somaliens et des Erythréens. Plus personne ne les empêche de s'embarquer vers l'Europe. De temps à autre, les "insurgés" en attrapent trois ou quatre qu'ils présentent aux télés occidentales comme des "mercenaires noirs de Kadhafi".


28 mars 2011 :  Les révolu-sionistes piétinent aux abords de Syrte. On ne les laisse même pas entrer dans la ville, ce qui constitue, bien sûr, une flagrante violation des règles édictées par la communauté interna-sionale. Il est temps que les renforts terrestres débarquent, les bombardements de l'OTAN ne suffisent plus.


29 mars 2011 :  A Londres, se tient une nouvelle conférence des criminels de guerre de l'OTAN et de leurs complices arabes, ces derniers étant aujourd'hui au nombre de sept. Curieusement, ce ne sont pas les mêmes que le 12 mars à la réunion de la Ligue. Quatre d'entre eux seulement récidivent : le Qatar et les Emirats (qui participent à l'agression militaire), le Liban (co-rédacteur de l'appel à la guerre) et la Tunisie (révolu-sioniste de la première heure). L'Egypte, le Bahreïn, Oman, l'Arabie Saoudite et le Koweït, bien qu'ayant appelé à la croisade il y a deux semaines, brillent maintenant par leur absence. Par contre, le Maroc, la Jordanie et l'Irak, neutres le 12 mars, soutiennent à présent l'Organisation terroriste atlantique. On voit que les choses évoluent, mais les agresseurs occidentaux pourront toujours dire que douze pays arabes ont appuyé l'OTAN à un moment ou à un autre.

Ce genre de conférence à participation aussi vague que variable a pour but de faire croire à l'opinion publique que le monde entier est contre Kadhafi et que les décisions prises sont légitimes. Finalement, la seule décision prise à Londres peut se résumer ainsi : on continue jusqu'à la victoire totale. Sieg Heil !...


30 mars 2011 :  Les forces loyalistes libyennes reprennent la ville de Ras Lanouf et progressent vers l'est. Le débarquement de l'OTAN peut intervenir à tout moment.

A CIA commander for the Libyan rebels  par Patrick Martin (sur le site trotskiste wsws.org).  Khalifa Hifter (ancien colonel de l'armée libyenne, déserteur, 20 ans passés à Langley, Virginie) vient de rentrer à Benghazi pour y prendre la tête des opérations militaires pour le compte de son employeur.  (L'auteur croit que "la rébellion a été détournée par l'impérialisme". Pas du tout : depuis le début, elle a été organisée, dirigée, financée et armée par lui. La "classe ouvrière" et les "masses laborieuses" chères à wsws n'ont rien à voir là-dedans.)



LES DIX QUESTIONS PRÉFÉRÉES DES PRESSETITUÉS DE L'EXPRESS :

■ Faut-il armer les insurgés (que l'on arme déjà depuis des semaines) ?
■ Faut-il s'assurer du soutien de l'OTAN, de l'UE, de la Ligue arabe ?
■ Faut-il saisir le Conseil de Sécurité des Nations Unies ?
■ Faut-il aider les rebelles en bombardant la Libye ?
■ Faut-il faire intervenir l'armée de l'air française ?
■ Faut-il colporter les habituels mensonges sur Kadhafi ?
■ Faut-il raconter partout qu'il s'agit d'une guerre humanitaire ?
■ Faut-il massacrer des civils libyens pour protéger les civils libyens ?
■ Faut-il lécher le cul aux sionistes qui contrôlent notre magazine ?
■ Faut-il continuer de prendre les lecteurs de L'Express pour des cons ?

L'Express : tous les jours, toute l'intox...





Dans notre série
LES GRANDES DÉCOUVERTES QUI CHANGÈRENT LA FACE DU MONDE
nous vous présentons aujourd'hui cette fabuleuse révélation :


Non, sans blague ?...

(Résolution 1973 = résolution du Conseil de "Sécurité" du 18 mars 2011.
Concernant le Réseau Voltaire et les "révolutions" arabes, voir également plus bas.
Soit dit en passant, il y a encore des gens qui croient que le
singe savant de la Maison Blanche donne des ordres à la CIA - très drôle...)


La réalité :
Non seulement la CIA soutient les "insurgés" libyens depuis le premier jour,
mais c'est elle qui les a fabriqués. Sans elle, ils n'existeraient pas.

Demandez à Khalifa Hifter.


La Corée du Nord s'est jointe, il y a quelques jours, aux rares Etats ayant condamné l'agression de l'OTAN. Jusqu'à présent, il s'agissait surtout de pays d'Amérique latine (voir plus haut). Comme le fait fort justement remarquer le ministère des Affaires étrangères de Pyongyang dans un communiqué du 22 mars, l'exemple libyen nous enseigne clairement qu'il ne sert à rien, pour un pays visé par l'impérialisme, de démanteler ses capacités défensives (y compris nucléaires) en échange d'une soi-disant "garantie de sécurité" et d'une "amélioration des rapports avec la communauté internationale". De telles mesures sont le premier pas vers l'anéantissement. Une fois de plus vient de se vérifier cette vérité historique qui veut que, dans un monde livré à la violence et à l'arbitraire, seule une auto-défense militaire adéquate offre des garanties suffisantes de dissuasion pour préserver l'indépendance, la paix et la stabilité. (C'est ce que dit en substance le communiqué.)

Si la Libye n'a jamais disposé de moyens de défense nucléaires (contrairement aux affirmations de ses ennemis), il faut espérer que la situation est différente en Corée du Nord.


1er avril 2011 :  Le "gouvernement" fantoche de Benghazi (nom officiel : Conseil national de transi-sion) adresse aux autorités de Tripoli une "offre de cessez-le-feu" assortie de trois conditions : 1) que les forces loyalistes se retirent des localités qu'elles contrôlent - 2) que les "insurgés" des villes de l'ouest puissent s'exprimer librement (à la télé de Tripoli ?) - et 3) que Kadhafi quitte le pays.

Comment expliquer cette "offre" saugrenue ?...  Trois possibilités :

■ elle a été formulée à Tel Aviv par le rédacteur habituel des offres de paix aux Palestiniens
■ l'auteur de ce texte a fait un séjour prolongé dans le désert de Libye (températures de 40° et plus)
■ tout s'explique par la date


2 avril 2011 :  On se bat maintenant à Brega - éternel retour à la case départ.  Près d'Ajdabiya, les avions de l'OTAN tuent "par erreur" une douzaine de "rebelles". Bravo...

Selon Al-Jazeera, les forces spéciales américaines et égyptiennes forment les combattants de Benghazi dans des camps secrets situés dans l'est du pays. Les livraisons d'armes s'effectuent depuis l'Egypte ; il s'agit notamment de roquettes "de type Katioucha" mais ultramodernes et sensibles à la chaleur ("state-of-the-art, heat-seeking rockets").  Secret de Polichinelle, bien sûr, mais c'est tout de même la première fois qu'une chaîne de télévision contrôlée par les agresseurs en fait mention.

Autre "révélation", le Wall Street Journal signale qu'à Derna (entre Benghazi et Tobrouk), trois "spécialistes" * supervisent le recrutement et la formation des "rebelles" : Abdel Hakim Al-Hasady (prédicateur islamiste, cinq ans passés dans un camp d'entraînement en Afghanistan), Salah Al-Barrani (ex-"moudjahidine" afghan), Sufyan Ben Qumu (ancien combattant islamiste au Soudan et en Afghanistan). Ce dernier a passé cinq ans à Guantánamo  ; ce n'est pas pour rien qu'on l'a relâché...  On voit que le "réseau Al-Quaïda" (également connu sous les noms d'Al-CIA-ïda, Al-Obamaïda et Al-Mossaïda) est une réalité en Libye - et la chose ne date pas d'hier. Kadhafi a beau être excentrique, il avait parfaitement raison quand il en parlait.

* Webster Tarpley les appelle "le triumvirat de la terreur", la ville de Derna étant "la capitale mondiale du recrutement de terroristes". Pour Tarpley, l'insurrection a quatre composantes ("les quatre plaies de Libye") : 1) les tribus monarchistes, racistes et obscurantistes de l'est, soutenues par les services britanniques - 2) les créatures "al-qaïdesques" de la CIA, dont fait partie Khalifa Hifter - 3) les exilés du Front national pour le salut de la Libye (également téléguidés par la CIA) - et 4)  les marionnettes des services français, notamment Nouri Mesmari, ancien chef du protocole de Kadhafi, et quelques généraux libyens félons.  [Naturellement, même si Tarpley ne le dit pas, tous ces services occidentaux - américains, britanniques, français - sont étroitement contrôlés et manipulés par un seul et même centre révolu-sioniste.]


Ils ne prennent même plus la peine de se cacher :


6 avril 2011 :  Pour préparer l'opinion à une escalade de la guerre occidentale, les ventriloques révolu-sionistes font pousser des cris de détresse à leurs "insurgés". Si l'OTAN ne renforce pas immédiatement son intervention, c'est la fin du monde à Misrata. Kadhafi a déjà massacré plus de civils sans défense qu'il n'y a d'habitants dans cette ville "rebelle".

A Brega, les islamistes auraient perdu du terrain - on nous racontera sûrement le contraire demain. A Benghazi, en revanche, tout va bien, la révolu-sion a vraiment triomphé, puisque c'est maintenant une entreprise du Qatar qui commercialise le pétrole volé à la Libye. Ils vont bien entendu se partager le butin avec les autres agresseurs. Total sera un des principaux profiteurs. (On vient justement d'apprendre que ce groupe, qui réalise les plus gros bénéfices du CAC 40, ne paie pas d'impôt sur les sociétés.) On commence à comprendre le sens profond de cette guerre "humanitaire" déclenchée par le gang Lévy-Sarkozy.





7 avril 2011 :  A l'est de Brega, une nouvelle "bavure" de l'OTAN se solde par cinq "rebelles" tués et dix blessés. A la bonne heure...



INTOX OU RÉALITÉ ?

"Pas de panique, les mecs, l'instructeur de la CIA m'a tout expliqué.
En cas d'enlisement, je jette ma kalach et mon bazooka,
j'ajuste mes décorations, je dégoupille ma grenade
et je crie USA ou-Akbar !...
"





RÉALITÉ OU INTOX ?

Le "Guide" libyen est-il vraiment si naïf ?...


10 avril 2011 :  L'Algérie : prochaine cible dans le remodelage du Sahara ?  par Yahia Gouasmi (président du Parti Anti-Sioniste).

"Selon le quotidien algérien El-Khabar, des troupes françaises se trouveraient déjà sur le sol libyen, dans la région sud-ouest du pays, région peu accessible et limitrophe de l'Algérie. Leur mission consisterait à traquer 'des éléments d'Al-Qaïda' qui se seraient infiltrés. Des hélicoptères et des drones auraient été utilisés à cet effet. Par ailleurs, une demande d'utilisation de l'espace aérien algérien par la France aurait été refusée par le gouvernement d'Abdelaziz Bouteflika."

"Selon Alain Juppé, prête-nom de Bernard-Henri Lévy aux Affaires étrangères, il y a un risque réel d'enlisement. En réalité, l'enlisement a déjà commencé. Soit l'OTAN - Organisation terroriste de l'Atlantique Nord - se limite aux frappes aériennes, ce qui pour l'instant semble insuffisant pour faire tomber Kadhafi (et l'augmentation des victimes civiles pourraient avoir pour effet de retourner la majorité de l'opinion publique contre les agresseurs). Soit l'intervention terrestre a lieu, et nous aurons alors une guerre interminable, sur une superficie immense et difficile à contrôler. Dans ces deux cas, l'enlisement, et à terme la défaite, sont certains."

"Il reste que les agresseurs de l'OTAN ne peuvent plus reculer, sous peine d'être victimes de cette arme de destruction massive qu'est le ridicule. Alors, il faut s'attendre à ce qu'une ville comme Misrata, encerclée par les forces gouvernementales, soit érigée par les médias aux ordres en 'ville martyre', une sorte de Sarajevo en terre arabe, justifiant l'intervention terrestre. D'ici là, on aura, bien-sûr, découvert opportunément un charnier qui révoltera l'opinion dite mondiale. Cela s'est déjà vu ailleurs et il n'y a pas si longtemps..."

"L'enjeu réel de cette guerre est le remodelage du Sahel et du Sahara, dont la Libye est un des couloirs d'accès. Tous les pays limitrophes de la Libye sont en danger de partition, à plus ou moins long terme. Parmi ceux-ci, l'Algérie et ses immenses richesses enfouies au Sahara ne sont pas à l'abri de toutes sortes de manœuvres de déstabilisation. Ce n'est pas un hasard si, d'après le quotidien El-Khabar, la France a demandé le droit de survoler l'espace aérien algérien afin d'intervenir en Libye. C'est là une tentative d'entraîner l'Algérie dans un conflit dont elle pourrait être elle-même une victime."


11 avril 2011 :  L'Union africaine offre sa médiation dans le conflit libyen. Kadhafi accepte ; les "rebelles" (représentés par Lévy-Sarkozy, le descendant de Moïse, Nétanyahou-Lieberman et l'OTAN) refusent catégoriquement.


13 avril 2011 :  On apprend que le Qatar, un des pays agresseurs de la coali-sion, fournit des missiles antichars de type Milan, de fabrication française, aux gangsters de Benghazi.


14 avril 2011 :  Le gouvernement de Tripoli accuse le Hezbollah libanais d'avoir des combattants aux côtés des "rebelles" de Misrata : une "information" à peu près aussi fiable que celle (reprise par le Hezbollah) qui accuse Kadhafi d'utiliser 50.000 mercenaires fournis par Israël - voir plus bas.

Devant cette nouvelle escalade de la connerie, Tel Aviv bondit de joie. Les sionistes n'ont plus besoin d'inventer des prétextes d'intervention ; les Arabes les leur fournissent quotidiennement.

Tandis que l'aide 'humanitaire' des groupes de combat de l'UE se prépare (article de Manlio Dinucci), les "BRICS" (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) versent de nouveau quelques larmes de crocodile. Après avoir autorisé la guerre le 18 mars, soit par leur abstention (pour les quatre premiers), soit activement (pour l'Afrique du Sud), voilà qu'ils "déplorent la violence et demandent que l'usage de la force soit évité". Ce qui n'empêche pas Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, de déclarer à Rasmussen (le patron de l'Organisation terroriste de l'Atlantique Nord) que "l'opération de l'OTAN est légitime".



15 avril 2011 :  Les Occidentaux accusent le gouvernement de Tripoli de bombarder Misrata, ce qui est particulièrement grave car personne en dehors de l'OTAN n'a le droit de bombarder la Libye. Kadhafi utiliserait même des bombes à fragmentation. D'accord, personne ne les a vues, mais il y aurait un journaliste qui connaîtrait quelqu'un qui en aurait entendu parler. La preuve que c'est vrai : les bombes en question sont fabriquées en Espagne. Elles ont sûrement été fournies à Kadhafi par ses "alliés" israéliens pour qu'il puisse les balancer sur le Hezbollah de Misrata, histoire d'imiter ce qu'Israël avait fait au Liban en 2006...  Et pendant ce temps-là, bien sûr, plus personne ne parle des obus à l'uranium de l'OTAN - voir plus haut.


17 avril 2011 :  La situation humanitaire à Misrata devient de jour en jour plus dramatique. Heureusement que des bateaux (que personne n'empêche de passer) réussissent à briser le blocus de Kadhafi et apportent aux civils sans défense une partie de l'eau et de la nourriture dont ils ont besoin.





19 avril 2011 :  BHL annonce l'envoi d'officiers de liaison français à Benghazi (sur le blog sionisé Marianne2).

Ce titre est trompeur car, comme l'admet l'auteur : "En réalité, une 'cellule militaire' d'une dizaine d'hommes issus du Commandement des opérations spéciales et commandée par un officier supérieur, est déjà présente auprès du 'responsable diplomatique' français à Benghazi, Antoine Sivan. Cette équipe de liaison est chargée d'établir un lien entre les responsables militaires locaux et les forces alliées."  Il s'agit donc tout simplement de renforts envoyés en prévision de la "phase des opérations qui va commencer ces jours-ci".

Rappelons que "BHL", de son vrai nom Connard-Henri Lévy, est la courroie de transmission "philosophique" qui communique les ordres de l'état-major sioniste mondial aux exécutants subalternes de l'OTAN, de l'ONU, de l'UE et de la Judée-Sarkozie (nom officiel des territoires occupés de l'ex-République française).



"Personnellement, je privilégie le terme 'Juppée-Sarkozie'
mais mon homologue israélien Lieberman trouve que ça fait
un peu antisémite, alors je préfère ne pas insister...
"


20 avril 2011 : 


INTENSIFICA-SION :

Sa cote de "popularité" va remonter de 23,1 à 23,2 %.


21 avril 2011 : 


DEPUIS TRIPOLI, L'INFO EN DIRECT :

Vu sur http://fr.ljbc.net.
Presque tous les sites Internet libyens sont bloqués par les agresseurs,
mais même s'ils ne l'étaient pas, ça ne changerait pas grand-chose.


22 avril 2011 :  Après la France et la Grande-Bretagne, l'Italie confirme à son tour l'envoi de "conseillers" militaires en Libye. Les Etats-Unis, de leur côté, annoncent l'utilisation de drones "afin de mieux protéger les populations civiles" - comme en Afghanistan et au Pakistan, où ces appareils permettent de massacrer des douzaines de civils à la fois sans aucun risque pour le personnel américain.

A Tripoli, le gouvernement annonce pour la énième fois la distribution d'armes à la population. Cette fois, c'est pour accueillir les croisés quand leurs troupes débarqueront en Libye.

Le poste frontalier libyen de Wazzan, proche de Nalout et de la ville tunisienne de Dehiba, aurait été "conquis" par les "rebelles". Il n'est pas impossible que les attaquants soient venus de Tunisie.

La rapine du siècle  par Manlio Dinucci.

"L'objectif de la guerre en Libye n'est pas seulement le pétrole, dont les réserves (estimées à 60 milliards de barils) sont les plus importantes d'Afrique et les coûts d'extraction parmi les plus bas du monde, ni le gaz naturel dont les réserves sont estimées à environ 1.500 milliards de m3. Sont également visés les fonds souverains, les capitaux que l'Etat libyen a investis à l'étranger."

"Ces fonds souverains gérés par la Libyan Investment Authority (LIA) sont estimés à environ 70 milliards de dollars, qui grimpent à plus de 150 si l'on inclut les investissements étrangers de la Banque centrale et d'autres organismes. Et ils pourraient être plus importants encore..."


24 avril 2011 :  Le journaliste allemand Jürgen Elsässer écrit sur son blog à propos de Misrata, ce nouveau Srebrenica :

"Les rebelles se sont-ils emparés de Misrata ou pas ? La réponse est tantôt oui, tantôt non. Quoi qu'il en soit, il est probable qu'on va faire de cette ville le symbole de la 'cruauté' et du comportement 'génocidaire' du régime de Kadhafi. Si elle tombe aux mains des rebelles, on y 'découvrira' des charniers avec de nombreux cadavres - l'ultime preuve qu'il faut absolument que l'OTAN engage ses troupes terrestres contre le 'fou' de Tripoli. Si, au contraire, les loyalistes conquièrent Misrata, on nous montrera des images satellite ou des photos prises à l'aide de téléphones mobiles pour 'prouver' qu'il y a eu des exécutions en masse. On nous refera le coup de Srebrenica 1995."

"Quand des combats acharnés ont lieu quelque part, il y a ÉVIDEMMENT des centaines, voire des milliers de morts. Et n'importe quel chef militaire responsable (d'un côté comme de l'autre) fera bien sûr ramasser et enterrer les cadavres, ne serait-ce que provisoirement, pour éviter les risques d'épidémie. Mais lorsque les propagandistes de l'OTAN entreront en scène, ils verront aussitôt dans ces fosses communes, réelles ou imaginaires, la preuve qu'il y a eu des exécutions systématiques."

"La chose est possible mais pas nécessairement vraie. Dans un charnier, il peut aussi y avoir des morts tués au combat ; rien à voir avec des crimes de guerre. Mais dans l'ambiance hystérique d'une 'guerre humanitaire', poser des questions, émettre des doutes ou examiner les chiffres, équivaut à 'cracher sur les victimes', à 'être complice des assassins', à 'nier le génocide'. A ce sale petit jeu, c'est toujours le premier qui crie 'Auschwitz !' qui a gagné..."

C'est à croire que Jürgen Elsässer est capable de lire les pensées les plus obscènes de Bernard-Henri Lévy.




LA MÉMOIRE COURTE
de l'ex-candidat républicain à la Maison Blanche

par Manlio Dinucci


En 2011, le criminel de guerre John McCain, alias McDégueu (ses exploits au Viêt-Nam)
soutient les "rebelles" libyens, se rend à Benghazi et veut faire juger Kadhafi pour "crimes de guerre" :

(Reuters - 24 mars 2011)



Quelques semaines plus tard, il veut carrément faire assassiner le leader libyen :





EN AOÛT 2009,
McCain était à Tripoli, faisait l'éloge de Kadhafi comme artisan de la paix
et plaidait pour un approndissement des liens USA-Libye :


Le plus drôle : McCain était alors accompagné du sioniste Joe Lieberman,
autre sénateur de la Knesset de Washington

Tripoli - 14 août 2009


25 avril 2011 : 



Il paraît que Kadhafi a fait distribuer des armes à la population.


26 avril 2011 :   Libye - Le mirage de Sarkozy  par Yahia Gouasmi (Parti Anti-Sioniste).


27 avril 2011 : 


Des mercenaires noirs sont bien impliqués dans la guerre de Libye...



... mais ils ne sont pas dans le camp de Kadhafi.


Tandis que l'Organisation terroriste de l'Atlantique Nord intensifie ses bombardements, le ministre britannique de la Guerre annonce son intention de déployer des troupes en Tunisie, près de la frontière libyenne.  (Il y a fort à parier que c'est déjà fait depuis longtemps ; une attaque transfrontalière a apparemment été lancée le 22 avril à Wazzan.)

Bonne nouvelle "du front" : l'OTAN vient de massacrer une douzaine de "rebelles" à Misrata - détails. Après les "bavures" des 2 et 7 avril à Brega, c'est la troisième et sans doute pas la dernière. Tuez-les tous, BHL reconnaîtra les siens...  Contrairement à ce que disent nos médias, les bombes occidentales ont probablement causé autant de destructions à Misrata que les tirs de l'armée de Kadhafi.


29 avril 2011 :  Comme pour étayer ce qui paraissait déjà plausible deux jours plus tôt, les médias annoncent que des combats ont lieu à la frontière tuniso-libyenne. Les forces de Tripoli aurait repris le poste frontalier "conquis par les rebelles" le 22 avril. Les révolu-sionistes de Tunis protestent : apparemment, Kadhafi ne leur a pas demandé l'autorisation.  Au passage, notre presse clonée confirme que les Benghazistes sont installés dans la ville tunisienne de Dehiba (où se trouvent aussi les "conseillers" militaires de l'OTAN). Mais, bien entendu, l'agression occidentale depuis la Tunisie est présentée comme une agression de Tripoli contre ce pays.

L'hystérie et la désinformation antilibyennes continuent de plus belle. Entre deux bombardements ciblés ayant pour but de tuer Kadhafi, les agresseurs se montrent magnanimes et disent rechercher un pays où ils pourraient "exiler le dictateur" (après l'avoir jugé et pendu, sans doute).


30 avril 2011 :  En attendant de pouvoir assassiner le leader libyen, les tueurs humanitaires de l'OTAN massacrent sa famille. Un de ses fils et trois de ses petits-enfants (âgés de 3 ans, 2 ans et 4 mois) meurent sous les bombes à Tripoli.


Quand ils n'ont pas de petits Kadhafi à tuer,
les terroristes s'en prennent aux enfants handicapés :

Comme dit le criminel de guerre canadien Charles Bouchard,
général dirigeant les massacres de l'OTAN en Libye :
"L'Alliance a pour mission de protéger les civils".


Retour sur les premiers jours de la révolu-sion libyenne (15-28 février) :

What you don't know about the Libyan crisis - lien vidéo sur les mensonges et les manipulations de l'OTAN.

Pour "justifier" la guerre, on n'a pas vraiment étouffé la vérité, puisqu'elle était en partie visible sur certains sites ou chaînes de télévision (surtout anglophones, mais aussi sur France 24 et Al-Jazeera). On s'est contenté d'ensevelir la vérité sous une montagne de propagande.

Mais l'observateur attentif a pu voir que les partisans du leader libyen étaient beaucoup plus nombreux que ses adversaires ; que même à Benghazi, il y avait des manifestants pro-Kadhafi et que les anti-Kadhafi ne réunissaient au début que 100 ou 200 personnes dans cette ville ; que la "rébellion" était fomentée de l'extérieur, conformément à des plans remontant aux années 1980 ; que dès le premier jour, les "manifestants pacifiques" ont incendié des bâtiments administratifs, des casernes et des postes de police dans l'est du pays et que la plupart des victimes étaient membres des forces de sécurité ; que les "rebelles" ont fait sortir de prison des centaines d'islamistes et de criminels de droit commun ; que ces gens se sont aussitôt procuré des armes et qu'il y a eu des exactions et des pillages ; que Kadhafi n'avait pas de mercenaires noirs et que les 65 Africains massacrés par les "insurgés" à Derna étaient en fait des travailleurs immigrés ; qu'à Benghazi, les "manifestants pacifiques" ont lynché des loyalistes ; que Kadhafi n'a jamais lancé de raids aériens contre son propre peuple ; etc. etc. etc...

"Comment réagirait le gouvernement américain si des gens se mettaient à incendier les ministères, les banques, les palais de justice, les aéroports ?...  Est-ce qu'il démissionnerait si 400 personnes attaquaient et pillaient le Pentagone ?..."



AGITATION EN LIBYE ET MANIPULATION MÉDIATIQUE
ou
Plus c'est gros, mieux ça passe...

Alors que les images diffusées par Al-Jazeera montrent des manifestants pro-Kadhafi,
le texte prétend que "les opposants défient la répression".




MANIFESTANTS PACIFIQUES ?

Les "délinquants" pendus à Benghazi ("offenders") sont en fait des policiers
ou des fonctionnaires "coupables" d'être restés fidèles au gouvernement de Tripoli.
Les soi-disant "rebelles" sont des criminels et des assassins au service de l'étranger.

Que ferait Sarkozy si de telles scènes se produisaient dans les banlieues françaises ?...


Roland Dumas et Jacques Vergès  sur le rôle de Bernard-Henri Lévy (lien vidéo).


10 mai 2011 :  A Tripoli, violents bombardements de l'OTAN. Les avions de l'organisation terroriste s'attaquent à l'infrastructure de la capitale, détruisent des bâtiments de la télévision, des relais téléphoniques, des ponts, un hôpital et même le siège local de l'UNESCO. "Rien que des cibles militaires", comme dit le menteur de service des agresseurs occidentaux.

A Misrata, les combats continuent, toujours présentés par nos médias comme des affrontements entre des "civils sans défense" et "l'armée du dictateur", dans une ville soi-disant soumise au blocus (bien que l'accès maritime soit libre).

Dans l'est du pays, situation inchangée. La "ligne de front" se trouve encore, semble-t-il, entre Brega et Ajdabiya.


17 mai 2011 :  Toujours en service commandé pour les criminels de l'OTAN, le procureur sioniste argentin Luis Moreno-Ocampo (voir plus haut 4 mars) émet un mandat d'arrêt contre Mouammar Kadhafi, son fils Saif al-Islam (voir plus haut 7 mars) et son beau-frère Al-Sanousi.  Les malfrats qui dominent le monde adorent jouer les justiciers.


23 mai 2011 :  Sarkozy annonce l'envoi d'hélicoptères d'attaque en Libye, mais l'engagement de troupes françaises sur le terrain est paraît-il exclu. C'est sans doute pour cela que 450 hommes accompagnent les hélicos (ils iront renforcer les forces spéciales déjà sur place depuis longtemps). 

Simultanément, l'OTAN intensifie ses bombardements sur Tripoli, de préférence de nuit. C'est une méthode américaine utilisée avec succès depuis les années 1940 (Allemagne) ; elle permet de surprendre un plus grand nombre de civils pendant leur sommeil. En Libye, elle a bien entendu pour but de "protéger" ces mêmes civils.


27 mai 2011 :  A Deauville, réunion de la mafia impérialiste internationale et de ses plus fidèles laquais. Les pays du G8 (USA, Royaume-Uni, France, Italie, Canada, Allemagne, Russie et Japon) "exigent" le départ du colonel Kadhafi. Rien d'étonnant de la part des cinq premiers, qui participent de toute manière à la guerre de Libye ; plus surprenant de la part de l'Allemagne et de la Russie, qui s'étaient abstenues le 18 mars au Conseil de "Sécurité" ; scandaleux de la part du Japon, qui ferait mieux de s'occuper de ses propres affaires (Fukushima). Mais le clan des salopards compte beaucoup d'autres candidats, absents de Deauville car pas assez importants dans la hiérarchie du vice. Parmi eux, la Turquie, qui demande également la tête du leader libyen - mais on le savait déjà depuis le début de la guerre.


30 mai 2011 :  Tournée de propagande de l'instigateur sioniste B.H. Lévy à Misrata, ville "insurgée" prétendument victime du blocus de Kadhafi. Comment notre Goebbels antinational a-t-il fait pour s'y rendre ?  Il a pris le bateau comme tout le monde - aucun problème de ce côté-là...

Tandis que le spectacle béhachellesque suit son cours, l'OTAN continue de massacrer des civils libyens : onze morts de plus près de Tripoli. Mais l'Organisation terroriste de l'Atlantique Nord ne tue pas seulement la population loyaliste. Elle tue aussi ses propres "alliés". Alors qu'elle accusait Tripoli de lancer des bombes à fragmentation contre Misrata (voir plus haut 15 avril), on apprend maintenant que c'est elle-même (ou une de ses composantes) qui a commis ce crime barbare : Cluster Bombing of Misrata Committed by US Naval Forces, Not Qadhafi (selon une enquête de l'ONG Human Rights Investigations - HRI).


31 mai 2011 :  Les rapaces impérialistes, surtout américains et britanniques, n'ont pas seulement confisqué (= volé) les avoirs appartenant à l'Etat libyen (environ 100 milliards de dollars de réserves et 140 tonnes d'or d'une valeur de 7 milliards). Dès 2007-2008, les spéculations de Goldman Sachs avaient déjà fait perdre au fonds souverain de Libye (Libyan Investment Authority - LIA) près de 1,3 milliard de dollars - c'est le blog de Forbes qui le signale.

Sur les relations financières et monétaires ambiguës entre la Libye et l'Occident, voir aussi ce qu'a "révélé" Thierry Meyssan à propos de l'affaire DSK.


1er juin 2011 :  Selon le porte-parole du gouvernement libyen, les attaques aériennes de l'OTAN ont tué 700 civils et en ont blessé 4.000, dont 400 grièvement.  Le président sud-africain Jacob Zuma, après une courte visite à Tripoli, demande l'arrêt des bombardements. Et pourtant, c'est bien grâce à lui qu'ils ont lieu : le 18 mars, l'Afrique du Sud a en effet voté pour la guerre.  La Chine, autre complice ("abstentionniste") des agresseurs, y va aussi de sa petite larme de crocodile et propose des négociations. Quelle bande d'hypocrites...


2 juin 2011 :  Apres sa visite-spectacle aux "rebelles" libyens, BHL est à Tel Aviv où il transmet à Nétanyahou un message du Conseil national de transi-sion, dans lequel celui-ci confirme à ses sponsors que "le futur régime libyen sera modéré et soucieux de la sécurité d'Israël".


5 juin 2011 :  Les hélicoptères de combat préparent le débarquement  par Manlio Dinucci.


9 juin 2011 :  Le mythomane israélo-argentin Moreno-Ocampo, en comparaison de qui BHL ressemble à un honnête homme, se produit de nouveau après ses deux interventions réussies du 4 mars et du 17 mai. Cette fois, le grand Goebbels juif annonce à grand renfort de médias qu'il détient "les preuves" que les soldats de Kadhafi violent systématiquement les femmes libyennes. Et comme Moreno-Ocampo projette sur les autres ses petits problèmes de mollesse, il ajoute que les violeurs marchent au viagra. Le méchant dictateur fait importer les pilules bleues par conteneurs entiers.

Un journaliste s'est-il déjà demandé combien de pilules on peut mettre dans un conteneur de 33 m3 ?  Vu que Kadhafi en a acheté plusieurs (deux, trois, une douzaine, une centaine ?) la quantité doit être suffisante pour approvisionner pour quelque temps une armée de x millions d'hommes. On voit que la fameuse "débandade" des troupes de Tripoli, que la presse sionisée invoque depuis des mois, n'est pas encore pour demain. Le fabricant Pfizer (PDG juif Jeffrey Kindler) peut dormir tranquille : son chiffre d'affaires 2011 et ses profits vont exploser - comme les maisons de la capitale libyenne sous les bombes de l'OTAN.

Le viol est d'ailleurs un des thèmes préférés de la propagande occidentale. Depuis le début de la révolu-sion, nos pressetitués ressassent l'affaire de la "jeune femme violée par la milice de Kadhafi". Mais là, contrairement à l'affaire DSK, personne ne parle de "présomption d'innocence".


11 juin 2011 :  Interview de l'avocat Jacques Vergès  sur les motivations politiques françaises (et occidentales) en Libye (et en Syrie) :

"Il y a le lourd passif de la diplomatie française vis-à-vis du 'printemps arabe', tunisien et égyptien : de Fillon passant ses vacances aux frais de Moubarak à 'MAM' proposant à Ben Ali l'expertise française en matière de répression policière, il y a là pas mal de choses à faire oublier, le plus vite possible. Et cela donne notamment cette guerre non avouée contre Kadhafi, décidée dans la précipitation et sans objectif politique clair, sur simple injonction de Bernard-Henri Lévy, par dessus l'épaule d'Alain Juppé et de Gérard Longuet. Une politique aventureuse, qui ne pourra déboucher que sur le chaos et le gâchis de vies humaines et de richesses. Et qui est déjà un échec, comme la guerre d'Afghanistan : Kadhafi résiste, moins à cause de son armement supérieur que du soutien dont il continue de bénéficier dans une large part de la population libyenne, et aussi parce que les opposants soutenus à prix d'or par les Occidentaux font chaque jour la preuve de leur vacuité, non seulement militaire mais politique. Face à cette résistance, les médias ressortent les bons vieux bobards de la guerre psychologique : Kadhafi aurait distribué du viagra à ses soldats pour les inciter à violer les femmes des rebelles !  Quand on en est réduit à ce type de propagande, c'est vraiment que ça va mal !..."

"Sur un plan strictement idéologique, il y a l'incontestable philosionisme et philo-américanisme de Sarkozy, qui rêve d'être le meilleur élève européen, ou le premier ex æquo avec le Britannique David Cameron, de la 'classe OTAN'. Et l'on touche là à un aspect plus personnel et psychologique du personnage : son désir pathétique de se hisser à ce statut d'homme d'Etat qui joue dans la 'cour des grands' de ce monde, statut qu'une large majorité de l'opinion française semble lui dénier aujourd'hui. Et puis il y a tous ces échecs intérieurs - économiques ou sécuritaires - qu'on essaye de faire oublier aux électeurs par des roulements de mécanique guerrière ; c'est un procédé vieux comme le monde politique..."

"Chacun voit que l'Etat français, qui bombarde Tripoli, est incapable de faire entendre raison aux caïds de banlieue !  Qu'on s'étonne ensuite qu'un président comme Sarkozy, dernier avatar de cette caste gouvernante, cherche à se refaire une virginité et une stature sur le dos des Libyens et des Syriens !  Imposture !  Imposture et spasmes de mourant !  L'Occident risque bien de crever de son cynisme et de sa faillite morale !..."


12 juin 2011 : 



Pour Kadhafi, la partie vient juste de commencer...


19 juin 2011 -  Même CNN en parle : Gigantesque manif de soutien à Kadhafi à Tripoli.

Et pourtant, les bombardements de l'OTAN continuent jour et nuit, détruisant de plus en plus l'infrastructure du pays et tuant des civils : Seven civilians killed by NATO airstrike on Tripoli (vidéo RT). Deux jours plus tard, il est même question de 15 morts.

Mission d'observation à Tripoli  par Mohamed Hassan.


21 juin 2011 :  Le rapport du CIRET-AVT (Centre international de recherche sur le terrorisme - Aide aux victimes du terrorisme) sur le site mai68.org.

"Le rapport de cette commission d'enquête est assez objectif...  Petit à petit la vérité est en train de se frayer un chemin...  Désormais, on sait avec précision qu'il n'y a pas le moindre soupçon d'une révolution et que les 'Brigades de Kadhafi' n'ont jamais constitué une 'menace pour les civils'. Le rapport nous apprend que le 'royaume saoudien et le régime de Doha' [Qatar] ont joué un rôle décisif dès les premières heures de la rébellion, par l'intermédiaire de leurs chaînes de télévision Al-Arabia et Al-Jazeera qui ont 'fait' l'opinion (à partir de données erronées, sinon délibérément mensongères)..."

Voir également ce résumé du rapport sur www.alterinfo.net.

Un autre rapport : celui de Saïda Benhabyles. Cette ancienne ministre algérienne a pu se rendre à Benghazi avec l'autorisation de Bernard-Henri Lévy, "le chef des insurgés, au courant de tout et qui coordonne toutes les actions".

Elle écrit : "Le conflit libyen est monté de toutes pièces...  Le Conseil national de transition se compose [en partie] de ressortissants étrangers qui n'ont rien à voir avec la Libye, le reste des membres du CNT sont des personnages opportunistes, comme l'ancien ministre de la justice de Kadhafi, Moustafa Abdeljalil, aujourd'hui président du Conseil. A cela, il faut ajouter les monarchistes traditionalistes Senoussi, qui veulent prendre leur revanche sur la révolution verte en utilisant les Libyens. Tous les réseaux de renseignements sont présents en Libye, surtout à Benghazi, les services du Mossad, de la DGSE et britanniques. Le pays est infesté d'agents secrets qui utilisent et ont recours à toutes les nouvelles technologies de propagande de guerre et médiatiques...  L'armée libyenne fait face à de puissants militaires venus d'Israël et aux puissances occidentales..."


22 juin 2011 :  A Zlitane, à 60 km à l'ouest de Misrata, un drone américain est abattu par les forces loyalistes.

Salon du Bourget : n'achetez que du matériel 'testé au combat'  par Manlio Dinucci.

"Pour Dassault, le Salon s'est ouvert non pas le 20 juin en France, mais le 19 mars en Libye, quand son avion de chasse Rafale, déjà utilisé en Afghanistan, a été le premier à bombarder. Le gouvernement français a investi (avec l'argent public) l'équivalent de 55 milliards de dollars pour en acheter plus de 300...  La guerre en Libye a été plus décisive encore pour la promotion de l'Eurofighter Typhoon du consortium européen formé par le britannique BAE Systems, l'italien Finmeccanica et EADS (né de la fusion de sociétés allemandes, françaises et espagnoles, avec siège social défiscalisé aux Pays-Bas)..."


26 juin 2011 :  Les tueurs de l'OTAN massacrent encore une bonne douzaine de civils à Brega et à Tripoli. L'objectif ouvertement affiché, au cas où l'assassinat de Kadhafi ne réussirait pas, est de harceler la population libyenne dans l'espoir qu'elle se révolte "contre le tyran" - autrement dit : qu'elle finisse par faire ce que la propagande occidentale prétend qu'elle fait depuis quatre mois.

Sans troupes régulières au sol, les agresseurs sont apparemment incapables de gagner cette guerre, et encore moins de la faire gagner par leurs marionnettes de Benghazi. Or, malgré tous les préparatifs, la Maison Blanche hésite à donner l'ordre fatidique ; elle essaie au contraire de suggérer à son opinion qu'il ne s'agit pas du tout d'une guerre.  Et tant que les Etats-Unis n'auront pas franchi le pas décisif, ni Sarkozy ni Cameron ne feront rien de sérieux, d'autant que des tendances "défaitistes" commencent à se manifester en Italie. Dans ces conditions, tout le monde attend un miracle - les guerres coloniales ne sont plus ce qu'elles étaient...


27 juin 2011 :  Tripoli bombardé ne faiblit pas  par Thierry Meyssan. Après avoir soutenu la théorie (propagée par l'Iran et le Hezbollah) qui veut qu'Israël aide le "contre-révolutionnaire" Kadhafi à réprimer la "révolution" benghaziste moyennant 50 % du PIB libyen (voir plus bas), le patron du Réseau Voltaire semble s'être remis de ses hallucinations et nous livre enfin un article sensé et cohérent sur la Libye* :

"Les médias occidentaux évoquent des 'défections massives' des cadres de Tripoli et leur ralliement à la cause des insurgés de Benghazi, mais ils ne parviennent pas à citer de noms, sinon ceux d'hommes politiques connus de longue date pour être favorables au rapprochement avec Washington, tel l'ex-ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa...  L'opinion publique internationale est massivement désinformée. Washington a fait couper les retransmissions de la télévision libyenne sur le satellite ArabSat...  En violation de ses engagements internationaux, Washington a refusé un visa au nouveau représentant libyen à l'ONU. Il ne peut venir à New York exposer son point de vue, tandis que son prédécesseur, rallié au CNT continue à occuper son siège. La voix de Tripoli étant étouffée, il est possible de répandre n'importe quel mensonge sans crainte d'être contredit."

"L'Ouest de la Libye est paisible. A des moments aléatoires, les sirènes annoncent l'arrivée des bombardiers ou des missiles. Suivis immédiatement des explosions qu'ils provoquent....  Il est inutile de courir aux abris, d'une part parce que le temps est trop court et d'autre part, parce qu'il n'y a guère d'abris. Les bombardements sont ciblés avec une extrême précision. Les munitions guidées touchent les bâtiments visés, et dans ces bâtiments, les pièces visées. Toutefois, l'OTAN perd le contrôle en vol d'environ un missile guidé sur dix. Celui-là tombe à l'aveuglette. N'importe où dans la ville, semant la mort au hasard. Si une partie des cibles de l'OTAN sont 'militaires' (casernes et bases), la plupart sont 'stratégiques', c'est-à-dire économiques. Par exemple, l'Alliance a bombardé l'imprimerie de la Monnaie libyenne, une administration civile chargée de fabriquer les dinars. Ou encore, ses commandos ont saboté des usines qui faisaient concurrence à celles de membres de la Coalition. D'autres cibles sont dites 'psychologiques'. Il s'agit de toucher dans leur chair les dirigeants politiques et sécuritaires en massacrant leurs familles. Les missiles sont alors pointés sur les habitations privées, et plus précisément sur les chambres à coucher des enfants des dirigeants."

"L'ambiance dans la capitale et sur la côte est lourde. Mais la population reste soudée...  Les exactions commises par les mercenaires du prince [saoudien] Bandar en Cyrénaïque ont terminé de convaincre bien des hésitants...  Rien, nulle part à l'Ouest, n'évoque une révolte ou une guerre civile. Pas de barricades, ni de blindés dans les rues...  Le colonel Kadhafi arme la population. Près de deux millions de fusils mitrailleurs ont déjà été remis aux civils. L'objectif est que chaque adulte, homme ou femme, puisse défendre sa maison...  Chacun a conscience que tout se jouera lorsque les troupes terrestres de l'OTAN débarqueront, si elles osent le faire. La stratégie de défense est donc entièrement conçue pour dissuader un tel débarquement en mobilisant la population. Ici les soldats français, britanniques et US ne seront pas accueillis en libérateurs, mais en envahisseurs coloniaux. Ils devront affronter d'interminables combats urbains..."

"A l'issue de ces cent premiers jours de conflit, les communiqués de l'OTAN masquent mal la déception. Les Libyens ne se sont pas soulevés contre le 'régime', hormis en Cyrénaïque. Aucune solution militaire n'est en vue. Le seul moyen pour l'Alliance atlantique de sortir la tête haute à moindre frais, est de se contenter de la partition du pays..."

* Pour expliquer son revirement, Thierry Meyssan écrit : "Il n'est pas nécessaire d'être un vieux partisan de la Révolution de Kadhafi pour la soutenir aujourd'hui face aux horreurs auxquels se livrent les jihadistes dans les 'zones libérées' par l'Alliance."  Et il ajoute : "Je suppose que ces remarques peuvent surprendre le lecteur. Le Réseau Voltaire y reviendra en détail dans de prochains articles."  Très bien...


29 juin 2011 :  Thierry Meyssan depuis Tripoli (lien vidéo).

Le patron du Réseau Voltaire confirme son virage à 180°. Quatre mois plus tôt, il présentait Kadhafi comme un monstrueux dictateur ceint d'une écharpe aux couleurs américaines, tirant à la mitrailleuse sur de pacifiques manifestants - voir ici - et ne se maintenant au pouvoir que grâce aux mercenaires israéliens à 3 milliards par mois.  Aujourd'hui, Meyssan tombe à tel point dans l'excès inverse qu'on en est gêné pour lui.

La Libye est donc un modèle de démocratie participative où tout le monde a le droit à la parole.  (Les dirigeants est-allemands disaient un peu la même chose de leur système : des millions et des millions de citoyens participaient aux réunions électorales pour désigner les candidats de la liste unique, commune à tous les partis. Cette liste remportait ensuite la victoire des urnes avec 99,5 % des suffrages.  En Libye c'est kif-kif, sauf qu'il n'y a pas de partis...)

Si l'OTAN envoie des troupes terrestres en Libye, pense Thierry Meyssan, l'Afrique entière, qui doit beaucoup à Kadhafi, va se soulever et envoyer ses "brigades internationales" défendre la Grande Jamariya. Dommage qu'on n'ait pas beaucoup entendu l'Afrique, ces derniers temps, prendre la défense de la Libye agressée.  (Meyssan ne se rend même pas compte qu'il fait le jeu des agresseurs en leur concédant la carte des "mercenaires étrangers".)

Indépendamment de cela, la vidéo contient beaucoup d'informations intéressantes. Il est toujours utile d'écouter Thierry Meyssan - à condition de savoir faire la part des choses (c'est valable pour tout le monde).


1er juillet 2011 -   Thierry Meyssan met les bouchées doubles : Le massacre de Sorman (à 70 km à l'ouest de Tripoli) ou comment, dans la nuit du 19 au 20 juin 2011, les terroristes de l'OTAN ont massacré douze membres de la famille d'un chef militaire de Kadhafi, après qu'un de leurs espions ait déposé des balises guide-missiles dans les chambres des enfants. Opération réussie, bébés décapités, civils protégés...

Dans Tripoli martyrisée  par Gilles Munier. "Depuis le début de l'intervention occidentale, des civils meurent chaque jour dans la quasi indifférence des médias occidentaux : 718 ont été tués entre le 19 mars et le 26 mai, 4.067 blessés dont 433 dans un état grave..."


Rassemblement monstre sur la Place Verte de Tripoli pour écouter le  discours de Mouammar Kadhafi - خطاب معمر القذافي  (lien vidéo).





Texte conseillé pour les pressetitués occidentaux qui voudraient recycler ces photos :

"Des millions d'opposants au régime exigent le départ du dictateur
et supplient le président Sarkozy d'intensifier ses bombardements humanitaires.
"


Variante pessimiste :

"Quelques centaines de cadres du régime déguisés en manifestants loyalistes
sont venus applaudir le tyran par peur de représailles contre leurs familles.
"


7 juillet 2011 -  En exclusivité : BHL visite les troupes rebelles à Benghazi


10 juillet 2011 -  Rebels in Western Libya - Looting and Arson in Qawalish  par C.J. Chivers (blog du New York Times).

Témoignage à la fois bienveillant et révélateur d'un des supporters occidentaux des "rebelles". Après avoir "libéré" le village de Qawalish (région de Zintan, dans le massif du Djebel Nafoussa, à 150 km au sud-ouest de Tripoli - carte), les "insurgés" ont pillé les commerces, les fermes et les maisons, et y ont mis le feu. Les habitants, sachant probablement à quoi s'en tenir, avaient déjà quitté les lieux.

"En agissant ainsi, quel genre de message les rebelles envoient-ils à la population de cette localité ?..." demande ingénument Chivers. Et il constate que partout où les rebelles ont "vaincu", dans l'ouest du pays, on ne voit aucun civil.  "Dans les villages de montagne, on ne soutient pas les rebelles ouvertement et uniformément..." ajoute-t-il.  Ce qui est une façon élégante de dire qu'on ne les soutient pas du tout. "Quand on a vu les rebelles saccager Qawalish et voler les biens des résidents", comme dit le journaliste, la question ne se pose pas vraiment.

Si cette région a été abandonnée par ses rares habitants, il n'est pas étonnant que les "rebelles" y aient remporté quelques "succès" militaires. C'est d'autant plus facile que l'armée de Tripoli n'y est pas et que la frontière tunisienne est proche.

Les médias occidentaux parlent d'envoi d'armes dans le secteur - comme si la chose était nouvelle, et comme si les troupes françaises ("conseillers" et forces spéciales) ne s'y trouvaient pas déjà depuis des mois. Les "révélations" journalistiques ont toujours quelques années-lumière de retard par rapport à la réalité.  On nous raconte également que la guerre de Libye a coûté 160 millions d'euros en quatre mois. Quand on sait que la France gaspille cette somme chaque jour en dépenses militaires (budget annuel : 50 milliards), on apprécie l'ampleur du "foutage de gueule". (Les Etats-Unis, eux, dépensent douze fois plus, soit deux milliards par jour.)


11 juillet 2011 -  L'OTAN face à l'ingratitude des Libyens  par Thierry Meyssan.

Intéressant, même si certains points sont invérifiables ou sujets à caution...  Peut-on rassembler 1.700.000 personnes à Tripoli ? C'est l'ensemble de la population de la capitale (enfants et nouveaux-nés compris) ou encore un Libyen sur quatre.  Il y avait beaucoup de monde dans les rues le 1er juillet (voir la vidéo) mais sans doute pas 1,7 million de personnes...  Pour ce qui est de la ville de Benghazi (800.000 habitants avant les événements, dix fois moins aujourd'hui, des centaines de milliers de personnes en fuite devant le nouveau régime), on aimerait également en être sûr. Là encore, M. Meyssan, la crédibilité perdue ne se retrouve pas en passant brutalement d'un extrême à l'autre.

Ce qui n'exclut pas, bien sûr, que Kadhafi jouisse encore d'un large soutien populaire...  La question est de savoir si un tel soutien est suffisant pour se maintenir au pouvoir face à une coalition impérialiste infiniment plus puissante militairement.

(On attend encore les explications promises par Thierry Meyssan le 27 juin pour justifier sa surprenante volte-face.)


12 juillet 2011 -  Kadhafi étant toujours aussi agressif envers la France, Maître Sarkouille fait voter par la Knesset de Paris une prolongation de la guerre humanitaire. Voilà qui nous garantit beaucoup d'autres succès militaires (comme en Afghanistan).

Les députés français votent la guerre  par Thierry Meyssan.

Les députés, c'est-à-dire 482 sur 516 (27 ont voté contre, 7 se sont abstenus). Parmi les 27 qui ont (apparemment) "sauvé l'honneur", on trouve surtout des membres du groupe GDR ("communistes" et parti de "gauche"), une bande d'infâmes faux-culs qui n'avaient rien de mieux à faire, lorsque les bombes de l'OTAN commençaient à pleuvoir sur la Libye, que d'appeler à manifester... contre Kadhafi - voir plus haut. Ces complices de l'agression coloniale essaient aujourd'hui de se donner des airs de pacifistes ; ils sont plus méprisables encore que les va-t-en-guerre traditionnels, qui eux au moins sont conséquents dans leur conduite...

Les Verts français, pour leur part, ont voté au Parlement pour la poursuite de la guerre. Mais leur candidate 2012 veut supprimer le défilé militaire du 14 juillet !...  Ce qui, soit dit en passant, est une revendication pour le moins déplacée de la part d'une Norvégienne, un peu comme lorsque l'Allemand Cohn-Bendit vient expliquer aux Français qu'ils doivent fermer leurs centrales nucléaires.  Dans un cas comme dans l'autre, la réaction générale est naturelle : De quoi je me mêle ?...  Tout peut se discuter, en principe, mais tout dépend aussi de la personne qui déclenche la discussion (ou qui se croit habilitée à le faire).

Dans le cas du 14 juillet, c'est moins le défilé qu'il faut condamner et abolir, que les agressions militaires de l'armée française (et il y en a eu beaucoup depuis 1945). Eva Joly n'a rien compris, ou elle fait semblant de ne rien comprendre. Si elle était élue, rien ne changerait. Par bonheur, personne n'a besoin d'elle : l'UMPS et ses satellites ont suffisamment de personnel.


C'EST DU JOLY !

La "future présidente" (norvégienne et "antimilitariste") de la République française nous explique la guerre de Libye :

"La décission a été pris par l'ONU d'une intervention dans l'espace aérien pour protécher les Libyens contre leur leader. Et moi je suis 100 % POUR cette intervention. Je veux que nous restons dans le cadre de l'ONU, donc tout le mandat et rien que le mandat. Donc la difficulté, c'est qu'il est difficile de mener une guerre sans troupes au sol. Et on a récemment mis des hélicopteurs pour essayer de augmenter la performance de ces interventions..."

Source vidéo

(La guerre au sol en Libye, qu'est-ce qu'elle attend pour aller la faire ?...
Il n'y avait plus de place dans l'hélicopteur ?...)


17 juillet 2011 -  La perle philosophale du jour nous est servie toute chaude par le grand hasbaratineur franco-israélien BHL : "Les forces kadhafistes démoralisées sont contraintes de se battre sous la menace de 'snipers' de leur propre camp."

Les nazis allemands disaient la même chose à propos de l'Armée rouge. Derrière chaque combattant soviétique se tenait, paraît-il, un commissaire politique judéo-bolchéviste prêt à décharger son TT-33 au premier signe de faiblesse. Le nazi juif Lévy devrait se méfier : si la chose était vraie, elle risquerait de produire demain en Libye le même résultat qu'hier en Europe, c'est-à-dire la victoire des kadhafistes et, dans la foulée, le jugement et la pendaison des criminels nazis de l'OTAN (à commencer par BHL, Sarkozy et Cameron).


19 juillet 2011 -  Les "rebelles" prétendent avoir conquis Brega, ce que démentent les loyalistes. On se croirait revenu aux premières semaines de la guerre.

De Brega à Bre... gag : l'arnaque élucidée  par Allain Jules.

Méthode Coué - Qui contrôle le port de Brega ?  (Réseau Voltaire, article + vidéo) : "La télévision nationale libyenne a diffusé toute la nuit des images en direct du centre de Brega permettant de constater, sans possibilité d'erreur, que la ville est contrôlée par les forces nationales. Pour faire cesser ce spectacle susceptible de démoraliser un peu plus les forces rebelles, l'OTAN a bombardé l'émetteur TV de Brega, mais la diffusion a repris une heure plus tard..."



"J'ai encerclé Brega..."


20 juillet 2011 -  Mouammar Kadhafi trop fort pour les repris de justice Alain Juppé et Gérard Longuet

La débâcle de l'OTAN en Libye  (Counterpunch) : "La gauche devrait se réjouir d'assister à la déroute d'une expédition coloniale..."  (La gauche ?...  Quelle gauche ?...)

Il est temps de trouver un compromis avec les autorités libyennes  (le général de division Vincent Desportes) : "Nous sommes partis en Libye comme les Américains en Irak en 2003, ou Israël face au Hezbollah en 2006, en estimant que notre puissance létale suffirait aisément à produire des résultats politiques... Le pari risqué de gagner très rapidement, sans avoir à engager de troupes au sol, dont de toute façon nous ne disposons plus en nombre suffisant, n'a pas fonctionné..."


21 juillet 2011 -  Thierry Meyssan : Washington prépare sa revanche  (sur la défaite qu'il aurait subie le 1er juillet, lorsque "1,7 million" de loyalistes sont descendus dans les rues de Tripoli).

Merveilleusement bien informé comme toujours, le patron du Réseau Voltaire nous révèle aujourd'hui que le gouvernement libyen négocie en secret à Tunis avec un émissaire des Etats-Unis, Jeffrey Feltman. Autant dire avec un émissaire d'Israël, compte tenu des antécédents de cet individu - voir plus haut.  (Kadhafi aurait-il l'intention d'embaucher 50.000 mercenaires israéliens de plus ?...  L'autre moitié du PIB libyen ne demande qu'à être utilisée, elle aussi...)

Autre révélation : "Depuis le début du conflit armé, le colonel Kadhafi discute en permanence avec le président Nicolas Sarkozy et son ministre Alain Juppé..."  Pourquoi pas directement avec B.-H. Lévy ?... Après tout, mieux vaut s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints...

Thierry Meyssan ajoute : "Une nouvelle manche se prépare. Une fois le cessez-le-feu entré en vigueur, les Etats-Unis entendent déployer une intense activité secrète pour renverser la donne politique."  Et ils avaient besoin d'une guerre pour en arriver là ?...  Depuis leur "réconciliation" avec Kadhafi, il y a quelques années, ils exerçaient pourtant en Libye toutes les activités qu'ils voulaient - secrètes et non-secrètes.

"Sous couvert d'opérations humanitaires entreprises par des organisations prétendument 'non gouvernementales' ou par des Etats de l'OTAN n'ayant pas participé aux opérations militaires, la CIA et le Pentagone entendent déployer des agents de déstabilisation..."  Ont-ils jamais fait autre chose ?...


25 juillet 2011 -  A Zlitane, entre Tripoli et Misrata, l'OTAN bombarde un hôpital, faisant au moins sept morts. Quatre entrepôts de produits alimentaires sont détruits par la même occasion. Des journalistes occidentaux présents sur place peuvent eux-mêmes constater les dégâts et témoigner. Même CNN en parle.


28 juillet 2011 -  La racaille benghaziste commence à s'entretuer. Le général Abdel Fatah Younès, ministre de l'Intérieur de Tripoli jusqu'à sa défection en février 2011, puis "commandant en chef" des fantomatiques "forces rebelles", est abattu à Benghazi par des tueurs de Khalifa Hifter, ancien déserteur lui aussi, délégué par la CIA pour "superviser" les milices islamistes (voir plus haut 30 mars 2011).

Histoire de redresser la situation, il paraît que B.-H. Lévy envisage d'envoyer Eva Joly en Cyrénaïque pour succéder à Younès. La victoire des "rebelles" passe par une interdiction des parades militaires et de toute forme d'exhibitionnisme guerrier devant les caméras occidentales.


30 juillet 2011 -  L'OTAN bombarde plusieurs antennes de transmission par satellite de la télévision publique libyenne, tuant trois employés civils - ce qui n'empêche pas la reprise des émissions au bout de quelques minutes. Peu après, le colonel canadien Roland Lavoie, attardé mental exerçant les fonctions de porte-parole de l'Organisation terroriste de l'Atlantique Nord, déclare sans rougir : "Notre intervention était nécessaire, car la télévision est utilisée par le régime pour opprimer et intimider de façon systématique les populations civiles et instiller la haine entre les Libyens."

Incapables de gagner cette guerre sans troupes au sol, les criminels occidentaux essaient par tous les moyens de censurer la voix de Tripoli afin que personne n'entende et ne voie autre chose que leurs mensonges éhontés. Mais le contre-poison existe encore (du moins en langue arabe).


31 juillet 2011 -  Selon un porte-parole des gangsters du "CNT", quatre "rebelles" ont été tués la nuit dernière à Benghazi, dans des affrontements avec un groupe pro-Kadhafi. Il y a donc des loyalistes dans la "capitale des insurgés".


1er août 2011 -  A Benghazi, l'insurrection colorée se délite  par Thierry Meyssan.

"Le retournement d'Abdel Fatah Younès [en février] avait rendu possible la transformation d'une opération [occidentale] de déstabilisation politique en aventure militaire. Or, l'assassinat du général Younès par ses rivaux, le 28 juillet 2011, provoque l'effondrement de 'l'armée rebelle' et révèle le caractère artificiel du Conseil national de transition... Il existe aujourd'hui plus de 70 groupes armés dits 'rebelles'. Presque tous reconnaissaient l'autorité d'Abdel Fatah Younès, lequel tentait de les coordonner. Dès l'annonce de sa mort, chacun de ces groupes a repris son autonomie. Certains, qui ont créé leur propre gouvernement, tentent de se faire reconnaître par des Etats membres de la Coalition - notamment le Qatar - au même titre que le CNT. Chaque localité a son seigneur de la guerre qui veut la proclamer indépendante. En quelques jours, la Cyrénaïque s'est 'irakisée'. Le chaos est tel que le propre fils du général Younès, lors de ses obsèques, a appelé au retour de Kadhafi et du drapeau vert, seul moyen selon lui de rétablir la sécurité des populations..."

Dans ses discours, le "guide" libyen "explique qu'une trêve rapide se ferait au détriment de l'unité nationale, tandis que la poursuite de la guerre donne le temps de renverser le pouvoir illégitime du CNT et donc de préserver l'intégrité territoriale de la Libye. Le colonel Kadhafi, qui a déjà rallié à lui les tribus, entend maintenant rallier à lui les individus qui soutiennent encore le CNT..."

"Les dirigeants politiques de l'Alliance ont abandonné leurs buts de guerre, officiels et officieux. Ils n'ont pas à proprement parler de stratégie de rechange, hormis la recherche d'une sortie de crise qui leur permette de garder la tête haute. A l'évidence, ce n'est plus simplement l'état-major français, mais aussi Londres qui s'inquiète de voir ses forces embourbées en Libye sans solution en vue... Washington ne comprend rien au comportement des Libyens. Intoxiqués par leur propre propagande, les Etats-Unis croyaient avoir affaire à une dictature centralisée et verticale, ils découvrent un système horizontal et opaque dans lequel le pouvoir est émietté, y compris l'autorité militaire..."

[Et les mercenaires israéliens dans tout ça ?...]


4 août 2011 - 


Rien ne sert de jupper, il faut mentir à point...



L'Internet, c'est dégueulasse, ça laisse des traces...

5 août 2011 -  Le chaos semble régner dans l'est de la Libye. Rien ne va plus entre les différents clans "rebelles". Une partie des Benghazistes aurait rejoint le camp des loyalistes et montrerait ouvertement le drapeau vert. Le Conseil tribal libyen, très influent car il représente quelque 2000 tribus du pays, aurait également exprimé son soutien à Tripoli. Tout cela bien entendu au conditionnel...

D'autre part, si l'on en croit ce blog, quinze "conseillers" de l'OTAN auraient été capturés par les partisans de feu le général Younès (abattu le 28 juillet). L'information, difficilement vérifiable, est donnée par une blogueuse espagnole (Léonore) dont on peut voir la vidéo (en anglais) sur ce site. Les personnes qui lisent l'espagnol peuvent consulter le blog original :  Leonor en Libia. Le site français d'Allain Jules semble également assez bien informé, même si les sources ne sont pas toujours citées. Le site web de la télé libyenne ljbc.net continue, pour sa part, de pratiquer avec succès l'information zéro.

Quoi qu'il en soit, tous les événements de Cyrénaïque et une grande partie de ceux de Tripoli sont passés sous silence par la caste politico-médiatique occidentale. Ce n'est pas Juppé qui va nous renseigner...

Et pendant ce temps, dans les régions tenues par les partisans de Kadhafi, les criminels de guerre de l'OTAN continuent de bombarder jour et nuit les infrastructures civiles et de tuer la population qu'ils prétendent protéger. A Zlitane, dix jours après avoir détruit un hôpital, l'alliance du crime récidive. Cette fois c'est un hôpital pour enfants qui est touché : article et vidéos.


8 août 2011 -  Nouveaux crimes de l'OTAN près de Zlitane (article et vidéo) - Raid aérien contre le village de Madjer. 85 morts, dont 33 enfants et 32 femmes. C'est ce que les tueurs de l'Alliance terroriste appellent "un objectif militaire légitime".



Deux des 33 enfants de Madjer que l'OTAN vient de "protéger".

A Benghazi, le chef mafieux Mahmoud Jibril, "Premier ministre" d'opérette nommé à ce poste par Connard-Henri Lévy, limoge son "cabinet" pour "manquements" dans la gestion de l'affaire Younès. C'est à mourir de rire - ce qui explique sans doute qu'il y ait de moins en moins de rebelles.

A tel point qu'un plan "secret" de l'OTAN prévoit d'envoyer à Tripoli, "après la victoire", une force d'occupation (task force) composée de 15.000 soldats des Emirats. Ils auront pour mission d'arrêter tous les partisans de Kadhafi. Autant dire qu'ils ne vont pas chômer... Le seul problème, c'est qu'il n'est pas certain que les Libyens les laissent faire. Vendre la peau de l'ours est bien joli, encore faudrait-il savoir si les mercenaires émiratis devront eux-mêmes conquérir la capitale libyenne pour le compte des bouchers de l'OTAN qui hésitent toujours à envoyer leurs propres soldats au casse-pipe.


9 août 2011 -  Depuis l'hôtel Rixos de Tripoli, Thierry Meyssan explique les mécanismes du journalisme de guerre (lien vidéo).

C'est dans cet hôtel que sont hébergés les journalistes étrangers. Quand ils en sortent, c'est toujours en groupe et escortés par des officiels. C'est à la fois pour leur propre sécurité et pour endiguer les activités clandestines. Comme c'est le seul hôtel autorisé aux gens de presse, le nombre de places est forcément limité, de sorte qu'on peut être sûr que les médias occidentaux envoient automatiquement du personnel véritablement "qualifié" pour faire ce travail... c'est-à-dire des agents de renseignement munis d'une carte de presse.

De toute façon, ces journalistes, même quand ils le sont vraiment, se procurent leurs informations non pas en enquêtant sur place, ce qui n'est pas le but du voyage, mais en lisant les dépêches d'agences. Dans les premières semaines de guerre, quand ils avaient la possibilité de circuler librement, certains en profitaient pour déposer des balises qui servaient à diriger les bombardements de l'OTAN. Aujourd'hui c'est beaucoup plus difficile.

Une équipe de télévision comprend généralement trois personnes : le gars qu'on voit à l'écran (qui a à la fois une formation de journaliste et d'auxiliaire du renseignement), le "producteur" (qui est carrément un officier de renseignement militaire) et le "technicien" (un musclé des forces spéciales dont le rôle consiste à veiller sur les deux autres). Dans ces conditions, on comprend que cette belle équipe n'est pas à la recherche de la vérité mais a pour mission d'espionner et de déformer la réalité pour servir la propagande de guerre. Thierry Meyssan cite quelques exemples concrets.

Evidemment, on peut se demander pourquoi Kadhafi laisse entrer dans le pays des journalistes dont il sait pertinemment quel rôle ils jouent. En fait, si on interdisait à ces gens de venir à Tripoli, cela ne changerait rien à la propagande occidentale. Mais puisqu'ils sont là, on peut les manipuler un peu, s'amuser à leurs dépens, les mettre sur de fausses pistes. Le mieux, c'est quand le leader libyen vient à l'hôtel à l'improviste. Les journalistes s'empressent alors d'avertir leurs patrons par téléphone. Mais l'OTAN, pour ne pas tuer ses propres gens, doit renoncer à bombarder. On imagine la frustration des chefs terroristes et de leurs envoyés spéciaux.


11 août 2011 -  Pas le moindre résultat militaire probant : un article de Thierry Meyssan (décidément très prolifique ces derniers temps).

"L'armée rebelle improvisée, aux effectifs fluctuants, annonce un jour sur deux une victoire, mais ne fait qu'essuyer des défaites. Chaque bataille reproduit le même scénario : les bombardements de l'OTAN contraignent les gens à fuir leurs maisons. La localité est immédiatement investie par les forces rebelles qui annoncent avoir gagné du terrain. C'est seulement alors que la bataille commence. L'armée libyenne entre dans la ville et massacre les rebelles. Puis, la population, sauve, retourne dans la localité partiellement détruite..."

"A 150 jours de bombardements, l'OTAN a rasé de nombreuses infrastructures, mais n'a toujours pas obtenu le moindre résultat militaire probant. Cet échec est imputable à l'absence de réflexion stratégique préalable. L'Alliance a cru pouvoir appliquer en Libye les méthodes standard qu'elle avait conçues pour d'autres environnements. Elle se trouve désemparée face à un cas particulier..."

"Elle découvre que la Jamariya n'est pas un slogan, mais une réalité. Le pays est gouverné par des Congrès populaires et Mouammar Kadhafi a réduit la plupart des administrations à leur plus simple expression. Ici pas de grands ministères régaliens, juste de petits bureaux. Les ministres ne sont pas des personnalités de premier plan, mais plutôt des chefs d'équipe. Ce sont les conseillers dont ils s'entourent pour leurs compétences qui sont puissants. Le pouvoir est dilué, insaisissable. Ce qui était un casse-tête pour les hommes d'affaires qui venaient en Libye : trouver les bons interlocuteurs, devient une énigme pour les stratèges de l'OTAN : qui faut-il cibler ? Cinq mois de bombardements n'ont pas permis de trouver la réponse..."

"En l'absence de toute stratégie adaptée à la situation, l'Alliance atlantique se replie sur les vieux réflexes de la culture militaire US, ceux des guerres de Corée et du Vietnam : rendre la vie de la population impossible pour que celle-ci se désolidarise de son 'Guide' et le renverse... Depuis le début du Ramadan [1er août], l'OTAN a renforcé le blocus naval pour couper l'approvisionnement en essence et en denrées alimentaires ; elle bombarde les centrales électriques et les stations d'alimentation en eau  ; elle détruit les coopératives agricoles, les petits ports de pêche et les marchés. Elle terrorise les civils pour qu'ils se rebellent..."



L'INFO SELON REUTERS :

C'est comme tu veux, tu choises...


13 août 2011 -  A Harlem (New York) grand rassemblement de solidarité avec la Libye agressée par l'OTAN. Parmi les orateurs se trouve le prédicateur Louis Farrakhan, leader charismatique de la Nation of Islam et de la communauté noire, qui occupe dans l'échelle des valeurs de la racaille sioniste à peu près la même place que Kadhafi himself. Inutile de préciser que cette même racaille le considère comme un poids lourd de "l'antisémitisme", ce que bien sûr il n'est pas et n'a jamais été. Comme disait il y a quelques années le rabbin antisioniste David Weiss de Neturei Karta : "Le problème, ce n'est pas Farrakhan mais le sionisme..."

Dans un discours très remarqué et très clair (lien vidéo - 65 mn), Farrakhan aborde bien entendu la question libyenne, mais aussi divers autres sujets, comme celui de l'esclavage. Un sujet qu'il maîtrise bien pour avoir fait publier, il y a 20 ans, un livre tabou sur le rôle joué par les Juifs dans la traite transatlantique (voir The Secret Relationship Between Blacks and Jews).

Détail insolite : certains des manifestants de Harlem agitent des drapeaux des "rebelles" benghazistes alors qu'ils soutiennent en fait le gouvernement légitime de Tripoli. C'est bien le signe que les connaissances géographiques, historiques et politiques des Américains - y compris des Noirs américains - laissent vraiment à désirer. Pour un Européen, c'est un peu comme si des gens brandissaient le drapeau israélien dans une manif pro-palestinienne sans comprendre la différence. Difficile à imaginer...

Mais peu importe, Farrakhan rappelle que l'espérance de vie des Libyens (75 ans) est plus élevée que celle de la plupart de ses auditeurs ; que la protection sociale, l'éducation et l'emploi sous Kadhafi atteignent des niveaux dont les Américains ne peuvent que rêver ; que les parasites qui s'approprient les richesses de la société n'ont pas leur place en Libye ; que les rumeurs de viol par les soldats libyens sont risibles lorsqu'on considère la situation réelle dans l'armée américaine et surtout le comportement de cette armée en Irak, en Afghanistan et ailleurs ; qu'il est ridicule de parler de dictature en Libye quand on voit l'état dans lequel se trouve la soi-disant démocratie américaine. Farrakhan demande d'ailleurs à ceux de ses auditeurs qui pensent vivre en démocratie de lever la main ; personne ne le fait, pas même les fonctionnaires publics présents dans la manif - c'est tout dire...

Farrakhan évoque aussi l'aide financière de Kadhafi aux pays africains, une aide qui leur a bien souvent évité d'avoir à se soumettre au FMI (IMF en anglais, que Farrakhan traduit par International Mother Fuckers - il dit M... F... car il est poli).


14 août 2011 -  La Libye et la fin des illusions occidentales  par Thierry Meyssan.

Dans la pemière partie de cet article, l'auteur écrit - et on ne peut que lui donner raison : "Une petite moitié d'Européens soutiennent encore la guerre contre la Libye. Leur position se fonde sur des informations erronées. Ils croient en effet encore que le 'régime de Kadhafi' a réprimé dans le sang des manifestations à Benghazi en février et a bombardé des quartiers de Tripoli, tandis que le colonel lui-même aurait promis de faire couler des 'fleuves de sang' si ses compatriotes continuaient à contester son autorité. En deux mois d'enquête sur le terrain, j'ai pu vérifier par moi-même que ces accusations sont des intoxications de pure propagande, imaginées par les puissances de l'OTAN pour créer les conditions de la guerre, et relayées dans le monde entier par leurs chaînes de télévision : Al-Jazeera, CNN, BBC et France24."

"Le lecteur qui ne sait où se situer dans ce débat et qui, malgré les intox du 11-Septembre et des armes de destruction massives de Saddam Hussein, rechigne à envisager que les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar aient pu fabriquer de tels mensonges, peut néanmoins se faire une opinion avec le temps. L'OTAN, la plus vaste coalition militaire de l'Histoire, n'est pas parvenue en cinq mois de bombardements à renverser celui qu'elle décrit comme un 'tyran'. Chaque vendredi, une vaste manifestation de soutien au régime est organisée dans une ville différente du pays et tous les experts s'accordent aujourd'hui à dire que le colonel Kadhafi dispose d'au moins 90 % de soutien populaire en Tripolitaine et d'au moins 70 % à l'échelle du pays entier, incluant les zones 'rebelles'. Ces gens souffrent tous les jours du blocus, des bombardements aériens et des combats au sol. Jamais ils ne soutiendraient avec leur chair et leur sang un individu qui aurait commis contre eux les crimes dont il est accusé par la 'communauté internationale'. La différence entre ceux qui croient en Occident que Kadhafi est un tyran qui a fait tirer sur son propre peuple, et ceux qui croient en Libye que c'est un héros de la lutte anti-impérialiste, c'est que les premiers vivent dans l'illusion créée par la propagande TV, tandis que les autres ont sur place l'expérience de la réalité."

Dans la seconde partie de l'article, Thierry Meyssan considère comme une illusion occidentale le fait de penser "qu'il est encore possible de dévaster un pays et de tuer sa population sans conséquences juridiques".

En effet, "le développement des instruments et des organes de Justice internationaux au cours du XXe siècle a établi progressivement un ordre international auquel les grandes puissances elles-mêmes vont devoir se conformer, ou qu'elles devront saboter pour fuir leurs responsabilités".

Par conséquent, "ces Messieurs de l'OTAN qui espéraient échapper à la Justice internationale en écrasant en quelques jours leur victime, la Libye, de sorte qu'elle n'aurait pas survécu pour les poursuivre, vont devoir déchanter. La Libye est toujours là. Elle dépose des plaintes devant la Cour pénale internationale, les tribunaux belges (juridiction dont dépend l'OTAN), la Cour de Justice européenne, les juridictions nationales des Etats agresseurs. Elle entreprend des démarches devant le Conseil des Droits de l'homme de Genève, le Conseil de Sécurité et l'Assemblée générale des Nations Unies. Il ne sera pas possible aux grandes puissances d'éteindre tous ces incendies à la fois."

Malheureusement, ce ne sont pas ces Messieurs de l'OTAN qui se bercent d'illusions quant aux conséquences de leurs forfaits, c'est plutôt Thierry Meyssan. Les innombrables crimes de guerre impunis perpétrés par les Occidentaux au cours de leurs nombreuses agressions militaires depuis 1945 prouvent amplement que tout cet édifice juridique n'a aucune valeur. C'est plus que jamais la loi du plus fort, la loi de la jungle, qui régit les rapports internationaux. Les institutions mentionnées par Meyssan sont de toute manière aux mains des ennemis de la Libye. Il est probable qu'aucune d'elles n'acceptera de recevoir une plainte du gouvernement de Tripoli, car celui-ci n'existe pas aux yeux de la "communauté internationale" sionisée, laquelle ne reconnaît que ses marionnettes de Benghazi comme "représentants légitimes".

Les seuls bénéficiaires de cette avalanche de plaintes seront les avocats, parmi lesquels on retrouvera infailliblement les habituelles sangsues - du moins tant que la Libye de Kadhafi aura encore de l'argent à gaspiller.

Même chose pour cet autre article de Thierry Meyssan : Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes.  Il serait peut-être plus simple de dire qu'ils ne l'emporteront pas au paradis...


15 août 2011 -  Le président Medvedev signe (avec un certain retard) un "décret ordonnant aux administrations russes de mettre en œuvre les sanctions prévues par la résolution 1973". En d'autres termes, il exige que la Russie respecte à la lettre l'embargo et les "sanctions" votées par l'ONU lors du déclenchement de l'agression militaire contre la Libye en mars 2011. Et pourtant, la Russie s'était "abstenue". Elle n'a donc en principe aucune raison d'appliquer une décision illégale voulue par d'autres. Mais là aussi, on s'en tient au principe "Légal ou illégal, ça m'est égal", pourvu que cela serve les intérêts américano-sionistes dont Medvedev s'est fait le défenseur. Cet épisode montre clairement ce qu'il faut penser des jérémiades moscovites sur le "mandat outrepassé".


17 août 2011 -  Informations extrêmement contradictoires sur la situation militaire en Libye. Tandis que les médias annoncent que "la ville de Tripoli est encerclée" et que "Kadhafi abat ses dernières cartes", Allain Jules parle de "défaite des rebelles" et de "libération de Misrata" par les troupes loyalistes. Qui faut-il croire ?...

Carte détaillée de la partie nord-ouest de la Libye
(avec les zones soi-disant tenues par les "rebelles" à la date du 14.8.2011)

Pour Scott Taylor, journaliste canadien du Chronicle Herald de Halifax (Nouvelle-Ecosse), la popularité de Kadhafi grimpe en flèche malgré les bombardements de l'OTAN (ou à cause d'eux) : Gadhafi support soars amid NATO bombing. Le journaliste estime que 85 % de la population soutient le leader libyen, de même que plus de 2.000 tribus sur 2.335 que compte le pays. Au lieu de rendre le colonel responsable de leurs difficultés actuelles, comme le voudrait l'Occident, les gens attribuent à l'OTAN les problèmes d'approvisionnement, le manque d'essence et les coupures d'électricité.

Dans l'espoir de démoraliser les Libyens, les stratèges de l'Alliance font larguer sur Tripoli des tracts de propagande qui produisent le contraire de l'effet voulu. Tout d'abord parce que les boîtes métalliques qui les contiennent endommagent les toits des maisons en tombant. Et ensuite, parce que le texte arabe de ces tracts - traduit très approximativement de l'anglais - est parfois assez cocasse. Voulant encourager les habitants de Tripoli à aller au devant des "rebelles" pour les serrer dans leurs bras, pour les embrasser, les experts de l'OTAN demandent aux gens d'aller "les baiser".  [L'erreur de traduction qui ne pardonne pas - voilà ce qui arrive quand on s'en remet à des Israéliens qui maîtrisent mal l'arabe.]  Autre exemple : pour exhorter la population à rejoindre un territoire tenu par les "rebelles", on lui recommande d'aller dans un territoire "possédé" (au sens de possédé par le diable).

Scott Taylor pense que la crise humanitaire [intentionnellement provoquée par l'OTAN] finira peut-être par pousser les Libyens à se révolter contre Kadhafi, mais alors il ne pourra plus être question d'intervention humanitaire.  [Non, sans blague...]

Thierry Meyssan, en réponse à la question : "Où en sont les rebelles sur le terrain ? "

"On observe des pertes importantes parmi les rebelles et un fort taux de rotation dans leurs troupes, qui sont de plus en plus jeunes. Ils tiennent Benghazi et une partie de Misrata. Souvent l'OTAN leur ouvre un corridor. L'armée libyenne se retire devant les bombardements. Les rebelles et leurs instructeurs étrangers font alors une incursion dans la localité, y hissent un drapeau, et se font prendre en photo. Puis, l'OTAN ne pouvant plus bombarder en raison de leur présence, l'armée libyenne revient et les chasse. Depuis cinq mois, on assiste ainsi à des mouvements nombreux qui masquent mal une stabilité des positions."


18 août 2011 -  Selon le porte-parole du gouvernement libyen, cité par Algérie News, des bandes armées "rebelles" seraient positionnées en Tunisie, à proximité de Ras Jedir (localité frontalière sur la côte méditerrannéenne) et attendraient que l'OTAN bombarde pour entrer en Libye. On sait déjà depuis plusieurs mois que la Tunisie est utilisée comme base arrière par les agresseurs (voir plus haut 22 avril). Jusqu'à présent, ils infiltraient le pays plus au sud, dans la région de Nalout et du Djebel Nafoussa (carte).

On peut se demander bien sûr de quoi sont composées ces bandes surgies du néant, et s'il ne s'agirait pas plutôt des mercenaires des Emirats ou du Qatar dont on annonçait la venue. Cela expliquerait les succès militaires des "rebelles" - si succès il y a. Comme on peut le voir sur la carte, la ville de Gharian - dont on a annoncé la chute - est accessible de ce côté, et cette ville se trouve à moins de 100 km de Tripoli.  La raffinerie de Zawiya, qui approvisionne la capitale en carburant, serait également tombée. Tout cela ne peut évidemment pas être l'œuvre des "rebelles", même avec l'appui aérien de l'OTAN, mais laisse à penser que des troupes professionnelles se trouvent sur le terrain. On ne devrait pas tarder à l'apprendre.

Selon Leonor en Libia l'OTAN aurait bombardé la ville antique de Leptis Magna (près d'Al-Khums) : info ou intox ?...  Vu le comportement barbare des Américains en Irak, la chose est tout à fait plausible, d'autant plus que la propagande occidentale avait prétendu à plusieurs reprises que Kadhafi cachait des armes sur le site. Mais d'un autre côté, la belle Léonore ne dédaigne pas la grandiloquence et l'exagération. On peut lire aujourd'hui, dans un des articles publiés par ses soins, que "Ghadafi está más fuerte que nunca" (Kadhafi est plus fort que jamais). Ouais...



DÉJÀ VOMI CE MATIN ?...

Après avoir permis à l'OTAN de bombarder la Libye, voilà que la Chine soutient les terroristes.
C'est d'autant plus pervers que les Américains approvisionnent régulièrement les Benghazistes,
tandis qu'ils affament la population de Tripoli en détruisant les stocks alimentaires.
(Vivement l'aide humanitaire aux insurgés tibétains en lutte contre la tyrannie de Pékin.)


20 août 2011 -  Présentation de la situation en Libye sur le site d'Allain Jules : Plus fort que les rebelles, tu meurs !

Méthode Coué ou réalisme ? Thierry Meyssan disait en gros la même chose le 17 août...  Mais on ne sait toujours pas ce qui se passe exactement.


21 août 2011 -  Alors que les télévisions atlantistes annoncent la chute imminente de Mouammar Kadhafi, Thierry Meyssan - présent à Tripoli - dénonce une intoxication

"La guerre est autant psychologique que militaire. Les mensonges de la propagande visent à provoquer l'implosion de l'Etat libyen, l'objectif final n'étant plus de gouverner le pays, mais au contraire d'y installer le 'chaos constructeur' au détriment de la population civile, afin de débuter le 'remodelage' de l'Afrique du Nord." [Comme en Afghanistan et en Irak]

"On a pu observer au cours des derniers jours un changement tactique important de l'OTAN. En plusieurs zones loyales au gouvernement, l'Alliance a bombardé des checkpoints, créant de la confusion, pour larguer un peu plus loin des armes à des cellules rebelles dormantes, ou à des commandos de Forces spéciales infiltrés.  Ces opérations ont échoué, et les armes - derniers modèles - ont été récupérées par l'armée libyenne. Mais à n'en pas douter, l'OTAN perfectionnera sa méthode et parviendra ultérieurement à la mettre en œuvre.  Cette innovation tactique montre qu'il ne s'agit plus de favoriser un soulèvement populaire contre 'le régime de Kadhafi', mais d'inciter à la guerre civile." [Pas très clair]

"Ne croyez pas un mot de ce que vous disent les télévisions. A titre d'exemple, au moment où j'écris ces lignes, le samedi 20 août après-midi, elles ont annoncé qu'une unité de l'armée s'est mutinée et a pris le contrôle de l'aéroport ; que l'on se bat dans la capitale et que des chars ont été déployés. C'est de la pure invention. Prenez plutôt comme source d'information les télévisions satellitaires d'Etats ne participant pas au conflit : la chaîne latino-américaine TeleSur ou la chaîne iranienne PressTV qui, depuis le départ de Russia Today, sont les seules sur place à rendre compte objectivement des événements."

[ Merci pour le conseil, mais qui en France est en mesure de recevoir et de comprendre une chaîne venezuelienne diffusant en espagnol ?... On peut évidemment consulter leur site Internet, également en espagnol (ils ne semblent pas avoir de version anglaise). Enfin, à chacun de voir...  En ce qui concerne PressTV Iran, c'est tout vu. Il suffit de lire cet article pour s'en convaincre. Ils racontent exactement la même chose que les chaînes occidentales, par exemple pour le contrôle de l'aéroport. Pour eux, les "rebelles" ne sont pas des rats mais "les forces révolutionnaires", et Kadhafi est "le dictateur". C'est d'ailleurs le vocabulaire qu'utilisait Thierry Meyssan il y a six mois - voir plus bas. Entre-temps, et c'est heureux, la position de Meyssan sur la Libye a changé. Celle de l'Iran est restée la même - idem pour le Hezbollah libanais, qui salue "la chute imminente de Kadhafi"... ]

Mais revenons à l'article de Thierry Meyssan :

"Ce ne sont pas tant les rebelles qui se battent contre l'armée libyenne et ses réservistes, c'est l'OTAN. Le schéma est désormais bien rodé : des hélicoptères Apache attaquent une localité en mitraillant tout ce qui bouge. La population fuit et l'armée se retire. Les 'rebelles' investissent alors la bourgade. Ils hissent le drapeau monarchiste devant les caméras de CNN et consorts. Ils se font photographier en faisant le V de la victoire, puis pillent les maisons abandonnées. Lorsque l'OTAN se retire, l'armée libyenne revient et les 'rebelles' s'enfuient, laissant derrière eux une ville dévastée. Chaque jour le CNT clame donc avoir pris une localité qu'il perd le lendemain. Au moment où j'écris ces lignes, l'armée libyenne a repris le contrôle de Zawiya et de sa raffinerie, de Brega et de sa raffinerie, et surtout de presque toute la ville de Misrata. La seule localité importante tenue par les 'rebelles' est Benghazi. Ailleurs, ils n'étaient que de passage avec leur cohorte de journalistes embarqués. Avec l'aide de l'OTAN, les rebelles peuvent pénétrer n'importe où, mais sans l'aide de la population, ils ne parviennent à se maintenir nulle part."

"Réunis à Washington le 25 juillet au Center for Strategic & International Studies (CSIS), les meilleurs experts états-uniens sont arrivés à la conclusion qu'il n'y a aucun moyen de prendre Tripoli, en tous cas pas avant deux ou trois ans. Il est par contre possible de provoquer une implosion du régime. Il s'ensuivrait que les zones rurales, dont l'organisation sociale est de nature tribale, sombreraient instantanément dans un chaos plus proche de l'exemple somalien que de l'exemple irakien. Certaines zones urbaines, principalement Tripoli qui abrite le quart de la population libyenne, dont l'organisation sociale est plus familiale et individuelle, resteraient à la fois loyales au gouvernement et stables."

"D'ores et déjà il a été décidé que le pitoyable Conseil national de transition serait maintenu pour la forme, mais dessaisi de ses prérogatives, qu'au demeurant il n'a jamais exercées. L'ambassadeur Gene A. Cretz serait nommé 'gouverneur de la Libye libre' (sic), comme le général Jay Gardner l'avait été en Irak. Cretz a constitué son équipe et se tient prêt à débarquer à tout moment..."

"Quoi qu'il en soit, la suite des événements s'apparentera probablement à un coup tordu : l'émir du Qatar est en train de faire construire à Doha des décors en carton-pâte représentant Bab el-Azizia (la place sur laquelle se trouvait l'ancien palais de Mouammar Kadhafi) et la Place verte (la place centrale de Tripoli où le 'Guide' prononce ses discours). A n'en pas douter, les prochaines images exclusives d'Al-Jazeera ne manqueront pas de créer une réalité virtuelle qui fera, à sa manière, partie de l'Histoire."


Les mercenaires sont là :

Selon un certain David Thompson, qui se dit "envoyé spécial à Zawiya" de RFI [Radio France Internationale Israélienne], une brigade "très disciplinée et extrêmement déterminée" mais "qui n'a presque jamais combattu", aurait "quitté Zawiya pour la première ligne du front en direction de la capitale libyenne" [ Il y a des lignes de front en Libye ?... ]  Cette brigade, qui répond au nom de Katiba-Tripoli, "est composée de près de 600 hommes, des bi-nationaux pour la plupart, certains ont la double nationalité : américaine et libyenne. L'un de leurs chefs parle même anglais, avec un fort accent irlandais. Ce tireur d'élite a passé la majeure partie de sa vie à Dublin. D'ailleurs, tous avouent avoir été formés pendant des semaines, notamment par des instructeurs occidentaux dans les montagnes du sud-ouest libyen."  La brigade en question est "bien équipée, avec un uniforme identique pour tous, des armements nouveaux et de meilleurs moyens de communication. Ces combattants assurent d'ailleurs être en contact permanent avec les forces de l'OTAN."  [On les croit sur parole...]

Traduit en clair : ce sont des étrangers grassement payés (avec l'argent volé à la Libye), des tueurs à qui l'on a donné en vitesse un (faux) passeport libyen, et qui parlent évidemment tous l'anglais (leur langue maternelle) mais avec différents accents. Beaucoup se connaissaient déjà, ayant "travaillé" pour Blackwater (Xe) en Afghanistan, en Irak ou ailleurs, ou venant des mêmes ONG humanitaires (Mossad, CIA, MI6). Ils sont arrivés dans le pays comme tous les autres mercenaires de l'OTAN, probablement par mer, via Misrata, à moins qu'ils ne soient passés par la Tunisie. S'ils avaient vraiment été à Zawiya comme le prétend le "journaliste", qui n'y a sans doute jamais mis les pieds, ils auraient rencontré les forces de Kadhafi et les auraient combattues, ce qui n'a pas été le cas...  Au fait, quelqu'un peut-il nous expliquer pourquoi une brigade d'élite doit recevoir une formation de plusieurs semaines avant d'entrer en action "pour l'assaut final" ?...


LA FIN ?

Selon Al-Jazeera, on aurait vu Kadhafi quitter Tripoli à pied


22 août 2011 -  Bombardements incessants sur Tripoli. Le carnage de l'OTAN a fait 1.300 morts en 12 heures. Plus de courant, plus d'Internet, liaisons téléphoniques difficiles. Le tsunami de la propagande atlantiste déferle sans interruption pour faire croire au monde que "les rebelles" sont en train de prendre la ville, alors que c'est l'Alliance terroriste qui agit.

Mécanopolis en direct avec Thierry Meyssan depuis Tripoli : "Nous sommes, avec des journalistes internationaux, dans un abri de l'hôtel Rixos qui est encerclé par des forces spéciales de l'OTAN. Je dis bien : des forces spéciales de l'OTAN, car il est évident que les rebelles ne sont là que pour être placés devant des caméras, afin de donner l'illusion d'un conflit intérieur..."

"Les forces spéciales de l'OTAN et ses mercenaires islamistes ont investi plusieurs quartiers. Ils tirent sur tout ce qui bouge. Un bateau de l'OTAN a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes encadrés par des officiers de l'Alliance... C'est un véritable débarquement...  Les informations données par la chaine Al-Jazeera à propos de la capture de Saif al-Islam (fils de Kadhafi) ne sont que des mensonges..."

"Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l'OTAN bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes...  L'OTAN avait reçu mission du Conseil de Sécurité de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux..."

En ce qui concerne "l'info" diffusée par les médias selon laquelle les "rebelles" auraient atteint la Place Verte, Thierry Meyssan pense qu'il est possible que d'éventuelles images [qui manquent encore le 22 vers 7 heures] aient été tournées dans les studios de Doha. Compte tenu de la situation, la nouvelle est invérifiable.


Quelques commentaires de lecteurs du blog de Mécanopolis :

● "Même s'il semble clair que les 'rebelles' sont des branquignols et que la prise est faite par d'autres, où est la resistance acharnée de la population ? Il est possible qu'on la voit dans les semaines à venir, mais elle ne semble pas en mesure d'empêcher la chute du régime."

● "Si ce pays tombe, alors il faudra reconnaître que l'Empire avance de manière significative. Seules la Chine et la Russie sont encore en mesure de faire barrage à l'oligarchie impérialiste qui tente de contrôler le monde pour imposer une dictature mondiale."

[ En réalité, ces deux pays sont complices... D'ailleurs un autre lecteur n'est pas dupe, qui écrit : "Il ne faut pas compter sur la Russie ni la Chine. Elles n'ont pas utilisé leur veto qui aurait suffi..." ]


NATO's Psychological Warfare  par Mahdi Darius Nazemroaya, sociologue canadien (lien vidéo).

Tout comme Thierry Meyssan, Mahdi Darius Nazemroaya est bloqué à l'hôtel Rixos avec beaucoup de faux journalistes étrangers travaillant pour les services secrets occidentaux ou israéliens (voir plus haut 9 août). En pareille compagnie, Meyssan et Nazemroaya sont menacés de mort.


NATO troops in Tripoli  sur le blog russe Cyaegha.

Depuis une semaine, les "succès rebelles" préparant la "victoire finale" de Tripoli ont surtout eu lieu sur les écrans de télévision. Or, les villes ne peuvent pas être conquises par des illusionnistes. C'est pour cela que l'OTAN a déclenché ses opérations terrestres. Pour détourner l'attention de cette invasion et, en même temps, semer le chaos et la panique dans la population libyenne, on a construit à Doha des répliques de la Place Verte, de Bab el-Azizia et de quelques rues de Tripoli, afin d'y filmer le "soulèvement" et la "prise" de la capitale par les "rebelles". Les metteurs en scène ont fait exactement comme lorsque Hollywood fait gagner la guerre du Viêt-Nam aux Américains [ ou envoie des hommes marcher sur la Lune ]. Mais tout comme Hollywood, les Qataris ont négligé certains détails qui leurs paraissaient sans importance (voir les photos en bas de l'article).

A partir du 20 août, grâce à Twitter et Photoshop, les images bidonnées de rebelles victorieux se sont multipliées. Les cellules terroristes dormantes ont été réactivées. Pour dramatiser encore plus l'atmosphère, des bruits de tirs et d'explosions pré-enregistrés ont été diffusés via les haut-parleurs des mosquées. Simultanément des douzaines d'islamistes armés, venus d'Algérie, de Tunisie et d'Egypte, se sont déployés dans divers quartiers de la ville, tirant des coups de feu et menaçant les habitants, et bénéficiant de l'appui d'hélicoptères américains. Les loyalistes ont pu venir à bout de ces premières bandes armées, mais ce n'était qu'une diversion, car déjà les vedettes rapides de l'OTAN déversaient leurs hordes de forces spéciales et de mercenaires. L'invasion et le carnage commençaient, invisibles du reste du monde.

Voir également : The Libya Media Hoax - Fabricated Scenes of Jubilation and Euphoria on Green Square  (article + vidéo).


23 août 2011 -  Un des mensonges de l'OTAN s'effondre : Saif al-Islam Kadhafi fait son apparition en public, lui qui la veille encore était paraît-il "prisonnier des rebelles" et que le sioniste argentin Luis Moreno-Ocampo (voir plus haut 4 mars) voyait déjà pendu ou mort empoisonné dans sa cellule, comme Milosevic).  Pas de chance pour les révolu-sionistes... Pour se consoler, ils se disent que ce n'est que partie remise et que, de toute manière, la Jewstice vient de triompher, puisque c'est aujourd'hui qu'on relâche le prédateur DSK.

L'intox et la désinformation ne sont pas seulement dirigées contre l'opinion publique internationale, mais aussi et avant tout, par l'intermédiaire des chaînes arabophones, contre la population libyenne. Le but est de lui faire gober les sornettes de la télé-réalité mise en scène par Al-Jazeera et de la persuader que toute résistance est inutile, que tout est terminé ("Game over"). Pour faire passer sa propagande mensongère, l'OTAN détruit ou sabote les quelques outils d'information dont dispose la Libye (télévision*, Internet, communications). Comme dit Saif al-Islam Kadhafi : "C'est une guerre technologique et médiatique." Guerre où les agresseurs ont tous les moyens, et les agressés aucun. Guerre à l'israélienne...

* Lorsque la télé libyenne a cessé d'emettre, l'intox occidentale a prétendu que les "rebelles" s'étaient emparés des installations. Si cela avait été le cas, on les aurait vus immédiatement sur les écrans. En fait, bien sûr, l'OTAN avait tout simplement bombardé l'émetteur.

Les bombardements de l'OTAN se poursuivent, les massacreurs continuent de "protéger les civils". Et pour que personne ne puisse témoigner de la situation réelle à Tripoli, on empêche les journalistes indépendants de quitter l'hôtel Rixos.* Ils risqueraient de voir ce qui se passe sur la Place Verte - pas question... L'OTAN pense que si elle parvient à maintenir pendant quelques jours cette illusion de "succès", sa victoire pourrait alors devenir bien réelle. Au besoin, on ferait venir des renforts, mais toujours en faisant croire au public qu'il n'y a pas de troupes au sol. C'est indispensable pour conserver les 20 ou 30 % de "popularité" dont on jouit encore.

* Le Rixos est tenu et protégé par les forces loyalistes, mais les mercenaires ne sont pas loin. Ils assiègent l'hôtel et attendent que quelqu'un mette le nez dehors pour lui tirer dessus. Le journaliste Franklin Lamb, autre bête noire des médias sionisés, a été blessé par un tir de sniper le 21 août, au début de l'invasion de l'OTAN.

Témoignage de Mahdi Nazemroaya - Répondant aux questions d'un journaliste de Russia Today (journaliste aussi con que n'importe quel pressetitué occidental), Nazemroaya explique notamment qu'il a appris par des employés de l'hôtel qui sont aussi des combattants volontaires loyalistes, que "l'OTAN n'est pas en train de gagner... Je crois qu'ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement [ouvertement] sous prétexte d'un 'devoir de protection' que je n'ai jamais vu s'appliquer dans le cas de Bahreïn ou de l'Arabie Saoudite...  On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Les gens que nous avons rencontrés ont vu des troupes qataries, et ils étaient très confiants...  Je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al-Jazeera et CNN. Et je crois qu'ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des évènements qui n'est pas conforme à ce qu'ils avaient prévu."


24 août 2011 -  Depuis 24 heures, il est impossible de savoir ce qui se passe réellement à Tripoli. Les communications sont totalement bloquées. Plus de contact avec l'hôtel Rixos, pas même par téléphone. On ignore ce que sont devenus les journalistes indépendants.


IRONIE DU SORT :

PressTV Iran, que Thierry Meyssan recommandait le 21 août pour son information objective, écrit dans un article d'aujourd'hui qu'une trentaine de journalistes [dont Thierry Meyssan lui-même] sont piégés à l'hôtel Rixos, qui est assiégé depuis quatre jours par les loyalistes de Kadhafi. Pour faire plus "objectif", PressTV (adversaire acharné du "dictateur" libyen) cite l'AFP qui cite Reporters sans frontières (autre source d'objectivité) : "L'hôtel est encerclé par des loyalistes de Kadhafi qui empêchent les journalistes de sortir."  (Alors que chacun sait que ce sont les mercenaires de l'OTAN et/ou les tueurs islamistes qui tirent sur les seuls témoins potentiels pour les empêcher de dévoiler, preuves à l'appui, la supercherie médiatique et les massacres.)

Dans cet autre article PressTV prétend que les forces de Kadhafi retiennent les journalistes en otages !...  Benghazi, Téhéran : même combat...  (On rigolera bien quand ce sera le tour de l'Iran - enfin, c'est une façon de parler...)

Espérons que Meyssan s'en sortira sain et sauf avec tous ses collègues, et qu'il aura l'occasion de dénoncer ces grossiers mensonges.

[ Meyssan s'en sortira mais il se gardera bien de critiquer l'Iran. ]


Le black-out de l'information est total à Tripoli, sauf pour les médias sionisés. On nous raconte que Bab el-Azizia est "tombé aux mains des rebelles". Ce complexe que la presse présente comme une caserne fortifiée, un bunker et le refuge de Kadhafi, a été systématiquement bombardé depuis bientôt six mois. Il n'en reste sans doute plus grand-chose. Les images vues à la télé montrent quelques agités hurlant des slogans débiles, tirant des coups de feu en l'air et se défoulant sur un monument érigé devant la maison bombardée par les Etats-Unis en 1986.



Pourquoi ont-ils pris la peine d'enlever les signes distinctifs de l'avion ?...
Est-ce pour ne pas donner au téléspectateur l'impression qu'ils s'en prennent à l'Amérique ?...

On n'imagine pas que ces guignols soient en mesure de s'emparer d'une "casemate sophistiquée gardée par les meilleures troupes du pays" (comme dit Sionipédia). Tout cela est probablement de la pure mise en scène made in Qatar. Les Libyens qui ne voient rien d'autre sur les télévisions satellitaires arabes (la télé libyenne est morte), pensent peut-être que tout est fini. Avant cela, ils ont vu la "prise de la Place Verte" (de Doha) par les "rebelles libyens", commentée par une journaliste "arabe" d'Al-Jazeera, chaîne de propagande et de combat dont les actionnaires sont le démocratissime émir du Qatar, ainsi que ses amis israéliens, britanniques, américains et français (Lagardère). Mais qui sait si ces Européens et Américains ne sont pas aussi des Israéliens ?

Nous sommes probablement en train de vivre la plus gigantesque opération d'intox psychologique de tous les temps. Cela nous donne une petite idée de ce que seront les guerres futures lorsque le réseau Internet aura été totalement repris en mains pour empêcher toute contre-information, comme cela est déjà le cas pour les autres médias. George Orwell, avec son 1984, avait vu juste.

Comme personne n'est en mesure de constater de visu ce qui se passe à Tripoli, les agresseurs peuvent déployer "en secret" autant de troupes qu'ils le veulent. De préférence des Arabes (Qataris, Emiratis et autres) qu'on distingue moins facilement des "rebelles libyens". Mais ce n'est même pas une nécessité puisqu'il n'y a pas de témoins - du moins pas de témoins en état de témoigner. Et lorsque tout sera terminé, plus personne n'en parlera. Comme disait Hitler, qui aurait eu beaucoup d'admiration pour l'OTAN, on ne demande jamais à un vainqueur de rendre des comptes, d'expliquer comment il a fait pour vaincre.

De plus en plus, dans beaucoup de domaines, la réalité importe peu. Seule compte l'image virtuelle de ce que l'on présente comme la "réalité". Aux USA, depuis 2000, ce ne sont plus les électeurs qui élisent un président, des députés, des sénateurs (ou un procureur acheté par les amis de Strauss-Kahn), ce sont les forces plus ou moins occultes qui dominent les médias et tout le reste. Comme par magie, un désastre économique ou un enlisement militaire sont transformés en "succès", en "victoire" - comme chez Orwell...  Sur CNN (alias ZNN - Zionist News Network), le mythomane de service vient d'annoncer que plus de 80 % des Libyens soutiennent les "rebelles". C'est "vrai", non pas parce que cela correspondrait à la réalité (exactement l'inverse) mais parce que CNN le dit...  (La perception de ce qui se passe en Syrie est d'ailleurs similaire.)


25 août 2011 -  Le président russe Medvedev souhaite "la démission de Kadhafi, un cessez-le-feu en Libye et des négociations entre les forces politiques du pays" (traduction : Kadhafi devrait capituler pour faire plaisir aux envahisseurs étrangers et laisser les égorgeurs islamistes se partager les places devenues vacantes).

Le bruit court justement (rapporté par un lecteur du blog d'Allain Jules sans plus de précisions) qu'une unité de la Légion étrangère "française", composée de Tchétchènes, aurait été vue aux abords de l'ambassade russe de Tripoli. Un drapeau russe aurait été brûlé. Si la chose est vraie, c'est une bonne nouvelle pour Medvedev, une occasion pour lui d'appliquer en Russie (dans le Caucase et ailleurs) ce qu'il préconise en Libye. D'ailleurs, pour l'inciter lui-même à démissionner et permettre aux islamistes de négocier les détails de sa succession, la Géorgie s'apprête à organiser une "marche de la paix" en direction de l'Ossétie du Sud, avec pour objectif de récupérer cette province perdue en 2008. Bon courage, Medvedev, et reste assuré de notre neutralité indifférente.

Autre héros de la série Fais ailleurs ce que tu ne fais pas chez toi : le Premier ministre turc Erdoğan. Il soutient les "rebelles" en Libye... et les bombarde en Turquie (et dans le nord de l'Irak).

A Tripoli, avec l'aide de la Croix-Rouge Internationale (CICR), les journalistes bloqués au Rixos ont pu quitter l'hôtel et sont en sécurité, en attendant d'être évacués vers Malte. Les journalistes-espions parmi eux (CNN, BBC), du moins ceux qui n'avaient pas été exfiltrés plus tôt, se produisent devant les caméras pour "confirmer" la fable de la "séquestration par les kadhafistes" - une fable dont ils sont les auteurs et que PressTV Iran n'a fait que reprendre.

La ville de Tripoli est, semble-t-il, en grande partie contrôlée par les "rebelles", c'est-à-dire par les troupes et les mercenaires de l'OTAN. Selon des informations concordantes reçues de Franklin Lamb et de Leonor (qui les tient du correspondant de TeleSur), les gens se terrent chez eux, tous les commerces sont fermés. Où sont les soldats loyalistes et les "millions" de civils spécialement armés pour résister à l'invasion ?...

Les images diffusés par les télés des agresseurs sont toujours les mêmes. Elles montrent des "rebelles" agitant leurs drapeaux monarchistes et tirant en l'air, mais jamais le peuple de Tripoli censé accueillir ses "libérateurs" à bras ouverts. De telles scènes étant impossibles à filmer sur place, Al-Jazeera va devoir engager un peu plus de figurants pour ses studios de Doha...

A Syrte, des troupes de l'OTAN qui tentaient de s'emparer de la ville, auraient été repoussées par l'armée loyaliste et poursuivies sur une distance de 20 kilomètres.

Selon Russia Today, Kadhafi est apparu sur la chaîne de télévision loyaliste Al-Orouba (!) peu de temps après que les "rebelles" aient prétendu l'avoir piégé dans un immeuble résidentiel proche de Bab el-Azizia. Le leader libyen a demandé à ses partisans de nettoyer Tripoli des rats et des croisés, et appelé les tribus libyennes à monter vers la capitale pour en chasser les agents de l'étranger. "La Libye appartient au peuple libyen et non aux agents de l'impérialisme, à la France de Sarkozy ou à l'Italie... Tripoli est à vous et non à ceux qui s'appuient sur l'OTAN..."

La question est de savoir si beaucoup de Libyens ont pu entendre le message. (Qui, en France, a entendu l'appel du 18 juin 1940 ?...)  Selon les informations que possède Leonor, "les habitants de Tripoli vivent totalement dans le mensonge. La capitale est complètement mise au secret, coupée du reste du pays, sans radio ni télé. Le gouvernement ne peut rien dire. Quand le leader libyen parle, ils ne l'entendent pas..."


SI ÇA POUVAIT ÊTRE VRAI :



26 août 2011 -  A Tripoli, les "rebelles" des forces spéciales de l'OTAN  par Manlio Dinucci. Les Occidentaux et leurs alliés arabes ont depuis longtemps des militaires sur le terrain.

"Les forces spéciales britanniques ont joué un rôle clé dans l'attaque de Tripoli. Cette attaque a été préparée à Benghazi par les services secrets britanniques MI6, qui ont prédisposés des dépôts d'armes et des appareils de communication autour de la capitale, dans laquelle ils ont infiltré leurs agents pour guider les attaques aériennes...  Au moins 500 commandos britanniques opèrent en Libye, auxquels s'ajoutent des centaines de Français...  Washington a confié au Qatar la mission de confiance d'infiltrer en Libye des commandos qui, entraînés et armés par le Pentagone, peuvent mieux se camoufler en rebelles libyens grâce à leur langue et à leur aspect. Le Qatar a aussi la tâche d'approvisionner les rebelles : un de ses avions a été vu récemment à Misrata, où il a transporté une grosse charge d'armes...  Avec celles du Qatar, opèrent aussi en Libye des forces spéciales jordaniennes et probablement aussi d'autres pays arabes. Aux Emirats est en train de se créer une armée secrète qui peut être employée aussi dans d'autres pays arabes du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord..."

Ces choses étaient déjà plus ou moins connues depuis un certain temps. D'ailleurs, même la presse des pays agresseurs en parlait. C'est ainsi qu'on avait appris, le 8 août, l'envoi de 15.000 soldats émiratis : ils sont probablement déjà sur place. En tout, ce sont donc plusieurs dizaines de milliers d'envahisseurs étrangers qui souillent le sol libyen, sans compter les mercenaires à la Blackwater (Xe) et les rats islamistes recrutés sur place ou dans d'autres pays arabes, par les soins de l'Arabie Saoudite.

Toute cette racaille en civil (en français politiquement correct, on dit "rebelles") fait à présent la chasse aux loyalistes, à l'aide de listes d'adresses fournies par les services secrets étrangers. Lesquels services sont très actifs en Libye depuis la "réconciliation" de Kadhafi avec l'Occident il y a quelques années.

On voit que la tactique utilisée dans cette guerre diffère totalement de celle des guerres précédentes. Après avoir bombardé sans risque, on envoie des troupes terrestres également sans risque - du moins aux yeux de l'opinion publique occidentale. Car le seul domaine où les agresseurs sont contraints de dire la vérité à leurs citoyens, c'est lorsque des soldats de l'armée régulière sont tués à l'étranger. Ce sont des pertes qu'il est (encore) impossible de taire, de virtualiser, vu que ces morts ont de la famille et des amis. Par contre, tous les "soldats" qui n'entrent pas dans cette catégorie (agents secrets ou spéciaux, "instructeurs", mercenaires et autres "conseillers ou consultants civils") n'ont aucune existence officielle. Quand ils meurent, personne ne l'apprend, et leurs familles se taisent elles aussi. Donc, sauf surprise, on ne risque pas d'entendre que tant et tant de militaires français, britanniques ou américains ont péri dans une embuscade, comme c'est quotidiennement le cas en Afghanistan.


L'invasion de Tripoli (article, photos et vidéo sur le site de Michel Collon).

ATTENTION : Quelques heures après les avoir mises en ligne, Michel Collon a retiré (sans aucune explication) la vidéo et une des photos. Pour visionner la vidéo en question, voir ici.

Sur la vidéo, Moustafa Abdeljalil, le chef des rats benghazistes, avoue que la "prise de la Place verte" était une supercherie : "Ce mensonge a trompé les bataillons de Mouammar Kadhafi qui sont détachés de l'armée. En outre, il a remonté le moral des rebelles. Plus de 11 pays ont reconnu le CNT, et nous avons pu récupérer environ 13 ambassades. Tous ces avantages sont le résultat de ce mensonge qui a été travaillé et transporté de manière intelligente pour tromper les partisans de Mouammar Kadhafi."

Les photos, elles, prouvent que les grandes chaînes de désinformation ne sont pas seulement synonymes de mensonge mais aussi de stupidité. CNN confond Tripoli, capitale libyenne, avec Tripoli, ville du Liban, tandis que la BBC mélange Tripoli et Delhi (où a lieu une "révolution" anti-ripoux).  Voir également plus bas 28 août.


Pour ce qui est de Thierry Meyssan, que l'on croyait hors de danger, on apprend que des "rebelles" ont tenté de le kidnapper à sa sortie du Rixos, mais que la Croix-Rouge a pu s'y opposer. Il est à présent à l'hôtel Corinthia, dans le centre-ville, avec Mahdi Nazemroaya et d'autres journalistes indépendants, mais sans protection de la Croix-Rouge et sans possibilité de rejoindre le bateau pour Malte.

Le site kadhafiste Mathaba* signale que des "rebelles" sont également à l'hôtel Corinthia (en fait, dans le parc de l'hôtel, barricadés derrière des murs de béton) et que les loyalistes les assiègent. On ignore si Meyssan et ses collègues sont menacés, mais ils ne peuvent toujours pas sortir. Ils sont donc tombés de Charybde en Scylla (ou plutôt de Rixos en Corinthia). L'hôtel Rixos, lui, est maintenant infesté de rats en sandales. S'il y a des Israéliens parmi eux, ils laisseront sûrement des excréments partout - voir Israël existe : j'ai marché dedans...

* En bas de l'article, on peut voir des photos prises par le correspondant de TeleSur. Il est possible que Thierry Meyssan soit sur l'une d'elles.

Bref, la confusion règne à Tripoli. Mais Mathaba reste optimiste. L'auteur de l'article est d'avis que les "rebelles" sont incapables de s'emparer de la ville, ce qu'il explique par le fait que la population est armée et que Kadhafi et sa famille, qui dirigent la résistance, sont toujours aussi populaires. On verra...

A Syrte, pour se venger du revers subi la veille par ses mercenaires, l'OTAN soumet la ville à de violents bombardements.


27 août 2011 -  Webster Tarpley sur la situation à Tripoli (lien vidéo). Pour Tarpley, les images truquées que l'on voit à la télévision et tout ce que racontent les médias a pour but de cacher que les "rebelles" ne contrôlent pas Tripoli et que les structures de commandement de Kadhafi sont certainement intactes. Les loyalistes n'ont pas de positions fixes à défendre, positions que l'OTAN pourrait facilement bombarder. Ils sont libres de leurs mouvements. En milieu urbain, la supériorité aérienne des agresseurs ne joue plus...

La chute de Kadhafi, après celles de Ben Ali et de Moubarak, était prévue pour mars 2011. La résistance du leader libyen a mis un frein aux projets américains. Si cette résistance devait cesser - ce que Tarpley ne croit pas - toutes les forces engagées depuis six ou sept mois contre la Libye seraient aussitôt redéployées vers l'est de la Méditerranée pour attaquer la Syrie et le Hezbollah libanais. Mais la guerre de Libye n'est pas terminée, elle risque même d'être très longue, pense Tarpley, comparable à celle d'Afghanistan qui dure depuis dix ans. Et même si Kadhafi était capturé, il y a encore sa famille et la tribu dont il fait partie, et elles n'abandonneraient pas le combat.

Webster Tarpley évoque également la lâcheté de Berlusconi, qui sera le perdant dans cette affaire. Rien ne sert de courtiser les vandales de Benghazi. La dernière fois que les Vandales ont dominé l'Afrique du Nord, ils n'ont pas tardé à mettre la main sur la Sardaigne, la Corse, la Sicile et le sud de l'Italie, et cela a fini par le pillage de Rome en 455... Nous allons vers l'établissement, en Méditerranée, d'un sanctuaire islamiste de terroristes et de pirates ("Al-Qaïda") disposant, qui plus est, de milliards de dollars volés à la Libye !...


28 août 2011 -  Tripoli stands in defiance of NATO. Reports of rebel leaders presiding over Tripoli a confirmed lie par Tony Cartalucci (sur le site Mathaba).

Le dernier mensonge des médias consiste à dire que les "rebelles" ont transféré le siège de leur "CNT" de Benghazi à Tripoli. En fait, on ne sait même pas qui exactement fait partie de ce Conseil des rats ; beaucoup de noms sont gardés secrets (pour des "raisons de sécurité"), et plus d'un de ses membres réside en réalité en Europe. Il s'agit donc d'une nouvelle mise en scène des studios d'Al-Jazeera, où l'on vient de tourner l'épisode de la "réunion du Conseil des ministres". Notre presse a reçu l'ordre de faire comme s'il y avait un "nouveau gouvernement" à Tripoli. Mais c'est surtout la population libyenne qui doit croire que "la page est tournée" et cesser toute résistance

Pourtant, contrairement à ce que racontent les journalistes alignés, Tripoli continue de defier l'OTAN. L'aéroport de la ville est loin d'être aux mains des envahisseurs, puisqu'ils ont été obligés de mettre en place une piste de fortune dans le Djebel Nafoussa pour se ravitailler. La route qui relie la Tunisie à Tripoli est impraticable pour eux, car contrôlée en maint endroit par les loyalistes. L'Alliance terroriste continue de bombarder les quartiers de la capitale qu'elle sait vides de "rebelles" et où elle pense toucher les hommes de Kadhafi. En fait, elle détruit surtout des hôpitaux, des casernes de pompiers et d'autres objectifs civils, comme toujours depuis le début de la guerre. Pour démoraliser la population, on a maintenant coupé l'eau et l'électricité.

Les hordes de rats massacrent quiconque a le malheur d'avoir la peau noire, exactement comme à Benghazi. C'est le terroriste islamiste Abdelhakim Belhadj qui dirige ces pogromes. Avant d'être engagé par les Américains, il était soi-disant recherché par eux en tant que haut responsable d'Al-Qaïda - comme si Al-Qaïda n'était pas la même chose que Al-CIAïda ou Al-Obamaïda ou Al-Mossaïda. Depuis que les forces de l'OTAN ont attaqué la prison d'Abou Salim pour en faire sortir 600 égorgeurs islamistes, Abdelhakim Belhadj ne manque pas de recrues.

Comme le signale le blog d'Allain Jules, des bandes terroristes ont envahi et saccagé les ambassades d'Algérie et du Venezuela, deux pays solidaires du gouvernement libyen légitime.* Syrte et Brega continuent de résister sous les bombes. A Brega, après avoir brouillé toutes les communications, l'OTAN a voulu faire croire à la population que Mouammar Kadhafi avait été arrêté et tué. Elle a largué des tracts montrant une photo bidon du leader libyen gisant dans une mare de sang. Et même Misrata n'est pas aux mains des "rebelles" : "C'est pour cela que l'OTAN ne veut pas que soient diffusées les images de la ville et qu'elle dissuade les journalistes étrangers de s'y rendre."

* Pour ce qui est de l'Algérie, malgré son soutien à Kadhafi, elle semble avoir joué, plus ou moins involontairement, un rôle négatif dans cette affaire - voir plus bas.

Pour accréditer l'idée que "la guerre civile est terminée", les agitateurs atlantistes nous refont le coup de la "crise humanitaire" (crise qu'ils ont eux-mêmes provoquée). Dans chacune de leurs guerres, la phase "crise humanitaire" suggère que les "opérations" militaires sont achevées et que l'on va maintenant "reconstruire" (ce qui était intact et prospère avant l'agression). Mais bien entendu, la phase "humanitaire" dure dix, vingt ou cent fois plus longtemps que la guerre elle-même. Elle n'est en fait qu'une nouvelle forme de cette guerre. Ce qui ne va pas empêcher les "organisations caritatives" de faire appel à notre générosité. Il y a beaucoup d'argent à ramasser, et l'industrie "humanitaire" est bien rodée.

Petit retour en arrière sur les mensonges des médias. Le 26 (voir plus haut), la BBC voulait faire croire à son public que la foule des manifestants anti-corruption de Delhi (agitant des drapeaux indiens) était composée de Libyens venus fêter leur "libération" sur la Place Verte de Tripoli. Voici la vidéo correspondante. Le commentaire des pressetitués de la BBC est aussi révélateur que les images (voir à partir de 0:30).

En ce qui concerne Thierry Meyssan et Mahdi Nazemroaya, ils auraient quitté Tripoli par bateau (selon le Réseau Voltaire se basant sur une information du Quai d'Orsay). Une autre journaliste indépendante, Lizzie Phelan, qui se trouvait aussi à l'hôtel Rixos, semble avoir disparu depuis plusieurs jours. Ce qui est inquiétant, c'est que son blog et son compte Twitter ont été supprimés.

Les médias-menteurs (comme dit Michel Collon) prétendent que Kadhafi a fait exécuter des prisonniers "rebelles". C'est bien sûr aussi "vrai" que tout le reste. Il y a deux ou trois jours, on avait vu, sur le site de Collon et ailleurs, des photos et des vidéos de Noirs massacrés les mains ligotées derrière le dos. Les services de propagande de l'OTAN semblent être à court d'idées. Ils se contentent de citer leurs propres crimes en les mettant sur le compte de Kadhafi. Autre bobard de ces mythomanes : leurs harkis auraient trouvé d'énormes stocks de munitions dans un immeuble d'habitation de Tripoli, c'est la preuve que le dictateur.. blablabla... boucliers humains... blablabla.... Les images qu'on nous montre à la télé évoquent moins un immeuble d'habitation qu'un entrepôt ou un garage (sans doute situé à Doha).


29 août 2011 -  Il y a quelques jours, on a vu BHL traverser la Place Verte au pas de charge. Quel courage !...


    
(Photos tirées de cette vidéo)


Regardez le mur de la Médina (Vieille Ville) sur l'image en haut à droite, et comparez avec les deux photos suivantes :


Mur d'enceinte original avec les ornements (à Tripoli)



Copie approximative sans fioritures (à Doha)


Et maintenant, la question à 10.000 shekels :
Connard-Henri Lévy est-il allé se promener à Tripoli ou à Doha ?
(Ses gardes du corps du Mossad auraient-ils permis qu'il prenne des risques ?...)




Encore l'intox :

Photo du "cadavre de Kadhafi"
destinée à démoraliser les Libyens
(voir un peu plus haut)

Il faudra s'en souvenir lorsque nos médias
nous annonceront sa mort ou sa capture.*
N'oublions pas la Saddam Reality Show.

Il paraît qu'il y a déjà des douzaines de candidats, au Qatar,
pour jouer le rôle du colonel ou de son fils Saif al-Islam.*
Et pourtant, le casting officiel n'est pas encore ouvert...

[ * Le 20 octobre 2011, nous y sommes : c'est le jour de la (deuxième) mort de Mouammar Kadhafi
Et le 19 novembre, celui de la (troisième) capture de son fils Saif ]


30 août 2011 -  Thierry Meyssan, Mahdi Darius Nazemroaya et les autres journalistes indépendants, y compris Lizzie Phelan, sont arrivés sains et saufs à Malte après une traversée de 36 heures sur une mer agitée, à bord d'une petite embarcation prévue pour 12 personnes mais en transportant 52 plus l'équipage (style Lampedusa). Le Réseau Voltaire précise : "Avant le départ, la liste des passagers a fait l'objet d'intenses négociations et a été validée par les différentes autorités qui contrôlent maintenant Tripoli. Jusqu'au dernier moment, les journalistes ont craint de ne pouvoir embarquer. Au dernier instant, une personne dont nous ne connaissons pas le nom, a été arrêtée par les 'rebelles' sur le bateau."

Le journaliste allemand Jürgen Elsässer écrit sur son blog : "Gouvernement virtuel, guerre réelle - Tripoli est loin d'être sous le contrôle des rebelles de l'OTAN. Mais qu'à cela ne tienne, il suffit que quelques guignols du conseil de transition y fassent leur apparition. Ensuite, on organisera de temps à autre des conférences internationales sous la protection des bataillons de l'OTAN. Et s'il manque quelque chose, on le filmera dans les décors du Qatar... Pour mettre fin à cette réalité médiatique, il faudrait des combats de grande envergure. Or, les troupes de Kadhafi ne sont pas en mesure de les livrer, car la moindre concentration de matériel lourd de leur part entraînerait aussitôt des bombardements de l'OTAN. La guérilla et les combats de rue, par contre, peuvent facilement être occultés par Al-Jazeera..."

"On risque d'avoir une situation comme en Afghanistan. A l'instar de Karzaï, Jibril (ou un autre) aura toutes les peines du monde à tenir la capitale et quelques régions du pays (en dehors de la partie orientale), le reste continuant d'être contrôlé par l'ancien régime (ici Kadhafi, là-bas les talibans). Quelques routes stratégiques seront en permanence bombardées par l'OTAN pour empêcher qu'elles ne soient reprises. Les actions de 'représailles' contre les 'terroristes' prendront la forme d'actes de terreur contre la population. Le ravitaillement de la résistance populaire se fera en partie via les pays voisins, ce qui fait que la guerre de l'OTAN s'étendra furtivement à l'Afrique noire (comme la guerre d'Afghanistan s'est étendue au Pakistan)..."

"Naturellement, le 'nouveau gouvernement démocratique' aura besoin de la reconnaissance de l'ONU. C'est le passe-partout permettant de relier les deux mondes parallèles." [le virtuel et le réel]

Tout cela a beau être plausible, mais encore une fois : Où sont les manifestants du 1er juillet (entre 1 et 1,7 million de personnes selon certains) ?...  Où sont leurs armes ?...

D'après le site de Michel Collon, les combats font rage près de la frontière tunisienne, et on signale "la présence, du côté des rebelles, de narco-paramilitaires colombiens, ces escadrons de la mort coupables de milliers d'assassinats, persécutions, tortures et massacres". L'OTAN continue de bombarder Syrte, où il y a des centaines de morts.

Tandis que beaucoup de pays, y compris africains, reconnaissent le régime benghaziste, l'Algérie tient bon. Le Zimbabwe également, qui vient d'expulser l'ambassadeur libyen à Harare après que celui-ci ait changé de camp. Partout, les "diplomates" américains, européens et israéliens font pression sur les gouvernements locaux pour qu'ils reconnaissent les rats de l'OTAN.

Toujours pas de foule en liesse dans les rues de Tripoli ?... Pas de problème pour les envahisseurs. Pour ce genre de choses, il y a les studios du Qatar, où l'on a entre-temps recruté des centaines de nouveaux figurants.



"Le producteur m'a promis un rôle à Hollywood
si je suis bien gentille avec lui.
"


31 août 2011 -  L'OTAN commet un massacre à Syrte et rase la ville. Témoignage d'un ancien lieutenant-colonel russe présent sur place.

"Pour la troisième journée consécutive, des avions de l'OTAN lancent des missiles et bombardent massivement la ville de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, ne permettant à quiconque de s'échapper. Le périmètre de la ville est entouré de points de contrôle 'rebelles', derrière lesquels se trouvent des unités des forces spéciales de la Grande-Bretagne, de la France, du Qatar et des Emirats... La sortie de la ville est complètement bloquée. Ni les femmes, ni les enfants ne sont autorisés à la quitter. Les hommes qui tentent de quitter la ville avec leurs familles, sont capturés puis fusillés. Leurs familles sont renvoyées dans la ville sous les bombardements. Il n'y a pratiquement aucun moyen d'enterrer les cadavres."

1er septembre 2011 -  Discours radiodiffusé de Saif al-Islam Kadhafi à l'occasion du 42ème anniversaire de la révolution libyenne du 1.9.1969 (audio en arabe et transcription en anglais - sur le site kadhafiste Mathaba). Diffère sensiblement de la version écourtée, écorchée et intentionnellement mal traduite des médias sionisés.

C'est bien sûr un appel à la résistance et la confirmation que la situation est loin de correspondre à l'image déformée fournie par l'OTAN. Si l'on en croit le fils de Kadhafi, il a pu se déplacer dans Tripoli et rencontrer des combattants dans divers quartiers de la capitale. Les rats islamistes ne se risquent que dans les secteurs où les forces de l'OTAN sont présentes pour les protéger. Le complexe de Bab el-Azizia était vide depuis longtemps et n'avait plus aucune signification militaire - ce qui semble logique après des mois de bombardements et de fixation maladive de la part des agresseurs occidentaux.

Les loyalistes tiennent toujours Bani Walid, à 150 kilomètres au sud-est de la capitale, de même que Tarhua et Al-Khums (sud-est et est de Tripoli) ainsi que d'autres localités (carte). Les tribus du Fezzan (sud-ouest) sont elles aussi fidèles à Kadhafi. Et il y a Syrte, bien sûr, où les agresseurs n'osent pas entrer de peur d'avoir trop de pertes. (Vont-ils tuer tout le monde à coup de bombes avant de s'y risquer ?)

(Bien entendu, le colonel Kadhafi lui-même prononce également un discours que l'on peut résumer ainsi : Courage, nous vaincrons l'OTAN et les traîtres.)

Interview vidéo de Mahdi Darius Nazemroaya qui se trouve encore à Malte, mais est sur le point de rentrer au Canada.  [ Le 8 septembre, à Montréal, il participera à une conférence sur le 11/9 avec Cynthia McKinney, Wayne Madsen et Michel Chossudovsky. ]

La situation au Corinthia était pire encore qu'au Rixos : combats, "rebelles" entrant et sortant, hôtel contrôlé par les services britanniques. La traversée a été épouvantable, tous les passagers comprennent maintenant le sort des réfugiés qui s'embarquent à bord d'un vieux rafiot. Du bateau, Mahdi a pu voir les combats sur la Place Verte. Il peut témoigner également de la présence de forces spéciales de l'OTAN à Tripoli : il a vu des soldats italiens. A Malte, petit pays insulaire contrôlé par les USA et la Grande-Bretagne (ancienne puissance coloniale), le gouvernement n'avait d'autre choix que d'obéir et d'accepter que l'île soit transformée en base de l'OTAN. Mais il y a eu des protestations sur place, dont les médias n'ont bien entendu pas parlé. Légèrement naïf, Mahdi pense qu'il y a aussi des gens bien dans le camp des "rebelles" - bon...  Quoi qu'il en soit, il estime que les combats ne sont pas terminés et qu'il faut s'attendre à ce que l'OTAN étende la guerre à l'Algérie.

Le blogueur britannique "108morris108" (Morris Herman) qui a réalisé l'interview de Mahdi et l'a mise en ligne sur sa page YouTube, pense lui aussi que l'Algérie sera la prochaine cible (voir cette autre vidéo). Toutes les guerres que les USA et leurs alliés sont en train de faire (Afghanistan, Pakistan, Irak, Yémen, Somalie, Libye) ont été déclenchées à partir d'un prétexte mensonger, et elles sont toutes dirigées contre des pays musulmans [sans parler des prochaines : Syrie, Liban, Iran]. L'objectif est de briser le monde islamique, de lui imposer le style de vie décadent des maîtres du monde, de générer un chaos général et de faire que partout des musulmans combattent et tuent des musulmans. (Entre parenthèses : à en juger par les questions posées, on voit que l'intervieweur de Morris Herman est aussi con que n'importe quel pressetitué des médias alignés.)

Interview audio de Thierry Meyssan et Julien Teil sur la situation à l'hôtel Rixos et les manipulations médiatiques. Confirmation, s'il en était besoin, que Kadhafi n'avait pas de mercenaires à son service (un des nombreux mensonges utilisés contre lui). A ce propos, intéressant "aveu" de Meyssan (à 25:45) : "J'y ai cru à cette histoire de mercenaires... Tout le monde a été mené en bateau..."  Non, désolé, pas tout le monde. Il suffisait d'activer sa matière grise pour comprendre que c'était un grossier bobard - voir plus bas. Personne n'était obligé de reprendre sans réfléchir les slogans de la propagande iranienne.

A la fin de l'interview, Julien Teil dit qu'une provocation se prépare maintenant contre l'Algérie et qu'une bonne partie des millions d'armes en circulation en Libye va bientôt se retouver là-bas aux mains de terroristes. L'avenir est sombre...

Pour en revenir à l'Iran, dont la position n'a pas changé, contrairement à celle de Thierry Meyssan, on vient d'apprendre que le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, "a félicité le chef du CNT, Moustafa Abdeljalil, pour la victoire de la révolution du peuple musulman libyen". Merveilleux...

La Russie sionisée de Medvedev, elle, sans féliciter ouvertement le Conseil de rats de Benghazi, l'a néanmoins officiellement reconnu comme seul représentant légitime de l'Etat libyen. La trahison commencée le 18 mars (abstention à l'ONU) est à présent parfaite... Vivement que les égorgeurs tchétchènes s'installent au Kremlin...

A Paris, le criminel de guerre de l'Elysée organise une réunion des prédateurs (en jargon sakozyen : "conférence des amis de la Libye"). C'est un pur spectacle médiatique, évidemment, puisque le partage du butin pétrolier est déjà décidé depuis longtemps.


4 septembre 2011 -  30.000 bombes, 60.000 morts : une sacrée mission humanitaire  par Thomas C. Mountain. (Attention : comme toujours, traduire "Al-Qaïda" - organisation imaginaire - par "égorgeurs islamistes au service de l'OTAN".)

"Le déroulement de la 'guerre civile' en Libye peut être décrit à la lumière des événements du 21 août. Ce dimanche après-midi, une équipe de télévision de la BBC a montré une colonne rebelle en train de s'enfuir de Zawiya, dans les environs de Tripoli. Battant pitoyablement en retraite, jetant des regards effrayés par dessus l'épaule et fuyant à toutes jambes sur la route par laquelle ils étaient arrivés - même la 'pressetituée' de la BBC qui était sur place n'a pas pu se retenir d'exprimer son dégoût devant la scène. Une fois de plus, confrontés à une résistance déterminée, les rebelles ont fui et montré leur véritable nature..."

"Le lendemain matin, une journaliste de France24 a raconté comment, plus tard dans la nuit de ce même dimanche, elle avait accompagné ces mêmes rebelles lorsqu'ils ont traversé Zawiya sans rencontrer la moindre résistance jusqu'à la Place Verte au centre de Tripoli, en croisant cette fois-ci une enfilade de ruines d'immeubles bombardés qui brûlaient encore..."

C'est très révélateur, même si on peut douter que la pressetituée de France24 ait vraiment fait ce qu'elle dit là. Elle n'a pas rapporté la moindre photo, toutes les images de la nuit en question sont made in Qatar. Mais la description des bombardements systématiques ouvrant la voie aux "rebelles" est vraie. Les troupes terrestres (spéciales ou pas) de l'OTAN et de l'armée du Qatar ont fait tout le "travail". Les rats benghazistes sont bien incapables de tenir plus de cinq minutes face à une véritable armée. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne soient pas en mesure de massacrer des civils libyens sans armes ou des travailleurs noirs africains. Mais les forces de l'OTAN ou du Golfe doivent être là en permanence pour leur fournir la couverture nécessaire - un peu comme les tsahalos israéliens ont couvert les tueurs phalangistes libanais à Sabra et Chatila, en 1982, pendant qu'ils massacraient les réfugiés des camps palestiniens.

L'article continue : "Les dirigeants de l'OTAN doivent se démener pour maintenir le CNT à flots..."

"De vastes étendues du désert libyen dans le sud n'ont pas été conquises par l'OTAN et pratiquement toute l'eau et une partie du pétrole échappe au contrôle du CNT. Avec des centaines de villages et de petites villes éparpillées à travers un territoire immense, le colonel Kadhafi et ses supporters ont encore une vaste zone à leur disposition..."


5 septembre 2011 -  Tell it like it is  par Timothy Bancroft-Hinchey.

Voilà deux semaines que la capitale libyenne a été "conquise". Pourquoi le "CNT" continue-t-il de se terrer à Benghazi ?  Pourquoi Hillary Clinton et ses deux caniches Sarkozy et Cameron, au lieu de fêter leur "victoire" à Tripoli, se sont-ils rabattus sur Paris ?  Pourquoi l'OTAN poursuit-elle ses attaques contre les forces loyalistes à Tripoli si la ville a été "libérée" ? 

La réponse à toutes ces questions (et à quelques autres) est simple : il y a deux conflits en cours - un sur le terrain, et l'autre dans les médias des agresseurs.


6 septembre 2011 -  Alors qu'on ne sait pratiquement rien du conflit réel qui se déroule sur le terrain, les journalistes éventuellement en mesure de nous renseigner gardent le silence. Depuis son départ de Tripoli, Thierry Meyssan est très discret. Sur le site du Réseau Voltaire, il nous explique comment les hommes d'Al-Qaïda sont arrivés au pouvoir en Libye, mais ne dit pas le moindre mot sur son expérience personnelle, sur ce qu'il a vu ou entendu sur place à la fin de son séjour. Tout ce qu'il nous raconte aujourd'hui dans son article est passablement connu. Il est clair depuis longtemps que le terrorisme groupusculaire a toujours été soutenu - sinon créé - par le terrorisme d'Etat des maîtres du monde. Depuis dix ans, il n'y a d'ailleurs pratiquement plus de terrorisme "indépendant" - voir ici.

"Al-Qaïda" n'existe pas vraiment, pas plus qu'Al-CIAïda ou Al-Mossaïda. Meyssan écrit que c'est "une expression devenue progressivement un groupuscule" et que "sa taille diminue au fur et à mesure de sa structuration". C'est vraiment n'importe quoi, ça n'a strictement aucun sens...  Reprendre à son compte le vocabulaire de l'ennemi, c'est reprendre à moitié ses idées. Ça ne contribue pas à clarifier les choses, bien au contraire... Ce n'est pas parce que tout le monde parle d'Al-Qaïda (y compris Kadhafi), qu'il faut continuer de propager le mythe.

Restent les questions essentielles que tout le monde se pose : Où sont les forces loyalistes ?  Où est la résistance ?  Où en est-on à Tripoli, à Syrte, à Bani Walid, à Sebha (dans le sud-ouest) et ailleurs ?... L'égorgeur Abdelhakim Belhadj, bombardé "gouverneur militaire de Tripoli", est-il en mesure de tenir plus de cinq minutes sans l'OTAN ?...

Ce qui est particulièrement énervant chez certains journalistes soi-disant bien informés, c'est qu'ils se taisent quand on a besoin d'infos, quittes à revenir beaucoup plus tard comme si de rien n'était, en présentant des "révélations" qui n'en sont pas. On comprend que ces gens soient dépendants de sources plus ou moins occultes et plus ou moins fiables. Qu'elles fassent défaut, et ils sont bien obligés de faire du recyclage. Quand les Iraniens sont discrédités et les Libyens de la Jamariya envolés, qui reste-t-il ?... Les Russes ?...

En temps normal, Meyssan a de bons contacts de ce côté-là, mais ce n'est apparemment plus le cas ces derniers temps. Voici une information de source russe (Argumenty.ru d'Alexander Grigoriev), impossible à vérifier mais intéressante : SAS Out Of Libya. Les services spéciaux britanniques seraient sur le point de retirer leurs 173 hommes de Libye, les pertes ayant été trop élevées (entre 21 et 35 morts pendant l'assaut de Tripoli et dans un hélicoptère descendu à la frontière algérienne). Espérons que l'info est vraie, et que les autres envahisseurs (Légion étrangère, Italiens, Américains, Qataris) ont des pertes similaires.


7 septembre 2011 -  Le témoignage de Lizzie Phelan (elle a quitté Tripoli avec Thierry Meyssan et Mahdi Darius Nazemroaya après avoir séjourné comme eux au Rixos et au Corinthia).

Des soldats de l'OTAN (des Britanniques) contrôlaient l'hôtel Corinthia. L'un d'eux, venu directement de Kaboul, était d'avis que la situation à Tripoli allait devenir comme en Afghanistan, à cause des divers groupes islamistes luttant pour le pouvoir. (Si au moins ça pouvait être vrai, si tous ces égorgeurs pouvaient s'entretuer... Mais le plus grave, ce sont évidemment les massacreurs de l'OTAN et des pays du Golfe...)

En bas de l'article on voit une vidéo (placée là par Mathaba ou par Lizzie ?) où il est question des réalisations sociales de l'ère Kadhafi. Tout cela est sans doute exagéré (surtout la liste complète qui circule sur Internet). Mais même si le quart est vrai, c'est déjà énorme... (Il est impossible de s'étendre ici sur ce que la vidéo dit à propos de "Rothschild", de la création monétaire et des banques centrales. C'est en partie vrai mais très, très simplifié, et à condition de prendre le nom "Rothschild" comme un terme générique. Pour ce qui est des banques centrales, elles sont le plus souvent étatisées, mais l'expérience montre qu'il n'est pas toujours nécessaire de privatiser une banque ou une autre entreprise pour la mettre au service de la finance privée. Voir notre page sur la crise financière et, au sujet du "dinar-or", lire ce qu'écrivait Thierry Meyssan en marge de l'affaire DSK.)

Pour en revenir à la vidéo, ce qui frappe, c'est la propreté des rues de la ville traversée (Tripoli ?) et l'aspect impeccable des maisons. Sans parler des voitures (à 11 centimes le litre d'essence, on n'est pas trop surpris). Entre-temps, bien sûr, il doit y avoir beaucoup de ruines...

Traduction française de l'article de Lizzie Phelan (sans vidéo).


10 septembre 2011 -  A Bani Walid, les forces "rebelles" (soldats du Qatar, des Emirats et de Jordanie + quelques rats benghazistes et une poignée de journalistes embarqués) tentent de pénétrer dans la ville et se font décimer par les combattants loyalistes. Courageux mais pas téméraires, les survivants repartent en courant, laissant à l'aviation de l'OTAN le soin de "libérer" la place à coups de bombes et de missiles (comme ils ont essayé à Syrte).


11 septembre 2011 -  Pour faire croire à l'opinion publique - libyenne comme internationale - que les rats contrôlent la capitale, Al-Jazeera met en scène "la visite à Tripoli" de Mahmoud Jibril, "Premier ministre par intérim" (sic). Afin d'éviter que les Libyens qui connaissent les lieux ne soient pris de doutes, on déclare que la "cérémonie" se déroule sur une "base aérienne occupée par les rebelles" et non à l'aéroport de Tripoli.


12 septembre 2011 -  Quelques heures après qu'un des chefs benghazistes ait annoncé la "reprise des activités pétrolières", les forces loyalistes, que l'on disait encerclées à Syrte, attaquent la raffinerie de Ras Lanouf, à 150 kilomètres de là. Cette offensive coûte la vie à une quinzaine de "rebelles". Et ce n'est pas le seul endroit où il y a des affrontements. On se bat non seulement entre loyalistes et "insurgés", mais aussi dans le camp de ces derniers, entre anciens kadhafistes passés à l'ennemi et islamistes purs et durs.

Conséquence logique de ses trahisons précédentes, Pékin reconnaît officiellement le "CNT" de Benghazi comme "seul représentant légitime" de la Libye. Et si l'on reconnaissait le gouvernement de Taïwan comme seul représentant légitime de la Chine ?...

Parmi les rares pays solidaires de la Libye agressée, on trouve les Etats de l'ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques) qui regroupe le Venezuela, la Bolivie, l'Equateur, le Nicaragua, Cuba et quelques petits pays antillais (la Dominique, Antigua-et-Barbuda, Saint-Vincent-et-les-Grenadines).

V Day + 3 Weeks  par Tony Cartalucci. Trois semaines après le "Jour de la Victoire", les seuls succès de l'OTAN sont faits de bombardements, de massacres, d'offensives foireuses et de luttes intestines entre gangs "rebelles".


14 septembre 2011 -  Après des mois et des mois de propagande effrénée, certains pressetitués commençent à se lasser. Le Nouvel Obs se rebiffe : "L'OTAN réalise ses propres reportages. Ou clips de promotion. C'est selon. Ils sont délivrés gratuitement aux journalistes ayant besoin d'images et d'interview pour illustrer leur couverture du pays. Il suffit de demander les séquences vidéos auprès du service presse de l'OTAN ou de les télécharger directement sur des sites relais professionnels destinés aux journalistes et documentalistes. Des images a priori neutres, sans présence de militaire ou de porte-parole de l'OTAN... Tout en discrétion... Deux versions sont généralement disponibles. D'abord celle prête à diffuser avec habillage et récit de l'OTAN. L'autre version est délivrée 'nue' afin que les rédactions puissent ajouter le commentaire d'un journaliste maison et incruster leur logo. L'internaute ou le spectateur ne se rendra sans doute jamais compte du fait que le journaliste n'est jamais parti sur le terrain... Le système est pratique. Les rédactions accèdent à des contenus gratuits et parfaitement formatés pour la diffusion sans devoir dépêcher de reporters sur place et financer leurs déplacements. Et l'OTAN distille discrètement sa communication au détour d'images bien choisies."

Evidemment le journaleux repentant ne va pas jusqu'à révéler OÙ ces "clips de promotion" ont été filmés. Les studios d'Al-Jazeera ?... Kézako ?...

Imaginez la catastrophe si les lecteurs ou les téléspectateurs étaient conscients de la manip. On ne pourrait même plus faire croire aux gens que notre Sarkouille antinationale va se rendre à Tripoli, quasiment sans protection militaire, juste avec 80 CRS en civil. A ce propos, citons le commentaire suivant, trouvé sur le blog d'Allain Jules : "Le nain israélo-hongrois à Tripoli ?... Et mon œil !... Il est tellement courageux que pour effectuer une visite dans un village de 300 habitants en France, non seulement il fait vider le village, mais une garde rapprochée de 500 gendarmes boucle le périmètre... Donc le voyage à Tripoli, à d'autres, surtout annoncé avec 48 heures d'avance... Je pense à un voyage filmé dans les décors du Qatar..."


15 septembre 2011 -  Que les images de la "visite éclair à Tripoli et Benghazi" aient été tournées au Qatar, en France ou ailleurs, ou qu'il s'agisse tout simplement d'images de synthèse, peu importe...



n/a = non avouable

Depuis le premier jour, tout ce que nous montre la télévision à propos de la Libye est de toute manière truqué, trafiqué, bidouillé. Les productions de l'OTAN dont parlait hier le Nouvel Obs sont fausses d'un bout à l'autre, même quand on n'y voit que des rats en sandales tirer en l'air en criant "Allah ou-Akbar !..." Le mensonge ne consiste pas seulement à dire le contraire de la vérité, il commence déjà par le choix des images...

Une surprenante version des analystes militaires russes  par Sergueï Ptitchkine (pas si surprenante que ça) :

"La guerre a commencé comme dans un film tourné à Hollywood. Pour la première fois, une machine de propagande de format nouveau, utilisant à fond Internet et la télévision satellitaire s'est pleinement impliquée dans le déclenchement et le déroulement d'une guerre. Pour la première fois ont été utilisés les décors reconstitués de manière digitale, de certains villages et villes de Libye, y compris Tripoli. Les 'premières frappes' de cette guerre ont été portées par Internet et la télévision..."

"La cause formelle qui a entraîné le soulèvement, ce fut l'arrestation de l'avocat Fethi Terbil qui fut cependant libéré immédiatement après. L'arrestation a eu lieu le 15 février et déjà le 17 se déroulait à Benghazi et dans d'autres villes de libye orientale une 'journée de la colère'. La participation de masse fut semble-t-il assurée par les réseaux sociaux. 24 heures après, la télé diffusait des séquences floues de manifestations où on apercevait des jambes de groupes humains qui couraient quelque part. Les émissions étaient accompagnées de hurlements hystériques d'hommes et de femmes sur le thème de la 'sauvagerie barbare des bourreaux de Kadhafi'..."

"Fin février apparaissaient à Benghazi des bandes bien armées. Leurs protestations ne comportaient que des doigts en V, des tirs en l'air et des cris 'mort à Kadhafi'. Ensuite on a trouvé dans les rues des cadavres d'habitants locaux que les médias ont vite désignés comme étant des membres de l'armée libyenne... Puis a suivi toute une vague 'd'informations' sur les bombardements de Benghazi par les avions et les hélicoptères gouvernementaux, sur les incendies monstres, sur l'explosion d'un dépôt de munitions. Et tout de suite après l'information que le pouvoir à Benghazi était aux mains du peuple insurgé."

"Il faut se mettre dans la situation de Kadhafi. La liaison avec Benghazi était totalement interrompue, et lui, toutes ces informations, il les prenait des médias [internationaux]. Il avait de quoi s'étonner. Il n'avait nulle part envoyé de tireurs, il n'avait pas donné d'ordre de bombarder la ville, et sur les écrans de télé, il pouvait voir des nuages de fumée noire, des carcasses de maisons détruites, les corps déchiquetés de femmes et d'enfants, assassinés sur l'ordre du dictateur. Plus tard on saura que le nuage de fumée noire venait d'un immense amas de pneus brulés et que les décombres des maisons provenaient d'un décor de film."

"Néanmoins, le but était atteint et Kadhafi avait cessé de contrôler l'évolution de la situation qui se déroulait exactement selon le scénario préparé à l'avance dans les états-majors de l'OTAN. Il n'a même pas eu le temps de s'en étonner car tout d'un coup, ses plus proches collaborateurs, qui connaissaient tous les secrets d'Etat, l'ont abandonné et sont passés à l'ennemi."

"Depuis le début, les grands médias mondiaux ont craché, hystériques, leur désinformation sur la prétendue boucherie sanglante que le colonel fou avait préparé pour son peuple... Sur la sauvagerie, réelle celle-là, dont s'est rendue coupable la horde de mercenaires islamistes qui a tranché la gorge des partisans du régime : militaires, policiers, employés, pas un mot dans la presse, alors qu'à ce moment-là Benghazi était envahie de journalistes étrangers..."


16 septembre 2011 -  Syrte, Bani Walid et quelques autres localités de l'intérieur résistent toujours, bien que l'OTAN ait essayé tout ce qui était possible en deçà de l'assaut terrestre proprement dit : raids aériens incessants, destruction de l'infrastructure, privation d'eau, d'électricité et même... de sommeil (bombes assourdissantes, attaques sonores).

Selon Allain Jules, Brega et Ras Lanouf seraient aux mains des loyalistes - une information bien entendu invérifiable.

Autre info, datant du 10 septembre mais assez saugrenue pour être mentionnée : au G8 de Marseille, Christine Lagarde, nouvelle patronne du Fonds monétaire international, a déclaré que "le FMI reconnaît le Conseil de transition comme gouvernement de la Libye et est prêt, en envoyant au plus tôt son staff sur le terrain, à lui fournir assistance technique, conseil politique et soutien financier pour reconstruire l'économie et commencer les réformes". Avant la révolu-sion, la Libye était un Etat prospère qui se portait très bien sans "réformes", ou plutôt grâce à l'absence de "réformes" (= expropriations au profit de la finance internationale). Le pays n'avait besoin d'aucune "assistance" et encore moins de "soutien financier". Non seulement, la dette libyenne était inexistante, mais les réserves monétaires du pays (volées entre-temps par les agresseurs) s'élevaient à plus de 100 milliards de dollars. Les Libyens n'étaient pas emprunteurs, mais au contraire prêteurs - bien des pays africains en savent quelque chose. Et voilà qu'après sept mois de destructions, de ravages, de pillages et de rapines, Christine La(chiennede)garde vient se présenter en "sauveuse". Quelle ordure, pire encore que Strauss-Kahn...

A New York, l'Assemblée Générale de l'ONU entérine l'expulsion du représentant légitime de la Libye et met à sa place le délégué du "CNT". Sur les 193 pays membres, 114 se prononcent pour la résolution, 17 contre, 15 s'abstiennent et 47 ne prennent pas part au vote. Bien entendu, la majorité et les indécis ont subi de multiples pressions, surtout d'ordre financier, de la part des USA, de l'UE et de leurs alliés. La Russie et la Chine votent pour le "CNT", transformant ainsi leur lâcheté initiale en complicité ouverte. Avis aux prochains candidats (Syrie, Iran, etc.) qui ont encore la naïveté de compter sur la "loyauté" de Moscou et Pékin.

Inversement, il faut rendre hommage aux 17 adversaires de la capitulation devant l'Empire : cinq pays de Alliance bolivarienne ALBA (Venezuela, Bolivie, Equateur, Nicaragua, Cuba, mais sans les trois membres antillais qui s'abstiennent ou sont absents) et douze pays africains (Afrique du Sud, Angola, R.D. du Congo, Guinée-Equatoriale, Kenya, Lesotho, Malawi, Namibie, Swaziland, Tanzanie, Zambie, Zimbabwe). Curieusement, les deux pays qui avaient soutenu la Libye légitime à la Ligue arabe le 12 mars, basculent dans le camp adverse : l'Algérie s'abstient tandis que la Syrie, incroyable mais vrai, vote pour le Conseil des rats - Assad est devenu fou !...


18 septembre 2011 -  Syrte et Bani Walid tiennent bon. L'OTAN continue de bombarder mais hésite encore à envoyer de véritables troupes terrestres. Pour l'instant, on se contente de mercenaires et de harkis. Le même scénario se répète chaque jour depuis une semaine : on prolonge l'ultimatum lancé aux loyalistes, on annonce qu'on va attaquer le lendemain, on progresse de quelques centaines de mètres... puis on se fait refouler. C'est tout juste si on a le temps de ramasser ses morts.

RFI résume ainsi la situation : "Impossible de tenir les positions gagnées avant-hier... Alors que les combats se déroulaient en centre-ville [?] de Syrte, hier les assaillants ont été obligés de se replier sous le feu notamment des tireurs embusqués sur les toits ainsi que de l'artillerie. Mais au-delà de leur puissance de feu, les kadhafistes semblent aussi beaucoup mieux organisés que leurs adversaires. Certains responsables du CNT avouent que leurs hommes manquent de stratégie et de coordination et qu'il leur faudrait un véritable état-major centralisé pour mener des offensives beaucoup plus efficaces. « On tient à peine 5 % de la ville et on passe notre temps à entrer puis à en ressortir peu après », dit un combattant... La situation est identique à Bani Walid. Comme ils avaient déjà dû le faire avant-hier, les combattants du CNT ont à nouveau été contraints de se replier hors de la ville face à la contre-offensive des fidèles du colonel Kadhafi... La situation militaire est extrêmement confuse..."

Si l'on en croit un porte-parole du gouvernement loyaliste s'exprimant à la télévision irako-syrienne Arraï TV (proche de Kadhafi), 17 mercenaires étrangers auraient été capturés à Bani Walid, dont des "experts techniques" et des officiers présents "à titre consultatif". Ils seraient presque tous français, à l'exception de deux Anglais, d'un Qatari et d'un ressortissant d'un pays d'Asie non déterminé [Israël est un pays d'Asie]. La nouvelle est difficilement vérifiable, mais le fait que des agences de presse occidentales (Reuters par exemple) s'en fassent l'écho, lui donne une valeur particulière. Pour en avoir le cœur net et dissiper tous les doutes, il suffirait que la résistance libyenne publie des photos et des détails sur l'identité des mercenaires capturés. Malheureusement le régime libyen n'a jamais été un champion de la communication. On sait seulement que des sources arabes ont cité cinq noms (orthographe supposée) : Jacques Monset (35 ans), Alain Abano (29 ans), Marc Moren (31 ans), Henry Richardson (26 ans) et Ryan Kirk (37 ans).

Pas cher mais efficace : la nouvelle arme secrète du colonel Kadhafi.


20 septembre 2011 -  Il y a deux ans : Le discours de Kadhafi à l'ONU. C'est peut-être à cause de ce discours que 114 pays ont voté contre lui en 2011.


25 septembre 2011 -  Toujours autant de confusion à propos de la situation réelle en Libye. Tandis que les médias sionisés annoncent comme d'habitude des "succès rebelles" et que les sites réputés "sérieux" ou "de référence" (Réseau Voltaire, Michel Collon, Mondialisation.ca, etc.) gardent le silence ou recyclent des analyses de fond vieilles de plusieurs semaines, les blogs alternatifs pro-Kadhafi (Allain Jules, Mathaba, Libya 360°, Ozyism, Serge Adam, Leonor en Libia et quelques autres) redoublent d'optimisme. On ne demanderait pas mieux que de croire qu'il y a toujours des combats dans la capitale, que les loyalistes ont fait sauter une base navale de l'OTAN à Tripoli, que la prise de Sebha par les rats ou leur avance à Syrte sont du cinéma, que Brega et Ras Lanouf sont libres, que des mercenaires occidentaux ont été faits prisonniers, que des hélicos ont été abattus, que la Libye est à 90 % aux mains des kadhafistes, et que des drapeaux verts flottent à Benghazi. On attend toujours des preuves permettant d'étayer cet optimisme.

Il y a certes des indices qui suggèrent l'existence de sérieux problèmes dans le camp des agresseurs : toujours pas de "gouvernement rebelle", toujours pas de transfert de leur "capitale" de Benghazi vers Tripoli, éternelle répétition du scénario de "conquête" des villes (bombardement, incursion, refoulement, bombardement), difficultés de logistique, manque de munitions, etc... La question n'est pas de savoir si les rats sont en mesure de vaincre ; chacun sait qu'ils ne le sont pas. La question est de savoir si de véritables troupes de combat (étrangères) sont sur les lieux (où ?) et si elles ont pu, elles, marquer des points. Malheureusement, la communication des kadhafistes est aussi désastreuse qu'au premier jour.


26 septembre 2011 -  Pour détourner l'attention de leurs crimes, les agresseurs "découvrent" un "charnier" qu'ils imputent à Kadhafi. Il y a longtemps qu'on l'attendait, celle-là (voir plus haut 10 avril et 24 avril). Rien de sophistiqué, cependant, la propagande de guerre de l'OTAN ne dépasse pas le niveau israélien : on se contente de présenter quelques os d'animaux (vaches ou dromadaires) pour "prouver" le "massacre" de 1.700 "adversaires du régime" par le "sanguinaire dictateur". Décidément, l'intox n'est plus ce qu'elle était.

Même chose d'ailleurs pour les "armes de destruction massive" dénichées près de Sebha. Eh oui, les services de désinformation ont de plus en plus de mal à trouver du personnel qualifié. Elle est loin l'époque de Colin Powell, où les gens aimaient encore la belle ouvrage...

Autre exemple de travail bâclé : il y a quelques semaines, un des nombreux correspondants israélo-américains de CNN, Ben Wedeman (Ben Mouchamerdman pour les initiés), ne sachant trop quoi faire, décida de mettre en scène une "dangereuse embuscade des kadhafistes" - lien vidéo. C'est assez drôle de le voir s'agiter et courir en tous sens pour "échapper aux coups de feu", alors qu'autour de lui, tout le monde est calme. Les "rebelles" continuent bien tranquillement de téléphoner ou de discuter entre eux sans manifester le moindre signe de panique.  Espérons que la prochaine fois, une balle perdue...


29 septembre 2011 -  Apparemment, les rats continuent de piétiner un peu partout. Si l'on en croit Allain Jules et d'autres sources, ils se sont fait massacrer à Sebha. Après être entrés dans la localité que ses habitants avaient quittée provisoirement, ils se sont livrés à des pillages. Malheureusement pour eux, les loyalistes les attendaient à la sortie. Les "rebelles" savent égorger des civils sans défense et saccager les villes où ils passent, mais ils ne sont ni des soldats ni des administrateurs. Sans l'aide de l'OTAN et de ses mercenaires, ils sont bien incapables de gagner la moindre bataille et encore moins d'occuper ou de gérer un pays. Ce qui n'empêche pas la propagande occidentale d'employer à leur propos des termes comme "armée libyenne", "gouvernement libyen" ou "autorités libyennes".

A Bani Walid, après leur énième incursion, les rats ont pris la fuite à la mort de leur commandant. A Syrte, faute de pouvoir attaquer par voie de terre à cause des défenses loyalistes, ils se sont fait débarquer dans le port par leurs maîtres de l'OTAN. Là aussi, le résultat a été catastrophique pour eux - en quelque sorte une Baie des Cochons en miniature. Mais alors qu'en 1961, la défaite des rats cubains avait mis fin à l'invasion yankee, 50 ans plus tard, ce n'est qu'une péripétie, l'agression impérialiste continue.

A Ghat, ville loyaliste à la frontière algérienne (carte), une attaque "rebelle" s'est soldée par un échec. La même chose s'était produite un peu plus tôt à Ghadamès (également à la frontière algérienne). De toute évidence, le moral des rats est en baisse, il y a des désertions. Tous les jours, ils réclament une aide plus efficace de l'OTAN. Et pourtant, l'Organisation terroriste ne cesse de bombarder.

Le blog allemand Hinter der Fichte décrit ainsi les activités de la 32ème brigade libyenne que dirige Khamis Kadhafi* (28 ans), fils cadet de Mouammar Kadhafi : "Stratégie et tactique de la résistance armée - Les troupes sont organisées en petits pelotons autonomes qui opèrent comme des unités de partisans, attaquant les bases, les voies de communication et les lignes de ravitaillement de l'OTAN. Face à ces nombreux groupes insaisissables et adaptés à toutes les situations, les attaques aériennes restent impuissantes. La 32ème brigade dispose d'une centaine de ces unités. C'est à elles, de toute évidence, que l'on doit les raids sur Ras Lanouf et Brega ainsi que les nombreux affrontements dans les villes soi-disant occupées. C'est également la brigade de Khamis Kadhafi qui a attaqué et coupé les voies de ravitaillement que l'OTAN avait établies depuis l'ouest en direction des bandes armées se trouvant devant Syrte. C'est bien pour cela que l'OTAN a revu sa stratégie en attaquant depuis l'est et par mer - sans succès jusqu'à présent."

* Selon les rats mythomanes, Khamis Kadhafi a été tué trois fois (le 20 mars, le 5 août et le 29 août). Son père, lui, est réfugié au Venezuela, en Biélorussie, en Tunisie, en Algérie, au Niger, au Zimbabwe et dans diverses villes et oasis libyennes. Avant-hier encore, il se promenait à dos de chameau en compagnie de Touaregs.


2 octobre 2011 -  Les Vérités voient le jour  par Ahmed Halfaoui. : "L'Alliance atlantique peut-elle plus, veut-elle plus en Libye ?..."

"Les bombardements criminels et leur lot de victimes ont achevé de convaincre le peuple libyen qu'il doit se battre jusqu'au bout. Il ne reste plus aux agresseurs et à leurs supplétifs qu'à se gargariser d'une 'victoire' que personne ne voit sur le terrain et à la fabriquer, coûte que coûte, pour une presse mondialisée et fédérée dans l'ignominie du mensonge..."

"Mais, inévitablement, le système médiatique commence à s'épuiser devant les faits. Il ne peut plus continuer indéfiniment à annoncer presque quotidiennement la prise de Bani Walid et, depuis quelques jours, il ne peut plus cacher pourquoi l'OTAN continue de bombarder et pourquoi le 'nouveau pouvoir' ne trouve à s'installer nulle part. Les canaux alternatifs ont fini par gagner en audience et à attirer ceux, en masse, qui ont fini par être écœurés par les ridicules contorsions d'une presse qui n'arrive même plus à trouver les ressorts qu'il lui faut pour se renouveler. La faute est parfois imputée à l'inconséquence de l'OTAN/CNT, pour se dédouaner, ce qui arrive assez tard pour faire oublier des mois de mépris de téléspectateurs, d'auditeurs ou de lecteurs trompés."

"Le 'nouveau pouvoir' ne contrôle pas grand-chose dans le pays, et sans les bombes des avions occidentaux, il ne tiendrait pas une journée... Des quartiers de Benghazi et de Tobrouk sont insurgés [contre les rats]. Tripoli vit un face à face où ce sont les résistants qui ont l'initiative avec le soutien de la population... Brega et Ras Lanouf sont sous contrôle de la résistance libyenne et Zawiya connaît des assauts incessants."

Vidéo de Morris Herman (texte et cartes) sur la situation actuelle en Libye. Peut-être un peu trop optimiste, et toujours pas la moindre petite preuve à l'appui de ces affirmations - on aimerait que tout cela soit vrai...


3 octobre 2011 -  La situation est dramatique à Syrte, où les bombardements de l'OTAN ont tout détruit.


Vu sur le blog d'Allain Jules :

(Moussa Ibrahim est le porte-parole du gouvernement légal libyen. A en croire la propagande
de l'OTAN, il a été capturé et tué de nombreuses fois au cours des derniers mois.)


7 octobre 2011 -  La guerre continue avec, d'un côté, la résistance acharnée des loyalistes dans de nombreuses localités (pas seulement à Syrte), et de l'autre, des combats "rats contre rats" à Tripoli, Misrata et même Benghazi. Mais comme toujours, c'est une guerre sans images ou accompagnée des habituelles images falsifiées par les médias occidentaux ou qataris.

La contre-attaque de Me Marcel Ceccaldi.  L'avocat de la Jamariya libyenne interpelle Interpol, organe de police de l'Empire américano-sioniste. Que faire quand la loi de la jungle prime le droit international ?...

La reconstruction d'une synagogue suscite la polémique - Le site libanais Al-Manar (proche du Hezbollah et plein de sympathie pour les rats libyens) évoque le retour des Juifs israéliens à Tripoli. Certains "rebelles", qui n'ont rien à refuser à leurs sponsors occidentaux, voient d'un bon œil cette renaissance de la présence sioniste.

Pour obtenir leur passeport, leur "indemnisation" et leurs privilèges, les revenants "élus" devront "renoncer à la nationalité israélienne [ qui de toute façon n'existe pas - voir ici : 20 septembre 2010 ] et certifier qu'ils sont hostiles au sionisme et n'ont participé à aucune activité ayant trait à l'usurpation de la Palestine".

N'importe quel sioniste signera une telle déclaration les yeux fermés - en bonne conscience, puisque la prière du Kol Nidreï (voir ici : Ancien Testament et Talmud) permet à tout Juif - croyant ou non-croyant - d'annuler par avance tout serment ou engagement futur, et de mentir autant qu'il le voudra sans être coupable de mensonge. Le Libyen qui accepterait pareille "promesse" serait soit complice, soit naïf au-delà de ce qui est permis. Comment peut-on croire qu'il puisse exister des Israéliens qui ne soient pas sionistes. Ceux qui l'ont été mais ne le sont plus, comme par exemple Gilad Atzmon ou Israël Shamir, ne vivent plus en Israël mais à l'étranger.


8 octobre 2011 -  Le colonialisme nouveau est arrivé  par Manlio Dinucci : "Jadis, l'impérialisme italien prétendait 'apporter la civilisation', aujourd'hui le colonialisme de l'OTAN assure 'apporter la démocratie'. Cent ans après la première guerre de Libye, rien n'a donc changé. Aucune leçon n'a été tirée des massacres du passé, l'Occident se ment toujours à lui-même pour s'emparer d'un Etat qu'il convoite. Et le sang continue de couler."


La guerre italienne a duré plus de trente ans.
Combien de temps durera la guerre de l'OTAN ?

La différence entre ces deux photos : Mussolini s'est vraiment rendu en Libye en 1930 ;
les trois criminels sionistes Cameron, Sarkozy et Lévy, eux, se sont contentés de mimer
les "vainqueurs" et les "libérateurs" sur une base militaire européenne dûment sécurisée.

Mussolini à Milan en avril 1945
Le trio infernal de 2011 aura droit à la même photo mais en couleur...





Une vidéo de Rolando Segura, correspondant de la chaîne vénézuelienne TeleSur
(février-juillet 2011) :




14 octobre 2011 -  Depuis six semaines, les rats annoncent tous les soirs qu'ils ont pris tel ou tel quartier de Syrte, qu'ils sont dans le centre-ville, qu'ils progressent, qu'ils vont attaquer demain ou dans deux jours ou la semaine prochaine... Malgré les bombardements incessants, la résistance continue, les mercenaires de l'OTAN et du Golfe font du sur-place. Faute de mieux, on nous raconte une fois de plus que tel ou tel membre de la famille Kadhafi a été "fait prisonnier". Cette fois c'est Moutassim, mais on se garde bien de le montrer.

A Tripoli, les forces loyalistes viennent de lancer une offensive ; la guérilla est partout. Des manifestations encadrées militairement ont eu lieu dans la capitale et dans d'autres villes - lien vidéo (les sous-titres : "Tripoli 13.10.2011 - L'armée libyenne est arrivée !..." - "La véritable armée les a affrontés, et ils ont été battus." - source : le blog allemand Hinter der Fichte - titre : "Vendredi noir pour l'OTAN".)


16 octobre 2011 -  Les combats se poursuivent à Tripoli, Tajoura (15 km à l'est de la capitale), Ajeylat, Sourman, Zawiya (à l'ouest de Tripoli), Gharian (au sud de Tripoli), Sebha (beaucoup plus au sud), Misrata et bien sûr Syrte. Les merdias occidentaux sont très discrets, se contentant de répercuter les mensonges habituels. Aujourd'hui Khamis Kadhafi, qui commande la 32ème brigade, est mort pour la quatrième fois.



SYRTE :


La ville martyre, après 7 mois de bombardements criminels





L'OTAN PROTÈGE LES CIVILS :


Si vous trouvez que ce dessin est "exagéré",
n'oubliez pas que l'OTAN a déjà massacré entre 50.000 et 100.000 Libyens.

Il est vrai cependant :
que la petite fille ne ressemble pas à une Libyenne ;
qu'il n'y a pas que des Américains parmi les tueurs de l'OTAN en Libye ;
que les Français, les Britanniques et les Italiens sont au moins aussi nombreux,
de même que les auxiliaires de l'Organisation terroriste : Qataris, Emiratis et rats islamistes ;
qu'ils ne tuent pas que des enfants, mais aussi d'autres civils, de préférence des femmes et des vieillards ;
qu'ils utilisent pour cela des missiles, des bombes au phosphore ou à fragmentation, plus rarement la baïonnette ;
que depuis la guerre de Yougoslavie, il y a vingt ans, rien n'a changé dans leurs méthodes.

Sur la gauche française et la guerre en Libye. Une analyse pertinente de Jean Bricmont. Elle date des premiers jours de l'agression (mars 2011), mais est toujours actuelle. L'auteur écrit que, compte tenu de l'alignement de la gauche sur les agresseurs, "il y a fort à parier que la France sera le pays où les manifestations contre la guerre seront les plus faibles."  C'est hélas vrai :




Egalement de mars 2011 (du 9 mars pour être précis) cette vidéo montrant le judéo-nazi Cohn-Bendit au Parlament européen. Selon son humeur, Ducohn-Bendit est soit député "français" (de 1999 à 2004 et depuis 2009) soit député "allemand" (de 1994 à 1999 et de 2004 à 2009). Mais en bon sioniste, il chie évidemment à la fois sur la France et sur l'Allemagne ; seul Israël compte à ses yeux.

Les deux temps forts de la vidéo :

● à 0:28, le néo-Cohn-Bendit lance à sa néo-complice Catherine Ashton ("ministre européenne" des Affaires étrangères) un joyeux מזל טוב (Mazel Tov).

● à 2:44, il déclare, pour inciter les députes européens à voter la "zone d'exclusion aérienne" : "Il est évident qu'on va pas bombarder la Libye..." - c'était dix jours avant le début des bombardements.

Autres perles : "Un avion qui monte peut être descendu..."  et  "Si Kadhafi doit perdre, les autres doivent gagner..."  C'est beau, c'est grand, c'est presque du BHL...


18 octobre 2011 -  La résistance se poursuit à Tripoli et ailleurs. Pour la énième fois, les médias de l'OTAN annoncent la "prise" de Bani Walid. Les seules images qu'on nous montre pour "prouver" cette "conquête" ne diffèrent pas des images habituelles : rats excités agitant le torchon qui leur sert de drapeau et tirant en l'air aux cris de "Allah ou-Akbar !..." - une séquence d'archives vue et revue des milliers de fois et tournée on ne sait où, mais certainement pas à Bani Walid.


20 octobre 2011 -  Les médias annoncent "la mort de Mouammar Kadhafi". Ce n'est pas la première fois (voir plus haut - 29 août).  Attendons...  Pour le site loyaliste Mathaba, c'est une fausse nouvelle destinée à décourager la résistance. Et comme par hasard, elle intervient 24 heures après que Hillary Clinton, la criminelle qui "dirige" la "diplomatie" américaine, ait demandé la tête de Kadhafi à l'occasion d'un voyage virtuel à Tripoli. Les "rebelles" voulaient-ils lui faire plaisir ?...



Faut-il croire Al-Jazeerats, la chaîne qui ne ment jamais...
plus d'une fois à la fois ?...

(La bataille semble avoir été rude. Comme on peut le voir
en haut à droite, les rats en ont perdu leurs sandales.)




Il y a à peine six jours, la télé mythomane prétendait
que Kadhafi avait été dépisté dans le désert, au sud de Sebha :

On se demande bien pourquoi le colonel serait retourné à Syrte
(ville "encerclée", voire "occupée" par les "rebelles")




Quoi qu'il en soit,
mort ou vivant, Kadhafi adresse un message clair à l'OTAN :


Pour plus d'informations, veuillez consulter votre
programme habituel


21 octobre 2011 -  Les médias révèlent petit à petit les détails du scénario de la "mort de Kadhafi". C'est d'une époustouflante logique : non seulement le "guide" était venu quelques jours plus tôt se mettre à l'abri dans les ruines de Syrte ; pour mieux passer inaperçu, il circulait dans un convoi de 75 voitures quand l'OTAN l'a attaqué. Il a aussitôt pris la fuite et s'est réfugié dans un égout, où les rats l'ont rattrapé - ce qui est normal puisque les rats sont chez eux dans les égouts (mais ça, Kadhafi ne le savait pas). Comme par miracle, tous les loyalistes qui se trouvaient dans le convoi se sont volatilisés, et le colonel s'est retrouvé seul avec son fils Moatassem. Les vaillants rebelles les ont tués tous les deux - rideau.

Pour illustrer cet historique événement, photos et vidéos ne manquent pas sur le web, toutes plus authentiques les unes que les autres, ni bidouillées ni retouchées. Il y en a même une qui prouve que le dictateur est mort et bien mort  (âmes sensibles, s'abstenir).


22 octobre 2011 -  Voici comment on fabrique des faux cadavres pour la propagande de l'OTAN  (sur le site de La Voix des opprimés).

Gaddafi's Death is a Fake - Interview de Stephen Lendman (vidéo Russia Today)

Dans cette vidéo d'Alex Jones, Webster Tarpley parle de  "la mort supposée - je dis bien supposée - du leader libyen, que nous annoncent des sources réputées pour leurs mensonges."  Et Tarpley ajoute : "Ce n'est pas pour rien que Kadhafi était surnommé 'le renard du désert'. Il avait des sosies partout, des Doppelgänger..."

Thierry Meyssan, lui, accepte sans la moindre réflexion le script officiel de la "mort de Kadhafi". On peut en tirer deux conclusions : 1) c'est tout le contraire de ce qu'il avait fait pour les attentats du 11 septembre - 2) il revient pour ainsi dire à sa position initiale* (voir plus bas). La "disparition" de Kadhafi lui permet de réduire (sinon d'effacer) les divergences (temporaires) qui le séparaient de ses amis iraniens et libanais (qui, eux, n'ont jamais changé d'avis).

* Meyssan écrit dans son article : "Je peux attester que, jusqu'à la bataille de Tripoli, le 'Guide' a négocié avec des émissaires israéliens, espérant parvenir à acheter la protection de Tel-Aviv."  (Thierry Meyssan était sans doute caché sous la table de negociation...)

Quelques questions que Thierry Meyssan n'a pas jugé utile de se poser : How many of Gaddafi's doubles did they actually kill ?

Que Hugo Chávez se soit lui aussi rallié instantanément à la version de l'OTAN sans émettre le plus petit doute laisse également un arrière-goût amer.

On a l'impression que beaucoup "d'amis de la Libye" sont maintenant soulagés.

Le blog d'Allain Jules, qui avait été des mois durant une des rares sources d'information francophones sur la Libye, est à présent complètement retourné et déborde d'articles et de commentaires pleurant la "mort du guide". On a l'impression que les fantassins de la cyber-guerre sioniste, que l'on avait vus à l'œuvre en Tunisie, ont maintenant investi ce blog "alternatif". Comme pour la mort de Ben Laden, dénoncer les "assassins" est un excellent moyen d'accréditer l'assassinat.


23 octobre 2011 -  Intéresante déclaration de Vladimir Jirinovski, homme politique russe que la presse sionisée présente toujours comme un extrémiste (il est patriote) et un antisémite (il est juif, son vrai nom est Edelstein) :

"Je suis convaincu que Kadhafi est depuis longtemps en lieu sûr. Je ne crois pas à sa mort. C'est un homme très intelligent, un Karl Marx africain, un Garibaldi libyen. Il a de l'argent en pagaille et il est peu probable qu'il se soit tout simplement laissé prendre et tuer. L'Afrique est immense. Kadhafi a de bonnes relations avec de nombreux dirigeants africains..." *

"Les Libyens n'ont jamais aussi bien vécu que sous Kadhafi, et ce ne sera plus jamais le cas à l'avenir. Et je ne parle pas seulement du prix de l'essence, de l'électricité gratuite pour tous les foyers, des logements gratuits pour une partie de la population et des gigantesques subventions pour l'entretien de ces logements. Le niveau de vie de la masse des Libyens était plus élevé que dans les autres pays d'Afrique et que dans bien des pays européens. Même si Kadhafi devait vraiment disparaître, des millions de Libyens se souviendraient avec gratitude de son régime... Kadhafi n'a érigé dans son pays ni socialisme de type stalinien, ni capitalisme à l'occidentale. Il a choisi une troisième voie... J'ai le sentiment que Kadhafi est toujours en vie et que le dernier mot n'a pas été dit..."

"L'avenir de la Libye est cependant bien sombre : dissensions internes et guerre civile... [ Et l'OTAN ?  Et les mercenaires étrangers ?... ]

L'Organisation terroriste de l'Atlantique Nord prétend qu'elle a l'intention de cesser ses "opérations" en Libye sous peu. Compte tenu des mensonges incessants auxquels elle nous a habitués, il est permis d'en douter. D'autant plus qu'on voit mal les rats et autres égorgeurs islamistes renoncer à "l'aide" de leurs sponsors. Il est probable que l'intervention des agresseurs va se virtualiser encore davantage. Ce qui compte, ce n'est pas ce qui se passe effectivement sur le terrain, mais l'image qu'en donne la télévision.

* Espérons que Jirinovski voit juste pour ce qui est de la solidarité - bien entendu discrète - de certains leaders africains. La solidarité des victimes arabes ou musulmanes de l'Empire fait, elle, totalement défaut. Le Hezbollah libanais, pour ne citer que lui, applaudit et "félicite le peuple libyen pour avoir tourné la page d'une dictature exercée aux mains de Mouammar Kadhafi, qui n'a cessé d'opprimer son peuple durant des décennies... Le peuple libyen se trouve aujourd'hui devant une opportunité historique et une grande responsabilité qui est celle de la reconstruction de l'Etat... Nous appelons les Libyens à protéger leurs richesses de la convoitise des grandes puissances..."  [Elle est bien bonne, celle-là...]

Les raisons de cette position aberrante du Hezbollah (qui est aussi celle de la Syrie et de l'Iran) sont connues - voir plus bas. Le Hezbollah et ses alliés ne perdent rien pour attendre ; ils sont les prochains de la liste. Et "le peuple libyen" applaudira quand Al-Jazeerats aura annoncé le lynchage de Nasrallah, Assad et Ahmadinejad.



24 octobre 2011 -  Gaddafi Death Hoax - US Gov is a Pathological Liar - Interview vidéo de Steve Pieczenik sur le site d'Alex Jones. En tant que psychiatre et ancien spécialiste de la guerre psychologique américaine, Pieczenik sait de quoi il parle. Il a été un des premiers à dévoiler le (vrai) décès de Ben Laden en 2001 et explique ici que "la mort de Kadhafi" s'apparente à la "mort de Ben Laden" en mai 2011 ou au "complot iranien déjoué" en octobre 2011 (voir sur la même page).

Steve Pieczenik, qui a non seulement pratiqué mais aussi enseigné les techniques de "psy-op", assure que la soi-disant mort de Kadhafi est une opération de diversion menée avec la participation des services occidentaux. Il est prêt à payer un million de dollars à quiconque lui prouvera le contraire. Pour lui, Kadhafi se cache quelque part dans le Sahara, avec la complicité des Etats-Unis.

Pieczenik n'explique ni le comment ni le pourquoi de cette théorie ; la seule chose certaine est que la version officielle ne tient pas debout. Connaissant le caractère versatile du "guide" et ses comportements changeants vis-à-vis de l'Occident, rien ne semble a priori impossible. Reste à élucider pourquoi les Etats-Unis "protégeraient" Kadhafi, même implicitement, après l'avoir bombardé pendant huit mois. Mais c'est peut-être justement la situation inextricable dans laquelle s'est mise l'OTAN (guerre ingagnable sans intervention ouverte au sol) qui a poussé Washington à quelque compromis secret. Quand on songe aux tractations USA-Iran à propos de l'Irak et à leurs conséquences parfois surréalistes sur le terrain,* plus rien ne surprend. Chaque fois que les Etats-Unis peinent à vaincre militairement un adversaire, ils essaient de l'acheter d'une manière ou d'une autre, et présentent ensuite le résultat comme une "victoire".

Il est probable en outre que les avis sur la Libye divergent fortement au sein de l'appareil américain. Les "exécutants" (Pentagone, CIA) sont loin d'approuver toutes les décisions imposées par des dirigeants politiques qui eux-mêmes ne portent jamais aucune responsabilité. La guerre par procura-sion a ses limites... Pour passer à l'étape suivante (Syrie-Liban-Iran), il faudrait lâcher du lest en Libye, mais sans en avoir l'air. Est-ce le cas actuellement ?  L'avenir le dira...

* Deux exemples : 1) en août 2004, pendant l'insurrection chiite de Nadjaf, le chef spirituel des insurgés irakiens, le grand ayatollah (iranien) Sistani part se faire soigner à Londres - 2) en mars 2008, le président iranien Ahmadinejad effectue une visite officielle à Bagdad ; le plus grand ennemi connu des Américains est l'invité, dans la "zone verte", du "président" irakien Talabani, marionnette mise en place par l'occupant. L'influence iranienne en Irak n'a jamais été si grande.


Saif al-Islam Kadhafi, déclaré "capturé et blessé" le jour de la "mort" de son père et de son frère, est sain et sauf et en liberté. Les rats continuent de le rechercher. Rien de nouveau, donc, de ce côté-là : on se souvient de sa disparition-réapparition du 23 août.

Thousands of people celebrated the liberation day ?  Après avoir proclamé "la libération totale de la Libye", les mercenaires de l'OTAN ont toutes les peines du monde à rassembler quelques centaines de supporters four fêter l'événement...



Place Verte de Tripoli : la "foule en délire" -
à comparer avec les images du 1er juillet




Le torche-cul officiel de la révolu-sion islamiste
© Al-Jazeerats




A la bonne heure...

En fait, le divorce ne sera supprimé que pour les femmes ; les hommes, eux, pourront répudier leurs épouses.  Commentaire de Marine Le Pen : "Le gouvernement français vient de dépenser 300 millions d'euros en Libye pour mettre en place la charia..."  Elle a parfaitement raison, à ce détail près que la guerre n'a pas coûté 300 millions, mais un multiple de cette somme. Déjà en "temps normal", la France consacre 50 milliards par an en dépenses militaires, soit 140 millions par jour.


25 octobre 2011 -  Le site LVO - La voix des opprimés écrit que la personne présentée le 20 octobre comme Mouammar Kadhafi, était en réalité "Ali Majid Al-Andalus, un habitant de Syrte célèbre en Libye pour sa ressemblance avec le guide". LVO ajoute : "Nous publions ce communiqué afin de mettre fin le plus rapidement possible à la confusion qui sert la guerre psychologique de l'OTAN qui a inondé la toile de fausses nouvelles, de faux communiqués, de faux documents, de faux sites libyens, contaminant les réseaux sociaux et, malheureusement, aussi certains sites amis de la Libye."  [C'est bien là le but de la guerre psychologique.]

Beaucoup acceptent en effet sans preuves la version officielle de la "mort de Kadhafi", comme si ce détail était secondaire. Le blog allemand Hinter der Fichte, cité plusieurs fois ici, écrit à ce sujet : "Nous ne nous livrerons à aucune spéculation sur la mort de Kadhafi, préférant nous concentrer sur la situation en Libye et la résistance à l'agression."  C'est un peu comme lorsque Michel Collon ou Noam Chomsky déclarent (en substance) que les "théories conspiratrices" autour du 11 septembre ne les intéressent pas et qu'ils préfèrent consacrer leurs efforts à dénoncer les guerres américaines. Malheureusement, l'un ne va pas sans l'autre, et la supercherie probable quant à la "fin" de Kadhafi est, qu'on le veuille ou non, en plein cœur de ladite "situation en Libye". Depuis le premier jour, on nous fait prendre des vessies pour des lanternes, et nous devrions subitement croire sur parole les mythomanes de l'OTAN ?...

La méfiance est de mise, y compris lorsque les médias prétendent que la famille de Kadhafi, ou un porte-parole ou un avocat, ont confirmé la mort et réclament telle ou telle mesure. La presse annonce aujourd'hui que Me Ceccaldi, avocat de la Jamariya, porte plainte auprès de la Cour pénale internationale de La Haye, pour crime de guerre et homicide programmé par l'OTAN. C'est bien possible, mais qui nous dit que Me Ceccaldi est véritablement mandaté ?... On se souvient des nombreux "défenseurs" autoproclamés de Slobodan Milosevic (identité avérée) et de Saddam Hussein (identité plus que douteuse)...

La mort de Kadhafi : une intox sans précédent ?  par Hans Cany. L'auteur pose les questions que devrait poser tout journaliste sérieux, et à plus forte raison tout journaliste "alternatif" et "investigateur" (comme Thierry Meyssan qui, lui, n'en pose aucune).

Une des questions de Cany : "Si cette prétendue mort de Mouammar Kadhafi n'est qu'un gigantesque mensonge, ne peut-il avoir pour but de forcer Kadhafi à se montrer pour démentir, ce qui permettrait de le localiser ?  Tout simplement parce que l'OTAN/CNT a en fait perdu toute trace de lui depuis longtemps ?..."  C'est une hypothèse au moins aussi plausible que celle de Steve Pieczenik (voir plus haut 24 octobre). Et elle ne suppose aucun arrangement avec les USA.


26 octobre 2011 -  Après la destruction de la télévision libyenne par l'OTAN, la chaîne irako-syrienne Arraï TV (proche de Kadhafi) a plus ou moins pris le relais. Assez fiable au début, elle ne l'est plus depuis quelques semaines.  Explications fournies par un lecteur du blog d'Allain Jules ("Leboninformateur") :

"Moussa Ibrahim, le porte-parole de la Jamariya ne s'est plus exprimé sur les ondes de la télévision syrienne depuis le 1er octobre 2011, soit 7 jours après que l'OTAN/CNT ait annoncé sa capture. A l'époque il nous avait été annoncé qu'il avait tenté de fuir Syrte déguisé en femme. Cette opération psychologique du 25 septembre 2011 avait pour objet d'évaluer le comportement et les réactions des combattants loyalistes et de leurs soutiens locaux et internationaux face à cette nouvelle. C'était une sorte de 'préparation' avant la grosse opération du 20 octobre 2011. Le démenti de Moussa Ibrahim à la chaîne syrienne Arraï TV le 1er octobre fut un camouflet pour le département des Opérations psychologiques de l'Alliance Atlantique, ce qui a provoqué la mise 'hors service' d'Arraï TV pendant près d'une dizaine de jours. La remise en service de la chaîne le 15 octobre 2011 s'est faite par l'annonce par la chaîne de 'la mort de Khamis Kadhafi', ce qui a eu également un effet psychologique dévastateur sur beaucoup de personnes."

"Arraï TV est 'contrôlée' par la Syrie, qui a utilisé cette carte dans ses négociations* actuelles avec l'Occident. Ce n'est pas la première fois qu'une chaine de télévision de la résistance basée à Damas et dirigée par Michane Al-Joubouri est contrainte de fermer ou de changer 'légèrement' sa ligne éditoriale. Le directeur d'Arraï TV, Al-Joubouri, a toujours entretenu des relations particulières avec Washington. Pour ceux qui ne le savent pas, il est celui qui a pris le contrôle de la ville de Mossoul pendant l'invasion de l'Irak en 2003 avec l'aide des peshmergas kurdes (donc des Américains). Contrairement à la majorité des sunnites qui ont boycotté les 'élections' générales de janvier 2005, Al-Joubouri a participé à ces 'élections' sous occupation américaine et il fut élu député. Il a d'ailleurs fait partie de la minorité sunnite qui a soutenu la 'nouvelle constitution Irakienne'. Suite à un scandale financier, il a été contraint, en 2005, de fuir l'Irak pour la Syrie. Al-Joubouri créa en janvier 2007 la chaîne satellitaire Al-Zawraa TV qui diffusait essentiellement du contenu hostile à l'occupation. L'effet psychologique 'négatif' de cette chaîne sur l'occupation américaine était tel que Washington fut contraint de la faire fermer en exerçant toutes sortes de pressions sur les opérateurs satellites, mais surtout en négociant avec Damas une solution pour la 'stabilisation' des populations sunnites irakiennes."

* [ Ce sont moins des "négociations" qu'un dialogue de sourds. Il n'est pas exclu toutefois que le gouvernement de Damas, qui soutient les rats libyens, ait cru pouvoir amadouer les Américains en faisant taire le porte-voix du "dictateur déchu" - voir notre page sur la Syrie. ]

"A partir du moment où le seul canal de communication de la Jamariya (Arraï TV) n'est plus cent pour cent fiable comme c'est le cas depuis trois semaines, l'OTAN peut balancer n'importe quel canular et opération psychologique sans craindre d'être démentie par un média ayant une portée mondiale. Toutes les chaînes de télévision de la planète, même RT et TeleSur, ne font que relayer les communiqués de l'OTAN/CNT. Ce qui inclut bien évidemment les infos du genre : Kadhafi est mort, Kadhafi était dans un convoi de 75 véhicules lorsqu'il a été bombardé par l'OTAN, Kadhafi a été tué dans une fusillade, Kadhafi a été vu dans une canalisation avant sa capture, Kadhafi a été tué à Syrte, Kadhafi a été transporté à Misrata dans une ambulance, Kadhafi a été transféré à Misrata dans un pick-up, Kadhafi a été transporté à Misrata dans un hélicoptère, le corps de Kadhafi a été exposé à Misrata, une autopsie a été réalisée par le CNT, Kadhafi est enterré dans un endroit tenu secret dans le désert, un incendie accidentel a tué 100 personnes à Syrte le 25 octobre pendant que les automobilistes faisait la queue pour acheter du carburant, on a retrouvé le testament de Kadhafi, Kadhafi a été sodomisé, Saif al-Islam a été aperçu au Niger..."

"En annonçant la 'mort du Guide' le 20 octobre, l'OTAN a porté un coup psychologique terrible aux loyalistes ainsi qu'à tous ceux qui les soutiennent. L'Alliance Atlantique a installé la confusion totale dans les esprits des combattants ainsi que dans celui de leurs soutiens locaux et internationaux. Moussa Ibrahim et Saif al-Islam en sont d'ailleurs conscients, c'est pour cela qu'ils ne parlent pas ou très peu."

"Conclusion : sans le soutien politique d'une puissance régionale comme l'Algérie, ou de la Russie de Poutine, les loyalistes auront énormément de difficultés à gagner la guerre médiatique. Cela ne signifie pas que l'OTAN/CNT sera en mesure de 'pacifier' la Libye."


A Benghazi, le Conseil des rats supplie l'OTAN de ne pas plier bagages le 31 octobre (ce que l'Organisation terroriste n'avait probablement pas l'intention de faire) et demande que la "mission" occidentale soit prolongée jusqu'à la fin de l'année - quelle année ?...

Si les agresseurs étrangers mettaient vraiment fin à leur présence, les égorgeurs benghazistes n'en auraient plus pour très longtemps. A condition que toutes les troupes étrangères s'en aillent, y compris les mercenaires du Golfe. Le chef d'état-major qatari, le général Hamad Ben Ali Al-Attiya vient justement d'avouer que "des centaines de soldats du Qatar ont participé aux opérations militaires aux côtés des rebelles en Libye".  Des centaines ou des milliers ?...


Qui a dit que la résistance était terminée ?  Et pan !... Un rat de moins...  (lien vidéo)


29 octobre 2011 -  Mouammar Kadhafi et le projet libyen de redistribution de la richesse  par Mahdi Darius Nazemroaya.

Article intéressant, indépendamment du fait que l'auteur considère lui aussi - sans objection aucune - que Kadhafi est mort. Bon...  Nazemroaya analyse le rôle de Mahmoud Jibril, qui a été "Premier ministre du gouvernement de transition" après avoir dirigé sous Kadhafi le Conseil national de planification et l'Office national de développement économique. Jibril était en quelque sorte "le ver dans le fruit" ou plutôt "le rat dans la Jamariya" bien avant que ne commence la véritable révolu-sion. Il était partisan de la privatisation, fréquentait BHL et représentait une sorte de gage vis-à-vis de l'Occident dans la phase de "réconciliation" de la Libye avec ses ennemis, entre 2004 et 2010.

Autre "homme de confiance" de Kadhafi devenu "homme fort" du gang des rats : Moustafa Abdeljalil, "chef du CNT" et ancien ministre de la Justice de Tripoli, responsable aux yeux de certains de la condamnation des infirmières bulgares. Aujourd'hui, il plaide pour la charia dont il vient d'annoncer l'instauration prochaine (voir un peu plus haut - 24 octobre). Bernard Lugan, qui se veut expert en affaires africaines, dit de lui : "Il est proche des Frères musulmans, mais son pouvoir ne dépasse pas son tapis de prière..."  Lugan pense qu'une guerre civile va éclater entre les diverses factions islamistes rivales.


3 novembre 2011 -  L'OTAN ne bombarde plus la Libye mais continue de surveiller l'espace aérien et d'aider ses marionnettes sur le terrain. Il est probable que les troupes occidentales ou arabes effectivement présentes sur place, seront discrètement renforcées dans les semaines à venir et que des bases militaires étrangères seront mises en place dans le pays - pour le moment, elles n'existent qu'à l'état embryonnaire.

La grande question qui se pose est celle de la résistance. Aucune source crédible n'est en mesure de nous renseigner. Les sites pro-Kadhafi se contentent dans le meilleur des cas de recycler des informations connues. Souvent, ils reprennent à leur compte une partie de l'intox occidentale (en s'indignant) ou signalent des actions militaires loyalistes invérifiables mais propres à remonter le moral de leurs partisans.

Les grands médias sionisés se désintéressent de la Libye et portent maintenant leur attention sur la Syrie. Ben Wedeman (alias Mouchamerdman de CNN) s'apprête à débarquer à Damas dès que le gouvernement syrien le permettra ou dès qu'une entrée clandestine dans le pays sera possible sans risque.


5 novembre 2011 -  Le nouveau 'Premier ministre libyen' est un sbire de l'industrie pétrolière  par Tony Cartalucci.

Abdurrahim El-Keib, la marionnette que l'OTAN vient de placer à la tête de l'inexistant "gouvernement" des rats, "n'est Libyen que de nom et a travaillé pour des gouvernements, des institutions et des industries occidentales depuis des décennies. Comme Abdeljalil ou l'Egyptien El-Baradei, El-Keib est un autre agent déguisé en leader local dans un pays étranger..."  Professeur à l'Université de l'Alabama, il est lié au Petroleum Institute des Emirats, lequel est (aussi) financé par BP, Shell et Total.

Non seulement El-Keib n'a pas de gouvernement mais il n'a pas non plus de capitale, à moins de s'établir à Benghazi, où il court peut-être un peu moins le risque de se faire tuer, mais rien n'est sûr. Tripoli est pour lui une ville excessivement dangereuse, tant que ses maîtres américains n'y auront pas érigé une "zone verte" comme à Bagdad. La capitale libyenne est toujours le théâtre de combats : rats contre rats, résistance contre rats et résistance contre mercenaires etrangers.

A défaut d'informations concrètes, on ne peut qu'interpréter certains faits. L'aéroport international de Tripoli reste fermé au trafic civil régulier. Jusqu'à présent seuls des pèlerins en route pour La Mecque ont pu y décoller, profitant d'une trêve acceptée par tous. C'est le signe que des attaques s'y produisent régulièrement.

Un lecteur du blog d'Allain Jules ("Leboninformateur", déjà mentionné plus haut) signale la chose suivante :

"La principale base politico-militaire du CNT demeure la ville de Benghazi, et il est fort probable que les dirigeants étrangers qui se rendent 'à Tripoli' se rendent en réalité à Benghazi. Les annonces de visites de dirigeants occidentaux à Tripoli sont des opérations psychologiques de l'OTAN visant à donner le sentiment que le CNT 'contrôle tout'... L'Iran, qui ne fait pas partie de l'OTAN mais soutient le CNT, a clairement annoncé que son ministre des Affaires Etrangères (Ali Akbar Salehi) a rencontré Moustapha Abdeljalil, le chef du CNT, le 4 novembre à Benghazi... Il est également intéressant d'observer que les médias occidentaux ont annoncé cette semaine que Ban Ki-Moon lui même s'est également rendu en Libye le 2 novembre, mais 'à Tripoli' cette fois. Pourquoi Abdeljalil prendrait-il l'avion pour se rendre à Tripoli afin d'accueillir le patron de l'ONU ? Ce n'est pas très protocolaire pour un 'chef d'Etat' même 'par intérim' de se déplacer et prendre l'avion pour aller rencontrer 'dans son propre pays' un visiteur étranger qui cherche à le voir... A mon humble avis, Ban Ki-Moon s'est probablement rendu à Benghazi et toutes les images de sa visite 'à Tripoli' font partie d'un autre montage vidéo réalisé dans le cadre des opérations psychologiques de l'OTAN/CNT..."

Mais même une visite à Benghazi est loin d'être sans risques et nécessite une protection militaire (aérienne et au sol) à la fois fiable et de haut niveau, ce qui rend improbable qu'elle ait pu être confiée au Conseil des rats. Ou bien la présence militaire occidentale à Benghazi dépasse de beaucoup ce qu'on imagine, ou bien les rencontres de ce genre ont lieu ailleurs.


Quoi qu'il en soit,
le chef des rats est content de ses hommes :

"Eux, au moins, ils ne disent jamais qu'ils en ont plein les bottes..."

Un qui n'est pas du tout content, par contre, c'est Abderahmane Chalgham, "ambassadeur" des rats benghzistes à l'ONU et ancien ministre des Affaires étrangères de Kadhafi. Toujours prompt à mordre la main qui le nourrit, il s'en prend au Qatar dans une émission de la chaîne allemande Deutsche Welle en arabe : "Le Qatar ?... Son armée est composée de mercenaires venus du Bangladesh, du Népal et du Pakistan... Je crains que les Qataris n'aient la folie des grandeurs, comme Kadhafi : ils se prennent pour les leaders de la région. Je n'admettrai jamais cela... En Libye, nous avons eu plus de morts et de blessés qu'il n'y a d'habitants dans tout le Qatar... [Difficile à imaginer : l'émirat compte un million d'habitants.]  La Libye n'a pas besoin de l'argent des Qataris... [Non, bien sûr, puisque les rats disposent d'une partie de l'argent volé à la Jamariya.]  La Libye ne sera jamais un émirat dirigé par le calife du Qatar. Tout le Qatar, c'est moins qu'un quartier d'une ville libyenne... Nous n'avons pas besoin de ce pays... Qu'on nous laisse décider seuls de notre propre sort. Nous n'avons besoin ni du Qatar, ni des Etats-Unis..."

Et pourtant, sans "l'aide" de ces deux pays, où serait aujourd'hui Chalgham ?... Croit-il vraiment que c'est pour ses beaux yeux que l'OTAN a fait la guerre ?... Il est toujours drôle d'entendre la mouche du coche se vanter de ses mérites. Mais la voir menacer le cocher, est franchement irrésistible... Bref, on attend avec impatience que les rats fassent la peau aux mercenaires qataris, bangladais, népalais, pakistanais et autres - s'ils arrivent à les rattraper en courant sans perdre leurs savates. Quel que soit le résultat, la résistance patriotique ne s'en plaindra pas.


7 novembre 2011 -  5.000 soldats qataris ont participé à la colonisation de la Libye  sur le site du Réseau Voltaire. [5.000 Qataris + combien de Bangladais, Népalais, Pakistanais ?...]

Hundreds of revolutionaries fought each other (The Telegraph). Pour comprendre le titre, remplacez revolutionaries par rats. Les affrontements inter-rats deviennent si évidents que même les grands médias en parlent.

Document historique : L'armée de Kadhafi à l'entraînement (lien vidéo).


9 novembre 2011 -  Des forces alliées étaient déployées en Libye dès la mi-février  (Réseau Voltaire)


12 novembre 2011 -  Peu de nouvelles de Libye. Des combats ont toujours lieu, cependant. Sources possibles d'information : les sites Algeria ISP, Ozyism ou - pour ceux qui comprennent l'espagnol - Libia habla (La Libye parle - un site basé au Nicaragua et consacré à la résistance mondiale). Tout cela est à consommer avec prudence, mais il n'y a pratiquement rien d'autre...  Les médias alignés ne font état que de combats "entre rebelles" ; les sites alternatifs fiables recyclent les questions de fond sans chercher à percer l'actualité.

Quoi qu'il en soit, il semblerait que la résistance verte soit active à Zawiya (à l'ouest de Tripoli) ainsi que dans plusieurs quartiers de la capitale et ailleurs.

Au Caire, la Ligue arabe prononce l'exclusion de la Syrie par 18 voix contre trois (Syrie, Liban, Yémen) et une abstention (Irak). Parmi les 18 salopards, on trouve le "CNT" des rats de Benghazi, que la Syrie avait reconnu le 16 septembre comme "seul représentant légitime du peuple libyen" - à Tel Aviv, on est plié en deux... Autre "tombeur" de la Syrie, après avoir été celui de la Libye légitime : l'Algérie - un pays qui subira bientôt le même sort que ceux qu'il a contribué à abattre. Comprendre la stratégie des pays arabes reste une gageure...


14 novembre 2011 : 


Avec RFI - Radio France Internationale Israélienne, comme avec les autres merdias,
il faut savoir lire entre les lignes et transposer correctement :

► "les autorités" = les chefs de bandes mis en place par l'Organisation terroriste de l'Atlantique Nord
► "les anciens kadhafistes" = les kadhafistes tout court, les loyalistes, les Libyens patriotes
► "les troubles" = les actions lancées par la résistance nationale


16 novembre 2011 :  L'optimisme, c'est quand y croit quand même...


MAÑANA :

Plus de 33.000 combattants de l'Armée de Libération de la Libye
se mettront en marche demain (mañana) ou après-demain pour libérer le pays.



Pour interpréter correctement le mot mañana :

Et en arabe ?...


19 novembre 2011 :  alors que l'offensive de la Résistance est toujours pour mañana (voir un peu plus haut), les agresseurs annoncent "la capture de Saif al-Islam Kadhafi" (la troisième en trois mois, après celle du mois d'août et celle du mois d'octobre).



Si c'est Al-Jazeerats qui le dit...

Que faut-il penser de cette "info" ?... Comme souvent, "Leboninformateur", probablement le lecteur le plus avisé du blog d'Allain Jules, résume bien la situation :

"Attention aux opérations psychologiques de l'OTAN... En étudiant le conflit libyen, on s'aperçoit que chaque fois que l'OTAN/CNT est en difficulté, une opération psychologique de grande envergure est mise en place par l'Alliance atlantique. L'effet recherché est la démoralisation des soutiens de la Résistance ainsi que des résistants eux-mêmes. L'annonce de la 'capture' de Saif s'inscrit dans cette logique. Il faudra scruter les 'preuves' de la capture qui seront présentées, si elles le sont effectivement. Les vidéos et photos que l'OTAN sait fabriquer devront être analysées avec toute la rigueur possible. Ils savent produire des 'preuves historiques' qui passent comme une lettre à la poste. J'espère qu'il ne sera pas annoncé d'ici quelques heures que Saif a été 'tué' parce qu'il tentait de s'échapper... Mon opinion personnelle, c'est que cette information est fausse."

A Allain Jules, qui écrivait à propos de la "capture" : "Si c'est vrai, ce serait probablement la fin de la résistance", un autre lecteur (Hans Cany) répond :

"C'est agaçant ce défaitisme, cette façon d'annoncer une fois de plus, à chaud, que si c'est vrai cela serait le 'coup de grâce', la 'fin de la résistance' etc... C'est assez navrant, cette mentalité de suiveur, enfermée dans la logique du chef. Comme si rien ne pouvait se faire sans LE chef !... De toute façon, rien ne prouve que ce soit vrai pour le moment, bon sang ! Attendez. Ce n'est pas parce que c'est (très brièvement) relayé par quelques médias aux ordres, que c'est forcément vrai. Ça l'est peut-être... ou pas. Prudence, patience et circonspection !..."

(Le seul intérêt du blog d'Allain Jules réside dans les liens inédits qu'on y trouve parfois et dans les rares commentaires intelligents - voir plus haut. Allain Jules lui-même est un bouffon qui dit blanc un jour et noir le lendemain. Depuis le 20 octobre, il a successivement annoncé : 1) que la mort de Mouammar Kadhafi était un fake, 2) que le "guide" était mort et bien mort, 3) que ce même "guide" était en vie et qu'il allait bientôt s'adresser aux Libyens et au reste du monde, 4) que le colonel, bien que mort, était plus vivant que jamais dans les esprits... A suivre...)

Fausse photo pour "prouver" l'arrestation de Saif al-Islam

Un scénario hollywoodien qatarien


Encore une photo qui "prouve" que le fils de Kadhafi a été "capturé" :

Avec les compliments de Madame Tussaud, Londres
(visible au Musée Grévin à partir du 1er décembre)


20 novembre 2011 : 


RÉVOLU-SION ET CROISADE JUIVE :

Si le mot philosophe vous choque, n'oubliez pas que les déjections de Connard-Henri Lévy
sont à la philosophie ce que le Prix Nobel d'Obama est à la paix.


24 novembre 2011 :  Interview vidéo de Moeen Raoof par Morris Herman ("108morris108") :

"Le CNT ne gouverne pas le pays. Il n'est pas non plus basé à Benghazi, mais à Malte ou en Turquie. Aucun gouvernement ne dirige la Libye. C'est pourquoi Saif al-Islam [le vrai ou le sosie ?] se trouve à Zintan, car ils [qui ?] ne peuvent tout simplement pas opérer depuis Tripoli. La capitale est dominée par des islamistes intégristes qui refusent l'entrée à tout groupe qui ne fait pas partie de l'entité terroriste Al-Qaïda. Jibril et Abdeljalil, du CNT, sont les chefs d'une entité [fictive] créée par les Américano-Européens, mais ils ne sont pas en Libye... Tripoli est sous la domination de Belhadj, Misrata est sous un autre commandement militaire, Benghazi est encore complètement différent. En fait, chaque tribu contrôle sa propre ville. Il n'y a pas de gouvernement central, ni même de gouvernement tout court. Il n'y a qu'une multitude de pouvoirs tribaux. Contrairement à ce qui a été prétendu, il n'y a aucun accord entre tous ces gens. Ce qui se passe, c'est que certaines villes se préparent à livrer bataille à Belhadj en vue de prendre le contrôle de Tripoli. Il va donc y avoir, dans les semaines à venir, une grande bataille pour la conquête de Tripoli. C'est une chose que les médias passent totalement sous silence. On n'entend plus parler de la Libye, parce que tout ce qui a été fait là-bas [par l'OTAN] s'est finalement soldé par un échec. Comme en Irak et en Afghanistan, ils veulent maintenant faire régner le chaos... L'OTAN continue de bombarder, mais personne n'en parle, c'est le black-out total..."

La Résistance est absente de cette configuration. Existe-t-elle encore vraiment ou s'est-elle "reconvertie" à la nouvelle donne tribale ?... Impossible de répondre à cette question - et il ne faut pas compter sur les "experts" indépendants (Meyssan, Nazemroaya, Phelan...) pour nous éclairer sur ce point. Moeen Raoof ne parle pas non plus des mercenaires étrangers (militaires ou civils) ni des forces spéciales de l'OTAN. Tout cela n'a pas pu disparaître comme par enchantement.

Avec ou sans Kadhafi, la Libye reste un mystère...


26 novembre 2011 :  On ne peut plus se fier à personne. Le site Algeria ISP, encore intéressant il y a peu de temps, se contredit maintenant d'une journée sur l'autre. On croirait lire Allain Jules (avec les fautes de français en moins).






En 24 heures, le chef terroriste libyen a donc été arrêté (par qui ?) puis relâché (à moins qu'il ne se soit évadé).
Il a ensuite pris l'avion pour la Turquie et s'est mis à la tête de son bataillon, qu'il a conduit à la frontière.
Etonnant que l'invasion militaire de la Syrie n'ait pas commencé le jour même.

28 novembre 2011 :  D'après Algeria ISP, des "rebelles" de Misrata et de Zintan seraient arrivés en Turquie afin de participer à l'attaque contre la Syrie. Deux questions se posent, auxquelles Algeria ISP ne répond pas : 1) Quelle est la nationalité de ces "rebelles" professionnels ? - 2) Qui va occuper le vide ainsi créé à Misrata et Zintan ?

Des affrontements armés impliquant des loyalistes ont toujours lieu en différents endroits du pays. Même CNN a fait état d'une embuscade de kadhafistes près de Bani Walid, dans laquelle seraient tombés des hommes du "CNT". Une autre attaque du même ordre se serait produite aux environs d'Al-Beraq (dans le sud). Et à l'aéroport de Tripoli, le trafic aérien, qui avait paraît-il repris entre-temps, a dû être interrompu de nouveau pour cause de combats.


4 décembre 2011 :  Une intéressante mise au point de Mathaba, un site kadhafiste qui ne s'était pas prononcé depuis plusieurs semaines. L'auteur rappelle que la guerre psychologique menée par l'OTAN et ses complices est beaucoup plus sophistiquée qu'il n'y paraît. Non seulement tous les médias alignés colportent depuis des mois les mensonges élaborés par les ennemis de la Libye, mais la plupart des sites alternatifs honnêtes ont fini eux aussi par tomber dans le panneau.




Mathaba dément une nouvelle fois la "mort" du colonel Kadhafi, la "capture" de son fils Saif al-Islam, de même que les prétendues "déclarations" attribuées à ses proches, notamment à sa fille Aïcha. Celle-ci, réfugiée en Algérie, a dû prendre l'engagement de ne pas s'exprimer en public. Elle n'a donc fait passer aucun "message" à Arraï TV, une chaîne de toute façon "reprise en mains" depuis deux mois - voir plus haut 26 octobre. Le but de la manœuvre est d'obtenir l'expulsion d'Aïcha Kadhafi par les autorités algériennes et de décourager encore plus la Résistance libyenne. Selon Mathaba, une fausse vidéo de l'arrestation de la fille du colonel devrait bientôt être diffusée.

Les rats, dont la force intrinsèque est pratiquement nulle, remportent ainsi "victoire" sur "victoire" sur le front de la guerre virtuelle. Les vrais intervenants, eux, ne sont jamais montrés. Quant aux loyalistes, ils sont coupés de toute communication et réduits au silence s'ils veulent éviter de se faire localiser par l'OTAN. Il semblerait néanmoins qu'ils soient actifs sur le terrain, même si leurs actions continuent d'être présentées comme des affrontements de groupes rivaux à l'intérieur du "camp rebelle". Concrètement, il y a eu ces derniers jours, des combats à Bani Walid, à Tripoli et aux alentours de la capitale ; une raffinerie a été incendiée à Ras Lanouf.


10 décembre 2011 :  Ouverture prochaine d'une ambassade d'Israël en Libye.  Des contacts à cet effet existent, "en collaboration avec le Qatar", entre Israël et les rats de Benghazi. Vu que ces derniers ne sont toujours pas capables d'installer leur "gouvernment" à Tripoli, on souhaite bien du plaisir aux représentants de l'Etat terroriste juif. Dans le cadre du pillage de la Libye, "des juifs de nationalité britannique, se présentant comme la communauté juive en Libye, ont demandé au gouvernement britannique et à des responsables du CNT libyen de leur permettre de retourner en Libye avec des passeports libyens et de récupérer leurs biens à Tripoli et Benghazi". On le savait déjà depuis le 7 octobre et même avant.

Selon Ha'aretz, "le porte-parole du CNT libyen aurait parlé de la nécessité d'établir des relations avec Israël... Le futur ambassadeur d'Israël en Libye est un arabe d'origine juive et occupe actuellement le poste de consul général adjoint d'Israël à Atlanta..."  [Il s'agit plutôt d'un juif d'origine arabe - ou berbère - c'est-à-dire d'un séfarade.]


11 décembre 2011 :  Algeria ISP annonce que l'aéroport de Tripoli est de nouveau fermé pour cause de violents combats entre "rebelles de Benghazi" (ou de Doha ?) et "rebelles de Zintan" (loyalistes ?). D'autre part, Khalifa Hifter (rat de la CIA - voir plus haut 30 mars) aurait échappé de justesse à un attentat (le deuxième en quelques semaines).

Les envahisseurs de l'OTAN ont établi une base aérienne franco-américaine dans le sud, à Katroune (ou Gatrun - carte). C'est de là que décollent les drones qui surveillent le désert libyen et une partie des pays avoisinants (Niger et Tchad). Le gouvernement algérien, pour sa part, aurait interdit aux Occidentaux le survol de son territoire - ce qui n'est pas grave, puisqu'ils disposent d'une autre base ("secrète") en Algérie même (voir plus bas).


17 décembre 2011 :  Si l'on en croit le site Libya S.O.S., il se passe beaucoup de choses sur le terrain : après trois jours de combat, les Warfallas, un groupe de tribus loyalistes, auraient repris la ville de Bani Walid aux "rebelles" ; la brigade de Khamis Kadhafi serait toujours active du côté de Sebha ; il y aurait de violents combats autour de Tripoli, où les kadhafistes se déguiseraient en "rebelles" pour tromper l'ennemi ; des manifestations anti-"CNT" se dérouleraient à Benghazi ; etc. etc... Tout cela est bien entendu invérifiable, comme d'ailleurs tout ce qui est annoncé par les médias dominants. La prudence est de mise quand on voit que le site Libya S.O.S. propage lui aussi les versions officielles de la "mort du guide" et de la "capture de son fils". Mais finalement, on n'a pas le choix...


18 décembre 2011 :  Bien que politiquement conservateur, Bernard Lugan, "expert en affaires africaines" déjà mentionné plus haut, ne craint pas d'affirmer : "Il n'y a pas eu de printemps arabe" - c'est le titre d'un de ses livres.  Lugan voyait ainsi la situation en Libye à la fin du mois de novembre (peu de changements depuis) :

"La guerre des clans se déroule désormais au grand jour en Tripolitaine où cinq grandes forces sont présentes à Syrte, à Misrata, à Bani Walid, dans le Djebel Nafoussa et à Zintan, ainsi qu'à Tripoli.

 ● Les tribus de la région de Syrte ont cessé le combat, écrasées sous les bombes de l'OTAN, mais elles ont conservé leurs fidélités. Maintenant que l'aviation occidentale a regagné ses bases, certaines sont prêtes à reprendre la lutte contre le CNT.

 ● Les milices de Misrata, celles qui capturèrent et lynchèrent le colonel Kadhafi, refusent toute autre autorité que celle de leurs chefs. Toutes les composantes de Tripolitaine les haïssent, y compris les islamistes de Tripoli.

 ● Au sud de Misrata, autour de Bani Walid la fraction tripolitaine de la tribu des Warfallas, soit environ 500.000 membres, est toujours fidèle à l'ancien régime.

 ● Dans la région de Tripoli, les combats entre les deux milices berbères du Djebel Nafoussa et de Zintan d'une part, et les islamistes du Tripoli Military Council (TMC) d'autre part, ont connu une accélération ces derniers jours..."

"La Conférence Libyenne des Amazighs (Berbères) a suspendu ses relations avec le CNT. Militairement, les Berbères semblent avoir pris le contrôle d'une partie de la ville de Tripoli, dont l'aéroport. Autre atout, ils détiennent Saif al-Islam Kadhafi qu'ils ont traité avec considération et même respect... Si l'actuel gouvernement ne donne pas satisfaction aux Berbères qui constituent environ 10 % des 6 millions de Libyens, une alliance tournée à la fois contre le CNT et contre Misrata et qui engloberait leurs milices, la fraction tripolitaine des Warfallas ainsi que les tribus de la région de Syrte, pourrait être constituée. Ce serait sans coup férir qu'elle s'emparerait de la Tripolitaine, seule Misrata étant capable de résister un moment. Sans compter qu'au Sud, les Touaregs et les Toubou sont eux aussi restés fidèles à leurs alliances passées. Quant à la Cyrénaïque, qui est aujourd'hui sous le contrôle direct des islamistes, elle a de fait échappé aux autorités de Tripoli."

Certains points sont contestables car ils correspondent un peu trop à la version officielle. Mais d'autres semblent tout à fait pertinents. Qu'il s'agisse de la Libye ou de n'importe quel autre pays africain, Lugan a tendance à contempler les choses à travers le prisme ethnique ou tribal, ce qui peut parfois aider à comprendre, mais pas toujours. L'aspect purement politique (forces étrangères à l'œuvre en Libye, mercenaires, résistance, etc.) et les enjeux économiques (quel est le moteur de la guerre ? qui veut s'approprier quoi ?...) font totalement défaut dans ses analyses. Mais même tronquées de cette manière, elles ne manquent pas d'intérêt.

En lisant le texte de Lugan, on comprend que "l'alliance tournée à la fois contre le CNT et contre Misrata" n'est qu'une autre forme de la Libye loyaliste. La question est de savoir si cette alliance a des chances de l'emporter. Face aux seuls islamistes (libyens) de Cyrénaïque et aux rats de Misrata, la réponse ne fait guère de doute (même pour Lugan). Le problème, ce sont les intervenants étrangers que Lugan "oublie" : l'OTAN qui n'a "regagné ses bases" que dans la mesure où elle en a établi de nouvelles en Libye même, les soldats des armées arabes du Golfe ou de Jordanie, les forces spéciales, les mercenaires, les égorgeurs islamistes de toutes nationalités. La "guerre des clans" est en fait une lutte armée (pas encore unifiée) contre l'íngérence et l'occupation étrangère.

Même si l'origine tribale joue encore un rôle pour beaucoup de Libyens, il ne faut pas sous-estimer la conscience nationale qui a eu le temps de se former au cours des cent dernières années, surtout sous Kadhafi et surtout dans les villes. Tout cela ne disparaît pas après quelques mois de bombardements. Les maîtres du monde ont horreur des nations (à l'exception de la leur) et ils s'attachent à les détruire partout où ils le peuvent, soit en les morcelant (Yougoslavie, URSS, Tchécoslovaquie, Ethiopie, Soudan), soit en les fondant dans un grand tout apatride (Union européenne). Pour eux, les Arabes sont des sauvages incapables de dépasser politiquement le stade archaïque de la tribu.


2 janvier 2012 :  Selon le site Libya SOS, des combats ont encore lieu un peu partout en Libye, y compris à Syrte et à Tobrouk.


7 janvier 2012 :  La journaliste britannique Lizzie Phelan, qui se trouvait à Tripoli jusqu'au 30 août 2011, signale que la chute de la ville est due à la trahison d'un général de l'armée libyenne, Albarrani Shkal, cousin de Mouammar Kadhafi. Shkal, à qui incombait la défense de la capitale, avait envoyé des milliers de ses soldats en permission ou leur avait donné l'ordre de rejoindre d'autres villes. Depuis quelque temps, il collaborait secrètement avec les "rebelles" et était au courant de la date de l'attaque. Le jour dit, Tripoli n'avait plus de protection militaire ; pour tenir tête aux égorgeurs islamistes et aux mercenaires étrangers, il ne restait plus que les volontaires civils, hommes et femmes, en particulier dans le quartier d'Abou Salim.

Qu'une tâche aussi essentielle que la défense de Tripoli ait pu reposer sur un seul homme, est une chose assez étonnante, surtout lorsqu'on se remémore ce que Thierry Meyssan écrivait sur les mérites de la décentralisation à la libyenne (voir plus haut 11 août 2011). "Le pouvoir est dilué, insaisissable", disait Meyssan à propos du pouvoir civil. Le pouvoir militaire, lui, était dissous et inexistant...


Suite (Libye II - à partir de 2012)



Carte de la Libye

Carte détaillée de la partie nord-ouest de la Libye
(avec les zones soi-disant tenues par les "rebelles" à la date du 14.8.2011)

Plan de Tripoli





LES MAUVAISES FRÉQUENTATIONS DE KADHAFI...











... ne lui ont pas porté bonheur.





Il y a dix ans, tout pouvait se ramener à un duel Bush-Ben Laden

Aujourd'hui, les deux protagonistes principaux sont Kadhafi et Sarkozy :


Lequel des deux est le plus beau ?  Lequel des deux est le plus fort ?...


Extrait du discours de Sarkozy à la réunion de l'OTAN





RÉVOLU-SION AILLEURS DANS LE MONDE ARABE

en Algérie   au Yémen   à Bahreïn   au Soudan   etc...     mais pas au Qatar


Après la Tunisie, l'Egypte et la Libye, d'autres pays arabes sont plus ou moins touchés en 2011 par le virus de la révolu-sion : Algérie, Yémen, Bahreïn - sans oublier l'Iran, qui est musulman sans être arabe, et où l'axe Tel Aviv-Washington a une revanche à prendre après sa tentative de subver-sion ratée de juin 2009.


ALGÉRIE - Les services secrets occidentaux sionisés font, depuis des décennies, la pluie et le beau temps dans ce pays où il y a, comme en Libye, beaucoup de gaz et de pétrole à privatiser. Depuis 2003, l'Empire y dispose d'une base militaire "secrète" : Une base américaine dans le désert algérien. Elle est située dans le sud-est du pays, entre Djanet et Illizi, non loin de frontière libyenne.

Afin de ne pas attirer l'attention, on a confié la construction et la gestion à une entreprise sud-africaine de "sécurité" et de mercenariat, Executive Outcomes, officiellement dissoute en 1998 pour son implication dans l'apartheid, mais toujours active sous d'autres noms. Et qui dit apartheid, dit automatiquement Israël. Un des responsables est (ou était) Uri Barsony, ancien officier supérieur sud-africain "travaillant" pour le Shin Beth, la Gestapo de l'Etat terroriste juif. En 2002, il était à Djerba pour "enquêter" sur l'attentat "islamiste" (comprenez : pour organiser l'auto-attentat sioniste et effacer les traces). Autre Israélien dans la place : Emanuel Damink, lui aussi un ancien des services secrets sud-africains à l'époque de l'apartheid, il s'occupe du recrutement (des terroristes). Depuis plusieurs années, les officiers de la DRS algérienne (Direction du Renseignement et de la Sécurité) sont "formés" en Israël à l'insu de l'opinion publique de leur pays.

Il est plus que probable que l'agression contre la Libye est (aussi) partie de cette base américaine "secrète", bien que le gouvernement d'Alger s'y soit opposé. La position de l'Algérie face à l'Empire est assez ambiguë et rappelle un peu celle de la Libye après sa "réconciliation" avec l'Occident. La terreur islamiste téléguidée n'y est sans doute plus aussi intense que dans les années 1990, mais il y a toujours des attentats. Le dernier en date, fin août 2011, a frappé une installation militaire de Cherchell, à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Alger, faisant 18 morts.

En Algérie, le programme des révolu-sionistes prévoit à la fois une relance de la terreur islamiste et une guerre "ethnique" entre Arabes et Berbères, le tout conduisant à la sécession de la Kabylie, à l'éclatement de l'Algérie et à l'appropriation des ressources pétrolières par les prédateurs habituels. Dans les milieux proches du lobby innommable, on voit déjà Sarkozy et BHL entrer en conquérants à Alger cinquante ans après la libération, et tous les pieds-noirs juifs "récupérer leurs biens" soi-disant "volés" en juillet 1962. On entend déjà les klaxons : Al-gé-rie-sio-niste... Al-gé-rie-sio-niste...

Avril 2012 : Le MAK, Mouvement pour l'Autonomie de la Kabylie, instrument franco-sioniste de déstabilisation


Mai 2012 - Un berbère chez les barbares :

(Source : Jeune Afrique)

Janvier 2013 :  BHL veut mettre l'Algérie à feu et à sang

Voir également : La guerre du Mali comme prélude à une intervention en Algérie  et  Terrorisme et déstabilisation en Algérie

Mars 2013 : Déstabilisation de l'Algérie : des blogueurs entraînés par la CIA en Tunisie

Février 2014 : Le dernier acte ou le temps des félons  par Mohsen Abdelmoumen (Algérie patriotique).

Amar Saïdani, secrétaire général du FLN (Front de Libération Nationale), adopte la rhétorique occidentale qui consiste à rejeter sur l'armée et les services secrets algériens (DRS) la responsabilité des tueries islamistes des années 1990 (voir quelques lignes plus haut le lien "Terrorisme et déstabilisation en Algérie"). C'est ce qu'on appelle le "qui tue qui".

Après avoir libéré le pays du joug colonial (guerre de 1954-62), le FLN a suivi une longue dérive qui en a fait un parti affilié à l'Internationale socialiste (IS) au même titre que le PS français, le SPD allemand et le Labour anglais, trois ardents défenseurs de l'impérialisme atlantico-sioniste (sans oublier le Meretz israélien). Le parti FFS (Front des forces socialistes), principal concurrent politique du FLN fait également partie de l'IS. Il a même été fondé par cette Interna-sion-ale afin de nuire à l'Algérie. Son fonds de commerce est la sécession (C-C-Sion) berbère ; il est bien implanté en Kabylie.

Dans un élan de surenchère, le chef du FLN demande aujourd'hui : "Pourquoi continuons-nous à soutenir la Palestine alors que des liens avec Israël seraient plus bénéfiques ?..."  [pour qui ?]

Bien que la DRS entretienne déjà de tels liens - plus ou moins secrets - avec les services israéliens (voir un peu plus haut), elle représente encore, avec les forces armées, le dernier bastion de la résistance nationale contre l'ingérence étrangère. Mohsen Abdelmoumen : "Les félons qui se manifestent et s'agitent actuellement en misant sur la fin de l'Algérie sont tous des aventuriers, des petits soldats d'OTPOR [voir plus haut] et du printemps sioniste, de valeureux guerriers du web formés par les rats de la CIA, un ramassis de gredins terroristes en tous genres, qui nous attaquent pour notre patriotisme qu'ils n'ont, eux, jamais ressenti..."

"Ce qui se passe à Ghardaïa [dans la vallée berbère du M'Zab, à 500 km au sud d'Alger] avec la capture de six agents du Mossad et l'implication plus qu'avérée des salafistes djihadistes dans cette région, démontre clairement le danger qui guette l'Algérie. La cristallisation d'un MAK version mozabite dirigé par un élément du FFS, Fekhar, 'qui-tue-quiste' notoire qui réclame l'autonomie de la vallée du M'Zab, ses rencontres multiples avec de soi-disant touristes venus d'Europe qui sont, comme par hasard, de confession juive, prouvent que le danger est déjà là. Ajoutons-y le débat autour des biens juifs que ces derniers ont abandonnés lors de l'indépendance de notre pays et qui les réclament à cor et à cri, et nous aurons une vision d'ensemble de ce qui se trame actuellement..."

[Les "rapatriés" juifs, qui avaient raflé ces biens pendant l'ère coloniale, ont été largement indemnisés par le contribuable français en 1962. Selon une méthode éprouvée, leurs descendants veulent à présent encaisser une seconde fois pour ce qui n'est pas à eux, en faisant payer le peuple algérien.]



YÉMEN - Le désordre et la guerre règnent depuis longtemps dans une grande partie du Yémen : bombardements américains, ingérence saoudienne, terrorisme téléguidé, séparatisme, etc... Une petite révolu-sion là où les choses étaient encore relativement calmes, ne pourra avoir que des effets bénéfiques pour Israël.

A partir de mars-avril 2011, l'agitation est continuelle dans la capitale. Début juin, le président Ali Abdullah Saleh (grand ami de l'Amérique) est blessé par un obus tiré sur le palais présidentiel ; il part aussitot se faire soigner en Arabie Saoudite. Comme ailleurs dans les pays arabes, les "manifestations" de Sanaa n'ont rien de pacifique ni surtout de spontané. Dans un pays pauvre et secoué par la guerre comme le Yémen, il est évident que la population a d'autres soucis que la mise en place d'un "régime démocratique" de style yankee.

Toujours début juin 2011, dans le sud du pays, les Américains intensifient leurs bombardements "dirigés contre Al-Qaïda" mais faisant surtout des victimes civiles. La campagne militaire du Pentagone est étroitement coordonnée avec la CIA. Cette dernière a pignon sur rue dans la capitale yéménite où elle dirige également la "révolution". Comme d'habitude, il est difficile - sinon impossible - de distinguer les agents américains des agents israéliens.

En février 2012, Saleh se retire du jeu politique. Un de ses anciens lieutenants, Abd-Rabbu Mansour Hadi, est nommé président dans une parodie d'élection où il était le seul candidat. Les attaques de drones et autres bombardements américains continuent...  Webster Tarpley sur la situation au Yémen où l'intervention américaine a généré un chaos qui fait penser à l'Irak et à la Libye.

Comment les sionistes utilisent les services - et l'argent - de leur marionnette qatarie au Yémen : voir plus bas.

Mars 2015 - l'Arabie Saoudite intervient ouvertement dans la guerre du Yémen, à la tête d'une "coalition" regroupant une dizaine de pays arabes soumis à l'Empire américano-israélien :  Agression saoudienne au Yémen.

Octobre 2016 : Yemen - an introduction to the forgotten conflict par Aram Mirzaei - Genèse et chronologie d'une guerre aussi complexe que meurtrière.



BAHREÏN - Ancienne colonie britannique, "indépendante" depuis 1971, où la famille royale possède, à titre privé, les trois quarts du territoire. C'est une monarchie de droit divin, c'est-à-dire soutenue à bout de bras par les services de Londres, Washington, Tel Aviv et Riyad. Une révolu-sion est d'autant plus facile à fomenter dans cet Etat artificiel, qu'il existe une petite minorité juive, excellent tremplin pour les activités du Mossad. On peut également tabler sur les pseudo-rivalités religieuses, puisque les "élites" locales sont sunnites tandis que le gros de la population est chiite. Les Etats-Unis ont une importante base militaire au Bahreïn, laquelle devrait jouer un rôle primordial dans une prochaine guerre contre l'Iran voisin. Il y a fort à parier que les Israéliens sont déjà sur place.

Le Grand Prix de Bahreïn de Formule 1, qui devait avoir lieu le 13 mars 2011, est annulé. Comme par hasard, le patron de la F1, Bernie Ecclestone (80 ans), est la bête noire du lobby sioniste depuis qu'il a osé parler de "l'efficacité" d'Adolf Hitler. Il a d'ailleurs été brutalement agressé dans des conditions très mystérieuses en novembre 2010. (On sait que les gangsters sionistes adorent s'en prendre aux enfants et aux vieillards.)

Le 15 mars 2011, le régime saoudien envoie des troupes au Bahreïn pour mater la "rébellion" locale avant qu'elle ne déborde sérieusement sur l'Arabie Saoudite. Trois jours plus tôt, à la réunion de la Ligue arabe, ces deux pays avaient fait l'éloge de la "révolte" libyenne contre le gouvernement de Kadhafi et appelé les puissances occidentales à intervenir militairement - voir plus haut. Cette schizophrénie arabe doit beaucoup plaire à Tel Aviv.

En avril 2012, alors que l'agitation continue, l'épreuve de Formule 1 se déroule sous haute surveillance militaire.

Un mois plus tard, on commence à y voir un peu plus clair : Riyad "propose" aux pays du Golfe de constituer une union politique entre les six pays. A défaut d'accord, on devrait se contenter, dans un premier temps, de "fusionner" l'Arabie Saoudite (2.250.000 km², 27 millions d'habitants) avec Bahreïn (700 km², 850.000 habitants). Voilà qui rappelle un peu la recette du pâté d'alouette. Evidemment, on ne consultera personne, et surtout pas les populations, il ne manquerait plus que ça... Le principal, c'est d'avoir l'accord des USA et d'Israël, deux pays qui adorent jouer avec les frontières des autres. Comme l'a montré le cas de l'Union Européenne, un conglomérat politique est en effet plus facile à dominer que des entités séparées...  Affaire à suivre...


Novembre 2012 - antisémitissime scandale au Parlement bahreïni :

Un député brûle le torche-cul israélien - détails

Août 2013 :  Les Al-Khalifa contrôlent tous les leviers du pouvoir  par Bahar Kimyongür (journaliste belge d'origine turque) :

"Le royaume de Bahreïn est un micro-Etat pétrolier allié aux puissances occidentales et dont les exactions contre la population n'intéressent guère nos médias mainstream. La dynastie régnante, Al-Khalifa, est d'obédience wahhabite, un courant sunnite qui est l'un des plus puritains, violents et sectaires de l'islam. Venue du Najd, une région du centre de l'Arabie Saoudite à la fin du XVIIIe siècle, la famille Al-Khalifa s'est imposée par la terreur sur la population locale avec le soutien de la Couronne britannique soucieuse de limiter l'influence iranienne. Depuis, les Al-Khalifa contrôlent tous les leviers du pouvoir."

"Tant et si bien qu'aujourd'hui, à la tête de l'Etat bahreïnien, tout le monde s'appelle Al-Khalifa : le roi Hamad ben Issa Al-Khalifa *, le Premier ministre Al-Khalifa, le ministre des Affaires étrangères Al-Khalifa, le ministre de l'Information Al-Khalifa, le ministre de la Culture Al-Khalifa, le ministre de l'Intérieur Al-Khalifa, le ministre de la Défense Al-Khalifa, le chef de l'armée Al-Khalifa, le commandant de la garde nationale Al-Khalifa, les conseillers du premier ministre pour la sécurité Al Khalifa, le directeur de l'Agence de sécurité nationale Al-Khalifa, l'ambassadeur en poste en Angleterre, la puissance tutélaire, Al-Khalifa, le président de la Cour suprême Al-Khalifa..." **

"Les ennemis jurés des Al-Khalifa : leur propre peuple, en particulier les chiites qui représentent plus de 70 % de la population bahreïnienne et subissent une ségrégation terrifiante... Après 30 mois de terreur d'Etat, les Al-Khalifa ont trouvé un nouveau stratagème pour venir à bout de la contestation : marginaliser la majorité chiite par une politique de naturalisation massive de sunnites étrangers et par la déchéance de la nationalité pour les chiites jugés trop récalcitrants. Ainsi, des milliers de réfugiés syriens ou d'immigrés jordaniens, yéménites et pakistanais de confession sunnite ont reçu la nationalité bahreïnienne ces dernières années. Nombre d'entre eux ont été enrôlés dans la police ou l'armée pour mater la population chiite. Malgré la répression, le mouvement populaire est demeuré résolument pacifique et uni au-delà des provocations sectaires du régime..."

* Ne pas confondre avec l'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al-Thani - voir plus bas (bien qu'il soit issu de la même tribu).

** Wikipédia donne une liste encore plus longue, avec les Finances, la Justice, les Affaires islamiques, les Transports, la Jeunesse et les Sports, le Comité olympique, le vice-Premier ministre, etc...


Le SOUDAN, pour sa part, est en cours de parti-sion (d'abord le Sud, ensuite le Darfour), la Somalie se trouve en pleine décomposi-sion, Djibouti n'est plus qu'une grande base miltaire de l'OTAN et l'Irak est là pour montrer à l'ensemble du monde arabe quel avenir lui prépare Israël. Seule la Mauritanie semble avoir été oubliée pour l'instant. Quant aux Comores, proches de Mayotte (département français et Lampedusa de l'océan Indien), mieux vaut ne pas en parler...



9 juillet 2011 - On jubile à Juba :

Parti-sion réussie au Soudan - source

(Il a suffi de quelques semaines pour faire admettre le Soudan du Sud à l'ONU.
La Palestine, elle, attend depuis plus de 60 ans... et le plus long reste à venir.)


Le Soudan de l'indépendance à la partition : 55 ans de fureur et de chaos
par Léon Camus
(Le Soudan du Sud est une pure création sioniste. Il figurait déjà sur l'agenda
de David Ben Gourion, le fondateur de l'Etat terroriste juif.)


Et comme par hasard, le Sud regorge de pétrole et de gaz...

24 octobre 2012 : Israël bombarde le Soudan



La Syrie, elle, est un cas spécial : l'Etat terroriste juif rêve depuis longtemps de la détruire dans une guerre directe. C'est dans cette perspective qu'est déclenchée, en mars 2011, la tentative de révolu-sion dans ce pays. Si elle n'aboutit pas, ce sera la guerre - comme en Libye.  Quant au Liban, il est, depuis l'assassinat de Rafic Hariri par le Mossad en 2005, en butte à des attaques permanentes.  (Voir notre page sur le Liban et la Syrie.)


Les autres pays arabes ne perdent rien pour attendre. Au Maroc et en Jordanie, où le lobby innommable est fortement implanté, on semble encore hésiter à nuire aux dictateurs en place car il s'agit de têtes couronnées ; et abolir la royauté, cela ressemble un peu trop à une véritable révolution. Mais bien sûr, aucun prince au sang bleu ne doit croire qu'il est intouchable (voir Bahreïn).


Quoi qu'il en soit, les monarchies pro-occidentales du Golfe - en dépit des menaces de "fusion" évoquées un peu plus haut - n'ont sans doute rien à craindre pour le moment. Trois d'entre elles (Arabie Saoudite, Emirats et QATAR*) sont du côté du manche. Oman est calme après un début d'agitation. Le Koweït également, malgré un coup d'Etat qatari manqué en mai 2012.

* Contrairement à ce que l'on a pu croire il y a quelques années, Al-Jazeera n'est pas une voix indépendante - un article sur le rôle dévolu au Qatar dans le processus en cours et sur les relations honteuses d'Al-Jazeera avec l'impérialisme américano-sioniste.  Le 18 mars 2011, on apprend que le Qatar participe activement à l'agression militaire occidentale contre Tripoli (les Emirats également). Très vite, il s'avère que le régime de Doha joue un rôle prépondérant dans la guerre de Libye, tant sur le plan militaire (bombardements, livraisons d'armes et de matériel, envoi de forces spéciales et de mercenaires) qu'au niveau de la guerre psychologique (mensonges systématiques, intox, mise en scène de la "conquête" de la Libye par les "rebelles", le tout étant tourné dans des studios de Doha spécialement aménagés à cet effet - voir plus haut Libye : 21, 22, 23, 24, 26, 29 août, etc...


Après un an de révolu-sion, même les médias alignés
laissent transparaître une petite partie de la vérité :

(vu dans Valeurs actuelles)



L'émir Hamad ben Khalifa Al-Thani ben Halouf Al-Grosporc,
PDG d'Al-Qataraïda et chouchou d'Israël

Janvier 2013 : Sarkozy et Platini ont-ils vendu le Mondial 2022 de football au Qatar ?  Le dictateur de Doha a bien acheté le PSG en 2011. Alors pourquoi pas la Coupe du Monde ?...

Pour la Formule 1, les négociations sont en cours (avec l'intention de déloger Bahreïn). Pour le Louvre également, paraît-il (pour faire concurrence à Abu Dhabi, où le musée devait ouvrir en 2014).

Il est évident que toutes ces activités qataries seraient impossibles si les maîtres du monde et leur innommable lobby y étaient opposés. Question à 50 shekels : à quelle communauté communautariste les avocats "français" de l'émir appartiennent-ils ?...

Toujours en janvier 2013 : Le Qatar aide les juifs yéménites à se rendre en Israël... où ils seront traités comme des Juifs de second ordre (mais ça, le site Juif.org qui publie l'information, se garde bien de le préciser). Bizarrement, les sionistes ont toujours prétendu que les Juifs avaient tous été "expulsés" du Yémen dans les années 1950-60 (ou "rapatriés" par le Mossad dans le cadre de l'Opération Tapis volant). Et voilà qu'il y en a encore. C'est ce qu'on appelle la généra-sion spontanée. En cherchant bien, on pourrait d'ailleurs trouver, dans la mythologie israélienne, un certain nombre d'exemples similaires...

En juin 2013, les Etats-Unis contraignent l'émir à abdiquer en faveur de son fils, jugé plus présentable et plus pro-américain que lui, si tant est que la chose soit possible. Les maîtres du monde, s'ils apprécient le rôle joué par le Qatar dans leurs projets globalistes, sont néanmoins agacés par l'hyperactivité enregistrée ces derniers temps à Doha. Personne ne doit devenir politiquement trop puissant au point de menacer l'équilibre de la hiérarchie.



Carte du monde arabe




"RÉVOLUTIONS" ARABES ET CONFUSION POLITIQUE

Croire que tous ces pays arabes sont en train de se révolter spontanément ou sur le point de le faire pour briser leurs chaînes, c'est faire preuve d'un optimisme excessif (ou d'une naïveté à toute épreuve).

Pour comprendre ce qui se passe en janvier-février 2011, il suffit d'imaginer un instant que CNN et les autres télévisions, au lieu de se concentrer tour à tour sur la Tunisie, l'Egypte et la Libye, nous aient montré en boucle, pendant des semaines, des images bienveillantes des manifestants grecs en lutte contre la dictature financière internationale imposée à leur pays. Combien de temps le régime pourri qui opprime la Grèce aurait-il tenu avant de s'écrouler ?...  Même chose d'ailleurs pour l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la France, etc...  Nous ne sommes plus en 1789 ni en 1917. Au 21ème siècle, les révolutions sont fabriquées (ou écrasées) avec le concours des médias. Les maîtres de la société du spectacle gonflent démesurément les petites révoltes qu'ils ont eux-mêmes provoquées. Ou, au contraire, ils étouffent l'écho médiatique des mouvements véritablement significatifs qui leur échappent.

Malheureusement, beaucoup de gens que l'on croyait avertis ne se demandent pas pourquoi on leur parle pendant des heures des pays arabes, alors que les mouvements revendicatifs européens ou la situation à Gaza sont expédiés en deux minutes. Ces gens tombent dans le panneau et réagissent exactement comme le prévoyait le scénario. L'union sacrée des militants et du pouvoir se réalise pour le plus grand bien de ce dernier.

Mais il est vrai que la chose n'est pas nouvelle ; elle a été largement pratiquée en 1989-90, lors de la "chute du communisme". C'est pour cela que la gauche et l'extrême gauche n'existent plus vraiment dans nos pays. Tous les repères ont disparu...


Le club des amis de Candide

Un exemple (ou une variante) de cette confusion politique : Égypte : les mouvements sociaux, la CIA et le Mossad  par James Petras, sociologue américain "de gauche", sur le site de Michel Collon. Il y a du vrai dans cet article, mais quand l'auteur écrit que la CIA et le Mossad ont été incapables de "prévoir la révolution", c'est à se tordre. La CIA ne savait pas que ses propres agents et ceux du NED étaient actifs en Egypte ?... (voir plus haut)  C'est comme lorsqu'on nous raconte que les services américains n'ont "pas vu venir" les attentats du 11 septembre.

Le fait que cet article paraisse sur le site - par ailleurs intéressant - de Michel Collon est absolument typique pour le site en question. D'ailleurs, dix ans après les attaques terroristes du 11/9, Collon croit encore qu'elles sont l'œuvre d'Al-Qaïda et que les Etats-Unis ont profité de ce hasard providentiel pour déclencher leurs guerres contre les pays musulmans. Collon a dit quelque part qu'il n'avait "pas eu le temps" d'approfondir la question.  Fin avril 2011, il met en ligne sur son site Investig'Action un article lamentable sur le 11 septembre dans lequel Noam Chomsky et Jean Bricmont - hélas - perdent une bonne occasion de se taire. (Michel Collon aussi, cela va de soi, lui qui nous appelle à "soutenir la contre-information sur les causes réelles des guerres et sur les médiamensonges qui les entourent", sans comprendre lui-même que le plus gros de tous les médiamensonges est justement celui qui a trait au 11 septembre, et que ce médiamensonge, qui n'en est pas un à ses yeux, a ouvert la porte à toutes les guerres impérialistes de ces dix dernières années.)*

* Début mai 2011, quelques jours après la mort de Ben Laden (la troisième en dix ans), un certain Robert Bibeau, toujours sur le site de Michel Collon, reproche aux Etats-Unis "l'assassinat extrajudiciaire" d'un "témoin gênant". S'il lit ce texte, le plus grand croque-mitaine de tous les temps risque de mourir pour la quatrième fois - mourir de rire évidemment...  Là non plus, Collon n'a pas eu le temps, depuis 2001, de se pencher sur la question et n'a donc pas pu détecter le médiamensonge qu'il contribue à colporter.

Pour des raisons obscures, ou sans raison aucune, Petras, Bricmont et Collon s'imposent des limites qu'ils ne franchissent jamais et qui les empêchent d'aller au fond des choses. Dommage... Contrairement à d'autres auteurs "de gauche" (comme Chomsky), ce n'est pas qu'ils aient peur d'Israël et encore moins qu'ils roulent pour le lobby (ils ont prouvé à maintes reprises que ce n'était pas le cas). Mais avec eux, on reste souvent sur sa faim lorsqu'ils abordent certains sujets. Avec Manlio Dinucci, Michel Chossudovsky et Webster Tarpley (tous cités plus haut), la chose est sensiblement différente.

Voir également plus haut (à propos de la Tunisie) : Où finit la naïveté, où commence la manipulation ?


Thierry Meyssan - un cas à part

Si les analyses de Thierry Meyssan sont souvent pertinentes et convaincantes, il arrive aussi, malheureusement, qu'elles ne le soient pas. Par exemple, cet article du 28 février 2011 : A Moscou, Thierry Meyssan analyse les insurrections arabes.

Meyssan prétend qu'il est "erroné de comparer ces [insurrections] aux 'révolutions colorées'. D'une part parce qu'elles ne visent pas à remplacer des dirigeants anti-US par des pro-US, et d'autre part parce qu'elles ne sont pas focalisées contre des leaders politiques en particulier."  Erroné ? Pas du tout... Tout d'abord, les "révolutions colorées" ne visaient pas toujours à remplacer des dirigeants anti-US par des pro-US, mais bien souvent, comme en Géorgie et en Ukraine, des pro-US tombés en disgrâce par d'autres pro-US plus prometteurs. Ensuite, les "révolutions" arabes sont bel et bien focalisées contre des leaders politiques en particulier (Ben Ali, Moubarak, Kadhafi). Mais surtout, ces "révolutions" arabes sont planifiées, organisées et financées par la CIA, le NED, Freedom House, le CFR, George Soros, etc... (voir plus haut) exactement comme l'avaient été les "révolutions colorées".

Le patron du Réseau Voltaire ajoute que "les peuples d'Afrique du Nord et du Proche-Orient se soulèvent contre la domination des Etats-Unis et d'Israël incarnée par des dirigeants fantoches."  C'est peut-être vrai en Egypte (dans une certaine mesure), mais certainement pas en Tunisie et encore moins en Libye.

"A la différence des 'révolutions colorées' qui ne duraient que quelques jours ou semaines, ces insurrections populaires marquent le début d'un processus révolutionnaire régional de plusieurs années."  Il est beaucoup trop tôt pour le dire en Egypte, c'est improbable en Tunisie et totalement absurde en Libye. Les gens de Benghazi qui brandissent pour CNN des drapeaux de la monarchie fournis et payés par les Américains, seraient au début d'un processus révolutionnaire (dirigé contre les USA et Israël) ?... Elle est bien bonne...

"Jadis les révolutionnaires étaient des militants qui allaient se former en URSS, aujourd'hui ils ont été se former en Iran." On est en plein délire, c'est exactement ce que la propagande sioniste veut nous faire croire. Exception faite du Hezbollah libanais (qui n'a rien à voir avec le processus en cours) et des mouvements chiites de quelques pays du Golfe (et encore), personne ne va se former en Iran. Par contre, on sait que les "révolutionnaires" arabes vont suivre des stages de formation aux Etats-Unis (voir le lien précédent).

Le texte en russe, en bas de l'article de Thierry Meyssan, signifie : "Les USA ont préparé la révolution 'colorée' en Egypte suivant le scénario utilisé en Géorgie et en Ukraine [c'est tout à fait exact] - mais ils se sont trompés dans leurs calculs" [la chose reste à prouver].

Le 28 février 2011, date de l'article de Thierry Meyssan, une nouvelle guerre impérialiste des USA et de l'OTAN est très probable en Libye si Kadhafi continue de résister. Parler à ce propos de "révolution" populaire est tout simplement aberrant.


L'Iran et le Hezbollah déraillent

Il faut avouer que l'Iran et le Hezbollah libanais soutiennent eux aussi, verbalement, les "insurgés" libyens (pur produit de l'impérialisme sionistico-américain) contre "le tyran" de Tripoli. Ce qui aurait pu passer au départ pour une ruse tactique, est devenu au fil des jours une triste certitude. Ce comportement contre nature a ses origines dans l'assassinat, en 1978, de l'imam chiite libanais Moussa Sadr, fondateur du mouvement Amal. Cet assassinat est imputé à Kadhafi, alors qu'il a probablement été perpétré par le Mossad. Voir également un peu plus bas.

Le drame de la période actuelle, c'est que les diverses victimes de l'Empire sont incapables de surmonter leurs tabous idéologiques. Elles se défendent le plus souvent en ordre dispersé ou - pire encore - se combattent les unes les autres. Cela fait penser au fameux texte de Martin Niemöller. Quand les Américains viendront chercher Nasrallah et Ahmadinejad, il n'y aura plus personne pour protester.



3 mars 2011
NON, CE N'EST PAS UNE RUSE, C'EST DE LA PURE CONNERIE...
et le Réseau Voltaire ne craint pas d'y participer en colportant cette "info" concoctée à Téhéran :

Pas étonnant que les sionistes jublient. Leurs ennemis de Téhéran, relayés par Al-Manar et le site de Thierry Meyssan, les aident à déboulonner leur ennemi de Tripoli bien mieux qu'ils ne l'ont fait eux-mêmes jusqu'à présent. Et tout ça gratuitement, du moins on l'espère...

Les fans de l'Etat voyou juif sont pliés en deux. Leur site JSS (Jewish SS) écrit : "Félicitation spéciale à Global CST pour avoir réussi à trouver, former et entraîner 50.000 mercenaires en 48 heures... Avec tout ce que cela comporte (habillement, salaire, nourriture, formation stratégique). Avec une telle force, je ne comprends vraiment pas pourquoi Israël n'a pas fait appel à cette société plus tôt pour aller attaquer le Hezbollah au Sud-Liban ou le Hamas à Gaza..."

Sur le site iranien PressTV (capture d'écran), on "apprend" que "Kadhafi verse à Global CST 2.000 dollars par jour et par mercenaire. Chaque mercenaire touche 100 dollars, le reste est empoché par les Israéliens."  Autrement dit, Kadhafi paie 100 millions de dollars par jour = 3 milliards par mois ou 36 milliards par an, soit plus de la moitié du PIB libyen !...


Au fou !...

En reprenant ce grossier bobard, Thierry Meyssan met gravement en jeu sa crédibilité. D'article en article, il s'empêtre toujours plus dans les contradictions de la ligne iranienne. Dans une sorte d'inversion orwellienne, les Benghazistes sont pour lui des "révolutionnaires", tandis que Kadhafi incarne la "contre-révolution". Laquelle "contre-révolution" est dirigée par Washington. En d'autres termes, Washington (avec l'aide d'Israël qui fournit les mercenaires à 3 milliards par mois) n'a rien trouvé de mieux, pour "diriger la contre-révolution" de Kadhafi, que de lancer contre lui l'agression militaire que l'on sait.

Dossier complet sur les élucubrations Iran-Hezbollah-Meyssan

Voir également plus haut 23 mars 2011.

A peu près du même calibre : comment Thierry Meyssan voit l'affaire DSK (26 mai 2011).

27 juin 2011 : Thierry Meyssan serait-il guéri ?   Pas sûr, quand on voit avec quelle rapidité il a "enterré" Kadhafi sans se poser la moindre question (22 octobre) et repris la version iranienne de la disparition de Moussa Sadr (article du Réseau Voltaire du 8 novembre). Voir également un peu plus haut.

En ce qui concerne cette mystérieuse affaire Moussa Sadr, Wikipédia, que l'on peut difficilement soupçonner de sympathies pro-kadhafistes, indique que selon les autorités libyennes, Sadr aurait quitté le pays le 31 août 1978 pour l'Italie. Mais à en croire le gouvernement italien, il ne serait jamais arrivé à destination. Son passeport aurait été découvert à Rome en 2004. Le Réseau Voltaire prétend que "l'imam Moussa Sadr a bien été victime de Mouammar Kadhafi" mais n'apporte aucune preuve concrète. Le "témoin" cité (un ancien "confident" de Kadhafi) déclare qu'il a vu Sadr arriver au QG du colonel et en repartir en compagnie du ministre libyen des Affaires étrangères et de deux généraux. Plus tard, le "témoin" aurait entendu le ministre dire que les trois hommes avaient éliminé Sadr (le ministre est mort entre-temps). Le "confident" dit qu'il est "possible" que Kadhafi ait donné l'ordre de tuer l'imam.

Une autre version des "faits" circule en Iran et dans les milieux chiites libanais. Elle prétend que Moussa Sadr serait encore en vie et prisonnier en Libye depuis 33 ans. Le 24 octobre 2011, le Hezbollah, "après avoir félicité la nation libyenne pour sa victoire sur le régime dictatorial de Mouammar Kadhafi, a demandé aux dirigeants [= rats] libyens de spécifier l'endroit où se trouve l'imam Moussa Sadr et deux de ses compagnons et d'assurer leur remise en liberté" - détails. On a donc le choix...

Il faudrait peut-être se poser la question : à qui profite le crime ?...  Quel intérêt Kadhafi aurait-il eu à tuer ou emprisonner Moussa Sadr ?...  Cette affaire a divisé les pays arabo-musulmans pour le plus grand profit de l'Etat voyou juif. Et comme on peut le voir, elle les divise encore et produit cette collusion contre nature entre des marionnettes de l'impérialisme israélo-américain et les prochaines victimes de ce même impérialisme.


Les pays arabes ont le choix : la révolu-sion ou la guerre

On lit çà et là, en février 2011, que les événements de Libye constituent bien une intervention étrangère contre ce pays, mais que ce qui se passe en Tunisie et en Egypte, par contre, est une authentique révolution. En fait, les très nombreux articles et liens mentionnés plus haut prouvent qu'il n'en est rien. La différence essentielle entre les troubles en Tunisie et en Egypte, d'une part, et les troubles en Libye, d'autre part, c'est que les premiers se sont déroulés comme prévu par leurs initiateurs (du moins jusqu'à présent), alors que les autres n'ont pas suivi le scénario initial. Le pouvoir libyen, docile depuis 2004 mais pas vraiment soumis, s'est rebiffé quand on a tenté de le renverser. Si Ben Ali et Moubarak avait résisté eux aussi*, on aurait maintenant en Tunisie et en Egypte la même situation qu'en Libye. L'interven-sion militaire annoncée n'est rien d'autre que le prolongement de la révolu-sion ratée.

* Bien sûr ils en étaient bien incapables, car attachés depuis 30 ans à leurs maîtres américains (cinq fois plus longtemps que Kadhafi). Et surtout, contrairement au dirigeant libyen, rien dans leur passé ne les prédisposait à un "sursaut salutaire", à un "retour aux sources", à un acte de résistance.

Le 19 mars 2011, avec le déclenchement de l'agression militaire ouverte contre la Libye, les doutes ne sont plus permis. A la Ligue arabe, la Tunisie et l'Egypte ont voté pour la guerre.







LA SEULE "RÉVOLUTION" OÙ LE MOSSAD NE SOIT PAS IMPLIQUÉ :

... et encore, ce n'est pas sûr.




ET EN FRANCE, C'EST POUR QUAND ?




"RÉVOLUTION" PARTOUT...  MAIS SURTOUT PAS EN ISRAËL

On aura sans doute remarqué que les désordres au Moyen-Orient affectent surtout des pays musulmans où l'influence occidentale est grande dans les cercles dirigeants. Mais en principe, aucun pays arabe n'est à l'abri...  On peut se demander pourquoi Israël lui-même est épargné. C'est parce qu'il s'agit de la "seule démocratie de la région", expliquent les sionistes - très drôle...

Pourtant, beaucoup d'habitants de l'Etat voyou - juifs et non-juifs - auraient de bonnes raisons de se plaindre et de se révolter - voir ici 3 janvier 2011. S'ils n'en font rien, c'est que la démocrasserie les en empêche. Israël est bel et bien un Etat policier. Il laisse les manifestants (juifs) inoffensifs et encadrés agiter leurs pancartes dans les rues quand ils en font bien poliment la demande - c'est la soupape de sécurité qui n'existe pas dans les pays arabes. Mais les manifestations politiques sérieuses - déclarées dangereuses pour "l'existence d'Israël" - sont interdites et sévèrement réprimées, surtout quand elles ont lieu dans les territoires occupés ou à proximité du mur de l'apartheid.

Pourquoi n'y a-t-il jamais eu de putsch militaire aux Etats-Unis ? demande une célèbre blague sud-américaine. Réponse : parce qu'il n'y a pas d'ambassade US dans ce pays...  C'est exactement la même chose en Israël. C'est le seul pays au monde sans lobby juif ni cinquième colonne israélienne. La subversion, c'est pour les autres...

Il serait peut-être temps d'employer chez eux les méthodes qu'ils utilisent partout ailleurs. Mais la chose est extrêmement diificile, voire impossible - à cause, justement, du caractère policier de leur soi-disant démocratie. Pour que ce soit efficace, il faudrait d'abord que les pays non-juifs - de préférence les pays arabes, mais pas seulement - noyautent les institutions israéliennes, les entreprises, les banques, les médias, les écoles, les universités, etc... Qu'ils mettent en place des réseaux "sociaux" chargés de recueillir des informations sensibles sur tous les citoyens israéliens. Qu'ils aient carte blanche pour agir à l'intérieur d'Israël (au nom de la liberté). Que leurs entreprises assurent la sécurité dans les aéroports, les centrales nucléaires et les bases militaires israéliennes. Que l'ensemble des télécommunications d'Israël soit placé sur écoute depuis l'étranger. Que l'ONU exige de l'Etat israélien qu'il célèbre chaque année la Journée de la Nakba, et que chaque synagogue soit tenue de demander pardon pour tous les crimes israéliens commis depuis 1948, etc... etc... complétez vous-mêmes...

Alors, et alors seulement, la dictature sioniste tomberait comme un fruit mûr - ce n'est pas demain la vieille...  D'ailleurs, pour pouvoir passer à la réalisation de ce plan utopique, il faudrait que les Etats non-juifs (occidentaux, arabes et autres) se débarrassent d'abord des chaînes sionistes qui les entravent.  Comment sortir de ce cercle vicieux ?...












Accueil



Recherche sur l'ensemble du site
Mot-clé :



- un outil FreeFind -